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Mohamed Lahmar

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Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaïès Jehinaoui, en visite à Tripoli, a évoqué avec son homologue libyens, Mohamed Tahar Siala, les perspectives de développement de la coopération économique et commerciale bilatérale et de l’accroissement des exportations tunisiennes, notamment agricoles et industrielles, à destination de la Libye, en contrepartie de l’importation de pétrole brut destiné à être raffiné en Tunisie.

Un communiqué du ministère tunisien des AE précise que cet entretien intervient en prévision de la réunion de la commission mixte préparatoire à la Grande commission mixte au niveau des chefs de gouvernement des deux pays, prévue dans quelques mois.L’es deux ministres ont également évoqué des questions consulaires en suspens, outre le paiement d’une deuxième tranche des créances de cliniques privées tunisiennes.

La cour d’appel  au tribunal de première instance de Tunis a prononcé vendredi la relaxe de l’ancien ministre de l’Intérieur Habib Ammar, rapporte Mosaïque fm.

Elle a ordonné sa mise en liberté pour prescription des faits pour lesquels il était poursuivi, étant rappelé que le prévenu était incarcéré depuis le 20 mai dernier.

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L’huile d’olive fait de plus en plus d’émules auprès des gourmets apprécient ce breuvage de bonne qualité autant qu’un verre de vin cher. Et tout comme les œnologues dégustent des millésimes provenant de différentes parties du monde, les amateurs de la bonne chère recherchent l’huile d’olive extra vierge venue de régions moins connues des oléiculteurs, selon Euronews english.

Sur ce registre, l’Italie et l’Espagne sont les premiers pays qui viennent à l’esprit. Mais les olives sont cultivées dans le bassin méditerranéen depuis des millénaires et aujourd’hui l’huile d’olive est produite dans plus de 40 pays à travers le monde.

“L’histoire de l’huile d’olive est notre propre histoire”

L’un des pays producteurs d’olives qui reçoit de plus en plus d’attention pour son huile de haute qualité est la Tunisie. Ce pays d’Afrique du Nord proche de Malte et de la Sicile produit de l’huile d’olive depuis le VIIIe siècle avant JC. Un tiers du pays est couvert d’oliviers et l’huile d’olive est un ingrédient essentiel de sa gastronomie.

“En Tunisie, l’huile d’olive est bien plus que de la nourriture”, explique Dr Sonda Laroussi, experte en huile d’olive basée à Sfax, une ville côtière du centre de la Tunisie. “C’est notre culture et notre savoir-faire, et une partie de notre vie quotidienne. L’histoire de l’huile d’olive est notre propre histoire. “

“Il existe deux principales variétés d’olives en Tunisie”, explique-t-elle. “Chetoui vient du nord et a un goût très herbacé avec des notes d’artichaut. C’est une huile de qualité avec du caractère. Chemlali est plus fruitée et a des notes d’amandes vertes. Elle s’accommode de tout et n’est pas trop dominante dans les plats. “

Du vrac à la bouteille

La Tunisie est le troisième exportateur mondial d’huile d’olive. Pendant des décennies, l’huile d’olive tunisienne a été expédiée en vrac vers d’autres pays producteurs d’huile d’olive comme l’Italie et l’Espagne où elle était mélangée avec des huiles locales et commercialisée sous des marques italiennes ou espagnoles. Aujourd’hui, la Tunisie continue d’être un grand exportateur de sa propre huile d’olive, dont la majorité quitte encore le pays en conteneurs de vrac. Cependant, l’or liquide de la Tunisie est également de plus en plus exporté en bouteilles sous des marques tunisiennes.

Toucher de nouveaux consommateurs

«Les huiles d’olive tunisiennes que je vends sont les mieux vendues avec de grosses marges à des clients très différents, qu’il s’agisse d’épiceries haut de gamme, de grands magasins ou d’épiceries fines», explique Yacine Amor d’ Artisan Oil Company , distributeur britannique d’huiles haut de gamme espagnoles, italiennes et tunisiennes à plus de 50 magasins d’épicerie fine.

“J’organise trois à quatre dégustations par semaine dans des boutiques haut de gamme à Londres comme Harrods, Bayley et Sage, et les retours sont constants et cohérents. Les huiles d’olive tunisiennes sont populaires auprès des clients parce que tout d’abord, elles plaisent à leurs palais. Ils apprécient la variété Chemlali car elle leur rappelle certaines des huiles toscanes les plus intenses qu’ils connaissent déjà. Mais ils sont également ouverts à l’huile de Chetoui poivrée plus forte, bien que le marché la concernant soit plus petit. “

“Les clients sont également très positivement surpris par le prix”, ajoute-t-il. «Les huiles d’olive tunisiennes sont très compétitives par rapport aux petits producteurs italiens par exemple, car les coûts de production sont plus bas en Tunisie.» Un autre facteur qui plaide en faveur de l’huile d’olive tunisienne est le fait que de nombreuses marques sont produites organiquement, donc un produit bio. En raison du climat chaud, les parasites sont très rares et les pesticides ne sont pas nécessaires.

Quatre-vingt-quinze pour cent des oliveraies de Tunisie sont biologiques et les exportations de l’huile d’olive biologique sont passées de 2100 tonnes en 2004 à 13.500 en 2015. La Tunisie produit trois fois plus d’huile d’olive biologique que l’Espagne, premier producteur mondial d’huile d’olive.

Les chefs conquis et inspirés

Certains des meilleurs chefs d’Europe choisissent d’essayer l’huile d’olive tunisienne dans leurs créations culinaires. Lors des Journées Olio Nuovo , un événement incontournable consacré à l’huile d’olive qui a lieu chaque hiver à Paris, les chefs parisiens ont été initiés à plusieurs huiles d’olive tunisiennes de qualité à travers des dégustations à l’aveugle.

Le chef étoilé Akrame Benallal du restaurant Akrame a choisi l’huile Chetoui du Domaine de Segermès tandis que d’autres grands chefs ont sélectionné d’autres huiles d’olive tunisiennes de haute qualité à l’aveugle comme Fendri , une huile de la variété Chemlali du centre de la Tunisie, et Les Moulins Mahjoub , une autre huile de Chetoui du nord de la Tunisie. Toutes ces huiles d’olive extra vierges sont produites de manière biologique dans des exploitations familiales utilisant des méthodes de production traditionnelles.

Emmanuelle Dechelette, dégustatrice professionnelle d’huile d’olive et fondatrice des Journées Olio Nuovo a déclaré que les huiles d’olive tunisiennes inspirent les chefs: «Avant, les chefs se tournaient vers une huile neutre qui va avec tout», souligne-t-elle. “Mais ils recherchent maintenant des huiles avec plus de caractère et même en utilisant une huile d’olive comme point de départ. Les huiles tunisiennes ont du caractère et peuvent même inspirer un plat. Les chefs en France commencent à les connaître et apprécient les huiles Chetoui car elles sont intenses et vertes tout en dégustant les huiles Chemlali pour leurs nuances fruitées. “

Reconnaissance universelle

La haute qualité de l’huile d’olive tunisienne a également été récompensée par des prix prestigieux. Rien qu’en 2018, les producteurs d’huile d’olive tunisiens ont remporté plus de 70 prix, dont deux douzaines d’or lors de compétitions internationales d’huile d’olive à Los Angeles, Athènes, Italie, Londres, New York et au Japon.

Mais la meilleure façon de juger une huile d’olive exceptionnelle est le palais des amateurs d’huile d’olive et des grands chefs. L’huile d’olive tunisienne touche de plus en plus de nouveaux consommateurs et dame le pion aux huiles italiennes et espagnoles dans les épiceries fines et dans les cuisines des grands chefs européens.

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Le fonds monétaire international a livré mercredi soir les conclusions de sa mission dirigée par  Björn Rother, qui s’est rendue en Tunisie du 17 au 30 mai pour discuter des plans d’action des autorités dans le cadre du troisième examen du programme de réformes économiques de la Tunisie.

Dans un communiqué , le FMI indique que “les  autorités tunisiennes ont eu des discussions constructives avec son équipe sur les politiques nécessaires pour achever le troisième examen dans le cadre de l’accord de la Tunisie sur le FEP », soulignant que les discussions ont progressé de manière significative. Il note que les autorités tunisiennes se sont fermement engagées à agir rapidement en faveur de réformes économiques urgentes qui ouvriront la voie à l’examen du troisième examen par le Conseil d’administration du FMI, provisoirement prévu pour début juillet. L’achèvement de l’examen permettrait d’obtenir 177 millions de DTS (environ 257 millions de dollars EU), ce qui porterait le total des décaissements au titre du FEP à environ 1,2 milliard de dollars EU.

