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Mohamed Lahmar

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Le stock des réserves en devises a enregistré depuis le début de l’année 2018 de fortes pressions l’ayant ramené à 82 jours d’importation,  a annoncé vendredi la Banque centrale de Tunisie.

Elle explique cette baisse par les  règlements importants en devises auxquels la Tunisie procède habituellement en début d’année pour la constitution des stocks de matières premières, aussi bien énergétiques, alimentaires qu’industrielles, destinées à soutenir l’activité économique, et ce, outre les règlements au titre du service de la dette.

Cependant, l’institut d’émission assure  que le  niveau du stock des réserves devrait se consolider dans la période à venir grâce aux recettes prévues des exportations d’huile d’olive et de dattes, ainsi que des revenus du secteur touristique, outre les retombées positives du raffermissement de la croissance en Europe, un levier important pour les exportations tunisiennes.

La Tunisie bénéficiera également de plusieurs ressources de financements extérieurs notamment pour le financement des investissements publics et privés, ajoute la BCT.

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Dans ses annales postrévolutionnaires, La Tunisie a rarement eu affaire à autant de péripéties en si peu de temps. Deux événements, visiblement liés, ont, la semaine dernière, sinon empoisonné du moins troublé le cours des choses. D’abord l’inclusion dans la liste des pays exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, et ensuite le limogeage, sans ménagement il est vrai, du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari.

Quoi qu’on en dise, il ne peut pas être question d’autre chose dans les deux affaires que de sanctions plus attendues que dites. Les investisseurs et les bailleurs de fonds internationaux, à l’égal de certains experts locaux, savaient que le couperet du GAFI, le Groupe d’action financière, allait tomber. Les tentatives de dernière minute des autorités tunisiennes de dissuader les députés du Parlement européens de conférer l’autorité de la chose décidée au verdict n’y ont rien fait. Au contraire, on n’en a retenu en l’amplifiant à l’extrême que le côté rocambolesque tenant aux cadeaux que la Tunisie aurait offerts aux eurodéputés pour s’assurer leur vote en sa faveur. C’est une fable, a asséné le ministère tunisien des Affaires étrangères dans un démenti aux « allégations dénuées de tout fondement » colportées par le quotidien parisien « Le Monde ». Et il ne tomberait jamais sous le sens que la diplomatie tunisienne ait même songé à se hasarder à pareille idiotie qui, de toutes les façons, n’est nullement dans ses traditions, ni dans celles de ses plénipotentiaires.

L’orthodoxie monétaire en jeu !

Le fait est, par ailleurs, que le vote du Parlement européen a vite fait une victime, le gouverneur de l’Institut d’émission auquel visiblement a été attribuée la responsabilité de cette déconvenue. Certes, les appels à son départ ont pris ces derniers temps une allure qui ne pouvait pas passer inaperçue. Chedly Ayari, dont le mandat à la tête de la BCT viendra à expiration en juillet dans quelques mois, en juillet 2007, ne serait pas en odeur de sainteté à la Kasbah, l’un et l’autre n’étant pas sur la même longueur d’onde concernant la politique à adopter en matière monétaire et commerciale extérieure, et leurs vues n’ont jamais concordé non seulement sur les moyens à mettre en œuvre à ce sujet, mais aussi et surtout sur les ressorts et l’efficacité de cette politique. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a choisi en lieu et place une personnalité venue du sérail de la Banque mondiale auquel incombera la tâche d’assurer la cohérence des approches entre la Primature et l’Institut d’émission et d’en être le garant, selon des observateurs et analystes. Sera-t-il le gardien de l’orthodoxie monétaire comme c’est la vocation originelle et naturelle d’une banque centrale ? On va le voir à l’exercice.

Mais ce qui interpelle le plus dans cette affaire de l’inscription de la Tunisie dans la liste noire du GAFI, c’est essentiellement la façon dont elle a été gérée du côté tunisien, et ce dès les premiers commencements. Que le dossier soit technique, cela ne fait aucun doute, car les experts du GAFI qui s’y sont attelés ont, indiscutablement, travaillé sur des données avérées, recoupées et passées au crible selon les normes établies et applicables à tous les pays. Que le dossier soit aussi politique, cela ne peut pas être contesté non plus. La Tunisie, au sortir d’une révolution qui lui a imprimé une configuration singulière et qui échappe au « droit commun » des nations, s’est retrouvée dans une situation économique, financière et sociale très difficile, par moments dramatique, avec une dizaine de gouvernements en sept ans, des caisses de l’Etat auxquelles il arrivait souvent d’être presque vides, des entreprises en proie à des péripéties menaçant même la survie de beaucoup d’entre elles, et une agitation sociale endémique. Dans le même temps, l’Union européenne, qui n’avait de cesse tari d’éloges sur l’expérience démocratique naissante et unique dans le monde arabe, peine à mettre la main à la poche, et si elle se décidait à le faire , c’est avec parcimonie, malgré toutes les professions de foi dont elle s’échine à se fendre sans aller au bout de sa logique.

Des errements, et pas que cela !

Il n’en reste pas moins que les Tunisiens n’ont à se prendre qu’à eux-mêmes, surtout ceux mandatés à           prendre en charge leurs intérêts. En témoigne, le mode sur lequel a été géré le fameux dossier du GAFI, et plus encore celui des paradis fiscaux. C’est à présumer qu’ils n’ont pas pris la vraie mesure de ce qu’ils avaient à faire, soit par insouciance et impéritie, ou tout simplement parce qu’ils ont pris la chose à la légère, pis, pendant de longs mois où ils se sont catonnés dans un immobilisme manifeste.

Quant à la diplomatie, elle était plongée dans une somnolence d’autant plus inusitée qu’elle ne s’en est tirée qu’après que le mal a été fait. Et elle s’est alors mise en branle tout en étant peu outillée pour en découdre avec un dossier dont la résolution demande plus que de l’entregent diplomatique, de vraies task-force qui maîtrisent la finance et ses arcanes, et plus encore une communication sophistiquée et sans faille qui arrive à changer les idées répandues et les perceptions des vis-à-vis et des preneurs de décisions, que ce soit dans la sphère parlementaire ou exécutive.

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Sous ses dehors de « visite d’Etat », la première du genre qu’effectue le président français Emmanuel Macron dans le monde arabe, ce déplacement du locataire de l’Elysée en Tunisie ne semble pas devoir donner lieu à des annonces spectaculaires qui permettraient au pays de s’extraire de la franchement mauvaise situation économique et de son pendant social dans lesquels il se débat depuis de longues années. « Un message symbolique fort… destiné à montrer le soutien de la France à l‘expérience démocratique tunisienne, qui est la seule expérience de transition réussie après les Printemps arabes », se plaît à expliquer la Présidence française qui « souhaite apporter son soutien à la Tunisie pour l‘aider le mieux qu‘elle peut à répondre au défi économique et social qui sera la sien au cours des prochaines années ».

Des professions de foi davantage que des actes sauf quelques uns ayant trait à l‘aide publique au développement, au soutien aux PME et PMI ainsi qu’à la résorption du chômage. Une conversion d‘une partie de la dette tunisienne pourrait également être annoncée, portant sur une trentaine de millions d’euros. En clair, il n’y aura pas de gros investissements dont la nécessité se fait vivement sentir pour remettre la machine économique en marche, créer de la richesse et surtout offrir de l’emploi aux centaines de milliers de jeunes qui n’en trouvent guère et dont l’espoir d’en trouver ne fait que s’amenuiser à mesure que l’Etat fait l’impasse sur les recrutements dans la fonction publique, et que les entreprises privées se gardent d’investir et d’embaucher.

