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Mohamed Lahmar

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Les exercices militaires conjoints « African Lion » dont c’est la 16ème édition ont commencé le 6 mars au Maroc, plus précisément dans la région méridionale d’Agadir. Outre les forces armées marocaines et américaines, y participent des unités et des observateurs venus de Tunisie, du Sénégal, mais aussi d’Espagne, du Royaume-Uni et du Canada.

Officiellement et comme l’a affirmé un communiqué des Forces armées royales (FAR), il s’agit de «  «valider les concepts d’emploi des forces terrestres, renforcer l’interopérabilité des moyens et des systèmes de commandement aéroterrestres utilisés par les deux nations, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse et de ravitaillement en vol, et enfin, mener des activités d’ordre humanitaire». Surtout, l’exercice met l’accent sur «la formation aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents», parallèlement à « des exercices terrestres, aériens aéroportés et une simulation tactique».

Ce n’est pas la première fois que les forces armées tunisiennes sont associées à ces manœuvres militaires qui se tiennent en Afrique sous la houlette des Etats-Unis. L’année dernière, la Tunisie a abrité sur son sol une partie de ces exercices, ce qui lui a valu l’hommage appuyé du sous-secrétaire adjoint américain à la Défense, chargé des affaires africaines, Alan Patterson, qui s’est déclaré « impressionné par ses réalisations au titre de l’intégration de ses efforts avec ceux des ses voisins de la région pour faire face aux menaces communes ». Une collaboration qu’il a jugée comme « le seul moyen de lutter contre les menaces transnationales » tout en soulignant que «  ce n’est que par la coopération et l’assistance régionales et mondiales que nous pourrons arrêter la prolifération de groupes extrémistes violents, assurer la sécurité des citoyens de notre pays et prévenir d’horribles attaques terroristes contre des civils innocents ».

Nul besoin de comprendre dès lors que la diplomatie américaine vis-à-vis du Maghreb et de l’Afrique telle que conçue par l’administration de Donald Trump, s’ordonne et tire son essence de la lutte commune contre le terrorisme et les groupes qui y sont disséminés. D’autant que d’après les constats du Pentagone, les organisations terroristes du monde entier continuent de se transformer, se réalignant sur des intérêts partagés et répandant leur idéologie répréhensible aux quatre coins du globe. Et malgré les succès remportés contre l’Etat islamique au Levant (Daech), les groupes affiliés du Maghreb et du Sahel trouvent toujours un refuge dans des zones sous-gouvernées et éloignées dotées de services de sécurité mal équipés et sous-formés, comme en Libye, au Mali et le Niger. Les décideurs militaires américains répètent d’ailleurs avec une vigoureuse constance que «  la lutte contre la propagation de l’extrémisme violent restera une priorité à la fois pour les États-Unis et nos partenaires africains ».

Le triptyque «Trois D»

La Tunisie, déjà allié majeur non-membre de l’Otan, y figure en bonne place, au même titre que la Maroc, du reste, tous deux associés à une approche régionale globale basée sur le triptyque «Trois D» adopté par les USA dans leurs engagements régionaux, à savoir Développement, Diplomatie et Défense. Tout en prenant acte que la Tunisie est « activement engagée dans la lutte contre les menaces terroristes internes », elle a entrepris de moderniser son armée, ce qui, reconnaît le Pentagone, n’est pas une tâche facile, que ce soit par l’achat d’armes plus sophistiquées sur le plan technologique, la restructuration d’organisations existantes ou la création de nouvelles entités conçues pour fonctionner plus efficacement.

En tout cas, les États-Unis se déclarent « déterminés à renforcer les capacités militaires tunisiennes pour permettre au ministère de la Défense de vaincre les organisations extrémistes violentes, de sécuriser les frontières nationales et de faire face aux menaces existantes et émergentes ». Un processus qui implique le renseignement, la lutte antiterroriste, les forces conventionnelles, les capacités air-sol, la sécurité des frontières et le renforcement des institutions de défense.

Dons et ventes d’équipements militaires

L’approche américaine est désignée sous l’appellation « Intelligence Surveillance Reconnaissance » (ISR) dont le volet principal a consisté à doter les forces armées tunisiennes de capacités de reconnaissance par des dons ou des ventes d’équipements avec des financements avantageux dans le cadre du programme EDA (Excess Defence Articles pour les dons) et FMS (Foreign Military Sales pour les ventes). Un package de vingt millions de dollars de dons militaires a été ficelé par le Pentagone pour la fourniture de Jeeps, d’équipements de communication et surtout douze petits avions monomoteurs Maule MX-12 équipés de caméras de surveillance. Un deal suivi par la vente de 24 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque Kiowa retirés du service aux États-Unis et surtout par la livraison de huit hélicoptères UH-60M Black Hawk, l’été dernier.

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Beaucoup et davantage a été dit sur le drame des 12 nouveau-nés qui ont payé de leur vie ce qui semblerait tenir d’une étourderie qui a tout d’une faute lourde et grave dont l’auteur devra être débusqué par la commission d’enquête formée à cette fin. Par-delà la très vive émotion suscitée par ce douloureux épisode parfaitement évitable pour peu que les bonnes pratiques et les règles d’usage aient été respectées, se pose dans toute son âpreté la question du service public hospitalier.

Paradoxalement, rares sont ceux qui sont allés au fond des choses, c’est-à-dire à la racine de la situation par bien des côtés calamiteuse des hôpitaux publics, des prestations, souvent contestables, qu’ils délivrent, mais surtout les schémas d’organisation et de fonctionnement qui sont les leurs et qui ne sont pas près de tomber en péremption. En lieu en place, on s’est occupé à désigner des coupables cueillis aléatoirement à droite et à gauche, à les abreuver d’invectives et à accuser l’hôpital public de tous les maux. Une approche réductrice à outrance qui maintient les termes du problème en l’état en attendant qu’un autre vienne le relayer sous les feux de l’actualité.

Pourtant, on est en présence d’une opportunité inédite d’engager enfin une réflexion sérieuse et aussi mobilisatrice que possible, dont sortira une stratégie contraignante et comminatoire pour tous les intervenants, et d’abord les pouvoirs publics. On aurait ainsi fait le deuil de ces actes de replâtrage, voire de ravaudage dont on avait l’habitude de se fendre chaque fois que venait à éclater un scandale ou une affaire, forcément compromettante, pour, sitôt l’orage passé, remettre le tout sous le boisseau par le jeu des commissions d’enquête.

La santé au magasin des accessoires

Les gouvernants, qu’ils appartiennent à l’appareil exécutif ou à la Représentation nationale, joints à la société civile, sont impérieusement tenus de réaliser l’extrême gravité de la situation dans laquelle se trouve actuellement et depuis des années, le secteur de la santé, et les affres qui le rongent dans le silence complice de bien des parties. D’autant que telle est l’obligation qui leur est faite par l’article 38 de la Constitution, lequel dispose que «  l’État garantit la prévention et les soins de santé à tout citoyen et assure les moyens nécessaires à la sécurité et à la qualité des services de santé ».

