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Mohamed Lahmar

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Une brigade de la sûreté spécialisée a arrêté dimanche soir les membres de l’équipage du navire Ulysse sitôt accosté au port de Radès , et ce après avoir accompli toutes les formalités légales pour y jeter l’ancre, apprend Shems fm.

Ils ont été placés en détention  sous l’accusation  d’infractions ayant porté préjudice à l’Etat.

Le navire est entré dimanche aux environs de 18 heures au port de Radès  où il a achevé les formalités  réglementaires deux heures plus tard.

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Contre toute attente, l’UPL (Union patriotique libre) a annoncé ce dimanche qu’avec Nidaâ Tounès, elle ne fera désormais plus qu’un. Une fusion le plus officiellement annoncée au terme d’un congrès extraordinaire de trois jours du parti à la présidence duquel Slim Riahi est revenu après une éclipse d’à peu près huit mois. Pour Nidaâ, il s’agit d’ « asseoir une entente nationale et républicaine autour du projet de Béji Caïd Essebsi », auquel « toutes les forces et personnalités nationales modernistes » sont appelées à se joindre. Sans omettre d’y ajouter un autre dessein, celui de «  mettre en place un projet politique démocratique qui répond aux objectifs nationaux, garantit l’équilibre politique et protège la Tunisie de tous les dangers qui la guettent ». Quoi de plus politiquement immaculé et conforme à la vocation même d’un parti premier vainqueur des élections. Sauf que dans le même communiqué où Nidaâ s’ébaudit de cette fusion, il rappelle sa position en faveur d’un « changement urgent et global de l’équipe gouvernementale pour mettre fin à la détérioration de la situation économique et sociale et à la crise politique qui menace la transition démocratique ». Presque simultanément, l’UPL, par la voix de sa porte-parole Samira Chaouachi, soulignait que son groupe parlementaire «  décidera de se retirer du bloc de la Coalition nationale s’il s’avère que ce dernier soutient le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et compte former un projet politique pour accéder au pouvoir ».

Arithmétique parlementaire

Il ne faut pas être clerc en la matière pour comprendre que c’est là que loge l’essentiel, car avec ses 15 députés au Parlement, l’UPL pourra offrir à son désormais frère siamois assez de voix pour faire pencher la balance et constituer, ce faisant, une force commune pour faire pièce non seulement à la « Coalition nationale » ainsi dépeuplée, mais aussi et surtout à Ennahdha, ostensiblement en atomes crochus avec Youssef Chahed.

Sans qu’il y ait lieu de se livrer à un rigoureux exercice d’arithmétique parlementaire, Nidaâ et l’UPL disposeraient alors de 62 sièges contre 68 pour Ennahdha auxquels s’ajouteraient les 43 de la Coalition nationale. Résultat des courses : on est bien loin du compte pour menacer Youssef Chahed alors que ses soutiens font florès pour garnir encore plus son assise parlementaire dans la foulée des défections que ne cesse de déplorer Nidaâ, si requinqué soit-il par la migration des élus de l’UPL tombés dans son escarcelle.

L’écueil de l’ego surdimensionné

Mais ce n’est pas là le seul écueil auquel le Nidaâ revu et corrigé va devoir se heurter. Et cela tient, à titre principal, à son nouveau leadership. Hafedh Caïd Essebsi et Slim Riahi auront-ils la ressource de cohabiter ? Et s’ils arrivaient à le faire, à quel coût et au prix de quelles concessions ? Ou pourrait à la toute rigueur pencher vers une coalition électorale en vue du scrutin de 2019, mais cela peinerait à tenir la route au regard des distances stratosphériques qui séparent les uns et les autres tant idéologiquement qu’en termes d’opportunité politique. Hafedh Caïd Essebsi ne serait pas indemne de velléités électorales présidentielles et devrait, dans cette logique, s’y employer selon un agenda qui lui est propre. Slim Riahi qui en avait fait autant lors de la Présidentielle de 2014 ne semble pas avoir rangé ses projets au magasin des accessoires. En tout cas, il n’en a pas pipé mot, ce qui ajoute à la confusion.

Quel programme commun !

Le bon sens et les impératifs de la chose politique dictent aux deux nouvelles composantes de Nidaâ Tounès d’élaborer un programme politique commun dans lequel pourront se reconnaître leurs bases respectives. Connaissant les ressorts des uns et des autres, on pourra tout au plus s’attendre à un composé de professions de foi, d’ébauches de politiques faites pour une alliance de circonstance, alors qu’un projet qui puisse convaincre les électeurs requiert bien davantage que cela , un programme électoral bien senti qui embrasse tous les compartiments du futur des Tunisiens et soit en prise sur leur vécu et leur réalité.

Un des fondateurs de Nidaâ Tounès, Lazhar Akremi a vu ce dimanche dans cette fusion un moyen utilisé par Slim Riahi pour faire relâcher les pressions dont il est l’objet par la justice avec laquelle il a maille à partir. Une grille de lecture qui pourrait ôter toute pertinence à ce projet politique commun dans lequel les deux formations politiques entendent s’investir pour «  répondre aux objectifs nationaux, garantir l’équilibre politique et protéger la Tunisie de tous les dangers qui la guettent ». Serait-ce bien le cas ? Attendons voir !

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L’union générale tunisienne du travail (UGTT) a informé les autorités gouvernementales dans des correspondances officielles, qu’une grève générale sera observée dans le secteur public le 24 octobre 2018, selon un communiqué de l’organisation syndicale publié, mardi, sur son site officiel Internet.

Cette grève a été décrétée, lit-on de même source en raison du “piétinement des négociations sociales dans le secteur public face au manque de sérieux dans la recherche de solutions adéquates permettant de parvenir à un accord à même de remédier à la détérioration du pouvoir d’achat des salariés dans les établissements et les entreprises publiques.”

La grève a, également, été décidée en raison “des mesures unilatérales” prises par le gouvernement concernant la cession totale ou partielle d’entreprises publiques malgré l’existence d’un accord entre le gouvernement et le syndicat sur leur réforme, ajoute le communiqué.

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Divorce ou séparation de corps. Des années durant, porté sur les fonts baptismaux, le consensus scellé à Paris par Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi est désormais lettre morte, à l’initiative d’Ennadha, tient à préciser le premier nommé. Le Document de Carthage ipso facto à l’avenant, ouvrant une ère d’incertitude dont nul ne sait sur quoi elle va déboucher. Le parrain de cette « rencontre de Paris », Slim Riahi, se démène pour recoller les morceaux. Il a déjà rencontré le chef du mouvement Ennahdha, et a demandé à en faire autant avec le président de la République. Ce devrait être chose faite dans les jours à venir, assure-t-on. Arrivera-t-il à réconcilier les deux patriarches ? Nul non plus ne peut le prédire tant le contentieux est sérieux et les griefs de part et d’autre incommensurables.

Un désaccord si profond que « The Economist », l’hebdomadaire britannique de référence à l’échelle internationale, tirant à plus de 1 500 000 exemplaires vient de publier à son sujet une analyse sans concession sous le titre « Le duo garant de la stabilité de la Tunisie s’est disloqué ».En exergue, il note que « les Tunisiens les ont baptisés «les deux cheikhs». Ils composent un duo mal assorti, cet attelage de vieillards qui dirige le pays depuis 2014. Rached Ghannouchi est à la tête d’Ennahdha, un parti islamiste modéré qui a dominé le premier parlement élu après la révolution tunisienne en 2011. Il a démissionné en 2014 dans la foulée d’une série d’assassinats politiques ». Lors de l’élection suivante, rappelle-t-il encore, les électeurs ont accordé une majorité de suffrages à Nidaa Tounes, une coalition laïque dirigée par le président actuel, Beji Caïd Essebsi. Les deux hommes ont formé une alliance improbable, Ennahdha jouant un menu rôle dans un gouvernement d’union et soutenant nombre de ses politiques. Le 24 septembre cependant, BCE a annoncé que le pacte a vécu. «Ennahda a pris un autre chemin», dit-il amèrement.

