Authors Posts by Mohamed Lahmar

Mohamed Lahmar

1576 POSTS 0 COMMENTAIRES

par -

C’est peu dire que l’épisode du vote de confiance au nouveau ministre de l’Intérieur était un simple bras de fer dont le chef du gouvernement, Youssef Chahed est sorti vainqueur. Le mélodrame dont l’hémicycle du Parlement a servi de planches n’est sans doute que le prologue d’autres batailles forcément violentes où tous les coups sont permis. Chahed a certes eu raison de ses adversaires et d’abord de ses ennemis jurés, mais cette issue porte en germe les ingrédients d’affrontements qu’il ne serait pas étonnant de les voir tourner à la conflagration politique générale. On ira alors d’embuscade en guet-apens à bras raccourcis à mesure qu’approchera l’échéance de 2019, déjà présente avec virulence sur l’échiquier politique.

Une victoire à la Pyrrhus ! Chahed en aurait remporté une s’il va lui arriver de céder à la facilité, de ne pas se prévaloir d’un bilan beaucoup plus convaincant que celui qu’il a célébré samedi, de manquer à se river à un esprit de suite conséquent en rendant compte de réalisations qui fassent mouche auprès des Tunisiens, impatients de voir leur vécu changer vers le meilleur, et de la façon la plus tangible possible. Surtout, il devra savoir montrer qu’il est capable d’oser avec la lucidité qui s’attache aux choses périlleuses, de dire à ses concitoyens ce qu’il en est réellement des défis que tout le monde est appelé à relever, sans détour ni leurre. Bref, il devra faire office de « bon père de famille » digne de confiance, fédérateur, et en rupture avec les errements politiques et d’autres ordres qui ont fortement abîmé la chose publique depuis 2011.

Une œuvre de longue haleine

En se parant de semblable armure, le chef du gouvernement se mettra en état de damer le pion à ses adversaires, au premier chef ceux du parti dont il continue de se revendiquer et qu’ils lui ont déclaré une guerre massive et impitoyable. On doit à la vérité de dire que ce ne sera pas quand même une promenade de santé. Hafedh Caïd Essebsi est peu susceptible d’être amené à composition. Il en administré la preuve irréfragable et tout porte à croire qu’il ne va pas s’arrêter au milieu du gué, même s’il a concédé cette palinodie qui, sans être décisive, a rendu moins compliqué le vote de confiance, samedi. Le moratoire de dix jours qu’il a fixé à Youssef Chahed lui faisant injonction de reprendre le chemin du palais du Bardo est le symptôme d’une œuvre de plus longue haleine où feraient bon ménage tous les accessoires de la manœuvre politique florentine.

Des « phrases assassines »

Deuxième écueil à enjamber, celui que représente le président de la République lui-même de par les positions nettes et tranchantes qu’il a prises à l’égard, souvent, contre le chef du gouvernement. Tout en se défendant de vouloir nuire à son ci-devant protégé, il ne s’est pas dispensé de lui cocher des piques qui en disent long sur le contentieux entre les deux hommes. Comme par exemple le distinguo dont il s’est fendu ce mardi même « entre l’homme politique chevillé aux élections et l’homme d’Etat qui a pour vocation majeure de se projeter dans l’avenir des générations montantes », emballant le tout dans un pronostic des plus incertains en assénant que « personne ne sait qui sera là en 2020, et où ». On peut penser que BCE rumine là toute l’amertume qu’il ressent vis-à-vis de Chahed, mais il s’y grefferait nécessairement d’autres suites frappées d’une égale incertitude.

L’ « angélisme » d’Ennahdha

Enfin, dans ce jeu de massacre, il serait impertinent de passer sous silence ce que le mouvement Ennahdha réserve à Youssef Chahed et le lapin qu’il sortira de son chapeau. On ne peut pas ne pas être frappé par cette aménité que Rached Ghannouchi témoigne à l’endroit du chef du gouvernement et ce soutien indéfectible qu’il lui a apporté voici quelques jours lors son épreuve face à la Représentation nationale. On en arriverait à y voir l’expression innocente d’un angélisme de saint de vitrail. Sous des dehors de sauvegarde de l’intérêt national et de la stabilité politique, couve, aux yeux de maints observateurs, des desseins inavoués et inavouables solidement ancrés dans la perspective électorale de 2019. C’est de bonne guerre, serait-on enclin à trouver. Mais se prêter à pareille alliance ne serait pas indemne de conséquences qu’il est difficile d’en voir le petit bout à l’heure actuelle. Le fait est qu’il y a un signe qui ne trompe pas, qui renvoie à cette préconisation faite par Ghannouchi à Chahed de procéder à un remaniement qui porte sur ce 5 ou 6 portefeuilles ministériels. Le bal est ouvert !

par -

Le chef  du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a déclaré, samedi, à Tunis, que “faire tomber le gouvernement ne va pas de l’intérêt du pays”, laissant présager que Youssef Chahed pourrait opérer un remaniement dans 5 ou 6 départements ministériels pour combler les vacances.

“Le gouvernement doit rester en place car il en va de l’intérêt de la Tunisie”, a encore souligné Ghannouchi en marge de la conférence nationale des Maires, tenue ce samedi à Tunis.

Selon Channouchi, Youssef Chahed va effectuer un remaniement partiel pour combler les vacances afin de préserver la stabilité du pays.

Ghannouchi a dit soutenir la candidature de Hichem Fourati au poste de ministre de l’Intérieur en raison de l’importance de ce département, qui ne devait pas être dirigé par un ministre par intérim, selon ses propos.

La Tunisie, a-t-il poursuivi, qui s’apprête à accueillir 8 millions de touristes, reste menacée par le phénomène de terrorisme, ce qui requiert une compétence élevée au poste de ministre de l’Intérieur.

Le président d’Ennahdha a fait remarquer que Hichem Fourati avait travaillé avec 5 ministres, ajoutant qu’il n’existe aucun prétexte pour rejeter sa candidature.

” Il n’existe aucun prétexte pour rejeter la candidature de Fourati, d’autant qu’il est indépendant et surtout, ne fait pas l’objet d’une enquête anti-corruption “, a-t-il noté.

“L’appui du nouveau ministre est synonyme de soutien de la stabilité de la Tunisie et de la lutte antiterroriste “, a-t-il estimé. A la faveur de cette stabilité, la Tunisie sera en mesure de mener à bien la saison touristique, les négociations avec les principaux bailleurs de fonds et élaborer le budget de 2019 dans un climat politique et social stable”, a-t-il soutenu.

Sur un autre registre, Ghannouchi a rappelé que le mouvement Ennahdha a remporté seulement 38% des sièges lors du scrutin municipal du 6 mai 2018, et non pas la majorité, contrairement aux informations relayées à ce sujet.

par -

Le groupe parlementaire de Nidaâ Tounès  a décidé de voter la confiance au nouveau ministre de l’Intérieur pressenti, Hicham Fourati, vient d’annoncer le député Soufiène Toubal dans une conférence de presse en présence de Hafedh Caid Essebsi, directeur exécutif de Nidaâ Tounès, rapporte Shems fm.

Hafedh Caid Essebsi a rencontré à deux reprises ce samedi les députés de son parti parallèlement à la tenue de la séance plénière de l’ARP.

Soufiène Toubal a exprimé le rejet de son parti de la façon dont a été nommé Hichem Fourati, dans laquelle il a vu une exclusion de Nidaâ Tounès

par -

C’est ce lundi que s’ouvre à Tunis la grand-messe diplomatique, traditionnellement rangée sous l’appellation conférence des chefs de missions et représentations diplomatiques et consulaires, la 36ème du nom , cette année. Il s’y attache une connotation d’un relief particulier au regard des échéances qui meublent son calendrier et dont on est en droit d’espérer qu’elles replacent la diplomatie tunisienne dans le statut qui a été longtemps le sien, lui attirant prestige, poids et fière allure.

Ayant rang de domaine réservé du chef de l’Etat sous la 2ème République, il arrive cependant à cette diplomatie d’être prise en défaut par une autre, parallèle, menée par le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, à la faveur de ses pérégrinations internationales, provoquant froncements de sourcils à Carthage, sans pour autant donner lieu à des soubresauts, son artisan prenant toujours soin d’en informer la Présidence et expliquer que ses activités à ce titre servent avant tout les intérêts du pays. Mais pas que, tiennent à faire remarquer maintes parties qui parlent de « road shows » ressortissant à d’autres desseins.

