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Mohamed Lahmar

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Un camion qui transportait 40 000 litres de carburant du port de Karachi jusqu’à Lahore, s’est renversé dimanche 25 matin sur l’autoroute reliant ces deux grandes métropoles. L’accident a eu lieu tôt dans la matinée près de la ville d’Ahmedpur East, à 500 km au sud de Lahore.

« Au moins cent vingt-trois personnes ont été tuées et plus de cent blessées dans un incendie qui s’est déclaré lorsqu’un camion-citerne s’est renversé », a déclaré un responsable des autorités locales à la télévision publique.

Le carburant a fui, se déversant sur la chaussée, avant de prendre feu. Des centaines de personnes du village voisin de Ramzanpur Joya qui s’étaient rendues sur les lieux de l’accident pour ramasser l’hydrocarbure et se sont retrouvées piégées par les flammes, selon le chef de la police régionale.

« Les habitants du village voisin de Ramzanpur Joya se sont précipités sur le site avec des seaux et d’autres contenants et de nombreuses personnes à moto se sont arrêtées pour récupérer le carburant. Dix minutes plus tard, le camion-citerne a explosé, créant une énorme boule de feu qui a englouti tous ceux qui récupéraient le carburant. »

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C’est une tradition de plus que Donald Trump ne respecte pas. La Maison Blanche n’a pas accueilli cette année un dîner de rupture du jeûne (iftar), «pour commémorer le ramadan, le mois de jeûne sacré dans l’Islam», rapporte CNN. À la place, poursuit le site de la chaîne américaine, le 45e président américain a envoyé un communiqué de presse, ce samedi 24 juin, dans lequel il présente ses «salutations chaleureuses» à ceux qui célèbrent l’Aïd el-Fitr.

Contacté par Newsweek, la Maison Blanche a confirmé dans un e-mail «qu’elle n’accueillerait pas un dîner de rupture de jeûne, et a renvoyé à la déclaration de Trump effectuée au début du ramadan».

C’est la première fois depuis plus de deux décennies que la Maison Blanche n’accueille pas un tel dîner. Bill Clinton, George W. Bush (notamment au lendemain du 11-septembre) et Barack Obama n’avaient pas dérogé à cette règle, en invitant à la Maison Blanche des diplomates musulmans et des membres importants de la communauté musulmane américaine, explique BuzzFeed.

«Le premier iftar de la Maison Blanche s’est déroulé sous la présidence de Thomas Jefferson, en 1805, quand il avait invité un ambassadeur de Tunis à la Maison Blanche. Le secrétaire d’État Rex Tillerson a également rompu avec des décennies de tradition en rejetant une demande d’organisation d’une réception pour l’Aïd el-Fitr.»

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Six personnes ont été hospitalisées dimanche après avoir été percutées par une voiture à la sortie d’un rassemblement pour célébrer la fin du ramadan à Newcastle (nord de l’Angleterre), un accident qui ne serait pas lié au terrorisme, a annoncé la police.

“L’enquête se poursuit pour établir ce qui s’est passé exactement, mais nous pensons pour le moment que l’incident n’est pas lié au terrorisme”, a déclaré un porte-parole de la police.

Une femme de 42 ans a été arrêtée et placée en garde à vue. La police a précisé dans un communiqué qu’elle ne cherchait “pas d’autre suspect” pour le moment.

Les six blessés, trois adultes et trois enfants, ont été admis à l’hôpital Royal Victoria Infirmary. D’après la BBC, l’un des enfants serait dans un état critique.

L’accident s’est produit devant un complexe sportif, où s’étaient réunis des musulmans pour célébrer l”Aïd el-Fitr.

“Immédiatement après les prières de l’Aïd, alors que les gens quittaient les lieux, une voiture a percuté des piétons”, a indiqué la mosquée centrale de Newcastle. “Les blessés ont été immédiatement pris en charge par les secours et la police”.

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 Les unités frontalières de la Garde nationale dans la délégation de Zoukra à Ben Guerdane au gouvernorat de Medenine (Sud de la Tunisie), ont arrêté, samedi, un salafiste takfiriste âgé de 42 ans, condamné par contumace à dix ans de prison pour son implication dans une affaire liée au terrorisme.