L’économie tunisienne a montré des signes de reprise au premier trimestre de cette année, relève la mission du Fonds qui en veut pour preuve le fait que la croissance économique à 2,5% (en glissement annuel) était la plus élevée depuis 2014, en raison de la forte production agricole et des exportations.  De même , le déficit du compte courant s’est quelque peu amélioré, grâce à un taux de change plus flexible. Idem pour les entrées d’investissements étrangers directs qui ont également augmenté, et le nouveau guichet unique pour les investisseurs “Tunisia Investment Authority” améliorera encore le climat des affaires. Les réformes prévues pour renforcer la gouvernance et améliorer l’accès au financement aideront la reprise à créer plus d’emplois dans le secteur privé, estime le FMI.

Toutefois, la mission de l’institution financière internationale note que « les risques pour la stabilité macroéconomique sont devenus plus prononcés. L’inflation a atteint 7,7% (en glissement annuel) en avril, son niveau le plus élevé depuis 1991. Les agrégats monétaires et de crédit continuent de croître rapidement et exerceront une pression supplémentaire à la hausse sur les prix au cours des prochains mois. La couverture des réserves de change des importations a encore diminué. En outre, l’environnement extérieur de la Tunisie est devenu moins favorable ces derniers mois en raison de la hausse des prix internationaux du pétrole et de l’aversion accrue pour le risque sur les marchés financiers internationaux ».

Le FMI estime , face à cette situation, que des « mesures décisives » sont nécessaires cette année pour lutter contre l’inflation, réduire le déficit budgétaire et protéger les pauvres, conditions préalables à la création de nouvelles opportunités économiques pour les Tunisiens et à la protection des jeunes contre un endettement excessif à l’avenir. L’équipe du FMI  convient avec la Banque centrale de Tunisie du fait qu’un resserrement des conditions monétaires est nécessaire pour réduire l’écart entre les taux d’intérêt et l’inflation.

En ce qui concerne le budget, trois priorités ressortent à court terme: (i) poursuivre les efforts visant à réduire les subventions à l’énergie qui favorisent de manière disproportionnée les plus aisés; (ii) contenir la masse salariale du secteur public, qui est parmi les plus élevées du monde en proportion du PIB; (iii) et adopter le projet de loi sur la réforme des retraites pour améliorer la viabilité financière de la sécurité sociale. Des transferts accrus aux familles les plus vulnérables pour les protéger de l’impact de la hausse des prix accompagneront les efforts de réforme, recommande le FMI.

 

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Le chef du gouvernement a affirmé mardi soir qu’il n’est nullement rivé au fauteuil de chef du gouvernement, ni habité par la moindre ambition politique, expliquant que « la responsabilité est une charge et non un honneur ».

Intervenant sur la chaîne tv wataniya, il a souligné que le gouvernement s’est attelé et s’attellera aux dossiers, guidé en cela par l’intérêt national. «  Si d’aucuns ont leur agenda particulier, le mien est exclusivement celui de l’intérêt national », a-t-il dit.

Chahed a précisé qu’il s’est résolu à dire la vérité aux Tunisiens comme le lui dicte l’intérêt national.

Tout en soulignant que son gouvernement a réussi à atteindre nombre d’objectifs, il a reconnu « la gravité de la situation » et concédé que « le rendement du gouvernement aurait pu être meilleur ». Surtout, il a affirmé qu’au vu de l’évaluation de l’action du gouvernement, il estime « nécessaire d’opérer certains changements », sans en préciser la nature.

Le chef du gouvernement a indiqué que l’actuelle crise politique perturbe les négociations menées par la Tunisie avec les institutions financières internationales et affecte sa sortie sur le marché financier international aux fins d’une levée de fonds.

Yousef Chahed a estimé que la crise aurait été plus grave n’eût été l’existence d’hommes d’Etat à leur tête le président de la République, Béji Caïd Essebsi, stigmatisant «  le discours politique décadent de certaines parties ».

 

 

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed , est sorti mardi soir de son silence pour s’en prendre avec une rare virulence  au directeur exécutif de Nidaâ Tounès, Hafedh Caid Essebsi qu’il a accusé ainsi que son entourage de « démolir Nidaâ Tounès », ajoutant que la nécessité se fait impérieuse de « réformer le parti de l’intérieur ».

S’exprimant sur la chaîne tv publique Wataniya, il a affirmé que « la crise politique a éclaté et commencé au sein de son parti « , soulignant que ce dernier «  n’est plus ce qu’il était lorsqu’il l’avait rejoint en 2016 ».

 

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Quatre signataires du Document de Carthage se sont déclarés pour la nécessité de changer le gouvernement de Youssef Chahed. Il s’agit de l’UGTT, de Nidaâ Tounès, de l’UNFT et de l’UPL, rapporte mardi  Shems fm.

La même source ajoute que cinq signataires se sont prononcés contre, à savoir l’UTICA, Al-Maçar, le mouvement Ennahdha, l’UTAP et Al-Moubadara.

Ce 2ème groupe soutient qu’il n’appartient au Document de Carthage de connaître de telles questions.

Le Document  a été paraphé en attendant la signature finale , vendredi prochain. La question de changement du chef du gouvernement Youssef Chahed a été déférée au président de la République, précise la même source.

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Le sort du gouvernement de Youssef Chahed sera-t-il scellé mardi prochain ? C’est la déchirante question à laquelle devra répondre le président de la République, Béji Caïd Essebsi, sitôt présentées les conclusions de la commission issue des signataires du Document de Carthage 2. Soumis à de fortes pressions pour se débarrasser d’un chef du gouvernement, un homme du sérail, qu’il a lui-même choisi, le chef de l’Etat sera en face d’un drame cornélien qu’il devra trancher, dans les cas de figure…dans un sens comme dans l’autre.

Du reste, tous les signataires du Document de Carthage appellent de leurs vœux une issue à ce processus initié voici deux ans, dans la foulée du relatif échec qui a sanctionné sa mise en œuvre, convenue mais peu respectée, et qui a nécessité une sorte d’aggiornamento pouvant fédérer de nouveau les partis politiques et les organisations qui y ont souscrit, chacun à sa manière et selon ses conditions. Bousculé ainsi par le temps et les partenaires, le président de la République devra livrer un verdict, celui qu’il jugera le mieux à même de correspondre à l’état du pays et à l’équilibre de ses institutions. Soit, il congédie l’actuel gouvernement, soit il le garde moyennant quelques aménagements ministériels.

L’essentiel et l’accessoire

BCE-il l’a bien montré- n’y ira pas allégrement. L’on se remémore ses déclarations à l’ouverture, plus tôt cette semaine, de la réunion des signataires où il affirmait que la question du changement du gouvernement importait beaucoup moins que la politique qu’il y a lieu d’appliquer par ce gouvernement ». « On verra plus tard qui est le plus à même d’appliquer cette politique. Chaque chose en son temps». Changer le gouvernement serait, à ses yeux, secondaire voire accessoire, alors que l’UGTT, et dans une moindre mesure l’UTICA, font de cette question leur cri de ralliement et une revendication essentielle, et même pour l’organisation ouvrière, sa raison d’être au sein du Document de Carthage, et pour tout dire, d’y rester. Son secrétaire général adjoint, Bouali Mbarki, a été d’une clarté cristalline lorsqu’il a déclaré au quotidien Al-Maghreb que « l’UGTT se retirera du Document de Carthage si ses propositions ne sont pas retenues ».

Mise en garde ou menace ! Béji Caïd Essebsi ne pourra pas faire autre chose qu’arbitrer entre ce que lui demandent les signataires et l’intérêt de l’Etat dont il est le garant, quitte à faire office de juge et de partie à la fois. On le soupçonnera peu de se ranger du côté de la centrale syndicale au motif que le prix à payer sera lourd, et blanchi sous le harnais comme il l’est, il ne sera pas enclin à déférer à semblable proposition, pas plus qu’il s’attachera à garder les choses en l’état, c’est-à-dire conserver dans ses grands traits la composition gouvernementale actuelle en y changeant quelques maroquins.