Retour aux fondamentaux

Le fait est que la diplomatie tunisienne est impérieusement tenue de revenir à ses fondamentaux et à ses références de toujours. Des rendez-vous capitaux lui sont offerts pour le faire. D’abord, le sommet des chefs d’Etat arabes que la Tunisie abritera en mars 2019, ensuite, le 18ème sommet francophone qui sera organisé sur ses terres, coïncidant avec le 50ème anniversaire de la francophonie initiée par Habib Bourguiba avec à l’époque le Sénégalais Léopold Sedar Senghor et le Nigérien Hamani Diouri. Tunis y voit « un nouveau succès pour sa diplomatie qui renforce le rayonnement du pays à l’étranger et reflète la confiance et la considération dont il jouit sur la scène international ainsi qu’une reconnaissance de son rôle d’avant-garde dans le raffermissement des rapports d’amitié et de coopération dans son environnement régional et mondial ». Un aboutissement auquel l’attribution à la Tunisie d’un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU auquel elle postule donnera un surcroît de crédit et de reconnaissance.

Ce sera sans doute l’opportunité rêvée de conjurer le déclin et la quasi absence de la diplomatie tunisienne depuis les années 90, occupée à se démener sur d’autres registres, souvent dans l’improvisation et au service de collusions qui ont peu à faire avec les intérêts essentiels du pays avec à la clé des diplomates surgis de nulle part, nommés suivant les allégeances et les vocations serviles que ce fût sous l’ancien régime ou encore celui de la Troïka. Au point que la Tunisie était traitée, en plusieurs occurrences, en pays laissé-pour-compte, sans influence notable sur le cours des événements même chez les pays du voisinage.

Conjurer les pratiques d’un autre temps

Renouer avec les fondamentaux c’est avoir une nouvelle vision de la diplomatie qui rompe avec des pratiques d’un autre temps, essentiellement axée sur l’économie, la conquête des marchés, le soutien aux entreprises, et des diplomates qui sachent s’y prendre avec un savoir-faire en atomes crochus avec les anticipations et les projections économiques et stratégiques qui vaillent, et des analyses bien senties qui aident le gouvernement à prendre les bonnes décisions et à fixer les bons choix.

Cela doit vouloir dire aussi sortir des sentiers battus, injecter du sang nouveau dans l’attelage diplomatique, se reconfigurer pour mener les batailles dictées par la concurrence internationale de plus en plus féroce en raison de l’arrivée de nouveaux venus. Il est tout aussi essentiel de fixer de nouvelles priorités et d’aller vers de nouveaux horizons, nommément des groupements économiques et douaniers porteurs de valeur ajoutée.

La Tunisie, doit-on le reconnaître, a commencé à s’y essayer, en rejoignant par exemple le COMESA           et en tentant d’en faire autant avec la CEDEAO. Ce sera tout bénéfice pour les entreprises et les opérateurs tunisiens qui voient leur marché traditionnel, l’Union européenne se rétrécir, faire la fine bouche et surtout pris d’assaut par d’autres nations plus entreprenantes et laborieuses.

par -

C’est sans aucune contestation possible la sortie médiatique la plus controversée de Béji Caïd Essebsi depuis qu’il a été élu à la magistrature suprême du pays. Il s’agit d’une interview télévisée accordée censément à trois médias de la place : Nessma, Al-hiwar et Mosaïque fm, qui n’a été diffusée que par le premier cité lequel en a sucré un bon quart au plus grand dépit des deux autres qui ont pris le parti de la passer sous silence.

Mais ce n’est pas là l’unique tare rédhibitoire de cette apparition télévisée transmise un dimanche soir, plus est, dans la foulée de finale de la coupe du monde de football qui avait drainé les grandes foules des téléspectateurs. La prestation du chef de l’Etat a péché par des incohérences dont il est rarement coutumier, du reste, au point qu’il lui arrivait de dire la chose et son contraire. Est-ce dû à un malencontreux montage ou le fait d’un agencement d’idées et de séquences mû par le souci de mettre en valeur un élément ou une annonce plutôt que d’autres ? Le fait est que BCE donnait la nette impression, par moments, de s’emmêler les pinceaux, incapable de livrer quelque chose de pertinent, qui a de quoi convaincre voire d’intéresser. Pourtant, le président, blanchi sous le harnais, n’a pas besoin qu’on lui rappelle, à plus ample informé, que le discours politique, ce n’est pas substituer le verbe à l’action, c’est bien dire pour pouvoir bien faire.

Un maquis d’injonctions et de révélations !

Exercice périlleux, la prestation de dimanche soir l’a été à de nombreux égards. Et BCE ne semble pas s’y être livré en disposant de tout le background nécessaire pour devoir s’en prendre comme il l’a fait à un chef de gouvernement qu’il a pourtant lui-même choisi, investi de sa confiance et soutenu dans les moments les plus difficiles. Sans doute a-t-il agi dans l’urgence dictée par son entourage, comme l’ont suggéré certaines sources. Il n’en demeure pas moins qu’un président de la République, dépositaire de la conscience nationale et référence suprême du pays, n’a nullement vocation à sommer un chef du gouvernement, plus est dans un régime parlementaire, de démissionner ou d’aller au Parlement pour solliciter un vote de confiance. Tout cela quorum populo, sans s’embarrasser des dégâts que cela pourrait entraîner en termes d’autorité de l’Etat et d’exercice de la démocratie, vertus cardinales d’une transition politique unique comme s’en réjouissent les responsables du pays.

Le bon grain et l’ivraie

Qu’il faille que le chef de l’Etat parle, cela fait sens sur toute la ligne, même s’il a toute latitude à le faire dans quelques jours lors de l’occasion solennelle de la fête de la République. Mais en décrétant que Youssef Chahed doit rendre le tablier ou demander la confiance de la Représentation nationale, il se range ostensiblement du côté de ceux qui ont fait de ce départ leur credo récurrent, alors même que le président de la République, par essence arbitre de la vie publique, doit comme il le professe, distinguer le bon grain de l’ivraie, en se plaçant au-dessus de la mêlée, en ayant pour unique motivation et inébranlable référence l’intérêt suprême du pays dont il a la charge suprême. Au demeurant, le président de la République, peut,  comme la Constitution l’y autorise, demander lui-même un vote de confiance du Parlement. Il a passé sous silence cette latitude qu lui reconnaît le Loi fondamentale. Une “omission” qui interpelle.

Tout aussi affligeante a été la révélation faite au sujet du limogeage de l’ancien ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem. Un désaveu qui n’a pas lieu d’être infligé à l’une des deux têtes de l’Exécutif, rendue, par ricochet, responsable voire coupable des décisions qui en ont suivi, nommément les massives chaises musicales au sein de l’appareil de la sécurité, à la suite desquelles aurait été perpétré l’attentat d’Ain Soltane. Est-ce en ligne avec sa promesse de dire au peuple toute la vérité sur cette attaque terroriste que le président de la République s’est fendu de cette révélation qui aurait dû être rigoureusement mise sous le boisseau alors que les investigations sont en cours et que les terroristes sont dans la nature ?

En instruisant à charge le cas Youssef Chahed, le président de la République, comme l’ont souligné maints politiciens, règle par procuration des comptes avec le chef du gouvernement quitte à tenter de le pousser vers la sortie, d’une façon ou d’une autre. Ce ne serait pas tout bénéfice pour la stabilité politique du pays, une éventualité abhorrée par les partenaires et les bailleurs de fonds de la Tunisie, qui ne se gardent pas de se féliciter des quelques résultats de la gestion gouvernementale et des réformes engagées.

Certes il n’y aurait pas lieu de se bercer de l’illusion que tout ira bien dans le meilleur des mondes, mais tout doit être fait et mobilisé pour que cette petite percée prenne l’allure d’une reprise économique inévitablement adossée à des institutions qui fonctionnent et qui livrent des résultats, si sommaires soient-il. Et le gouvernement en est bien une, et des plus essentielles.

par -

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a décidé d’augmenter le Smig pour les différents métiers dans le cadre de la politique sociale du Gouvernement et dans l’objectif de préserver le pouvoir d’achat des salariés à faible revenu, annonce samedi un communiqué de la présidence du gouvernement.

