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Mohamed Lahmar

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Tant attendu et plusieurs fois différé, le Pont de Bizerte est techniquement fin prêt, et son projet ficelé. Il appartient désormais aux investisseurs d’approuver les dossiers de l’appel d’offres international technique et, ce faisant, désigner les entreprises auxquelles sera confiée l’exécution du projet, a assuré la présidente de l’unité de mise en œuvre du projet du nouveau pont de Bizerte, Lilia Sifaoui, dans une interview à Africanmanager.

Elle a précisé que l’unité en question a transmis les dossiers de l’appel d’offres à l’instance de conseil qui a vocation à les examiner, ensuite de quoi ils seront soumis à l’investisseur, lequel, à son tour, approuvera l’appel d’offres avant d’en faire la publication, affirmant que le démarrage des travaux est prévu courant 2020, c’est-à-dire après la clôture de l’appel d’offres et la résolution de la totalité des difficultés et problèmes fonciers.

En attendant, il a été d’ores et déjà procédé à la publication du décret d’expropriation de l’emprise de l’ouvrage dans sa première partie reliant l’autoroute A4 à la ville de Bizerte, une étape qui sera suivie d’autres dans le cadre de la pré-éxécution effective du projet dont les crédits de financement estimés à 780 millions de dinars.

L’indemnisation en bonne voie

Le gouvernorat de Bizerte affirme dans ce contexte que l’on s’achemine vers le démantèlement de tous les obstacles fonciers et immobiliers en lien avec le projet, et ce grâce à la conjugaison des efforts des autorités régionales, de l’autorité de tutelle et des citoyens, précisant que le montant des fonds alloués au titre des indemnisations s’élève à 47 millions de dinars pour la totalité du projet.

Les lots relevant de la première tranches du tracé du pont sont au nombre de 320 dont les propriétaires ont accepté les sommes qui leur ont été proposées par les services de l’Etat compétents. Quelque 98 contrats d’indemnisation ont été signés et les numéraires seront remis cette semaine à leurs bénéficiaires, alors le règlement des 62 lots restants interviendra sitôt accomplies les formalités d’enregistrement.

Concernant les autres terrains ayant fait l’objet de décret d’expropriation pour utilité publique, les fonds seront déposés au Trésor public parallèlement à la possibilité offerte aux personnes intéressées de déposer des plaintes contre le chef du Contentieux de l’Etat représenté par le ministère de l’Equipement et de l’habitat aux fins du relèvement de la valeur de l’indemnisation proposée.

Un chef d’œuvre !

Le nouveau pont de Bizerte s’étend sur une distance de 9,5 km, avec l’aménagement d’une route de 7,4 km (de la fin de l’autoroute A4 à la route locale n° 438) et la construction d’un pont de 2,7 km qui sera bâti sur le canal de navigation marine du Lac de Bizerte.

Le projet comprend en outre, la construction de 4 échangeurs aux niveaux des croisements (la route nationale 8- A4, l’entrée du pole technologique, l’entrée de la ville de Menzel Abderahmen, et la route nationale n°11) et de 2 ouvrages techniques (aux niveaux de la cimenterie et de la route municipale). Il permettra d’assurer une liaison permanente entre l’autoroute A4 et la ville de Bizerte, de renforcer l’attraction de la région et de faciliter son intégration dans l’économie nationale.

Il est prévu que la réalisation du nouveau pont central se poursuivra pendant 38 mois, alors que les travaux de liaison avec les routes et les échangeurs nécessiteront une période de deux ans.

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Les perspectives économiques en Afrique du Nord se sont récemment améliorées, tirées par la hausse des prix du pétrole, une situation politique plus stable et, principalement, certains projets d’infrastructure à grande échelle.

Selon les Perspectives économiques de l’Afrique du Nord pour 2018, publiées par la Banque africaine de développement, rapportées par le site « International Construction » le PIB brut réel de la région est passé de 3,3 % à 4,9 %. Toutefois, il convient de noter que ce chiffre est fortement influencé par les résultats meilleurs que prévu de la Libye en raison de l’augmentation de la production et des exportations de pétrole. Pour l’avenir, les données d’IHS Global Insights prévoient que la construction en Afrique du Nord connaîtra une croissance solide en 2019 et au-delà.

En Tunisie, l’activité dans le secteur du bâtiment et des travaux publics a connu récemment un notable redressement. Selon le rapport ” La construction en Tunisie – tendances clés et opportunités à l’horizon 2023 “, l’industrie de la construction a augmenté de 1% en 2018 après une contraction de 1,8% en 2017. Et il est prévu qu’elle continuera à se développer d’ici 2023.

Les prêts et les investissements étrangers ont joué un rôle clé dans cette croissance. Par exemple, en avril 2018, le gouvernement a signé un accord d’une valeur de 4,2 milliards de dinars (1,6 milliard de dollars) avec la Banque islamique de développement pour soutenir le développement de projets de transport d’électricité, la construction d’hôpitaux et le renforcement des activités commerciales dans le pays.

La construction d’infrastructures a été le plus important marché de l’industrie du bâtiment au cours de la période visée par le rapport, représentant 30,1 % de la valeur totale de l’industrie en 2018. La croissance sera soutenue par les investissements du gouvernement dans les projets d’infrastructures routières et ferroviaires, avec des investissements dans le développement

L’amélioration des infrastructures aéroportuaires est à l’ordre du jour dans le pays avec le réaménagement en cours de l’aéroport international de Tunis-Carthage, l’aéroport principal de Tunisie, situé dans la banlieue nord de la capitale. Il a également été signalé récemment qu’un nouvel aéroport doit être construit en Tunisie d’ici 2030. D’un coût estimé à 840 millions de dollars, le nouvel aéroport civil sera le dixième du pays.

L’Égypte, fer de lance

La performance de l’Afrique du Nord repose en grande partie sur l’Égypte. Un récent rapport de GlobalData, qui prévoyait l’emplacement des mégapoles du monde (une ville de plus de dix millions d’habitants) d’ici 2025, ne comptait qu’une seule ville africaine sur la liste, Le Caire. Selon les informations fournies par l’Oxford Business Group, l’Égypte comptera bientôt plus de 100 millions d’habitants.

Cette pression démographique a créé des besoins élevés en logements et également et une grande variété d’infrastructures nationales et locales. Par exemple, des projets liés à l’énergie d’une valeur de 117 milliards de dollars américains seraient en cours de réalisation en Égypte et des projets de transport d’une valeur de 57,4 milliards de dollars américains seraient à l’étude.

L’un des plus grands projets de construction du pays est celui de l’Egyptian Refinery Company (ERC), une installation de 4,3 milliards de dollars qui, lorsqu’elle sera mise en service plus tard cette année, pourra produire 4,7 millions de tonnes de produits pétroliers raffinés et dérivés par an. Au plus fort de la construction, il y avait 18 000 ouvriers sur le chantier, 25 000 tonnes d’acier, 130 000 m² de béton coulé et 3 km de câbles. Il s’agit du plus grand projet de partenariat public-privé (PPP) en Afrique.

Le Maroc aussi

Le Maroc, situé à seulement 14 km de l’Espagne, a travaillé dur pour devenir une plaque tournante stratégique pour le commerce et les investissements entre l’Europe et l’Afrique, fait remarquer « Construction International ».

L’entrepreneur belge Besix and Travaux Généraux de Construction de Casablanca (TGCC) s’est récemment vu confier la construction de la tour BMCE Bank of Africa à Rabat, au Maroc. Le bâtiment aura une hauteur de 250 m, ce qui en ferait l’un des bâtiments les plus hauts d’Afrique. L’immeuble de 55 étages comprendra un hôtel de luxe, des bureaux, un espace résidentiel et une terrasse d’observation. Un tiers de la façade de la tour sera recouvert de panneaux photovoltaïques pour rendre le bâtiment plus économe en énergie.

