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Le député du Front Populaire Ammar Amroussia a déclaré que les symptômes d’une explosion sociale sont très visibles, notamment avec la montée de la grogne sociale et la mobilisation de plusieurs secteurs pour protester contre le projet de la loi des finances pour l’exercice 2017.

L’opposant a par ailleurs accusé le chef de l’Etat, Beji Caid Essebssi, le rendant responsable de la crise profonde qui secoue la Tunisie.

Sur un autre plan, il a estimé que la Tunisie ne pourra jamais bénéficier des retombées de la Conférence internationale sur l’investissement, prévue les 29 et 30 novembre courant. Inteview :

Ce climat actuel marqué par la multiplication des mouvements de protestation pourrait-il affecter la tenue de la Conférence internationale sur l’investissement, prévue les 29 et 30 novembre courant ?

Dans cette conjoncture où le projet de la loi des finances continue de provoquer la colère de plusieurs secteurs et organismes, et même les partenaires du gouvernement en place à l’instar de l’UGTT et de l’UTICA, la Tunisie ne pourra jamais bénéficier des retombées de la Conférence internationale sur l’investissement.

Comme tous les Tunisiens, on espère une amélioration de la situation, mais avec cette coalition au pouvoir les choses vont se détériorer de plus en plus et la crise sera plus profonde.

Que faire alors ?

Cette conjoncture nous pousse à réviser de manière structurelle le projet de la loi de finances pour l’exercice 2017 car le texte dans sa version actuelle est rejeté par l’ensemble des acteurs. Le rassemblement des avocats et des pharmaciens aujourd’hui devant le siège de l’ARP en est une preuve, sans oublier l’appel de la centrale patronale à la mobilisation et la menace de l’UGTT d’observer un grand rassemblement devant l’Assemblée des représentants du peuple et à la Kasbah dans un délai d’une semaine et ce, afin de « faire pression sur le gouvernement » tout en appelant ses partisans à « se préparer à une grève générale » avant le 8 décembre prochain.

Dans l’histoire de la Tunisie, tous les gouvernements qui ont essayé de provoquer l’UGTT ont échoué. C’est le cas du GUN, qui risque de vivre le même scénario, surtout dans ce climat tendu.

Comment vous jugez le rendement de ce gouvernement ?

C’est un gouvernement irresponsable et il est en train de flouer l’opinion publique sur la question des majorations salariales. La politique héritée de l’ancien chef du gouvernement est le bon exemple : il a signé un accord avec l’UGTT autour des majorations et en même temps il s’est engagé auprès du FMI sur le fait qu’aucune majoration ne sera programmée en 2016 et 2017.

De même, la pratique de la manipulation est observée aussi dans le projet de la loi de finances pour 2017.

Comment ?

Ce budget s’étale sur dix mois, plusieurs questions se posent à ce niveau, par exemple le gouvernement ne va plus payer les salaires des fonctionnaires dans deux mois ?

A travers ces manoeuvres, le gouvernement a voulu convaincre son premier patron « le FMI » en procédant à la baisse de son budget pour l’année prochaine.

Cependant, je pense qu’il s’agit d’un projet de loi qui irrite l’ensemble des acteurs et partenaires sociaux qui l’ont fortement critiqué. C’est tout simplement un budget qui va à l’encontre des principes de la révolution et qui vise à encourager la corruption contre une aggravation de la situation des couches populaires.

Avec cette démarche, le gouvernement est en train de faire exploser le pays.

Peut-on parler d’une explosion sociale en Tunisie dans pareille condition ?

Les indices de l’explosion existent en réalité et sur le terrain… On est en train de suivre une montée de la grogne sociale avec plusieurs mouvements de protestation observés par plusieurs secteurs et métiers, dont notamment les avocats, les médecins, les agriculteurs, sans oublier la colère des anciens étudiants fichés par la police qui continuent de souffrir et qui sont au bord de l’explosion.

Ces mouvements viennent dans une conjoncture délicate marquée par la persistance du chômage, les inégalités régionales, alors qu’il y a une recrudescence de la corruption et la contrebande.

Avec ces éléments, ce mois de novembre risque d’être chaud et par conséquent la Tunisie risque de faire face à une explosion sociale.

Votre lecture pour le discours de Beji Caied Essebssi ?

Ce discours prouve que le chef de l’Etat est très loin des problèmes actuels de la Tunisie, et son lien avec ce pays demeure très faible…

Pourquoi vous dites ça?

Tout simplement parce qu’il est à l’origine de la crise profonde qui secoue la Tunisie, et plus précisément le premier parti au pouvoir, Nidaa Tounes, qui est affaibli déjà par son départ.

Ses propos dans l’interview accordée hier soir à la chaine Al Hiwar Ettounssi viennent prouver cette hypothèse et démontrent qu’il est en soi une erreur dans l’histoire de la Tunisie.

Et pour sa position par rapport à la justice transitionnelle ?

Je peux comprendre la position du chef de l’Etat et surtout son absence lors des premières séances d’écoute. Car il est concerné par ce processus important. Plusieurs crimes de torture ont eu lieu quand il était à la tête du ministère de l’Intérieur, sous le régime de Bourguiba.

