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Mohamed Lahmar

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Ce samedi, il est prévu des nuages localement abondants avec pluies isolées sur le nord et le centre, ces pluies seront temporairement orageuses et localement intenses l’après-midi sur le nord et le centre-ouest.
Des chutes de grêle par endroits.
Vent de secteur Nord sur le nord et de secteur Est sur le centre et le sud, faible à modéré de 15 à 30 km/h puis se renforçant relativement en fin de journée sur le Sud et dépassant temporairement 80 km/h sous orages .
Mer peu agitée à agitée dans le Golfe de Gabes..
Températures maximales comprises entre 28 et 33°C sur le nord, les hauteurs et les régions côtières, entre 33 et 37°C ailleurs et atteignant 39°C sur l’extrême sud.
Demain dimanche, des passages nuageux seront parfois abondants sur le nord et le centre avec pluies isolées .
Vent de secteur Nord sur le nord et de secteur Est sur le centre et le sud, faible à modéré .
Mer peu agitée .
Températures maximales comprises entre 28 et 32°C sur le nord et les hauteurs, entre 32 et 36°C ailleurs et atteignant localement 38°C sur l’extrême sud.

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La douane tunisienne a affirmé, vendredi, que Hafedh Caid Essebsi, a été soumis, à son arrivée à l’aéroport Tunis Carthage, en provenance de Qatar, à une fouille suite à des renseignement sur l’importation illégale par le voyageur d’une importante somme d’argent en devises.
Dans son communiqué, la douane a souligné que la fouille du président de la commission centrale et représentant juridique du parti ” Nidaa Tounes ” Hafedh Caid Essebsi, s’est déroulée d’une manière routinière et discrète et dans le respect du voyageur et de ses droits.
L’opération s’est déroulée sous la supervision directe de l’officier responsable des fouilles des voyageurs, a-t-elle encore précisé.
La Douane a, par ailleurs, fait savoir que le passager a quitté dans des conditions normales, dès la fin de l’opération de fouille.
Elle a exprimé son étonnement quant à la tentative de certaines parties de ” dénaturer les faits”, appelant à tenir la Douane loin de toutes les tractations.
Caied Essebsi a dénoncé dans un post facebook, “la fouille exceptionnelle” et “le mouvais traitement” subis à son retour en Tunisie.

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Le ministère de l’Intérieur a précisé dans un communiqué , vendredi soir, qu’une unité relevant de la Direction générale de la sûreté nationale a procédé ce jour à l”interpellation de Nabil Karoui au niveau de l’autoroute Tunis-Béja en exécution d’un mandat d’amener émis par une instance de la chambre de mises en accusation.
Le ministère ajoute que l’arrestation de la personne intéressée a eu lieu après présentation du mandat d’amener à sa demande et a obtempéré aux unités de la sûreté qui ont appliqué les procédures légales en vigueur dans de pareils cas , précisant que Nabil Karoui a écroué à la prison civile de Mornaguia.

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Surgi de presque nulle part et sur lequel peu de monde aurait osé parier un kopeck, Abdelfattah Mourou, complaisamment présenté comme le numéro 2 d’Ennahdha a été finalement choisi, à l’unanimité, importe-t-il de le préciser, comme celui qui portera les couleurs du parti lors de l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre. Le verdict est tombé mardi soir, tel un couperet mettant fin à un suspense au début duquel on apprenait que le conseil de la Choura avait pris l’option de ne pas sceller l’investiture de l’un des siens pour disputer le scrutin présidentiel, laissant la porte ouverte au soutien d’un candidat qui ne soit pas issu de ses rangs.

Le débat interne ne faisait que s’étirer et l’état-major du mouvement s’est fixé une date-butoir, renvoyant tout le monde face à l’impératif de conclure avant mardi soir, alors que les protagonistes étaient dans un mouchoir 45-44 lors du précédent conclave du conseil de la Choura. Il n’est quand même pas anodin que l’unanimité se soit vite faite de porter le choix sur quelqu’un dont on disait qu’il n’était voué à aucun haute charge au sein du parti dont il était pourtant l’un des deux fondateurs. Sans doute était-ce l’unique épilogue d’une dure épreuve à laquelle étaient confrontés tous les membres, et d’abord les militants, d’une formation politique dont la discipline est la vertu cardinale. Un parti de cadres qui fait la part belle à l’engagement militant au contraire du parti de masse qui a vocation à mobiliser un maximum d’adhérents.

La cassure a peut-être été évitée !

L’investiture de Mourou a ceci de « salutaire » qu’elle évite au mouvement Ennahdha une cassure, à tout le moins une division qui, sans rappeler ce qui arrive aux autres partis de l’échiquier politique tunisien, ne serait pas loin d’un aggiornamento qui pèsera de tout son poids sur le devenir de ce parti, d’habitude ésotérique mais auquel il est arrivé , cette fois-ci, d’étaler ses différends sur la place publique, avec la touche de pudeur qui sied à un parti islamiste. En tout cas, Mourou émerge comme un fédérateur qui aura la tâche d’arrondir les angles, raccommoder ce qui peut l’être et fixer dans le giron du parti les quelque 40 pour cent de ses membres, de jeunes militants frais émoulus, ayant rejoint Ennahdha depuis 2011 et qui, sans doute, brûlent d’en découdre avec la vieille garde.

Cette élection présidentielle anticipée au rebours des attentes des caciques d’Ennahdha déteindra-t-elle sur les Législatives où le chef du mouvement, Rached Ghannouchi, se présente dans la circonscription Tunis, et de là, briguera le perchoir de la prochaine Assemblée des représentants du peuple ? Et si c’était le cas, qu’est-ce qui pousserait Ennahdha à avoir le ventre si gros en ayant un pied au Bardo et un autre à Carthage ? Mourou a-t-il le pédigrée d’un président de la République, si peu importantes soient ses prérogatives au regard de celles d’un chef du gouvernement continuellement sous la coupe du Parlement ?

La voix de son maître !

Le fait est que le fondateur d’Ennahdha Rached Ghannouchi a estimé que le choix de Mourou comme candidat du parti est un signe de la « foi d’Ennahdha en la démocratie, la République et la révolution tunisienne », Et il ne s’est pas privé de défendre la décision de son parti de présenter un candidat à l’élection présidentielle en dépit de ses précédentes décisions contraires. Il n’en demeure pas moins que le gendre de Ghannouchi, Rafik Abdelsalam, a dénoncé publiquement comme «  un mauvais choix qui ne répond pas aux exigences de la phase actuelle », la décision d’investir Mourou pour l’élection présidentielle.

Abdelfattah Mourou aura à croiser le fer avec une aréopage de candidats qui se font annoncer au fil des jours mais dont il ne resterait pour le round final que le postulant antisystème Nabil Karoui, et Abdelfattah Mourou , selon de analystes dont l’avais a été sollicité par le site Middle East Eye. Ils expliquent que « la course finale se déroulerait très probablement entre Mourou et Karoui, en raison de l’éventuel partage des voix entre Youssef Chahed et Abdelkrim Zbidi, qui viennent du même courant politique moderniste ».

Mourou , le pragmatique !

Sharan Grewal, chercheur invité à la Brookings Institution, a décrit Mourou comme ” un leader d’une faction libérale et pragmatique ” au sein du mouvement islamique en Tunisie. Mourou a préconisé une division stricte entre le travail religieux et politique d’Ennahdha et a exprimé son soutien au choix des femmes musulmanes de marier des non-musulmans, une question controversée en Islam.