Comprenons bien qu’il s’agit d’une mission d’intérêt général dont la littérature universelle en la matière explique qu’elle vise à « garantir à chaque citoyen dans des conditions d’égalité, quels que soient son niveau de revenu et son lieu d’habitation, l’accès à l’ensemble des biens et des services jugés fondamentaux ». Cela doit vouloir dire améliorer la qualité et la sécurité de la prise en charge, réduire les dépenses, responsabiliser les acteurs, objectiver voire rationaliser l’allocation des ressources, à l’enseigne de quatre impératifs, à savoir l’universalité, la continuité, l’adaptabilité et la neutralité.

Les uns sur les traces des autres !

On se plaindra autant que l’ou pourra et à satiété de la faillite du système de santé de la Tunisie à laquelle aucun ministre n’a réussi à remédier. Il ne s’agit pas uniquement de ceux qui se sont relayés à la tête de ce département depuis la révolution, mais aussi de leurs prédécesseurs qui, en butte aux mêmes dysfonctionnements et aux mêmes écueils, ont adopté des approches presque similaires, mais plus désordonnées durant les huit dernières années. Un diagnostic quasi unanimement partagé qui révèle une accumulation de carences, d’actes d’incurie et de problèmes laissés en jachère.

Il est vrai que le chantier de la réforme était si énorme et si complexe que l’on ne savait point par quel bout le prendre. Et ceux qui se sont hasardés à s’y essayer se sont retrouvés face à de coriaces résistances des syndicats en premier lieu, et ensuite de maints groupes influents, assimilés à des lobbies aux intérêts desquels il était très souvent illusoire de s’attaquer au grand dam de ceux des très nombreux usagers, recrutés par les classes démunies, pauvres et moyennes, consacrant une évidente et rampante rupture de la cohésion sociale.

Certes il n’est évidement plus question de parler d’Etat-providence, encore moins d’Etat bienfaisant, mais il y a des devoirs auxquels les pouvoirs publics ne peuvent en aucuns cas se soustraire, et celui de la garantie des soins en est un et non des moindres au même titre que celui

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On s’y attendait le moins, la Commission européenne n’a pas extrait la Tunisie de la liste noire des pays présentant des carences stratégiques dans leurs cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pourtant, des responsables tunisiens prenaient pour quasiment acquis une sortie de cette liste comprenant désormais 23 pays tiers dont la composition a été rendue publique ce mercredi.

Il s’agit, selon la CE, de protéger le système financier de l’Union européenne en prévenant plus efficacement le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À la suite de l’inscription sur la liste, les banques et autres entités relevant du champ d’application des règles de l’UE en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux seront tenues d’appliquer des contrôles renforcés («vigilance») pour les opérations financières concernant les clients et les établissements financiers provenant de ces pays tiers à haut risque, afin de mieux détecter les flux de capitaux suspects, explique un communiqué de la Commission européenne.

Věra Jourová, commissaire pour la justice, les consommateurs et l’égalité des genres, a indiqué à ce sujet qu’il a été procédé à la mise en place des normes les plus strictes au monde en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, mais, a-t-elle ajouté, «  nous devons veiller à ce que l’argent sale provenant d’autres pays ne se retrouve pas dans notre système financier. L’argent sale est le moteur de la criminalité organisée et du terrorisme ». Elle a au demeurant invité les pays figurant sur la liste à « remédier rapidement à leurs carences », tout en promettant que la Commission est « disposée à collaborer étroitement avec eux afin de résoudre ces problèmes dans notre intérêt mutuel.»

Les critères à remplir

La liste a été établie sur la base d’une analyse de 54 pays et territoires prioritaires, qui a été effectuée par la Commission en consultation avec les États membres et rendue publique le 13 novembre 2018. Les pays évalués remplissent au moins l’un des critères suivants, à savoir qu’ils ont une incidence systémique sur l’intégrité du système financier de l’UE, qu’ils sont considérés par le Fonds monétaire international comme des centres financiers offshore internationaux, et qu’ils ont une pertinence économique pour l’UE et des liens économiques solides avec cette dernière.

Pour chaque pays, la Commission dit avoir évalué le niveau de menace réelle, le cadre juridique et les contrôles mis en place pour prévenir les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ainsi que leur mise en œuvre effective. Elle ajoute qu’elle a également pris en considération les travaux du Groupe d’action financière (GAFI), l’instance normative dans ce domaine au niveau international.

La Commission a conclu que 23 pays présentent des carences stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux/le financement du terrorisme, dont 12 pays figurant sur la liste du GAFI et 11 pays et territoires supplémentaires. Certains des pays figurant sur la nouvelle liste se trouvent déjà sur la liste actuelle de l’UE, qui comprend 16 pays dont la Tunisie.

La Commission précise que la liste a été adoptée sous la forme d’un règlement délégué. Celui-ci sera à présent soumis au Parlement européen et au Conseil pour approbation dans un délai d’un mois (avec une prolongation éventuelle d’un mois). Une fois approuvé, le règlement délégué sera publié au Journal officiel et entrera en vigueur 20 jours après sa publication.

Quelle voie de sortie ?

Elle assure qu’elle poursuivra son dialogue avec les pays considérés comme présentant des carences stratégiques dans le présent règlement délégué et œuvrera en particulier en vue d’établir les critères relatifs au retrait de la liste. La liste permet aux pays concernés de mieux cerner les domaines à améliorer afin d’ouvrir la voie à un éventuel retrait de la liste une fois les carences stratégiques éliminées, ajoute-t-elle.

La Commission suivra les progrès accomplis par les pays figurant sur la liste, continuera à suivre les pays faisant l’objet d’un examen et commencera à évaluer des pays supplémentaires, conformément à sa méthode publiée. Elle actualisera cette liste en conséquence. Elle s’emploiera également à améliorer sa méthode au besoin, à l’aune de l’expérience acquise, en vue de garantir une identification effective des pays tiers à haut risque ainsi que le suivi nécessaire, affirme enfin le communiqué de la Commission européenne.

Il est à noter que la nouvelle liste publiée ce mercredi remplace la liste actuelle en place depuis juillet 2018. Elle Elle comprend les 23 pays et territoires suivants: Afghanistan, Samoa américaines, Bahamas, Botswana, République populaire démocratique de Corée, Éthiopie, Ghana, Guam, Iran, Irak, Libye, Nigeria, Pakistan, Panama, Porto Rico, Samoa, Arabie saoudite, Sri Lanka, Syrie, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Îles Vierges américaines, Yémen.