Personne ne peut ignorer l’histoire de la Tunisie… Un petit rappel pour notre président : le militant Lazhar Chraieti a été exécuté le 24 janvier 1963, mais jusqu’à ce jour sa famille n’a pas reçu sa dépouille…

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La finance publique est en danger, nous empruntons actuellement pour couvrir les charges et payer les dettes de l’État, a annoncé Youssef Chahed lors de son discours à l’ARP, à l’occasion de l’ouverture du débat sur le budget de l’État.

Il faut avoir le courage de passer une loi de finance qui rétablit l’équilibre au budget d’État, a t-il ajouté, insistant que les augmentations salariales doivent être reportées le temps que la situation de la finance publique s’améliore.

La loi de Finance proposée va réduire la charge aux salariés les plus vulnérables, et faire de façon à ce que ceux qui touchent le plus participent à la réduction du déficit, explique t-il.

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« La course vers l’abîme se confirme d’une année à une autre. Le budget alloué à l’investissement a beaucoup reculé. On continue

« La course vers l’abîme se confirme d’une année à une autre. Le budget alloué à l’investissement a beaucoup reculé. On continue, par contre, de s’endetter auprès des bailleurs de fonds étrangers, pour consommer et non plus pour investir. C’est catastrophique ». Ce constat est fait par Lamine Zgolli, au nom du « Parti du Travail ».

Dans une déclaration à Africanmanager, Lamine Zgolli a mis l’accent sur l’obligation de dévoiler la vérité au peuple tunisien, au commencement de cette nouvelle étape avec un engagement clair d’achever le processus gouvernemental.

D’après le Parti du Travail, cette démarche est stratégique dans cette conjoncture où l’ANC a entamé l’examen du projet de loi de finances de 2014.

Le projet en question continue de faire polémique. Lamine Zgolli a, dans ce contexte, émis des réserves et a appelé le nouveau gouvernement à entrer dans une nouvelle étape politique pour sauver le pays. « La réalité est là. Il y a de grandes défaillances. La loi des finances de 2014 et celle complémentaire pour l’exercice 2013 administrent la preuve de la tendance haussière des ressources allouées à la gestion contre une baisse considérable du budget consacré à l’investissement», a affirmé Lamine Zoglli avertissant que « le pays est au bord de l’abîme parce qu’il ne produit plus».

S’agissant de la loi des finances complémentaire 2013, récemment adoptée, Zoglli a affirmé sur sa page facebook, que tous les articles ont été modifiés, ce qui renvoie à une grande erreur lors de l’élaboration de cette loi. « Le recours à une loi des finances complémentaire est légitime dans la mesure où on modifie certaines clauses. Mais, si on procède au changement de toutes les dispositions, ceci est inacceptable », a-t-il martelé estimant que « les répercussions seraient sans doute néfastes et la crise serait encore plus grave. Il serait donc, difficile de réaliser les objectifs de la révolution ».

Le parti du Travail voit donc dans cette loi l’existence de plusieurs dispositions qui sont de nature à détériorer le pouvoir d’achat parallèlement à une augmentation vertigineuse des prix.

Des prévisions qui interviennent au moment où le gouvernement met l’accent sur les mesures stipulées par cette loi visant essentiellement à consolider les recettes fiscales de l’Etat, à réduire les charges de compensation des hydrocarbures et à mobiliser des ressources additionnelles au profit de la Caisse générale de compensation (CGC).

En dépit de l’optimisme des décideurs, cette loi est rejetée par la majorité des partis politiques, associations et économistes. C’est la raison pour laquelle certains partis politiques ont convenu de l’ajournement de l’examen du projet de loi pour plus de concertations et afin de permettre à Mehdi Jomâa d’y apporter les retouches qu’il jugera nécessaires.

« Le futur chef du gouvernement Mehdi Jomaa leur a fait la promesse de revoir la loi de finances 2014 » a dit le député Mahmoud Baroudi notant que cette loi doit être votée dans l’intérêt du pays.

L’adoption de cette loi permettra à la Tunisie de disposer du reste des tranches de crédits

De son côté, l’économiste Hachemi Alaya a plaidé pour l’adoption de la loi des finances 2014, avant le 31 décembre 2013, ce qui permettra à la Tunisie de disposer, au mois de janvier prochain, du reste des tranches de crédits du Fonds monétaire international (FMI) et des autres bailleurs de fonds, à l’instar de la Banque mondiale, BEI, BAD.

Dans une déclaration à Express Fm, il a considéré que le futur Gouvernement, au cas où ce scénario serait retenu, pourra adopter une loi de finances complémentaire et l’adapter à ses nouvelles orientations.

Dans le cas contraire, Hachemi Alaya a appelé le futur chef du Gouvernement à faire une déclaration dans laquelle il s’engagera à poursuivre les réformes prévues dans le cadre du crédit Stand By, essentiellement en ce qui concerne la réduction du déficit budgétaire et des dépenses publiques.

Wiem Thebti

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