BCE, l’arbitre suprême !

C’est pour ne pas tomber dans l’un comme dans l’autre travers que le président de la République maintiendra Youssef Chahed à la tête du gouvernement, à charge pour lui de renoncer à toute ambition politique au titre des échéances 2019. D’après le même scénario, le gouvernement que Chahed aura à former sera composé exclusivement de technocrates, c’est-à-dire de personnalités sans la moindre vocation partisane, autrement dit des ministres qui vaqueront à leurs occupations ministérielles et à rien d’autre, surtout pas à des mandats électifs, comme ceux du Parlement.

Sans préjuger de la pensée intime du chef de l’Etat, on comprendrait que le scénario sur lequel il travaillerait a le mérite de ne pas bloquer encore plus la situation politique du pays. Changer le gouvernement dans son intégralité comme l’exige l’UGTT, demande beaucoup de temps, pas moins de trois mois, pour désigner le chef du gouvernement, engager les consultations, choisir les ministres, solliciter la confiance des députés. Et compter sans le refus de l’actuel chef du gouvernement de démissionner et de faire place nette pour permettre à son successeur de prendre le relais.

Dans tous les cas de figure, il ne s’agira que d’un gouvernement d’expédition des affaires courantes, plus porté à réduire ses activités qu’à faire des projets alors qu’approchent les dates de préparation et d’élaboration du projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2019, et les négociations sociales sur les augmentations salariales, notamment. Et puis en se convertissant en gouvernement d’expédition des affaires courantes, l’attelage gouvernemental alors en place n’aura qu’une longévité d’une année et quelques semaines eu égard aux échéances de 2019, ce qui signifie le report d’autant des grands choix politiques, économiques et sociaux.

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Au cours des 12 derniers mois, l’Union européenne et la Tunisie ont développé des relations beaucoup plus étroites et intensifié leur coopération dans les différents domaines couverts par le Partenariat Privilégié. Telle est la conclusion du rapport sur l’état des relations UE-Tunisie publié mercredi par les services de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure en prévision de la réunion du Conseil d’association UE-Tunisie à Bruxelles le 15 mai 2018.

Le rapport souligne les échanges intensifs de haut niveau, le dialogue et la coopération sur des questions clés comme l’employabilité des jeunes et les réformes, la consolidation de la démocratie et la promotion de la bonne gouvernance (dans laquelle la société civile tunisienne continue de jouer un rôle central), la réponse aux défis sécuritaires communs et la gestion coordonnée de la migration.

« L’Union européenne et la Tunisie sont des partenaires naturels en raison de leurs liens géographiques, culturels et commerciaux. Nous sommes impatients d’approfondir notre partenariat privilégié et l’UE reste attachée à une Tunisie démocratique, forte et prospère. Nos efforts portent en particulier sur les aspirations des jeunes tunisiens, au bénéfice desquels nous avons lancé un Partenariat pour la jeunesse en 2016, que nous sommes en train de renforcer. Les élections locales du 6 mai, que le Gouvernement tunisien nous a invités à observer, ont marqué une étape importante dans la consolidation de la démocratie dans le pays et la mise en œuvre de la Constitution de 2014. Elles ouvrent la voie à un processus ambitieux de décentralisation », a déclaré la haute représentante / vice-présidente, Federica Mogherini.

Une feuille de route pour les réformes

“L’UE continue de déployer tous ses instruments de coopération pour soutenir la transition politique et socio-économique en Tunisie. Notre engagement prend la forme, par exemple, d’une aide financière accrue. En 2017, la Commission européenne a fourni 300 millions d’euros de subventions. Les Tunisiens sont en quête de progrès tangibles et de résultats, et à la lumière de la situation économique actuelle, le processus de réforme institutionnelle et socio-économique doit être accéléré. À cet égard, je me réjouis qu’une feuille de route pour des réformes prioritaires ait été présentée le mois dernier à Bruxelles par le chef du gouvernement tunisien », a ajouté le commissaire à la politique européenne de voisinage et aux négociations d’élargissement, Johannes Hahn.

Le rapport constate que des progrès tangibles ont été accomplis dans de nombreux domaines, notamment les droits des femmes, la réforme judiciaire, les mesures visant à promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, le développement local, l’économie verte, la culture et la protection civile. En outre, l’implication de la Tunisie dans le programme Horizon 2020 et sa participation active à Erasmus + ont permis un développement des échanges entre chercheurs, étudiants, enseignants et jeunes, contribuant à la promotion d’une société orientée vers l’innovation. Les négociations sur des accords bilatéraux ambitieux dans les domaines du transport aérien, de l’économie et du commerce et de la migration ont également progressé.

Au cours des 12 derniers mois, l’Union européenne dit avoir a démontré son soutien continu à la transition politique et socio-économique de la Tunisie, y compris en appuyant des réformes structurelles urgentes et essentielles pour stimuler une croissance inclusive et durable. Elle ajoute qu’à travers le présent rapport, elle réitère sa détermination à continuer à soutenir la Tunisie et à explorer la vision de l’avenir du partenariat UE-Tunisie.

Le catalogue des griefs

Par-delà cet état des lieux globalement positif et les professions de foi dont il est parsemé, le rapport ne s’excepte pas d’épingler la Tunisie dont maints domaines, par exemple, celui des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui demandent à être consolidés et effectivement mis en œuvre alors qu’un « nombre de lois encore en vigueur vont à leur encontre ». Autre grief, il est formulé contre les « forts déséquilibres macroéconomiques, déficit public et déficit de la balance des paiements ». Il est enjoint au gouvernement de prendre sans plus tarder les mesures d’assainissement budgétaires indispensables. Dans le collimateur de l’UE aussi la «  transparence limitée en matière de financement des entreprises publiques, et le contrôle tout aussi limité exercé par l’Etat sur ces entreprises ». S’y ajoute dans ce catalogue la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, « un domaine de coopération prioritaire » entre l’UE et la Tunisie. Tout en reconnaissant que la Tunisie a réalisé des progrès dans la mise en œuvre de son plan d’action convenu avec le GAFI, l’UE affirme que « des efforts importants sont toujours requis ». Enfin, et s’agissant de la mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité, le rapport de l’UE pointe les retards enregistrés lors de l’année écoulée. Surtout, il demande d’aller vite « dans la mise en œuvre du programme d’appui à la réforme et à la modernisation du secteur de la sécurité, notamment le renforcement de la transparence et de la redevabilité du secteur comme outil principal pour rétablir le lien de confiance entre les forces de sécurité intérieures et le citoyen, ainsi que le renforcement de la sécurité des frontières et des capacités de lutter contre le terrorisme et le crime organisé ».

En 2018, l’UE et la Tunisie continueront à travailler ensemble à définir une vision à l’horizon 2030 qui reflétera leur ambition d’un partenariat toujours plus approfondi à même de relever les défis communs, conclut le rapport.

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Les urnes ont parlé mais n’ont pas dit ce que l’on ne savait pas déjà. Ennahdha et Nidaâ demeurent les deux mammouths indéboulonnables du paysage politique, à des degrés divers, il est vrai. Ils raflent inégalement la mise en s’offrant la plupart des grandes municipalités et en s’embusquant dans le maquis des listes indépendantes, créditées du taux de 50% dans l’ensemble des circonscriptions électorales.

Aujourd’hui ressemblerait ainsi à hier, incline-t-on à penser, sauf à voir la déferlante abstentionniste bouleverser encore plus les codes sans dynamiter l’échiquier politique façonné par une loi électorale qui arrange ses affaires et à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux, au moins jusqu’au scrutin de 2019. Le laborieux consensus a encore de beaux jours devant lui ; ses architectes n’entendent pas y déroger, et ils l’ont dit aujourd’hui même, les uns, pudiquement, du bout des lèvres, les autres explicitement. D’autant qu’ils vont en avoir grand besoin pour composer les conseils municipaux et coopter les maires. Une répartition des rôles dont ils ne se cachent pas           car censément convenue en haut lieu, dans l’intérêt bien compris des deux parties.