Une longévité sans nulle autre pareille

The Economist explique que les alliés d’hier ne se disputent pas pour des raisons tenant à la religion ni sur une question de fond, mais au sujet du chef du gouvernement choisi par Béji Caïd Essebsi Essebsi. Avant sa nomination en 2016, Youssef Chahed était un « obscur économiste titulaire d’un doctorat en agroalimentaire. Il est désormais souvent considéré comme le politicien le plus digne de confiance de la Tunisie (certes un faible obstacle à franchir). Ses efforts pour lutter contre la corruption bénéficient d’un soutien populaire. Dans ce poste, il cultive une longévité à nulle autre pareille depuis 2011. Le président semble maintenant regretter de l’y avoir nommé. BCE et son fils influent, Hafedh, ont publiquement critiqué le chef du gouvernement pour sa gestion de l’économie.

Certains Tunisiens seraient d’avis que c’est le cas. Soutenu par le FMI, le gouvernement a imposé de douloureuses mesures d’austérité. Sans doute sa politique la plus controversée a-t-elle permis d’affaiblir le dinar, qui a chuté de plus de 20% par rapport au dollar ces deux dernières années, atteignant son plus bas niveau en plus de dix ans. La dépréciation a stimulé, toutefois,  certaines entreprises. Les exportations ont augmenté de 20% au cours des huit premiers mois de l’année. Les exportations de produits agricoles ont augmenté de 63% par rapport à la même période l’année dernière. Les prix bas attirent également les touristes. Cet été, de nombreux hôtels affichaient complet. Les dépenses des touristes jusqu’en juillet ont été de 44% supérieures à celles de l’année dernière.

Mais la faible monnaie a fait des ravages dans les caisses de l’État, car beaucoup de ses dettes sont libellées en dollars. L’année prochaine, la Tunisie dépensera 9 milliards de dinars (3,2 milliards de dollars) en service de la dette, ce qui équivaut à environ 8% du PIB et 76% de plus qu’en 2016. Les prix des carburants ont été multipliés par quatre en 2018, mais la facture de la compensation continue d’augmenter. Cette année, elle atteindra 4,3 milliards de dinars, soit presque trois fois plus que prévu. Certains économistes estiment que la dévaluation est allée trop loin. Et bien que les exportations soient en hausse, le déficit commercial continue de croître.

Ghannouchi, un politicien rusé !

Ghannouchi soutient le chef du gouvernement et affirme que le congédier mettrait un frein aux réformes nécessaires. Ce n’est pas une position naturelle pour Ennahdha. Il tire une grande part de son soutien des régions défavorisées qui ont manifesté contre les hausses d’impôts plus tôt cette année. Le parti a montré sa volonté de travailler dans l’intérêt national, même à ses dépens. Mais Ghannouchi est également un politicien rusé. Son soutien à Chahed est un signe de la faiblesse du parti au pouvoir, estime l’hebdomadaire britannique.

Après les élections de 2014, Nidaa Tounes détenait 86 sièges au Parlement, soit 40% du total, dont la moitié environ a fait défection, depuis. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté de Chahed, qui a été suspendu de Nidaa Tounes le mois dernier. Leur «coalition nationale» n’a pas encore été enregistrée en tant que parti politique. Quand ce sera le cas, ce sera l’un des plus importants au Parlement, à peu près de la même taille que Nidaa Tounes. Avec le soutien d’Ennahda, Chahed pourrait probablement échapper à un vote de censure. Les Essebsis craignent d’être éclipsés par leur propre création.

La Présidentielle, un  créneau surpeuplé »

Chahed a été vague sur ses ambitions politiques. Il pourrait entrer au Parlement à la tête d’un puissant bloc. Si au contraire, il se présente à la présidence en 2019, ce serait dans un créneau surpeuplé. Ennahdha est susceptible de présenter un candidat. Et Leila Hammami, une universitaire libérale à qui on a interdit de se présenter en 2014, espère entrer en lice cette fois.

L’incertitude est un signe bienvenu. Essebsi a 91 ans, Ghannouchi 77. Ils passent souvent des marchés en privé et les présentent aux députés comme un fait accompli. La Tunisie a besoin de nouveaux visages et d’un parlement plus fort. Elle a besoin de plus de cheikhs – et de cheikhas aussi, conclut « The Economist ».

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En fait de pavés dans la mare, le président de la République, Béji Caïd Essebsi a eu la main large lors de son apparition télévisée, lundi soir, sur El-hiwar. Soixante-dix minutes durant, il a eu tout loisir d’aligner, il est vrai pas toujours dans le bon ordre, tout ce qu’il aurait pu dire dans une adresse aux Tunisiens, sans passer par un plateau en face d’une intervieweuse, tantôt peu accommodante, tantôt rasoir, mais toujours affairée à lui arracher le fin mot de l’histoire : jeter l’opprobre quorum populo sur Chahed et accabler son propre fils Hafedh.

Ainsi est allée cette rencontre cathodique dépouillée, plus est, de la moindre saillie, un exercice dont BCE maîtrise l’art et la verve, mais dont il n’a fait nul étalage, préoccupé plutôt par ce qui le tourmentait le plus, sa relation avec Rached Ghannouchi finie en eau de boudin et dont il a annoncé la rupture, curieusement, au détour d’une phrase aléatoire, que de nombreux observateurs ont mise sur le compte du dépit de voir le mouvement Ennahdha se ranger ostensiblement du côté de son rival du moment, Youssef Chahed. Certes Ennahdha invoque la stabilité gouvernementale, mais en fait, et ce qui semble irriter le plus le chef de l’Etat, c’est que son allié d’antan lui refuse son soutien dans l’utilisation de son arme absolue contre le chef du gouvernement, la mise en œuvre de l’article 99 de la Constitution.

Ennahdha, incrédule !

L’annonce a tout pour ne pas être anodine même si les dirigeants d’Ennahdha ne semblent pas vouloir s’accommoder du crédit qui s’y attacherait aux yeux de son auteur, en affirmant en chœur que leur parti demeure attaché au consensus vieux de plusieurs années entre BCE et Ghannouchi. Ils tiennent avec une égale ardeur à s’attarder sur les vertus de la rencontre de Paris et du choix du consensus qui ont fait de la Tunisie “une exception”. Sans oublier cet autre dividende capital, celui de protéger la transition démocratique et les importantes avancées politiques, telles la promulgation de la Constitution et l’alternance démocratique au pouvoir.

Mais l’essentiel est évidemment ailleurs, et Ennahdha n’est pas stratégiquement prêt à y jeter du lest. En s’interdisant de prêter main forte à Béji Caïd Essebsi dans sa croisade contre Youssef Chahed, il laisse le chef de l’Etat en rade, totalement impuissant face à la soudaine ascension de son poulain, tout aussi fougueusement occupé à gérer les affaires de l’Etat en allant aussi souvent que possible vers les citoyens à coups de tournées et de mesures qu’à soigner son image de présidentiable qui rassure, qui a une haute opinion de sa tâche et par-dessus tout qui est indemne de tout relent idéologique. Un grief dont les Tunisiens accablent de larges compartiments de l’échiquier politique y compris Ennahdha qui, pourtant, apporte un soutien presqu’indéfectible au chef du gouvernement quitte à irriter son ex mentor.