S’il devient président, cependant, son point de vue sur la politique étrangère sera le plus important. Selon la Constitution tunisienne, le mandat du président se limite à la politique étrangère, à la défense et à la sécurité nationale. Mourou a critiqué les politiques du président américain Donald Trump dans la région, en particulier la décision de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et son soutien à Israël. Mais, selon une autre analyse, ” un président d’Ennahdha maintiendrait probablement le statu quo ” dans les relations bilatérales entre la Tunisie et les Etats-Unis ».

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Le conseil de la Choura du mouvement Ennahdha a apprové, mardi soir, à l’unanimité, l’investiture de Abdelfattaf Mourou commme candidat du parti à l’élection présidentielle anticipée, rapporte Mosaïque fm, précisant que  l’investiture de Mourou a été adoptée sans passer par le vote.

Pourtant, il avait été annoncé plus tôt que le même conseil de la Choura  a décidé de ne pas se lancer dans la bataille de l’élection présidentielle anticipée avec un candidat issu de ses rangs.

Bien plus, le président du Conseil de la Choura, Abdelkarim Harouni, a déclaré au correspondant de l’agence TAP que la décision du Conseil concernant la sélection d’un candidat à la présidentielle de son propre mouvement ou le soutien d’une personnalité en dehors du parti sera annoncée mercredi.

Il a souligné que le Conseil de la Choura n’avait pas encore abordé les noms des candidats à l’élection présidentielle, “car la discussion sur les noms intervient après la détermination de la politique du mouvement dans la désignation d’un candidat au sein du mouvement ou l’appui d’une personnalité de l’extérieur du parti”.

Commentant le nombre élevé de candidats au poste de président de la République, Harouni a appelé l’Instance Supérieure Indépendante des Elections à prendre toutes “les mesures nécessaires pour assurer le prestige du poste de président de la République, premier poste de l’Etat”.

“Je souhaite que la concurrence des candidats à cette élection soit loyale d’autant plus que cette échéance marque le transfert pacifique du pouvoir et le bon déroulement de la transition démocratique en Tunisie”, a-t-il ajouté.

Pour sa part, le responsable du mouvement, Ali Laryadh a déclaré que la difficulté du Conseil de la Choura à décider de la nomination d’une personne appartenant au mouvement pour l’élection présidentielle ou le soutien d’un candidat venu de l’extérieur constitue “une preuve de la démocratie au sein d’Ennahdha”, soulignant l’importance que le mouvement donne son avis “étant donné qu’il ne peut rester neutre sur cette question nationale”.

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Le  conseil de la Choura du mouvement Ennahdha, réuni à Hammamet, a décidé de ne pas se lancer dans la bataille de l’élection présidentielle anticipée avec un candidat issu de ses rangs, rapporte ce mardi soir Mosaïque fm.

Le  conseil est en train d’examiner la possibilité de soutenir un candidat qui ne soit pas issu de ses rangs, ou celle d’observer une position de neutralité, ajoute la même source.

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Qu’il se soit agi de l’élection présidentielle ou des Législatives, l’édition 2019 ne dérogera pas à la règle posée cinq ans plus tôt. Ce sera la cohue chez les candidats, un casse-tête pour l’ISIE qui a recensé 1592 listes électorales, dont 695 partisanes, 190 coalisées et 107 indépendantes. Pour la Présidentielle anticipée dont le dépôt des candidatures s’est ouvert le 2 août, il y aura indiscutablement bousculade mais pas autant qu’en 2014 avec quelque 70 candidatures dont 27 ont été acceptées, et les autres, anecdotiques, téméraires ou malavisées ont tout simplement été déclarées irrecevables.

En attendant que les délais soient décrétés clos pour s’instruire du nombre exact des postulants au scrutin présidentiel, on observe comme une certaine pusillanimité des noms que l’on prenait pour certains à franchir le Rubicon. Certainement parce que le décès soudain de feu le président Béji Caïd Essebsi, a pris tout le monde au dépourvu, obligeant les uns et les autres à changer à la dernière minute leurs stratégies respectives pour rejauger leurs chances et composer avec les impondérables.

En attendant la fumée blanche de Montplaisir !

En ce dimanche 4 août, et au troisième jour des dépôts de candidatures, seuls 14 dossiers sont recensés, pour la plupart du menu fretin, en attendant que se manifestent les « majors », tels que le mouvement Ennahdha, Tahya Tounès, Nidaâ Tounès, lesquels, chacun à son échelle, soit ne semble pas pressé de se lancer dans la bataille, soit attend de savoir avec qui il va en découdre. Si Youssef Chahed, et il l’a dit, a pris sa décision qu’il annoncera dans les jours à venir, Ennahdha est engagé dans d’intenses débats internes opposant ceux qui insistent pour que le candidat du parti à l’élection présidentielle soit issu des rangs du Mouvement, et ceux dont Rached Ghannouchi lui-même, qui s’accommoderaient d’un candidat qui ne soit pas Nahddhaoui pur jus, forcément un indépendant ou une personnalité, partisane, à laquelle ont trouverait des accointances avec Ennahdha. En somme un « oiseau rare » qui serait ou bien Youssef Chahed, ou bien Abdelkrim Zbidi, dont des caciques d’Ennahdha disent du bien (de l’un comme de l’autre). En tout cas, il va falloir « retenir son souffle » jusqu’à mardi pour voir la fumée blanche s’élever de Montplaisir, peut-être plus tôt si Rached Ghannouchi se décide à mettre tout son poids dans la balance.

Très probablement, c’est de l’issue de ce marathon que dépendra le casting final de la course à la présidentielle. D’autant que le président du conseil de la Choura, Abdelkrim Harouni, et il ne s’en est pas caché, a confirmé que son parti est en consultation avec ses partenaires au gouvernement et plus encore avec Youssef Chahed au sujet du choix de la personne qui va porter d’une façon ou d’une autre les couleurs du mouvement lors du scrutin présidentiel. Youssef Chahed y est concerné au plus haut point même s’il dit s’être fait une religion sur la question. Au demeurant, l’instance politique du Mouvement Tahya Tounes l’a exhorté à se présenter à l’élection présidentielle anticipée, tout en convoquant le conseil national élargi du parti pour une session extraordinaire jeudi 8 août afin d’examiner cette question.

Un scénario consensuel !

Sans devoir se perdre en conjectures, Youssef Chahed devrait être le candidat non seulement du parti dont il est issu mais d’autres sensibilités et expressions politiques qui se reconnaissent en lui et dans les idées qu’il porte. Il semble avoir les faveurs assurées du chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi qui ne verrait pas d’un mauvais œil qu’il soit au palais de Carthage, et que, lui, s’installe au perchoir du Parlement, dans le cadre d’un scénario consensuel qui barre la route aux autres candidats qui ont échappé aux mailles du filet qui les aurait attrapés si les amendements de la loi électorale avaient été promulgués.

On ne sait pas comment le chef du gouvernement, Youssef Chahed, va s’y prendre pour mener sa campagne électorale au cas où cet arrangement serait acquiescé et scellé. Choisira-t-il d’avoir deux fer au feu, à la fois comme candidat à la Présidentielle et en tant que chef du gouvernement, quitte à s’attirer les foudres de ses adversaires ? Ou tout simplement déléguera-t-il ses pouvoirs à un membre du gouvernement qu’il aura choisi le plus officiellement du monde pour se consacrer à sa campagne électorale, chose qu’il aurait pu faire depuis un bail et, ce faisant, amélioré grandement ses chances de présidentiable ?

 

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Le chef  du gouvernement, Youssef Chahed  annoncera dans les jours à venir sa décision quant à une candidature à la prochaine élection présidentielle.