D’ailleurs, la délégation d’hommes d’affaires qui accompagnera Macron dans sa visite ne sont pas de grosses pointures. On aura droit à de jeunes pousses et à des investisseurs qui ont déjà pignon sur rue en Tunisie, comme, par exemple, le PDG d’Orange dont l’entreprise a pris ses quartiers depuis des années en Tunisie. Une désaffection qu’un membre de la délégation française, cité par Jeune Afrique, a expliqué par le fait que le Tunisie » a du mal, en ce moment, à intéresser d’autres grands groupes qui n’y sont pas déjà ». « La situation des finances publiques et de l’économie tunisienne est compliquée. Au-delà des marques d’amitié et des symboles, la Tunisie a besoin d’investissements », renchérit un homme d’affaires tunisien dont les propos sont rapportés par la même source.

Une visite « business as usual » !

Sarah Yerkes, spécialiste de la Tunisie au programme Moyen-Orient de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, a estimé que « les Tunisiens ne devraient pas nourrir de faux espoirs en pensant que Macron résoudra les problèmes économiques du pays », craignant que «  les Tunisiens n’en soient pour leurs frais s’ils pensent que Macron vient pour sauver la mise ». Une analyse partagée par la chercheuse tunisienne au Centre européen de gestion des politiques de développement, Tasnim Abderrahim qui affirme que la visite du président français ressortit au « business as usual ». Ce sera, a-t-elle dit, « de la diplomatie conventionnelle, parée de discours officiels et de communiqués communs … A vrai dire, je ne vois rien d’extraordinaire sortir de cette visite » pour asséner enfin que «  le gouvernement tunisien entretient de grandes attentes à l’opposé de la majorité des citoyens qui lui demandent plus et pas grand-chose aux partenaires internationaux ».

De grosses pointures universitaires

C’est sans doute ailleurs qu’il va falloir chercher des dividendes concrets de cette visite d’Etat de Macron, principalement en termes de sécurité et plus encore de coopération en matière d’enseignement supérieur où la France pourrait et devrait apporter des concours conséquents, comme pourrait donner à le penser la composition de la délégation accompagnant le chef de l’Etat français avec des poids lourds des universités de l’Hexagone, comme le président de Paris Sciences et Lettres qui regroupe 26 prestigieuses institutions parisiennes, la présidente de l’Université Paris-Dauphine, le directeur de Mines Paris Tech et le recteur de Paris. Déjà, on parle d’un projet d’université franco-tunisienne pour l’Afrique et d’un partenariat entre l’Ecole nationale d’administration de Tunis et une grande institution française.

Pour ce qui est enfin de la sécurité, une plus grande contribution française est attendue pour la lutte contre le terrorisme, alors que la Tunisie fournit d’exceptionnels efforts pour sécuriser ses frontières avec la Libye voisine et cherche à s’équiper en armements et se doter de savoir-faire pour s’immuniser contre les atteintes à son territoire et à sa sécurité.

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En d’autres temps, la conférence qu’organise en ce moment à Marrakech le Fonds monétaire international sur la croissance, l’emploi et l’inclusion dans le monde arabe, n’aurait pas interpellé si vivement la Tunisie. Après tout, il ne s’agit que d’assises biennales comme il s’en tient périodiquement par le FMI pour des réflexions sur les moyens-les siens- de relever les défis auxquels font face les pays de la région.

Seulement, en jugeant indispensable d’y prendre part, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a sans doute d’autres idées derrière la tête tout en ne trouvant rien à dire sur l’ordre du jour de ce conclave de haut niveau. Un déplacement motivé par son souci d’expliquer aux grands pontes du Fonds, dont probablement sa Directrice générale, Christine Lagarde, les difficultés auxquelles son gouvernement est en butte dans la mise en œuvre des réformes qui lui sont prescrites en contrepartie du fameux prêt de 2,9 milliards de dollars. Mais, dans le même temps, il s’évertuera à rassurer ses interlocuteurs sur les efforts de diligence consentis pour mener à son terme le programme de « redressement » auquel les autorités tunisiennes se sont engagées.

Un coût social et économique

Bien entendu, ceci a un coût, fatalement social et économique, dont la Tunisie est bien en peine de s’accommoder comme l’ont démontré les mouvements de protestation qui ont accompagné les premiers commencements de l’application de la loi de finances 2018, alors que d’autres pourraient éclater au fur et à mesure que ses dispositions viendraient à exécution. Des gages dont les responsables du FMI se borneront à prendre acte sans reculer du moindre iota sur les préceptes édictés et qui doivent être suivis sans autre forme de procès, au risque pour le pays « bénéficiaire » de s’exposer à des « représailles » dont les moindres sont infligées sous la forme de report du déboursement de l’une des tranches du prêt accordé au titre de la facilité élargie de crédit. La Tunisie en a fait les frais et attend d’en recevoir la tranche retenue, vraisemblablement dans un avenir qui ne serait pas lointain, assurent des responsables tunisiens.

Avant de s’envoler pour Marrakech, Youssef Chahed, visiblement dans un message adressé au FMI, s’est fendu d’un plaidoyer sous forme de bilan où il affirme que «  la Tunisie devrait enregistrer une croissance moyenne de 2% en 2017 et nous tablons sur un taux de 3% en 2018. L’objectif du gouvernement étant d’atteindre 5% en 2020 et d’entamer une transformation de notre modèle économique, afin qu’il soit plus créateur d’emplois ». Plus important encore, il met en relief « le retour, depuis une année, des moteurs de croissance tunisienne, à savoir l’investissement et l’exportation. Des secteurs comme le tourisme et les industries mécaniques connaissent, également, un net regain d’activité ».

Une tutelle encombrante

A la vérité, ce ne sera pas assez pour s’affranchir de la tutelle encombrante du FMI, ni pour éviter les descentes que les fonctionnaires effectuent en bonne brigade de police financière internationale, dont les conclusions sont fébrilement attendues, tant elles pèsent de tout leur poids sur la suite des événements jonchés encore d’une variété d’accrocs que le gouvernement tunisiens s’échine à surmonter, comme par exemple, la chute du Dinar qu’il n’arrive pas à enrayer et que l’institution de Bretton Woods trouve qu’il n’est que légèrement surévalué, actuellement, aux alentours de 10%. Corollaire de ce constat, la Tunisie devrait aller de l’avant dans la politique de flexibilité du régime de change pour permettre à la monnaie tunisienne de réagir au jeu de l’offre et de la demande de devises, même si les déficits de la balance des biens et des services a atteint un niveau sans précédent.

Plus claire et comminatoire encore est la « recommandation » du FMI qui somme de «  progresser urgemment sur des réformes attendues de longue date », car, estime-t-il, « Inverser, voire retarder les réformes serait la mauvaise option et continuerait de faire du tort aux générations futures ». Au demeurant, il avertit que «  nous veillerons à ce que les réformes se poursuivent et soient appliquées équitablement, en tenant dûment compte de leurs implications sociales et progressivement dans la mesure où les ressources disponibles et les conditions macroéconomiques le permettent ».

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Un sujet en chasse l’autre. Ce sont les élections municipales prévus pour se tenir le 6 mai qui occupent présentement les Tunisiens, la classe politique infiniment beaucoup plus que les électeurs qui semblent, dans leur écrasante majorité, s’en désintéresser comme de l’an 2019. Et alors que la date du 6 mai ne fait plus de doute, les partis politiques rivalisent de zèle, de programmes et bien davantage de coalitions pour s’assurer du vote de ce qui resterait alors du collège électoral.