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Invraisemblable il y a peu, l’épilogue de la crise de l’enseignement secondaire a sonné comme un soupir de soulagement qui vient mettre un terme à de longues péripéties qui ont agité non seulement les élèves et leurs parents, mais aussi la majorité des Tunisiens suspendus, des mois durant, à ce qui a eu les allures d’un drame national.

Ce n’est pas en un tour de main que cette crise à répétition a abouti à cette issue dont le processus avait demandé de très laborieuses tractations et pas uniquement entre le ministère de l’Education et la fédération de l’enseignement secondaire sous la houlette de son secrétaire général, l’inénarrable Lassaad Yacoubi, mais où se sont invités, à leur corps défendant, l’organisation-mère, l’UGTT, et le gouvernement.

Un accord dont pourrait dire qu’il a été arraché au forceps, peut-être étriqué, mais auquel s’attache un coût en termes de finances certes pour l’Etat qui racle déjà les fonds de tiroir. Mais plus encore sous forme de dégâts et de préjudice pour les élèves et ipso facto leurs parents qui en ont vu de toutes les couleurs, et qui voient l’avenir entaché d’aléas et d’une certitude, celle tenant aux énormes pertes en enseignement ayant manqué à être dispensé et dans tous les cas difficilement rattrapable.

Que de temps perdu !

C’est à se demander pourquoi les uns et les autres ont dilapidé tout ce temps pour arriver à une issue alors qu’ils auraient pu et dû le faire beaucoup plus tôt en faisant montre d’un peu plus de lucidité et surtout de sens de responsabilité face à des enjeux dont ils disent mesurer toute l’étendue et la gravité sans s’y attaquer comme le leur dictait leurs devoirs respectifs, celui, pour les éducateurs, d’assumer leur noble tâche conformément à la moins noble vocation qui est fondamentalement la leur, et pour le gouvernement, de se blottir dans un quant-à-soi dont il a prouvé en fin de compte qu’il pouvait s’affranchir.

Importe-t-il d’espérer pour autant que la page de la crise est définitivement et totalement tournée? A certains égards, l’accord semblerait précaire, et rien ne garantit que les enseignants ne reviendront pas à la charge en l’absence d’un mécanisme de long terme qui régisse leurs relations avec l’autorité de tutelle qu’il s’agisse au moins des salaires, des indemnités et autres rémunérations sans parler bien sûr des autres revendications, visiblement accessoires, portant sur la réforme de l’enseignement. Ce chantier doit impérativement commencer ici et maintenant pour éviter que ce funeste scénario ne soit réédité de façon cyclique chaque fois que réapparaîtront les mêmes causes de la crise, en raison notamment du très probable rebondissement de la détérioration du pouvoir d’achat.

Risque de contagion

Mais il pourrait y avoir pire. D’autres secteurs, échaudés par cette issue, seraient ainsi susceptibles de reprendre à leur compte des procédés qui pour ainsi dire ont fait leurs preuves et amener à composition l’autorité de tutelle. Le risque existe que ce soit le cas et on ne sait pas comment les pouvoirs publics pourraient gérer cette boîte de Pandore alors que les caisses de l’Etat sont dans la situation que l’on connaît et que le Fonds monétaire international, même si, comme il est colporté, aurait manifesté une certaine indulgence cette fois-ci, n’est pas susceptible de pareille indolence à l’avenir.

Le pacte indispensable

Immanquablement, la nécessité s’impose impérieuse de lancer une approche qui rompe avec les errements qui ont ponctué la gestion de la crise de part et d’autre, et qui consisterait à un mettre en place une sorte de pacte valable pour trois ans , par exemple, où les obligations des uns et des autres sont clairement définies, rigoureusement comptabilisées, un pacte opposable à tout le monde dans tous les cas de figure, qui régisse à la lumière des capacités de l’Etat et du sens de responsabilité de ses vis-à -vis une relation contractuelle largement convenue.

Il a été judicieux qu’un comité pédagogique ait été créé au sein du ministère de l’Education ayant pour mission de garantir la bonne tenue du reste de l’année scolaire, ceci, en plus du recours à des experts, chargés de surmonter les séquelles de cette crise, dans l’intérêt des élèves. C’est le signe patent d’une volonté d’aller de l’avant et de s’attaquer comme il se doit à une partie de la crise. Ne serait-il pas encore plus judicieux d’abonder dans ce sens à une plus vaste échelle pour prévenir une fois pour toutes de semblables convulsions, à la racine et certainement au moindre coût ?

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Nabil Baffoun a été élu, mercredi, président de l’Instance Supérieure Indépendante pour les élections (ISIE) avec 141 voix. Farouk Bouasker a quant à lui recueilli 10 voix. L’opération de vote s’est achevée à 19h. Il est à noter que 166 bulletins de vote ont été validés contre 5 bulletins invalidés. 15 députés ont voté blanc. Plus tôt dans la journée, il a été procédé à l’élection de trois nouveaux membres de l’ISIE pour pourvoir aux postes vacants dans les trois catégories concernées (Ingénieur spécialisé dans le domaine de la sécurité informatique, spécialiste en finances publiques et juge administratif). La plénière de l’ARP, consacrée au renouvellement du tiers des membres de l’ISIE et à l’élection de son président avait débuté mercredi avec un retard de plus de deux heures dû à un différend entre les représentants des groupes sur le contenu du bulletin de vote. Certains représentants des blocs parlementaires ont contesté la mention dans le bulletin de vote du bloc parlementaire auquel appartient le député, estimant que cela va porter atteinte au caractère secret du vote et compromettre la crédibilité des députés.

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Une nouvelle grille de lecture de la situation économique et sociale est en train de prendre forme à la présidence du gouvernement. Il s’agit d’appréhender autrement les problèmes qui s’y posent, et surtout d’échafauder des approches et des solutions qui jurent voire rompent avec celles adoptées jusqu’ici et qui, faut-il s’en convaincre, n’ont pas été à même de renverser la vapeur, voire conduit, par endroits, au pire.

On peut en saisir les contours au travers d’une interview que le conseiller économique du chef du gouvernement, Lotfi Ben Sassi, a accordée il y a quelques jours, à Express fm, où il a développé les thèmes récurrents qui agitent l’économie du pays et les répercussions sociales y associées, certes, mais en y ajoutant une touche qui renseigne sur des prémisses d’une sorte d’aggiornamento dont il peut être espéré qu’il contribuera à détendre le climat social et redresser autant que possible les indicateurs financiers et économiques de la Tunisie. En tout cas, a-t-il estimé, 2019 sera une année charnière pour la Tunisie au triple plan politique, économique et social, appelant, du reste, les pays qui soutiennent la Tunisie, plus particulièrement les bailleurs de fonds         à lui apporter un surcroit d’appui.

