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Mohamed Lahmar

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a annoncé, lundi soir, à Dar Dhiafa à Carthage un remaniement touchant dix huit portefeuilles : treize ministres et cinq secrétariats d’Etat.

Voici la liste des ministres concernés par le remaniement:

Ministres

-Ministre de la Justice: Karim Jamoussi,

-Ministre de la Fonction publique, de la modernisation de l’administration et des politiques publiques: Kamel Morjane,

-Ministre de la Santé: Abderraouf Cherif,

-Ministre des Affaires locales et de l’environnement: Mokthar Hammami,

-Ministre des domaines de l’Etat et des affaires foncières: Hédi Mekni,

-Ministre de la Jeunesse et des sports: Sonia Bencheikh,

-Ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi: Saida Ounissi,

-Ministre du Tourisme et de l’artisanat: René Trabelsi,

-Ministre du Transport : Hichem Ben Ahmed,

-Ministre de l’Equipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, Noureddine Selmi,

-Ministre auprès du chef du gouvernement chargé de l’immigration et des Tunisiens à l’étranger, Radhouane Ayara,

-Ministre auprès du chef du gouvernement, chargé de la relation avec les instances constitutionnelles, la société civile et des droits de l’homme, Mohamed Fadhel Mahfoudh,

-Ministre auprès du chef du gouvernement, chargé de l’économie sociale et solidaire, Chokri Ben Hassen,

Secrétaires d’Etat

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Industrie et des petites et moyennes entreprises, chargé des PME, Habib Dabbabi,

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Transport, Adel Jarboui,

-Secrétaire d’Etat, auprès de la ministre de la Jeunesse et des sports, Ahmed Galloul,

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires locales et de l’environnement, Besma Jebali,

-Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Commerce, chargé du commerce intérieur, Samir Bechoual.

Dans une déclaration liminaire, Youssef Chahed a indiqué qu’il assume toute la responsabilité du remaniement ministériel qu’il a opéré conformément aux pouvoirs qui lui sont reconnus par la Constitution et ce pour « conférer davantage d’efficacité et d’efficience à l’action du gouvernement ».

La philosophie  du   remaniement est basée sur l’adéquation entre la recherche de la compétence et la capacité de servir la chose publique, d’une part, et le dialogue avec les acteurs politiques, d’autre part,  en vue de former un gouvernement  solidaire , complémentaire et responsable  pour mettre fin à la crise politique actuelle, assurer la stabilité et trouver des solutions aux dossiers en suspens, lesquels couvrent les aspects économiques et sociaux, a expliqué le chef du gouvernement.

Il a souligné qu’il a procédé au remaniement après avoir mené  les consultations « nécessaires »  dans le dessein de préparer le pays aux prochaines grandes échéances dans un climat sain et conformément à une feuille de route claire, selon ses dires.

Chahed  a affirmé que les prochaines élections qui auront lieu dans moins d’un an « nécessitent l’achèvement du processus institutionnel » afin de résoudre les problèmes des citoyens grâce à une meilleure performance, a-t-il indiqué.

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Le terrorisme a refait, ce lundi 29 octobre, une apparition dramatiquement retentissante, autrement et autre part. Une femme de 30 ans s’est fait exploser à la principale avenue de la capitale Tunis, après avoir actionné -dans l’urgence et maladroitement- une ceinture explosive de fabrication artisanale, d’autres disent une bombe artisanale, faisant 15 blessés, 10 policiers en faction devant le théâtre municipal, et 5 civils, dont l’état n’est pas particulièrement inquiétant, et provoquant un mouvement de grande panique parmi les nombreux passants.

C’est la première fois qu’un acte de terrorisme urbain de cette nature est commis, même si la kamikaze visait spécifiquement une patrouille de la police déployée sur place qui, heureusement, s’est aperçue, presque à temps de son projet, évitant des pertes beaucoup plus dévastatrices, voire une hécatombe comme c’est habituellement le cas dans de pareilles conditions. C’est le signe patent de l’état de vigilance qui est celui des forces de sécurité, et pas uniquement sans doute dans le centre-ville de la capitale, renforcées et recomposées depuis les attentats terroristes de 2015, surtout en abandonnant l’approche réactive pour s’investir dans une stratégie polyvalente répondant à la grande variété de menaces et de risques que pose le terrorisme partout où ses actes pourraient être perpétrés.

Un acte isolé ? Que nenni !

Celui commis ce lundi n’échappe pas à cette configuration et il est inconcevable qu’il puisse s’agir d’un acte isolé. Les ingrédients d’une opération terroriste mûrement fomentée sont là pour signifier qu’elle est le fait d’un groupe en service commandé impliquant la fabrication des engins explosifs, indiscutablement, des préposés à la logistique et surtout un cerveau qui a décidé du timing et du lieu de l’attentat, sans parler du climat politique et social qui règne dans le pays, ni oublier l’éparpillement des énergies de forces de sécurité et leur mobilisation à des fins autres que celles de la lutte contre le terrorisme, tels que les incidents dans les stades et tout récemment ceux de Sidi Hassine. Un acte dont l’exécution a été confiée à une femme trentenaire, ayant poursuivi des études universitaires d’anglais, célibataire, guère connue des services de police… bref tout ce qu’il fallait pour passer inaperçue et ne pas éveiller les soupçons.

Ce qui a vocation à être inquiétant, c’est que les terroristes sont en train de changer en quelque sorte leur fusil d’épaule. Leurs activités sur les hauteurs, notamment à Chaambi, à Sammama et ailleurs n’ayant pas abouti aux résultats escomptés, pour cause d’absence d’assise populaire jumelée à l’alerte permanente des forces de sécurité et de l’Armée, le terrorisme urbain prend rang d’option nouvelle dont l’impact est beaucoup plus ravageur. En choisissant l’avenue Habib Bourguiba avec sa très forte symbolique, ils pensaient sans conteste semer la panique chez les Tunisiens pour leur montrer qu’ils ne sont pas bien protégés, et , au demeurant, envoyer à l’appareil sécuritaire le message qu’il n’est pas à l’abri et qu’il est toujours à leur portée.

Un terrorisme de plus en plus protéiforme

Il est vrai que le terrorisme est d’essence imprévisible, dans la mesure où il frappe là on l’attendait le moins , comme l’attestent les très nombreuses opérations qu’il lance partout           dans le monde dans des pays réputés bien pourvus en termes de techniques sécuritaires , d’effectifs, de savoir-faire et de dogme sécuritaire. La vigilance est une donnée essentielle mais pèche ici et là par quelques accès de relâchement, une brèche dans laquelle les terroristes ont le « génie » et cultivent l’opportunité de vite s’engouffrer. Et comme on l’a vu ce lundi, la Tunisie ne peut pas en être indemne, minée en plus par des convulsions politiques qui offrent l’aubaine rêvée pour des terroristes «  en difficulté » là où ils ont l’habitude de sévir, en se signalant par de furtives incursions et en faisant exploser de temps à autres des mines. Mais comme l’avait si bien prévu le martyr Chokri Belaid, « les terroristes auront recours à la violence chaque fois que leur étranglement se resserre encore plus, et à mesure que s’accentue leur isolement et se rétrécit leur popularité ». Des propos prémonitoires qui ont ceci de funeste de s’avérer en triste réalité.

La crise politique aussi, peut-être surtout !

Il ne faut pas se voiler la face. Si le terrorisme négocie une résurgence comme celle dont il s’est signalé à l’avenue Habib Bourguiba, c’est que la crise politique endémique dans laquelle se débat le pays lui offre sur un plateau d’argent l’occasion de le faire. Le président de la République, s’exprimant à partir de Berlin où il participe à une conférence internationale, a asséné que le climat politique est «  malsain », estimant que les politiques et les responsables des partis sont “préoccupés par la course au pouvoir”. D’après lui, ” ces querelles ne doivent pas détourner notre attention des vrais défis auxquels nous sommes confrontés. C’est ce genre d’épreuves qui devrait susciter l’intérêt des politiques et des dirigeants des partis “, a-t-il souligné. A-t-il tout dit ? Sans doute pas , car les jours à venir devront immanquablement livrer d’autres éléments qui permettront d’avoir une idée complète, en tout cas, assez articulée pour éclairer d’un jour nouveau les tenants et aboutissants de cette opération et établir ce qui s’est réellement passé et les ressorts qui s’y attachent.