Selon le porte-parole de la direction générale de la Garde Nationale, Khalifa Chibani, cet élément arrêté à bord d’une voiture de louage, fait déjà l’objet d’un mandat de recherche au profit du Tribunal de Première Instance de Tunis 1.

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Seize individus ont été placés en garde à vue dans l’affaire de Bir Lahfay, gouvernorat de Sidi Bouzid, a déclaré, samedi, à l’agence TAP, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Yasser Mosbah.

Des actes de violences ont ciblé, jeudi soir, des sécuritaires dans la délégation de Bir Lahfay, gouvernorat de Sidi Bouzid, suite à une altercation au marché hebdomadaire entre des habitants de la région. Un jeune est décédé après avoir été poignardé au dos.

Selon un communiqué publié vendredi par le ministère de l’Intérieur, des jets de cocktail Molotov ont été lancés sur les voitures des forces de l’ordre, blessant quatre agents. Ces derniers souffraient de brulures à différents endroits du corps.

Le ministère a, également, précisé que le lieutenant Majdi Hajlaoui (sécurité nationale de Sidi Bouzid) qui a été brulé au troisième degré se trouve dans un état critique. Le ministre de l’Intérieur s’est rendu, vendredi, à son chevet au Centre de traumatologie de Ben Arous.

Au cours des accrochages, deux autres sécuritaires ont été blessés et un véhicule appartenant au poste de sécurité nationale de Bir Lahfay a été incendié.

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Les moissons ont pris de l’avance, soit de 51%, jusqu’au 23 juin 2017, dans toutes les régions du pays, a indiqué Mohamed Ali Ben Romdhane, sous-directeur des céréales, à la Direction Générale de la production agricole, au ministère de l’Agriculture, ajoutant que les cultures céréalières de 497 mille hectares ont été collectées sur une superficie totale estimée à 976 mille hectares”.

Il a précisé à l’agence TAP que les superficies qui seront emblavées sont réparties sur prés de 702 mille hectares dans le nord et 274 hectares dans le centre et le sud.

Les superficies moissonnées s’élèvent, près de 172 mille hectares de blé dur, 38 mille hectares de blé tendre, 281 mille hectares d’orge et 6,3 mille hectares de triticale.

En ce qui concerne le rendement des céréales, Ben Romdhane a souligné que la moyenne de rendement de blé dur, varie entre 10 et 29 quintaux par hectares( ha) dans le nord, entre 12 et 24 quintaux/ha dans le centre et de 6 quintaux/ha dans les régions du sud.

Le rendement maximal a été enregistré dans les régions irriguées de Kairouan (soit 82 quintaux/ha).

Pour le blé tendre, son rendement varie entre 10 et 26 quintaux/ha dans le nord, entre 12 et 31 quintaux/ha dans le centre et de l’ordre de 5 quintaux/ha dans les régions du sud. De même, un maximum de rendement a été enregistré à Kairouan avec 65 quintaux/ha.

Pour l’orge, la moyenne de rendement varie entre 9 et 20 quintaux/ha dans le nord, entre 7 et 16 quintaux/ha dans le centre et de l’ordre de 6 quintaux/ha dans les régions du sud. Un maximum de rendement a été, également, enregistré dans les périmètres irrigués de Kairouan avec 67 quintaux/ha.

En ce qui concerne le triticale, la moyenne de rendement varie entre 11 et 23 quintaux/ha dans le nord et un maximum de rendement de 35 quintaux/ha a été enregistré à Béja.

Selon Ben Romdhane, les privés ont contribué à la collecte de 56% des quantités récoltées tandis que l’Office des céréales n’a contribué que de 1,3% et les sociétés coopératives de 40%.

A noter que la production céréalière pour la saison agricole 2016/ 2017 est estimée à 17 millions de quintaux contre 12 millions de quintaux au cours de la saison écoulée, soit une hausse de 38%.

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Les funérailles du Lieutenant Mejdi Hajlaoui se sont déroulées, dimanche matin, au cimetière de ” Kotrana ” de la délégation de Sidi Bouzid-est.

Ont assisté aux obsèques, le ministre de l’Intérieur Hédi Majdoub, le gouverneur de Sidi Bouzid Mourad Mahjoubi et des agents des divers corps sécuritaires.

La dépouille a été transportée de la maison du martyr dans la ville de Sidi Bouzid vers la région de Kotrana (plus de 20km).