Renvoyé autant de fois que le dictaient les humeurs politiques des uns, les intérêts des autres, et l’impréparation du reste, le scrutin, amputé pourtant de son volet régional, a fini par s’imposer à tout le monde comme une échéance irrémissible. Mais, il ne faut pas se leurrer. Ce n’est pas parce que les municipales vont changer le vécu du citoyen qui a maille à partir avec tout ce que charrie l’action communale dans son exercice actuel : une gabegie sans bornes, une saleté ambiante, une infrastructure délabrée et des prestations à la limite du pathétique, mais surtout parce que cette consultation électorale est une répétition générale grandeur nature de ce que seront les élections présidentielles et législatives de 2019. Un réservoir de voix qui déteindra immanquablement sur le capital politique ce faisant accumulé pour s’assurer un meilleur positionnement lorsqu’il s’agira de choisir, l’année d’après, un président de la République, et les députés de la prochaine législature.

Ce ne sera pas une promenade de santé

Tous les partis politiques sont logés à cette enseigne, mais visiblement à des degrés divers, jusques et y compris les deux majeurs d’entre eux, Ennahdha et Nidaâ Tounès pour lesquels il ne devrait pas s’agir d’une promenade de santé comme vient de le démontrer l’élection législative partielle d’Allemagne. Mais l’enjeu est plus crucial parce qu’aléatoire pour tous les autres. Et pour s’offrir les moyens de « faire bonne figure », ces derniers n’ont d’autre choix que de se coaliser dans des listes, à première vue, hétéroclites, mais dont ils espèrent qu’elles dameront le pion à celles que présenteront leurs deux grands concurrents.

C’est particulièrement le cas de ce qui a été convenu d’appeler la « Coalition civile » regroupant onze partis, organisations, et composants de la société civile ainsi que des personnalités indépendantes , visant à « créer un vecteur d’unité pour les villes, les régions et les communes, et éviter la dispersion des votes ». Ce conglomérat défendra ses chances dans 45 circonscriptions électorales, peut-être plus, 60 ou 70, principalement dans les cités. Le mouvement “Al-Irada” de Moncef Marzouki n’est pas en reste. Lui aussi envisage de se présenter aux prochaines municipales avec des listes partisanes et de coalition. Et il se dit fin prêt à se lancer dans la bataille et « y travaillant dur », affirme son président.

En fait, et c’est de bonne guerre, ces coalitions, pour ne citer que celles-ci, ont l’ambition de « battre », à tout le moins de ravir le plus grand nombre de votes à Ennahdha et à Nidaâ qui ont dans leur besace une majorité consensuelle acquise à la faveur des scrutins de 2014. Pourront-elles réussir à le faire ? L’urne le dira même si le binôme au pouvoir n’affiche plus la position confortable qui était la sienne lors des derniers rendez-vous électoraux qui leur ont permis de s’emparer des leviers du pouvoir dan le pays sans délivrer le minimum des résultats que les Tunisiens appelaient de leurs vœux, ingénument d’ailleurs, comme en témoigne le bilan à la fois de l’Exécutif et de la Représentation nationale.

Plus rien comme avant !

S’y ajoute le fait que les deux partis dominants ne semblent guère disposés à se liguer en vue des Municipales comme ils avaient l’habitude de le faire jusqu’ici. Pour s’en convaincre encore plus il n’y a qu’à se référer à ce qu’assénait il y a quelques jours le président de la Choura d’Ennahdha affirmant que son parti « s’apprête à affronter son principal rival, le parti Nidaâ Tounes, dans les élections municipales », en expliquant que le consensus actuel entre les deux partis partenaires dans le gouvernement de coalition au pouvoir est “seulement temporaire”. « Nous n’avons pas d’alliance permanente avec Nidaa Tounes; nous sommes deux partis totalement différents “, a-t-il encore souligné, rappelant que « lors des dernières élections de 2014, les électeurs tunisiens ont refusé de donner le pouvoir à un seul parti ». Il n’en demeure pas moins que le parti de Ghannouchi ne fait pas mystère de la recherche d’un ersatz en offrant de « coopérer avec tous les partis politiques en vue de renforcer les fondements démocratiques du pays. “Nous sommes prêts à coopérer avec toutes les orientations politiques, qu’elles soient de gauche, libérales, islamistes ou nationalistes”, a-t-il dit.

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Pour l’ultime étape de sa visite au Moyen-Orient, le vice-président américain Mike Pence s’est rendu lundi à Jérusalem. Le transfert de l’ambassade américaine dans la Ville sainte, condamné par la communauté internationale, a bien entendu occupé une grande partie de son discours devant la Knesset.

Il  a confirmé que la nouvelle ambassade ouvrirait avant la fin de l’année 2019. « Le mois dernier, le président Trump a écrit l’Histoire. Il a corrigé une injustice vieille de 70 ans, il a tenu sa promesse envers le peuple américain en annonçant que les Etats-Unis reconnaissaient enfin que Jérusalem était la capitale d’Israël », a-t-il dit.

Alors qu’une coalition des partis arabes à la Knesset a boycotté cette intervention, une douzaine de députés arabes (sur 120 parlementaires) ont été expulsés de la session après avoir lâché des cris et brandi des pancartes. « Nous avons levé une pancarte avec une image d’une église et une mosquée, où il est écrit : Jérusalem-Est la capitale de la Palestine, a indiqué l’élu Jamal Zahalka auprès de Israel News. Le but est d’aller contre Trump. Nous voulons un arrangement. Je n’ai aucun respect pour le vice-président américain.

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Que la Tunisie soit en train de réussir sa guerre contre le terrorisme, c’est l’évidence même. Et elle est étayée au fil des jours et spectaculairement au fil des semestres avec des opérations si rondement menées qu’elles soulignent une grande maîtrise que les forces de sécurité se sont évertuées à acquérir après les premiers errements d’un noviciat qui leur a coûté cher ainsi qu’au pays en son entier.

Celle de Sammama, samedi soir, qui s’est soldée par la mort de l’Algérien Bilel Kobi, un proche conseiller du chef d’Aqmi Abou Moussab Abdoul Wadoud, connu également sous le nom d’Abdelmalek Droukdel, a tout pour être un graal qui s’ajoute à bien d’autres à mettre à l’actif des forces de sécurité tunisiennes que ce soit à Ben Guerdane, à Sidi Aïch, notamment. Des exploits qui s’alignent pour donner corps à un revirement copernicien dans la stratégie de lutte contre le terrorisme qui passe ainsi de la riposte pure et simple à un travail en profondeur de maillage du territoire, de renseignement, et surtout d’anticipation. Au point qu’il ne passe pas un jour sans que le ministère de l’Intérieur n’annonce des coups de filet à la faveur desquels des cellules terroristes dormantes sont démantelées, leurs membres mis hors d’état de nuire ou jetés en prison.

Refonte du l’appareil sécuritaire

Il va sans dire que cette reprise en main de la chose terroriste prend racine dans la reconversion de l’appareil sécuritaire en une architecture, d’abord assainie, puis aguerrie, pour s’imprégner d’un nouveau dogme et disposer de nouveaux moyens qui répondent à la sophistication de l’acte terroriste, autrement pensé et plus gravement menaçant.

Le plus important dans cette approche, c’est qu’elle est indemne de velléités politiques, pour être l’apanage des compartiments concernés, et d’eux seuls. Un travail accompli à l’enseigne d’un professionnalisme avéré et de techniques qui le sont tout autant, le tout soutenu par une coopération tous azimuts avec des pays voisins, notamment l’Algérie, ceux d’Europe et des Etats-Unis. Car enfin, face à un terrorisme globalisé, il serait totalement vain de s’y mettre en vase clos et y faire cavalier seul, sachant les ramifications que tissent et dictent les « donneurs d’ordre » et l’office que remplissent leurs relais, non seulement en Tunisie, mais partout dans la région et ailleurs.