Ailleurs au Maroc, Vinci Construction, leader d’une joint venture avec la société électromécanique Andritz Hydro, a remporté le contrat de construction de la centrale hydroélectrique à accumulation par pompage (PSP) d’Abdelmoumen située à 70 km d’Agadir au Maroc. Le projet de 284 millions d’euros (338 millions de dollars) en pompage-turbinage s’inscrit dans le cadre du plan de développement et d’intégration des énergies renouvelables au Maroc. Le contrat comprend les études de construction, les travaux de génie civil, la fourniture des matériaux et des équipements de pompage, le montage, les essais et la mise en service.

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Après des décennies de bons et loyaux services, de massifs contingents de retraités se retrouvent, qui dans un état de dénuement total, qui souvent en train de racler le fond de tiroir, qui enfin carrément en peine de joindre les deux bouts. Les incertitudes et les aléas de troisième âge aidant, nombre d’entre eux dépensent ce qui reste de leur bas de laine à des fins de soins médicaux et autres toujours plus dispendieux.

Ces quelques séquences d’un tableau peu reluisant renseignent sur la galère qui est celle de l’écrasante majorité des Tunisiens qui ont fait valoir leur droit à la retraite, sans soupçonner que tel serait le destin que leur réserveraient le crépuscule de leur vie et l’Etat qu’ils avaient servi d’arrache-pied avec abnégation et au prix d’immenses sacrifices. Au point qu’ils vont jusqu’à parler de « trahison » qui leur est ainsi infligée au vu des difficiles conditions de vie qui sont continuellement les siennes, alors que les autorités ne ménagent aucun effort pour la leur rendre encore plus insupportables, financièrement parlant.

C’est que, notent-ils, toutes les occurrences et les occasions sont bonnes et saisies au vol pour raboter leurs pensions, au travers de lois de finances, d’autant plus budgétivores qu’elles s’exemptent rarement de mesures fiscales mettant à mal le portefeuille des séniors. C’est le cas détestable et aberrant de la contribution sociale de solidarité qui s’est installée à perpétuelle demeure, et aussi des jeux d’écriture qui dépouillent les « augmentations de pensions» annoncées en grande pompe de tout effet pécuniaire. Sans parler bien sûr des retards de déboursement des maigres pensions, comme c’est fréquemment le cas, particulièrement à l’occasion de l’Aïd dernier, de funeste mémoire.

Le chemin de croix

Des désagréments, pourrait-on dire, mais additionnés, ils s’apparentent à un chemin de croix où le retraité est condamné à couler ses vieux jours, dans l’indifférence totale voire complice d’un Etat plus enclin à rogner du mieux qu’il peut les économies des démunis qu’à procurer à ses citoyens, séniors et jeunes, les conditions d’une vie digne financée, au demeurant, par leurs propres cotisations tout au long de leurs carrières professionnelles.

Il est vrai que le gouvernement, le dos au mur, et essuyant les affres d’un déficit budgétaire qu’il n’arrive jamais à enrayer, se trouve dans l’obligation d’amputer à tour de bras les ressources là où elles pourraient être disponible-et celles des retraités en font partie-, mais le devoir moral lui dicte de le faire avec retenue, sans aller, cependant, jusqu’au traitement de faveur. Il est vrai aussi que les retraités sont des citoyens qui ont des obligations et des droits, qui paient leurs impôts, mais ils doivent le faire au prorata des moyens qui leur sont reconnus et qui sont actés en toute transparence.

L’arme de l’urne

Surtout, les retraités jouissent, peut-être mieux que les autres, du droit de vote, et ils entendent bien s’en servir, pour la bonne cause, cela s’entend. D’ailleurs, les associations qui les représentent l’ont toujours dit, et ils vont certainement le claironner à l’approche des élections législatives et présidentielles. Avec un électorat si massif et si assidu aux urnes, il est fort à parier que cette catégorie de votant pèsera de tout son poids dans le scrutin à venir, tout d’ailleurs comme c’est le cas dans bien des démocraties dans le monde où grand cas est fait des séniors et des retraités.

Il faut leur réserver meilleur traitement, à la fois pécuniaire et moral, assez pour recevoir davantage que les clopinettes qu’ils ramassent à chaque fin de mois. Victor Hugo ne répétait-il pas que « la retraite, paisible et fière, réclame un cœur indépendant ».

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Visiblement, c’est le branle-bas de combat dans les états-majors des partis politiques, du moins les majeurs d’entre eux à mesure qu’approchent les échéances électorales de fin 2019. Le principe de la tenue du scrutin aux dates fixées ayant été définitivement retenu et acté, la campagne d’inscription des électeurs a été prolongée, le temps et l’occasion de permettre aux autres citoyens hésitants, de se résoudre à aller aux urnes, et même redessiner la carte électorale du pays.

En tout cas, tout le monde s’y prépare, et tout d’abord, ce qui reste du vainqueur du scrutin de 2014, Nidaâ Tounès, sous sa forme actuelle faite de fragments, plutôt de clans irréconciliables se disputant la représentativité d’un parti qui s’est démembré par l’unique volonté de sa chefferie. Mais aussi le mouvement Ennahdha, qui a manifestement tiré parti de l’émiettement de son adversaire converti ensuite en allié, pour se tailler un statut « sûr et dominateur » au parlement, en conservant ses sièges et en faisant la pluie et le beau temps. Un parti, toutefois, aux abois, au vu de l’augmentation rapide et ostensible de l’électorat, avec plus d’un million de nouveaux inscrits en quelques semaines.

Les indécis désormais moins hésitants

C’est que ces nouveaux contingents de votants sont, selon la majorité des observateurs et analystes, peu susceptibles de sympathie, encore moins d’allégeance au mouvement Ennahdha, un parti qui a ses propres codes, des militants engagés, disciplinés et enclins à mettre la main à la poche, un parti presqu’ésotérique, qui voue un culte à ses convictions forgées dans la clandestinité, des décennies durant, en Tunisie, et dans l’exil. Autant dire que le mouvement Ennahdha ne pourrait pas avoir vocation à être sûr de ces nouveaux inscrits, généralement dépités par les gouvernements successifs qui se sont succédé depuis les premières élections d’après la révolution, dont le parti islamiste faisait régulièrement partie, que ce soit au titre de la Troïka ou celui du consensus scellé par Béji Caïd Essebsi er Rached Ghannouchi.

L’accès de ces nouveaux arrivants aux urnes fait dire à bien des analystes qu’ils seront de sérieux partisans du vote sanction à l’endroit de tous ceux qui ont gouverné le pays depuis 2011, avec un bilan, d’autant moins reluisant qu’il a dégradé l’essentiel des paramètres fondateurs de croissance soutenable, d’emploi pour les centaines de milliers de jeunes, de bien-être social sous toutes ses formes, bref un bilan porteur d’espérance et qui répond aux attentes des Tunisiens, les jeunes d’entre eux certes, mais encore les moins jeunes, adultes et retraités, logés à moins bonne enseigne.

« Tahya Tounès » fédérateur !

Reconfiguration de l’électorat, mais également recomposition de l’échiquier politique avec de nouveaux venus, structurellement parlant. Il est particulièrement entendu par cela le parti Tahya Tounès, qui se veut le fédérateur des forces centristes et progressistes. Faisant œuvre de « prosélytisme », il a déjà attiré dans son giron le parti Al Moubadara, dans le cadre d’une fusion expliquée par «  l’impératif de faire prévaloir l’intérêt du peuple tunisien, le changement de la situation en Tunisie et la fondation d’un avenir meilleur ».

Le coordinateur général du parti “Tahya Tounes”, Slim Azzabi, a assuré que la fusion entre les deux parties constitue un pas important dans l’unification de la famille politique centriste. C’est, a-t-il dit, une union entre l’ambition et l’expérience en vue d’adresser un message important au peuple tunisien illustrant une grande volonté politique pour unir la famille politique centriste au service de la patrie et loin des problèmes de leadership politique.

Plus significatif encore, il a affirmé que Tahya Tounes sera toujours ouvert aux partis et personnalités politiques et optera pour le rassemblement de la famille politique, précisant que des négociations sont en cours entre le parti et le mouvement “Machrouaa Tounes” et le parti Al Badil pour aboutir à d’éventuelles fusions.