Dans une interview, jeudi soir, à la chaîne de télévision publique wataniya 1, il a indiqué que sa décision a été déjà prise, ajoutant qu’il la révèlera très prochainement à l’opinion publique, immanquablement avant le 9 août courant, date d’expiration du délai de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, accorde, jeudi soir, une interview à la chaîne nationale Wataniya 1 après le journal télévisé de 20h00, indique à l’agence TAP, une source à la présidence du gouvernement.

L’interview sera diffusée sur Wataniya 1 conjointement avec la chaîne privée Hannibal TV et radio Shems FM.

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Née dans l’euphorie des aurores de la 2ème République, la Constitution tunisienne a ramassé bien des lauriers pour ne pas dire tous. Au point que le président de la Constituante, Mustapha Ben Jaafar, dans une singulière envolée, en a dit qu’elle était « la meilleure au monde ». Seulement, à mesure qu’elle était confrontée aux péripéties de la vie politique et aux espiègleries de ses acteurs, la Loi fondamentale, a, en chemin, révélé, quelques échantillons de son défaut congénital qui est celui d’avoir été mal faite, mais surtout mal appliquée.

C’est que l’establishment en place depuis 2014 a pris effrontément le parti d’adapter la Constitution à la politique alors que c’est le contraire qui devait être érigé en règle. Et les gouvernants s’y sont livrés avec une démesure qui devrait tôt ou tard rejaillir sous des formes dont la plus ostensible à l’heure actuelle est le refus du président de la République de promulguer la loi électorale amendée par le Parlement et entérinée par l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi. une sorte d’ersatz à la Cour constitutionnelle qui devait voir le jour au plus tard un an après la promulgation de la Constitution. Les députés s’y sont essayés à sept reprises sans arriver à élire ses membres.

La sourde oreille !

Le chef de l’Etat, en convalescence au sortir d’un problème de santé ayant nécessité son hospitalisation, n’a pas jugé bon de signer le texte amendé aux fins de sa promulgation et de sa publication au Journal officiel. En faisant ainsi la sourde oreille, il entendait, comme l’a expliqué son conseiller politique, protester contre les dispositions jugées d’exclusion introduites par les amendements. Le président de la République, le délai forclos, ne s’est pas encore exprimé sur son refus de promulguer ni n’a dit pourquoi il n’a pas fait usage des deux mécanismes que lui reconnaît la Constitution pour rejeter le texte en question, à savoir, le renvoyer au Parlement pour une seconde lecture et soumettre le texte en question à un référendum.

Le président de la République a-t-il commis un impair en se barricadant dans un quant-à-soi constitutionnel, refusant de promulguer une loi dûment votée ? Assurément oui, au regard de l’article 81 de la Constitution qui dispose que « le Président de la République promulgue les lois et ordonne leur publication au Journal officiel de la République tunisienne, dans un délai n’excédant pas quatre jours ». Pourtant, rien dans la Loi fondamentale n’expose le chef de l’Etat à une sanction de quel qu’ordre que ce soit pour semblable forfaiture. Sauf pour une « violation grave » de la Constitution. Auquel cas, stipule l’article 88, « les membres de l’Assemblée des représentants du peuple peuvent, à la majorité, présenter une motion motivée pour mettre fin au mandat du Président de la République ». Et encore, dans ce cas, l’affaire est renvoyée devant la Cour constitutionnelle qui statue à la majorité des deux-tiers de ses membres. Une Cour constitutionnelle qui peine encore à voir le jour.

Tel Monsieur Jourdain

Manifestement, BCE n’est pas dans la configuration où il pourrait devoir répondre de « violation grave de la Constitution », ni de s’inquiéter de la moindre conséquence découlant de son refus de promulguer la nouvelle loi électorale. Une posture confortable pour le fonder à savourer la revanche qui lui tenait à cœur après les innombrables avanies qui lui ont été infligées par des proches coupables, à ses yeux, de félonie. Mais aussi le statut de tout-puissant qui est désormais le sien, celui d’un président qui dispose d’un pouvoir à ce point étendu qu’il lui est loisible d’inhiber tout processus de production de lois. Tel Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, BCE exerce une omnipotence qu’il ne soupçonnait pas, s’occupant, au contraire, presqu’en permanence à se lamenter de ne pas avoir assez de pouvoirs et a en demander plus.

Au demeurant, le président de la République s’arroge l’essentiel des prérogatives reconnues à une Cour constitutionnelle en exercice, autrement dit un pouvoir suprême auquel doivent se plier le Législateur et tous ceux qui ont vocation à appliquer la loi et d’abord l’Exécutif.

Alors que le processus électoral pour les Législatives est déjà engagé, seule la loi électorale ancienne est applicable. L’ISIE a annoncé qu’elle y défère aussi rigoureusement que l’y oblige la loi, sans aucune référence aux amendements introduits et votés par l’Assemblée des représentants du peuple.

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Les dirigeants tunisiens ont rarement cherché l’occasion de parler de ce qui se passe chez leur voisin. Et s’ils se sentent contraints de le faire, ils le font avec beaucoup de scrupules et autant de parcimonie. Pourtant, une partie de leurs vicissitudes, et non des moindres, vient du Sud-est, avec des menaces, moins souvent d’actes terroristes, pensés, préparés et fomentés dans les camps libyens. Serait-ce le cas du double attentat suicide de jeudi dernier ? Rien n’incite à l’exclure totalement. D’autant mois que la main de Daech qui conserve des entrées et des marques chez le voisin libyen, est explicite.

Le fait est que l’effondrement d’un appareil centralisé de sécurité et d’application de la loi en Libye a entraîné une prolifération d’acteurs non étatiques s’emparant du contrôle de petites portions du territoire dans l’ouest du pays. Cela se traduit par l’incapacité d’assurer la police du côté libyen de la frontière et a fourni aux groupes militants une zone raisonnablement sûre pour s’entraîner, s’armer et se préparer à mener des attaques en Libye. L’insécurité du côté libyen crée donc les conditions permettant aux militants de surveiller, planifier et infiltrer la Tunisie avec une relative facilité, malgré tous les efforts des forces de sécurité, estime « The Jameston Foundation »,l’institut de recherche et d’analyse basé à Washington dans une note sur les retombées de la situation en Libye sur la Tunisie.

Ce réseau complexe et hétéroclite de contrôle territorial complique également toute tentative de Tunis d’obtenir le soutien de ses homologues libyens. Alors que le territoire change de mains et que les alliances changent, il est particulièrement difficile pour le personnel diplomatique et de renseignement tunisien de maintenir et de mettre à jour les contacts nécessaires, sans parler d’assurer le soutien à la sécurité frontalière. En effet, les postes de contrôle sont des zones stratégiques précieuses, et les groupes qui les contrôlent sont susceptibles de chercher à obtenir autant de recettes financières que possible en extorquant des droits à ceux qui passent, plutôt que de les contrôler ou les contrôler. Cela signifie que la sécurité sera entièrement de la responsabilité de la Tunisie dans un avenir prévisible, car même si la LNA s’empare de Tripoli, il est peu probable qu’elle donne la priorité à la sécurisation des zones frontalières avant d’avoir consolidé sa mainmise sur les infrastructures et les ports pétroliers essentiels, prévoit la Fondation Jameston.

L’exode aussi !

La deuxième conséquence de la violence en Libye est l’afflux de réfugiés en Tunisie. Bien que la grande majorité des réfugiés libyens soient rentrés chez eux après la fin de la guerre civile de 2011, le nombre de personnes fuyant la frontière a récemment augmenté en raison du retour de la violence. Si les forces de la LNA percent les quartiers sud de Tripoli et que des combats intra-urbains éclatent dans la ville même, le nombre de personnes fuyant la frontière connaîtra une nouvelle flambée. Compte tenu des tensions politiques et de la faiblesse de l’économie tunisienne, même une augmentation relativement modeste des flux de réfugiés constituerait un sérieux défi pour le gouvernement, avertissent les auteurs de la note.