En attendant, chacun chez les politiciens y va de son analyse. Retenons pour l’heure celle-ci que l’on doit à Nizar Ayed, avocat affilié à Nidaâ Tounès : « cette opération est le résultat de la campagne ameutant l’opinion publique contre les forces de sécurité, orchestrée par la presse populiste et la sale élite opportuniste », ajoutant que « l’actuelle vague obséquieuse à l’endroit des sécuritaires n’exonère pas de la responsabilité de complicité dans le crime par incitation ». Une sortie où l’impertinence le dispute à l’inconséquence. C’est le moins que l’on puisse en dire !

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On le savait et la communauté financière s’était égosillée à y attirer l’attention, le dernier emprunt obligataire lancé par la Tunisie sur le marché financier international serait tout sauf une promenade de santé. C’est ce qui explique d’ailleurs les épisodes de procrastination qui ont jalonné cette sortie depuis bien des mois, dénotant des craintes de plus en plus vives qu’elle n’aboutît pas à la levée du 1 milliard de dollars, soit 850 millions d’euros, escomptée au départ. Déjà, le Fonds monétaire international, comme à son habitude, faisait la fine bouche pour convenir du décaissement de la 5ème tranche de sont prêt, y posant des conditions invariablement draconiennes. La notation de Moody’s a fait le reste avec une perspective négative et une note souveraine B2 maintenant la Tunisie dans la catégorie « non-investment grade » ou « high yield » où les titres émis le sont à des taux d’intérêt élevés et principalement souscrits à titre spéculatif.

D’ailleurs, le taux d’intérêt décrété n’a pas dérogé à cette règle avec un 6,75 pour une maturité de 5 ans, ce qui correspond à un risque de crédit vraisemblable. Pis encore, le montant recherché à été amputé de la moitié, la Tunisie, dos au mur, se contentant de 500 millions d’euros, destinés, plus est, au financement des besoins budgétaires de 2018.

La confiance n’a pas été rétablie !

C’est à se demander, eu égard à ce résultat, si la Tunisie s’était emmêlée les pinceaux en frappant à la porte des bailleurs internationaux en ce moment précis et dans les conditions économiques et financières qui sont les siennes, même si le ministère des finances dénombrait 120 candidats souscripteurs offrant 1,250 milliard d’euros. « Le nombre de souscripteurs pour un si petit montant indique que nous n’intéressons plus que les investisseurs de 4ème voire de 5ème position aux moyens limités et acceptant d’investir dans le speculative grade », a estimé le PDG Capital African Partners Bank, Habib Karaouli. Il constate même « cette opération est loin d’être un succès et n’augure rien de bon. Elle intervient à un moment où l’on se devait de rétablir la confiance ce qui n’est manifestement pas le cas ».

Dans ce concert réprobateur, l’expert économique, Ezzedine Saidane parle d’un « nouveau mauvais record », allusion au taux d’intérêt de 6,75% et à la maturité de 5 ans. Et de se poser la question de savoir ce l’on va faire en 2019 « sachant notamment que le projet de budget de l’État prévoit la mobilisation de crédits nouveaux s’élevant à plus de 10 milliards de Dinars et le remboursement de crédits anciens pour la somme de 9,3 milliards de Dinars ».

Une performance appréciable, quand même !

D’un avis opposé, l’économiste Gianni Pugliese, du Groupe Mirabaud, basé à Genève, voit dans l’obtention par la Tunisie de 500 millions d’euros « une bonne performance appréciable sous divers points de vue au vu de la hausse de l’aversion au risque et des nombreux remous politiques ». Il explique, cité par Agefi, que « le degré d’aversion au risque a pris des proportions importantes tout au long du mois d’octobre. Les taux américains plus élevés, les tensions sur les tarifs douaniers, le Brexit, la fin attendue du programme d’achat de la BCE, le bras de fer budgétaire entre l’Italie et l’Europe et la crainte d’un ralentissement économique global ont malmené le sentiment du marché » Et c’est pourquoi, les indices boursiers étant fortement corrigés, les investisseurs ont favorisé les obligations gouvernementales américaines et allemandes et les primes de risque sur le crédit et les emprunts émergents (spread) se sont écartées, surtout sur les émetteurs plus risqués, dont naturellement la Tunisie.

Outre cette composante «marché», souligne-t-il, le pays a dû offrir une prime de rendement supplémentaire sensée compenser les investisseurs pour un climat politique tendu qui freine les efforts d’assainissement des finances publiques.

Pour le reste, plus précisément l’évolution future de la performance de la dette tunisienne, il se borne à rappeler que, la semaine dernière encore, après avoir confirmé sa note de B2, Moody’s a abaissé ses perspectives de stables à négatives, citant l’intensification des pressions dues à un environnement extérieur de plus en plus défavorable, donc peu propice à la résilience.

Et ce conclure : « La tâche des autorités tunisiennes pour vaincre la réticence des investisseurs et gagner leur confiance sera d’autant plus ardue ».

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Le juge d’instruction au tribunal de première instance de Tunis a pris samedi une ordonnance de non lieu libérant les 4 douaniers placés en détention préventive  suite au décès d’un jeune lors des incidents de Sidi Hassine, apprend Mosaïque fm de source judiciaire.

Le rapport balistique parvenu à la justice a établi que la victime a été tuée d’une balle par ricochet annulant la présomption d’homicide volontaire, précise la même  source.

 

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Les autorités tunisiennes sont appelées à renforcer la gouvernance et l’efficacité de leurs organes de lutte contre la corruption et mettre en place un climat d’affaires concurrentiel, pour préserver la reprise en cours, souligne le Fonds monétaire international (FMI).

” Afin de vaincre la réticence des investisseurs et gagner leur confiance , les autorités tunisiennes sont appelées à appliquer un taux de change à sa juste valeur, inciter les investissements porteurs de productivité et alléger les formalités administratives pour libérer le potentiel que présente le secteur privé et offrir davantage de débouchés et d’emplois à tous les Tunisiens “, indique le FMI dans une note sur les perspectives économiques de la Tunisie publiée lundi.

” L’inflation a diminué, s’établissant à 7,5 % en août, et le déficit courant s’est réduit de 1 % du PIB “, affirme le document, estimant que pour préserver la reprise en cours ” les autorités devraient envisager de réformer les subventions à l’énergie, d’imposer des limites plus strictes à l’embauche et à la rémunération dans le secteur public, de réformer les retraites et de relever encore les taux d’intérêt “.

Et d’ajouter que des avancées tangibles ont été enregistrées. ” Par exemple, l’Etat ajuste régulièrement les prix de l’énergie afin d’atténuer les effets du choc pétrolier. Il a également autorisé la banque centrale à procéder à des adjudications concurrentielles de devises afin de soutenir la liquidité du marché des changes “.

Une loi adoptée en juillet permettra à l’Instance nationale de lutte contre la corruption de contrôler plus facilement le patrimoine des hauts fonctionnaires, souligne le document, estimant ” qu’en renforçant la transparence, ce texte devrait améliorer la confiance de la population dans la bonne gestion des affaires publiques et limiter le risque de corruption et d’enrichissement illicite “.

Une croissance de 2,6%  en 2018

La croissance du PIB réel, tirée par l’agriculture et le tourisme, devrait atteindre 2,6 % en 2018, annonce le document, rappelant qu’elle (reprise) a accéléré au cours des trois derniers trimestres.

” Cette croissance indique que la reprise économique est relativement solide. Ce mouvement est dû au secteur agricole (+ 9 %) et à celui des services (+ 3,6 %), surtout grâce aux résultats encourageants dans les domaines du tourisme, des transports et de la finance “, souligne le FMI, ajoutant que l’inflation a diminué, s’établissant à 7,5 % en août, et le déficit courant s’est réduit de 1 % du PIB.