A qui profite la rupture ?

Pour autant, BCE a-t-il la ressource d’amener à composition le parti de Rached Ghannouchi et lui arracher un improbable soutien à son équipée contre le locataire de la Kasbah ? D’aucuns voient dans l’annonce de la rupture, lundi soir, une forme de pression, sans plus, sur un partenaire, somme toute irremplaçable, mais dont on espère qu’il « entendra raison » et donnera corps à ses protestations de fidélité au consensus. D’autres soutiennent que le président de la République, « écœuré » par la « traîtrise » de son ci-devant alter ego, n’a plus d’autre choix que d’aller de l’avant dans sa nouvelle logique hostile en attendant un incident de parcours qui pourrait altérer la bonne intelligence entre Ennahdha et Chahed, lequel ne pourra être dû qu’à des frictions en rapport avec les prétentions présidentielles de ce dernier.

Il reste qu’un autre brandon de guerre est venu s’ajouter à la crise politique dans le pays. BCE et Chahed sont désormais à couteaux tirés, et la balance semble pencher en faveur du chef du gouvernement qui est en train d’apparaître sous le visage d’un rassembleur de partisans politiques, fédérés, à ce stade, sous l’étiquette de la « Coalition nationale ». Une force politique qui, jointe aux députés d’Ennahdha, a la vocation et la capacité de lui procurer un réservoir parlementaire qui le met à l’abri d’éventuels coups de boutoir de l’autre tête de l’Exécutif et plus aisément de ceux de Nidaâ Tounès qui n’est plus que l’ombre de lui-même, dépeuplé qu’il continue d’être sous l’effet de massives désertions appelées à faire encore florès.

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Peu en odeur de sainteté l’un auprès de l’autre, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, ont finalement pris le parti de se rencontrer. Pour un évènement, c’en fut un après de longs mois hérissés d’abord de coups feutrés, puis d’échanges plus ou moins peu amènes et enfin de diatribes quasi quotidiennes décochées par le patron de la centrale syndicale et ses lieutenants. Une atmosphère si délétère qu’elle interdisait toute discussion sur un large éventail de dossiers urgents et épineux sur fond de situation politique, économique et sociale franchement mauvaise, bien que des canaux de contacts aient été aléatoirement mis en place entre les entourages des deux hommes.

Le bon sens commande que ces retrouvailles soient le prologue à un dialogue débarrassé de cet amas d’a priori, résolument en prise sur la réalité et l’avenir, et dans le droit fil d’une conviction nécessairement commune de trouver un terrain d’entente. C’est à la faveur de cette convergence retrouvée que les problèmes majeurs pourront être abordés avec une diligence dont il va falloir convenir, et surtout dans l’intérêt bien compris des deux parties, et par-delà tout dans celui du pays.

La glace se rompt

En l’absence d’un communiqué signé des deux interlocuteurs, on a senti à travers les quelques propos, laconiques mais lénifiants, tenus par Youssef Chahed qu’un premier pas est en train d’être franchi dans cette direction. La rencontre « positive et franche » a permis un « accord sur la poursuite du dialogue et du consensus pour trouver des solutions pour les différents dossiers ». Le gouvernement a exposé sa position et les pressions des finances publiques auxquelles il fait face, alors que le secrétaire général de l’Organisation ouvrière a présenté son point de vue sur les négociations sociales, la loi des finances et le pouvoir d’achat de la classe moyenne et défavorisée. Surtout, l’UGTT a fait montre de meilleures dispositions à cet égard.

Ce qui est certain, c’est que la barrière psychologique a été en quelque sorte brisée, du moins ébréchée, pouvant donnant lieu à une articulation sur laquelle il faudra capitaliser pour liquider une partie du contentieux où le politique prend le dessus sur le social et le syndical avec le rituel des appels au départ du gouvernement et, à la clé, de virulents réquisitoires descendant en flammes sa politique et ses décisions. C’est sans doute sous cet angle que la glace devra être le plus rompue. L’UGTT gagnerait à se replier vers sa vocation historique et naturelle, celle d’une organisation fédératrice, prête à aller au charbon chaque fois que l’intérêt suprême de la Nation le lui dicte, sans y déroger en s’éternisant dans les sentiers battus de la politique, telle qu’elle est menée par les partis, s’attirant les foudres de l’opinion de l’opinion publique, sa lassitude et parfois sa dérision. Pour faire plus simple, la centrale syndicale se procurerait un crédit plus conséquent si elle se gardait de se mêler, toute la sainte journée, de politique sauf s’il arrive à cette dernière d’avoir des retombées sur le social, l’économique et la condition des travailleurs.

La ressource de tenir son rang

Incontestablement, l’UGTT a rang de partenaire majeur dont la contribution est essentielle non seulement dans l’instauration et le maintien de la paix sociale, mais aussi surtout dans la conception et la mise en œuvre du processus de développement, et elle l’a montré tout au long de son histoire et de son parcours. En parrainant entre autres le Dialogue national, elle s’est parée des plus insignes lauriers et administré la preuve qu’elle est capable d’avoir la ressource de répondre à l’appel du devoir. D’autant mieux qu’en agissant à bon escient et à l’enseigne de la cohésion nationale, elle aura tout loisir de défendre les droits de la classe laborieuse, participer au bien-être général, et tenir son rang en tant que cheville ouvrière de la dynamique de la croissance et l’équitable répartition de ses dividendes.

On ne peut pas soupçonner le gouvernement de ne pas être conscient de l’envergure de ce rôle sauf qu’il est en peine d’en tirer les conséquences qui vaillent, étant régulièrement aux prises avec d’énormes difficultés financières, qu’il met invariablement en avant pour laisser sans suite les revendications sociales que porte l’Organisation ouvrière. En en prenant acte sans dire les comprendre, cette dernière ouvre une petite porte qui pourrait déboucher sur une sorte de gentleman’s agreement fondateur d’une nouvelle page entre le pouvoir et le syndicat. Commencer à en parler, c’est déjà faire bouger les choses !

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C’est indiscutablement le symptôme le plus brutal d’une balance commerciale qui bat de l’aile. Le dinar tunisien s’est inscrit dans une spirale que peu d’analystes se retiennent de qualifier de descente aux enfers. Et ce n’est point excessif au regard à la cadence à laquelle il plonge en l’absence du moindre indice que ce ne soit pas encore le cas sur le court terme voire à plus longue échéance. Les tout derniers chiffres de la Banque centrale de Tunisie sont là pour étayer ces craintes avec un déficit courant qui « s’est nettement élargi pour s’établir, à fin août 2018, à 7.675 MDT (ou 7,2% du PIB), après avoir atteint 6.767 MDT (ou 7% du PIB) une année auparavant ». En corollaire, elle fait état d’une « détérioration des paiements extérieurs toujours perceptible au niveau des réserves en devises qui se sont établies, au 12 septembre 2018, au voisinage de 3,9 milliards de dollars, soit l’équivalent 69 jours d’importations contre 93 jours à fin 2017 ». Une barre que l’on retrouve, pas plus tard que ce 17 octobre. Mécaniquement, et en raison de l’acuité du déséquilibre entre l’offre et la demande, le marché de change a connu une accélération du rythme de dépréciation du dinar vis-à-vis des principales devises, au cours de la période récente. Du premier au 12 septembre 2018 et par rapport à toute l’année 2017, le dinar s’est déprécié de 10,7% et 5% face à l’euro et au dollar américain respectivement.