Convenons aussi que malgré leurs débâcles dans les pays du Levant, en Syrie et en Irak, les groupes terroristes n’ont pas été en mesure de délocaliser en Tunisie leurs sinistres menées, en dépit des vives craintes que cet exode puisse être suivi d’opérations, non seulement commises par des groupes mais par des « loups solitaires », comme ce fut le cas au Bardo et à Sousse ou encore à l’avenue Mohamed V à Tunis. D’ailleurs, les services de sécurité tunisiens s’y sont préparés du mieux qu’ils pouvaient, et mis en place des approches multidisciplinaires dont le résultat est perceptible à travers l’absence totale d’actes terroristes sur le sol tunisien, imputés aux jihadistes de retour.

Une vigilance de tous les instants

Il a été tout aussi essentiel que l’appareil de sécurité tunisien n’ait nullement baissé la garde. Au contraire, il a mis les bouchées doubles, anticipant avec la dextérité qui est la sienne toutes les éventualités, celle-là mêmes qui n’ont pas eu l’heur d’être envisagées sous d’autres latitudes comme en France et en Allemagne, pour ne citer que ces deux pays où des Tunisiens se sont signalés par des actes terroristes utilisant des techniques inédites.

Pour autant, doit-on conclure que l’hydre du terroriste est définitivement décapitée en Tunisie ? Les faits et l’expérience enseignent que tel ne peut être le cas et que la vigilance doit être le maître-mot de l’ensemble des effectifs sécuritaires et militaires. Et ceci dicte toujours, comme le préconisent les experts de l’antiterrorisme, une analyse rigoureuse et objective des facteurs alimentant le terrorisme et de la nature des acteurs afin d’élaborer les contre-stratégies ou ripostes à court terme en mesure de les contenir. A moyen terme, il sera capital que l’architecture sécuritaire tunisienne poursuive sa refonte visant une rationalisation du fonctionnement des institutions impliquées dans la lutte contre les menaces terroristes d’où qu’elles puissent venir.

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Les perspectives pour les notations souveraines des pays de la région du Levant et de l’Afrique du Nord en 2018 sont globalement stables, reflétant l’amélioration de la dynamique de croissance mondiale, les réformes structurelles en cours et la réduction des conflits régionaux, selon un rapport de Moody’s Investors Service.

“L’amélioration de la dynamique de croissance mondiale, les réformes structurelles en cours et la réouverture progressive des routes commerciales dans les anciennes zones de conflit ainsi qu’une reconstruction planifiée soutiendront la croissance du PIB en 2018. De plus, un resserrement des conditions de financement, et le risque politique élevé continueront d’être des facteurs de risque lié à des incidents dans la région », a déclaré Elisa Parisi-Capone, vice-présidente et analyste principale de Moody’s et co-auteur du rapport.

A la date du 16 janvier 2018, quatre souverains de la région du Levant et de l’Afrique du Nord sont crédités de perspectives stables, tandis que l’un d’entre eux affiche une perspective positive (Maroc) et un autre une perspective négative (Tunisie). L’augmentation de la croissance mondiale entraînera une hausse des exportations de la région, notamment du tourisme, des envois de fonds et des investissements en 2018. Les prix modérés du pétrole seront d’un secours supplémentaire, tandis que les cinq pays importateurs de pétrole sont en train de réaliser des progrès vers l’accès ou le développement de sources d’énergie renouvelables afin de réduire durablement leurs déficits énergétiques. Cela dit, le potentiel économique de la région continue d’être considérablement entaché par des faiblesses structurelles, des inefficiences du marché du travail et une faible compétitivité.

Léger rebond de la croissance

Dans le détail, Moody’s prévoit pour la Tunisie une légère accélération de la croissance à 2,8% en 2018 contre 2,3% en 2017, tirée par la demande, émanant notamment de la France et de l’Italie et par une amélioration des incitations à l’investissement suite à la récente loi sur l’investissement et le partenariat public-privé. Cependant, les trajectoires de croissance de la Tunisie, de la Jordanie et du Liban continuent de faire face à des difficultés structurelles et extérieures importantes, malgré la reprise cyclique de la croissance.

Pour ce qui est de l’Égypte, Moody’s s’attend à ce que la croissance passe de 4,2% en 2017 à environ 5% en 2019 et à 5,5% en 2021, alors que les réformes structurelles soutiennent une activité plus large comparée au modèle de croissance avant la réforme, principalement axé sur la consommation. Moody’s prévoit également une reprise de la croissance du PIB en Irak, en Jordanie et au Liban en 2018, à 2,9%, 2,5% et 2,8% respectivement.

Au Maroc, la reprise cyclique devrait se modérer, la croissance du PIB s’établissant à 3,5% en 2018 contre 3,9% en 2017, due à une contribution plus faible du secteur agricole à la croissance. Moody’s note que les programmes de réforme fiscale et l’aide publique à la liquidité atténuent l’exposition à des taux d’intérêt plus élevés. Néanmoins, des niveaux d’endettement élevés, une faible abordabilité de la dette, des besoins de financement importants et des taux de refinancement relativement élevés augmentent l’exposition du Liban, de l’Égypte et de la Jordanie à une hausse plus forte que prévu des taux d’intérêt. De plus, l’assainissement budgétaire sera plus difficile pour la Tunisie, l’Égypte et le Liban.

Risques de vulnérabilité

L’amélioration de la demande extérieure des partenaires commerciaux mondiaux et l’augmentation des recettes touristiques (même si elle repose sur un niveau faible au départ) soutiendront également un rééquilibrage externe progressif mais inégal, tiré par des prix pétroliers globalement inchangés d’environ 40 à 60 dollars le baril en 2018 et 2019. Selon Moody’s, le recours important aux emprunts extérieurs à la suite des perturbations dues au printemps arabe souligne l’augmentation des risques de vulnérabilité externe régionale, qui sont les plus évidents en Tunisie. En outre, le déficit du compte courant du Liban restera élevé de 16 à 17% du PIB au cours des deux prochaines années, exacerbé par la crise des réfugiés et les perturbations des circuits commerciaux.

Moody’s note enfin que les tensions accrues entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, les risques sécuritaires persistants causés par les récents conflits régionaux en Irak et en Syrie et les tensions récurrentes israélo-palestiniennes vont façonner le risque géopolitique au Levant, alors que l’Afrique du Nord demeure exposée à une paralysie politique potentielle alimentée par l’opposition des populations à la réforme fiscale.

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Hormis quelques épars attroupements, du reste aléatoires et dérisoires, ce 7ème anniversaire de la Révolution est célébré dans le désabusement général, à des années-lumière de cette soudaine et forte griserie qui s’est emparée des Tunisiens sitôt répandue la nouvelle que le président alors en place, Zine el-Abidine Ben Ali, a pris la fuite. Tous les espoirs fondés sur cet que l’on croyait central pour le devenir de la Tunisie se sont se sont progressivement effondrés au fil des gouvernements qui se relayaient, depuis, sans apporter les changements si ardemment escomptés, ni même esquisser la perspective qu’ils pourraient intervenir.

A cette euphorie succédait la lassitude qui a vite fait de tourner à la désespérance pour se convertir en contestation aux expressions multiples où la violence n’est pas absente. Une atmosphère délétère accentuée par une classe politique franchement déconnectée de ce qui est censée être son assise populaire, et plutôt occupée à servir ses propres intérêts et des ambitions claniques où la quête du pouvoir est la chose la mieux partagée. Même la Constitution, qui a vocation à être la dépositaire de la conscience du peuple, a été dévoyée pour répondre à des desseins partisans et sans commune mesure avec les aspirations des Tunisiens.