On pourrait y voir l’embryon d’un front électoral, peut-être ultérieurement d’un programme commun pour faire pièce au mouvement Ennahdha que maints sondages d’opinion créditent de la première place dans les élections législatives. Mais c’est compter sans le million et les centaines de milliers de nouveaux électeurs qui changeront très probablement la donne électorale.

LM

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C’est assurément l’un des projets, rares et majeurs, que l’on escompte pour donner un réel envol à la coopération entre la Tunisie et l’Italie, et partant l’Afrique du Nord et l’Europe laquelle rêve depuis longtemps de renforcer son approvisionnement en énergie renouvelable grâce au solaire en provenance des ses voisins du Sud bien pourvus en. Il s’agit d’Emed, cette interconnexion électrique entre les deux continents dont la Tunisie et l’Italie viennent de poser le premier jalon avec la signature de l’accord de mise en place d’un câble électrique sous-marin entre Partanna (Sicile) et El Haouaria (Tunisie), visant à intégrer le réseau électrique de l’UE à celui d’Afrique du Nord.

L’importance de cet accord réside dans le fait qu’il a rang de condition nécessaire pour l’obtention d’un financement de l’Union européenne, sachant que le coût du projet est estimé à 600 millions d’euros dont 50 % devraient être financés par l’UE et le reste sera partagé entre Terna, gestionnaire italien du réseau de transport et la STEG.

Elmed figure actuellement sur la troisième liste des projets d’intérêt commun (PIC) de l’UE, qui comprend des projets d’infrastructure clés pouvant bénéficier d’une planification accélérée et de l’octroi de permis, indique le site Deutsche Welle (DW), citant un porte-parole de la Commission européenne qui “suit avec intérêt le développement du projet Elmed, dans la mesure où il permettrait l’intégration des marchés électriques entre l’Afrique du Nord et l’Europe”.

Selon la Banque mondiale, qui organise le financement de la préparation du projet et soutient les efforts de la Tunisie pour évaluer la viabilité de l’interconnexion, l’objectif financier actuel est 2022, la construction devrait commencer en 2023 et le projet serait opérationnel en 2027.

Les investisseurs font la queue

Outre la Banque mondiale et la Commission européenne, les prêteurs européens sont potentiellement intéressés. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a investi 408 millions d’euros dans des projets d’énergies renouvelables dans la région Méditerranée-Afrique du Nord (MENA) à partir de 2015. La Banque européenne d’investissement (BEI) a investi 385 millions d’euros supplémentaires au cours de la même période.

“La BEI est en contact permanent avec la plupart des promoteurs de projets d’envergure dans le domaine des énergies renouvelables et envisagerait des possibilités de financement à mesure que les deux projets se développent “, a déclaré à DW une source de la BEI, faisant référence au projet Elmed autant qu’au projet TuNur – un projet d’énergie solaire présenté en 2017, qui vise à exporter 4,5 gigawatts (GW) d’énergie renouvelable par câbles sous-marins à Malte, en Italie et en France.

C’est tout bénéfice pour la Tunisie

Bien qu’il soit plus avancé, le projet Elmed de 200 kilomètres (124 milles) mérite beaucoup d’attention pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Elmed permettrait une intégration plus profonde des marchés de l’électricité dans la région méditerranéenne, améliorant considérablement les connexions entre les pays d’Afrique du Nord et l’Europe.

“Il fermerait la boucle du réseau Europe-Maghreb qui relie le Maroc, l’Espagne, la France, l’Italie, la Tunisie et l’Algérie “, a déclaré la Banque mondiale à DW dans un courriel.

Elmed non seulement diversifierait les sources et les voies d’approvisionnement pour les Européens, mais augmenterait également la sécurité énergétique de la Tunisie, a déclaré la banque. En effet, le projet, conçu à l’origine en 2003 pour exporter vers l’Italie l’énergie solaire produite au Sahara, est désormais conçu pour être bidirectionnel.

La Banque mondiale estime qu’Elmed serait en mesure de fournir jusqu’à 16 % des besoins énergétiques actuels de la Tunisie et de contribuer à remédier à sa pénurie croissante d’énergie en important de l’électricité italienne. Un rapport publié en 2016 par l’Oxford Institute for Energy Studies partage l’opinion selon laquelle les projets précédents sont au point mort parce qu'”ils ont été conçus autour d’un modèle économique unidimensionnel”, ne permettant que les exportations d’énergies renouvelables d’Afrique du Nord en Europe.

Une deuxième raison de soutenir Elmed est qu’il s’inscrit dans la stratégie de l’Union européenne pour l’Afrique. Outre les liens déjà établis avec le Maroc, tels que les interconnexions électriques entre l’Espagne et le Maroc, les institutions européennes se concentrent désormais sur la zone du Sahel et la Tunisie.

Un autre aspect important d’Elmed est que la liaison électrique soutiendrait les efforts de l’UE pour respecter les obligations découlant de l’accord de Paris sur le climat visant à réduire les gaz à effet de serre. Et cela pourrait favoriser la croissance économique dans le sud de l’Italie en crise économique, notamment en Sicile, où de nouveaux parcs solaires pourraient être reliés à ceux de la Tunisie. L’objectif ultime pourrait être un marché intégré, l’électricité circulant de l’Afrique du Nord vers la Scandinavie.

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L’affaire de l’expert onusien Moncef Kartas a connu ce mardi un développement en maints points capital pour la future gestion d’un dossier judiciaire tout autant que diplomatique. La chambre de mises en accusation près la cour d’appel de Tunis a, en effet, décidé de relâcher le fonctionnaire de l’ONU, placé en détention depuis un mois environ sous l’accusation de divulgation de secrets dont certains en rapport avec la défense nationale de la Tunisie.

Les autorités tunisiennes ont-elles, ce faisant, reconnu tacitement qu’elles se sont emmêlées les pinceaux ont arrêtant le 26 mars dernier l’expert binational tuniso-allemand alors même qu’il était en mission officielle pour le compte de son employeur l’Organisation des Nations-Unies, puis en le maintenant sous les verrous malgré les véhémentes protestations de l’ONU et ses appels répétés pour sa libération ?

Le dernier en date de ces appels remonte au 16 mai et a été lancé dans une conférence de presse à New York par le porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric, pour la «  libération immédiate et l’abandon des charges » retenues contre Moncef Kartas. Il emboîtait ainsi le pas au coordinateur résident de l’ONU en Tunisie, Diego Zorrilla, qui, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 2 mai, avait exhorté les autorités tunisiennes à « libérer l’expert de l’ONU et lui restituer le matériel technique qu’il possédait au moment de son arrestation ».

La Convention de 1946 est-elle applicable ?

Le principal point de blocage dans l’affaire Kartas a été le refus de la Tunisie de respecter la Convention de 1946 sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, que la Tunisie a signée en 1957. Le porte-parole du Pôle antiterroriste judiciaire tunisien, Sofien Sliti, a soutenu que Moncef Kartas « ne peut pas bénéficier de l’immunité dans la mesure où l’affaire concerne des avantages personnels ».

Une position qui a vite créé une impasse diplomatique entre l’ONU et l’Etat tunisien. Un porte-parole des Nations unies a condamné l’arrestation de Kartas le 29 mars, affirmant que la Tunisie ne respectait pas les obligations qui lui incombaient en vertu de la convention de 1946. Cependant, lors de sa visite à Tunis le 31 mars pour assister au Sommet arabe, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est gardé de se prononcer sur le cas de l’expert officiellement inculpé d’espionnage et de haute trahison par le Pôle antiterroriste de Tunis , conformément à l’article 60 du code pénal tunisien, accusations qui – en vertu du droit tunisien – sont passibles de la peine de mort, sachant la Tunisie n’a pas exécuté de peine capitale depuis 1991.