Il  s’agit d’une augmentation de 6%,  applicable à compter de mai 2018.

 

par -

Convoqué dans l’urgence pour une réunion extraordinaire, le Conseil national de sécurité a siégé ce mardi pour débattre des circonstances qui ont entouré l’attentat terroriste d’Ain Soltane qui a fait 6 martyrs et 3 blessés parmi les forces de la Garde nationale. Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, avait promis hier en se rendant au chevet des blessés, qu’il éclairera la lanterne du peuple tunisien sur ce qui s’est passé, n’étant pas , selon ses dires, cachottier mais fermement acquis à la transparence et peu porté à « dire n’importe quoi ».

Suspendus à ce qui allait sortir de cette réunion annoncée au son de trompe, les Tunisiens ont eu droit à un communiqué aux accents sibyllins faisant état de discussions sur « les mesures et précautions à prendre pour se prémunir davantage contre tout ce qui pourrait porter atteinte à l’invulnérabilité du pays » en insistant sur les moyens de « renforcer les capacités logistiques et opérationnelles des forces de sécurité et de l’armée et d’améliorer davantage les conditions de travail des corps armés tout en garantissant la prise en charge totale de leurs familles ».

Une communication partie en sucette !

La communication sur cette réunion serait-elle partie en sucette ? On a bien des raisons de le penser. D’autant plus que l’opinion était tenue en haleine dès qu’elle a appris la nouvelle de l’embuscade, à l’affût de la moindre information sur ce qui s’est effectivement produit, sur le déroulé des faits, leur configuration logistique et opérationnelle et la gestion sécuritaire de l’accrochage. D’autant plus encore qu’il n’a été fait état d’aucune décision ni mesure qui aurait instruit les Tunisiens de la réalité des choses et de ce qui va être entrepris pour en éviter la répétition.

On comprendrait fort bien que rien ne doive être dit ou dévoilé s’agissant de développements et éléments ayant trait à la sécurité nationale et qu’il faille attendre la conclusion des investigations en cours, mais la gravité de l’attentat terroriste et ses implications commandent que l’Etat rassure concrètement les citoyens moins par des professions de foi et des cris de vengeance et d’affirmations solennelles que la situation est sous contrôle que par des décisions qui rassérènent et convainquent. Le rôle de l’Etat n’est-il pas d’expliquer à ses citoyens, certes dans les limites des impératifs dictés par la sécurité, ce qu’ils ont besoin de savoir, au moins pour mesurer l’étendue de ce qu’ils sont en train de vivre et ce qui les attend. Dès lors, il ne serait pas totalement impertinent qu’ils se           ruent vers d’autres sources d’informations, essentiellement les réseaux sociaux avec tous les risques qu’ils induisent, notamment une désinformation charriant des nouvelles distordues, incomplètes ou carrément fausses.

Les experts mondiaux rassurent

Ce qui est tangible et frappant, c’est que l’embuscade d’Ain Soltane vient mettre fin à une relative accalmie qui s’est poursuivie plus de deux années durant. Malgré les craintes d’un retour à une période plus violente, l’analyste Aaron Zelin du Washington Institute, situant l’attaque dans son contexte, n’y voit pas la première salve d’une offensive plus vaste, statistiquement au moins, affirmant que le groupe terroriste qui a revendiqué l’attentat est sur le déclin. «Il y a eu trois attaques l’an dernier, cinq l’année d’avant et six en 2015. Il est vraiment un peu trop tôt pour commencer à y voir beaucoup plus que des pertes en vies humaines, immédiates et tragiques », a-t-il dit au site « The National ».

Un autre expert de stature internationale, le chercheur Matt Herbert, auteur du rapport «L’Insurrection dans les régions frontalières de l’ouest de la Tunisie », fait remarquer dans un entretien accordé au quotidien « Le Monde » que « il n’y a pas eu d’attaques spectaculaires dans les grandes villes depuis mars 2016, mais il y a toujours des violences ponctuelles dans les régions de l’ouest du pays ».

Il a ajouté que «cette zone frontalière [celle de Ghardimaou], comme le reste du pays, a vu le système sécuritaire être profondément bouleversé par la révolution de 2011. Avec la chute de l’ancien régime, les forces de sécurité ont temporairement perdu leur capacité de surveillance et de contrôle de ce qui se passait dans cette zone sensible du nord-ouest. Elles l’ont aujourd’hui en grande partie retrouvée. AQMI a profité de ce moment de flottement. Par ailleurs, c’est un territoire montagneux, très difficile à contrôler pour le gouvernement, et qui offre à l’inverse à des groupes armés d’importantes possibilités pour se cacher ».

« On ne peut pas parler d’échec »

Matt Herbert ne pense pas que l’attaque de dimanche signifie que la réponse des autorités tunisiennes à ces menaces est un échec », affirmant que « le gouvernement tunisien a fait d’importants progrès dans sa lutte contre le terrorisme. Les forces de l’ordre bénéficient de meilleurs équipements, formations et soutiens. La stratégie globale bénéficie surtout d’une plus grande coordination entre l’armée, la garde nationale et la police ».

En guise de solution, Matt Herbert estime que «le gouvernement regarde la région dans sa globalité : pas seulement en termes de contre-terrorisme, mais qu’il prenne aussi en compte les questions de développement».

par -

La Tunisie est sous le choc, endeuillée par la mort de six de ses Gardes nationaux ce dimanche dans une embuscade tendue par un groupe terroriste à une patrouille de la Garde nationale dans la région d’Ain Soltane (Gouvernorat de Jendouba) près de la frontière avec l’Algérie. Plus qu’un attentat, il faut y voir un acte de guerre eu égard aux armes utilisées, des missiles, et à la technique mise en œuvre ayant permis aux terroristes de s’emparer d’un véhicule de la patrouille et des armes et munitions qui se trouvaient à bord avant de disparaître en gagnant, très vraisemblablement, le territoire algérien.

Tous les ingrédients d’un drame national sont là pour interpeller les Tunisiens qui ont compris, sans doute à tort, que la cause était entendue pour les terroristes, tantôt présentés comme décimés, plus souvent comme neutralisés, comme en témoigne d’ailleurs l’absence d’actes terroristes d’envergure depuis 2015, faisant croire au mythe de l’inviolabilité du territoire tunisien. Il n’en est pas moins vrai que le gouvernement, tout en affirmant que « la situation sécuritaire s’est stabilisée », prenait régulièrement soin d’avertir que la menace terroriste n’a pas totalement disparu et qu’il importe d’être constamment sur ses gardes. Car enfin on a affaire à un terrorisme, par essence et vocation, imprévisible et volatile, qui frappe aléatoirement et toujours avec violence, ce qui conduit à la terreur dont il se nourrit pour gagner en puissance.

Un bilan pourtant rassurant !

Pourtant, le bilan de la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes avait de quoi être rassurant. Les ministères de l’Intérieur et de la Défense livraient des chiffres qui donnaient à penser que c’était effectivement le cas. Des centaines cellules terroristes, de réseaux d’envoi de terroristes aux zones de conflits, de réseaux armés et cellules d’embrigadement démantelés, alors que des dizaines de milliers de personnes ont été interdits de voyager. Des équipements sécuritaires et militaires dernier cri meublaient les arsenaux et des partenariats et bien des formes de coopération avec de nombreux Etats étaient régulièrement noués et mis en place. Mais si le danger terroriste à partir de la Libye a cessé d’avoir les moyens d’être présent dans le Sud après l’attaque de Ben Guerdane et l’effondrement de Daech en Libye, la situation était autre sur les régions occidentales de la Tunisie où il arrivait aux groupes terroristes de se manifester, certes à une cadence moindre, mais parfois en faisant des victimes.

Une configuration généralement contrôlable mais qui portait en elle les germes d’une menace qui pourrait être suivie d’actes à n’importe quel moment. Et c’est ce qui vient de se produire à Jendouba, une région pourtant rayée récemment de la liste des zones déconseillées par le Foreign Office aux ressortissants britanniques, même si on avait le pressentiment que quelque chose allait arriver, et ce depuis trois mois, conduisant à la fermeture du centre de camping à Ain Soltane près du lieu de l’attaque suite à des informations sur la présence d’un groupe de terroristes, dans les environs, et la découverte d’un berger tué dans la zone de Bayadha. Au regard de ces faits, les forces de sécurité ont indiscutablement pris les mesures dictées par semblable contexte, et il est inimaginable qu’ils n’aient pas agi autrement. Pour le reste, il faudra attendre ce que diront les investigations sur les tenants et les aboutissants de l’embuscade.