On ne peut pas s’y tromper, Ennahdha est le grand vainqueur de ce scrutin. En s’emparant d’un si grand nombre de mairies dans le dessein de les gérer directement ou autrement par le biais d’indépendants recrutés parmi les siens, le parti de Ghannouchi aura sans doute l’opportunité rêvée de longue date d’appliquer les préceptes qui fondent sa vocation en y mettant les formes et la manière. Et dans cet exercice, parions qu’il sera pris rarement en défaut, aidé en cela par le discours dont il a été toujours coutumier qu’il s’échinera à parer d’accents amènes à l’endroit de la cité et aux intérêts de la communauté locale. On ne sait pas ce qu’il va sortir de son chapeau qui viendrait s’ajouter au wifi dont la promesse a été faite lors de la campagne électorale, mais son sac cadeau est déjà prêt à l’emploi. Surtout, avec des légions de militants, forts en thème, dès lors qu’il s’agit de prêcher la bonne parole pour la bonne cause, qui est la leur, les édiles ne seraient pas en terrain inconnu.

L’impératif d’un aggiornamento

Ce ne serait pas le cas pour Nidaâ, sous le coup des déconvenues qu’il a essuyées le 6 mai et dont il mettra du temps pour s’affranchir. Miné par ses divisions et le funeste état dans lequel il végète depuis quelques années, il sera bien en peine de faire jeu égal avec son partenaire-adversaire qui ne s’exceptera pas de lui donner du fil à retordre. C’est d’un douloureux et authentique aggiornamento que le parti fondé par Baji Caïd Essebsi aura besoin pour revenir sur la piste d’antan. Au demeurant, on imagine mal ce qu’il pourrait offrir pour les municipalités qui lui ont été reconnues par les urnes. Et il ne sera pas loin de remplir son office d’éternel second comme il l’est à la Représentation nationale, même si son directeur exécutif a affirmé à qui voulait l’entendre que Nidaâ aura le dernier mot, et sera toujours le point d’équilibre du paysage politique du pays.

Les indépendants ont droit de cité

A côté de ce binôme, vient d’émerger une troisième force qui importera plus qu’on ne le penserait dans la nouvelle configuration issue des élections municipales. Grâce au score inattendu de 50 pour cent qui est désormais le leur, les listes indépendantes auront vocation à modifier le rapport de force, mais pas trop, faut-il d’ores et déjà s’en convaincre. Le fait est que les édiles indépendants partent avec un préjugé favorable qui les distinguent considérablement des partis politiques, avec cette confiance inédite qui leur est témoignée et des projets et programmes par bien des côtés réalisables et dépourvus de tout relent idéologique ou d’ordre voisin. On doit leur reconnaître une certaine propension à servir la cité dans les normes qu’ils semblent avoir fixées et qu’ils seraient déterminés à mettre en œuvre. Ce faisant, ils seront en état de rebattre les cartes et redessiner à leur échelle la carte municipale.

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C’est un camouflet magistral que l’urne a infligé ce 6 mai 2018 à la classe politique en Tunisie. Trois Tunisiens sur quatre ont boudé les élections municipales, pourtant les premières transparentes et libres que le pays organise depuis sa fondation en tant qu’Etat indépendant et souverain. On savait depuis belle lurette que cette désertion électorale était inscrite dans les faits, mais on s’attendait moins à un taux d’abstention si fort et massif, aux alentours de 25%, alors que la norme pour conférer à un scrutin les contours d’une consultation électorale convenable et suffisante est de 40% des suffrages.

Les abstentionnistes se recrutent dans leur écrasante majorité parmi les jeunes qui ne trouvaient nul intérêt à aller voter ni n’étaient susceptibles d’attendre grand-chose d’une élection qui perpétue le statu quo voire l’aggrave en bouchant encore plus les horizons et en pulvérisant toutes les opportunités de lendemains meilleurs en termes d’emploi et de bien-être. Une frustration palpable dès les lendemains de la Révolution dont ils espéraient qu’elle mettrait fin à leurs déboires déclinés principalement dans le chômage quasi endémique qui minait et mine encore surtout les diplômés d’entre eux. Les gouvernements qui se sont relayés, depuis, ont lamentablement échoué à leur procurer ce qui pouvait constituer matière à espérer, vaquant à des occupations à des années-lumière des attentes d’une jeunesse, pourtant prête à aller au charbon pourvu qu’on lui offre un travail digne et conforme à leurs aspirations.

Un rejet franc et massif

Le rejet de ces politiques a été franc et massif et il y a fort à parier qu’il le sera encore plus si les choses doivent rester en l’état à une année des élections législatives et présidentielles dont le scrutin municipal est regardé comme la répétition générale. C’est un très sérieux avertissement que les pouvoirs publics et bien davantage les partis politiques doivent méditer en profondeur et avec la minutie qui sied à semblable enjeu, pour éviter que le désenchantement gagne d’autres pans entiers de la population et forcément du corps électoral. Un risque qui ne pèse point uniquement sur l’urne mais aussi et surtout sur le processus démocratique dans son essence même qui, constate-t-on, ne nourrit pas son homme.

Il n’en demeure pas moins que les élections municipales ont fait des heureux, entendons par là le mouvement Ennahdha qui, sans rafler totalement la mise, a été crédité de 27,5 pour cent des suffrages, ce qui en fait le vainqueur. Il récolte ainsi le fruit d’une stratégie pensée de longue date avec un maillage du territoire méthodiquement tissé et mis en œuvre et un encadrement militant par excellence où la discipline est une vertu cardinale. Il est, au demeurant, clair que le parti de Rached Ghannouchi a su mobiliser à bon escient ses troupes, déployées partout dans le territoire de la République, faisant usage de toutes les techniques qui leur permettent de rallier à leurs listes des légions d’électeurs dont les voix ont été décisives pour la victoire d’Ennahdha.

Nidaâ, point d’équilibre !

Nidaâ Tounès, lui, se contentera de la deuxième place avec 22,5% pour cent des suffrages. C’est peu au regard de ses attentes mais assez pour conserver son statut de «  force principale » dans le maintien de l’équilibre politique en Tunisie, comme incline à le croire son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi qui affirme que son parti  aura « le dernier mot ». Ce n’est pas tout à fait faux eu égard à cette trop décriée loi électorale qui donne toute son étendue pratique aux deux grands partis politiques du pays, en l’occurrence Nidaâ et Ennahdha, lesquels ne seraient pas indemne d’un autre « consensus » sur la répartition des prochains conseils municipaux, maires et édiles confondus.

C’est ce qui explique d’ailleurs les peu reluisants scores des deux autres forces en compétition dans le scrutin municipal, les partis de l’opposition et les indépendants crédités respectivement de 14 et de 8%.

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Il est devenu un poncif d’une triste banalité de dire que le dinar tunisien poursuit sa descente aux enfers. Seulement quand le Fonds monétaire international décrète que ce n’est pas assez et qu’il faudra déprécier encore plus la monnaie nationale, on est dans l’imprécation et des pires. Alors que le dinar s’enfonce dans la mélasse et qu’il en faut plus de trois pour un euro, une parité qui ne semble pas près de se résorber, l’inflation, largement importée, rejaillit sur quasiment tout le monde et d’abord l’écrasante majorité des Tunisiens qui voient leur pouvoir d’achat s’évaporer à coups d’interminables valses des étiquettes. Le mois de Ramadan est à nos portes, et il est fort à parier que la spirale va littéralement exploser malgré les assurances du gouvernement s’agissant la constitution           de stocks de victuailles et mobilisation des services de contrôle.

Indubitablement, le dinar y est pour beaucoup, ayant perdu plus de 15% de sa valeur par rapport au dollar et plus de 23% par rapport à l’euro alors que l’inflation a atteint un sommet de 7,6% en mars. Lorsque la Tunisie avait conclu voici deux ans un prêt de 2,9 milliards de dollars sur quatre ans avec le FMI, l’institution de Bretton Woods soulignait déjà que le dinar était surévalué et devait être affaibli pour stimuler les exportations et dynamiser l’économie du pays. Tout en avouant que la dépréciation pourrait être douloureuse, le Fonds arguait qu’il s’agit d’une démarche indispensable pour la stabilité à long terme du pays. Mais de nombreux économistes tunisiens tirent la sonnette d’alarme estimant que cette préconisation fait plus de mal au pays que de l’aider.