On est alors à des années-lumière de l’année 2010, par exemple, où le dinar s’échangeait           contre 1,44 dollar. À la mi-septembre 2018, cette contre-valeur est de 2,78 pour un dollar et de 3,23 pour un euro, en ce début de semaine. Et avec une facture d’importation qui a augmenté de 20,4% à 13,9 milliards de dollars par rapport aux huit premiers mois de l’année dernière, le déficit devrait continuer de se creuser sur le reste de l’année, avertissent les analystes.

Le Fonds monétaire international a fait valoir que «la flexibilité du taux de change, appuyée par des adjudications plus compétitives de devises par les banques centrales, est essentielle pour aider à améliorer la situation du compte courant et à reconstituer les réserves internationales du pays». Une préconisation taillée en pièces par les économistes qui affirment que le maintien d’une telle «flexibilité» est contre-productif pour l’économie tunisienne et pourrait être «suicidaire» à long terme, arguant que le pays ne pourrait pas couvrir le déficit commercial croissant, alimentant ainsi le déséquilibre des comptes courants.

Un « précipice sans fond » !

Cités par « The Arab Weekly », ils ajoutent s’attendre à ce que le déficit commercial de 2018 dépasse le déficit commercial record de 2017, qui a atteint 5,6 milliards de dollars, soit 24% de plus que l’année précédente. L’un d’’eux, l’ancien ministre tunisien du Tourisme, Slim Tlatli, économiste, ne voit pas d’un bon œil que « les autorités continuent de laisser le dinar se déprécier dans le soi-disant objectif de mettre fin au déficit commercial. Nous devons changer de politique, qui pousse le pays dans un précipice sans fond », selon ses dires.

D’après lui et d’autres économistes, la dépréciation du dinar aurait permis d’ouvrir de nouveaux marchés pour les ventes à l’étranger si l’économie était plus productive et innovante, mais elle y a échoué. La Tunisie, largement reconnue comme la réussite économique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au cours des deux décennies précédant 2010, a été dépassée par le Maroc et l’Algérie, ses pays voisins, dans le dernier indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial. La Tunisie était 95ème, neuf crans au-dessous de l’Algérie et 24 spots plus bas que le Maroc, à l’échelle de la compétitivité.

Une politique « suicidaire »

“Lorsque l’élasticité des prix des importations et des exportations est faible, comme c’est le cas en Tunisie, la dévaluation du dinar amplifie encore le déficit commercial”, a déclaré Abdelaziz Halleb, directeur général de la société de composants électriques Omnitech, cité par la même source, faisant remarquer que le déficit commercial de la Tunisie se creusait depuis 2011, le dinar perdant progressivement du terrain face au dollar.

“C’est la raison pour laquelle cette politique monétaire est simplement suicidaire”, a-t-il prévenu, rappelant que la chute du dinar avait sérieusement affecté la valeur des exportations des composants mécaniques et électriques ». « Lorsque ces transactions sont conclues, les montants de leurs exportations ne sont pas influencés par la valeur du dinar. Pour certaines sociétés étrangères spécialisées dans ces composants, le seul facteur qu’elles mettent en avant pour choisir la Tunisie tient aux salaires de leurs employés locaux payés en dinars et quand le dinar chute, ces salaires diminuent aussi », a-t-il souligné. Pour les produits agricoles, «les recettes en devises émanant de leurs exportations manquent à croître si le dinar se déprécie», a-t-il ajouté.

La valeur en baisse du dinar a frappé l’industrie du tourisme, autre principale source de devises. «Les accords sont négociés avec des voyagistes étrangers pour l’été et en dinars. Lorsque nous déprécions le dinar, nous perdons en termes de devises », a-t-il affirmé, expliquant que les touristes d’Algérie et de Libye « affluent vers le marché noir pour échanger de l’argent. Nous perdons aussi en même temps que nous dévaluons le dinar ».

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Le porte-parole de la présidence du gouvernement Iyad Dahmani a, fermement, démenti, jeudi, l’existence d’une ” liste d’entreprises publiques ” que le gouvernement envisage de céder.

” Il n’y a aucune liste “, a assuré le porte-parole du gouvernement dans un communiqué posté sur le portail de la Primature, ajoutant que le gouvernement ne traite pas de la sorte le dossier de réforme des institutions publiques.

Plus tôt dans la journée, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) avait publié sur le réseau social ” Facebook ” et sur son site internet ce qu’il a qualifié de ” liste préliminaire d’institutions ” que le gouvernement envisage de céder. La centrale syndicale s’est dit étonnée d’une telle mesure d’autant que la plupart de ces entreprises sont rentables.

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Au regard de ce qui est en train de se passer en Tunisie, on se croirait au cœur d’un thriller politique dont on attend vivement l’épilogue. Les événements s’enchaînent à vive allure, ce qui fait évidemment désordre, alors qu’une âpre curée commence à livrer ses premiers symptômes avec un chef du gouvernement dont la tête est mise à prix et que des concurrents, ouatés de silence mais trahis par leurs incohérences, moins rarement par la tyrannique ambition qui les habite, se mettent en ordre de bataille en vue de cette échéance, devenue détestable, de la 2ème élection présidentielle de la IIème République.

Le casus belli qui secoue l’échiquier politique tient à Youssef Chahed et à ses ambitions présidentielles. L’homme n’en pipe mot alors qu’il est pressé de toute part de le faire, d’une seule enjambée et toutes affaires cessantes. Car c’est de cette manifestation d’intention que dépendra son maintien ou non à la présidence du gouvernement, au motif dûment déclaré et sans cesse répété que ce statut est irréconciliable avec celui d’un candidat à un scrutin, plus est présidentiel. En s’abstenant encore de déférer à ces appels, Chahed offre sans doute à ses nombreux adversaires la voie royale de le soupçonner de briguer la magistrature suprême, et ce faisant de leur faire de l’ombre, voire de leur damer le pion.

Le profil de présidentiable

Il tombe sous le sens que le locataire de la Kasbah finira par s’y résoudre, très probablement après s’être taillé un profil de présidentiable adossé à un bilan qu’il n’a, d’ailleurs, de cesse d’étoffer à coups de réalisations, aussi bien à domicile qu’à l’étranger, comme en témoigneraient les résultats de sa visite en Chine, d’indicateurs économiques qui virent vers le vert, et surtout au travers de son équipée contre la corruption qu’il vient de remettre en branle après un intermède où elle est comme tombée en somnolence, jurant avec les quarantièmes rugissants qui avaient marqué son démarrage.

A ne pas en douter, c’est dans cette croisade contre la corruption que Youssef Chahed doit puiser l’essentiel de son capital politique et de confiance, tant son impact est puissant sur l’opinion publique qui, faut-il le rappeler, lui avait témoigné une remarquable adhésion lorsqu’il           s’est attaqué au barons de la corruption et tenu sa promesse de les jeter en prison, pas tous certes, se limitant à ceux auxquels s’attachent une symbolique retentissante. En refaisant le coup, il pensait certainement reconquérir ce plébiscite ; seulement, il semble avoir péché par un empressement plus proche de la brusquerie que de la rapidité, ce qui lui a valu un tollé qu’il espère désamorcer en révélant, dit-il, dans les jours à venir les faits incriminés et les preuves qui étayent le limogeage collectif qui a décapité le ci-devant ministère de l’Energie et des mines.