Cependant, le risque sécuritaire le plus grave que le conflit libyen fait peser sur la Tunisie n’est pas l’arrivée d’individus, mais l’arrêt du commerce transfrontalier. Le commerce transfrontalier, tant licite qu’illicite, est la principale activité économique dans les zones frontalières méridionales, qui ont toujours été négligées économiquement par le gouvernement. Les fermetures intermittentes des frontières et les déploiements accrus de personnel de sécurité rendent ce commerce impossible à maintenir aux mêmes niveaux. Les manifestations ont un impact régulier sur la Tunisie et commencent souvent par de petits problèmes locaux qui touchent l’ensemble de la population et peuvent paralyser les fonctions normales de l’entreprise. D’autres restrictions aux frontières conduiront probablement à des manifestations à Ben Guardane et dans d’autres villes frontalières importantes, ce qui risque de déclencher des troubles majeurs, ce qui est particulièrement déstabilisant dans le contexte d’élections imminentes.

En outre, le fait de priver la population locale de possibilités économiques pourrait à son tour l’inciter davantage à sympathiser, à coopérer ou même à adhérer directement à des organisations terroristes. Sous le contrôle territorial de Daech il y avait plus de 5 000 Tunisiens dans ses rangs, et malgré de nombreuses opérations antiterroristes, Daech et Al-Qaïda conservent l’infrastructure de recrutement nationale pour profiter de la hausse du chômage et de la pauvreté pour leurs propres besoins, affirme l’institut de recherche et d’analyse.

Exercice d’équilibrisme

La frontière tunisienne a été bien sécurisée ces dernières années. Située dans une zone tampon militaire, la frontière est protégée par des infrastructures physiques – tranchées, postes d’observation, clôtures et tours – et avec l’appui des États-Unis et de l’Allemagne, des mesures de surveillance électronique, y compris des vols réguliers de véhicules aériens sans pilote. Cependant, ils ne sont pas déployés de manière uniforme et il existe de multiples zones dans les zones désertiques du sud de Tataouine où les terroristes peuvent contourner ces points de contrôle. Leur mise à niveau, dans la mesure du possible, est sans aucun doute un bon début, mais elle ne résout pas le dilemme fondamental auquel est confronté l’établissement de sécurité tunisien – le renforcement de la frontière aggrave la situation économique dans les provinces du sud et fait craindre une crise sécuritaire pire que celle qu’elles veulent éviter.

« La solution réside dans l’équilibre entre les deux impulsions concurrentes, assurer la sécurité tout en minimisant les perturbations. Sur le long terme, le gouvernement tunisien doit investir dans les provinces du Sud, en améliorant les possibilités d’éducation et d’affaires et en atténuant la perception locale qu’ils sont oubliés par leurs concitoyens du Nord. Cela changerait fondamentalement le calcul politique. Toutefois, le développement significatif se mesure en années plutôt qu’en mois, et étant donné les problèmes économiques actuels de la Tunisie, il n’est pas réaliste de penser qu’il puisse être réalisé dans un délai significatif pour la crise actuelle. En tant que tel, l’exercice d’équilibrisme doit se poursuivre » pense la Fondation Jameston.

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L’interview de BCE sur El-Hiwar sera diffusée à l’heure dite, affirme la Présidence

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, remis du « grave malaise » à la suite duquel il a été hospitalisé, doit quitter ce lundi ou au plus tard demain matin l’hôpital militaire de Tunisie où il avait été admis jeudi dernier.

Dans l’entretemps, cet épisode a donné lieu à une débauche de commentaires, mais aussi de rumeurs dont la plus malveillante avait trait à une information qui s’est propagée, tel un feu de brousse, sur le décès du chef de l’Etat, aux côtés d’une autre, par bien des côtés, fantaisiste, sur un empoisonnement du président de la République, et enfin une troisième qui évoquait une tentative de complot pour s’emparer du pouvoir en place. Le fait est que si semblables bruits ont pu acquérir une certaine vraisemblance, c’est parce que la Constitution tunisienne adoptée en 2014, qui a, pourtant, prévu pratiquement tous les cas de vacance à la magistrature suprême du pays, n’a pas été relayée par les mécanismes qui régissent et organisent cette vacance, qu’elle soit temporaire ou définitive. Cela se nomme la Cour Constitutionnelle que les politiciens ont préféré, cinq années durant, garder sous le boisseau, sans avoir la plus petite clairvoyance de comprendre qu’en l’absence de cette haute juridiction, tout peut basculer d’un moment à l’autre.

D’autant que le pays était à quatre mois des élections législatives et présidentielles dont le décret de convocation des électeurs devrait être pris par le président de la République et publié au Journal officiel, avant le 6 juillet 2019. Sous peine de voir ces scrutins renvoyés à d’autres échéances. D’autant également que le projet de loi portant amendement de loi électorale avait été adopté et attendait, pour devenir loi de la République, d’être promulgué par le chef de l’Etat.

Un embrouillamini indescriptible

Un embrouillamini constitutionnel et politique qui n’aurait nullement lieu d’être si les partis politiques prépondérant au Parlement ne s’étaient pas dispensés de laisser traîner les choses, s’agissant de l’interminable succession des séances plénières consacrées à l’élection des membres de la Cour Constitutionnelle et qui n’ont jamais abouti, par la volonté, particulièrement, des élus du mouvement Ennahdha.

Un contretemps d’autant plus néfaste qu’en cas de vacance temporaire de la présidence de la République, la Constitution prévoit que la Cour constitutionnelle doit convoquer et charger le chef du gouvernement d’assumer les pouvoirs du Président pour une période de 60 jours. Mais si le poste devient vacant en permanence et de façon définitive, ladite Cour habilitera le président du l’Assemblée de la tâche d’assumer les pouvoirs du président de la République pendant une période de 45 à 90 jours, durant laquelle le pays organisera des élections. Mais ces dispositions posent aujourd’hui un problème majeur pour la Tunisie, en ce sens qu’aucun membre n’a jamais été élu pour siéger à la Cour constitutionnelle, qui n’existe que de nom. En conséquence, le pays se retrouve dans un bourbier que seuls ses députés en exercice peuvent résoudre, affirme la plateforme Stratfor, leader mondial du renseignement géopolitique.

Une importance indiscutable

Une crise de direction et de leadership n’entraînera pas nécessairement une rupture dans l’élaboration des politiques, explique le site, car le chef du gouvernement en Tunisie exerce un pouvoir politique et économique considérable, ce qui signifie qu’une vacance de la présidence de la République ne laissera pas le pays à la dérive. De même, il est peu probable qu’une telle crise affecte immédiatement la politique étrangère tunisienne, car le pays n’est pas, ne serait-ce que pour une raison ou pour une autre, une puissance régionale importante au départ.

Néanmoins, estime Stratfor, un problème de santé de Béji Caid Essebsi portera un coup à la stabilité politique de la Tunisie à court terme. Surtout, l’incertitude quant à son statut risque d’accentuer les divisions entre les partis politiques du pays, qui ont depuis longtemps montré une prédilection pour la fragmentation. Cette tendance affectera particulièrement les élections générales et présidentielles de cette année, d’autant plus que les forces politiques laïques continuent à se diviser en mouvements de plus en plus petits.