Profond malaise

Un nouveau sondage réalisé par le Centre international de recherche sur les enquêtes par sondage de l’Institut républicain international (IRI) révèle, d’ailleurs un profond malaise économique parmi les Tunisiens. « Les protestations en cours contre les mesures d’austérité du gouvernement renforcent la tendance de longue date de l’insatisfaction évidente dans nos sondages”, a déclaré le vice-président des programmes de l’IRI, Scott Mastic. Une majorité écrasante décrit la situation économique actuelle comme « très mauvaise » (68%) ou «plutôt mauvais» (21%), alors que seulement 37% pensent que leur situation financière s’améliorera l’année prochaine. Plus de 80% estiment également que la Tunisie va dans la mauvaise direction. Toutefois, plus de la moitié des Tunisiens sont “très satisfaits” (29%) ou “plutôt satisfaits” (26%) de la “guerre contre la corruption” annoncée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed au printemps 2017.

En attendant un hypothétique sursaut

Comme on peut le noter, le diagnostic est sans appel avec comme corollaire une funeste projection sur l’avenir, alors que des politiques sans consistance sont conçues sans prise réelle sur le vécu des Tunisiens et menées à l’enseigne de l’improvisation, en tout sans la moindre touche d’imagination qui puisse déblayer le terrain vers la concrétisation des pléthorique promesses faites et jamais tenues par toutes les formations politiques, singulièrement celles qui tiennent les rênes du pouvoir.

C’est comme si on est en présence de gouvernants qui gèrent la chose publique sur le mode d’expédition des affaires courantes, sans la moindre vision qui se projette sur l’avenir et qui mobilise au service d’objectifs clairs, convenus pour la réalisation desquels les Tunisiens ne rechigneraient pas à faire des sacrifices, ni à s’accommoder des « mesures douloureuses » qu’on leur sérine sur toutes les fréquences. La dernière loi de finances en est la plus criante illustration avec la vague de protestations et d’actes de pillage et de vandalisme auxquels elle a donné lieu. Le gouvernement y a vu le fait d’énergumènes contre lesquels il est de meilleur ton de sévir qu’une alerte dont il faut tenir bon compte pour engager enfin les vraies réformes et mettre en place l’architecture idoine à la faveur de laquelle il sera possible de s’affranchir de ces sept longues années de galère enclenchées par la Révolution.

A la vérité, les Tunisiens sont dans leur droit de réclamer que les choses changent vite et mieux, exaspérés qu’ils sont par d’exécrables politiques pratiqués par des gouvernements, d’abord néophytes et surgis de nulle part et ensuite relayés par d’autres frappés de paralysie, ringards et otages de très mauvais arrangements politiques. C’est ce qui souligne l’urgence d’un sursaut, immédiat et salutaire, nécessitant des bouleversements tout aussi salutaires dans la manière de gérer le pays et dans les ressorts qui la fondent à ce jour.

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Un conseil ministériel tenu samedi à Dar Edhiafa a adopté un dispositif  de soutien social s’inscrivant dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et d’intégration sociale à l’horizon 2020.

Le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a expliqué que ce dispositif s’articule autour des axes suivants :

  • Garantie d’un revenu minimum fixe pour les familles nécessiteuses
  • Garantie de la couverture sanitaire pour tous les Tunisiens
  • Aide aux familles pour un logement décent

Cette stratégies sera mise en œuvre à travers :

-1- le relèvement à hauteur de 100 millions de dinars du budget  de l’indemnité des familles nécessiteuses , laquelle va augmenter de 20%  et l’institution d’une pension de retraite au moins égale à 180 dinars par mois

-2- Doublement de l’indemnité accordée aux enfants handicapés appartenant aux familles nécessiteuses

-3- Extension de la couverture sanitaire aux sans- emploi qui bénéficieront des soins gratuits à travers des cartes spécifiques qui leurs seront attribuées par  le ministère des Affaires sociales, le temps qu’ils trouvent un emploi

-4- Création d’un fonds de garantie des prêts-logement  au profit des personnes qui ne bénéficient pas d’un revenu fixe, et dont le nombre est estimé à environ un demi-million de Tunisiens, et ce en vue de garantir un logement décent à  chaque famille.

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Le président de la République, Béji Caid Essebsi, a décidé de rompre le silence qu’il observe depuis le déclenchement de la vague de troubles  qui secouent le pays  en protestation contre la vie chère et les mesures fiscales de la loi de finances 2018.

Il devrait le faire en deux temps. D’abord, samedi, devant les signataires du Document de Carthage qu’il a convoqués pour une rencontre au palais éponyme pour des discussions sur la situation générale du pays  et sur les derniers développements sur  le plan sécuritaire. Ensuite, le lendemain, dimanche, à la cité Ettadhamen  dont il inaugurera la maison de jeunes, dans le cadre de la célébration du 7ème anniversaire de la Révolution précise-t- on de sources concordantes qui ajoutent que le chef de l’Etat fera, à cette occasion, des déclarations.

Le choix porté par BCE sur la cité Ettadhamen pour s’exprimer revêt plus d’une signification, étant l’une des régions où les troubles nocturnes ses sont produits avec leur lot d’actes de pillage, de vol et de vandalisme.

Selon diverses sources, le président de la République annoncera des mesures au profit des classes défavorisées et d’autres Tunisiens  pour  permettre à leur pouvoir d’achat d’amortir les effets de l’explosion des prix.

 

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Prompt à réagir chaque fois que le moindre soupçon de menace venait à peser sur ses ressortissants en déplacement outre-mer, le gouvernement britannique vient d’actualiser son conseil voyage relatif aux siens se trouvant en Tunisie ou comptant s’y rendre. Il y tire argument des « mouvements de protestations entachées de violences dans plusieurs villes tunisiennes… qui seraient suivies d’autres manifestations dans les jours à venir, y compris à Tunis les 12 et 13 janvier courant ». Le Foreign Office enjoint à ses ressortissants d’ « éviter les manifestations et de se conformer aux instructions des autorités locales ».

Quoi de plus avisé pour un gouvernement échaudé par la mort d’une trentaine de ses sujets dans l’attaque terroriste de Sousse en juin 2015 et qui a mis deux années pleines et entières pour lever l’interdiction qu’il avait faite à ses ressortissants de voyager en Tunisie, sans omettre de s’assurer que le pays est désormais sûr et ne présente plus de danger grâce aux draconiennes et jugées satisfaisantes mesures de sécurité qu’il a prises, le plus souvent, sur injonction et de concert avec les autorités britanniques.

Dans la foulée, les tour-opérateurs du Royaume-Uni ont commencé à revenir en Tunisie, une destination historiquement appréciée et courue par leurs clients, au point que nombre d’entre eux osaient braver l’interdiction de leur gouvernement pour venir y passer leurs vacances. Plus particulièrement, le plus grand voyagiste de Grande-Bretagne, TUI, a annoncé pas plus tard que la semaine dernière sa décision « surprise » d’avoir de nouveau pignon sur rue en reprenant la vente de ses vacances dès le 1er mai prochain après une absence de trois ans, emboîtant ainsi le pas à Thomas Cook qui relancera ses vols sur la Tunisie le mois prochain aux côtés d’autres opérateurs tels que Just Sunshine et Tunisia First.

Le directeur général de Tui au Royaume-Uni et en Irlande, Nick Longman, avait annoncé la couleur en octobre dernier, dans des déclarations à Travel Trade Gazette (TTG) en assurant que son entreprise « pourrait être de retour en Tunisie d’ici l’hiver 2018 si le programme de Cook était un succès ». Un porte-parole de Cook a confirmé que la Tunisie se négociait “comme prévu” et a opéré un “début encourageant”.