Des encombres à congédier

Chahed pourra-t-il, mieux, saura-t-il parfaire sa stature de présidentiable, impérieusement avant la loi des finances, immanquablement jonchée de mesures fiscales forcément impopulaires ? Le bruit court que le PLF serait exempt de taxes et impôts qui rappellent ceux ayant entaché l’exercice 2018. Ce serait compter sans les fraîches « recommandations » du Fonds monétaire international relatives, notamment, à la facture énergétique, la dégringolade du Dinar qui, selon les conjoncturistes, est appelée à s’accentuer sans pour autant s’effondrer et l’inflation qui devrait, elle aussi, continuer sa flambée. Et c’est de l’issue de la gestion de ces encombres que dépendra la suite des événements.

Une fixation partagée

Sans parler bien entendu de la guérilla à laquelle se livrent sans désemparer les adversaires de Youssef Chahed, sommé de faire place nette, sans autre forme de procès. Une offensive qui a gagné ces jours-ci en ampleur avec la tonitruante entrée en lice de l’UGTT dont le secrétaire général, outre ses sorties oratoire sans ménagement, annonce comme très probable une grève générale dans le secteur public. Il rejoint ainsi tout l’attelage des partis politiques qui demandent, à des degrés divers, le départ du chef du gouvernement. C’est la propre formation politique de Youssef Chahed qui a ouvert le bal et mène toujours la danse, non plus à coups de communiqués enflammés, mais par des tentatives plus senties comme celle de débaucher les ministres de Nidaâ Tounès, alors que le chef du gouvernement était en déplacement en Chine. Des menées qui ressortissent à une même fixation : voir Youssef Chahed partir non seulement du gouvernement, mais aussi et surtout pulvériser toutes ses chances de se porter candidat à l’élection présidentielle.

Un dessein partagé par le mouvement Ennahdha qui met toutefois les formes en sommant le chef du gouvernement de choisir entre la Kasbah et la course présidentielle. Une injonction assortie de l’assurance de son soutien au gouvernement moyennant des changements de ministres, au cas où Chahed déciderait d’y rempiler.

On peut penser que ce dernier, appâté par le beurre et l’argent du beurre, ne sera pas, dans tous les cas de figures, en état de résister à ces assauts répétés pour devoir faire finalement le choix qui semble être le sien, Carthage. Ce qui , en bonne logique, lui dictera de mettre en place la logistique qui aille avec, soit la création de son propre parti, soit la constitution d’un rassemblement, nécessairement hétéroclite dont le noyau encore embryonnaire est cette « Coalition nationale » faite de rescapés de partis et d’indépendants.

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“Aucun baril de pétrole n’a été extrait depuis 1979 jusqu’à aujourd’hui”, c’est ce qu’a indiqué Mohamed Toumi, directeur général de la société Topic d’exploration et de production de pétrole et de gaz du champ pétrolier “Halk El Menzel”.

S’exprimant lundi sur Mosaïque fm, il a expliqué que la société n’a jamais accédé au stade du  processus de production et d’exploitation depuis la découverte des puits en 1977.

Des millions de dinars avaient été dépensés pour le forage et l’extraction du pétrole dans ce champ, malgré les péripéties en 2011 et l’absence de financement jusqu’à 2014, en raison de la situation politique à l’époque.

“Nous avons commencé les travaux de développement et entamé des études ainsi que l’acquisition des équipements”, a-t-il ajouté.

Ila également souligné que  le permis accordé à la compagnie  arrivera à expiration en 2029, ajoutant que la société détient les  décisions administratives qui l’attestent, particulièrement  un document de la direction générale de l’énergie qui  dispose  que la durée de la concession  court du 1er janvier 1979 jusqu’au 30 décembre 2029, soit 50 ans.

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On la sentait venir, c’est maintenant chose faite. La Tunisie est en pleine précampagne électorale, avant la lettre, certes, mais, à quelques encablures de la rentrée politique, les uns ont commencé à numéroter leurs abattis, les autres à avancer leurs pions, dans le dessein à peine voilé de conquérir un territoire, le plus large possible, et déposséder les éventuels adversaires de leurs fonds de commerce dont on peine à y trouver le moindre projet sauf celui de démolir l’autre, moins à coups de procédés à la loyale qu’au moyen de brigues et combines.

En attendant que la sélection naturelle fasse son œuvre, c’est l’incertitude qui règne en absolu avec des positions obscures voire impénétrables, mais des discours qui n’ont rien de convaincant pour un électorat qui a marqué ostensiblement sa désaffection à l’égard de la chose politique, comme l’avait montré le scrutin électoral. Dans ce capharnaüm indescriptible,seul le mouvement Ennahdha semble émerger du lot en se signalant par une position bien arrêtée et, semble-t-il, largement convenue, celle de faire injonction au chef du gouvernement, Youssef Chahed, de choisir entre la Kasbah ou la course à l’élection présidentielle. Le président de son conseil de la Choura, Abdelkrim Harouni, a été on ne peut plus clair et sentencieux : Chahed doit s’abstenir de briguer la présidence de la République s’il veut continuer de remplir son office de chef du gouvernement. Faute de quoi, Ennadha lui retirera son soutien qu’il lui apportait jusqu’ici en redoublant d’égards à son endroit, tant au Parlement que dans son contentieux avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Le « niet » de Ghannouchi refait surface

On est déjà à mille lieues du « conseil » que les dirigeants du parti s’évertuaient à donner à Youssef Chahed d’oublier ses prétentions présidentielles, mais dans le droit fil des préconisations, en fait des sommations proférées l’été dernier, presqu’à pareille époque, par Rached Ghannouchi, le dissuadant, voire lui interdisant de se porter candidat à l’élection présidentielle. En se libérant ainsi d’un candidat aussi sérieux et encombrant dont il espérait pourtant qu’il finirait par « entendre raison », Ennahdha s’ouvrirait un boulevard vers les échéances de 2019. D’autant que les postulants qui pourraient l’inquiéter sont quasiment inexistants, sauf un ou deux, du reste anecdotiques, qui disent songer à entrer dans la course, sans être catégoriques ni sûrs de leur fait.

Le cas BCE

Reste le cas BCE que certains de ses partisans disent indéboulonnable, et beaucoup de ses adversaires et la majorité des Tunisiens souhaitent qu’il rende le tablier et sorte par la grande porte. Le fait est qu’il se mure dans un silence très énigmatique, ne laissant échapper aucun signe, ni allusif ni sur le ton de la badinerie dont il est coutumier, sur ses véritables intentions. On ignore quel traitement le mouvement Ennahdha pense lui réserver, mais tout porte à croire que sa religion est faite là-dessus : il ne posera, à la toute rigueur, que peu d’encombres. D’ailleurs, le parti qui dit avoir cessé d’être islamiste lui a décoché ce dimanche même, un camouflet sans appel en balayant sans autre forme de procès les conclusions du rapport de la Colibe. Son conseil de la Choura a annoncé rejeter « tout projet contradictoire avec la Constitution et avec les textes catégoriques du saint Coran », tout en ajoutant par le truchement de son président que « la Tunisie est un Etat civil dans une société musulmane qui respecte les principes islamiques et constitutionnels ». «  C’est un Etat civil qui reflète la volonté du peuple », a-t-il expliqué.