L’un d’eux, Aram Belhadj, professeur assistant d’économie à l’Université de Carthage, cité par Middle East Eye (MEE), affirme que « ni la dépréciation, ni l’augmentation des taux d’intérêt n’aidera l’économie tunisienne », enjoignant au FMI de «  comprendre que certaines recommandations n’aideront pas le peuple tunisien à sortir de cette situation difficile”, lui qui pense qu’un «taux de change plus flexible … contribuerait à stimuler la création d’emplois et à soutenir le secteur des exportations de la Tunisie, qui s’est déjà amélioré au cours des trois premiers mois de cette année». « La principale cause de l’inflation en Tunisie est la dépréciation de la monnaie”, a fait remarquer l’économiste qui ajoute que « le FMI considère que le taux de change du dinar est surévalué et nous devons laisser la monnaie flotter. Cet argument est bancal car la Tunisie est une économie très ouverte, donc un surcroît de dépréciation du dinar entraînera des prix d’importation très élevés, et la Tunisie importe beaucoup, donc la balance commerciale sera aggravée ».

Une machine à décréter

« Au lieu d’alléger les déficits commerciaux attendus par le FMI, la dépréciation du dinar les a, au contraire, accentués », estime, pour sa part, Chafik Ben Rouine, co-fondateur et président de l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), qui explique comment les « recommandations » du FMI en elles-mêmes ont fait baisser la valeur du dinar. « Revue après revue, le FMI estime avec une remarquable constance que le dinar est surévalué de 10%. Cette estimation a été utilisée pour mettre plus de pression sur la Banque centrale de Tunisie afin de la pousser à consentir à la baisse de la valeur du dinar », souligne-t-il. Et « lorsque le dinar atteint la valeur souhaitée par le FMI, celui-ci se fend d’une nouvelle prévision à travers laquelle il estime que le dinar doit encore baisser de 10%, et ainsi de suite ».

MEE cite le cas d’une entreprise tunisienne, le groupe Toupack , une société d’emballage qui importe des machines et des matières premières et les revend sur le marché intérieur, et qui a sérieusement pâti de la dépréciation du dinar. Son directeur financier Mokhtar M’Hiri, a indiqué que la société avait été forcée de tripler ses prix dans certains cas à cause précisément de la dépréciation. Un élément qui a été particulièrement coûteux tient aux boîtes pour un fabricant de croustilles (chips de pomme de terre). Nous avons commencé il y a deux ans à vendre les boîtes. Elles coûtaient 0,6 dinars l’unité et aujourd’hui le prix est passé du simple au triple, soit autant pour le client ».

La chose et son contraire

Certains observateurs cités par MEE affirment que la situation actuelle en Tunisie montre que les décideurs sont pris entre des politiques commerciales et de développement contradictoires et antinomiques. «  D’une part, pour les produits de base, céréales, huile, lait, sucre, ils protègent les prix pour les consommateurs tunisiens. D’un autre côté, ils croient en une croissance tirée par les exportations », a déclaré l’un d’eux, Max Ajl, chercheur à l’Université Cornell, spécialiste de l’économie politique tunisienne.

«  En troisième lieu, ils croient en la dépréciation … et ce faisant ils croient en toutes ces choses simultanément ». « Le résultat est une politique qui fait supporter aux salariés les effets de la dépréciation du dinar », a-t-il dit. « Donc, ce qui se passe, c’est que … sous l’effet de la dépréciation, toutes sortes de biens d’achat deviendront plus chers compte tenu du fait que la Tunisie dépend des importations pour une grande partie du panier du consommateur », a-t-il conclu.

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Les Tunisiens tiennent désormais leur Code des collectivités locales, pièce maîtresse d’une décentralisation déclinée dans un pouvoir local que tout le monde appelait de ses vœux, et d’abord la Constitution de 2014 qui dans son article 12 dispose que « l’État agit en vue d’assurer la justice sociale, le développement durable et l’équilibre entre les régions, en tenant compte des indicateurs de développement et du principe de l’inégalité compensatrice ».

Cette législation fondatrice d’un pouvoir autrement conçu mais encore d’une démocratie aussi partagée que possible au niveau des régions, surtout de l’arrière-pays, n’a pu être livrée qu’à une dizaine de jours du 6 mai, date de la tenue des élections municipales, les premières, libres et transparentes, que s’offre la Tunisie. Certes, avec ses 402 articles, elle pouvait emprunter quelque chose d’une œuvre « pharaonique », mais en jouant les dilettantes, les députés y ont dressé des obstacles qui auraient pu être enjambés en beaucoup moins de temps. Faudrait-il y voir l’effet d’une volonté délibérée de certains groupes parlementaires de ne pas se désister du pouvoir au profit des édiles municipaux ou même de temporiser avant de s’instruire de l’issue du scrutin avant de décider de l’étendue de la décentralisation ?

Un Code vite             et mal fait !

Elaboré dans l’urgence, le Code se prête forcément à une multitude de « tares rédhibitoires » dont on devra s’apercevoir en chemin et à l’exercice, ce qui ne manquera pas de dicter des changements et des amendements, voire une refonte totale à l’instar de celle à laquelle il est appelé actuellement avec insistance s’agissant de la Constitution et de la loi électorale, faites elles aussi, dans des conditions voisines, voire similaires.

Les lois ne valant que par l’usage qui en est fait, il importera de voir comment ceux qui détiennent désormais le pouvoir local vont devoir l’exercer. Sans qu’il soit question de démembrement de l’Etat, par essence jacobin et tentaculaire étendant la compétence de ses fonctionnaires à tous les échelons géographiques et à tous les domaines de la vie sociale afin de les rendre uniformes, les craintes ne sont pas écartées de voir édiles et échevins céder à la tentation de s’arroger des périmètres qu’ils voudraient totalement autonomes où les expressions et clivages tribaux et communautaristes auront pleinement droit de cité. Une dérive dont on trouve déjà trace dans maintes régions qui disposent de ressources et richesses nationales mais où la propension est souvent forte de vouloir les mobiliser en premier lieu au service des besoins locaux que ce soit en termes de développement ou d’emplois.

C’est le fonds qui manquera le moins

Sur cette perspective, devrait se greffer inéluctablement la difficulté de contrôler l’action des pouvoirs locaux avec des mécanismes qu’il va falloir inventer, sans parler du risque, déjà patent au niveau national, de voir la corruption gangrener encore plus les régions, et les intérêts particuliers ruiner l’intérêt général. Mention doit être faite de la tentation qui habiterait les notables locaux d’avoir la mainmise sur les régions où déjà elles ont pignon sur rue. Sans parler bien sûr des partis politiques qui chercheraient à s’arroger d’autres territoires.

Il y a une autre tare rédhibitoire, elle tient aux moyens financiers dont disposeront les pouvoirs locaux. Alors que le pays racle constamment les fonds de tiroirs, se plaçant par moments à la périphérie de la cessation de paiement, il est inimaginable que les régions ne soient pas vouées aux mêmes gémonies. Le legs que leur laissent les funestes Délégations spéciales, pourtant mises sous la tutelle de l’Etat, sera un handicap central dont on peine à voir comment il sera géré ou liquidé. S’agissant surtout de régions défavorisées et mal loties, comme celles de l’intérieur, le problème sera d’autant plus insurmontable.

Tout cela pour dire que les régions ne sont pas suffisamment outillées pour se prendre en charge elles-mêmes de leur destin. Certes, un pouvoir local tel qu’il doit être normalement et commodément exercé est entreprise longue et éprouvante, mais il doit avoir besoin de décennies pour répondre à la vocation qui est la sienne. Celui préconisé par le Code des collectivités locales est visiblement dans cette configuration et dans cette logique.

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L a fédération générale de l’enseignement secondaire a décidé vendredi soir de renoncer à la rétention des notes scolaires.

Son secrétaire général, Lassaad Yaccoubi,  a précisé que la levée de la mesure entrera en application dès demain samedi, expliquant que » cette année, nous n’avons pas pu  faire aboutir nos revendication  en raison de l’intransigeance du gouvernement et de ses positions maximalistes , mais nous sommes attachés à l’ouverture des  négociations  dès le début de la prochaine année scolaires ».

« An cas où nos revendications demeureraient sans réponse, les enseignants reprendront leur combat », a-t-il averti.

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Cela fait deux ans que la Banque nationale agricole (BNA) a engagé le chantier de sa transformation, et au vu des chiffres livrés par son Directeur général, Habib Belhaj Gouider, jeudi, lors de sa communication financière, il peut être dit que le pari est tenu pour cet établissement de crédit qui se veut «  une banque citoyenne contribuant à l’essor économique du pays, offrant un service moderne et de qualité basé sur des valeurs d’éthique et des règles prudentielles élevées ».