Mais c’est sur le plan domestique, singulièrement social avec la crise qui ne cesse d’envenimer entre le gouvernement et l’UGTT, que les choses devraient bouger. Il a appelé le gouvernement à franchir des pas supplémentaires en direction de l’UGTT eu égard à l’extrême importance que revêt la stabilité sociale sur laquelle repose essentiellement le climat de l’investissement. Dès lors, le gouvernement est tenu de consentir des efforts additionnels alors que l’UGTT est appelée à tenir compte des         équilibres financiers de l’Etat dont le budget est soumis à de fortes pressions financières, a-t-il insisté.

Un accord en vue !

Au demeurant, il a fait part de son optimisme quant à la possibilité que le gouvernement et l’Organisation ouvrière arriveront à un accord sur les augmentations salariales dans la fonction publique. L’essentiel étant de rapprocher les points de vue des uns et des autres, a-t-il dit, estimant que, économiquement, le coût de l’escalade est beaucoup plus important que celui de l’effort qu’aurait déployé le gouvernement pour trouver une solution. Il a affirmé que les partenaires sociaux sont conscients de ces enjeux et accompli des pas dans ce sens mais sont redevables d’un effort supplémentaire ressortissant au sens de la responsabilité et à l’intérêt national.

Lotfi Sassi, tout en affirmant que le gouvernement a présenté aux partenaires sociaux des propositions raisonnables, a reconnu que le pouvoir d’achat du Tunisien s’est manifestement détérioré ne lui permettant pas de vivre dans de bonnes conditions. Le         problème, a-t-il expliqué, réside dans les sureffectifs de la fonction publique entraînant une masse salariale très élevée alors que, paradoxalement, les salaires en eux-mêmes ne le sont pas. L’UGTT revendique, à bon droit et à juste titre, l’amélioration des salaires des fonctionnaires dès lors qu’elle ne réclame pas des augmentations salariales indexées totalement sur le coût de la vie et du taux d’inflation, a-t-il indiqué, mais appelle à un réaménagement qui permette de freiner la dégradation du pouvoir d’achat. Lotfi Ben Sassi a reconnu que des retards ont été accumulés à cet égard, soulignant la nécessité d’y remédier. Pour sa part, le gouvernement fait face à des revendications d’augmentations salariales de l’ordre de 1470 millions de dinars au titre de 2019, soit des répercussions financières d’environ 1500 millions de dinars. Il a rappelé qu’en 2018, la taxe sur la valeur ajoutée a été augmentée d’un point, ce qui a procuré à l’Etat 250 millions de dinars. Les augmentations salariales demandées, traduites en points de TVA, totalisent 1500 millions de dinars, soit 5 points, autant d’inflation dont le taux passerait alors de 7,5 à 12%, ce qui est insupportable pour le citoyen.

La carotte plutôt que le bâton

Dans son interview, Lotfi Ben Sassi a été amené à aborder aussi un autre accroc récurrent de la situation financière et économique, l’évasion fiscale et le marché parallèle, mettant l’accent sur la nécessité de lutter contre ces deux phénomènes, tout en œuvrant à intégrer le secteur informel dans l’économie réelle, afin de procurer à l’Etat des recettes fiscales. C’est un travail de longue haleine, a-t-il dit, appelant à opter pour la carotte plutôt qu’au bâton, faisant remarquer que les approches basées sur la bâton au travers des différentes variations de la police, fiscale, environnementale… n’ont pas abouti aux résultats escomptés, et prônant la réduction de la pression fiscale et l’incitation à rejoindre l’économie réelle. La trêve fiscale instaurée dans la loi des finances 2019 s’inscrit dans cette vision, a-t-il souligné.

Les réserves en devises se redressent

Lotfi Ben Sassi a estimé que les troubles sociaux qui durent depuis 2011 ont frappé de plein fouet les secteurs pourvoyeurs de devises, citant essentiellement celui du phosphate outre la chute de la production du pétrole et les attentats terroristes qui ont touché dramatiquement le secteur du tourisme. Au point que les avoirs en devises dans la Banque centrale qui s’élevaient à quelque 11 milliards de dollars, fin de 2010, ont dégringolé à 5,5 milliards $ en 2015, soit la moitié du matelas en devises dans lequel l’Etat a puisé durant toute cette période, pour se retrouver, depuis, aux prises avec la crise du Dinar qui allait s’aggravant, en commençant à se déprécier depuis 2016. Une situation qui a commencé à se redresser à l’heure actuelle avec la remontée, ces derniers jours, des réserves en devises à 91 jours d’importation, de qui restaurer la confiance des investisseurs.

Evoquant le de-cashing, le conseiller économique du chef du gouvernement a affirme qu’il s’agit d’un projet structurant qui requiert la mise en place d’une infrastructure du paiement électronique qui permettra , à titre principal, de lutter contre l’évasion fiscale , de renforcer les recettes fiscales de l’Etat et d’atténuer le phénomène de la thésaurisation.

L’année 2019 sera celle de la sortie de la Tunisie des listes noires sur lesquelles elle a été portée, a affirmé enfin Lotfi Ben Sassi, soulignant que le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour donner droit de cité à la transparence, notamment dans les transactions financières.

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Toute réflexion faite, l’An VIII de la Révolution s’est terminé pire que l’An I du même nom. Le constat est brutal, mais résume le ressenti quasi général des Tunisiens qui, au lendemain d’un certain 14 janvier 2011, se sont pris à tirer des plans sur la comète. Car en se dessillant, au fil des années, leur conviction, adossée aux faits,  s’était forgée qu’il n’y avait plus grand-chose à espérer de ce qui était réputé être une révolution au sens où elle a vocation à changer en bien leur vécu et celui de leurs enfants, les jeunes d’aujourd’hui.

Sauf à noter que c’est à l’échelle des libertés publiques et d’un tantinet de démocratie que des dividendes ont été engrangés, le reste, tout le reste, n’a été qu’une succession ininterrompue de déboires et de mécomptes, nourrissant une frustration d’autant plus dévastatrice qu’elle touche de plus en plus de citoyens qui se recrutent notamment parmi les classes moyennes, sans parler des couches démunies qui ont vu leur dénuement prendre encore plus d’ampleur. Chômage endémique, disparités régionales toujours aussi criantes, enseignement à vau-l’eau, hôpital public à bout de souffle, inflation galopante, dinar parti en vrille, avec toujours à la clé une corruption érigée en sport national. Autant de symptômes qui gangrènent presque tous les compartiments de la vie économique et sociale.