«Son arrestation crée un dangereux précédent», a déclaré au site Al-Monitor Farrah Hawana, chargée de cours en politique internationale et sécurité à l’Université Aberystwyth au Pays de Galles. Selon elle, l’arrestation de Kartas et ses effets sur les efforts internationaux visant à réduire les conflits armés sont très lourds de conséquences. “C’est un moment assez risqué pour les efforts multilatéraux en matière de maîtrise des armements.”

La discrétion de Tunis

On remarquera que l’Etat tunisien est resté nettement discret dans l’affaire Kartas et n’a daigné s’exprimer que sur l’arrestation, puis son inculpation. L’Allemagne, aussi, a très peu parlé publiquement, hormis une déclaration concernant les demandes d’accès consulaire au prévenu. Le porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères allemand a toutefois déclaré à Al-Monitor: “L’ambassade entretient des relations étroites et de haut niveau avec les autorités onusiennes et tunisiennes”.

Il n’en demeure pas moins que les autorités tunisiennes ont fourni à l’ONU des documents concernant les procédures judiciaires engagées contre leur fonctionnaire. “Cependant, notre position reste inchangée [en ce qui concerne l’immunité du personnel de l’ONU] … et il devrait être immédiatement libéré jusqu’à ce que l’affaire soit résolue”, a affirmé son porte-parole.

Aussi délicat que puisse paraître le processus diplomatique, il convient de s’interroger sur la responsabilité et la coopération de la Tunisie avec l’ONU à plus long terme. Hawana a déclaré: “Si la Tunisie ne fait face à aucune répercussion pour la violation de ses obligations internationales, comment ou pourquoi devrions-nous nous attendre à ce qu’un autre pays respecte le privilège diplomatique du Groupe d’experts de l’ONU partout dans le monde?”

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Déclarée depuis un bail, la guerre contre le cash va s’exprimer dans une dizaine de jours dans sa version pratique avec l’entrée en application, dès le 1er juin 2019, de la disposition relative à la rationalisation des transactions en espèces dont la valeur est supérieure à 5000 dinars, entrera en application le 1er juin 2019, conformément à l’article 45 de loi de Finances 2019.

Aux termes de cet article, les contrats de cession d’immeubles, de fonds de commerce ou de matériel de transport ne peuvent plus être conclus auprès d’huissiers ou faire l’objet de légalisation de signature et d’enregistrement si le prix de la transaction est payé en espèces. Lors d’un point de presse tenu ce lundi, la directrice générale des études et de la législation fiscales au ministère des Finances, Sihem Nemsia, a précisé que « cette mesure vise à renforcer la transparence des transactions entre les personnes et à lutter contre le commerce parallèle, la contrebande et les transactions financières suspectes ».

Précision de taille, cette disposition ne concerne pas les contrats dont les prix sont inférieurs à 5000 dinars, a-t-elle indiqué, les contrats ayant fait l’objet de promesse de vente antérieure au 1er juin 2019, les contrats dont le paiement est échelonné à condition de mentionner les références des traites qui doivent être domiciliées ou avalisées, ainsi que les cas de force majeure et les contrats antérieurs au 1er juin 2019. Il est à noter que 300 mille contrats sont signés annuellement, selon le ministère des Finances.

L’arsenal des sanctions

La directrice générale des études et de la législation fiscales a averti que le non-respect de cette disposition est passible d’une amende égale à 20% du montant payé en espèces, avec un minimum de 1000 dinars au titre de chaque transaction. En outre, au cas où l’agent administratif refuserait de signer un contrat dont le montant a dépassé 5000 dinars, la personne concernée (l’acheteur ou le vendeur) a la possibilité de rectifier la situation en reformulant son contrat, conformément à la nouvelle disposition.

La responsable a également déclaré que la Primature publiera, avant le début du mois de juin 2019, une circulaire explicative de la nouvelle disposition. Cette circulaire sera envoyée à toutes les chambres professionnelles pour sensibiliser leurs affiliés quant à la nécessité de veiller à l’application de la mesure en question.

Elle a expliqué que, depuis janvier 2019, date d’entrée en vigueur de la loi de finances 2019, un comité technique regroupant le ministère des Finances, la Banque centrale de Tunisie, la Direction de la propriété foncière et les services fiscaux et de recouvrement a été mis en place. Ce comité a travaillé durant trois mois pour décider des modalités d’application de cette disposition.

La responsable n’a pas écarté la possibilité d’inclure dans la loi de Finances 2020, de nouvelles dispositions visant l’optimisation de la rationalisation des transactions en cash pour limiter le commerce parallèle et la contrebande.

La lutte en amont, oui mais encore !

Seulement, et l’expérience l’a toujours démontré, pour lutter efficacement contre le commerce informel, il ne s’agit pas uniquement d’augmenter le nombre de contrôles et de sanctions parce que, comme l’enseigne la littérature pertinente dans un certain nombre de pays, de fortes différences de prix entre deux pays mèneront inévitablement au commerce informel (et à une augmentation de la corruption au niveau des autorités frontalières), même dans les cas où les sanctions sont sévères.

La Banque mondiale qui souscrit fermement à cette analyse, prévient que « sans une plus grande harmonisation des prix au niveau régional, il y a de fortes chances que le niveau du commerce informel continuera à croître ». Par conséquent, la première priorité est de poursuivre une coordination régionale plus étroite entre la Tunisie et ses voisins en termes de droits de douane, taux d’imposition et subventions.

Les expériences mondiales dans ce domaine ont montré que le renforcement des contrôles (en particulier avec plus de technologie) ne peut pas non plus, à lui seul faire face à la contrebande. Une politique globale doit être entreprise qui devrait limiter les incitations à la contrebande, comme changer la politique tarifaire pour certains produits, renforcer les contrôles internes au sein des douanes pour limiter l’émergence de pratiques déviantes locales. Enfin, l’harmonisation des politiques fiscales et des subventions devrait être un objectif commun pour lutter contre la contrebande et la fraude.

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Répondant à l’appel de  la chambre syndicale nationale de transport des produits dangereux relevant de l’UTICA, de nombreux chefs d’entreprises opérant dans le secteur de transport de carburants ont mis leurs camions à  la disposition du gouvernement suite à la décision de réquisition prise vendredi par les autorités.

La  chambre a déploré que les conducteurs de camions n’aient pas repris le travail à la suite de la signature  jeudi soir par les partenaires sociaux et le gouvernement de l’accord  annulant la grève,  déclare un communiqué de la chambre syndicale.

Celle-ci a affirmé qu’elle  a pris cette initiative suite à la situation de chaos  et des perturbations ayant nui aux  intérêts des citoyens et des entreprises  provoquées par l’énorme manque enregistré au niveau des stations-service  au cours des derniers jours.

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Les exercices militaires conjoints « African Lion » dont c’est la 16ème édition ont commencé le 6 mars au Maroc, plus précisément dans la région méridionale d’Agadir. Outre les forces armées marocaines et américaines, y participent des unités et des observateurs venus de Tunisie, du Sénégal, mais aussi d’Espagne, du Royaume-Uni et du Canada.

Officiellement et comme l’a affirmé un communiqué des Forces armées royales (FAR), il s’agit de «  «valider les concepts d’emploi des forces terrestres, renforcer l’interopérabilité des moyens et des systèmes de commandement aéroterrestres utilisés par les deux nations, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse et de ravitaillement en vol, et enfin, mener des activités d’ordre humanitaire». Surtout, l’exercice met l’accent sur «la formation aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents», parallèlement à « des exercices terrestres, aériens aéroportés et une simulation tactique».

Ce n’est pas la première fois que les forces armées tunisiennes sont associées à ces manœuvres militaires qui se tiennent en Afrique sous la houlette des Etats-Unis. L’année dernière, la Tunisie a abrité sur son sol une partie de ces exercices, ce qui lui a valu l’hommage appuyé du sous-secrétaire adjoint américain à la Défense, chargé des affaires africaines, Alan Patterson, qui s’est déclaré « impressionné par ses réalisations au titre de l’intégration de ses efforts avec ceux des ses voisins de la région pour faire face aux menaces communes ». Une collaboration qu’il a jugée comme « le seul moyen de lutter contre les menaces transnationales » tout en soulignant que «  ce n’est que par la coopération et l’assistance régionales et mondiales que nous pourrons arrêter la prolifération de groupes extrémistes violents, assurer la sécurité des citoyens de notre pays et prévenir d’horribles attaques terroristes contre des civils innocents ».