« Les terroristes seront poursuivis dans leurs retranchements »

En attendant, les informations sont rares qui puissent permettre d’avoir une idée bien précise de ce qui est en train de se produire dans la zone où a été tendue l’embuscade, sauf que d’intenses opérations de ratissage y ont été lancées à la recherche des terroristes que le ministre de l’Intérieur par intérim Ghazi Jribi a promis de « poursuivre dans leurs derniers retranchements et de venger les martyrs ». On ignore encore l’identité du groupe terroriste qui a perpétré l’attentat, mais on sait que les deux principaux groupes qui y sont implantés sont la phalange Okba ibn Nafaa, branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et Jund al Khalifa, affilié à Daech.

Les terroristes auraient-ils tiré parti des changements à la tête du ministère de l’Intérieur pour commettre leur forfait ? D’aucuns ont soulevé la question alors que de nouvelles nominations sont en train d’être opérées au niveau des cadres de l’appareil de la sécurité après avoir été longtemps mises en veilleuse. D’ailleurs, on a appris que le chef de l’unité de la Garde nationale de l’avant- poste frontalier d’Esraya venait tout juste (ce dimanche) de prendre ses nouvelles fonctions. On s’interroge aussi sur les raisons qui empêchent encore la nomination d’un nouveau ministre de l’Intérieur après l’éviction de Lotfi Brahem en se contentant d’un successeur par intérim qui cumule le portefeuille de la Justice. Une transition qui pourrait faire accroire aux terroristes qu’il y aurait des « remous », donc une certaine instabilité dont ils pourraient profiter. En tout cas, le ministère de l’Intérieur a affirmé le plus officiellement du monde dans un communiqué, ce dimanche après-midi, que « l’institution sécuritaire ne doit pas être entraînée dans des conflits quelle qu’en soit la nature et pouvant avoir des conséquences négatives sur la sécurité et la stabilité du pays ».

par -

Le chef du gouvernement, Youssef chahed, a posé la première pierre samedi à Bouhjar (gouvernorat de Monastir), de l’unité de fabrication de câbles électriques de la société allemande “PSZ”, qui sera construite pour un investissement estimé à 91 millions de dinars (MD).

Ce projet va permettre de créer 3500 emplois. Il s’agit de la quatrième filiale de la société allemande en Tunisie, après les trois filiales créées à Ksar Hellal dont la première a été ouverte en octobre 2008.
Le chef du gouvernement a affirmé dans une déclaration à la presse, que ce nouvel investissement d’une société totalement exportatrice, va créer des postes d’emplois pour les jeunes tunisiens et les diplômés du supérieur.

C’est aussi, un signe de la relance de l’activité économique en Tunisie, a indiqué Chahed, rappelant l’amélioration perceptible des indicateurs économiques ( tourisme et exportation) et l’augmentation du taux de croissance au cours du 1er trimestre de 2018, de 2,5% avec des prévisions tablant sur une progression de la croissance au cours du 2ème trimestre de l’année en cours.

Le chef du gouvernement a assuré que la Tunisie est sur la bonne voie en matière de réformes et qu’il faut persévérer et oeuvrer à la création de nouveaux postes d’emplois. Il a, encore, mis l’accent sur le retour de la confiance des bailleurs de fonds, en la Tunisie avec l’octroi par la Banque Mondiale d’un crédit d’un montant de 500 Millions de Dollars, à la Tunisie et l’approbation, le 6 juillet courant, par la FMI du versement d’une nouvelle tranche de prêt à notre pays, pour un montant de 249,1 millions de dollars (environ 650,760 millions de dinars).

Chahed a convenu de l’existence de difficultés au niveau des finances publiques et exprimé l’espoir de voir 2018, être la dernière année difficile pour le pays et que la loi de finances de 2019 soit plus facile. Il a aussi, assuré qu’il n’y aura pas de nouvelles impositions sur les sociétés au cours de l’année prochaine.
Mohamed Chabbeh, PDG de PSZ, société spécialisée dans le secteur de Industries Mécanique et Métallurgique à Ksar Hellal (Monastir), a annoncé l’entrée en production de la première partie du projet à Bouhjar, en mai 2019 avec une création de 500 postes d’emploi outre la création chaque année de 400 à 500 postes d’emplois.

Le chiffre d’affaires de la société PSZ, en Tunisie atteint 60 millions de dinars. Elle exporte totalement sa production vers l’Allemagne et les pays Bas.

par -

Le gouvernement britannique a financé une campagne médiatique pour laquelle il a choisi l’agence de publicité M & C Saatchi afin de promouvoir l’adhésion des électeurs tunisiens aux réformes menées par le gouvernement, qui ont déclenché certaines des plus grandes manifestations et de mouvements de protestations ayant secoué la Tunisie depuis le printemps arabe, a révélé ce lundi le quotidien londonien « The Guardian ».

L’agence de publicité, connue pour sa publicité politique percutante pour le parti conservateur, a été chargée de mener une campagne “ciblée sur le public tunisien”, selon des documents obtenus par le journal.

Il s’agit de «sensibiliser davantage les Tunisiens au rôle du gouvernement dans la planification et la mise en œuvre des réformes économiques» qui sont entreprises dans le cadre d’un plan soutenu par le FMI visant à réduire son déficit budgétaire et stimuler la croissance.

Les mêmes documents, qui passent en revue les missions assignées à Saatchi, précisent que la première phase de la campagne Saatchi, qui implique l’agence basée à Tunis, cible les Tunisiens âgés de 18 à 35 ans.

Les jeunes du pays ont été à l’avant-garde des protestations qui se sont intensifiées depuis le début de l’année lorsque le gouvernement a augmenté les prix des denrées de base et introduit de nouvelles taxes, sous la pression exercée par le FMI en vue de mener à bien les réformes dictées dans le cadre du prêt de 2,9 milliards de dollars accordé à la Tunisie.

L’argent destiné à Saatchi provient du Fonds secret pour les conflits, la sécurité et la stabilité (CSSF), créé sous les auspices de plusieurs départements gouvernementaux clés, dont le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Développement international, précise le Guardian, qui ajoute que ceci a suscité de vives inquiétudes parmi les députés et chez la Commission indépendante chargé de l’aide sur le manque de transparence, de responsabilité et de leadership entachant le financement accordé par le Fonds dont le budget est de 1,2 milliard de livres sterling ( une livre valant 3,4429 dinars tunisiens).

Un rapport publié cette année par la Commission indépendante chargée de l’aide, qui dissèque les dépenses d’aide du Royaume-Uni et les rapports soumis aux Communes, a également critiqué les graves lacunes du programme, notamment le risque de travailler avec des parties qui violent les droits de l’Homme.

Le comble du cynisme, selon un député

L’aide aux Tunisiens s’inscrit dans le contexte d’une démarche du Royaume-Uni visant à allouer davantage de ressources aux régions identifiées comme un terreau fertile pour l’extrémisme et une plateforme de migration vers l’Europe.

Lloyd Russell-Moyle, député travailliste à  la commission de développement international du Parlement, a déclaré: “Je ne vois pas de meilleur exemple du cynisme de ce gouvernement que de financer une campagne de relations publiques pour soutenir l’Etat tunisien par des deniers publics mobilisés par la Grande-Bretagne qui affirme promouvoir la paix et la sécurité à l’étranger.

« Le gouvernement ne dira pas au public ou au Parlement ce que ce fonds, dont le budget est de plus de 1 milliard de livres sterling, dépense et le peu d’éléments de preuves dont nous disposons suggère qu’on est pourri jusqu’à la moelle », ajoutant qu’ «  à la lumière de ces nouvelles allégations, il semble prudent de faire cesser le fonds en attendant les conclusions de l’enquête. »

Asad Rehman, directeur exécutif de l’organisation caritative « War on Want », a déclaré que les projets de cette nature menés en Tunisie “semblent soutenir davantage les gouvernements et leurs relations publiques que les causes des protestations, qui prennent profondément racine dans des problèmes économiques en lien avec les inégalités ».