L’incertitude entourant le président de la République survient à un moment où l’économie tunisienne est en difficulté. Des niveaux élevés d’endettement public, ainsi qu’un chômage et un sous-emploi importants, entravent le potentiel d’une économie qui s’enorgueillit d’une des forces de travail les plus instruites de la région. Le cinquième examen par le Fonds monétaire international du mécanisme élargi de financement de la Tunisie, par exemple, a noté que le pays continuait d’éprouver des difficultés à gérer l’inflation et la dette publique.

Et puis il y a les problèmes de sécurité de la Tunisie, qui menacent l’industrie touristique vitale du pays. Le jour même où l’on a appris la détérioration de l’état de santé de Caid Essebsi, la police de Tunis a été visée par deux attentats suicides distincts, revendiqués par la suite par Daech. L’industrie touristique tunisienne a réussi à se redresser après les attaques visant directement les touristes en 2015, mais la reprise de l’activité djihadiste découragera naturellement le tourisme et les affaires, sans parler des effets tout aussi délétères qu’une crise du leadership aura sur le pays, conclut Stratfor.

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Ces dernières années, le Sud tunisien a attiré nombre de grands projets touristiques et d’énormes flux de vacanciers, capitalisant en cela sur le climat qui est le sien, les atouts procurés par la Nature et la diversité des produits offerts.

Dans ce cadre, maints projets touristiques sont en train de voir le jour, à l’instar de l’hôtel « Royal Khayam » dont les travaux de construction avancent à hauteur de 80%. Ce projet lancé par une société de Singapour a mobilisé des investissements de l’ordre de 30 millions de dinars.

Ce complexe touristique 5 étoiles développe une capacité d’hébergement de 150 lits, comme le précisent des données officielles du ministère du Tourisme, consultées par Africanmanager.

Douz compte parmi les villes les plus renommées du Sud-ouest tunisien, où se déploient de luxuriantes palmeraies aux confins et en plein Désert.

« Qatari Diar » de Tozeur

L’un des fleurons de l’infrastructure hôtelière du Sahara est sans conteste le projet « Qatari Diar » de Tozeur dont le chantier est pratiquement achevé. Il doit entrer en exploitation cet été avec une capacité de 170 lits pour des investissements de l’ordre de 146 millions de dinars. Ce bijou 5 étoiles ouvrira ses portes précisément courant juillet, et emploie 25 personnes.

Le projet cultive la singularité d’être édifié à Tozeur, ce qui est une première dans le cas de l’espèce, les mégaprojets étant généralement implantés dans les grandes villes et principalement dans le Grand Tunis.

On s’attend à ce que la réalisation du projet de Qatari Diar à Tozeur, développeur des plus grands complexes touristiques de par le monde, entraîne une dynamique au niveau des services et œuvre pour l’amélioration de la qualité de la main-d’œuvre sur place et la mise à niveau du produit touristique saharien, souligne le site Archibat.

Qatari Diar est détenue à 100% par Qatar Investment Authority, le fonds souverain de l’Emirat. Sa principale mission est de développer des projets immobiliers et d’infrastructures. Créée en 2005, elle a investi plus de 42 milliards de dollars à travers le monde (40% au Moyen-Orient et 30% en Afrique). Elle est très présente en France à travers des prises de participation dans la Société Fermière du Casino Municipal de Cannes (SFCMC), à hauteur de 22,7% dans un premier temps, dans le groupe Vinci également, devenant son deuxième plus important actionnaire, et à Veolia où elle s’est octroyé 5% du capital du groupe présent sur toute la planète et employant 310.000 salariés.

Le méga projet immobilier et touristique de Tozeur vient de se doter d’une existence juridique avec la constitution d’une une société à responsabilité limitée non résidente, dénommée « Qatari Diar Investissement Immobiliers – Tozeur ». L’objet de cette société est l’acquisition, la construction et le développement de terrains pour la réalisation, la commercialisation, la vente, la location, la gestion, la maintenance et l’exploitation d’un projet de complexe touristique et de loisirs luxueux dans le gouvernorat de Tozeur et la conclusion de tous les accords en vue de Ia réalisation de ce projet, précise encore Archibat.

Kébili aussi

Ailleurs qu’à Tozeur, à Kébili, par exemple, l’activité touristique dans le gouvernorat de Kébili a réalisé des résultats positifs en 2018, en hausse par rapport à 2017. En effet, le nombre des touristes qui ont visité la région l’année dernière a atteint 166 mille personnes contre 119 mille en 2017, soit une augmentation de 38,6%.

Par ailleurs, le nombre des nuitées est passé de 138 mille en 2017 à 184 mille nuitées en 2018, soit un taux d’accroissement de 35%.

Ces résultats encourageants sont le fruit notamment du retour des marchés traditionnels dont le marché français avec une hausse de 108% des arrivées, le marché allemand (226%), italien (69%), britannique (53%) et russe (23%).

S’agissant du marché intérieur, il occupe la première place en matière d’arrivées avec 50 mille touristes ayant passé 62 mille nuitées dans les unités hôtelières de la région en 2018.

Cette relance du secteur est en train de se poursuivre grâce notamment aux campagnes de commercialisation du tourisme saharien en Tunisie programmées auprès des agences de voyages et tours opérateurs et aux prochaines participations aux salons internationaux de tourisme.

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Mouvementés, ces derniers mois qui séparent les Tunisiens des élections législatives et présidentielles le sont à plus d’un titre, et à mesure que l’on s’y approche, les tensions gagnent en virulence. Les tiraillements aussi. L’IRI (International Republican Institute), l’organisation américaine missionnée pour répandre la démocratie à travers le monde, constate que « l’instabilité et la polarisation politiques de la Tunisie ont atteint un point critique » à l’approche des échéances électorales de l’automne 2019. Les rivalités politiques et idéologiques s’intensifient entre les figures de l’ancien régime et les acteurs politiques islamistes, comme le mouvement Ennahdha. La crise de leadership à Nidaa Tounes, un parti laïc composé d’un certain nombre de hauts responsables de l’État qui étaient au pouvoir bien avant la révolution, complique encore la dynamique politique fragmentée de la Tunisie, relève-t-il pour y ajouter « un effondrement de la confiance du public dans les partis et les institutions politiques ». « Au milieu de ces bouleversements politiques et de l’apathie de l’opinion publique, les élections de cette année montreront combien la désillusion des citoyens est profonde ».

Vulnérabilité à l’extrémisme violent

Il s’y greffe cependant une dimension qui se décline dans une « vulnérabilité accrue à l’extrémisme violent ». Selon l’International Crisis Group, le terrorisme est considéré par certains Tunisiens comme ” une conséquence attendue, presque une conséquence de la crise politique “. Non seulement l’instabilité politique a provoqué des divisions et polarisé le pays d’une manière qui pourrait être exploitée par des extrémistes violents, mais elle a également confondu et aggravé les réponses existantes visant à prévenir l’extrémisme violent (EV).

Cette dynamique pose d’importants défis aux acteurs clés au niveau local, estime l’IRI. Les répercussions de la transition démocratique, ainsi que l’instabilité politique au niveau national, ont entravé la capacité des autorités locales à s’attaquer efficacement à toute une série de frustrations des citoyens, y compris celles qui peuvent conduire à l’EV.

En Tunisie, les collectivités locales sont paralysées par les ressources et les difficultés croissantes liées à la décentralisation. Quatre-vingt-six municipalités (sur un total de 350) ont été créées en 2016 pour faire en sorte que chaque citoyen vaque à ses occupations et se développe dans un district municipal, et leur nouveau statut est entaché de difficultés en matière de personnel, de bureaux et de budgets. Les ” réflexes ” de l’ancien système autoritaire fortement centralisé, combinés à de faibles niveaux de sensibilisation des citoyens, exacerbent les tensions dans les communautés, explique l’IRI.