A bien des égards, la période 2015-2017 s’affiche comme un bon cru avec un résultat d’exploitation qui a bondi de 26 millions de dinars en 2015 à 234 MDT l’année dernière, soit une progression de +485% en 2016 et de +52% en 2017. Pendant ce temps, le résultat net s’envolait de 25 millions de dinars à 199 MDT, une hausse de 42% pour la seule année de 2017, et de 485% une année plus tôt, étant noté que la contribution de la cession des actions SFBT a été quasiment stable durant les trois exercices. Il convient de préciser à ce propos que le résultat de l’activité récurrente s’est élevé en 2017 à 103 MDT, et celui de l’activité non récurrente à 96 MDT, soit au total à 199 millions de dinars, alors qu’en 2015, il était respectivement de – 69, 94 et 25 MDT.

Une rentabilité en flèche

Au chapitre de la rentabilité, tous indicateurs confondus, les avancées étaient au rendez-vous de 2015 à 2017. Ainsi, les produits d’exploitation bancaire ont signé une progression de 20% en 2017avec 813 MDT contre 9% une année auparavant (675 MDT) et 620 millions de dinars en 2015. Le PNB (produit net bancaire) n’était par en reste, affichant en 2017 une augmentation de 17 % avec 444 MDT alors qu’il était de 379 MDT une année plus tôt et de 335 millions de dinars en 2015. Quant à la marge d’intérêts, sa hausse était de 14% en 2017 (262 MDT) contre un modique 1% (224 MDT) en 2016. Enfin la marge sur commission a progressé de 27% en 2017 pour 84 millions de dinars, et de 22% pour 66 MDT.

Surtout le ratio de liquidité a grimpé de 47,32% en 2015 à 107,05% l’année dernière, alors que la ration de liquidité réglementaire a évolué de 20 points de pourcentage pour se situer à 80% en 2017.

Toujours en fait de ratios, celui de solvabilité est passé de 10,07% à 12,40%. Le ratio tier one, lui,           a évolué de 7,04% et 7,99% en 2017.

Les créances douteuses en baisse

Progression encore des dépôts de la clientèle qui totalisaient en 2017, quelque 7633 millions de dinars, soit 2273 MDT au titre des dépôts à vue, 2471 à celui des dépôts d’épargne et de 2889 en dépôts à terme. Même trend haussier pour les crédits à la clientèle en augmentation de 18% pour ce qui est des créances nettes sur la clientèle et de 2% s’agissant des engagements nets par signature.

Des avancées également sur le registre des créances classées dont le taux a baissé de 24,76% à 18,36% en 2017, alors que leur couverture a évolué de 50,41% en 2015 à 52,83% l’année dernière. Parallèlement, les capitaux propres de la BNA s’élevaient à 976 millions de dinars en 2017, une hausse de 26%, contre 777 MDT l’année d’avant.

Pour sa part, le coefficient d’exploitation qui permet de mesurer la part des gains réalisés par la banque au regard de ses coûts fixes- plus ce coefficient est faible et plus la rentabilité est élevée-, il était de 49,7% en 2017, de 53,3% une année auparavant et de 56,6% en 2015.

Les enjeux du futur

Manifestement, la BNA n’entend guère s’arrêter là comme en témoignent les actions dont elle porte le projet au cours des années à venir. Qu’il s’agisse de gouvernance ou de transformation, son souci est d’aller de l’avant avec comme allié majeur l’innovation. C’est ainsi qu’elle a adopté une nouvelle approche orientation client, au travers d’une nouvelle organisation par la création de pôles d’activités par marché afin, explique-t-elle, d’accompagner le déploiement de la nouvelle stratégie de la banque.

S’y ajoutent la réorganisation des agences et la création de nouveaux métiers, en l’occurrence ceux de chargés clientèle par marché et de guichetiers payeurs spécialisés. Dans cette configuration, figure la création de 3 espaces de libres services à Tunis, Sousse et Bizerte et l’extension du réseau d’agences, avec l’ouverture de 5 nouvelles agences en 2018 à Kasserine, Jendouba, Zarzis, Tunis et Monastir.

Enfin et s’agissant de la surveillance des risques, il est prévu la mise en place d’une solution de lutte anti-blanchiment d’argent et de procédures de gestion et de solutions techniques de la comptabilité multidevises.

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C’est sans conteste l’épreuve la plus difficile avec laquelle l’UGTT est en train d’être aux prises depuis la nuit des temps syndicaux en Tunisie. Dans le cas de l’espèce, elle n’est pas appelée à en découdre avec son adversaire historique, le gouvernement, encore moins le patronat. C’est chez elle, en son sein, qu’elle est contestée et que son autorité se trouve bafouée. La fédération de l’enseignement secondaire, sous la houlette de son secrétaire général, un va-t-en guerre devant l’Eternel, Lassaad Yacoubi, se paye le luxe de s’insurger contre les décisions « contraignantes » que sa commission administrative, une instance qui fait office de parlement syndical, a solennellement prises pour désamorcer une crise qui tourmente non seulement les élèves et leurs parents, mais toute l’opinion publique.

A vrai dire, il ne s’agit pas d’une jacquerie comme il pourrait s’en éclater dans des organisations syndicales, limitée dans le temps et liée à des objectifs conjoncturels, en l’occurrence des revendications salariales ou purement professionnelles. Certes on peut y repérer quelques unes sous le sempiternel couvert de la réforme de l’école, mais à bien y regarder, on comprendra qu’il faudra remonter à d’autres ressorts, forcément inavoués et que d’aucuns qualifient d’inavouables.

Déjà solidement implanté tant en nombre qu’en termes d’influence, le syndicat de l’enseignement secondaire est un corps avec lequel tout le monde est obligé de compter. Il peut toujours s’appuyer sur sa force et sa capacité de mobilisation pour tenir la dragée haute à ses adversaires. Le gouvernement en avait fait les frais l’année dernière en sacrifiant son ministre de l’Education d’alors, Néji Jalloul. Et contre toute attente, on avait compris en chemin que ce n’était que partie remise. Car, d’autres casus belli ont pris le relais pour empoisonner, et dès ses aurores, une année scolaire, pratiquement « blanche », malgré les protestations de « bonne volonté » et les assurances que ce ne sera nullement le cas.

L’antienne des négociations « sérieuses »

Et pour cause, les convulsions dans lesquelles se débat toute l’architecture de l’enseignement secondaire ne permettent guère de jurer de quoi que ce soit. Certes la fédération a accepté de reprendre les cours, mais elle ne transige pas sur la rétention des notes qu’elle continue d’utiliser comme arme pour rendre la vie encore plus difficile au gouvernement sommé d’ouvrir des négociations « sérieuses », un qualificatif enténébré et à géométrie variable à souhait. D’ailleurs, aucun indice n’est décelable donnant à penser que ces pourparlers auront bel et bien lieu, d’autant qu’il est exigé du gouvernement qu’il revienne sur sa décision de prélever les jours de grève sur les salaires des enseignants.

Mais, c’est cette rébellion du syndicat du Secondaire qui interpelle le plus, portant un coup inédit et délétère à la centrale syndicale dont l’une des décisions majeures prises par sa commission administrative relative à la levée de la rétention des notes, a été balayée d’un revers de main par la « Rencontre des régions », un conclave surgi de nulle part et qui semble jouir de vastes prérogatives. Pis, il n’a fait nulle mention dans son communiqué de la réunion de la commission administrative, ni de ses décisions prises à la quasi unanimité, encore mois expliqué les motifs fondant son rejet des mesures « contraignantes » arrêtées par cette haute instance de la centrale syndicale.

Une « guerre des tranchées » !

En bonne logique syndicale, c’est une épreuve de force qui s’engage entre la direction de l’Organisation ouvrière et une structure, après tout subalterne, tenue, dans tous les cas de figure, de déférer de ce qui vient d’en haut. Un bras de fer dont se dégage le brandon d’une « guerre de tranchées » dont personne ne peut prévoir ni calculer, pour l’heure, les conséquences pour l’un comme pour l’autre. Même le bureau exécutif de l’UGTT, prévu pour se réunir ce mardi après-midi, n’a pas pu siéger, évoquant une « suspension due à des engagements antérieurs » de son secrétaire général !!!