Chahed vs les siens

Dans cette adversité, Youssef Chahed continue d’avoir maille à partir avec les siens ou supposés comme tels. Nidaâ Tounès, sous la houlette de son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi, que l’on soupçonne d’avoir, lui aussi, des visées présidentielles, n’a de cesse d’étriller le chef du gouvernement, lui trouvant tous les défauts du monde, et demandant invariablement et sur toutes les fréquences son départ. Il s’y essaie par une variété de moyens, même s’il a essuyé quelques échecs dans ses tentatives, dont la plus illustre a été celle du vote de confiance du nouveau ministre de l’Intérieur, en se dégonflant à la dernière minute. Mais rien n’est susceptible de le ramener à de meilleurs sentiments envers Youssef Chahed, ni sur le court ni sur le moyen terme.

Il reste que l’actuel chef du gouvernement ne semble pas s’inquiéter outre mesure de cette coriace opposition. D’autant moins qu’avec la refondation de l’échiquier politique dans le pays, il espère pouvoir compter sur d’autres soutiens, comme celui que lui a manifesté le nouveau groupe parlementaire formé de députés indépendants et d’autres inscrits dans d’autres groupes, dont le nombre total s’élèverait entre 35 et 40 députés.

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Qui parmi les Tunisiens ne s’est pas plaint, pendant les fêtes de l’Aïd el-Idha, de cette paralysie qui a frappé indistinctement service public, commerces et toute une variété de prestations les empêchant de vaquer passablement à leurs occupations ordinaires. La trêve des confiseurs est passée par là. D’autant plus qu’aux jours fériés légaux, on ne s’est pas dispensé d’ajouter d’autres, de son propre chef, soit pour convenances personnelles, soit dans le droit fil de cette indolence érigée en sport national.

C’est en tout cas un épisode qui en dit long sur cette répugnance à l’effort qui possède une large majorité des Tunisiens actifs sous différents formes, dont on citera aléatoirement l’inassuidité au travail, les congés à tout-va, les sit-in et dérivés… Autant de pratiques sur lesquelles l’administration surtout, a pris l’habitude de fermer les yeux depuis un lustre, et auxquelles se sont joints deux « bizarreries » légales monumentales : le congé du samedi et la séance unique au sujet desquels des voix officielles ont commencé à émerger demandant leur annulation pure et simple au regard de leur fort impact sur la productivité.

Un secteur public pléthorique et inefficace

Et pour cause, ce ne serait pas le dévouement au labeur qui étouffe nos concitoyens, notamment parmi les plus de 600 mille de la fonction publique, d’invétérés budgétivores, dont les rangs se sont immodérément gonflés d’environ 20% en 2012, propulsant la Tunisie aux premières loges en termes de masse salariale dans le monde. Paradoxalement, cette exponentielle prolifération ne s’est point traduite par aucune amélioration des prestations du service public, dégradant même leur qualité et excédant encore plus les administrés autant que les usagers.

Pourrait-on éprouver pire quand on sait qu’au sortir d’une révolution que l’on espérait rédemptrice, les Tunisiens sont impérieusement appelés à retrousser les manches, travailler plus, débrayer moins, en un mot aller au charbon, d’abord pour rompre avec les pratiques d’antan et en chemin, jeter les fondements d’une nouvelle architecture de développement à la faveur de laquelle ils pourraient enfin récolter les fruits de ce que les jeunes parmi eux ont osé faire et entreprendre, un certain 14 janvier 2011. L’univers du travail s’offrait pourtant comme un domaine parmi les plus idoines pour fonder une nouvelle culture, voire un culte voué à l’effort, réhabiliter la valeur du travail, longtemps mise à mal.

Management très directif !

Il est vrai, comme le soulignait le professeur en psychologie à l’université tunisienne, Noureddine Kridis, qu’on a des difficultés à « demander aux gens d’avoir des valeurs positives par rapport au travail quand les conditions de travail ne sont pas favorables et si dans l’entreprise, on ne cherche que la force du travail négligeant le développement de l’homme qui est derrière ». Il est vrai aussi, constate-t-il, que « la Tunisie a hérité d’un style de management très directif, partout, il n’y a que des directeurs, beaucoup de directeurs, alors que les autres ne sont que des exécutants et des laissés-pour-compte, ce qui fait que vu de l’extérieur, les Tunisiens n’aiment pas travailler, ou travaillent peu et sont paresseux. La valeur travail est en chute libre ».

Certes, mais encore, on ne doit pas se voiler la face devant cette tendance quasi générale qui incite les citoyens à se transformer en irréductibles tir-au-flanc qui regardent les missions à eux assignées comme une corvée mal rétribuée, fastidieuse, peu valorisante. Corollaire fatal : la paresse prend rang d’ « activité » ambiante aux dividendes réels et contagieux. D’autant comme il est souvent dit, « il est reposant de voir les autres travailler ».

Un Etat impécunieux

De toute évidence, cela a un coût pour le budget de l’Etat qui traîne un déficit abyssal, obligeant les pouvoirs publics à solliciter sans répit les bailleurs de fonds, tels que l’implacable Fonds monétaire international qui joue à la Tunisie, à chaque fois, le mélodrame du déboursement des tranches de son prêt dont l’essentiel sert à éponger le déficit budgétaire et payer les salaires. On ne s’empêchera pas d’y ajouter la désaffection des investisseurs tant domestiques et étrangers, pour cause de « repoussantes » conditions de travail dans le pays, et cela, sans conteste, rejaillit fort négativement sur la croissance, l’emploi, et bien d’autres paramètres qui fondent le développement dans toutes ses composantes.

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Le gouvernement et l’UGTT ont convenu de porter l’âge de la retraite dans le secteur public à 62 ans alors que pour le départ facultatif, il a été fixé à 65 ans, et ce à partir de 2020, a annoncé le directeur général de la sécurité sociale au ministère des Affaires sociales, Kamel Madouri.

Dans une déclaration à l’agence TAP, il a précisé que le relèvement de deux années sera progressivement obligatoire auxquelles s’ajoutent trois années à titre facultatif.

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C’est peu dire que l’épisode du vote de confiance au nouveau ministre de l’Intérieur était un simple bras de fer dont le chef du gouvernement, Youssef Chahed est sorti vainqueur. Le mélodrame dont l’hémicycle du Parlement a servi de planches n’est sans doute que le prologue d’autres batailles forcément violentes où tous les coups sont permis. Chahed a certes eu raison de ses adversaires et d’abord de ses ennemis jurés, mais cette issue porte en germe les ingrédients d’affrontements qu’il ne serait pas étonnant de les voir tourner à la conflagration politique générale. On ira alors d’embuscade en guet-apens à bras raccourcis à mesure qu’approchera l’échéance de 2019, déjà présente avec virulence sur l’échiquier politique.

Une victoire à la Pyrrhus ! Chahed en aurait remporté une s’il va lui arriver de céder à la facilité, de ne pas se prévaloir d’un bilan beaucoup plus convaincant que celui qu’il a célébré samedi, de manquer à se river à un esprit de suite conséquent en rendant compte de réalisations qui fassent mouche auprès des Tunisiens, impatients de voir leur vécu changer vers le meilleur, et de la façon la plus tangible possible. Surtout, il devra savoir montrer qu’il est capable d’oser avec la lucidité qui s’attache aux choses périlleuses, de dire à ses concitoyens ce qu’il en est réellement des défis que tout le monde est appelé à relever, sans détour ni leurre. Bref, il devra faire office de « bon père de famille » digne de confiance, fédérateur, et en rupture avec les errements politiques et d’autres ordres qui ont fortement abîmé la chose publique depuis 2011.