Les proches de la victime et des représentants des syndicats de la sécurité ont exprimé leur mécontentement à l’égard des médias concernant la couverture de cet incident, refusant la présence de journalistes.

Le lieutenant Mejdi Hajlaoui, âgé de 49 ans et père d’un enfant, relevait de la zone de police de Sidi Bouzid. Il a été atteint de brûlures de 3ème degré nécessitant son transfert au Centre de Traumatologie et des grands brûlés à Ben Arous, où il a été placé en soins intensifs.

Hajlaoui et quatre agents ont été frappés par un coctail Molotov alors qu’ils tentaient d’intervenir suite à des actes de violence survenus au marché hebdomadaire de Bir Lahfey (gouvernorat de Sidi Bouzid).

Une voiture de police a été incendiée lors de cet incident au cours duquel un jeune homme a été tué d’un coup de couteau au dos.

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi (BCE), le président de l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP), Mohamed Ennaceur et le chef  du Gouvernement, Youssef Chahed, ont accompli, dimanche matin, la prière de l’Aïd El Fitr, à la mosquée Malek Ibn Anas à Carthage.

A cette occasion, le chef de l’Etat a adressé ses meilleurs vœux au peuple tunisien à l’intérieur du pays comme à l’étranger ainsi qu’à tous les musulmans du monde.

Il a aussi tenu a adresser, dans cette conjoncture de crise dans la région du Golfe, un message “spécial” à la colonie tunisienne résidente dans ces pays ainsi “qu’aux frères du Golfe”, exprimant sa “confiance en la sagesse des leaders des pays de cette région et leur capacité à surmonter les divergences actuelles”.

“Cette année, le mois de Ramadan en Tunisie s’est déroulé dans de bonnes circonstances, tant sur le plan sécuritaire qu’économique”, a encore dit le président de la République, louant “les efforts des forces sécuritaires et militaires qui accumulent les succès dans la guerre contre le terrorisme”.

Il a rappelé les dégâts d’un “terrorisme lâche”, qui a coûté la vie au berger Khalifa Soltani, décapité par des terroristes à Jebel Mghila (Kasserine) en 2015, et au Lieutenant Mejdi Hajlaoui, décédé hier soir au Centre de traumatologie et des grands brûlés à Ben Arous, de suite de graves brûlures qu’il a subies, jeudi 22 juin 2017, dans des actes de violences à Bir Lahfey (Sidi Bouzid).

Le chef de l’Etat a salué les efforts du gouvernement d’Union nationale qui “a jusqu’à présent parvenu à renouer avec un rythme de croissance positif dans le pays et à rétablir un certain optimisme et à regagner la confiance des Tunisiens dans les institutions de l’Etat, notamment à la lumière des dernières mesures de lutte contre la corruption qui devraient se poursuivre, se renforcer et trouver un large consensus national”, a-t-il estimé.

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Le temps ce dimanche est peu nuageux sur la plupart des régions. Vent de secteur Sud sur le nord et le centre et de secteur Est sur le sud faible à modéré de 10 à 25 km/h.

Mer peu agitée et les températures sont en hausse dont les maximales  sont comprises entre 30 et 34 degrés sur les régions côtières Est, entre 35 et 39 degrés ailleurs avec coups locaux de sirocco.

Pour lundi, la canicule sera plus forte  encore avec un ciel l dégagé à peu nuageux sur la plupart des régions. Vent de secteur Sud faible à modéré de 15 à 25 km/h, puis se renforçant relativement l’après midi près des côtes et atteignant 40 km/h.

Mer peu agitée à agitée. Surtout,  les températures maximales seront comprises entre 34 et 38 degrés sur les régions côtières Est et entre 38 et 42 degrés ailleurs avec coups de sirocco.

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Qui ne l’aurait pas prévu : El-Kamour ne sera pas une péripétie isolée, unique et sans suite. D’autant moins qu’il s’y est attaché des « acquis » à ce point significatifs qu’ils vont devoir servir de référence à des mouvements de protestation de cet acabit. En signant ce que certains regardent comme une capitulation déguisée et négociée, le gouvernement a ouvert un boulevard devant les légions de contestataires qui s’aviseraient de passer à l’acte et d’accroître la pression sur les pouvoirs publics pour obtenir gain de cause. A peine l’épisode d’El-Kamour a-t-il commencé à se résorber qu’un autre, celui d’El-Argoub, dans le gouvernorat de Kébili, a sonné le tocsin d’un bivouac qui en rééditerait à s’y méprendre la recette et la technique, et sans doute la même issue.