D’aucuns sentent dans ce conflit interne des effluves de comptes que Lassaad Yacoubi est en train de régler avec les caciques de la centrale syndicale qui lui avaient barré la route lors du dernier congrès de l’Organisation ouvrière. C’est de l’ordre de la probabilité connaissant le personnage dont on dit qu’il est dévoré par l’ambition d’une ascension syndicale voire d’un autre ordre. Au demeurant, on ne pourrait pas avoir peine à détecter ce cheminement au regard de ses tactiques, de sa capacité de mobilisation, peut-être aussi de son ascendant et son emprise sur ses troupes.

Mais il y a d’autres qui voient dans cet épisode intersyndical un scénario composé à l’enseigne d’une répartition des rôles entre les deux secrétaires généraux, celui de l’UGTT et celui de la fédération de l’enseignement secondaire, alors qu’en fait, ils seraient unis par les mêmes intérêts et viseraient les mêmes objectifs, Bouvard et Pécuchet en somme.

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Alors que le tourisme tunisien amorce une reprise annonciatrice de retrouvailles avec les chiffres d’antan, les Britanniques y apportent un appoint d’autant plus appréciable qu’il clôt, certes avec beaucoup de retard, un épisode chargé de péripéties qui ont sérieusement mis à mal l’activité touristique du pays, trois années durant.

Les visiteurs d’outre-manche s’entichent de nouveau de la Tunisie, quelques mois après la levée de l’interdiction d’y voyager décrétée par le foreign Office. Les tour-opérateurs ont pris le relais, graduellement, il est vrai, autant pour s’assurer que la destination est indemne de toute menace pour la sécurité de leurs clients. L’un des plus grands d’entre eux, Thomas Cook, a déclaré, en ce début de semaine, que « les plages sablonneuses allaient de venir la prochaine réussite hivernale dans la foulée des fortes ventes depuis la reprise des vols de sa flotte sur la Tunisie en février dernier ».

« La Tunisie se vend bien »

«  La Tunisie se vend bien et les recherches en ligne portant sur cette destination ont bondi de 790 pour cent depuis la reprise des vols », a indiqué Peter Frankhouser, PDG de Thomas Cook. « Pour beaucoup, beaucoup plus que vous ne le pensez, cet été marquera un retour à des destinations très appréciées auxquelles on a tourné le dos ces dernières années”, a-t-il ajouté.

A l’évidence, ce retour des touristiques britanniques a été rendu possible au premier chef grâce l’amélioration de la sécurité après l’attaque terroriste de Sousse voici trois ans. La responsable de la protection des consommateurs chez Thomas Cook, l’époque, Carol MacKenzie, faisant office d’éclaireur, avait déjà assuré il y a quelques mois que « le gouvernement tunisien avait œuvré pour améliorer sa sécurité et la façon dont ses unités de police et de sécurité peuvent répondre aux incidents terroristes ». Lui emboîtant le pas, la chroniqueuse touristique du Telegraph, Chris Leadbeater, en reportage en Tunisie, affirmait « avoir trouvé un pays prêt pour le retour des touristes britanniques ».

Il n’en demeure pas moins qu’une grande partie du Sud et de l’Ouest du pays demeure interdite aux voyageurs, comme le conseille le Foreign Office, mais les stations balnéaires populaires de la côte méditerranéenne ne sont plus déconseillées.

Des prix défiant toute concurrence

L’autre raison qui incite les visiteurs britanniques à venir nombreux en Tunisie tient aux prix très abordables des séjours, forfaits vacances et vols compris. Et malgré l’attaque de Sousse, les « bonnes affaires » attirent massivement les touristes d’outre-manche, dont 44% sont constitués de familles, selon le rapport annuel de Thomas Cook, et « en dépit du danger, l’appétence pour le soleil à un prix bon marché nourrit la demande de revisiter cette destination préférée, explique, pour sa part, le quotidien londonien « The Mirror ».

Les vols et les séjours à l’hôtel sont proposés à des prix défiant toute concurrence en Tunisie, en Egypte et en Turquie, et les offres de forfaits vacances réduisent encore les coûts. Jet2Holidays propose des vols et des séjours tout compris dans des complexes quatre étoiles pour sept nuits, d’un coût inférieur à 500 livres sterling.

Au regard de ce premier jet, on ne serait sans doute pas loin du chiffre de plus de 400.000 touristes britanniques qui visitaient la Tunisie avant l’attaque de Sousse, alors que dans les années qui ont suivi, les flux ont été significativement plus faibles, pour rebondir tout aussi significativement ces temps-ci.

En février, le ministre britannique de la Sécurité, Ben Wallace, a salué les efforts déployés par la Tunisie pour renforcer la sécurité et a déclaré qu’il s’attendait à un retour des touristes. Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a souligné que la décision de Londres d’assouplir l’interdiction de voyager “a eu un impact positif”. « Si Dieu le veut, la saison prochaine verra une affluence de touristes britanniques en Tunisie”, a-t-il assuré. Ce ne semble pas un vœu pieux !

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Le chef du gouvernement Youssef Chahed a appelé les enseignants des collèges et lycées secondaires à reprendre les cours et à restituer les notes lundi prochain, tout en réitérant l’engagement du gouvernement le même jour au dialogue et à l’examen de leurs revendications.

Dans une déclaration diffusée vendredi soir au journal télévisée de la première chaine nationale, Chahed a affirmé qu’une année blanche n’est plus désormais une “simple éventualité” si l’impasse continue mais “une possibilité réelle”.

Il a indiqué que les parents s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants, désormais “menacé à cause de la grève ouverte lancée depuis quatre jours et de la retenue des notes depuis trois mois, ce qui a influé négativement sur le niveau pédagogique et sur l’orientation”.

Le chef du gouvernement a estimé que la grève ouverte “menace les examens nationaux ce qui exacerbe l’appréhension des parents quant à l’avenir de leurs enfant”, soulignant qu’il “n’y a aucune justification pour une année blanche quelques soient les divergences”.

“Je suis convaincu que les éducateurs ne veulent pas d’une année scolaire blanche et l’écrasante majorité d’entre eux veulent faire réussir l’année scolaire”, a-t-il affirmé.

Il a rappelé à cet égard que le président de la république avait réaffirmé dans ses entretiens avec les partenaires sociaux qu’il n’existe aucune alternative au dialogue et que le gouvernement “n’a pas besoin de pression” pour traiter les revendications sociales des éducateurs.

“Nous traitons avec un esprit positif les revendications sociales, notamment celles des enseignants et enseignantes qui accomplissent une mission noble et toute la société leur en est redevable”, a-t-il ajouté.

Chahed a rappelé que les négociations sociales dans la fonction publique et le secteur privé débuteront la semaine prochaine, précisant toutefois que la satisfaction des revendications matérielles des éducateurs ou des autres secteurs n’est pas “un simple souhait”, mais reste tributaire de la situation financière du pays.

“Nous avons encore une chance pour éviter une année blanche, la seule solution est de voir les choses reprendre leur cours normal et de voir le dialogue se poursuivre”, a-t-il souligné. Il a indiqué que son partenaire social, l’UGTT, partage avec le gouvernement le même souci, à savoir sauver la saison scolaire.

La centrale syndicale a annoncé vendredi après-midi qu’il a convoqué une réunion urgente de son bureau exécutif national pour samedi à partir de 17h00, rappelle-t-on.

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Jamais le contentieux des professeurs de l’enseignement secondaire avec l’autorité de tutelle n’a fait autant de mal et de dégâts que cette fois-ci. La palette des chevaux de bataille est si variée que l’on y perd son latin. Tantôt c’est la réforme de l’enseignement, autre part, c’est la détérioration du pouvoir d’achat du corps enseignant, récemment la pénibilité avec son pendant de retraite à 55 ans, bref un maquis de revendications ajustées selon le moment et le goût du jour où se profile en filigrane et par moments explicitement mais toujours avec une égale constance, une effusion de demandes d’ordre financier.

On serait bien en peine de faire grief aux enseignants de vouloir améliorer leur situation. Qui d’autre n’aurait pas fait autant ? Seulement, en migrant du terrain de la revendication syndicale telle qu’elle est légitimement et tout aussi légalement exercée, à celui des tours de force et d’autres « formes de combat » dont la Fédération générale de l’enseignement secondaire a le secret, on se place fatalement dans une autre logique. Les retombées en sont en tout point fâcheuses, voire délétères, avec des élèves en longue récréation forcée, des parents atterrés, une opinion publique sidérée, et surtout un enseignement précipité dans la dérive.