L’Etat dynamité

Un diagnostic en maints points néfaste dont la responsabilité est le fait de tous mais plus encore d’une classe politique qui a apporté, dès l’abord, la preuve irréfragable de son incompétence à tous les étages du pouvoir. Dans cette pyramide, les gouvernements qui se sont relayés dès l’aube de la Révolution se sont offert pour ainsi dire le beau rôle en dynamitant l’Etat tel qu’il fonctionnait au travers de décisions et de mesures qu’ils pensaient de salut public mais qui, en fait, dépossédaient ses rouages de leur essence première, à savoir la puissance publique, cette autorité qui fait que les lois soient appliquées, que les devoirs des uns et des autres soient accomplis et les droits soient sauvegardés. Pour y avoir failli, ces gouvernements ont créé un vide tout à fait propice à toutes les dérives et à tous les excès de différents ordres, où se sont engouffrés terroristes, contrebandiers, criminels de tout acabit, mettant sérieusement à mal la tranquillité publique, la saine ordonnance de l’économie et la cohésion sociale.

Des solutions bancales

Des gouvernements dépourvus de la moindre vision et ipso facto des mécanismes qui pourraient y suppléer si primaires soient-ils. Des gouvernements bons, à la toute rigueur, à expédier les affaires courantes, maîtres en génie de replâtrage et de solutions bancales portant en germe des crises et des problèmes encore plus néfastes. Un pouvoir exécutif aussi qui est  frappé d’une impéritie totale s’agissant de la gestion de la chose publique, incapable de prévoir, de se projeter dans l’avenir et d’arbitrer entre ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas l’être, le tout dans une improvisation qui le dispute âprement à l’amateurisme. Il est frappant de rappeler à cet égard que ce qui était censé être un Plan de développement quinquennal n’a jamais vu le jour, non seulement parce qu’il a été élaboré dans des conditions suspectes, mais surtout parce ce qu’il n’avait pas prise sur la réalité des choses et auquel manquait cruellement le nerf de la guerre.

L’art de « trop demander »

L’une des icônes de la révolution  française, Mirabeau, s’est fendu d’une saillie qui n’a rien d’une boutade où il disait que « le meilleur moyen de faire avorter la révolution, c’est de trop demander». Un exercice où les Tunisiens ne semblent pas y aller de main morte, comme l’illustre cette explosion de revendications, avec son cortège de mouvements de protestation, de grèves, de sit-in, de manifestations, que toutes les élites politiques, y compris le gouvernement, trouvent avec une imperturbable constance « légitimes ». A telle enseigne que, à chaque fois,  ces « modes d’expression » reprennent de plus belle avec le soutien indéfectible des défenseurs des droits de l’Homme. Résultat des courses : de très nombreux secteurs de l’économie nationale sont périodiquement frappés de paralysie, pour une raison ou pour une autre. Et les gouvernements, le plus souvent, capitulent sans autre forme de procès.

La démocratie, mais encore !

Dans cet indescriptible capharnaüm postrévolutionnaire, figure naturellement en bonne place l’échiquier politique avec plus de 200 partis politiques, et le compteur ne devrait pas s’arrêter là. Mais ce n’est pas  cette outrance arithmétique qui fait problème; c’est surtout l’exercice qu’ils livrent, et pour être précis ceux qui passent pour les prépondérants d’entre eux, nommément Ennahdha et Nidaâ Tounès. Deux formations politiques sorties tout droit des urnes pour gouverner et appliquer les programmes électoraux pour lesquels elles  ont été élues, mais qui, à l’exercice, en ont  fait voir de toutes les couleurs et couleuvres à leurs électeurs et surtout à presque tous les Tunisiens, gagnés par la lassitude au point d’avoir de moins en moins de raisons d’aller voter de nouveau. Ils y sont incités par une loi électorale, un bric-à-brac sur mesure et une constitution qui a montré toutes ses limites et donné lieu à toutes les inhibitions.

Un coup dur pour la démocratie que l’on célèbre sur tous les toits mais qui est de nul effet sur le vécu des Tunisiens et sur leur devenir, au moins proche.

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La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée aux services Internet fixe dans les foyers est réduite de 19% à 7%, comme le stipule la loi des finances 2019, entrée en vigueur après sa publication au Journal officiel de la République tunisienne.

Cette mesure permettra la réduction systématique des frais des abonnements à l’Internet à haut débit (ADSL) et encouragera l’augmentation du nombre des abonnés au réseau Internet. Elle vise également à garantir l’inclusion sociale, à rétrécir le fossé numérique entre les régions et à faciliter l’accès des consommateurs à l’Internet.

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La Maison Blanche a annoncé  que le président turc Erdogan a invité Donald Trump à venir en visite en 2019 en Turquie. « Bien que rien de définitif ne soit en train d’être programmé, le président [Trump] est ouvert à une rencontre potentielle à l’avenir », a indiqué Hogan Gidley, un porte-parole de l’exécutif américain.

En attendant, « une délégation américaine va venir en Turquie cette semaine. Ils discuteront des moyens de coordonner (le retrait) avec leurs homologues turcs », avait déclaré plus tôt à la presse le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin.

Après un entretien téléphonique dimanche entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, la présidence turque a affirmé que les deux dirigeants avaient « convenu d’assurer la coordination entre les militaires, les diplomates et d’autres responsables de leurs pays pour éviter un vide du pouvoir qui pourrait résulter d’une exploitation du retrait [des troupes américaines] et de la phase de transition en Syrie ».

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed a déclaré que  la justice transitionnelle a échoué en Tunisie, n’a réalisé aucune réconciliation ni réhabilité les victimes.

Dans une interview vendredi soir à la chaîne tv Attasia, il a affirmé  que l’Instance Vérité et Dignité (IVD) a approfondi les divisions entre les Tunisiens et n’a pas réussi à atteindre objectifs qui lui ont été fixés.

Il a ajouté que l’IVD a failli à réaliser la justice transitionnelle 8 ans après la révolution  et s’est politisée alors que sa présidente Sihem Ben Sedrine a provoqué des tensions.

« Nous ne resterons pas les bras croisés, et nous proposerons une nouvelle démarche pour achever le processus de justice transitionnelle », a-t-il dit ajoutant que «  nous avons un projet de loi qui réalisera les objectifs qui ne l’ont pas été, et nous nous en occuperons avec  la participation de toutes les parties concernées ».

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a appelé vendredi soir  à la mise en place d’une « dynamique » ayant vocation à resserrer les rangs et associer les milliers de compétences dont regorge la Tunisie qui sont découragés par l’état où se trouve la scène politique.

Dans une interview à la chaîne tv Attasia, il n’a pas précisé la forme ni la structure dans  laquelle cette dynamique aura  à évoluer, se bornant à indiquer qu’elle sera  ouverte aux démocrates, aux patriotes et aux progressistes.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a nié entretenir des relations tendues avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi, « auquel je voue du respect et de la considération », a-t-il dit.

S’exprimant vendredi dans une interview à la chaîne tv Attasia, il a ajouté que ses relations avec  le chef de  l’Etat se déroulent conformément à la Constitution et à la loi.