Nul besoin de comprendre dès lors que la diplomatie américaine vis-à-vis du Maghreb et de l’Afrique telle que conçue par l’administration de Donald Trump, s’ordonne et tire son essence de la lutte commune contre le terrorisme et les groupes qui y sont disséminés. D’autant que d’après les constats du Pentagone, les organisations terroristes du monde entier continuent de se transformer, se réalignant sur des intérêts partagés et répandant leur idéologie répréhensible aux quatre coins du globe. Et malgré les succès remportés contre l’Etat islamique au Levant (Daech), les groupes affiliés du Maghreb et du Sahel trouvent toujours un refuge dans des zones sous-gouvernées et éloignées dotées de services de sécurité mal équipés et sous-formés, comme en Libye, au Mali et le Niger. Les décideurs militaires américains répètent d’ailleurs avec une vigoureuse constance que «  la lutte contre la propagation de l’extrémisme violent restera une priorité à la fois pour les États-Unis et nos partenaires africains ».

Le triptyque «Trois D»

La Tunisie, déjà allié majeur non-membre de l’Otan, y figure en bonne place, au même titre que la Maroc, du reste, tous deux associés à une approche régionale globale basée sur le triptyque «Trois D» adopté par les USA dans leurs engagements régionaux, à savoir Développement, Diplomatie et Défense. Tout en prenant acte que la Tunisie est « activement engagée dans la lutte contre les menaces terroristes internes », elle a entrepris de moderniser son armée, ce qui, reconnaît le Pentagone, n’est pas une tâche facile, que ce soit par l’achat d’armes plus sophistiquées sur le plan technologique, la restructuration d’organisations existantes ou la création de nouvelles entités conçues pour fonctionner plus efficacement.

En tout cas, les États-Unis se déclarent « déterminés à renforcer les capacités militaires tunisiennes pour permettre au ministère de la Défense de vaincre les organisations extrémistes violentes, de sécuriser les frontières nationales et de faire face aux menaces existantes et émergentes ». Un processus qui implique le renseignement, la lutte antiterroriste, les forces conventionnelles, les capacités air-sol, la sécurité des frontières et le renforcement des institutions de défense.

Dons et ventes d’équipements militaires

L’approche américaine est désignée sous l’appellation « Intelligence Surveillance Reconnaissance » (ISR) dont le volet principal a consisté à doter les forces armées tunisiennes de capacités de reconnaissance par des dons ou des ventes d’équipements avec des financements avantageux dans le cadre du programme EDA (Excess Defence Articles pour les dons) et FMS (Foreign Military Sales pour les ventes). Un package de vingt millions de dollars de dons militaires a été ficelé par le Pentagone pour la fourniture de Jeeps, d’équipements de communication et surtout douze petits avions monomoteurs Maule MX-12 équipés de caméras de surveillance. Un deal suivi par la vente de 24 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque Kiowa retirés du service aux États-Unis et surtout par la livraison de huit hélicoptères UH-60M Black Hawk, l’été dernier.

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Beaucoup et davantage a été dit sur le drame des 12 nouveau-nés qui ont payé de leur vie ce qui semblerait tenir d’une étourderie qui a tout d’une faute lourde et grave dont l’auteur devra être débusqué par la commission d’enquête formée à cette fin. Par-delà la très vive émotion suscitée par ce douloureux épisode parfaitement évitable pour peu que les bonnes pratiques et les règles d’usage aient été respectées, se pose dans toute son âpreté la question du service public hospitalier.

Paradoxalement, rares sont ceux qui sont allés au fond des choses, c’est-à-dire à la racine de la situation par bien des côtés calamiteuse des hôpitaux publics, des prestations, souvent contestables, qu’ils délivrent, mais surtout les schémas d’organisation et de fonctionnement qui sont les leurs et qui ne sont pas près de tomber en péremption. En lieu en place, on s’est occupé à désigner des coupables cueillis aléatoirement à droite et à gauche, à les abreuver d’invectives et à accuser l’hôpital public de tous les maux. Une approche réductrice à outrance qui maintient les termes du problème en l’état en attendant qu’un autre vienne le relayer sous les feux de l’actualité.

Pourtant, on est en présence d’une opportunité inédite d’engager enfin une réflexion sérieuse et aussi mobilisatrice que possible, dont sortira une stratégie contraignante et comminatoire pour tous les intervenants, et d’abord les pouvoirs publics. On aurait ainsi fait le deuil de ces actes de replâtrage, voire de ravaudage dont on avait l’habitude de se fendre chaque fois que venait à éclater un scandale ou une affaire, forcément compromettante, pour, sitôt l’orage passé, remettre le tout sous le boisseau par le jeu des commissions d’enquête.

La santé au magasin des accessoires

Les gouvernants, qu’ils appartiennent à l’appareil exécutif ou à la Représentation nationale, joints à la société civile, sont impérieusement tenus de réaliser l’extrême gravité de la situation dans laquelle se trouve actuellement et depuis des années, le secteur de la santé, et les affres qui le rongent dans le silence complice de bien des parties. D’autant que telle est l’obligation qui leur est faite par l’article 38 de la Constitution, lequel dispose que «  l’État garantit la prévention et les soins de santé à tout citoyen et assure les moyens nécessaires à la sécurité et à la qualité des services de santé ».

Comprenons bien qu’il s’agit d’une mission d’intérêt général dont la littérature universelle en la matière explique qu’elle vise à « garantir à chaque citoyen dans des conditions d’égalité, quels que soient son niveau de revenu et son lieu d’habitation, l’accès à l’ensemble des biens et des services jugés fondamentaux ». Cela doit vouloir dire améliorer la qualité et la sécurité de la prise en charge, réduire les dépenses, responsabiliser les acteurs, objectiver voire rationaliser l’allocation des ressources, à l’enseigne de quatre impératifs, à savoir l’universalité, la continuité, l’adaptabilité et la neutralité.

Les uns sur les traces des autres !

On se plaindra autant que l’ou pourra et à satiété de la faillite du système de santé de la Tunisie à laquelle aucun ministre n’a réussi à remédier. Il ne s’agit pas uniquement de ceux qui se sont relayés à la tête de ce département depuis la révolution, mais aussi de leurs prédécesseurs qui, en butte aux mêmes dysfonctionnements et aux mêmes écueils, ont adopté des approches presque similaires, mais plus désordonnées durant les huit dernières années. Un diagnostic quasi unanimement partagé qui révèle une accumulation de carences, d’actes d’incurie et de problèmes laissés en jachère.

Il est vrai que le chantier de la réforme était si énorme et si complexe que l’on ne savait point par quel bout le prendre. Et ceux qui se sont hasardés à s’y essayer se sont retrouvés face à de coriaces résistances des syndicats en premier lieu, et ensuite de maints groupes influents, assimilés à des lobbies aux intérêts desquels il était très souvent illusoire de s’attaquer au grand dam de ceux des très nombreux usagers, recrutés par les classes démunies, pauvres et moyennes, consacrant une évidente et rampante rupture de la cohésion sociale.

Certes il n’est évidement plus question de parler d’Etat-providence, encore moins d’Etat bienfaisant, mais il y a des devoirs auxquels les pouvoirs publics ne peuvent en aucuns cas se soustraire, et celui de la garantie des soins en est un et non des moindres au même titre que celui

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On s’y attendait le moins, la Commission européenne n’a pas extrait la Tunisie de la liste noire des pays présentant des carences stratégiques dans leurs cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pourtant, des responsables tunisiens prenaient pour quasiment acquis une sortie de cette liste comprenant désormais 23 pays tiers dont la composition a été rendue publique ce mercredi.