“Les gens seraient vraiment choqués de savoir une fois de plus – qu’il s’agisse d’initiative de finance publique (PFI) ou d’autre chose – que des entreprises britanniques sont amenées à aider les gouvernements à imposer des politiques qui sont fortement contestées, créant plus de friction et conduisant finalement à une réponse sécurisée dès lors que les gens protestent contre eux. “

Le Cabinet britannique se défend et explique

Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré: “En Tunisie, les programmes du fonds CSSF ont vocation à renforcer la gouvernance démocratique, la sécurité et les réformes économiques. Ce projet aide la fonction publique tunisienne à communiquer de manière transparente avec les citoyens, les premiers résultats montrant une augmentation de 18% du nombre de citoyens qui veulent en savoir plus sur les questions économiques et les réformes. “

M & C Saatchi a été chargé de fournir des services destinés uniquement au Cabinet Office (Bureau du Cabinet) et ne travaillent pas directement avec le gouvernement tunisien sur ce projet, selon le Foreign Office qui a également souligné que le rapport de la Commission indépendante de l’aide, bien que critiquable en partie, met en évidence un certain nombre de succès des programmes du fonds.

Pour sa part, l’agence de publicité M & C Saatchi a déclaré qu’elle ne commente pas les contrats gouvernementaux, souligne le Guardian.

par -

Les réseaux sociaux autant, il est vrai dans une moindre mesure, les médias sont jonchés de fake news, ces allégations ou imputations de faits, inexactes ou trompeuses. Très rares sont les pays qui en sont indemnes, surtout ceux où la liberté d’expression est un exercice de tous les instants, constitutionnellement et légalement garanti comme en Tunisie où on a pris l’habitude d’en faire des tonnes, le plus souvent dans l’impunité totale. Non parce qu’il n’y existe pas de lois qui répriment les contrevenants, mais essentiellement parce qu’elles sont rarement appliquées, et si il leur arrive de l’être, elles le sont à dose homéopathique.

C’est dans cette configuration qu’il a été important de souligner, que vient de circuler avec grand fracas une « information » qui nous apprend que « le FMI vient de reporter sine die la visite de son directeur Moyen-Orient et Asie Jihad Azouz, prévue le 30 juin, et menace de geler sa prochaine tranche d’aide financière ». Et dans un remarquable esprit de suite, la même source ajoute que « le FMI et d’autres bailleurs de fonds auraient aussi fait savoir à Tunis qu’ils ne se contenteraient bientôt plus de la seule signature de l’Etat tunisien pour garantir de futurs emprunts, exigeant des garanties réelles (infrastructures, entreprises publiques) soient gagées en échange des sommes prêtées ». Traduisez : la Tunisie sera mise sous la tutelle du FMI qui aura ainsi un droit de regard absolu sur son économie et les secteurs y associés, et à terme confisquera sa souveraineté.

L’information, dûment colportée et emballée pour faire vrai qualifie rigoureusement son auteur, le site Maghreb Confidentiel, servilement relayé par certains médias locaux qui en ont fait leurs manchettes et leurs choux gras en y mettant du leur. Et pour faire bonne mesure, ils ont pris soin d’agrémenter- le plus innocemment et subtilement du monde- leur production d’emprunts puisés dans maints communiqués où le Fonds monétaire international distillait ses recommandations et autres injonctions déguisées.

Des officines d’inquisition

Il ne faut pas être clerc en la matière pour se convaincre que l’on est, dans le cas de l’espèce, dans un cas d’école d’une campagne inavouée orchestrée contre le gouvernement en place et singulièrement celui qui le dirige pour le jeter en pâture à l’opinion publique et en faire le coupable tout désigné de ce qui fait de mal dans le pays, avec une gestion hasardeuse de la chose publique ayant pour corollaire des résultats qui effarouchent même son principal soutien financier, en l’occurrence le couple FMI-Banque mondiale, et incidemment tous les autres bailleurs de fonds. Déjà des officines d’inquisition étaient en place çà et là pour instruire des catilinaires de la même eau avec des griefs voisins qui renvoient en fait à des règlements de compte politiques portant la marque d’une guéguerre politicienne dont le pays éprouve le cruel besoin de faire l’économie.

Car, en définitive, ce ne sont pas les personnes que l’on cherche à faire passer sous les fourches caudines, qui paieront les pots cassés. C’est tout le pays et d’abord son économie, déjà claudicante, qui en feraient immanquablement les frais, et des plus nocifs, alors que les indicateurs économiques et financiers commencent à signer un léger mieux décliné dans une croissance de 2,5% programmée pour faire encore mieux, une balance commerciale qui se redresse, un chômage qui se rétrécit et surtout un déficit budgétaire dont on peut raisonnablement espérer qu’il sera ramené au taux prévu de 4,9%.

S’écharper, mais pas aux dépens du pays !

Certes, il est de bonne guerre que les politiques s’écharpent et se cherchent des noises en puisant dans un catalogue aux contours imprécis voire illimités. Les nôtres en font ample usage que ce soit dans l’hémicycle du parlement ou ailleurs en ayant recours parfois à des procédés pas toujours orthodoxes. Mais dès lors que l’intérêt général du pays est en cause, comme c’est le cas pour la question qui nous occupe, il y a péril en la demeure. Et les intox qui sont actuellement propagées sont ostensiblement frappées de ce sceau. Vox populi vox dei, semblables informations sont susceptibles d’acquérir de la véracité surtout aux yeux des investisseurs tant domestiques qu’étrangers qui auront alors assez de raisons de faire faux bond et chercher ailleurs.

Les faits sont têtus

Le fait est, cependant, que ces fake news ne sont pas en train de gagner le crédit que leurs auteurs s’échinent à leur donner. Le Fonds monétaire international tiendra bel et bien son Conseil d’administration pour donner le feu vert au déboursement de la présente tranche de son crédit. Ce sera le 6 juillet prochain, a affirmé le Directeur de son département de la communication, Gerry Rice. Le FMI n’a pas ordonné à son directeur Moyen-Orient et Asie Jihad Azouz de reporter sine die sa visite prévue le 30 juin en Tunisie où il n’y sera pas à cette date pour de strictes considérations de calendrier. La Banque Mondiale accordera une ligne de crédit de 500 millions de dollars, pour soutenir les réformes-clés visant à promouvoir l’investissement privé, améliorer la sécurité énergétique et financer l’énergie verte en Tunisie. Surtout, le FMI a, dans sa dernière Revue, « pris bonne note des progrès enregistrés par la Tunisie dans l’application des réformes structurelles ».

Si après tout cela, on se prend à parler de « relations [qui] se dégradent à vue d’œil entre le FMI et la Tunisie », c’est au mieux grotesque, au pire malveillant.

par -

A l’avenant du cours des choses dans bien des compartiments du vécu des Tunisiens, le coût de la vie est en train de s’emballer nourri par une flambée des prix dont on peut noter qu’elle épargne de moins en moins de produits et de services. Elle est d’autant plus toxique qu’elle est incontrôlable soit parce qu’elle est le fait de facteurs exogènes tels que les cours mondiaux du pétrole, soit parce que les circuits de distribution dysfonctionnent, soit encore parce que la spéculation et le secteur parallèle sont passés par là.

Au sortir du mois de Ramadan où cet exercice acquiert toutes ses « lettres de noblesse », on s’est pris à croire que le pire était déjà derrière nous et que la mercuriale allait revenir à son statu quo ante, pourtant peu accommodant pour le portefeuille du consommateur. Ce fut peine perdue, puisque, d’autres produits, plus est indispensables, ont été gagnés par cette espèce d’ignition, devenue récurrente et face à laquelle le gouvernement dit ne rien y pouvoir. Il s’agit des prix des carburants qu’il a été décidé d’augmenter pour la troisième fois cette année, entre autres, plutôt surtout, parce que le Fonds monétaire international le veut et l’exige sans s’embarrasser des conséquences que cela produira sur l’inflation, celle-là même où , paradoxalement, il fait au gouvernement injonction de faire montre d’esprit de suite en la combattant sans relâche et en priorité. D’ailleurs, sur ce registre, la Tunisie est au milieu du gué, car d’autres augmentations sont dans le pipe, au moins jusqu’à la fin de l’année cours. Le gouvernement, le couteau sous la gorge, est tenu d’y déférer sous peine de voir la prochaine tranche du prêt du FMI s’exposer à des mesures coercitives, au mieux, différé le temps que les pouvoirs publics se résolvent à faire ce qui leur est demandé de faire.