En réponse à une question sur sa dernière visite en Arabie saoudite, il a déclaré qu’il en a informé préalablement le président de la République au quel il a présenté un rapport sur ses entretiens et les accords signés avec le Royaume d’Arabie saoudite.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, évoquant la crise avec le directeur exécutif de Nidaâ Tounès, Hafedh Caid Essebsi, a affirmé que ce dernier a détruit le parti, et s’emploie à faire usage de l’Etat comme d’une propriété privée.

« Je refuse ce comportement absurde », a-t-il dit dans une interview à la chaîne tv Attasia.

Ila  écarté la tenue du prochain congrès de Nidaâ prévu fin février 2019. C’est une fable, a-t-il dit, ajoutant que même si ce congrès arrivait à se tenir, c’en serait  un sur mesure et customisé, selon ses dires.

Il a ajouté qu’il ne se reconnaît pas dans un parti dirigé par Hafedh Caïd Essebsi et Slim Riahi.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a affirmé vendredi soir, qu’il ne pense pas à l’élection présidentielle de 2019. Ce n’est pas une priorité pour moi, a-t-il dit.

Dans une interview à la chaîne tv Attesia, il s’est demandé comment peut-il avoir la tête au scrutin présidentiel alors que le pays est assailli par de nombreux et immenses problèmes qui requièrent des solutions urgentes.

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L e chef du gouvernement, Youssef Chahed, a annoncé vendredi soir un dialogue social qui se tiendra dès le mois de janvier 2019, associant tous les partenaires et intervenants pour s’atteler aux solutions à la situation sociale dans le pays.

S’exprimant dans une interview à la Ettassiâ tv, il a été amené à évoquer les grandes réformes qui peinent à être mises en œuvre , relevant  entre autres  nombre d’obstacles, dont  celui dressé  par le pouvoir législatif, lequel , tout en déployant de gros efforts, ne suffit pas encore à la tâche, citant le projet de loi d’urgence économique, qui croupit dans les placard du Parlement depuis un an et demi, a-t-il dit.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a affirmé vendredi soir, que son gouvernement a hérité d’une situation à maints égards mauvaise en termes de déficit budgétaire, de croissance, et surtout de l’accord de prêt conclu avec le Fonds monétaire international.

Dans une interview à la chaîne de télévision Ettassiâ, il a ajouté que son gouvernement a fait du mieux qu’il pouvait et est parvenu à arrêter l’hémorragie, assurant que la Tunisie est en voie de s’en tirer et de s’affranchir  de la situation sous laquelle elle croule depuis des années .

Il a indiqué que la situation était tellement mauvaise que le gouvernement précédent n’a pas touvé d’autre choix  que de s’adresser au FMI, rappelant que le Fonds n’intervient que dans les pays où la situation, notamment budgétaire, est mauvaise.

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L’euphorie est quelque peu retombée après les informations souvent concordantes ayant couru la semaine dernière selon lesquelles le chef du gouvernement, Youssef Chahed, annoncerait dans les jours à venir une initiative politique majeure incluant entre autres, peut-être surtout, la création d’un parti, le sien propre, à l’étendard duquel il marquera son territoire politique à l’horizon des échéances électorales de 2019, certes, mais aussi qui lui apportera le soutien dont il aura besoin pour vaquer à ce qui reste de sa mandature à la Kasbah.

Sans aller jusqu’à se hasarder à dire que ce projet a du plomb dans l’aile, le fait est que l’annonce tant attendue soit sous forme d’adresse aux Tunisiens, soit d’interview télévisée, n’aura finalement pas lieu dans les circonstances présentes. Sans doute parce que l’initiative n’a pas suffisamment mûri pour avoir rang d’étape charnière fixant clairement et définitivement l’avenir politique que Youssef Chahed a l’ambition de se donner, le rendant opposable à tout l’échiquier politique, à charge pour ses acteurs, partisans et adversaires confondus, d’en tirer les conséquences, et de se déterminer par rapport à cet aggiornamento, une première dans la chronique de la 2ème République.

Mais ce moratoire pourrait trouver racine dans les péripéties qui ont hérissé la loi des finances, essentiellement les recours formés à son encontre et sur lesquels devra statuer l’instance provisoire de constitutionnalité des lois, une procédure engagée par 70 députés, dont on peut aisément repérer le caractère dilatoire. En tout cas et en bonne logique, ce n’est qu’une fois que la question sera         tranchée qu’il sera recommandé de passer à autre chose, ce qui , au demeurant, aura instruit le chef du gouvernement de la vrai étendue du soutien dont il dispose au sein du Parlement, et par-delà, de la tendance générale de l’assise politique qui est réellement la sienne.

Des soutiens volatils

Ce n’est pas là l’unique épisode qui est de nature à interpeller Chahed sur qui il pourra compter dans ce cas d’espèce comme d’autres à venir. Il faut entendre par là la malheureuse issue du projet d’amendement du régime de retraite mis au vote le 13 décembre dernier à l’Assemblée des représentants du peuple qui n’a recueilli que 71 voix, infligeant une déconvenue au gouvernement et à son chef. D’autant que le texte a été approuvé article par article pour être, bizarrement, rejeté lorsqu’il s’est agi de le voter dans son intégralité. Un précédent fâcheux qu’il n’est pas exclu qu’il soit réédité à l’avenir pour des projets de loi dont le chef du gouvernement aura cruellement besoin pour la bonne ordonnance de ses politiques. Fondamentalement, ce faux bond, c’est le moins que l’on puisse en dire, est révélateur de         l’indiscipline qui règne dans les rangs des soutiens dont Youssef Chahed pense pouvoir bénéficier et au parlement et sur l’échiquier politique, notamment parmi la « Coalition nationale ». Et ceci pourrait rejaillir sur la suite des événements et, surtout, fragiliser le gouvernement, ébrécher sa stabilité et compromettre les acquis dont il pourra se prévaloir dans la perspective des élections de 2019.

Précaution ou moratoire ?

C’est encore l’indice peu ou prou probant que le chef du gouvernement ne peut être sûr, et sous bénéfice d’inventaire, ni du soutien ni de la cohésion de ceux qu’il cherche à fédérer sous son égide, pas plus qu’il n’est regardé comme le patron incontesté et charismatique d’une formation politique qui pèsera de tout son poids sur la destinée à laquelle il semble aspirer. Sans doute serait-ce dû au caractère hétéroclite de cette présumée force politique émergente, forcément épisodique car mue par des ressorts électoraux. Toutefois, il sera de la première importance, voire vital que cette « troisième voie » ou qui se voudrait comme telle, se reconnaisse dans des valeurs, des idées et dans une plateforme, qu’elle soit électorale ou autre, qui fasse sens et dont les composantes cultivent des convergences de base à l’abri des moindres calculs claniques et électoralistes exigus.