Une œuvre de longue haleine

En se parant de semblable armure, le chef du gouvernement se mettra en état de damer le pion à ses adversaires, au premier chef ceux du parti dont il continue de se revendiquer et qu’ils lui ont déclaré une guerre massive et impitoyable. On doit à la vérité de dire que ce ne sera pas quand même une promenade de santé. Hafedh Caïd Essebsi est peu susceptible d’être amené à composition. Il en administré la preuve irréfragable et tout porte à croire qu’il ne va pas s’arrêter au milieu du gué, même s’il a concédé cette palinodie qui, sans être décisive, a rendu moins compliqué le vote de confiance, samedi. Le moratoire de dix jours qu’il a fixé à Youssef Chahed lui faisant injonction de reprendre le chemin du palais du Bardo est le symptôme d’une œuvre de plus longue haleine où feraient bon ménage tous les accessoires de la manœuvre politique florentine.

Des « phrases assassines »

Deuxième écueil à enjamber, celui que représente le président de la République lui-même de par les positions nettes et tranchantes qu’il a prises à l’égard, souvent, contre le chef du gouvernement. Tout en se défendant de vouloir nuire à son ci-devant protégé, il ne s’est pas dispensé de lui cocher des piques qui en disent long sur le contentieux entre les deux hommes. Comme par exemple le distinguo dont il s’est fendu ce mardi même « entre l’homme politique chevillé aux élections et l’homme d’Etat qui a pour vocation majeure de se projeter dans l’avenir des générations montantes », emballant le tout dans un pronostic des plus incertains en assénant que « personne ne sait qui sera là en 2020, et où ». On peut penser que BCE rumine là toute l’amertume qu’il ressent vis-à-vis de Chahed, mais il s’y grefferait nécessairement d’autres suites frappées d’une égale incertitude.

L’ « angélisme » d’Ennahdha

Enfin, dans ce jeu de massacre, il serait impertinent de passer sous silence ce que le mouvement Ennahdha réserve à Youssef Chahed et le lapin qu’il sortira de son chapeau. On ne peut pas ne pas être frappé par cette aménité que Rached Ghannouchi témoigne à l’endroit du chef du gouvernement et ce soutien indéfectible qu’il lui a apporté voici quelques jours lors son épreuve face à la Représentation nationale. On en arriverait à y voir l’expression innocente d’un angélisme de saint de vitrail. Sous des dehors de sauvegarde de l’intérêt national et de la stabilité politique, couve, aux yeux de maints observateurs, des desseins inavoués et inavouables solidement ancrés dans la perspective électorale de 2019. C’est de bonne guerre, serait-on enclin à trouver. Mais se prêter à pareille alliance ne serait pas indemne de conséquences qu’il est difficile d’en voir le petit bout à l’heure actuelle. Le fait est qu’il y a un signe qui ne trompe pas, qui renvoie à cette préconisation faite par Ghannouchi à Chahed de procéder à un remaniement qui porte sur ce 5 ou 6 portefeuilles ministériels. Le bal est ouvert !

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Le chef  du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a déclaré, samedi, à Tunis, que “faire tomber le gouvernement ne va pas de l’intérêt du pays”, laissant présager que Youssef Chahed pourrait opérer un remaniement dans 5 ou 6 départements ministériels pour combler les vacances.

“Le gouvernement doit rester en place car il en va de l’intérêt de la Tunisie”, a encore souligné Ghannouchi en marge de la conférence nationale des Maires, tenue ce samedi à Tunis.

Selon Channouchi, Youssef Chahed va effectuer un remaniement partiel pour combler les vacances afin de préserver la stabilité du pays.

Ghannouchi a dit soutenir la candidature de Hichem Fourati au poste de ministre de l’Intérieur en raison de l’importance de ce département, qui ne devait pas être dirigé par un ministre par intérim, selon ses propos.

La Tunisie, a-t-il poursuivi, qui s’apprête à accueillir 8 millions de touristes, reste menacée par le phénomène de terrorisme, ce qui requiert une compétence élevée au poste de ministre de l’Intérieur.

Le président d’Ennahdha a fait remarquer que Hichem Fourati avait travaillé avec 5 ministres, ajoutant qu’il n’existe aucun prétexte pour rejeter sa candidature.

” Il n’existe aucun prétexte pour rejeter la candidature de Fourati, d’autant qu’il est indépendant et surtout, ne fait pas l’objet d’une enquête anti-corruption “, a-t-il noté.

“L’appui du nouveau ministre est synonyme de soutien de la stabilité de la Tunisie et de la lutte antiterroriste “, a-t-il estimé. A la faveur de cette stabilité, la Tunisie sera en mesure de mener à bien la saison touristique, les négociations avec les principaux bailleurs de fonds et élaborer le budget de 2019 dans un climat politique et social stable”, a-t-il soutenu.

Sur un autre registre, Ghannouchi a rappelé que le mouvement Ennahdha a remporté seulement 38% des sièges lors du scrutin municipal du 6 mai 2018, et non pas la majorité, contrairement aux informations relayées à ce sujet.

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Le groupe parlementaire de Nidaâ Tounès  a décidé de voter la confiance au nouveau ministre de l’Intérieur pressenti, Hicham Fourati, vient d’annoncer le député Soufiène Toubal dans une conférence de presse en présence de Hafedh Caid Essebsi, directeur exécutif de Nidaâ Tounès, rapporte Shems fm.

Hafedh Caid Essebsi a rencontré à deux reprises ce samedi les députés de son parti parallèlement à la tenue de la séance plénière de l’ARP.

Soufiène Toubal a exprimé le rejet de son parti de la façon dont a été nommé Hichem Fourati, dans laquelle il a vu une exclusion de Nidaâ Tounès

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C’est ce lundi que s’ouvre à Tunis la grand-messe diplomatique, traditionnellement rangée sous l’appellation conférence des chefs de missions et représentations diplomatiques et consulaires, la 36ème du nom , cette année. Il s’y attache une connotation d’un relief particulier au regard des échéances qui meublent son calendrier et dont on est en droit d’espérer qu’elles replacent la diplomatie tunisienne dans le statut qui a été longtemps le sien, lui attirant prestige, poids et fière allure.

Ayant rang de domaine réservé du chef de l’Etat sous la 2ème République, il arrive cependant à cette diplomatie d’être prise en défaut par une autre, parallèle, menée par le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, à la faveur de ses pérégrinations internationales, provoquant froncements de sourcils à Carthage, sans pour autant donner lieu à des soubresauts, son artisan prenant toujours soin d’en informer la Présidence et expliquer que ses activités à ce titre servent avant tout les intérêts du pays. Mais pas que, tiennent à faire remarquer maintes parties qui parlent de « road shows » ressortissant à d’autres desseins.

Retour aux fondamentaux

Le fait est que la diplomatie tunisienne est impérieusement tenue de revenir à ses fondamentaux et à ses références de toujours. Des rendez-vous capitaux lui sont offerts pour le faire. D’abord, le sommet des chefs d’Etat arabes que la Tunisie abritera en mars 2019, ensuite, le 18ème sommet francophone qui sera organisé sur ses terres, coïncidant avec le 50ème anniversaire de la francophonie initiée par Habib Bourguiba avec à l’époque le Sénégalais Léopold Sedar Senghor et le Nigérien Hamani Diouri. Tunis y voit « un nouveau succès pour sa diplomatie qui renforce le rayonnement du pays à l’étranger et reflète la confiance et la considération dont il jouit sur la scène international ainsi qu’une reconnaissance de son rôle d’avant-garde dans le raffermissement des rapports d’amitié et de coopération dans son environnement régional et mondial ». Un aboutissement auquel l’attribution à la Tunisie d’un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU auquel elle postule donnera un surcroît de crédit et de reconnaissance.