La confiance reconquise

Le directeur commercial de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), Sami Tounsi y avait vu une « bonne surprise ». « C’est une très bonne nouvelle car personne ne s’y attendait pour le début de cette année », a-t-il confié à TTG. « Je pense que Tui a repéré une demande pour la Tunisie. J’espère que les prix seront bons pour inciter les gens à s’y rendre». Le programme de Tui propose quatre vols par semaine vers l’aéroport d’Enfidha depuis Bristol, Manchester, Gatwick et Birmingham, et une sélection limitée d’hôtels à Hammamet et Yasmine Hammamet. “Plus que le volume, il s’agit de renforcer la crédibilité et de reconstruire la confiance en la Tunisie pour 2018”, a-t-il ajouté. « Il est extrêmement important que les deux grands opérateurs [Cook et Tui], qui représentaient 95% du marché britannique [avant l’attaque de l’été 2015], soient de retour ». La décision de Tui a déjà incité l’office tunisien du tourisme à revoir à la hausse ses ambitions pour les visiteurs britanniques de 70 000 cette année à 85 000. Mais un long chemin reste à parcourir pour revenir aux niveaux précédents, notamment celui de 2014, année où 424 000 vacanciers britanniques avaient visité le pays.

Les dividendes de l’open sky

Les agences spécialisées dans le tourisme balnéaire en ligne ont indiqué que la demande sur la Tunisie avait lentement augmenté depuis que le Foreign Office a levé son avis voyage applicable à la majorité des régions du pays en juillet 2017. Bill Allen, directeur chez On the Beach, a déclaré à TTG que « la reprise a été lente car il faut du temps pour y reprendre place». « La Tunisie reste une destination extrêmement populaire. C’est un peu comme la Turquie, elle offre un excellent rapport qualité-prix avec de bons sites all-inclusive ». De son côté, Theo Demetriou, directeur des achats à loveholidays, a indiqué que « nous avons constaté une légère augmentation des recherches et réservations pour les vacances en Tunisie, en particulier pour les vacances d’été en juin et juillet ».

Le nouvel accord sur l’open sky conclu entre la Tunisie et l’UE en décembre devrait également ouvrir le marché aux compagnies aériennes low cost. « Il faudra quelques années pour en évaluer l’impact », a reconnu Sami Tounsi. “Beaucoup de compagnies aériennes ont manifesté un certain intérêt, mais tout dépendra de la demande », a-t-il dit.

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Oh ! Demain, c’est la grande chose ! De quoi demain sera-t-il fait ? Une troublante interrogation que les Tunisiens, à l’instar de Victor Hugo, se prennent à se poser avec une évidente inquiétude au regard de cette vague d’agitation qui est en train de secouer leur pays. Annonce-t-elle un mouvement de bien plus grande ampleur ou s’agit-il d’un accès de grogne qui ne durera que l’espace de quelques nuits ? Tout dépendra de l’alchimie du moment, de l’évolution des choses et surtout de la façon dont tout cela sera géré par le gouvernement.

Sauf à se voiler la face, il serait primaire et sommaire de réduire ces mouvements de protestation à de simples actes de brigandage et de faits de pillage et de vol perpétrés par des délinquants qui s’y sont mêlés. Cette réalité est patente mais ne doit en aucun cas occulter le ressentiment exprimé ou réprimé de la majorité des Tunisiens face au rouleau compresseur fiscal mis en branle par la nouvelle loi des finances autant qu’à l’extraordinaire flambée des prix qui touche un large éventail de produits et de services et plus encore à l’augmentation de la Taxe sur la valeur ajoutée qui se traduira pratiquement par une hausse généralisée des prix.

Visiblement, le gouvernement, qui serinait depuis de longs mois son antienne de mesures douloureuses » n’a pas pris la peine ni le parti d’expliquer à l’opinion publique en l’y préparant, la nécessité des mesures qu’il allait prendre, alors même qu’à l’ère des médias et de la démocratie d’opinion, le politique ne peut rien entreprendre sans s’assurer d’abord que son discours est audible et compris. Il ignorait sans doute comme l’enseigne la littérature en la matière que la construction d’un consensus est une étape-clé dans le processus de transformation, ce qui donne à la communication un rôle central à tous les stades de la réforme, et plus seulement en aval de l’action politique. De la conception à l’adoption puis à la mise en place des changements et des nouvelles mesures, notamment fiscales, une bonne préparation de l’opinion est la condition du succès.

Trop peu, trop tard

Le gouvernement y a superbement failli. Et ce n’est que très tardivement que Youssef Chahed en a pris la mesure pour battre sa coulpe et monter au créneau pour s’adresser aux Tunisiens, autrement, mais à y regarder de près vainement, en leur parlant sur les réseaux sociaux et plus tard sur le mode convivial à la télévision, sans oublier la fréquence inédite qu’il a commencé à imprimer à ses visites « impromptues » à des établissements de diverses natures où loge une partie significative des préoccupations et des difficultés des Tunisiens.

En négligeant cet outil essentiel de l’art de la politique, le gouvernement a offert une brèche bien béante à ses adversaires, dont l’essentiel se recrute parmi l’opposition, qui s’y sont engouffrés pour dire tout le mal qu’ils pensent des politiques publiques, et singulièrement de la loi des finances 2018. Et il n’est pas difficile de repérer leur empreinte dans les troubles, certes épars, qui sont en train d’éclater dans maintes régions du pays sous le couvert de la protestation contre les nouvelles mesures fiscales et la cherté de la vie en association avec le fonds de commerce traditionnel et récurrent des revendications liées à l’emploi et au développement.

Des pressions, peut-être sans plus !

A la cadence où s’organisent les mouvements de protestation et au regard de l’étendue qui est actuellement la leur, il y a cependant des raisons de penser qu’ils ne sont destinés qu’à exercer de vives pressions pour amener le gouvernement à revoir sa copie et annuler l’essentiel des mesures qui font mal. En l’état actuel des choses, c’est presqu’inimaginable, car pareil retrait requiert une loi des finances complémentaire, et semblable législation ne pourra pas être à l’ordre du jour avant des mois. Il reste au gouvernement de se dépenser en assurances, comme vient de le faire Youssef Chahed Chahed qui a appelé à ce que la question de la hausse des prix ne soit pas amplifiée. « La situation économique est difficile et il faut raison garder notamment face aux rumeurs qui circulent, a-t-il assuré, ajoutant qu’ « il  y aurait des signes positifs laissant présager une prochaine amélioration de la situation. « 2018 sera la dernière année difficile pour la Tunisie » a-t-il juré.

En attendant la suite des événements, surtout à la nuit tombée, des foyers d’agitation semblent se résorber, au point qu’une mesure d’instauration du couvre-feu paraît écartée. Une évolution qui a l’heur de donner à penser que le pire n’est pas trop à craindre.

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Le ministère du Transport a annoncé jeudi soir la reprise des vols de la compagnie aérienne Emirates Airlines vers et à partir de la Tunisie.

Dans un communiqué , il précise que cette décision intervient suite à la levée par les autorités de l’Etat des Emirats arabes unis des mesures d’interdiction frappant les ressortissantes tunisiennes , et des contacts avec la partie émiratie à différents niveaux ainsi que de l’accord aux termes duquel la compagnie Emirates s’engage à respecter les lois et les conventions internationales et les dispositions de la convention bilatérale  en matière de transport aérien conclue par La Tunis et les Emirats en date du 22 avril 2000.

La compagnie émiratie s’engage à éviter à l’avenir tout ce qui est de nature à porter atteinte ou à nuire aux relations fraternelles entre les deux peuples frères   et ce au service de leurs  intérêts  et de leur sécurité commune, souligne le communiqué.