C’est à cette aune que, logiquement, Youssef Chahed est appelé à articuler ses actions futures en tant que porteur de projet national et de destin de la même eau, pour devoir et pouvoir ensuite passer à l’action concrète et sur le terrain, essentiellement, la mise en place des structures fondatrices dans les régions et ailleurs, en rognant forcément et opportunément sur le réservoir de Nidaâ Tounès dont il est, de toutes les manières, issu. Sans parler, bien entendu, des autres partis centristes et surtout les indépendants, lesquels, additionnés, pourraient constituer un appoint de taille, selon bien des analystes.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a annoncé, lundi soir, à Dar Dhiafa à Carthage un remaniement touchant dix huit portefeuilles : treize ministres et cinq secrétariats d’Etat.

Voici la liste des ministres concernés par le remaniement:

Ministres

-Ministre de la Justice: Karim Jamoussi,

-Ministre de la Fonction publique, de la modernisation de l’administration et des politiques publiques: Kamel Morjane,

-Ministre de la Santé: Abderraouf Cherif,

-Ministre des Affaires locales et de l’environnement: Mokthar Hammami,

-Ministre des domaines de l’Etat et des affaires foncières: Hédi Mekni,

-Ministre de la Jeunesse et des sports: Sonia Bencheikh,

-Ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi: Saida Ounissi,

-Ministre du Tourisme et de l’artisanat: René Trabelsi,

-Ministre du Transport : Hichem Ben Ahmed,

-Ministre de l’Equipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, Noureddine Selmi,

-Ministre auprès du chef du gouvernement chargé de l’immigration et des Tunisiens à l’étranger, Radhouane Ayara,

-Ministre auprès du chef du gouvernement, chargé de la relation avec les instances constitutionnelles, la société civile et des droits de l’homme, Mohamed Fadhel Mahfoudh,

-Ministre auprès du chef du gouvernement, chargé de l’économie sociale et solidaire, Chokri Ben Hassen,

Secrétaires d’Etat

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Industrie et des petites et moyennes entreprises, chargé des PME, Habib Dabbabi,

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Transport, Adel Jarboui,

-Secrétaire d’Etat, auprès de la ministre de la Jeunesse et des sports, Ahmed Galloul,

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires locales et de l’environnement, Besma Jebali,

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Commerce, chargé du commerce intérieur, Samir Bechoual.

Dans une déclaration liminaire, Youssef Chahed a indiqué qu’il assume toute la responsabilité du remaniement ministériel qu’il a opéré conformément aux pouvoirs qui lui sont reconnus par la Constitution et ce pour « conférer davantage d’efficacité et d’efficience à l’action du gouvernement ».

La philosophie  du   remaniement est basée sur l’adéquation entre la recherche de la compétence et la capacité de servir la chose publique, d’une part, et le dialogue avec les acteurs politiques, d’autre part,  en vue de former un gouvernement  solidaire , complémentaire et responsable  pour mettre fin à la crise politique actuelle, assurer la stabilité et trouver des solutions aux dossiers en suspens, lesquels couvrent les aspects économiques et sociaux, a expliqué le chef du gouvernement.

Il a souligné qu’il a procédé au remaniement après avoir mené  les consultations « nécessaires »  dans le dessein de préparer le pays aux prochaines grandes échéances dans un climat sain et conformément à une feuille de route claire, selon ses dires.

Chahed  a affirmé que les prochaines élections qui auront lieu dans moins d’un an « nécessitent l’achèvement du processus institutionnel » afin de résoudre les problèmes des citoyens grâce à une meilleure performance, a-t-il indiqué.

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Le terrorisme a refait, ce lundi 29 octobre, une apparition dramatiquement retentissante, autrement et autre part. Une femme de 30 ans s’est fait exploser à la principale avenue de la capitale Tunis, après avoir actionné -dans l’urgence et maladroitement- une ceinture explosive de fabrication artisanale, d’autres disent une bombe artisanale, faisant 15 blessés, 10 policiers en faction devant le théâtre municipal, et 5 civils, dont l’état n’est pas particulièrement inquiétant, et provoquant un mouvement de grande panique parmi les nombreux passants.

C’est la première fois qu’un acte de terrorisme urbain de cette nature est commis, même si la kamikaze visait spécifiquement une patrouille de la police déployée sur place qui, heureusement, s’est aperçue, presque à temps de son projet, évitant des pertes beaucoup plus dévastatrices, voire une hécatombe comme c’est habituellement le cas dans de pareilles conditions. C’est le signe patent de l’état de vigilance qui est celui des forces de sécurité, et pas uniquement sans doute dans le centre-ville de la capitale, renforcées et recomposées depuis les attentats terroristes de 2015, surtout en abandonnant l’approche réactive pour s’investir dans une stratégie polyvalente répondant à la grande variété de menaces et de risques que pose le terrorisme partout où ses actes pourraient être perpétrés.

Un acte isolé ? Que nenni !

Celui commis ce lundi n’échappe pas à cette configuration et il est inconcevable qu’il puisse s’agir d’un acte isolé. Les ingrédients d’une opération terroriste mûrement fomentée sont là pour signifier qu’elle est le fait d’un groupe en service commandé impliquant la fabrication des engins explosifs, indiscutablement, des préposés à la logistique et surtout un cerveau qui a décidé du timing et du lieu de l’attentat, sans parler du climat politique et social qui règne dans le pays, ni oublier l’éparpillement des énergies de forces de sécurité et leur mobilisation à des fins autres que celles de la lutte contre le terrorisme, tels que les incidents dans les stades et tout récemment ceux de Sidi Hassine. Un acte dont l’exécution a été confiée à une femme trentenaire, ayant poursuivi des études universitaires d’anglais, célibataire, guère connue des services de police… bref tout ce qu’il fallait pour passer inaperçue et ne pas éveiller les soupçons.

Ce qui a vocation à être inquiétant, c’est que les terroristes sont en train de changer en quelque sorte leur fusil d’épaule. Leurs activités sur les hauteurs, notamment à Chaambi, à Sammama et ailleurs n’ayant pas abouti aux résultats escomptés, pour cause d’absence d’assise populaire jumelée à l’alerte permanente des forces de sécurité et de l’Armée, le terrorisme urbain prend rang d’option nouvelle dont l’impact est beaucoup plus ravageur. En choisissant l’avenue Habib Bourguiba avec sa très forte symbolique, ils pensaient sans conteste semer la panique chez les Tunisiens pour leur montrer qu’ils ne sont pas bien protégés, et , au demeurant, envoyer à l’appareil sécuritaire le message qu’il n’est pas à l’abri et qu’il est toujours à leur portée.