Ce sera sans doute l’opportunité rêvée de conjurer le déclin et la quasi absence de la diplomatie tunisienne depuis les années 90, occupée à se démener sur d’autres registres, souvent dans l’improvisation et au service de collusions qui ont peu à faire avec les intérêts essentiels du pays avec à la clé des diplomates surgis de nulle part, nommés suivant les allégeances et les vocations serviles que ce fût sous l’ancien régime ou encore celui de la Troïka. Au point que la Tunisie était traitée, en plusieurs occurrences, en pays laissé-pour-compte, sans influence notable sur le cours des événements même chez les pays du voisinage.

Conjurer les pratiques d’un autre temps

Renouer avec les fondamentaux c’est avoir une nouvelle vision de la diplomatie qui rompe avec des pratiques d’un autre temps, essentiellement axée sur l’économie, la conquête des marchés, le soutien aux entreprises, et des diplomates qui sachent s’y prendre avec un savoir-faire en atomes crochus avec les anticipations et les projections économiques et stratégiques qui vaillent, et des analyses bien senties qui aident le gouvernement à prendre les bonnes décisions et à fixer les bons choix.

Cela doit vouloir dire aussi sortir des sentiers battus, injecter du sang nouveau dans l’attelage diplomatique, se reconfigurer pour mener les batailles dictées par la concurrence internationale de plus en plus féroce en raison de l’arrivée de nouveaux venus. Il est tout aussi essentiel de fixer de nouvelles priorités et d’aller vers de nouveaux horizons, nommément des groupements économiques et douaniers porteurs de valeur ajoutée.

La Tunisie, doit-on le reconnaître, a commencé à s’y essayer, en rejoignant par exemple le COMESA           et en tentant d’en faire autant avec la CEDEAO. Ce sera tout bénéfice pour les entreprises et les opérateurs tunisiens qui voient leur marché traditionnel, l’Union européenne se rétrécir, faire la fine bouche et surtout pris d’assaut par d’autres nations plus entreprenantes et laborieuses.

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C’est sans aucune contestation possible la sortie médiatique la plus controversée de Béji Caïd Essebsi depuis qu’il a été élu à la magistrature suprême du pays. Il s’agit d’une interview télévisée accordée censément à trois médias de la place : Nessma, Al-hiwar et Mosaïque fm, qui n’a été diffusée que par le premier cité lequel en a sucré un bon quart au plus grand dépit des deux autres qui ont pris le parti de la passer sous silence.

Mais ce n’est pas là l’unique tare rédhibitoire de cette apparition télévisée transmise un dimanche soir, plus est, dans la foulée de finale de la coupe du monde de football qui avait drainé les grandes foules des téléspectateurs. La prestation du chef de l’Etat a péché par des incohérences dont il est rarement coutumier, du reste, au point qu’il lui arrivait de dire la chose et son contraire. Est-ce dû à un malencontreux montage ou le fait d’un agencement d’idées et de séquences mû par le souci de mettre en valeur un élément ou une annonce plutôt que d’autres ? Le fait est que BCE donnait la nette impression, par moments, de s’emmêler les pinceaux, incapable de livrer quelque chose de pertinent, qui a de quoi convaincre voire d’intéresser. Pourtant, le président, blanchi sous le harnais, n’a pas besoin qu’on lui rappelle, à plus ample informé, que le discours politique, ce n’est pas substituer le verbe à l’action, c’est bien dire pour pouvoir bien faire.

Un maquis d’injonctions et de révélations !

Exercice périlleux, la prestation de dimanche soir l’a été à de nombreux égards. Et BCE ne semble pas s’y être livré en disposant de tout le background nécessaire pour devoir s’en prendre comme il l’a fait à un chef de gouvernement qu’il a pourtant lui-même choisi, investi de sa confiance et soutenu dans les moments les plus difficiles. Sans doute a-t-il agi dans l’urgence dictée par son entourage, comme l’ont suggéré certaines sources. Il n’en demeure pas moins qu’un président de la République, dépositaire de la conscience nationale et référence suprême du pays, n’a nullement vocation à sommer un chef du gouvernement, plus est dans un régime parlementaire, de démissionner ou d’aller au Parlement pour solliciter un vote de confiance. Tout cela quorum populo, sans s’embarrasser des dégâts que cela pourrait entraîner en termes d’autorité de l’Etat et d’exercice de la démocratie, vertus cardinales d’une transition politique unique comme s’en réjouissent les responsables du pays.

Le bon grain et l’ivraie

Qu’il faille que le chef de l’Etat parle, cela fait sens sur toute la ligne, même s’il a toute latitude à le faire dans quelques jours lors de l’occasion solennelle de la fête de la République. Mais en décrétant que Youssef Chahed doit rendre le tablier ou demander la confiance de la Représentation nationale, il se range ostensiblement du côté de ceux qui ont fait de ce départ leur credo récurrent, alors même que le président de la République, par essence arbitre de la vie publique, doit comme il le professe, distinguer le bon grain de l’ivraie, en se plaçant au-dessus de la mêlée, en ayant pour unique motivation et inébranlable référence l’intérêt suprême du pays dont il a la charge suprême. Au demeurant, le président de la République, peut,  comme la Constitution l’y autorise, demander lui-même un vote de confiance du Parlement. Il a passé sous silence cette latitude qu lui reconnaît le Loi fondamentale. Une “omission” qui interpelle.

Tout aussi affligeante a été la révélation faite au sujet du limogeage de l’ancien ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem. Un désaveu qui n’a pas lieu d’être infligé à l’une des deux têtes de l’Exécutif, rendue, par ricochet, responsable voire coupable des décisions qui en ont suivi, nommément les massives chaises musicales au sein de l’appareil de la sécurité, à la suite desquelles aurait été perpétré l’attentat d’Ain Soltane. Est-ce en ligne avec sa promesse de dire au peuple toute la vérité sur cette attaque terroriste que le président de la République s’est fendu de cette révélation qui aurait dû être rigoureusement mise sous le boisseau alors que les investigations sont en cours et que les terroristes sont dans la nature ?

En instruisant à charge le cas Youssef Chahed, le président de la République, comme l’ont souligné maints politiciens, règle par procuration des comptes avec le chef du gouvernement quitte à tenter de le pousser vers la sortie, d’une façon ou d’une autre. Ce ne serait pas tout bénéfice pour la stabilité politique du pays, une éventualité abhorrée par les partenaires et les bailleurs de fonds de la Tunisie, qui ne se gardent pas de se féliciter des quelques résultats de la gestion gouvernementale et des réformes engagées.

Certes il n’y aurait pas lieu de se bercer de l’illusion que tout ira bien dans le meilleur des mondes, mais tout doit être fait et mobilisé pour que cette petite percée prenne l’allure d’une reprise économique inévitablement adossée à des institutions qui fonctionnent et qui livrent des résultats, si sommaires soient-il. Et le gouvernement en est bien une, et des plus essentielles.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a décidé d’augmenter le Smig pour les différents métiers dans le cadre de la politique sociale du Gouvernement et dans l’objectif de préserver le pouvoir d’achat des salariés à faible revenu, annonce samedi un communiqué de la présidence du gouvernement.

Il  s’agit d’une augmentation de 6%,  applicable à compter de mai 2018.

 

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