Des recettes  fiscales en hausse jusqu’en 2020

La note du FMI prévoit, que la suppression progressive des exonérations fiscales dont bénéficient les fonctionnaires augmentera l’année prochaine les recettes issues de l’impôt sur le revenu.

” Les possibilités de réformer plus avant la fiscalité sont restreintes, après la mise en œuvre d’un ambitieux train de mesures en 2018, mais la suppression progressive des exonérations fiscales dont bénéficient les fonctionnaires augmentera l’année prochaine les recettes issues de l’impôt sur le revenu “, souligne le document.

Et d’ajouter que les autorités entendent inscrire à la loi de finances pour 2019 deux mesures qui sont importantes sur le plan de l’équité, mais n’auront pas un impact immédiat.

En premier lieu, elles prévoient d’éliminer le régime fiscal préférentiel en faveur des sociétés offshore, dès 2019 pour les nouvelles entreprises et en 2021 pour toutes les sociétés de ce type.

Selon le FMI, les autorités comptent également faire passer le taux de la TVA sur les services fournis par les professions libérales de 13 % à 19%. La hausse des recettes au cours des prochaines années permettra de développer l’investissement public, notamment dans la santé et l’éducation.

Les autorités comptent, en outre, renforcer encore la collecte de l’impôt et rationaliser l’administration fiscale en regroupant toutes les fonctions (administration, audit et recouvrement) dans une seule structure.

Le déficit en baisse en 2018

Selon la note du FMI, le solde budgétaire global devrait tomber à 5,2 % du PIB en 2018, et ce, grâce à une discipline budgétaire rigoureuse pour compenser l’impact du choc pétrolier.

” Cette politique, conjuguée à un régime de change flexible, contribuera à ramener le déficit courant à 9,7 % du PIB “, indique encore le FMI, estimant ” qu’un resserrement budgétaire stabiliserait également la dette publique, qui devrait s’élever à 72 % du PIB en 2018 “.

Taux de chômage élevé surtout chez  les diplômés

En ce qui concerne le chômage, le FMI a indiqué qu’il touche plus de 15 % de la population active totale et les chiffres s’envolent pour les jeunes et les femmes.

” Le taux de chômage des jeunes diplômés a baissé par rapport à 2011, mais il demeure aux alentours de 30 % “.

Pour l’ensemble des jeunes, il est proche de 35 %, et légèrement inférieur à 25 % pour les femmes.

La note recommande de régler le problème du chômage pour la bonne santé de l’économie et de la société.

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Une patrouille de la Douane a été attaquée mardi soir alors qu’elle menait une perquisition dans un dépôt où se trouvaient de grandes quantités de marchandises de contrebande dans la région de Sidi Hassine, dans la périphérie de la capitale, selon un communiqué de la Douane qui ajoute qu’un assaillant a été blessé sans qu’il ait possible d’en  déterminer l’origine.

L’attaque est le fait d’un grand nombre d’individus suspects qui, utilisant une large variété de projectiles, n’ont pas déféré à l’ordre qui leur a été intimé de quitter les lieux, pour tenter par la suite d’arracher aux douaniers  leurs armes et provoquer des accrochages.

Les membres de la patrouille ont fait usage de leurs armes  pour des tirs de sommation alors que les assaillants tentaient de s’emparer des marchandises saisies. Face à cette situation , les douaniers ont procédé de nouveau à des tirs de sommation pour se frayer un chemin vers leurs véhicules, eux aussi attaqués, et pouvoir se retirer   sous  un déluge de pierres, de projectiles alors que, en plus des gourdins et des barres de fer dont étaient armés les assaillants dont l’un est tombé par terre alors que ses compères se sont rassemblés alentour.

La Douane indique que plusieurs de ses agents ont été blessés et transportés à l’hôpital.

 

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A Moody's sign is displayed on 7 World Trade Center, the company's corporate headquarters in New York, February 6, 2013. REUTERS/Brendan McDermid (UNITED STATES - Tags: BUSINESS) - RTR3DFKY

L’agence de notation Moody’s a confirmé la note souveraine B2 de la Tunisie,  soutenue par une reprise économique  diversifiée tirée par une reprise de l’activité sur le marché, explique-t-elle.

La note de la Tunisie est maintenue également grâce à l’exécution  du budget au cours des 9 premiers mois 2018, qui demeure sur la bonne voie pour ramener à 4,09% le déficit budgétaire  comme prévu par le budget de l’Etat contre 6,1 en 2017, et ce grâce à la mise en œuvre effective des mesures relatives aux recettes fiscales de la loi de finances 2018 bien que les cours mondiaux  du pétrole se situent au-delà des prévisions budgétaires.

La perspective est négative reflétant le fait que, malgré les  progrès significatifs réalisés en matière de réformes budgétaires macroéconomiques, la Tunisie doit faire face  à de plus fortes pressions dans un environnement extérieur de plus en plus défavorable , caractérisé par des réserves de moins en moins importantes pour soutenir la résilience aux chocs externes.

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Une brigade de la sûreté spécialisée a arrêté dimanche soir les membres de l’équipage du navire Ulysse sitôt accosté au port de Radès , et ce après avoir accompli toutes les formalités légales pour y jeter l’ancre, apprend Shems fm.

Ils ont été placés en détention  sous l’accusation  d’infractions ayant porté préjudice à l’Etat.

Le navire est entré dimanche aux environs de 18 heures au port de Radès  où il a achevé les formalités  réglementaires deux heures plus tard.

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Contre toute attente, l’UPL (Union patriotique libre) a annoncé ce dimanche qu’avec Nidaâ Tounès, elle ne fera désormais plus qu’un. Une fusion le plus officiellement annoncée au terme d’un congrès extraordinaire de trois jours du parti à la présidence duquel Slim Riahi est revenu après une éclipse d’à peu près huit mois. Pour Nidaâ, il s’agit d’ « asseoir une entente nationale et républicaine autour du projet de Béji Caïd Essebsi », auquel « toutes les forces et personnalités nationales modernistes » sont appelées à se joindre. Sans omettre d’y ajouter un autre dessein, celui de «  mettre en place un projet politique démocratique qui répond aux objectifs nationaux, garantit l’équilibre politique et protège la Tunisie de tous les dangers qui la guettent ». Quoi de plus politiquement immaculé et conforme à la vocation même d’un parti premier vainqueur des élections. Sauf que dans le même communiqué où Nidaâ s’ébaudit de cette fusion, il rappelle sa position en faveur d’un « changement urgent et global de l’équipe gouvernementale pour mettre fin à la détérioration de la situation économique et sociale et à la crise politique qui menace la transition démocratique ». Presque simultanément, l’UPL, par la voix de sa porte-parole Samira Chaouachi, soulignait que son groupe parlementaire «  décidera de se retirer du bloc de la Coalition nationale s’il s’avère que ce dernier soutient le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et compte former un projet politique pour accéder au pouvoir ».

Arithmétique parlementaire

Il ne faut pas être clerc en la matière pour comprendre que c’est là que loge l’essentiel, car avec ses 15 députés au Parlement, l’UPL pourra offrir à son désormais frère siamois assez de voix pour faire pencher la balance et constituer, ce faisant, une force commune pour faire pièce non seulement à la « Coalition nationale » ainsi dépeuplée, mais aussi et surtout à Ennahdha, ostensiblement en atomes crochus avec Youssef Chahed.

Sans qu’il y ait lieu de se livrer à un rigoureux exercice d’arithmétique parlementaire, Nidaâ et l’UPL disposeraient alors de 62 sièges contre 68 pour Ennahdha auxquels s’ajouteraient les 43 de la Coalition nationale. Résultat des courses : on est bien loin du compte pour menacer Youssef Chahed alors que ses soutiens font florès pour garnir encore plus son assise parlementaire dans la foulée des défections que ne cesse de déplorer Nidaâ, si requinqué soit-il par la migration des élus de l’UPL tombés dans son escarcelle.