Trêve de surenchères !

Après avoir demandé et obtenu la tête de l’ancien ministre de l’Education, voilà que le syndicat de l’enseignement secondaire , adoubé par une fédération éponyme, se met en ordre de bataille pour réserver le même sort à son successeur, à coups de grèves, de suspensions des cours, de mises en demeure et de déclarations, plutôt de sommations incendiaires, comme celles dont s’est fendu ce mardi le secrétaire général de la fédération, l’inénarrable Lassaad Yacoubi, qui évoque, l’ accent épique, une « victoire proche » et un combat jusqu’à la capitulation de l’adversaire.

Alors que les examens approchent à grands pas, que les notes du premier semestre sont toujours séquestrées, et que les parents sont saisis d’angoisse, ces joutes et cette ligne dure prennent les contours d’une incongruité doublée d’une aberration éminemment préjudiciables aux intérêts des élèves et de la communauté nationale. On est alors à mille lieues des professions de foi du syndicat et de l’UGTT qui assurent qu’il n’y aura nullement d’année blanche. Pourtant, tout porte à croire que celle-ci est en train de s’inscrire dans les faits et que, sauf miracle de dernière minute, tout le monde sera renvoyé à ses chères études.

Le nerf de la guerre

Le fait est que les revendications des enseignants, et pour être plus précis, de leur syndicat, sont dans une large mesure irréalisables. Le gouvernement et le ministère de l’Education ont-ils les moyens, par exemple, de déférer à celle relative à la pénibilité, qui se traduirait inéluctablement par le recrutement de pas moins 25 000 enseignants ? Assurément non, alors que les caisses de l’Etat ne peuvent pas y pourvoir et que le Fonds monétaire international, pas plus tard qu’il y a quelques jours, lançait sa mise en garde contre toute forme de recrutement dans la fonction publique. Ce n’est là qu’une facette de cette crise que personne ne serait capable de dénouer, en l’état actuel des finances publiques. Ne serait-il pas plus judicieux de renvoyer ce dossier à plus tard, en l’occurrence au prochain round des négociations sociales, ne serait-ce que pour le volet salarial ?

Des efforts sont, cependant, en train d’être conduits au pas de charge pour arrêter cette spirale revendicative, à tout le moins esquisser une ébauche de compromis, nécessairement insuffisant, mais qui aura le mérite de sauver l’année scolaire et désamorcer ces convulsions qui secouent les lycées et les collèges. Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, a annoncé qu’il devrait rencontrer ce mardi après-midi, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, à charge pour le bureau exécutif de l’Organisation ouvrière et le gouvernement d’en faire autant, lors d’une réunion prévue pour demain mercredi.

Serait-ce la dernière ligne droite pour évacuer une part de cette crise qui n’a que trop duré et redonner l’espoir, si minime soit-il, que les élèves reprendront le chemin de l’école et que leurs professeurs s’aviseront à mettre un bémol à leur mouvement, pour au moins éviter que cette année scolaire ne tourne à une annus horribilis ?.

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De roulis en tangage, le navire Tunisie se fraye un cahoteux chemin pavé d’une longue suite de crises allant s’envenimant auquel le gouvernement s’épuise à trouver un embryon d’issue, nécessairement à travers le Document de Carthage revu et corrigé. La perspective des élections municipales aidant, d’autres embûches viennent souligner combien peuvent être encore plus insurmontables les défis qu’il va falloir relever.

Le tempérament général est sinon à la désespérance du moins à la lassitude face à une situation qui n’a que trop duré avec une succession record de gouvernements, enfantés par la révolution mais également englués dans des étangs politiques qui les frappent de paralysie et dégradent à outrance un vécu social et économique d’autant plus délétère qu’il se nourrit de maintes « hérésies » dont les Tunisies n’étaient guère coutumiers. Ils débrayent au quart de tour, protestent à tout bout de champ, gagnent des mille et des cents pour ne rien faire ou si peu, et surtout utilisent à mauvais escient ce qui est censé être devenu la clé de toute entreprise rédemptrice, à savoir une liberté comprise comme brute et souvent laissée en jachère.

C’est déjà mal parti !

Dès les aurores de cette ère au rythme de laquelle les Tunisiens vivent depuis sept ans, rares sont ceux qui ont appris de leurs erreurs, ajusté leur choix ou pris les résolutions qui vaillent. N’y cherchons pas la source ailleurs que dans le régime politique qu’ils se sont choisi au travers d’une Constitution qui renvoie à bien des égards aux pires cauchemars du régime d’assemblée presque partout rejeté aux oubliettes et dont nos Constituants ont exhumé le compendium à des fins contestables et partisanes. C’est, plus est, un monument d’incohérences, qui édicte parfois la chose et son contraire, peu projeté sur l’avenir, confié à des députés mal élus, plus prompts à maugréer qu’à dire et décider de choses qui fassent sens. Le tout, enfin, régenté par un consensus dont les deux artisans, florentins devant l’Eternel, savent pourtant qu’il est malencontreux et à terme fâcheux.

Une configuration où fatalement on ne gouverne pas et on ne laisse pas gouverner. Une aberration dont se ressent le pouvoir en son entier et d’abord l’Exécutif qui a toujours maille à partir avec une Représentation dite nationale peu pressée de se saisir des projets de loi qui s’amoncellent sur ses pupitres, surtout des textes jugés prioritaires et de la toute première importance. C’est le cas des instances constitutionnelles ou présentées comme telles, comme la Cour constitutionnelle, cheville ouvrière de tout le travail législatif, et de lois organiques dont les projets croupissent dans les placards du palais du Bardo. Le gouvernement s’en offusque. Sans plus. Pourrait-il en faire autrement dès lors qu’il est pieds et poings liés et qu’il lui est formellement interdit d’agir par ordonnances ?

Le gouvernement aussi

Certes, ce n’est pas la seule tare dirimante à laquelle il se trouve exposé. Lui-même ne peut être en reste car il ne semble pas avoir vocation à  livrer des résultats dont il pourrait être fier comme en témoignent nombre de ses faits, gestes et décisions. Au point qu’il est périodiquement question de son changement pour des griefs, certes pas toujours innocents, mais aussi parce qu’il ne remplit pas son office du mieux qu’il puisse le faire, fondamentalement au motif que, dans ses ressorts, on ne trouverait pas trace d’une vision claire, pertinente et largement convenue, qui trace un cheminement et fixe des buts à atteindre. De l’improvisation peut-être, mais on ne s’empêchera pas de repérer des formes d’impéritie qui grèvent son fonctionnement et, d’aucuns disent, sa composition. Même sa guerre contre la corruption dont il a fait son cheval de bataille et dont le lancement lui a valu une effusion de dithyrambes, a vite fait de tourner court pour s’ensabler dans des méandres de divers ordres.

Pressions d’ici et d’ailleurs

Mais ce n’est pas à cette aune qu’il est le plus sévèrement jugé. Qu’il s’agisse d’inflation, de dette, de chômage ou encore d’investissement, l’actuel gouvernement a ostensiblement fait pire que ses prédécesseurs, sans doute parce qu’il n’a pas été servi par la conjoncture, mais indiscutablement parce qu’il « y a mis du sien ». Avec une croissance qui peine à bouger pour procurer assez d’emplois à des jeunes de plus en plus nombreux à en demander, une inflation exponentielle qui érode dramatiquement le pouvoir d’achat pour devoir plafonner à un taux à deux chiffres cette année, des paiements au titre du service de la dette qui atteindront un niveau record de 22% du budget du pays en 2018, des salaires publics qui dévorent 15% du PIB, on peut affirmer que le pire n’est pas derrière nous. Et c’est peu dire !

Il est cependant clair que les tourments du gouvernement ne s’arrêtent pas là. Avec une grosse épine dans le pied qui s’appelle l’UGTT qui demande sur toutes les fréquences le départ de son chef et un vaste bal de chaises musicales, l’équipe ministérielle se trouve en butte à une succession d’obstacles qu’elle n’a pas les moyens d’enjamber. Sans parler d’un Fonds monétaire international, en père fouettard, qui sermonne, qui catéchise et qui fixe des politiques à coups d’injonctions comme il vient de le faire pour les prix de l’énergie et le Dinar.

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