Une inflation de 12%, ce n’est pas une vue de l’esprit !

On ne s’étendra pas davantage sur cette augmentation des prix des carburants sauf pour souligner que cette mesure rejaillira sur bon nombre d’autres produits et services énergétivores ou pas, tels que le transport, l’immobilier, la production industrielle, et par-dessus tout, l’électricité, le gaz dont la Steg a donné le la en annonçant que leurs prix vont s’inscrire à la hausse. Une autre tuile pour les ménages dont le budget est déjà fortement mis à mal par une spirale dont ils sont en peine de voir la fin avec une inflation qui gravite autour des 7,7% et dont maints analystes disent qu’elle devra filer vers un taux à deux chiffres, aux environs de 12%.

Et voilà que se prépare à s’y greffer le prix du lait. Non seulement parce que le gouvernement veut en raboter la compensation, mais parce que les éleveurs et les producteurs exigent qu’il soit majoré pour qu’ils puissent rentrer dans leurs frais, invoquant des charges qui s’envolent au point que certains d’entre eux, au motif qu’ils sont au bord de la faillite, ont commencé déjà à vendre leurs vaches laitières. Ils réclament mordicus une augmentation de pas moins de 300 millimes le litre. De quoi tourmenter encore plus le consommateur lambda qui peine déjà à trouver ce breuvage essentiel au prix où il avait l’habitude de l’acheter. Sans parler du sucre dont le prix a grimpé d’environ la moitié au prétexte qu’il n’est plus proposé en vrac, mais sous emballage.

La liste est longue qui ajoute à l’exaspération du Tunisien qui ne sait plus à quel saint se vouer pour répondre aux besoins primaires des siens alors même que les portes de l’endettement lui sont verrouillées avec un taux directeur qui s’emballe et des banques qui sont à l’avenant pour ce qui de leur propre taux d’intérêt, là encore dans le droit fil des « recommandations » du Fonds monétaire international qui préconisent la rationalisation, en fait l’arrêt des crédits à la consommation.

La spéculation, autre carburant de l’inflation

Inflation importée, mais aussi inflation domestique, gérée d’une « main de maître », par les bonnets de la spéculation et de la contrebande, mettant le feu à la mercuriale grâce aux ententes qu’ils ont scellées et aux pratiques monopolistiques auxquelles ils se livrent dans l’impunité presque totale au vu et au su de tout le monde et d’abord de ceux qui ont vocation à les combattre, même si , de tems en temps, il est fait état de quelques saisies et de quelques prises, lesquelles toutes confondues, ne représenteraient qu’une goutte d’eau dans l’océan.

C’est à craindre que les choses n’empirent pour le pouvoir d’achat du citoyen dont la préservation est le crédo récurrent d’organisations telle que l’UGTT qui , pas plus tard que ce samedi a dénoncé avec la dernière énergie la dernière hausse des prix du carburant mettant en garde contre les conséquences d’une éventuelle augmentation des prix des produits de base y compris les produits subventionnés, les médicaments ou même les services sociaux comme le transport. Sans s’empêcher d’étriller, dans la foulée, « l’absence d’une vision stratégique et une mauvaise gestion de la crise », et surtout focaliser sur « l’urgence de changer la composition du gouvernement actuel pour pouvoir sortir de cette crise ».

par -

Dès  2019, la Tunisie pourrait entrer dans un nouveau cycle décennal de développement, avec une croissance moyenne supérieure à 4 % par an. C’est beaucoup moins un vœu lieu qu’un diagnostic, plus est posé par  le vice-président honoraire de la Banque européenne d’investissement Philippe de Fontaine Vive Curtaz.  Il en a fait part aux  nombreux investisseurs présents lors de la table ronde organisée à Paris par le Club Afrique de la Presse Parisienne (CAPP). Au-delà des difficultés actuelles, la Tunisie pourrait réserver de très bonnes surprises dans un avenir proche et ces investisseurs seraient bien avisés de s’y intéresser, a-t-il dit.

 

Aujourd’hui,  si l’économie tunisienne a été “libérée”, le pays n’a toutefois pas connu de “libération économique”, a-t-il fait remarquer exhortant les nombreux chefs d’entreprise présents à « écrire le programme de libération économique pour les prochaines échéances de 2019″, afin de sortir du “cercle vicieux” des déficits de la balance des paiements et du budget de l’État, de l’accroissement de la dette publique “qui devient difficilement supportable” et de la baisse “significative” du dinar tunisien qui réalimente tous les autres problèmes.

 

“En libérant ses énergies”, a conclu Philippe de Fontaine Vive Curtaz, la Tunisie est “capable d’un miracle économique pendant toute une bonne décennie”, comme elle l’a déjà montré, retrouvant “une croissance moyenne supérieure à 4 %, à condition aussi d’investir dans les secteurs porteurs”, au premier rang desquels “celui de la santé”.

par -

De nombreuses années durant, la Tunisie a manifesté son intérêt à améliorer sa coopération en matière de sécurité avec l’OTAN, désireuse de s’investir davantage dans une jeune démocratie à laquelle elle apporte son soutien officiel. C’est par ce rappel que l’un des plus grands spécialistes européens, Francis Ghilès a introduit une réflexion sur l’équilibre délicat de la Tunisie avec l’Organisation transatlantique. Grâce à l’accord de partenariat et de coopération qu’elle a signé en 2014 avec l’OTAN sur la lutte contre le terrorisme et la sécurisation de ses frontières avec l’Algérie et la Libye, la Tunisie a pu bénéficier d’une formation, de prêts pour la recherche et le développement et d’un financement militaire étranger pour la location commerciale de certains équipements de défense.

Mais cette évolution n’était pas vue d’un bon œil par l’Algérie, qui est intervenue pour aider la Tunisie à faire face à une recrudescence du terrorisme après le soulèvement de 2011, fait remarquer l’expert, l’Algérie se sentant coincée entre deux pays – le Maroc et la Tunisie – dont les liens avec l’OTAN étaient en développement. Lorsque le ministre tunisien de la Défense Abdelkarim Zbidi a récemment déclaré devant une commission parlementaire que son département avait rejeté une subvention de 3 millions d’euros pour l’établissement d’un centre de commandement conjoint dans la ville portuaire de Gabès, la surprise a été évidente chez certains les observateurs occidentaux. Pourtant, lorsque l’ancien chef du gouvernement Habib Essid avait visité le siège de l’OTAN en 2015, la voie vers une coopération plus étroite semblait toute tracée.

Menace pour le tourisme et les IDE

Cependant, le centre de renseignement conjoint proposé – qui aurait impliqué des agences militaires et civiles partageant des renseignements et se concentrant sur le phénomène des combattants étrangers tunisiens – est un sujet délicat. Ghilès y voit plusieurs raisons. D’une part, le nombre présumé de Tunisiens qui ont rejoint Daech varie selon la source. Combien y en a-t-il qui sont revenus et combien en restent-ils dispersés autour du Moyen-Orient. Les responsables tunisiens ne sont pas ravis de voir les commentateurs exagérer la menace, d’autant qu’ils comprennent peu ou mal le contexte régional. Les discussions inconsidérées autour de cette question au niveau des politiciens et des médias européens peuvent nuire à la réputation du pays et à son attrait pour les investisseurs étrangers et les touristes. Ceci est important, car les touristes étrangers affluent vers les stations balnéaires du pays trois ans après les attentats de 2015. Les investisseurs étrangers sont déjà dissuadés par les difficultés économiques du pays, et toute allusion à une menace terroriste renouvelée conforterait leurs raisons de ne pas investir.

La Tunisie a offert un soutien sélectif aux missions des Etats-Unis et de l’Otan en Libye, y compris dans les combats de 2016 pour chasser les jihadistes de Syrte. Les Etats-Unis ont pu mener des opérations de drones de surveillance à partir d’une base incorporée dans la base aérienne tunisienne existante dans le port nord de Bizerte. Les autorités tunisiennes ont été profondément embarrassées par la, divulgation d’informations sur la présence de troupes étrangères – en particulier américaines – qui est mal vue par les Tunisiens et la les partis politiques. Les militaires du pays ont d’abord nié la présence du personnel militaire américain, mais ont été bientôt contredits par le président Beji Caïd Essebsi. L’Algérie a été contrariée par le fait que la Tunisie n’ait pas prévenu de son intention de permettre aux Etats-Unis d’établir une base sur son sol.