L’écueil de l’ego surdimensionné

Mais ce n’est pas là le seul écueil auquel le Nidaâ revu et corrigé va devoir se heurter. Et cela tient, à titre principal, à son nouveau leadership. Hafedh Caïd Essebsi et Slim Riahi auront-ils la ressource de cohabiter ? Et s’ils arrivaient à le faire, à quel coût et au prix de quelles concessions ? Ou pourrait à la toute rigueur pencher vers une coalition électorale en vue du scrutin de 2019, mais cela peinerait à tenir la route au regard des distances stratosphériques qui séparent les uns et les autres tant idéologiquement qu’en termes d’opportunité politique. Hafedh Caïd Essebsi ne serait pas indemne de velléités électorales présidentielles et devrait, dans cette logique, s’y employer selon un agenda qui lui est propre. Slim Riahi qui en avait fait autant lors de la Présidentielle de 2014 ne semble pas avoir rangé ses projets au magasin des accessoires. En tout cas, il n’en a pas pipé mot, ce qui ajoute à la confusion.

Quel programme commun !

Le bon sens et les impératifs de la chose politique dictent aux deux nouvelles composantes de Nidaâ Tounès d’élaborer un programme politique commun dans lequel pourront se reconnaître leurs bases respectives. Connaissant les ressorts des uns et des autres, on pourra tout au plus s’attendre à un composé de professions de foi, d’ébauches de politiques faites pour une alliance de circonstance, alors qu’un projet qui puisse convaincre les électeurs requiert bien davantage que cela , un programme électoral bien senti qui embrasse tous les compartiments du futur des Tunisiens et soit en prise sur leur vécu et leur réalité.

Un des fondateurs de Nidaâ Tounès, Lazhar Akremi a vu ce dimanche dans cette fusion un moyen utilisé par Slim Riahi pour faire relâcher les pressions dont il est l’objet par la justice avec laquelle il a maille à partir. Une grille de lecture qui pourrait ôter toute pertinence à ce projet politique commun dans lequel les deux formations politiques entendent s’investir pour «  répondre aux objectifs nationaux, garantir l’équilibre politique et protéger la Tunisie de tous les dangers qui la guettent ». Serait-ce bien le cas ? Attendons voir !

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L’union générale tunisienne du travail (UGTT) a informé les autorités gouvernementales dans des correspondances officielles, qu’une grève générale sera observée dans le secteur public le 24 octobre 2018, selon un communiqué de l’organisation syndicale publié, mardi, sur son site officiel Internet.

Cette grève a été décrétée, lit-on de même source en raison du “piétinement des négociations sociales dans le secteur public face au manque de sérieux dans la recherche de solutions adéquates permettant de parvenir à un accord à même de remédier à la détérioration du pouvoir d’achat des salariés dans les établissements et les entreprises publiques.”

La grève a, également, été décidée en raison “des mesures unilatérales” prises par le gouvernement concernant la cession totale ou partielle d’entreprises publiques malgré l’existence d’un accord entre le gouvernement et le syndicat sur leur réforme, ajoute le communiqué.

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Divorce ou séparation de corps. Des années durant, porté sur les fonts baptismaux, le consensus scellé à Paris par Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi est désormais lettre morte, à l’initiative d’Ennadha, tient à préciser le premier nommé. Le Document de Carthage ipso facto à l’avenant, ouvrant une ère d’incertitude dont nul ne sait sur quoi elle va déboucher. Le parrain de cette « rencontre de Paris », Slim Riahi, se démène pour recoller les morceaux. Il a déjà rencontré le chef du mouvement Ennahdha, et a demandé à en faire autant avec le président de la République. Ce devrait être chose faite dans les jours à venir, assure-t-on. Arrivera-t-il à réconcilier les deux patriarches ? Nul non plus ne peut le prédire tant le contentieux est sérieux et les griefs de part et d’autre incommensurables.

Un désaccord si profond que « The Economist », l’hebdomadaire britannique de référence à l’échelle internationale, tirant à plus de 1 500 000 exemplaires vient de publier à son sujet une analyse sans concession sous le titre « Le duo garant de la stabilité de la Tunisie s’est disloqué ».En exergue, il note que « les Tunisiens les ont baptisés «les deux cheikhs». Ils composent un duo mal assorti, cet attelage de vieillards qui dirige le pays depuis 2014. Rached Ghannouchi est à la tête d’Ennahdha, un parti islamiste modéré qui a dominé le premier parlement élu après la révolution tunisienne en 2011. Il a démissionné en 2014 dans la foulée d’une série d’assassinats politiques ». Lors de l’élection suivante, rappelle-t-il encore, les électeurs ont accordé une majorité de suffrages à Nidaa Tounes, une coalition laïque dirigée par le président actuel, Beji Caïd Essebsi. Les deux hommes ont formé une alliance improbable, Ennahdha jouant un menu rôle dans un gouvernement d’union et soutenant nombre de ses politiques. Le 24 septembre cependant, BCE a annoncé que le pacte a vécu. «Ennahda a pris un autre chemin», dit-il amèrement.

Une longévité sans nulle autre pareille

The Economist explique que les alliés d’hier ne se disputent pas pour des raisons tenant à la religion ni sur une question de fond, mais au sujet du chef du gouvernement choisi par Béji Caïd Essebsi Essebsi. Avant sa nomination en 2016, Youssef Chahed était un « obscur économiste titulaire d’un doctorat en agroalimentaire. Il est désormais souvent considéré comme le politicien le plus digne de confiance de la Tunisie (certes un faible obstacle à franchir). Ses efforts pour lutter contre la corruption bénéficient d’un soutien populaire. Dans ce poste, il cultive une longévité à nulle autre pareille depuis 2011. Le président semble maintenant regretter de l’y avoir nommé. BCE et son fils influent, Hafedh, ont publiquement critiqué le chef du gouvernement pour sa gestion de l’économie.

Certains Tunisiens seraient d’avis que c’est le cas. Soutenu par le FMI, le gouvernement a imposé de douloureuses mesures d’austérité. Sans doute sa politique la plus controversée a-t-elle permis d’affaiblir le dinar, qui a chuté de plus de 20% par rapport au dollar ces deux dernières années, atteignant son plus bas niveau en plus de dix ans. La dépréciation a stimulé, toutefois,  certaines entreprises. Les exportations ont augmenté de 20% au cours des huit premiers mois de l’année. Les exportations de produits agricoles ont augmenté de 63% par rapport à la même période l’année dernière. Les prix bas attirent également les touristes. Cet été, de nombreux hôtels affichaient complet. Les dépenses des touristes jusqu’en juillet ont été de 44% supérieures à celles de l’année dernière.

Mais la faible monnaie a fait des ravages dans les caisses de l’État, car beaucoup de ses dettes sont libellées en dollars. L’année prochaine, la Tunisie dépensera 9 milliards de dinars (3,2 milliards de dollars) en service de la dette, ce qui équivaut à environ 8% du PIB et 76% de plus qu’en 2016. Les prix des carburants ont été multipliés par quatre en 2018, mais la facture de la compensation continue d’augmenter. Cette année, elle atteindra 4,3 milliards de dinars, soit presque trois fois plus que prévu. Certains économistes estiment que la dévaluation est allée trop loin. Et bien que les exportations soient en hausse, le déficit commercial continue de croître.

Ghannouchi, un politicien rusé !

Ghannouchi soutient le chef du gouvernement et affirme que le congédier mettrait un frein aux réformes nécessaires. Ce n’est pas une position naturelle pour Ennahdha. Il tire une grande part de son soutien des régions défavorisées qui ont manifesté contre les hausses d’impôts plus tôt cette année. Le parti a montré sa volonté de travailler dans l’intérêt national, même à ses dépens. Mais Ghannouchi est également un politicien rusé. Son soutien à Chahed est un signe de la faiblesse du parti au pouvoir, estime l’hebdomadaire britannique.