Un terrorisme de plus en plus protéiforme

Il est vrai que le terrorisme est d’essence imprévisible, dans la mesure où il frappe là on l’attendait le moins , comme l’attestent les très nombreuses opérations qu’il lance partout           dans le monde dans des pays réputés bien pourvus en termes de techniques sécuritaires , d’effectifs, de savoir-faire et de dogme sécuritaire. La vigilance est une donnée essentielle mais pèche ici et là par quelques accès de relâchement, une brèche dans laquelle les terroristes ont le « génie » et cultivent l’opportunité de vite s’engouffrer. Et comme on l’a vu ce lundi, la Tunisie ne peut pas en être indemne, minée en plus par des convulsions politiques qui offrent l’aubaine rêvée pour des terroristes «  en difficulté » là où ils ont l’habitude de sévir, en se signalant par de furtives incursions et en faisant exploser de temps à autres des mines. Mais comme l’avait si bien prévu le martyr Chokri Belaid, « les terroristes auront recours à la violence chaque fois que leur étranglement se resserre encore plus, et à mesure que s’accentue leur isolement et se rétrécit leur popularité ». Des propos prémonitoires qui ont ceci de funeste de s’avérer en triste réalité.

La crise politique aussi, peut-être surtout !

Il ne faut pas se voiler la face. Si le terrorisme négocie une résurgence comme celle dont il s’est signalé à l’avenue Habib Bourguiba, c’est que la crise politique endémique dans laquelle se débat le pays lui offre sur un plateau d’argent l’occasion de le faire. Le président de la République, s’exprimant à partir de Berlin où il participe à une conférence internationale, a asséné que le climat politique est «  malsain », estimant que les politiques et les responsables des partis sont “préoccupés par la course au pouvoir”. D’après lui, ” ces querelles ne doivent pas détourner notre attention des vrais défis auxquels nous sommes confrontés. C’est ce genre d’épreuves qui devrait susciter l’intérêt des politiques et des dirigeants des partis “, a-t-il souligné. A-t-il tout dit ? Sans doute pas , car les jours à venir devront immanquablement livrer d’autres éléments qui permettront d’avoir une idée complète, en tout cas, assez articulée pour éclairer d’un jour nouveau les tenants et aboutissants de cette opération et établir ce qui s’est réellement passé et les ressorts qui s’y attachent.

En attendant, chacun chez les politiciens y va de son analyse. Retenons pour l’heure celle-ci que l’on doit à Nizar Ayed, avocat affilié à Nidaâ Tounès : « cette opération est le résultat de la campagne ameutant l’opinion publique contre les forces de sécurité, orchestrée par la presse populiste et la sale élite opportuniste », ajoutant que « l’actuelle vague obséquieuse à l’endroit des sécuritaires n’exonère pas de la responsabilité de complicité dans le crime par incitation ». Une sortie où l’impertinence le dispute à l’inconséquence. C’est le moins que l’on puisse en dire !

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On le savait et la communauté financière s’était égosillée à y attirer l’attention, le dernier emprunt obligataire lancé par la Tunisie sur le marché financier international serait tout sauf une promenade de santé. C’est ce qui explique d’ailleurs les épisodes de procrastination qui ont jalonné cette sortie depuis bien des mois, dénotant des craintes de plus en plus vives qu’elle n’aboutît pas à la levée du 1 milliard de dollars, soit 850 millions d’euros, escomptée au départ. Déjà, le Fonds monétaire international, comme à son habitude, faisait la fine bouche pour convenir du décaissement de la 5ème tranche de sont prêt, y posant des conditions invariablement draconiennes. La notation de Moody’s a fait le reste avec une perspective négative et une note souveraine B2 maintenant la Tunisie dans la catégorie « non-investment grade » ou « high yield » où les titres émis le sont à des taux d’intérêt élevés et principalement souscrits à titre spéculatif.

D’ailleurs, le taux d’intérêt décrété n’a pas dérogé à cette règle avec un 6,75 pour une maturité de 5 ans, ce qui correspond à un risque de crédit vraisemblable. Pis encore, le montant recherché à été amputé de la moitié, la Tunisie, dos au mur, se contentant de 500 millions d’euros, destinés, plus est, au financement des besoins budgétaires de 2018.

La confiance n’a pas été rétablie !

C’est à se demander, eu égard à ce résultat, si la Tunisie s’était emmêlée les pinceaux en frappant à la porte des bailleurs internationaux en ce moment précis et dans les conditions économiques et financières qui sont les siennes, même si le ministère des finances dénombrait 120 candidats souscripteurs offrant 1,250 milliard d’euros. « Le nombre de souscripteurs pour un si petit montant indique que nous n’intéressons plus que les investisseurs de 4ème voire de 5ème position aux moyens limités et acceptant d’investir dans le speculative grade », a estimé le PDG Capital African Partners Bank, Habib Karaouli. Il constate même « cette opération est loin d’être un succès et n’augure rien de bon. Elle intervient à un moment où l’on se devait de rétablir la confiance ce qui n’est manifestement pas le cas ».

Dans ce concert réprobateur, l’expert économique, Ezzedine Saidane parle d’un « nouveau mauvais record », allusion au taux d’intérêt de 6,75% et à la maturité de 5 ans. Et de se poser la question de savoir ce l’on va faire en 2019 « sachant notamment que le projet de budget de l’État prévoit la mobilisation de crédits nouveaux s’élevant à plus de 10 milliards de Dinars et le remboursement de crédits anciens pour la somme de 9,3 milliards de Dinars ».

Une performance appréciable, quand même !

D’un avis opposé, l’économiste Gianni Pugliese, du Groupe Mirabaud, basé à Genève, voit dans l’obtention par la Tunisie de 500 millions d’euros « une bonne performance appréciable sous divers points de vue au vu de la hausse de l’aversion au risque et des nombreux remous politiques ». Il explique, cité par Agefi, que « le degré d’aversion au risque a pris des proportions importantes tout au long du mois d’octobre. Les taux américains plus élevés, les tensions sur les tarifs douaniers, le Brexit, la fin attendue du programme d’achat de la BCE, le bras de fer budgétaire entre l’Italie et l’Europe et la crainte d’un ralentissement économique global ont malmené le sentiment du marché » Et c’est pourquoi, les indices boursiers étant fortement corrigés, les investisseurs ont favorisé les obligations gouvernementales américaines et allemandes et les primes de risque sur le crédit et les emprunts émergents (spread) se sont écartées, surtout sur les émetteurs plus risqués, dont naturellement la Tunisie.

Outre cette composante «marché», souligne-t-il, le pays a dû offrir une prime de rendement supplémentaire sensée compenser les investisseurs pour un climat politique tendu qui freine les efforts d’assainissement des finances publiques.

Pour le reste, plus précisément l’évolution future de la performance de la dette tunisienne, il se borne à rappeler que, la semaine dernière encore, après avoir confirmé sa note de B2, Moody’s a abaissé ses perspectives de stables à négatives, citant l’intensification des pressions dues à un environnement extérieur de plus en plus défavorable, donc peu propice à la résilience.

Et ce conclure : « La tâche des autorités tunisiennes pour vaincre la réticence des investisseurs et gagner leur confiance sera d’autant plus ardue ».

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