La sensibilité de l’opinion publique

Les partenaires européens et occidentaux tunisiens, militaires et diplomatiques, sont parfois insensibles au contexte plus large de l’opinion publique tunisienne et arabe. Les objections algériennes à une présence accrue de l’OTAN pourraient bien avoir contribué à la décision de la Tunisie sur Gabès, mais l’opinion publique nationale compte tout autant. Lorsque le département d’État américain a déclaré en 2015 que l’accord de partenariat avec l’OTAN avait «envoyé un signal fort de notre soutien à la décision de la Tunisie de rejoindre les démocraties du monde», la plupart des Tunisiens ont réagi avec cynisme. Et on se demande depuis quand l’OTAN a-t-elle promu la «démocratie» dans les pays méditerranéens de la rive sud. Et Francis Ghilés d’en déduire que « la Tunisie est un partenaire réticent de l’OTAN ». Mais bilatéralement, ajoute-t-il, la coopération a été bonne avec les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Après les attentats de 2015, la Grande-Bretagne a contribué à améliorer la sécurité des aéroports, tandis que les États-Unis et l’Allemagne ont contribué à renforcer la politique antiterroriste. L’équipement allemand est utilisé pour améliorer la surveillance à la frontière libyenne suite à l’une attaque de Daech en 2016 contre la ville de Ben Guerdane.

Les relations entre la Tunisie et l’Algérie sur les questions de sécurité sont fortes depuis 2011, et les forces et l’équipement algériens sont souvent venus en aide aux forces tunisiennes sous-équipées. Après le soulèvement de 2011, le soutien algérien à la lutte contre le terrorisme a été apporté plus vite que tout ce que l’OTAN ou les pays européens ont proposé. L’Algérie a également offert une aide financière plus importante que l’Europe.

L’Algérie est profondément hostile à la présence militaire occidentale dans le nord-ouest de l’Afrique et elle est très préoccupée par la présence croissante des Etats-Unis au Mali et au Niger, où les Américains disposent d’une base de drones. La militarisation croissante du Sahel ne semble pas diminuer les menaces à la sécurité; en effet, c’est plutôt l’inverse qui se produit. Depuis 2011, l’Algérie a fourni de facto une garantie de sécurité à son voisin, ce qui renforce sûrement la volonté de l’Armée tunisienne de garder sous silence sa coopération avec les Etats-Unis et les autres puissances occidentales. Selon l’expert algérien de la défense Akram Kharief: “L’Algérie ne veut pas voir de renforcement des capacités pour [la surveillance aérienne] près de ses frontières. Elle considère les drones armés comme une ligne rouge absolue, nonobstant la partie qui les utilise. “

Un puzzle inextricable

Plusieurs facteurs garantissent la sécurité de la Tunisie: des réformes économiques et une croissance plus rapide pour ancrer la stabilité intérieure, la garantie de stabilité apportée par l’Algérie et la sécurité et le soutien financier des Etats-Unis et de l’Europe. L’OTAN doit être consciente que cela fait partie d’un puzzle plus grand et très complexe. C’est un acte d’équilibre que BCE a géré avec compétence et ruse, juge Ghilès qui ajoute que quelle que soit l’utilité de l’OTAN, une coopération étroite avec l’Algérie est acquise.

Les politiques américaines au Moyen-Orient ne sont pas élaborées pour rassurer la Tunisie, étant considérées en privé comme imprudentes, un point de vue partagé par l’Algérie. Le mépris croissant pour le président américain Donald Trump ne rend guère plus attrayante une coopération plus ouverte et plus étroite avec l’OTAN. La diplomatie américaine au Moyen-Orient est perçue à Tunis et à Alger, comme dans certaines capitales européennes, comme un boulet de démolition.

A une époque où la Tunisie avait besoin d’argent, la menace du terrorisme l’a obligée à augmenter son budget de sécurité. La poursuite de la militarisation de la région n’offre pas la meilleure voie à suivre. La Tunisie est un pays qui souhaite préserver sa souveraineté – ce qui n’est pas facile dans une région aussi turbulente, surtout quand elle est confrontée aux difficiles défis économiques et sociaux de son ancrage en tant que jeune démocratie.

L’OTAN doit faire preuve de prudence en Afrique du Nord et être sensible à la façon dont un pays comme la Tunisie, aussi petit soit-il, voit sa propre sécurité. Quant à l’Algérie, un coup d’œil sur la carte souligne un fait simple: la Tunisie et l’OTAN doivent prendre en compte son point de vue, conclut Francis Ghilès.

par -

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaïès Jehinaoui, en visite à Tripoli, a évoqué avec son homologue libyens, Mohamed Tahar Siala, les perspectives de développement de la coopération économique et commerciale bilatérale et de l’accroissement des exportations tunisiennes, notamment agricoles et industrielles, à destination de la Libye, en contrepartie de l’importation de pétrole brut destiné à être raffiné en Tunisie.

Un communiqué du ministère tunisien des AE précise que cet entretien intervient en prévision de la réunion de la commission mixte préparatoire à la Grande commission mixte au niveau des chefs de gouvernement des deux pays, prévue dans quelques mois.L’es deux ministres ont également évoqué des questions consulaires en suspens, outre le paiement d’une deuxième tranche des créances de cliniques privées tunisiennes.

par -

La cour d’appel  au tribunal de première instance de Tunis a prononcé vendredi la relaxe de l’ancien ministre de l’Intérieur Habib Ammar, rapporte Mosaïque fm.

Elle a ordonné sa mise en liberté pour prescription des faits pour lesquels il était poursuivi, étant rappelé que le prévenu était incarcéré depuis le 20 mai dernier.

par -

L’huile d’olive fait de plus en plus d’émules auprès des gourmets apprécient ce breuvage de bonne qualité autant qu’un verre de vin cher. Et tout comme les œnologues dégustent des millésimes provenant de différentes parties du monde, les amateurs de la bonne chère recherchent l’huile d’olive extra vierge venue de régions moins connues des oléiculteurs, selon Euronews english.

Sur ce registre, l’Italie et l’Espagne sont les premiers pays qui viennent à l’esprit. Mais les olives sont cultivées dans le bassin méditerranéen depuis des millénaires et aujourd’hui l’huile d’olive est produite dans plus de 40 pays à travers le monde.

“L’histoire de l’huile d’olive est notre propre histoire”

L’un des pays producteurs d’olives qui reçoit de plus en plus d’attention pour son huile de haute qualité est la Tunisie. Ce pays d’Afrique du Nord proche de Malte et de la Sicile produit de l’huile d’olive depuis le VIIIe siècle avant JC. Un tiers du pays est couvert d’oliviers et l’huile d’olive est un ingrédient essentiel de sa gastronomie.

“En Tunisie, l’huile d’olive est bien plus que de la nourriture”, explique Dr Sonda Laroussi, experte en huile d’olive basée à Sfax, une ville côtière du centre de la Tunisie. “C’est notre culture et notre savoir-faire, et une partie de notre vie quotidienne. L’histoire de l’huile d’olive est notre propre histoire. “

“Il existe deux principales variétés d’olives en Tunisie”, explique-t-elle. “Chetoui vient du nord et a un goût très herbacé avec des notes d’artichaut. C’est une huile de qualité avec du caractère. Chemlali est plus fruitée et a des notes d’amandes vertes. Elle s’accommode de tout et n’est pas trop dominante dans les plats. “

Du vrac à la bouteille

La Tunisie est le troisième exportateur mondial d’huile d’olive. Pendant des décennies, l’huile d’olive tunisienne a été expédiée en vrac vers d’autres pays producteurs d’huile d’olive comme l’Italie et l’Espagne où elle était mélangée avec des huiles locales et commercialisée sous des marques italiennes ou espagnoles. Aujourd’hui, la Tunisie continue d’être un grand exportateur de sa propre huile d’olive, dont la majorité quitte encore le pays en conteneurs de vrac. Cependant, l’or liquide de la Tunisie est également de plus en plus exporté en bouteilles sous des marques tunisiennes.