Au fur et à mesure que les administrations locales s’efforcent de s’acquitter de leurs nouveaux rôles et responsabilités, l’engagement et les initiatives des jeunes s’effondrent et les sentiments de désillusion et de désengagement ne font que croître, avec de graves conséquences sur la vulnérabilité de l’éducation des adultes, ajoute-t-il.

La voie à suivre

Bien que les administrations locales puissent se sentir limitées par des dynamiques indépendantes de leur volonté, les approches de l’ensemble de la société – qui comprennent à la fois des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux – ont un potentiel énorme pour traiter les types de griefs qui peuvent conduire à l’extrémisme violent. La société civile tunisienne est dynamique et peut travailler aux côtés des autorités locales pour amplifier l’engagement des citoyens et s’attaquer aux causes profondes de la radicalisation et de l’insatisfaction des citoyens. C’est pourquoi l’IRI dit travailler avec des groupes de la société civile de Ben Guerdan et de Kasserine, deux communautés qui ont souffert de l’extrémisme violent pendant des années, afin de cultiver un plaidoyer infranational, mené par la société civile, en faveur de politiques plus réactives et axées sur la communauté.

Face à l’aggravation des divisions politiques et à la nostalgie croissante de l’autoritarisme, certains experts pensent qu’une nouvelle régression démocratique est imminente. La Tunisie a atteint un tournant sur la voie de la démocratisation.A ce titre, il est essentiel d’engager les jeunes mécontents au niveau local afin d’endiguer la vague de vulnérabilités hyper-localisées à l’extrémisme violent. Dans le cas contraire, ces tensions pourraient s’amplifier et avoir de graves effets d’entraînement dans toute la région, avertit l’IRI.

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L’Union européenne, sur les traces du Fonds monétaire international qui a donné dernièrement son feu vert pour le déboursement de la 6ème de son prêt d’un montant de 247 millions de dollars à la Tunisie, a annoncé, ce lundi, avoir fait autant au titre de ses concours à la Tunisie en décaissant d’une aide macro- financière de 150 millions d’euros.

Il s’agit du deuxième des trois décaissements prévus dans le cadre du deuxième programme d’assistance macro- financière (AMF) adopté en faveur de la Tunisie par le Parlement européen et le Conseil le 6 juillet 2016. Au total, le deuxième programme s’élève à 500 millions d’euros. Avec la tranche déboursée aujourd’hui, l’UE aura fourni à la Tunisie 650 millions d’euros de fonds AMF depuis 2015.

Pierre Moscovici, membre de la Commission chargé des affaires économiques et financières, de la fiscalité et de l’union douanière, a déclaré que «  ce décaissement démontre l’engagement continu de l’UE à soutenir la Tunisie et son peuple. Pour sa part, la mise en œuvre réussie de l’ambitieux train de réformes nécessaires à la poursuite de ce décaissement témoigne de la détermination de la Tunisie à prendre les mesures nécessaires pour assurer sa croissance et soutenir sa reprise économique. L’UE continuera à soutenir ce processus.”

Les fonds AMF sont mis à disposition sous la forme de prêts à long terme à faible taux d’intérêt, sous réserve de la mise en œuvre de mesures politiques spécifiques convenues dans le protocole d’accord.

La Tunisie a rempli les engagements politiques convenus avec l’UE pour le déblocage du deuxième décaissement au titre du programme. Il s’agit notamment de réformes de la gestion des finances publiques, du renforcement des filets de sécurité sociale et de l’amélioration du climat des affaires. Ces mesures ont été conçues pour soutenir l’assainissement budgétaire et la croissance économique durable en Tunisie. La consolidation de la démocratie en Tunisie reste également une priorité pour l’UE.

Le deuxième programme d’AMF a été proposé à la suite des attentats terroristes de 2015, qui ont eu un impact négatif sur la reprise économique de la Tunisie. Cela a eu des retombées significatives sur la situation de la balance des paiements du pays et sur sa capacité à répondre à ses besoins de financement.

Un instrument exceptionnel

L’assistance macro-financière (AMF) s’inscrit dans le cadre plus large de l’engagement de l’UE vis à vis des pays voisins et se veut un instrument exceptionnel de réponse de l’UE aux crises. Il est à la disposition des pays voisins de l’UE qui connaissent des problèmes de balance des paiements. Il est complémentaire de l’assistance fournie par le FMI. Les prêts AMF sont financés par des emprunts de l’UE sur les marchés des capitaux. Les fonds sont ensuite rétrocédés aux pays bénéficiaires à des conditions financières similaires. Les subventions AMF proviennent du budget de l’UE.

Le deuxième programme d’AMF pour la Tunisie a été proposé par la Commission européenne le 12 février 2016 et adopté par le Parlement européen et le Conseil le 6 juillet 2016. Les conditions politiques ont été convenues entre l’UE et la Tunisie et définies dans le protocole d’accord et l’accord de prêt signés à Bruxelles le 27 avril 2017.

Le premier programme d’AMF s’est achevé en juillet 2017 et a permis l’octroi à la Tunisie de 300 millions d’euros de prêts.

La stratégie d’assistance de l’UE à la Tunisie fait appel à un large éventail d’instruments d’assistance financière et technique, y compris des programmes d’appui budgétaire au titre de l’instrument européen de voisinage (IEV), dont la Tunisie est l’un des principaux bénéficiaires parmi les pays du voisinage Sud, bénéficiant également de prêts importants de la Banque européenne d’investissement.

10 milliards d’euros au compteur

Au total, près de 10 milliards d’euros ont été mis à la disposition de la Tunisie sous forme d’aide financière continue fournie par l’UE, ses États membres et ses institutions financières sous forme de subventions, de prêts et de fonds propres. Outre ces fonds, l’UE soutient également la Tunisie en lui apportant son savoir-faire et en lui donnant accès aux programmes de l’UE. Les deux opérations d’assistance macro- financière complètent l’aide non remboursable accordée par l’UE à la Tunisie au titre de la politique européenne de voisinage et de son instrument financier, l’ENI. L’aide non remboursable de l’UE à la Tunisie depuis la révolution de 2011 s’élève à plus d’un milliard d’euros.

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Tant attendu et plusieurs fois différé, le Pont de Bizerte est techniquement fin prêt, et son projet ficelé. Il appartient désormais aux investisseurs d’approuver les dossiers de l’appel d’offres international technique et, ce faisant, désigner les entreprises auxquelles sera confiée l’exécution du projet, a assuré la présidente de l’unité de mise en œuvre du projet du nouveau pont de Bizerte, Lilia Sifaoui, dans une interview à Africanmanager.

Elle a précisé que l’unité en question a transmis les dossiers de l’appel d’offres à l’instance de conseil qui a vocation à les examiner, ensuite de quoi ils seront soumis à l’investisseur, lequel, à son tour, approuvera l’appel d’offres avant d’en faire la publication, affirmant que le démarrage des travaux est prévu courant 2020, c’est-à-dire après la clôture de l’appel d’offres et la résolution de la totalité des difficultés et problèmes fonciers.

En attendant, il a été d’ores et déjà procédé à la publication du décret d’expropriation de l’emprise de l’ouvrage dans sa première partie reliant l’autoroute A4 à la ville de Bizerte, une étape qui sera suivie d’autres dans le cadre de la pré-éxécution effective du projet dont les crédits de financement estimés à 780 millions de dinars.