Il s’agit, selon la CE, de protéger le système financier de l’Union européenne en prévenant plus efficacement le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À la suite de l’inscription sur la liste, les banques et autres entités relevant du champ d’application des règles de l’UE en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux seront tenues d’appliquer des contrôles renforcés («vigilance») pour les opérations financières concernant les clients et les établissements financiers provenant de ces pays tiers à haut risque, afin de mieux détecter les flux de capitaux suspects, explique un communiqué de la Commission européenne.

Věra Jourová, commissaire pour la justice, les consommateurs et l’égalité des genres, a indiqué à ce sujet qu’il a été procédé à la mise en place des normes les plus strictes au monde en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, mais, a-t-elle ajouté, «  nous devons veiller à ce que l’argent sale provenant d’autres pays ne se retrouve pas dans notre système financier. L’argent sale est le moteur de la criminalité organisée et du terrorisme ». Elle a au demeurant invité les pays figurant sur la liste à « remédier rapidement à leurs carences », tout en promettant que la Commission est « disposée à collaborer étroitement avec eux afin de résoudre ces problèmes dans notre intérêt mutuel.»

Les critères à remplir

La liste a été établie sur la base d’une analyse de 54 pays et territoires prioritaires, qui a été effectuée par la Commission en consultation avec les États membres et rendue publique le 13 novembre 2018. Les pays évalués remplissent au moins l’un des critères suivants, à savoir qu’ils ont une incidence systémique sur l’intégrité du système financier de l’UE, qu’ils sont considérés par le Fonds monétaire international comme des centres financiers offshore internationaux, et qu’ils ont une pertinence économique pour l’UE et des liens économiques solides avec cette dernière.

Pour chaque pays, la Commission dit avoir évalué le niveau de menace réelle, le cadre juridique et les contrôles mis en place pour prévenir les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ainsi que leur mise en œuvre effective. Elle ajoute qu’elle a également pris en considération les travaux du Groupe d’action financière (GAFI), l’instance normative dans ce domaine au niveau international.

La Commission a conclu que 23 pays présentent des carences stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux/le financement du terrorisme, dont 12 pays figurant sur la liste du GAFI et 11 pays et territoires supplémentaires. Certains des pays figurant sur la nouvelle liste se trouvent déjà sur la liste actuelle de l’UE, qui comprend 16 pays dont la Tunisie.

La Commission précise que la liste a été adoptée sous la forme d’un règlement délégué. Celui-ci sera à présent soumis au Parlement européen et au Conseil pour approbation dans un délai d’un mois (avec une prolongation éventuelle d’un mois). Une fois approuvé, le règlement délégué sera publié au Journal officiel et entrera en vigueur 20 jours après sa publication.

Quelle voie de sortie ?

Elle assure qu’elle poursuivra son dialogue avec les pays considérés comme présentant des carences stratégiques dans le présent règlement délégué et œuvrera en particulier en vue d’établir les critères relatifs au retrait de la liste. La liste permet aux pays concernés de mieux cerner les domaines à améliorer afin d’ouvrir la voie à un éventuel retrait de la liste une fois les carences stratégiques éliminées, ajoute-t-elle.

La Commission suivra les progrès accomplis par les pays figurant sur la liste, continuera à suivre les pays faisant l’objet d’un examen et commencera à évaluer des pays supplémentaires, conformément à sa méthode publiée. Elle actualisera cette liste en conséquence. Elle s’emploiera également à améliorer sa méthode au besoin, à l’aune de l’expérience acquise, en vue de garantir une identification effective des pays tiers à haut risque ainsi que le suivi nécessaire, affirme enfin le communiqué de la Commission européenne.

Il est à noter que la nouvelle liste publiée ce mercredi remplace la liste actuelle en place depuis juillet 2018. Elle Elle comprend les 23 pays et territoires suivants: Afghanistan, Samoa américaines, Bahamas, Botswana, République populaire démocratique de Corée, Éthiopie, Ghana, Guam, Iran, Irak, Libye, Nigeria, Pakistan, Panama, Porto Rico, Samoa, Arabie saoudite, Sri Lanka, Syrie, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Îles Vierges américaines, Yémen.

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Invraisemblable il y a peu, l’épilogue de la crise de l’enseignement secondaire a sonné comme un soupir de soulagement qui vient mettre un terme à de longues péripéties qui ont agité non seulement les élèves et leurs parents, mais aussi la majorité des Tunisiens suspendus, des mois durant, à ce qui a eu les allures d’un drame national.

Ce n’est pas en un tour de main que cette crise à répétition a abouti à cette issue dont le processus avait demandé de très laborieuses tractations et pas uniquement entre le ministère de l’Education et la fédération de l’enseignement secondaire sous la houlette de son secrétaire général, l’inénarrable Lassaad Yacoubi, mais où se sont invités, à leur corps défendant, l’organisation-mère, l’UGTT, et le gouvernement.

Un accord dont pourrait dire qu’il a été arraché au forceps, peut-être étriqué, mais auquel s’attache un coût en termes de finances certes pour l’Etat qui racle déjà les fonds de tiroir. Mais plus encore sous forme de dégâts et de préjudice pour les élèves et ipso facto leurs parents qui en ont vu de toutes les couleurs, et qui voient l’avenir entaché d’aléas et d’une certitude, celle tenant aux énormes pertes en enseignement ayant manqué à être dispensé et dans tous les cas difficilement rattrapable.

Que de temps perdu !

C’est à se demander pourquoi les uns et les autres ont dilapidé tout ce temps pour arriver à une issue alors qu’ils auraient pu et dû le faire beaucoup plus tôt en faisant montre d’un peu plus de lucidité et surtout de sens de responsabilité face à des enjeux dont ils disent mesurer toute l’étendue et la gravité sans s’y attaquer comme le leur dictait leurs devoirs respectifs, celui, pour les éducateurs, d’assumer leur noble tâche conformément à la moins noble vocation qui est fondamentalement la leur, et pour le gouvernement, de se blottir dans un quant-à-soi dont il a prouvé en fin de compte qu’il pouvait s’affranchir.

Importe-t-il d’espérer pour autant que la page de la crise est définitivement et totalement tournée? A certains égards, l’accord semblerait précaire, et rien ne garantit que les enseignants ne reviendront pas à la charge en l’absence d’un mécanisme de long terme qui régisse leurs relations avec l’autorité de tutelle qu’il s’agisse au moins des salaires, des indemnités et autres rémunérations sans parler bien sûr des autres revendications, visiblement accessoires, portant sur la réforme de l’enseignement. Ce chantier doit impérativement commencer ici et maintenant pour éviter que ce funeste scénario ne soit réédité de façon cyclique chaque fois que réapparaîtront les mêmes causes de la crise, en raison notamment du très probable rebondissement de la détérioration du pouvoir d’achat.

Risque de contagion

Mais il pourrait y avoir pire. D’autres secteurs, échaudés par cette issue, seraient ainsi susceptibles de reprendre à leur compte des procédés qui pour ainsi dire ont fait leurs preuves et amener à composition l’autorité de tutelle. Le risque existe que ce soit le cas et on ne sait pas comment les pouvoirs publics pourraient gérer cette boîte de Pandore alors que les caisses de l’Etat sont dans la situation que l’on connaît et que le Fonds monétaire international, même si, comme il est colporté, aurait manifesté une certaine indulgence cette fois-ci, n’est pas susceptible de pareille indolence à l’avenir.

Le pacte indispensable

Immanquablement, la nécessité s’impose impérieuse de lancer une approche qui rompe avec les errements qui ont ponctué la gestion de la crise de part et d’autre, et qui consisterait à un mettre en place une sorte de pacte valable pour trois ans , par exemple, où les obligations des uns et des autres sont clairement définies, rigoureusement comptabilisées, un pacte opposable à tout le monde dans tous les cas de figure, qui régisse à la lumière des capacités de l’Etat et du sens de responsabilité de ses vis-à -vis une relation contractuelle largement convenue.