Toucher de nouveaux consommateurs

«Les huiles d’olive tunisiennes que je vends sont les mieux vendues avec de grosses marges à des clients très différents, qu’il s’agisse d’épiceries haut de gamme, de grands magasins ou d’épiceries fines», explique Yacine Amor d’ Artisan Oil Company , distributeur britannique d’huiles haut de gamme espagnoles, italiennes et tunisiennes à plus de 50 magasins d’épicerie fine.

“J’organise trois à quatre dégustations par semaine dans des boutiques haut de gamme à Londres comme Harrods, Bayley et Sage, et les retours sont constants et cohérents. Les huiles d’olive tunisiennes sont populaires auprès des clients parce que tout d’abord, elles plaisent à leurs palais. Ils apprécient la variété Chemlali car elle leur rappelle certaines des huiles toscanes les plus intenses qu’ils connaissent déjà. Mais ils sont également ouverts à l’huile de Chetoui poivrée plus forte, bien que le marché la concernant soit plus petit. “

“Les clients sont également très positivement surpris par le prix”, ajoute-t-il. «Les huiles d’olive tunisiennes sont très compétitives par rapport aux petits producteurs italiens par exemple, car les coûts de production sont plus bas en Tunisie.» Un autre facteur qui plaide en faveur de l’huile d’olive tunisienne est le fait que de nombreuses marques sont produites organiquement, donc un produit bio. En raison du climat chaud, les parasites sont très rares et les pesticides ne sont pas nécessaires.

Quatre-vingt-quinze pour cent des oliveraies de Tunisie sont biologiques et les exportations de l’huile d’olive biologique sont passées de 2100 tonnes en 2004 à 13.500 en 2015. La Tunisie produit trois fois plus d’huile d’olive biologique que l’Espagne, premier producteur mondial d’huile d’olive.

Les chefs conquis et inspirés

Certains des meilleurs chefs d’Europe choisissent d’essayer l’huile d’olive tunisienne dans leurs créations culinaires. Lors des Journées Olio Nuovo , un événement incontournable consacré à l’huile d’olive qui a lieu chaque hiver à Paris, les chefs parisiens ont été initiés à plusieurs huiles d’olive tunisiennes de qualité à travers des dégustations à l’aveugle.

Le chef étoilé Akrame Benallal du restaurant Akrame a choisi l’huile Chetoui du Domaine de Segermès tandis que d’autres grands chefs ont sélectionné d’autres huiles d’olive tunisiennes de haute qualité à l’aveugle comme Fendri , une huile de la variété Chemlali du centre de la Tunisie, et Les Moulins Mahjoub , une autre huile de Chetoui du nord de la Tunisie. Toutes ces huiles d’olive extra vierges sont produites de manière biologique dans des exploitations familiales utilisant des méthodes de production traditionnelles.

Emmanuelle Dechelette, dégustatrice professionnelle d’huile d’olive et fondatrice des Journées Olio Nuovo a déclaré que les huiles d’olive tunisiennes inspirent les chefs: «Avant, les chefs se tournaient vers une huile neutre qui va avec tout», souligne-t-elle. “Mais ils recherchent maintenant des huiles avec plus de caractère et même en utilisant une huile d’olive comme point de départ. Les huiles tunisiennes ont du caractère et peuvent même inspirer un plat. Les chefs en France commencent à les connaître et apprécient les huiles Chetoui car elles sont intenses et vertes tout en dégustant les huiles Chemlali pour leurs nuances fruitées. “

Reconnaissance universelle

La haute qualité de l’huile d’olive tunisienne a également été récompensée par des prix prestigieux. Rien qu’en 2018, les producteurs d’huile d’olive tunisiens ont remporté plus de 70 prix, dont deux douzaines d’or lors de compétitions internationales d’huile d’olive à Los Angeles, Athènes, Italie, Londres, New York et au Japon.

Mais la meilleure façon de juger une huile d’olive exceptionnelle est le palais des amateurs d’huile d’olive et des grands chefs. L’huile d’olive tunisienne touche de plus en plus de nouveaux consommateurs et dame le pion aux huiles italiennes et espagnoles dans les épiceries fines et dans les cuisines des grands chefs européens.

par -

Le fonds monétaire international a livré mercredi soir les conclusions de sa mission dirigée par  Björn Rother, qui s’est rendue en Tunisie du 17 au 30 mai pour discuter des plans d’action des autorités dans le cadre du troisième examen du programme de réformes économiques de la Tunisie.

Dans un communiqué , le FMI indique que “les  autorités tunisiennes ont eu des discussions constructives avec son équipe sur les politiques nécessaires pour achever le troisième examen dans le cadre de l’accord de la Tunisie sur le FEP », soulignant que les discussions ont progressé de manière significative. Il note que les autorités tunisiennes se sont fermement engagées à agir rapidement en faveur de réformes économiques urgentes qui ouvriront la voie à l’examen du troisième examen par le Conseil d’administration du FMI, provisoirement prévu pour début juillet. L’achèvement de l’examen permettrait d’obtenir 177 millions de DTS (environ 257 millions de dollars EU), ce qui porterait le total des décaissements au titre du FEP à environ 1,2 milliard de dollars EU.

L’économie tunisienne a montré des signes de reprise au premier trimestre de cette année, relève la mission du Fonds qui en veut pour preuve le fait que la croissance économique à 2,5% (en glissement annuel) était la plus élevée depuis 2014, en raison de la forte production agricole et des exportations.  De même , le déficit du compte courant s’est quelque peu amélioré, grâce à un taux de change plus flexible. Idem pour les entrées d’investissements étrangers directs qui ont également augmenté, et le nouveau guichet unique pour les investisseurs “Tunisia Investment Authority” améliorera encore le climat des affaires. Les réformes prévues pour renforcer la gouvernance et améliorer l’accès au financement aideront la reprise à créer plus d’emplois dans le secteur privé, estime le FMI.

Toutefois, la mission de l’institution financière internationale note que « les risques pour la stabilité macroéconomique sont devenus plus prononcés. L’inflation a atteint 7,7% (en glissement annuel) en avril, son niveau le plus élevé depuis 1991. Les agrégats monétaires et de crédit continuent de croître rapidement et exerceront une pression supplémentaire à la hausse sur les prix au cours des prochains mois. La couverture des réserves de change des importations a encore diminué. En outre, l’environnement extérieur de la Tunisie est devenu moins favorable ces derniers mois en raison de la hausse des prix internationaux du pétrole et de l’aversion accrue pour le risque sur les marchés financiers internationaux ».

Le FMI estime , face à cette situation, que des « mesures décisives » sont nécessaires cette année pour lutter contre l’inflation, réduire le déficit budgétaire et protéger les pauvres, conditions préalables à la création de nouvelles opportunités économiques pour les Tunisiens et à la protection des jeunes contre un endettement excessif à l’avenir. L’équipe du FMI  convient avec la Banque centrale de Tunisie du fait qu’un resserrement des conditions monétaires est nécessaire pour réduire l’écart entre les taux d’intérêt et l’inflation.

En ce qui concerne le budget, trois priorités ressortent à court terme: (i) poursuivre les efforts visant à réduire les subventions à l’énergie qui favorisent de manière disproportionnée les plus aisés; (ii) contenir la masse salariale du secteur public, qui est parmi les plus élevées du monde en proportion du PIB; (iii) et adopter le projet de loi sur la réforme des retraites pour améliorer la viabilité financière de la sécurité sociale. Des transferts accrus aux familles les plus vulnérables pour les protéger de l’impact de la hausse des prix accompagneront les efforts de réforme, recommande le FMI.

 

FOCUS 🔍

L’Union Internationale de Banques (UIB) vient de franchir le cap symbolique d’un Milliard de Dinars de Capitalisation boursière, soit l’équivalent de 1% du PIB...

Le meilleur des RS

Ancien DG de l’ONTT, Wahid Ibrahim en a certainement gardé cette capacité à brosser d’un «coup de gueule» qui ne dit que gentiment son...

INTERVIEW

Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l'augmentation et à plusieurs reprises...

AFRIQUE

Au terme d'un mandat de cinq années aux performances économiques remarquables, saluées par les plus grandes organisations internationales dont la Banque Mondiale et FMI,...

Reseaux Sociaux

SPORT

L'ancien sélectionneur du Portugal Paulo Bento a été nommé à la tête de la Corée du Sud pour les quatre prochaines années, a annoncé vendredi...