L’indemnisation en bonne voie

Le gouvernorat de Bizerte affirme dans ce contexte que l’on s’achemine vers le démantèlement de tous les obstacles fonciers et immobiliers en lien avec le projet, et ce grâce à la conjugaison des efforts des autorités régionales, de l’autorité de tutelle et des citoyens, précisant que le montant des fonds alloués au titre des indemnisations s’élève à 47 millions de dinars pour la totalité du projet.

Les lots relevant de la première tranches du tracé du pont sont au nombre de 320 dont les propriétaires ont accepté les sommes qui leur ont été proposées par les services de l’Etat compétents. Quelque 98 contrats d’indemnisation ont été signés et les numéraires seront remis cette semaine à leurs bénéficiaires, alors le règlement des 62 lots restants interviendra sitôt accomplies les formalités d’enregistrement.

Concernant les autres terrains ayant fait l’objet de décret d’expropriation pour utilité publique, les fonds seront déposés au Trésor public parallèlement à la possibilité offerte aux personnes intéressées de déposer des plaintes contre le chef du Contentieux de l’Etat représenté par le ministère de l’Equipement et de l’habitat aux fins du relèvement de la valeur de l’indemnisation proposée.

Un chef d’œuvre !

Le nouveau pont de Bizerte s’étend sur une distance de 9,5 km, avec l’aménagement d’une route de 7,4 km (de la fin de l’autoroute A4 à la route locale n° 438) et la construction d’un pont de 2,7 km qui sera bâti sur le canal de navigation marine du Lac de Bizerte.

Le projet comprend en outre, la construction de 4 échangeurs aux niveaux des croisements (la route nationale 8- A4, l’entrée du pole technologique, l’entrée de la ville de Menzel Abderahmen, et la route nationale n°11) et de 2 ouvrages techniques (aux niveaux de la cimenterie et de la route municipale). Il permettra d’assurer une liaison permanente entre l’autoroute A4 et la ville de Bizerte, de renforcer l’attraction de la région et de faciliter son intégration dans l’économie nationale.

Il est prévu que la réalisation du nouveau pont central se poursuivra pendant 38 mois, alors que les travaux de liaison avec les routes et les échangeurs nécessiteront une période de deux ans.

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Les perspectives économiques en Afrique du Nord se sont récemment améliorées, tirées par la hausse des prix du pétrole, une situation politique plus stable et, principalement, certains projets d’infrastructure à grande échelle.

Selon les Perspectives économiques de l’Afrique du Nord pour 2018, publiées par la Banque africaine de développement, rapportées par le site « International Construction » le PIB brut réel de la région est passé de 3,3 % à 4,9 %. Toutefois, il convient de noter que ce chiffre est fortement influencé par les résultats meilleurs que prévu de la Libye en raison de l’augmentation de la production et des exportations de pétrole. Pour l’avenir, les données d’IHS Global Insights prévoient que la construction en Afrique du Nord connaîtra une croissance solide en 2019 et au-delà.

En Tunisie, l’activité dans le secteur du bâtiment et des travaux publics a connu récemment un notable redressement. Selon le rapport ” La construction en Tunisie – tendances clés et opportunités à l’horizon 2023 “, l’industrie de la construction a augmenté de 1% en 2018 après une contraction de 1,8% en 2017. Et il est prévu qu’elle continuera à se développer d’ici 2023.

Les prêts et les investissements étrangers ont joué un rôle clé dans cette croissance. Par exemple, en avril 2018, le gouvernement a signé un accord d’une valeur de 4,2 milliards de dinars (1,6 milliard de dollars) avec la Banque islamique de développement pour soutenir le développement de projets de transport d’électricité, la construction d’hôpitaux et le renforcement des activités commerciales dans le pays.

La construction d’infrastructures a été le plus important marché de l’industrie du bâtiment au cours de la période visée par le rapport, représentant 30,1 % de la valeur totale de l’industrie en 2018. La croissance sera soutenue par les investissements du gouvernement dans les projets d’infrastructures routières et ferroviaires, avec des investissements dans le développement

L’amélioration des infrastructures aéroportuaires est à l’ordre du jour dans le pays avec le réaménagement en cours de l’aéroport international de Tunis-Carthage, l’aéroport principal de Tunisie, situé dans la banlieue nord de la capitale. Il a également été signalé récemment qu’un nouvel aéroport doit être construit en Tunisie d’ici 2030. D’un coût estimé à 840 millions de dollars, le nouvel aéroport civil sera le dixième du pays.

L’Égypte, fer de lance

La performance de l’Afrique du Nord repose en grande partie sur l’Égypte. Un récent rapport de GlobalData, qui prévoyait l’emplacement des mégapoles du monde (une ville de plus de dix millions d’habitants) d’ici 2025, ne comptait qu’une seule ville africaine sur la liste, Le Caire. Selon les informations fournies par l’Oxford Business Group, l’Égypte comptera bientôt plus de 100 millions d’habitants.

Cette pression démographique a créé des besoins élevés en logements et également et une grande variété d’infrastructures nationales et locales. Par exemple, des projets liés à l’énergie d’une valeur de 117 milliards de dollars américains seraient en cours de réalisation en Égypte et des projets de transport d’une valeur de 57,4 milliards de dollars américains seraient à l’étude.

L’un des plus grands projets de construction du pays est celui de l’Egyptian Refinery Company (ERC), une installation de 4,3 milliards de dollars qui, lorsqu’elle sera mise en service plus tard cette année, pourra produire 4,7 millions de tonnes de produits pétroliers raffinés et dérivés par an. Au plus fort de la construction, il y avait 18 000 ouvriers sur le chantier, 25 000 tonnes d’acier, 130 000 m² de béton coulé et 3 km de câbles. Il s’agit du plus grand projet de partenariat public-privé (PPP) en Afrique.

Le Maroc aussi

Le Maroc, situé à seulement 14 km de l’Espagne, a travaillé dur pour devenir une plaque tournante stratégique pour le commerce et les investissements entre l’Europe et l’Afrique, fait remarquer « Construction International ».

L’entrepreneur belge Besix and Travaux Généraux de Construction de Casablanca (TGCC) s’est récemment vu confier la construction de la tour BMCE Bank of Africa à Rabat, au Maroc. Le bâtiment aura une hauteur de 250 m, ce qui en ferait l’un des bâtiments les plus hauts d’Afrique. L’immeuble de 55 étages comprendra un hôtel de luxe, des bureaux, un espace résidentiel et une terrasse d’observation. Un tiers de la façade de la tour sera recouvert de panneaux photovoltaïques pour rendre le bâtiment plus économe en énergie.

Ailleurs au Maroc, Vinci Construction, leader d’une joint venture avec la société électromécanique Andritz Hydro, a remporté le contrat de construction de la centrale hydroélectrique à accumulation par pompage (PSP) d’Abdelmoumen située à 70 km d’Agadir au Maroc. Le projet de 284 millions d’euros (338 millions de dollars) en pompage-turbinage s’inscrit dans le cadre du plan de développement et d’intégration des énergies renouvelables au Maroc. Le contrat comprend les études de construction, les travaux de génie civil, la fourniture des matériaux et des équipements de pompage, le montage, les essais et la mise en service.

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Après des décennies de bons et loyaux services, de massifs contingents de retraités se retrouvent, qui dans un état de dénuement total, qui souvent en train de racler le fond de tiroir, qui enfin carrément en peine de joindre les deux bouts. Les incertitudes et les aléas de troisième âge aidant, nombre d’entre eux dépensent ce qui reste de leur bas de laine à des fins de soins médicaux et autres toujours plus dispendieux.