Les campeurs d’El-Argoub sont sur place depuis le début de cette semaine, plus précisément à Oum Chiyah, à 70 km au sud de la ville de Douz où ils ont fermé les deux vannes du gazoduc et du pipeline qui lient plusieurs champs pétrolifères installés au Sahara de Kébili et de Tataouine à la raffinerie de Skhira. Le porte-parole de leur coordination a précisé qu’il s’agit de soutenir les protestataires qui poursuivent, depuis deux mois, leur mouvement près des champs de pétrole, pour revendiquer « la nationalisation des richesses naturelles du pays, ainsi que l’emploi, le développement et le droit de la région de Kébili à une part des richesses du Sahara ». Les protestataires se font un point d’honneur d’avoir fermé les deux vannes « sans le moindre incident » avec les unités de l’Armée nationale déployées sur les lieux. Ils n’en ont pas moins fixé un ultimatum de trois jours aux autorités régionales et centrales pour ouvrir un « dialogue sérieux » sur les revendications, faute de quoi ils fermeront les autres champs pétroliers, a averti leur porte-parole.

On ignore comment le gouvernement entend gérer ce dossier, mais sa ministre de l’Energie, des mines et des énergies renouvelables, Héla Cheikhrouhou, a confirmé que la production de pétrole et de gaz dans le gouvernorat de Kébili est à l’arrêt depuis le mois de mai, en raison précisément des mouvements sociaux. Comme ceux d’El-Kamour, les campeurs d’El-Argoub ont , au fil des jours, « affiné » leur demandes en y ajoutant d’autres qui devaient faire l’objet de consultations en prélude au marathon des séances de négociations qui auront lieu sous la houlette du chef du gouvernement au cours des semaines à venir pour tenter de trouver des solutions aux revendications des sit-nneurs, « dans la limite des moyens de l’Etat », a déjà prévenu la ministre.

La dragée haute

Il y a fort à parier que les campeurs d’El-Argoub tiendront la dragée haute au gouvernement et aux plénipotentiaires qu’il sera tenu de nommer pour transiger avec les sit-inneurs et à la fin, conclure un accord « négocié » dans l’intérêt bien compris de toutes les parties, autrement dit et essentiellement des protestataires. Les uns et les autres ayant acquis une certaine maîtrise de l’art de négocier, il serait dans l’ordre des choses que l’épilogue intervienne plus tôt qu’à El-Kamour, et sans doute avec des dégâts moindres, même si les pertes ont été estimées à environ 24 millions de dinars par semaine. Il n’empêche qu’elles pèsent de tout leur poids sur le budget de l’Etat pour 2018, la région de Tataouine représentant 30 % des revenus pétroliers du pays, déjà affectés par la chute des prix qui sont aujourd’hui à environ 48 dollars le baril et par la baisse de 40% de la production qui est ne dépasse pas 22 mille barils par jour.

Ce pendant, les revendications portant sur l’emploi et le développement ne doivent en aucun occulter celles exigeant la nationalisation des richesses pétrolières du pays et le droit des régions productrices à un écot sur ces ressources. C’est à ce contexte qu’il faut rattacher la mise en place d’un groupe de travail pour améliorer la transparence et la bonne gouvernance dans le secteur des industries extractives, notamment pétrolières et gazières.

Il aura vocation à superviser l’élaboration de rapports annuels, de renforcer la transparence dans le secteur des industries extractives dans le pays par le biais de programmes visant à améliorer le cadre législatif, réglementaire et fiscal si nécessaire. Ces rapports seront élaborés annuellement et toucheront les domaines du pétrole, du gaz et du phosphate ainsi que toutes les activités minières. Le principe de transparence dans la gestion des recettes dans le secteur des industries extractives stipule l’existence d’une harmonie entre les versements effectués par les sociétés de pétrole, de gaz et de mines au profit du gouvernement et les recettes du gouvernement, le tout spécifié chaque année dans un rapport rendu public, précise la ministre de l’Energie.