Après les élections de 2014, Nidaa Tounes détenait 86 sièges au Parlement, soit 40% du total, dont la moitié environ a fait défection, depuis. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté de Chahed, qui a été suspendu de Nidaa Tounes le mois dernier. Leur «coalition nationale» n’a pas encore été enregistrée en tant que parti politique. Quand ce sera le cas, ce sera l’un des plus importants au Parlement, à peu près de la même taille que Nidaa Tounes. Avec le soutien d’Ennahda, Chahed pourrait probablement échapper à un vote de censure. Les Essebsis craignent d’être éclipsés par leur propre création.

La Présidentielle, un  créneau surpeuplé »

Chahed a été vague sur ses ambitions politiques. Il pourrait entrer au Parlement à la tête d’un puissant bloc. Si au contraire, il se présente à la présidence en 2019, ce serait dans un créneau surpeuplé. Ennahdha est susceptible de présenter un candidat. Et Leila Hammami, une universitaire libérale à qui on a interdit de se présenter en 2014, espère entrer en lice cette fois.

L’incertitude est un signe bienvenu. Essebsi a 91 ans, Ghannouchi 77. Ils passent souvent des marchés en privé et les présentent aux députés comme un fait accompli. La Tunisie a besoin de nouveaux visages et d’un parlement plus fort. Elle a besoin de plus de cheikhs – et de cheikhas aussi, conclut « The Economist ».

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En fait de pavés dans la mare, le président de la République, Béji Caïd Essebsi a eu la main large lors de son apparition télévisée, lundi soir, sur El-hiwar. Soixante-dix minutes durant, il a eu tout loisir d’aligner, il est vrai pas toujours dans le bon ordre, tout ce qu’il aurait pu dire dans une adresse aux Tunisiens, sans passer par un plateau en face d’une intervieweuse, tantôt peu accommodante, tantôt rasoir, mais toujours affairée à lui arracher le fin mot de l’histoire : jeter l’opprobre quorum populo sur Chahed et accabler son propre fils Hafedh.

Ainsi est allée cette rencontre cathodique dépouillée, plus est, de la moindre saillie, un exercice dont BCE maîtrise l’art et la verve, mais dont il n’a fait nul étalage, préoccupé plutôt par ce qui le tourmentait le plus, sa relation avec Rached Ghannouchi finie en eau de boudin et dont il a annoncé la rupture, curieusement, au détour d’une phrase aléatoire, que de nombreux observateurs ont mise sur le compte du dépit de voir le mouvement Ennahdha se ranger ostensiblement du côté de son rival du moment, Youssef Chahed. Certes Ennahdha invoque la stabilité gouvernementale, mais en fait, et ce qui semble irriter le plus le chef de l’Etat, c’est que son allié d’antan lui refuse son soutien dans l’utilisation de son arme absolue contre le chef du gouvernement, la mise en œuvre de l’article 99 de la Constitution.

Ennahdha, incrédule !

L’annonce a tout pour ne pas être anodine même si les dirigeants d’Ennahdha ne semblent pas vouloir s’accommoder du crédit qui s’y attacherait aux yeux de son auteur, en affirmant en chœur que leur parti demeure attaché au consensus vieux de plusieurs années entre BCE et Ghannouchi. Ils tiennent avec une égale ardeur à s’attarder sur les vertus de la rencontre de Paris et du choix du consensus qui ont fait de la Tunisie “une exception”. Sans oublier cet autre dividende capital, celui de protéger la transition démocratique et les importantes avancées politiques, telles la promulgation de la Constitution et l’alternance démocratique au pouvoir.

Mais l’essentiel est évidemment ailleurs, et Ennahdha n’est pas stratégiquement prêt à y jeter du lest. En s’interdisant de prêter main forte à Béji Caïd Essebsi dans sa croisade contre Youssef Chahed, il laisse le chef de l’Etat en rade, totalement impuissant face à la soudaine ascension de son poulain, tout aussi fougueusement occupé à gérer les affaires de l’Etat en allant aussi souvent que possible vers les citoyens à coups de tournées et de mesures qu’à soigner son image de présidentiable qui rassure, qui a une haute opinion de sa tâche et par-dessus tout qui est indemne de tout relent idéologique. Un grief dont les Tunisiens accablent de larges compartiments de l’échiquier politique y compris Ennahdha qui, pourtant, apporte un soutien presqu’indéfectible au chef du gouvernement quitte à irriter son ex mentor.

A qui profite la rupture ?

Pour autant, BCE a-t-il la ressource d’amener à composition le parti de Rached Ghannouchi et lui arracher un improbable soutien à son équipée contre le locataire de la Kasbah ? D’aucuns voient dans l’annonce de la rupture, lundi soir, une forme de pression, sans plus, sur un partenaire, somme toute irremplaçable, mais dont on espère qu’il « entendra raison » et donnera corps à ses protestations de fidélité au consensus. D’autres soutiennent que le président de la République, « écœuré » par la « traîtrise » de son ci-devant alter ego, n’a plus d’autre choix que d’aller de l’avant dans sa nouvelle logique hostile en attendant un incident de parcours qui pourrait altérer la bonne intelligence entre Ennahdha et Chahed, lequel ne pourra être dû qu’à des frictions en rapport avec les prétentions présidentielles de ce dernier.

Il reste qu’un autre brandon de guerre est venu s’ajouter à la crise politique dans le pays. BCE et Chahed sont désormais à couteaux tirés, et la balance semble pencher en faveur du chef du gouvernement qui est en train d’apparaître sous le visage d’un rassembleur de partisans politiques, fédérés, à ce stade, sous l’étiquette de la « Coalition nationale ». Une force politique qui, jointe aux députés d’Ennahdha, a la vocation et la capacité de lui procurer un réservoir parlementaire qui le met à l’abri d’éventuels coups de boutoir de l’autre tête de l’Exécutif et plus aisément de ceux de Nidaâ Tounès qui n’est plus que l’ombre de lui-même, dépeuplé qu’il continue d’être sous l’effet de massives désertions appelées à faire encore florès.

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Peu en odeur de sainteté l’un auprès de l’autre, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, ont finalement pris le parti de se rencontrer. Pour un évènement, c’en fut un après de longs mois hérissés d’abord de coups feutrés, puis d’échanges plus ou moins peu amènes et enfin de diatribes quasi quotidiennes décochées par le patron de la centrale syndicale et ses lieutenants. Une atmosphère si délétère qu’elle interdisait toute discussion sur un large éventail de dossiers urgents et épineux sur fond de situation politique, économique et sociale franchement mauvaise, bien que des canaux de contacts aient été aléatoirement mis en place entre les entourages des deux hommes.

Le bon sens commande que ces retrouvailles soient le prologue à un dialogue débarrassé de cet amas d’a priori, résolument en prise sur la réalité et l’avenir, et dans le droit fil d’une conviction nécessairement commune de trouver un terrain d’entente. C’est à la faveur de cette convergence retrouvée que les problèmes majeurs pourront être abordés avec une diligence dont il va falloir convenir, et surtout dans l’intérêt bien compris des deux parties, et par-delà tout dans celui du pays.

La glace se rompt

En l’absence d’un communiqué signé des deux interlocuteurs, on a senti à travers les quelques propos, laconiques mais lénifiants, tenus par Youssef Chahed qu’un premier pas est en train d’être franchi dans cette direction. La rencontre « positive et franche » a permis un « accord sur la poursuite du dialogue et du consensus pour trouver des solutions pour les différents dossiers ». Le gouvernement a exposé sa position et les pressions des finances publiques auxquelles il fait face, alors que le secrétaire général de l’Organisation ouvrière a présenté son point de vue sur les négociations sociales, la loi des finances et le pouvoir d’achat de la classe moyenne et défavorisée. Surtout, l’UGTT a fait montre de meilleures dispositions à cet égard.

