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Tunisie-Emirats : L’affaire n’a pas été totalement pliée malgré les « explications » du ministre émirati des AE

On se perd encore en conjectures sur les vraies raisons qui logent derrière la décision des autorités de l’Etat des Emirats arabes unis d’interdire vendredi aux ressortissantes tunisiennes de voyager aux Emirats. Le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Mohammed Qarqash, a beau tenter de calmer le jeu en affirmant qu’il ne faut y voir que des mesures « limitées et conjoncturelles » dictées par un renseignement d’ordre sécuritaire, mais les Tunisiens ne semblent point convaincus de cette explication fournie non par voie de communiqué officiel mais sur le compte personnel du chef de la diplomatie émiratie, plus est, au titre « Tweets & réponses Médias », assortie d’un appel à « éviter ensemble les interprétations et la désinformation ».

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De la légèreté, peut-être, mais de la condescendance, sûrement, surtout à l’égard du gouvernement tunisien que les autorités émiraties n’ont même pas pris la peine d’informer de leur décision, outre l’affront qui a été fait à la femme tunisienne, ce qui est de nature à autoriser bien des interprétations pouvant entacher son image. Sans parler bien sûr d’une mesure sans précédent dans l’histoire de la navigation aérienne et qu’interdit formellement l’Organisation de l’aviation civile internationale.

En osant, en dépit des relations « entre frères » et des « sentiments de respect et de considération » que les Emirats vouent à la femme tunisienne, décréter pareille mesure, les autorités de l’EAU ne semblent pas dire toute la vérité sur ce qui est tapi derrière une décision qu’elles savent, à tout le moins, inamicale- pour employer un euphémisme- à l’égard de la Tunisie. Elles ont invoqué un renseignement d’essence sécuritaire. Bien qu’il s’agisse d’un fourre-tout, l’argument n’a pas vocation à tenir la route, et le bon sens dicte qu’il ne doit pas viser exclusivement les femmes, même en transit. Et les hommes alors ! Sont-ils indemnes de soupçons liés à la sécurité ?

Les Emiratis récidivent

En tout cas, les Emiratis ne semblent pas prêts à battre leur coulpe et en finir avec leur décision dont les effets continuent de se ressentir, pas plus tard que ce dimanche. En effet, quatre membres de sexe féminin de la famille d’un ressortissant tunisien, directeur général dans une société internationale à Bahrein, ont été empêchées par la compagnie aérienne Emiratie « United Airlines » d’embarquer à bord de son vol en partance de Manama à destination de Thaïlande, qui transitait à travers l’aéroport d’Abou Dhabi. Il s’agit de son épouse (40 ans) et ses trois filles (14 et 11 ans et un bébé d’un an).

Pourtant, on avait cru que l’affaire a été pliée avec l’entrée en lice du chef du gouvernement, Youssef Chahed, et les intenses démarches de la diplomatie tunisienne alors même que le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la diplomatie économique, Hatem Ferjani se trouve actuellement aux Emirats, aux fins des contacts nécessaires avec les autorités émiraties pour examiner les moyens de dépasser cette problématique.

« L’incident » peine à trouver son épilogue

C’est à penser que « l’incident » n’a pas été clos et que des efforts sont indispensables pour tirer les choses au clair mais aussi et surtout pour remettre les relations entre les deux pays sur une trajectoire autre que celle qui est la sienne jusqu’ici, des relations qui se ressentent de temps à autres de décisions intempestives et inexplicables comme celle qui avaient interdit aux Tunisiens de postuler à des visas pour les Emirats arabes unis.

D’ailleurs, des associations, des organisations et des partis politiques tunisiens ont appelé les autorités tunisiennes à prendre une position stricte et à lutter contre tout acte portant atteinte à la dignité des Tunisiens et des Tunisiennes. Les associations ont dénoncé la position officielle de la Tunisie qui, selon elles, n’a pas défendu ses citoyens et ce, en violation des dispositions de la constitution et de la loi sur l’élimination de toutes formes de violence contre la femme.

En attendant le fin mot de l’histoire, on ne peut pas s’empêcher de constater que les autorités émiraties n’affichent pas toujours les meilleures dispositions à l’égard de la Tunisie. Et comme le souligne le Centre de recherche Carnegie, les relations entre la Tunisie et les Emirats Arabes Unis ont été tendues ces dernières années. Les Émirats arabes unis ont « progressivement pris leurs distances diplomatiques vis-à-vis de la Tunisie » depuis 2011, nourrissant un vif mécontentement de la politique étrangère de son gouvernement.

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