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La croissance est repartie, mais peu, en tout cas loin de ce qui indispensable pour remettre en marche la machine économique. En progressant d’à peu près 1% par rapport à ce qu’il était l’année dernière, son taux pour les 9 premiers mois 2017, c’est-à-dire 1,9%, marque une avancée qui jure avec les chiffres dérisoires voire lamentables des deux années précédentes. Fin novembre, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, assurait que la Tunisie finira l’année sur une croissance entre 2,2 et 2,3%. Un pari qui serait tenu pour être en conformité avec les estimations à la fois du Fonds monétaire internationale et de la Banque mondiale, et déteindre sur l’exercice 2018 pour lequel il est prévu un taux de 3%.

Au contraire de ce que l’on attendait, la croissance n’a pas eu pour locomotive le secteur agricole et la production du phosphate, mais essentiellement les industries manufacturières et les services marchands qui y ont concouru respectivement à hauteur de 2,1% et 1,3%. Pourtant, il y avait de quoi espérer que la production du phosphate devrait amorcer une reprise à la faveur des mesures décrétées au bénéfice du bassin minier. Mais la réalité était tout autre. La production a même baissé et continuait de dégringoler à cause de son arrêt dans la région de Metlaoui toujours aux prises avec des mouvements de protestation et des revendications sociales.

Hormis ce léger rebond de la croissance, tous les autres indicateurs de l’économie tunisienne se sont détériorés qu’il s’agisse de l’inflation, du déficit commercial, ou de l’endettement. La hausse des prix a été celle qui a fait le plus de mal au pouvoir d’achat du Tunisien. Le taux d’inflation a explosé pour atteindre 6,3% en novembre de cette année contre 5,8% un mois plus tôt. Et ce sont les prix libres qui se sont enflammés le plus pour grimper à 7,2%. En cause, ceux des produits alimentaires (+10,2% en novembre, en glissement annuel contre +8,4% en octobre), surtout pour leur composante transformée (11,5% en novembre contre 10,8% en octobre 2017 et seulement 3,1% en novembre 2016).

Des déficits exponentiels

Toujours aussi exponentiel, le déficit de la balance commerciale a atteint un niveau inédit et historique, 14,362 milliards de dinars contre 11, 628 MDT, une année auparavant. C’est que les importations totales se sont accrues à un rythme plus accentué que celui des exportations, soit 19,2% et 17,3%, respectivement, se traduisant par une détérioration du taux de couverture (68,3 points de pourcentage contre 69,4 points à fin novembre 2016). Le déficit commercial record porte la marque, essentiellement, du maintien des déficits de la balance énergétique et celui de la balance alimentaire à des niveaux élevés, soit -3,829MDT et -1,338MDT respectivement », explique la Banque centrale. C’est d’autant plus insupportable que ce déficit est « payé » en devises.

Le déficit courant est à l’avenant. Il est monté à 10% du PIB et s’oriente vers les 11%, alors que la norme internationale est de 3%. C’est ce qui fait dire à l’Institut d’émission que l’ampleur de ce déficit met de la pression sur le marché des changes qui souffre d’un déficit structurel de ressources en devises, induisant davantage de pressions sur le taux de change du dinar et sur la liquidité bancaire.

Encore un « niveau historique » !

Troisième écueil sérieux, la dette dont le service a atteint, lui aussi, le niveau historique de 6,349 milliards de dinars au terme des 10 premiers mois de 2017, contre 3.990 MDT à fin octobre 2016, en augmentation de 59,1%. Mais ce qui attend la Tunisie est beaucoup plus dévastateur avec les besoins croissants d’emprunts à l’étranger alors que le pays figure sur la liste des paradis fiscaux de l’Union européenne, et que la 3ème tranche du prêt du Fonds monétaire international ne sera déboursée, dans la meilleure des hypothèses, qu’en février 2018. Autant dire que le risque à court terme le plus pressant tient à la viabilité de la dette, étant donné que la solution de référence pour une dette déjà élevée suppose un assainissement des finances publiques, une demande comminatoire du FMI aux côtés d’autres « réformes » que le gouvernement est en grande peine de conduire.

Certes, comme l’atteste la Banque mondiale, le gouvernement déploie des ressources pour améliorer la sécurité, mais le niveau élevé du chômage des jeunes, notamment dans les régions à la traîne, peut induire des tensions sociales, qui restent l’un des principaux risques dans le pays depuis la révolution. Le gouvernement est également confronté à la difficulté à trouver un équilibre entre la stabilité sociale et la nécessité d’assainir les finances publiques, notamment dans la fonction publique, les pensions, les subventions, les entreprises publiques et les réformes en faveur de la concurrence. En outre, la mise en œuvre des réformes pour stimuler la création d’emplois et l’esprit d’entreprise est essentielle pour débrider le dynamisme du secteur privé et relancer la croissance.

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Le  ministère tunisien du Transport a  annoncé dimanche soir qu’il a décidé de suspendre les vols de la compagnie aérienne Emirates vers et à partir de la Tunisie  jusqu’à ce qu’elle parvienne à trouver une  solution appropriée lui permettant de reprendre sa desserte conformément aux lois et conventions internationales.

Cette mesure intervient à la suite de  l’interdiction faite aux ressortissantes tunisiennes d’embarquer à bord des avions émiratis.

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On se perd encore en conjectures sur les vraies raisons qui logent derrière la décision des autorités de l’Etat des Emirats arabes unis d’interdire vendredi aux ressortissantes tunisiennes de voyager aux Emirats. Le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Mohammed Qarqash, a beau tenter de calmer le jeu en affirmant qu’il ne faut y voir que des mesures « limitées et conjoncturelles » dictées par un renseignement d’ordre sécuritaire, mais les Tunisiens ne semblent point convaincus de cette explication fournie non par voie de communiqué officiel mais sur le compte personnel du chef de la diplomatie émiratie, plus est, au titre « Tweets & réponses Médias », assortie d’un appel à « éviter ensemble les interprétations et la désinformation ».

De la légèreté, peut-être, mais de la condescendance, sûrement, surtout à l’égard du gouvernement tunisien que les autorités émiraties n’ont même pas pris la peine d’informer de leur décision, outre l’affront qui a été fait à la femme tunisienne, ce qui est de nature à autoriser bien des interprétations pouvant entacher son image. Sans parler bien sûr d’une mesure sans précédent dans l’histoire de la navigation aérienne et qu’interdit formellement l’Organisation de l’aviation civile internationale.

En osant, en dépit des relations « entre frères » et des « sentiments de respect et de considération » que les Emirats vouent à la femme tunisienne, décréter pareille mesure, les autorités de l’EAU ne semblent pas dire toute la vérité sur ce qui est tapi derrière une décision qu’elles savent, à tout le moins, inamicale- pour employer un euphémisme- à l’égard de la Tunisie. Elles ont invoqué un renseignement d’essence sécuritaire. Bien qu’il s’agisse d’un fourre-tout, l’argument n’a pas vocation à tenir la route, et le bon sens dicte qu’il ne doit pas viser exclusivement les femmes, même en transit. Et les hommes alors ! Sont-ils indemnes de soupçons liés à la sécurité ?

Les Emiratis récidivent

En tout cas, les Emiratis ne semblent pas prêts à battre leur coulpe et en finir avec leur décision dont les effets continuent de se ressentir, pas plus tard que ce dimanche. En effet, quatre membres de sexe féminin de la famille d’un ressortissant tunisien, directeur général dans une société internationale à Bahrein, ont été empêchées par la compagnie aérienne Emiratie “United Airlines” d’embarquer à bord de son vol en partance de Manama à destination de Thaïlande, qui transitait à travers l’aéroport d’Abou Dhabi. Il s’agit de son épouse (40 ans) et ses trois filles (14 et 11 ans et un bébé d’un an).