Il a été judicieux qu’un comité pédagogique ait été créé au sein du ministère de l’Education ayant pour mission de garantir la bonne tenue du reste de l’année scolaire, ceci, en plus du recours à des experts, chargés de surmonter les séquelles de cette crise, dans l’intérêt des élèves. C’est le signe patent d’une volonté d’aller de l’avant et de s’attaquer comme il se doit à une partie de la crise. Ne serait-il pas encore plus judicieux d’abonder dans ce sens à une plus vaste échelle pour prévenir une fois pour toutes de semblables convulsions, à la racine et certainement au moindre coût ?

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Nabil Baffoun a été élu, mercredi, président de l’Instance Supérieure Indépendante pour les élections (ISIE) avec 141 voix. Farouk Bouasker a quant à lui recueilli 10 voix. L’opération de vote s’est achevée à 19h. Il est à noter que 166 bulletins de vote ont été validés contre 5 bulletins invalidés. 15 députés ont voté blanc. Plus tôt dans la journée, il a été procédé à l’élection de trois nouveaux membres de l’ISIE pour pourvoir aux postes vacants dans les trois catégories concernées (Ingénieur spécialisé dans le domaine de la sécurité informatique, spécialiste en finances publiques et juge administratif). La plénière de l’ARP, consacrée au renouvellement du tiers des membres de l’ISIE et à l’élection de son président avait débuté mercredi avec un retard de plus de deux heures dû à un différend entre les représentants des groupes sur le contenu du bulletin de vote. Certains représentants des blocs parlementaires ont contesté la mention dans le bulletin de vote du bloc parlementaire auquel appartient le député, estimant que cela va porter atteinte au caractère secret du vote et compromettre la crédibilité des députés.

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Une nouvelle grille de lecture de la situation économique et sociale est en train de prendre forme à la présidence du gouvernement. Il s’agit d’appréhender autrement les problèmes qui s’y posent, et surtout d’échafauder des approches et des solutions qui jurent voire rompent avec celles adoptées jusqu’ici et qui, faut-il s’en convaincre, n’ont pas été à même de renverser la vapeur, voire conduit, par endroits, au pire.

On peut en saisir les contours au travers d’une interview que le conseiller économique du chef du gouvernement, Lotfi Ben Sassi, a accordée il y a quelques jours, à Express fm, où il a développé les thèmes récurrents qui agitent l’économie du pays et les répercussions sociales y associées, certes, mais en y ajoutant une touche qui renseigne sur des prémisses d’une sorte d’aggiornamento dont il peut être espéré qu’il contribuera à détendre le climat social et redresser autant que possible les indicateurs financiers et économiques de la Tunisie. En tout cas, a-t-il estimé, 2019 sera une année charnière pour la Tunisie au triple plan politique, économique et social, appelant, du reste, les pays qui soutiennent la Tunisie, plus particulièrement les bailleurs de fonds         à lui apporter un surcroit d’appui.

Mais c’est sur le plan domestique, singulièrement social avec la crise qui ne cesse d’envenimer entre le gouvernement et l’UGTT, que les choses devraient bouger. Il a appelé le gouvernement à franchir des pas supplémentaires en direction de l’UGTT eu égard à l’extrême importance que revêt la stabilité sociale sur laquelle repose essentiellement le climat de l’investissement. Dès lors, le gouvernement est tenu de consentir des efforts additionnels alors que l’UGTT est appelée à tenir compte des         équilibres financiers de l’Etat dont le budget est soumis à de fortes pressions financières, a-t-il insisté.

Un accord en vue !

Au demeurant, il a fait part de son optimisme quant à la possibilité que le gouvernement et l’Organisation ouvrière arriveront à un accord sur les augmentations salariales dans la fonction publique. L’essentiel étant de rapprocher les points de vue des uns et des autres, a-t-il dit, estimant que, économiquement, le coût de l’escalade est beaucoup plus important que celui de l’effort qu’aurait déployé le gouvernement pour trouver une solution. Il a affirmé que les partenaires sociaux sont conscients de ces enjeux et accompli des pas dans ce sens mais sont redevables d’un effort supplémentaire ressortissant au sens de la responsabilité et à l’intérêt national.

Lotfi Sassi, tout en affirmant que le gouvernement a présenté aux partenaires sociaux des propositions raisonnables, a reconnu que le pouvoir d’achat du Tunisien s’est manifestement détérioré ne lui permettant pas de vivre dans de bonnes conditions. Le         problème, a-t-il expliqué, réside dans les sureffectifs de la fonction publique entraînant une masse salariale très élevée alors que, paradoxalement, les salaires en eux-mêmes ne le sont pas. L’UGTT revendique, à bon droit et à juste titre, l’amélioration des salaires des fonctionnaires dès lors qu’elle ne réclame pas des augmentations salariales indexées totalement sur le coût de la vie et du taux d’inflation, a-t-il indiqué, mais appelle à un réaménagement qui permette de freiner la dégradation du pouvoir d’achat. Lotfi Ben Sassi a reconnu que des retards ont été accumulés à cet égard, soulignant la nécessité d’y remédier. Pour sa part, le gouvernement fait face à des revendications d’augmentations salariales de l’ordre de 1470 millions de dinars au titre de 2019, soit des répercussions financières d’environ 1500 millions de dinars. Il a rappelé qu’en 2018, la taxe sur la valeur ajoutée a été augmentée d’un point, ce qui a procuré à l’Etat 250 millions de dinars. Les augmentations salariales demandées, traduites en points de TVA, totalisent 1500 millions de dinars, soit 5 points, autant d’inflation dont le taux passerait alors de 7,5 à 12%, ce qui est insupportable pour le citoyen.

La carotte plutôt que le bâton

Dans son interview, Lotfi Ben Sassi a été amené à aborder aussi un autre accroc récurrent de la situation financière et économique, l’évasion fiscale et le marché parallèle, mettant l’accent sur la nécessité de lutter contre ces deux phénomènes, tout en œuvrant à intégrer le secteur informel dans l’économie réelle, afin de procurer à l’Etat des recettes fiscales. C’est un travail de longue haleine, a-t-il dit, appelant à opter pour la carotte plutôt qu’au bâton, faisant remarquer que les approches basées sur la bâton au travers des différentes variations de la police, fiscale, environnementale… n’ont pas abouti aux résultats escomptés, et prônant la réduction de la pression fiscale et l’incitation à rejoindre l’économie réelle. La trêve fiscale instaurée dans la loi des finances 2019 s’inscrit dans cette vision, a-t-il souligné.

Les réserves en devises se redressent

Lotfi Ben Sassi a estimé que les troubles sociaux qui durent depuis 2011 ont frappé de plein fouet les secteurs pourvoyeurs de devises, citant essentiellement celui du phosphate outre la chute de la production du pétrole et les attentats terroristes qui ont touché dramatiquement le secteur du tourisme. Au point que les avoirs en devises dans la Banque centrale qui s’élevaient à quelque 11 milliards de dollars, fin de 2010, ont dégringolé à 5,5 milliards $ en 2015, soit la moitié du matelas en devises dans lequel l’Etat a puisé durant toute cette période, pour se retrouver, depuis, aux prises avec la crise du Dinar qui allait s’aggravant, en commençant à se déprécier depuis 2016. Une situation qui a commencé à se redresser à l’heure actuelle avec la remontée, ces derniers jours, des réserves en devises à 91 jours d’importation, de qui restaurer la confiance des investisseurs.

Evoquant le de-cashing, le conseiller économique du chef du gouvernement a affirme qu’il s’agit d’un projet structurant qui requiert la mise en place d’une infrastructure du paiement électronique qui permettra , à titre principal, de lutter contre l’évasion fiscale , de renforcer les recettes fiscales de l’Etat et d’atténuer le phénomène de la thésaurisation.

L’année 2019 sera celle de la sortie de la Tunisie des listes noires sur lesquelles elle a été portée, a affirmé enfin Lotfi Ben Sassi, soulignant que le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour donner droit de cité à la transparence, notamment dans les transactions financières.