Ces quelques séquences d’un tableau peu reluisant renseignent sur la galère qui est celle de l’écrasante majorité des Tunisiens qui ont fait valoir leur droit à la retraite, sans soupçonner que tel serait le destin que leur réserveraient le crépuscule de leur vie et l’Etat qu’ils avaient servi d’arrache-pied avec abnégation et au prix d’immenses sacrifices. Au point qu’ils vont jusqu’à parler de « trahison » qui leur est ainsi infligée au vu des difficiles conditions de vie qui sont continuellement les siennes, alors que les autorités ne ménagent aucun effort pour la leur rendre encore plus insupportables, financièrement parlant.

C’est que, notent-ils, toutes les occurrences et les occasions sont bonnes et saisies au vol pour raboter leurs pensions, au travers de lois de finances, d’autant plus budgétivores qu’elles s’exemptent rarement de mesures fiscales mettant à mal le portefeuille des séniors. C’est le cas détestable et aberrant de la contribution sociale de solidarité qui s’est installée à perpétuelle demeure, et aussi des jeux d’écriture qui dépouillent les « augmentations de pensions» annoncées en grande pompe de tout effet pécuniaire. Sans parler bien sûr des retards de déboursement des maigres pensions, comme c’est fréquemment le cas, particulièrement à l’occasion de l’Aïd dernier, de funeste mémoire.

Le chemin de croix

Des désagréments, pourrait-on dire, mais additionnés, ils s’apparentent à un chemin de croix où le retraité est condamné à couler ses vieux jours, dans l’indifférence totale voire complice d’un Etat plus enclin à rogner du mieux qu’il peut les économies des démunis qu’à procurer à ses citoyens, séniors et jeunes, les conditions d’une vie digne financée, au demeurant, par leurs propres cotisations tout au long de leurs carrières professionnelles.

Il est vrai que le gouvernement, le dos au mur, et essuyant les affres d’un déficit budgétaire qu’il n’arrive jamais à enrayer, se trouve dans l’obligation d’amputer à tour de bras les ressources là où elles pourraient être disponible-et celles des retraités en font partie-, mais le devoir moral lui dicte de le faire avec retenue, sans aller, cependant, jusqu’au traitement de faveur. Il est vrai aussi que les retraités sont des citoyens qui ont des obligations et des droits, qui paient leurs impôts, mais ils doivent le faire au prorata des moyens qui leur sont reconnus et qui sont actés en toute transparence.

L’arme de l’urne

Surtout, les retraités jouissent, peut-être mieux que les autres, du droit de vote, et ils entendent bien s’en servir, pour la bonne cause, cela s’entend. D’ailleurs, les associations qui les représentent l’ont toujours dit, et ils vont certainement le claironner à l’approche des élections législatives et présidentielles. Avec un électorat si massif et si assidu aux urnes, il est fort à parier que cette catégorie de votant pèsera de tout son poids dans le scrutin à venir, tout d’ailleurs comme c’est le cas dans bien des démocraties dans le monde où grand cas est fait des séniors et des retraités.

Il faut leur réserver meilleur traitement, à la fois pécuniaire et moral, assez pour recevoir davantage que les clopinettes qu’ils ramassent à chaque fin de mois. Victor Hugo ne répétait-il pas que « la retraite, paisible et fière, réclame un cœur indépendant ».

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Visiblement, c’est le branle-bas de combat dans les états-majors des partis politiques, du moins les majeurs d’entre eux à mesure qu’approchent les échéances électorales de fin 2019. Le principe de la tenue du scrutin aux dates fixées ayant été définitivement retenu et acté, la campagne d’inscription des électeurs a été prolongée, le temps et l’occasion de permettre aux autres citoyens hésitants, de se résoudre à aller aux urnes, et même redessiner la carte électorale du pays.

En tout cas, tout le monde s’y prépare, et tout d’abord, ce qui reste du vainqueur du scrutin de 2014, Nidaâ Tounès, sous sa forme actuelle faite de fragments, plutôt de clans irréconciliables se disputant la représentativité d’un parti qui s’est démembré par l’unique volonté de sa chefferie. Mais aussi le mouvement Ennahdha, qui a manifestement tiré parti de l’émiettement de son adversaire converti ensuite en allié, pour se tailler un statut « sûr et dominateur » au parlement, en conservant ses sièges et en faisant la pluie et le beau temps. Un parti, toutefois, aux abois, au vu de l’augmentation rapide et ostensible de l’électorat, avec plus d’un million de nouveaux inscrits en quelques semaines.

Les indécis désormais moins hésitants

C’est que ces nouveaux contingents de votants sont, selon la majorité des observateurs et analystes, peu susceptibles de sympathie, encore moins d’allégeance au mouvement Ennahdha, un parti qui a ses propres codes, des militants engagés, disciplinés et enclins à mettre la main à la poche, un parti presqu’ésotérique, qui voue un culte à ses convictions forgées dans la clandestinité, des décennies durant, en Tunisie, et dans l’exil. Autant dire que le mouvement Ennahdha ne pourrait pas avoir vocation à être sûr de ces nouveaux inscrits, généralement dépités par les gouvernements successifs qui se sont succédé depuis les premières élections d’après la révolution, dont le parti islamiste faisait régulièrement partie, que ce soit au titre de la Troïka ou celui du consensus scellé par Béji Caïd Essebsi er Rached Ghannouchi.

L’accès de ces nouveaux arrivants aux urnes fait dire à bien des analystes qu’ils seront de sérieux partisans du vote sanction à l’endroit de tous ceux qui ont gouverné le pays depuis 2011, avec un bilan, d’autant moins reluisant qu’il a dégradé l’essentiel des paramètres fondateurs de croissance soutenable, d’emploi pour les centaines de milliers de jeunes, de bien-être social sous toutes ses formes, bref un bilan porteur d’espérance et qui répond aux attentes des Tunisiens, les jeunes d’entre eux certes, mais encore les moins jeunes, adultes et retraités, logés à moins bonne enseigne.

« Tahya Tounès » fédérateur !

Reconfiguration de l’électorat, mais également recomposition de l’échiquier politique avec de nouveaux venus, structurellement parlant. Il est particulièrement entendu par cela le parti Tahya Tounès, qui se veut le fédérateur des forces centristes et progressistes. Faisant œuvre de « prosélytisme », il a déjà attiré dans son giron le parti Al Moubadara, dans le cadre d’une fusion expliquée par «  l’impératif de faire prévaloir l’intérêt du peuple tunisien, le changement de la situation en Tunisie et la fondation d’un avenir meilleur ».

Le coordinateur général du parti “Tahya Tounes”, Slim Azzabi, a assuré que la fusion entre les deux parties constitue un pas important dans l’unification de la famille politique centriste. C’est, a-t-il dit, une union entre l’ambition et l’expérience en vue d’adresser un message important au peuple tunisien illustrant une grande volonté politique pour unir la famille politique centriste au service de la patrie et loin des problèmes de leadership politique.

Plus significatif encore, il a affirmé que Tahya Tounes sera toujours ouvert aux partis et personnalités politiques et optera pour le rassemblement de la famille politique, précisant que des négociations sont en cours entre le parti et le mouvement “Machrouaa Tounes” et le parti Al Badil pour aboutir à d’éventuelles fusions.

On pourrait y voir l’embryon d’un front électoral, peut-être ultérieurement d’un programme commun pour faire pièce au mouvement Ennahdha que maints sondages d’opinion créditent de la première place dans les élections législatives. Mais c’est compter sans le million et les centaines de milliers de nouveaux électeurs qui changeront très probablement la donne électorale.

LM

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