Ce qui est certain, c’est que la barrière psychologique a été en quelque sorte brisée, du moins ébréchée, pouvant donnant lieu à une articulation sur laquelle il faudra capitaliser pour liquider une partie du contentieux où le politique prend le dessus sur le social et le syndical avec le rituel des appels au départ du gouvernement et, à la clé, de virulents réquisitoires descendant en flammes sa politique et ses décisions. C’est sans doute sous cet angle que la glace devra être le plus rompue. L’UGTT gagnerait à se replier vers sa vocation historique et naturelle, celle d’une organisation fédératrice, prête à aller au charbon chaque fois que l’intérêt suprême de la Nation le lui dicte, sans y déroger en s’éternisant dans les sentiers battus de la politique, telle qu’elle est menée par les partis, s’attirant les foudres de l’opinion de l’opinion publique, sa lassitude et parfois sa dérision. Pour faire plus simple, la centrale syndicale se procurerait un crédit plus conséquent si elle se gardait de se mêler, toute la sainte journée, de politique sauf s’il arrive à cette dernière d’avoir des retombées sur le social, l’économique et la condition des travailleurs.

La ressource de tenir son rang

Incontestablement, l’UGTT a rang de partenaire majeur dont la contribution est essentielle non seulement dans l’instauration et le maintien de la paix sociale, mais aussi surtout dans la conception et la mise en œuvre du processus de développement, et elle l’a montré tout au long de son histoire et de son parcours. En parrainant entre autres le Dialogue national, elle s’est parée des plus insignes lauriers et administré la preuve qu’elle est capable d’avoir la ressource de répondre à l’appel du devoir. D’autant mieux qu’en agissant à bon escient et à l’enseigne de la cohésion nationale, elle aura tout loisir de défendre les droits de la classe laborieuse, participer au bien-être général, et tenir son rang en tant que cheville ouvrière de la dynamique de la croissance et l’équitable répartition de ses dividendes.

On ne peut pas soupçonner le gouvernement de ne pas être conscient de l’envergure de ce rôle sauf qu’il est en peine d’en tirer les conséquences qui vaillent, étant régulièrement aux prises avec d’énormes difficultés financières, qu’il met invariablement en avant pour laisser sans suite les revendications sociales que porte l’Organisation ouvrière. En en prenant acte sans dire les comprendre, cette dernière ouvre une petite porte qui pourrait déboucher sur une sorte de gentleman’s agreement fondateur d’une nouvelle page entre le pouvoir et le syndicat. Commencer à en parler, c’est déjà faire bouger les choses !

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C’est indiscutablement le symptôme le plus brutal d’une balance commerciale qui bat de l’aile. Le dinar tunisien s’est inscrit dans une spirale que peu d’analystes se retiennent de qualifier de descente aux enfers. Et ce n’est point excessif au regard à la cadence à laquelle il plonge en l’absence du moindre indice que ce ne soit pas encore le cas sur le court terme voire à plus longue échéance. Les tout derniers chiffres de la Banque centrale de Tunisie sont là pour étayer ces craintes avec un déficit courant qui « s’est nettement élargi pour s’établir, à fin août 2018, à 7.675 MDT (ou 7,2% du PIB), après avoir atteint 6.767 MDT (ou 7% du PIB) une année auparavant ». En corollaire, elle fait état d’une « détérioration des paiements extérieurs toujours perceptible au niveau des réserves en devises qui se sont établies, au 12 septembre 2018, au voisinage de 3,9 milliards de dollars, soit l’équivalent 69 jours d’importations contre 93 jours à fin 2017 ». Une barre que l’on retrouve, pas plus tard que ce 17 octobre. Mécaniquement, et en raison de l’acuité du déséquilibre entre l’offre et la demande, le marché de change a connu une accélération du rythme de dépréciation du dinar vis-à-vis des principales devises, au cours de la période récente. Du premier au 12 septembre 2018 et par rapport à toute l’année 2017, le dinar s’est déprécié de 10,7% et 5% face à l’euro et au dollar américain respectivement.

On est alors à des années-lumière de l’année 2010, par exemple, où le dinar s’échangeait           contre 1,44 dollar. À la mi-septembre 2018, cette contre-valeur est de 2,78 pour un dollar et de 3,23 pour un euro, en ce début de semaine. Et avec une facture d’importation qui a augmenté de 20,4% à 13,9 milliards de dollars par rapport aux huit premiers mois de l’année dernière, le déficit devrait continuer de se creuser sur le reste de l’année, avertissent les analystes.

Le Fonds monétaire international a fait valoir que «la flexibilité du taux de change, appuyée par des adjudications plus compétitives de devises par les banques centrales, est essentielle pour aider à améliorer la situation du compte courant et à reconstituer les réserves internationales du pays». Une préconisation taillée en pièces par les économistes qui affirment que le maintien d’une telle «flexibilité» est contre-productif pour l’économie tunisienne et pourrait être «suicidaire» à long terme, arguant que le pays ne pourrait pas couvrir le déficit commercial croissant, alimentant ainsi le déséquilibre des comptes courants.

Un « précipice sans fond » !

Cités par « The Arab Weekly », ils ajoutent s’attendre à ce que le déficit commercial de 2018 dépasse le déficit commercial record de 2017, qui a atteint 5,6 milliards de dollars, soit 24% de plus que l’année précédente. L’un d’’eux, l’ancien ministre tunisien du Tourisme, Slim Tlatli, économiste, ne voit pas d’un bon œil que « les autorités continuent de laisser le dinar se déprécier dans le soi-disant objectif de mettre fin au déficit commercial. Nous devons changer de politique, qui pousse le pays dans un précipice sans fond », selon ses dires.

D’après lui et d’autres économistes, la dépréciation du dinar aurait permis d’ouvrir de nouveaux marchés pour les ventes à l’étranger si l’économie était plus productive et innovante, mais elle y a échoué. La Tunisie, largement reconnue comme la réussite économique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au cours des deux décennies précédant 2010, a été dépassée par le Maroc et l’Algérie, ses pays voisins, dans le dernier indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial. La Tunisie était 95ème, neuf crans au-dessous de l’Algérie et 24 spots plus bas que le Maroc, à l’échelle de la compétitivité.

Une politique « suicidaire »

“Lorsque l’élasticité des prix des importations et des exportations est faible, comme c’est le cas en Tunisie, la dévaluation du dinar amplifie encore le déficit commercial”, a déclaré Abdelaziz Halleb, directeur général de la société de composants électriques Omnitech, cité par la même source, faisant remarquer que le déficit commercial de la Tunisie se creusait depuis 2011, le dinar perdant progressivement du terrain face au dollar.

“C’est la raison pour laquelle cette politique monétaire est simplement suicidaire”, a-t-il prévenu, rappelant que la chute du dinar avait sérieusement affecté la valeur des exportations des composants mécaniques et électriques ». « Lorsque ces transactions sont conclues, les montants de leurs exportations ne sont pas influencés par la valeur du dinar. Pour certaines sociétés étrangères spécialisées dans ces composants, le seul facteur qu’elles mettent en avant pour choisir la Tunisie tient aux salaires de leurs employés locaux payés en dinars et quand le dinar chute, ces salaires diminuent aussi », a-t-il souligné. Pour les produits agricoles, «les recettes en devises émanant de leurs exportations manquent à croître si le dinar se déprécie», a-t-il ajouté.

La valeur en baisse du dinar a frappé l’industrie du tourisme, autre principale source de devises. «Les accords sont négociés avec des voyagistes étrangers pour l’été et en dinars. Lorsque nous déprécions le dinar, nous perdons en termes de devises », a-t-il affirmé, expliquant que les touristes d’Algérie et de Libye « affluent vers le marché noir pour échanger de l’argent. Nous perdons aussi en même temps que nous dévaluons le dinar ».

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Le porte-parole de la présidence du gouvernement Iyad Dahmani a, fermement, démenti, jeudi, l’existence d’une ” liste d’entreprises publiques ” que le gouvernement envisage de céder.

” Il n’y a aucune liste “, a assuré le porte-parole du gouvernement dans un communiqué posté sur le portail de la Primature, ajoutant que le gouvernement ne traite pas de la sorte le dossier de réforme des institutions publiques.

Plus tôt dans la journée, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) avait publié sur le réseau social ” Facebook ” et sur son site internet ce qu’il a qualifié de ” liste préliminaire d’institutions ” que le gouvernement envisage de céder. La centrale syndicale s’est dit étonnée d’une telle mesure d’autant que la plupart de ces entreprises sont rentables.