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Toute réflexion faite, l’An VIII de la Révolution s’est terminé pire que l’An I du même nom. Le constat est brutal, mais résume le ressenti quasi général des Tunisiens qui, au lendemain d’un certain 14 janvier 2011, se sont pris à tirer des plans sur la comète. Car en se dessillant, au fil des années, leur conviction, adossée aux faits,  s’était forgée qu’il n’y avait plus grand-chose à espérer de ce qui était réputé être une révolution au sens où elle a vocation à changer en bien leur vécu et celui de leurs enfants, les jeunes d’aujourd’hui.

Sauf à noter que c’est à l’échelle des libertés publiques et d’un tantinet de démocratie que des dividendes ont été engrangés, le reste, tout le reste, n’a été qu’une succession ininterrompue de déboires et de mécomptes, nourrissant une frustration d’autant plus dévastatrice qu’elle touche de plus en plus de citoyens qui se recrutent notamment parmi les classes moyennes, sans parler des couches démunies qui ont vu leur dénuement prendre encore plus d’ampleur. Chômage endémique, disparités régionales toujours aussi criantes, enseignement à vau-l’eau, hôpital public à bout de souffle, inflation galopante, dinar parti en vrille, avec toujours à la clé une corruption érigée en sport national. Autant de symptômes qui gangrènent presque tous les compartiments de la vie économique et sociale.

L’Etat dynamité

Un diagnostic en maints points néfaste dont la responsabilité est le fait de tous mais plus encore d’une classe politique qui a apporté, dès l’abord, la preuve irréfragable de son incompétence à tous les étages du pouvoir. Dans cette pyramide, les gouvernements qui se sont relayés dès l’aube de la Révolution se sont offert pour ainsi dire le beau rôle en dynamitant l’Etat tel qu’il fonctionnait au travers de décisions et de mesures qu’ils pensaient de salut public mais qui, en fait, dépossédaient ses rouages de leur essence première, à savoir la puissance publique, cette autorité qui fait que les lois soient appliquées, que les devoirs des uns et des autres soient accomplis et les droits soient sauvegardés. Pour y avoir failli, ces gouvernements ont créé un vide tout à fait propice à toutes les dérives et à tous les excès de différents ordres, où se sont engouffrés terroristes, contrebandiers, criminels de tout acabit, mettant sérieusement à mal la tranquillité publique, la saine ordonnance de l’économie et la cohésion sociale.

Des solutions bancales

Des gouvernements dépourvus de la moindre vision et ipso facto des mécanismes qui pourraient y suppléer si primaires soient-ils. Des gouvernements bons, à la toute rigueur, à expédier les affaires courantes, maîtres en génie de replâtrage et de solutions bancales portant en germe des crises et des problèmes encore plus néfastes. Un pouvoir exécutif aussi qui est  frappé d’une impéritie totale s’agissant de la gestion de la chose publique, incapable de prévoir, de se projeter dans l’avenir et d’arbitrer entre ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas l’être, le tout dans une improvisation qui le dispute âprement à l’amateurisme. Il est frappant de rappeler à cet égard que ce qui était censé être un Plan de développement quinquennal n’a jamais vu le jour, non seulement parce qu’il a été élaboré dans des conditions suspectes, mais surtout parce ce qu’il n’avait pas prise sur la réalité des choses et auquel manquait cruellement le nerf de la guerre.

L’art de « trop demander »

L’une des icônes de la révolution  française, Mirabeau, s’est fendu d’une saillie qui n’a rien d’une boutade où il disait que « le meilleur moyen de faire avorter la révolution, c’est de trop demander». Un exercice où les Tunisiens ne semblent pas y aller de main morte, comme l’illustre cette explosion de revendications, avec son cortège de mouvements de protestation, de grèves, de sit-in, de manifestations, que toutes les élites politiques, y compris le gouvernement, trouvent avec une imperturbable constance « légitimes ». A telle enseigne que, à chaque fois,  ces « modes d’expression » reprennent de plus belle avec le soutien indéfectible des défenseurs des droits de l’Homme. Résultat des courses : de très nombreux secteurs de l’économie nationale sont périodiquement frappés de paralysie, pour une raison ou pour une autre. Et les gouvernements, le plus souvent, capitulent sans autre forme de procès.

La démocratie, mais encore !

Dans cet indescriptible capharnaüm postrévolutionnaire, figure naturellement en bonne place l’échiquier politique avec plus de 200 partis politiques, et le compteur ne devrait pas s’arrêter là. Mais ce n’est pas  cette outrance arithmétique qui fait problème; c’est surtout l’exercice qu’ils livrent, et pour être précis ceux qui passent pour les prépondérants d’entre eux, nommément Ennahdha et Nidaâ Tounès. Deux formations politiques sorties tout droit des urnes pour gouverner et appliquer les programmes électoraux pour lesquels elles  ont été élues, mais qui, à l’exercice, en ont  fait voir de toutes les couleurs et couleuvres à leurs électeurs et surtout à presque tous les Tunisiens, gagnés par la lassitude au point d’avoir de moins en moins de raisons d’aller voter de nouveau. Ils y sont incités par une loi électorale, un bric-à-brac sur mesure et une constitution qui a montré toutes ses limites et donné lieu à toutes les inhibitions.

Un coup dur pour la démocratie que l’on célèbre sur tous les toits mais qui est de nul effet sur le vécu des Tunisiens et sur leur devenir, au moins proche.

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La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée aux services Internet fixe dans les foyers est réduite de 19% à 7%, comme le stipule la loi des finances 2019, entrée en vigueur après sa publication au Journal officiel de la République tunisienne.

Cette mesure permettra la réduction systématique des frais des abonnements à l’Internet à haut débit (ADSL) et encouragera l’augmentation du nombre des abonnés au réseau Internet. Elle vise également à garantir l’inclusion sociale, à rétrécir le fossé numérique entre les régions et à faciliter l’accès des consommateurs à l’Internet.

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La Maison Blanche a annoncé  que le président turc Erdogan a invité Donald Trump à venir en visite en 2019 en Turquie. « Bien que rien de définitif ne soit en train d’être programmé, le président [Trump] est ouvert à une rencontre potentielle à l’avenir », a indiqué Hogan Gidley, un porte-parole de l’exécutif américain.

En attendant, « une délégation américaine va venir en Turquie cette semaine. Ils discuteront des moyens de coordonner (le retrait) avec leurs homologues turcs », avait déclaré plus tôt à la presse le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin.

Après un entretien téléphonique dimanche entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, la présidence turque a affirmé que les deux dirigeants avaient « convenu d’assurer la coordination entre les militaires, les diplomates et d’autres responsables de leurs pays pour éviter un vide du pouvoir qui pourrait résulter d’une exploitation du retrait [des troupes américaines] et de la phase de transition en Syrie ».

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed a déclaré que  la justice transitionnelle a échoué en Tunisie, n’a réalisé aucune réconciliation ni réhabilité les victimes.

Dans une interview vendredi soir à la chaîne tv Attasia, il a affirmé  que l’Instance Vérité et Dignité (IVD) a approfondi les divisions entre les Tunisiens et n’a pas réussi à atteindre objectifs qui lui ont été fixés.

Il a ajouté que l’IVD a failli à réaliser la justice transitionnelle 8 ans après la révolution  et s’est politisée alors que sa présidente Sihem Ben Sedrine a provoqué des tensions.

« Nous ne resterons pas les bras croisés, et nous proposerons une nouvelle démarche pour achever le processus de justice transitionnelle », a-t-il dit ajoutant que «  nous avons un projet de loi qui réalisera les objectifs qui ne l’ont pas été, et nous nous en occuperons avec  la participation de toutes les parties concernées ».

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a appelé vendredi soir  à la mise en place d’une « dynamique » ayant vocation à resserrer les rangs et associer les milliers de compétences dont regorge la Tunisie qui sont découragés par l’état où se trouve la scène politique.

Dans une interview à la chaîne tv Attasia, il n’a pas précisé la forme ni la structure dans  laquelle cette dynamique aura  à évoluer, se bornant à indiquer qu’elle sera  ouverte aux démocrates, aux patriotes et aux progressistes.

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