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Le porte-parole du parquet au tribunal de première instance de Tunis, Sofiène Sliti, a confirmé lundi sur  Shems FM, l’arrestation de l’animateur de télévision Samir Wafi.

Il a précisé que ce dernier  a été placé en garde à vue pour corruption, conformément à l’article 87 du code pénal.

Cette disposition  pénale stipule que   « toute personne ayant abusé de son influence ou de ses liens réels ou supposés auprès d’un fonctionnaire public ou assimilé et qui aura accepté, directement ou indirectement des dons, ou promesses de dons, ou présents, ou avantages de quelque nature que ce soit en vue d’obtenir des droits on des avantages au profit d’autrui, même justes, est puni de trois ans d’emprisonnement et de trois mille dinars d’amende. La tentative est punissable ».

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Le 22 mai dernier, quelques semaines après que les autorités tunisiennes avaient gelé les avoirs de huit hommes d’affaires soupçonnés de corruption, le gouvernement a lancé une opération anti-corruption massive baptisée Mains Propres.

L’initiative venait en réponse à la fragilité de l’économie tunisienne, où les banques publiques et privées représentent près de 50% de la capitalisation du marché financier du pays. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles la Banque Centrale de Tunisie est en train d’ examiner une série de projets de textes de loi visant à libérer les comptes de capital pour stimuler les investissements étrangers et développer l’ investissement par des résidents à l’étranger, explique le site « Econo Times » destiné aux investisseurs, dans un article au titre interrogatif : « Pourquoi les banques sont-elles la principale faiblesse économique de la Tunisie ? ».

La faible gouvernance institutionnelle existait bel et bien avant soulèvement politique de 2011 en Tunisie, et il y avait eu, par le passé, plusieurs tentatives de restructurer le secteur bancaire. En 1994, une loi a été adoptée portant réorganisation du marché boursier sous l’égide des bailleurs de fonds, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Union européenne, dont les crédits étaient subordonnés aux réformes exigées. En 2005, une loi sur le renforcement de la sécurité financière a été adoptée à l’effet de mieux harmoniser le cadre législatif et d’améliorer la gouvernance d’entreprise.

Une gouvernance « immature »

En dépit de ces efforts, la gouvernance dans le secteur bancaire continue de pâtir de problèmes structurels profondément ancrés. En 2009, une note de Fitch Ratings « la gouvernance d’entreprise: le point de vue tunisien », explique que « les pratiques de gouvernance d’entreprise en Tunisie sont encore immatures malgré les réformes institutionnelles successives. (…) Le principal obstacle à la diffusion des bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise est la structure « familiale » (capital verrouillé) de la plupart des entreprises tunisiennes, dont les fondateurs et les actionnaires continuent d’exercer des rôles de gestion ».

La nécessité de promouvoir la gouvernance bancaire devient évidente au vu de certaines statistiques mettant en relief le nombre élevé de prêts non performants accordés par les banques publiques , par exemple, et la proportion importante des membres du conseil d’administration de la banque qui exercent des fonctions politiques.

La révolution tunisienne a ouvert des perspectives prometteuses. En théorie, une nouvelle démocratie, la liberté et la bonne gouvernance ont encouragé l’esprit d’entreprise et l’investissement. En lieu et place, cependant, la croissance économique a stagné en 2011, provoquant une augmentation du chômage et soulignant la croissante nécessité d’une aide extérieure pour couvrir le déficit budgétaire de l’État. Les attaques terroristes qui ont frappé la Tunisie au cours des dernières années, aggravées par des épisodes de violence dans le pays voisin la Libye, ont fait le reste.

Les écueils et problèmes datant d’avant 2011 se sont également détériorées, particulièrement l’explosion de l’économie informelle, la contrebande et l’irradiation de la corruption.

Grâce à la politique monétaire suivie par la BCT depuis la Révolution, les banques ont accès à la liquidité nécessaire pour financer l’activité économique du pays. La crise a eu un effet limité sur les entreprises tunisiennes en allégeant leurs obligations financières et le système bancaire tunisien a été en mesure de conserver sa fiabilité.

