AccueilLa UNELes Occidentaux font leur l'approche italienne sur la Tunisie !

Les Occidentaux font leur l’approche italienne sur la Tunisie !

A la veille des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, très peu de signes et éléments sont disponibles pour se figurer le sort qui sera réservé au dossier du prêt tunisien de 1,9 milliard de dollars dont le SLA avait été  convenu voici plusieurs mois. Alors que l’Italie s’échine pour former un consensus occidental  autour de l’octroi de ce crédit, les dernières déclarations du président de la République, Kais Saied, à Monastir, ont jeté un pavé dans la mare, ajoutant à la confusion qui entache la question aux multiples rebondissements.

Il n’en demeure pas moins que Washington et sans doute aussi d’autres capitales occidentales  ont pris acte de la stratégie italienne visant à stabiliser la région, d’autant plus que la Russie tend la main à Tunis.

Comme le rapporte Il Foglio,  le pendant italien du Wall Street Journal, le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a récemment déclaré qu’il était « tout à fait d’accord avec les deux Tony ». Il faisait référence au ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, et au secrétaire d’État américain, Antony Blinken, ce dernier ayant finalement soutenu les appels du premier pour que l’OTAN se concentre sur son flanc sud ainsi que sur l’Ukraine- les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance se sont réunis à Bruxelles mercredi pour examiner les questions en cours- et cette boutade indique que Washington pourrait se rallier à la façon de penser de Rome sur la crise tunisienne en cours.

La Tunisie  se morfond dans la profonde crise socio-économique que les autorités s’efforcent d’enrayer, et attend sans trop y croire ce fameux  prêt de 1,9 milliard de dollars du Fonds monétaire international. Toutefois, les tendances autocratiques du président tunisien et sa réticence à respecter les formalités administratives du FMI incitent certains pays à ne pas approuver le prêt, note Il Foglio.

Les États-Unis font partie de ce dernier groupe, car ils sont sceptiques à l’idée de remettre l’argent à un attelage qui pourrait affaiblir davantage le seul pays à avoir émergé du printemps arabe en tant que démocratie. Jeudi, le président Saied a rejeté l’accord de prêt tant attendu et a qualifié ses conditions de « diktats » étrangers qui « ne font qu’aggraver l’appauvrissement […] L’alternative est que nous devons compter sur nous-mêmes ».

Entre-temps, l’Italie a préconisé de travailler au déblocage des fonds afin de stabiliser le pays et d’empêcher les puissances étrangères de profiter de la situation de la Tunisie – et donc de frapper indirectement les pays de l’OTAN avec des tactiques de guerre hybride, qui incluent l’immigration, comme le gouvernement Meloni l’a mis en garde.

Entre-temps, le ministre russe Sergey Lavrov a pris contact avec son homologue tunisien.

Comme l’a rappelé lundi  Tajani, Rome est « en contact permanent » avec Tunis et a annoncé un programme d’aide de 100 millions de dollars, dont la moitié est destinée aux PME. L’Italie estime que la meilleure solution consiste à débloquer une partie des fonds – afin de traiter les questions les plus urgentes – et à lier le reste de l’argent à des réformes.

Selon Tajani, cela « peut être un moyen de démontrer la bonne volonté des pays amis de la Tunisie et du FMI » tout en maintenant l’accent sur les réformes.

Esquisse d’un consensus de plus en plus large ?

Les alliés de l’OTAN semblent désormais plus sensibles à la solution italienne. Il semble qu’il y ait une attitude plus volontaire de la part des Etats-Unis, de la France » et, après la visite du commissaire européen Paolo Gentiloni à Tunis, « également de la part de l’UE ».

Dans les prochaines semaines, les ministres des finances belge et portugais se rendront également à Tunis.

Entre-temps, au-delà des propos du secrétaire d’Etat  Blinken, l’ambassadeur américain en Tunisie, Joey Hood, a rencontré son homologue italien Fabrizio Saggio à deux reprises au cours des derniers jours.

Cela s’est fait dans le sillage de l’entretien téléphonique du 28 mars entre Tajani et Blinken, suivi de contacts entre les services de renseignement américains et italiens, rapporte Il Foglio, qui note que les dialogues ont porté sur les raisons de la géopolitique qui l’emportent sur celles de la bureaucratie.

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3 Commentaires

  1. La prochaine visite des ministres belge et portugais des affaires étrangères et non des finances et il s’agit d’une mission d’évaluation suites aux craintes d’effondrement de la Tunisie

  2. Il semble que les occidentaux utilisent la même politique et tactique de zigzaguer avec leurs partenaires classiques, oui mais, ….dans le sens où ces derniers s’effondrent, le cas de l’Ukraine qui n’a pas encore reçu les aides en armement pour protéger ses terres contre l’ennemi, toujours du blabla et de l’attente d’espoir, entre temps, l’Ukraine est entrain de perdre des hommes. Cette situation est incompréhensible. Les occidentaux, des poids et des mesures, ils sont contre l’agression des russes mais aucune prédisposition de leur part pour condamner israel et aider les palestiniens à récupérer leur terre. Ces occidentaux ont encourager les pays émergents de s’adresser à d’autres puissances plus crédibles et rejoignent les pays du groupe : la Chine, la Russie, l’Inde, Brézil,….La Tunisie a espéré avoir son crédit de 1,9 milliards de dollars du FMI pour engager ses réformes, mais celui-ci ne fait que retarder son accord avec des diktats contre la volonté de la population et du gouvernement. Cette tactique d’attente désespérée est dépassée, elle annonce la non crédibilité de cette institution, c’est la raison pour laquelle à mon avis, qu’il faut revoir la démarche et s’orienter plutôt vers d’autres solutions de partenariat.

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