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Au regard de ce qui est en train de se passer en Tunisie, on se croirait au cœur d’un thriller politique dont on attend vivement l’épilogue. Les événements s’enchaînent à vive allure, ce qui fait évidemment désordre, alors qu’une âpre curée commence à livrer ses premiers symptômes avec un chef du gouvernement dont la tête est mise à prix et que des concurrents, ouatés de silence mais trahis par leurs incohérences, moins rarement par la tyrannique ambition qui les habite, se mettent en ordre de bataille en vue de cette échéance, devenue détestable, de la 2ème élection présidentielle de la IIème République.

Le casus belli qui secoue l’échiquier politique tient à Youssef Chahed et à ses ambitions présidentielles. L’homme n’en pipe mot alors qu’il est pressé de toute part de le faire, d’une seule enjambée et toutes affaires cessantes. Car c’est de cette manifestation d’intention que dépendra son maintien ou non à la présidence du gouvernement, au motif dûment déclaré et sans cesse répété que ce statut est irréconciliable avec celui d’un candidat à un scrutin, plus est présidentiel. En s’abstenant encore de déférer à ces appels, Chahed offre sans doute à ses nombreux adversaires la voie royale de le soupçonner de briguer la magistrature suprême, et ce faisant de leur faire de l’ombre, voire de leur damer le pion.

Le profil de présidentiable

Il tombe sous le sens que le locataire de la Kasbah finira par s’y résoudre, très probablement après s’être taillé un profil de présidentiable adossé à un bilan qu’il n’a, d’ailleurs, de cesse d’étoffer à coups de réalisations, aussi bien à domicile qu’à l’étranger, comme en témoigneraient les résultats de sa visite en Chine, d’indicateurs économiques qui virent vers le vert, et surtout au travers de son équipée contre la corruption qu’il vient de remettre en branle après un intermède où elle est comme tombée en somnolence, jurant avec les quarantièmes rugissants qui avaient marqué son démarrage.

A ne pas en douter, c’est dans cette croisade contre la corruption que Youssef Chahed doit puiser l’essentiel de son capital politique et de confiance, tant son impact est puissant sur l’opinion publique qui, faut-il le rappeler, lui avait témoigné une remarquable adhésion lorsqu’il           s’est attaqué au barons de la corruption et tenu sa promesse de les jeter en prison, pas tous certes, se limitant à ceux auxquels s’attachent une symbolique retentissante. En refaisant le coup, il pensait certainement reconquérir ce plébiscite ; seulement, il semble avoir péché par un empressement plus proche de la brusquerie que de la rapidité, ce qui lui a valu un tollé qu’il espère désamorcer en révélant, dit-il, dans les jours à venir les faits incriminés et les preuves qui étayent le limogeage collectif qui a décapité le ci-devant ministère de l’Energie et des mines.

Des encombres à congédier

Chahed pourra-t-il, mieux, saura-t-il parfaire sa stature de présidentiable, impérieusement avant la loi des finances, immanquablement jonchée de mesures fiscales forcément impopulaires ? Le bruit court que le PLF serait exempt de taxes et impôts qui rappellent ceux ayant entaché l’exercice 2018. Ce serait compter sans les fraîches « recommandations » du Fonds monétaire international relatives, notamment, à la facture énergétique, la dégringolade du Dinar qui, selon les conjoncturistes, est appelée à s’accentuer sans pour autant s’effondrer et l’inflation qui devrait, elle aussi, continuer sa flambée. Et c’est de l’issue de la gestion de ces encombres que dépendra la suite des événements.

Une fixation partagée

Sans parler bien entendu de la guérilla à laquelle se livrent sans désemparer les adversaires de Youssef Chahed, sommé de faire place nette, sans autre forme de procès. Une offensive qui a gagné ces jours-ci en ampleur avec la tonitruante entrée en lice de l’UGTT dont le secrétaire général, outre ses sorties oratoire sans ménagement, annonce comme très probable une grève générale dans le secteur public. Il rejoint ainsi tout l’attelage des partis politiques qui demandent, à des degrés divers, le départ du chef du gouvernement. C’est la propre formation politique de Youssef Chahed qui a ouvert le bal et mène toujours la danse, non plus à coups de communiqués enflammés, mais par des tentatives plus senties comme celle de débaucher les ministres de Nidaâ Tounès, alors que le chef du gouvernement était en déplacement en Chine. Des menées qui ressortissent à une même fixation : voir Youssef Chahed partir non seulement du gouvernement, mais aussi et surtout pulvériser toutes ses chances de se porter candidat à l’élection présidentielle.

Un dessein partagé par le mouvement Ennahdha qui met toutefois les formes en sommant le chef du gouvernement de choisir entre la Kasbah et la course présidentielle. Une injonction assortie de l’assurance de son soutien au gouvernement moyennant des changements de ministres, au cas où Chahed déciderait d’y rempiler.

On peut penser que ce dernier, appâté par le beurre et l’argent du beurre, ne sera pas, dans tous les cas de figures, en état de résister à ces assauts répétés pour devoir faire finalement le choix qui semble être le sien, Carthage. Ce qui , en bonne logique, lui dictera de mettre en place la logistique qui aille avec, soit la création de son propre parti, soit la constitution d’un rassemblement, nécessairement hétéroclite dont le noyau encore embryonnaire est cette « Coalition nationale » faite de rescapés de partis et d’indépendants.

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“Aucun baril de pétrole n’a été extrait depuis 1979 jusqu’à aujourd’hui”, c’est ce qu’a indiqué Mohamed Toumi, directeur général de la société Topic d’exploration et de production de pétrole et de gaz du champ pétrolier “Halk El Menzel”.

S’exprimant lundi sur Mosaïque fm, il a expliqué que la société n’a jamais accédé au stade du  processus de production et d’exploitation depuis la découverte des puits en 1977.

Des millions de dinars avaient été dépensés pour le forage et l’extraction du pétrole dans ce champ, malgré les péripéties en 2011 et l’absence de financement jusqu’à 2014, en raison de la situation politique à l’époque.

“Nous avons commencé les travaux de développement et entamé des études ainsi que l’acquisition des équipements”, a-t-il ajouté.

Ila également souligné que  le permis accordé à la compagnie  arrivera à expiration en 2029, ajoutant que la société détient les  décisions administratives qui l’attestent, particulièrement  un document de la direction générale de l’énergie qui  dispose  que la durée de la concession  court du 1er janvier 1979 jusqu’au 30 décembre 2029, soit 50 ans.

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On la sentait venir, c’est maintenant chose faite. La Tunisie est en pleine précampagne électorale, avant la lettre, certes, mais, à quelques encablures de la rentrée politique, les uns ont commencé à numéroter leurs abattis, les autres à avancer leurs pions, dans le dessein à peine voilé de conquérir un territoire, le plus large possible, et déposséder les éventuels adversaires de leurs fonds de commerce dont on peine à y trouver le moindre projet sauf celui de démolir l’autre, moins à coups de procédés à la loyale qu’au moyen de brigues et combines.

En attendant que la sélection naturelle fasse son œuvre, c’est l’incertitude qui règne en absolu avec des positions obscures voire impénétrables, mais des discours qui n’ont rien de convaincant pour un électorat qui a marqué ostensiblement sa désaffection à l’égard de la chose politique, comme l’avait montré le scrutin électoral. Dans ce capharnaüm indescriptible,seul le mouvement Ennahdha semble émerger du lot en se signalant par une position bien arrêtée et, semble-t-il, largement convenue, celle de faire injonction au chef du gouvernement, Youssef Chahed, de choisir entre la Kasbah ou la course à l’élection présidentielle. Le président de son conseil de la Choura, Abdelkrim Harouni, a été on ne peut plus clair et sentencieux : Chahed doit s’abstenir de briguer la présidence de la République s’il veut continuer de remplir son office de chef du gouvernement. Faute de quoi, Ennadha lui retirera son soutien qu’il lui apportait jusqu’ici en redoublant d’égards à son endroit, tant au Parlement que dans son contentieux avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Le « niet » de Ghannouchi refait surface

On est déjà à mille lieues du « conseil » que les dirigeants du parti s’évertuaient à donner à Youssef Chahed d’oublier ses prétentions présidentielles, mais dans le droit fil des préconisations, en fait des sommations proférées l’été dernier, presqu’à pareille époque, par Rached Ghannouchi, le dissuadant, voire lui interdisant de se porter candidat à l’élection présidentielle. En se libérant ainsi d’un candidat aussi sérieux et encombrant dont il espérait pourtant qu’il finirait par « entendre raison », Ennahdha s’ouvrirait un boulevard vers les échéances de 2019. D’autant que les postulants qui pourraient l’inquiéter sont quasiment inexistants, sauf un ou deux, du reste anecdotiques, qui disent songer à entrer dans la course, sans être catégoriques ni sûrs de leur fait.