Mais les banques elles-mêmes sont demeurées fragiles et sous-performantes, entravées par des niveaux élevés des créances improductives alors qu’elles continuent de développer de nouveaux produits et services, tels que l’accès aux comptes à distance et les applications smartphone. S’y ajoutent d’autres problèmes comme la faible capitalisation, la médiocre qualité des actifs et l’insuffisance de fonds propres pour couvrir le risque de défaut. Il ne fait aucun doute que le niveau élevé de la dette publique de la Tunisie, qui devrait dépasser les 60%, joue également un rôle central dans les problèmes du pays.

De plus, les retraits bancaires ont atteint de nouveaux sommets, mettant encore à mal l’insuffisance de liquidités déjà massive du secteur bancaire. Depuis la révolution, les citoyens et les entreprises privées privilégient les investissements et les fonds liquides, ce qui leur permet de conserver leur argent dans des comptes de dépôt.

Ce déficit structurel a nécessité l’intervention de la BCT sous la forme d’importantes injections de capitaux qui ont augmenté son exposition au crédit et conduit à une baisse importante des réserves en devises étrangères.

La BCT a réduit l’exigence de réserve obligatoire pour les dépôts de moins de trois mois, de 12% à 2%, et de 1,5% à 0% pour les dépôts entre trois et 24 mois, ce qui permet une réduction du solde du compte courant ordinaire des banques supervisé par la BCT.

Les citoyens ordinaires trinquent

Aussi les banques se sont-elles rabattues sur les prêts hypothécaires et les prêts pour les particuliers. Dans le même temps, elles exigent des primes de risque de plus en plus élevées et donc des taux d’intérêt qui le sont tout autant. Pris entre leur pouvoir d’achat en chute libre et des taux d’intérêt sur les prêts bancaires incroyablement élevés, les Tunisiens ordinaires n’en d’autre choix que d’en payer le prix.

Selon l’Institut national de la statistique, l’inflation a atteint 5% en mai 2017, l’indice des prix à la consommation pour l’alimentation et les boissons est en hausse de 5,2% et les prix de l’habillement ont augmenté de 8,4%. Au regard de cette situation alarmante, les efforts de régulation existants ont tourné court. Parmi les autres politiques qui pourraient améliorer leur gouvernance, les banques ont besoin de conseils d’administration avec des membres compétents, indépendants et responsables, des visions stratégiques et le courage de prendre des décisions appropriées à des moments critiques.

Les administrateurs devraient être tenus de donner des conseils et exercer le contrôle nécessaire pour que les banques fonctionnent correctement, tout en respectant les exigences réglementaires des pays dans lesquels elles opèrent.

Le chemin du retour à l’équilibre sera long pour la Tunisie, un petit pays avec des ressources limitées. Sa propre instabilité politique et d’agitation, combinée à la menace du terrorisme alentour , rendent la tâche encore plus problématique.

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Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed s’attaque au marché noir des devises étrangères alors que son gouvernement s’efforce de renflouer les caisses de l’Etat et relancer la croissance, après que l’effondrement de l’économie a déclenché certaines des plus vastes manifestations depuis le printemps arabe.

Le gouvernement envisage de permettre aux Tunisiens de détenir des devises étrangères dans leurs comptes bancaires afin d’encourager désormais les transactions via les circuits officiels plutôt que le marché noir, a annoncé Youssef Chahed dans une interview accordé au site financier et économique Bloomberg. La mesure est prévue dans un projet de loi en cours d’examen par les ministres concernés sur les taux de change, et sera incluse dans la loi de finances 2018.

Le chef du gouvernement s’exprimait quelques heures après l’annonce par les autorités du pays que la Tunisie a reçu 314 millions $ du Fonds monétaire international, montant de la deuxième tranche d’un prêt de 2,9 milliards $. Le FMI a appelé la Tunisie à resserrer sa politique monétaire pour lutter contre l’inflation, soulignant que « une plus grande flexibilité du taux de change contribuerait à réduire l’important déficit commercial. »

Parler d’une flottation totale du dinar tunisien est « prématuré », a déclaré Youssef Chahed ajoutant que les mesures relatives au change aideraient à attirer les investissements et à se conformer aux recommandations du FMI. Le dinar tunisien est plus ou moins rattaché à un panier de devises où l’euro a la plus forte pondération. Toutefois le chef du gouvernement tunisien a écarté que son pays suive l’exemple de l’Egypte, qui a levé le contrôle des changes en novembre dernier.