Pourtant, on avait cru que l’affaire a été pliée avec l’entrée en lice du chef du gouvernement, Youssef Chahed, et les intenses démarches de la diplomatie tunisienne alors même que le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé de la diplomatie économique, Hatem Ferjani se trouve actuellement aux Emirats, aux fins des contacts nécessaires avec les autorités émiraties pour examiner les moyens de dépasser cette problématique.

« L’incident » peine à trouver son épilogue

C’est à penser que « l’incident » n’a pas été clos et que des efforts sont indispensables pour tirer les choses au clair mais aussi et surtout pour remettre les relations entre les deux pays sur une trajectoire autre que celle qui est la sienne jusqu’ici, des relations qui se ressentent de temps à autres de décisions intempestives et inexplicables comme celle qui avaient interdit aux Tunisiens de postuler à des visas pour les Emirats arabes unis.

D’ailleurs, des associations, des organisations et des partis politiques tunisiens ont appelé les autorités tunisiennes à prendre une position stricte et à lutter contre tout acte portant atteinte à la dignité des Tunisiens et des Tunisiennes. Les associations ont dénoncé la position officielle de la Tunisie qui, selon elles, n’a pas défendu ses citoyens et ce, en violation des dispositions de la constitution et de la loi sur l’élimination de toutes formes de violence contre la femme.

En attendant le fin mot de l’histoire, on ne peut pas s’empêcher de constater que les autorités émiraties n’affichent pas toujours les meilleures dispositions à l’égard de la Tunisie. Et comme le souligne le Centre de recherche Carnegie, les relations entre la Tunisie et les Emirats Arabes Unis ont été tendues ces dernières années. Les Émirats arabes unis ont « progressivement pris leurs distances diplomatiques vis-à-vis de la Tunisie » depuis 2011, nourrissant un vif mécontentement de la politique étrangère de son gouvernement.

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Les structures de Nidaâ Tounès ont été convoquées pour les 24 et 25 de ce mois à l’effet de délibérer et éventuellement donner sens et corps aux « décisions audacieuses et indispensables » dont a menacé leur état-major sous le choc des résultats des élections partielles en Allemagne qui se sont soldées par une Bérézina pour sa liste et la victoire pesant quelques petites centaines de voix remportée un candidat, bloggeur de son état, sorti de nulle part, connu surtout pour ses philippiques contre le système.

En d’autres temps, et sous d’autres cieux, pareille issue serait passée comme un fait généralement ordinaire comme il en arrive souvent dans les consultations électorales, au pire, prise pour une péripétie qu’il faut méditer pour mettre de l’ordre dans la maison et éviter sa réédition à l’avenir. Nidaâ n’a pas pris ce parti et a vite déversé sa bile sur le mouvement Ennahdha, pourtant son allié au pouvoir et, dans le cas de l’espèce, son partenaire qui lui a laissé le champ libre pour s’emparer du siège en jeu. Il s’en est suivi une joute d’une rare virulence où Ennahdha est traité de tous les noms, taxé de traîtrise, de double langage et d’autres « amabilités » qui rappellent les temps où les deux partis en étaient aux épées et aux couteaux.

Il n’a fallu, cependant, que quelques jours pour que les deux belligérants du moment rangent leurs armes et baissent le ton. Il est de moins en moins question de rupture, ou de révisions déchirantes, alors qu’une certaine accalmie s’installe petit à petit pour donner lieu à un silence embarrassé d’où perce toutefois la ferme intention de repenser la relation entre les uns et les autres, sans aller jusqu’au point de non-retour. A une enseigne telle que l’on en est arrivé à voir dans la violente réaction de Nidaâ un coup d’esbroufe destiné à désamorcer la colère de la base, frustrée de voir son parti sacrifier depuis 2014 ses gains engrangés par les urnes pour une alliance qui l’a reléguée au rang de second couteau.

La troisième voie !

En attendant que les structures disent le fin mot de l’histoire, il apparaît comme impensable que Nidaâ puisse porter les choses aux dernières extrémités. Il n’en a pas les moyens ni l’envergure politique face à un partenaire qui renforce ses assises au Parlement et ailleurs et se reconnaît toujours dans le pacte scellé par son président avec Béji Caïd Essebsi à Paris. Surtout, les multiples scissions qu’a traversées Nidaâ l’ont dépouillé de son réservoir de voix et de l’image dont il s’était auréolé au sortir du scrutin de 2014 pour se retrouver dans l’état d’une formation politique de bien moindre importance, ayant constamment besoin de son allié pour avoir pignon sur rue, et assumer son statut de vainqueur des élections législatives et présidentielles.

C’est naturellement ce nouveau rapport de force qui le dissuade de décider de voler de ses propres ailes et de rechercher de nouveaux accommodements moyennant certes quelques révisions sans cependant aller jusqu’à dénoncer unilatéralement un consensus auquel il doit, du reste, l’importance qu’il revendique. Le réalisme lui dicte de ne rien faire qui puisse faire voler en éclats sa relation consensuelle avec Ennahdha, pour se contenter de quelques ajustements, qui n’auraient, en fait, rien des révisions audacieuses et indispensables qu’il claironnait quelques jours plus tôt.

L’un des dirigeants de Nidaâ, Khaled Chawket, avance que son parti ne serait pas contre la recherche d’une sortie de crise qui épargnerait aux uns et aux autres des pertes, sous la forme de nouvelles formules de consensus avec Ennahdha. Et il va appartenir à Béji Caïd Essebsi d’en jeter les fondements, au motif, selon Chawket, que c’est lui qui en est l’artisan, et le seul à y mettre fin. Ce serait un scénario de troisième voie entre la rupture pure et simple et le statu quo actuel. Il s’agira d’une architecture de rivalité, disons de compétition contrôlée dont il va falloir définir le terrain : le pouvoir, le Parlement ou les élections municipales.

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« La guerre contre la corruption est la mère de toutes les batailles. Nous y avons enregistré des progrès mais aussi des insuffisances que nous nous employer à pallier . La  prison est la place des corrompus », a affirmé jeudi soir le chef du gouvernement, Youssef Chahed en s’adressant sur facebook aux Tunisiens.

Il s’est déclaré convaincu que les Tunisiens savent qui est en train de mener  avec sérieux  la guerre contre la corruption et ceux qui mettent en doute son efficacité et défendent en fait les corrompus.

« La guerre contre la corruption ira à son terme, et nous n’avons  nullement l’intention d’y renoncer », a affirmé Yousssef Chahed

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S’adressant jeudi soir aux Tunisiens sur facebook, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a affirmé que, dans sa loi de finances, le gouvernement a présenté des solutions qui correspondent aux moyens à sa disposition et guère des « solutions populistes et bardées de slogans ».

Il a cependant fait état d’indicateurs positifs qui présagent de  lendemains meilleurs, citant notamment le retour des investissements, tout en affirmant que le maintien de cet élan requiert une stabilité politique dont Youssef Chahed s’est déclaré garant. C’est pourquoi, a-t-il dit, « j’ai décidé de rejeter la demande des ministres du parti Afek d’être déchargés de leurs fonctions gouvernementales ».

Il a affirmé qu’il ne pliera pas devant les désirs de ceux qui n’ont aucune conscience des enjeux qui sont ceux de la Tunisie, et qui doivent comprendre que les ministres sont les ministres de la République et non des partis ».

Le gouvernement doit poursuivre ses missions à l’abri de toute forme de pression et de chantage, a encore affirmé Youssef Chahed, assurant que telle sera la responsabilité qu’il est déterminé à assumer, et ce dans le cadre du Document de Carthage, charge pour les partis d’assainir le climat qui règne entre eux, a-t-il dit.

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