Le cas BCE

Reste le cas BCE que certains de ses partisans disent indéboulonnable, et beaucoup de ses adversaires et la majorité des Tunisiens souhaitent qu’il rende le tablier et sorte par la grande porte. Le fait est qu’il se mure dans un silence très énigmatique, ne laissant échapper aucun signe, ni allusif ni sur le ton de la badinerie dont il est coutumier, sur ses véritables intentions. On ignore quel traitement le mouvement Ennahdha pense lui réserver, mais tout porte à croire que sa religion est faite là-dessus : il ne posera, à la toute rigueur, que peu d’encombres. D’ailleurs, le parti qui dit avoir cessé d’être islamiste lui a décoché ce dimanche même, un camouflet sans appel en balayant sans autre forme de procès les conclusions du rapport de la Colibe. Son conseil de la Choura a annoncé rejeter « tout projet contradictoire avec la Constitution et avec les textes catégoriques du saint Coran », tout en ajoutant par le truchement de son président que « la Tunisie est un Etat civil dans une société musulmane qui respecte les principes islamiques et constitutionnels ». «  C’est un Etat civil qui reflète la volonté du peuple », a-t-il expliqué.

Chahed vs les siens

Dans cette adversité, Youssef Chahed continue d’avoir maille à partir avec les siens ou supposés comme tels. Nidaâ Tounès, sous la houlette de son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi, que l’on soupçonne d’avoir, lui aussi, des visées présidentielles, n’a de cesse d’étriller le chef du gouvernement, lui trouvant tous les défauts du monde, et demandant invariablement et sur toutes les fréquences son départ. Il s’y essaie par une variété de moyens, même s’il a essuyé quelques échecs dans ses tentatives, dont la plus illustre a été celle du vote de confiance du nouveau ministre de l’Intérieur, en se dégonflant à la dernière minute. Mais rien n’est susceptible de le ramener à de meilleurs sentiments envers Youssef Chahed, ni sur le court ni sur le moyen terme.

Il reste que l’actuel chef du gouvernement ne semble pas s’inquiéter outre mesure de cette coriace opposition. D’autant moins qu’avec la refondation de l’échiquier politique dans le pays, il espère pouvoir compter sur d’autres soutiens, comme celui que lui a manifesté le nouveau groupe parlementaire formé de députés indépendants et d’autres inscrits dans d’autres groupes, dont le nombre total s’élèverait entre 35 et 40 députés.

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Qui parmi les Tunisiens ne s’est pas plaint, pendant les fêtes de l’Aïd el-Idha, de cette paralysie qui a frappé indistinctement service public, commerces et toute une variété de prestations les empêchant de vaquer passablement à leurs occupations ordinaires. La trêve des confiseurs est passée par là. D’autant plus qu’aux jours fériés légaux, on ne s’est pas dispensé d’ajouter d’autres, de son propre chef, soit pour convenances personnelles, soit dans le droit fil de cette indolence érigée en sport national.

C’est en tout cas un épisode qui en dit long sur cette répugnance à l’effort qui possède une large majorité des Tunisiens actifs sous différents formes, dont on citera aléatoirement l’inassuidité au travail, les congés à tout-va, les sit-in et dérivés… Autant de pratiques sur lesquelles l’administration surtout, a pris l’habitude de fermer les yeux depuis un lustre, et auxquelles se sont joints deux « bizarreries » légales monumentales : le congé du samedi et la séance unique au sujet desquels des voix officielles ont commencé à émerger demandant leur annulation pure et simple au regard de leur fort impact sur la productivité.

Un secteur public pléthorique et inefficace

Et pour cause, ce ne serait pas le dévouement au labeur qui étouffe nos concitoyens, notamment parmi les plus de 600 mille de la fonction publique, d’invétérés budgétivores, dont les rangs se sont immodérément gonflés d’environ 20% en 2012, propulsant la Tunisie aux premières loges en termes de masse salariale dans le monde. Paradoxalement, cette exponentielle prolifération ne s’est point traduite par aucune amélioration des prestations du service public, dégradant même leur qualité et excédant encore plus les administrés autant que les usagers.

Pourrait-on éprouver pire quand on sait qu’au sortir d’une révolution que l’on espérait rédemptrice, les Tunisiens sont impérieusement appelés à retrousser les manches, travailler plus, débrayer moins, en un mot aller au charbon, d’abord pour rompre avec les pratiques d’antan et en chemin, jeter les fondements d’une nouvelle architecture de développement à la faveur de laquelle ils pourraient enfin récolter les fruits de ce que les jeunes parmi eux ont osé faire et entreprendre, un certain 14 janvier 2011. L’univers du travail s’offrait pourtant comme un domaine parmi les plus idoines pour fonder une nouvelle culture, voire un culte voué à l’effort, réhabiliter la valeur du travail, longtemps mise à mal.

Management très directif !

Il est vrai, comme le soulignait le professeur en psychologie à l’université tunisienne, Noureddine Kridis, qu’on a des difficultés à « demander aux gens d’avoir des valeurs positives par rapport au travail quand les conditions de travail ne sont pas favorables et si dans l’entreprise, on ne cherche que la force du travail négligeant le développement de l’homme qui est derrière ». Il est vrai aussi, constate-t-il, que « la Tunisie a hérité d’un style de management très directif, partout, il n’y a que des directeurs, beaucoup de directeurs, alors que les autres ne sont que des exécutants et des laissés-pour-compte, ce qui fait que vu de l’extérieur, les Tunisiens n’aiment pas travailler, ou travaillent peu et sont paresseux. La valeur travail est en chute libre ».

Certes, mais encore, on ne doit pas se voiler la face devant cette tendance quasi générale qui incite les citoyens à se transformer en irréductibles tir-au-flanc qui regardent les missions à eux assignées comme une corvée mal rétribuée, fastidieuse, peu valorisante. Corollaire fatal : la paresse prend rang d’ « activité » ambiante aux dividendes réels et contagieux. D’autant comme il est souvent dit, « il est reposant de voir les autres travailler ».

Un Etat impécunieux

De toute évidence, cela a un coût pour le budget de l’Etat qui traîne un déficit abyssal, obligeant les pouvoirs publics à solliciter sans répit les bailleurs de fonds, tels que l’implacable Fonds monétaire international qui joue à la Tunisie, à chaque fois, le mélodrame du déboursement des tranches de son prêt dont l’essentiel sert à éponger le déficit budgétaire et payer les salaires. On ne s’empêchera pas d’y ajouter la désaffection des investisseurs tant domestiques et étrangers, pour cause de « repoussantes » conditions de travail dans le pays, et cela, sans conteste, rejaillit fort négativement sur la croissance, l’emploi, et bien d’autres paramètres qui fondent le développement dans toutes ses composantes.

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Le gouvernement et l’UGTT ont convenu de porter l’âge de la retraite dans le secteur public à 62 ans alors que pour le départ facultatif, il a été fixé à 65 ans, et ce à partir de 2020, a annoncé le directeur général de la sécurité sociale au ministère des Affaires sociales, Kamel Madouri.

Dans une déclaration à l’agence TAP, il a précisé que le relèvement de deux années sera progressivement obligatoire auxquelles s’ajoutent trois années à titre facultatif.

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