Le secteur touristique tunisien, une source importante de devises, a été décimé par quatre grandes attaques terroristes et les tensions sociales s’exacerbent sous l’effet d’une faible activité économique et d’un chômage élevé, à l’origine d’un cercle vicieux difficile à briser.

Des mouvements de protestation ont éclaté ces derniers mois à travers le pays, entraînant l’arrêt de la production dans les sites pétroliers et gaziers dans le Sud pauvre et sous-développé, où les habitants demandent plus d’investissements et plus d’opportunités, le chômage des jeunes, un défi permanent pour le gouvernement, se situant à environ 30 pour cent. L’état d’urgence décrété après une attaque terroriste perpétrée en 2015 dans la capitale Tunis a été prolongé le 14 Juin pour quatre mois encore, suite à des affrontements violents entre les manifestants et les forces de sécurité dans une station de pompage à Tataouine en mai.

Alors que le droit de manifester est stipulé par la Constitution, il ne devrait pas être « au détriment de la production et de la productivité, » a affirmé Youssef Chahed mardi soir. « Il est conforme à la logique de ne pas perturber la production dans un pays qui cherche à créer de la croissance. »

Vers un meilleur taux de croissance

Pour protéger les réserves de change et lutter contre le déficit commercial, qui a augmenté de 57 pour cent à 3.87 milliards de dinars au cours du premier trimestre, le gouvernement a restreint l’importation de certains produits. La banque centrale a relevé son taux directeur de 75 points de base au cours des deux derniers mois, soit son plus haut niveau depuis plus de 5 ans pour juguler l’inflation et stimuler le dinar. La monnaie nationale s’est dépréciée d’environ 8 pour cent par rapport à l’euro depuis la mi-avril.

Le chef du gouvernement s’est dit optimiste sur le taux de croissance, citant le rebond du tourisme et une « saison agricole prometteuse. Le gouvernement table sur une croissance de plus de 2,5 pour cent en 2017, et de 3 à 3,5 pour cent l’année prochaine. Cela dépendra de la sécurité, de la paix sociale et la stabilité politique, a-t-il dit, notant cependant que la situation de la Tunisie est « encore fragile. »

Au rang des autres mesures prises par le gouvernement, la réduction de la masse salariale dans le secteur public, la baisse des subventions et la restructuration des banques publiques. Chahed assure que le processus est en cours, ajoutant que la privatisation des établissements de crédit est encore « à l’étude ». Le gouvernement peut céder ses participations dans 13 banques privées cette année, qui ne procurent pas des « bénéfices significatifs, » a-t-il dit.

« Nous avons mis le train sur les rails », a déclaré Conclu Chahed. « Nous devons veiller à ne pas revenir en arrière. »

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Dans un communiqué de presse qui nous est parvenu ce mercredi 14 juin 2017, le ministère tunisien des Finances annonce la décision de suspendre 21 responsables du corps de la Douane des postes de responsabilité et de l’Administration, dans l’attente de la conclusion de l’enquête qui sera diligentée à leur encontre .

Dans le même communiqué, qui fait par ailleurs suite à une réunion urgente à la Kasbah des différentes parties prenantes au Port de Radès que Youssef Chahed a visité ce matin, le ministère annonce aussi sa décision de déférer 35 douaniers devant le conseil de discipline, en attendant le résultat d’autres enquêtes à propos d’un autre nombre d’agents de la Douane sur lesquels pèsent des soupçons de corruption.

 

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Après moult péripéties et avatars plus voulus que fortuits, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international s’est décidé à donner son quitus pour le décaissement de la désormais fameuse 2ème tranche du crédit de 2,9 milliards de dollars, dont il restera au total six qu’il va sans doute falloir batailler aussi dur pour les avoir. Prévus pour être déboursés fin 2016, les 314.4 millions $ de cette deuxième tranche ne l’ont été que plus de cinq mois plus tard, au prix de deux revues conduites sur place par autant de missions du Fonds qui ont donné du fil à retordre aux vis-à-vis tunisiens.

A en douter de moins en moins, tels seront très vraisemblablement le tempo et le tempérament qui rythmeront l’ordonnance des six prochaines échéances de ce crédit quadriennal et des revues qui y sont associées, les experts de l’institution de Bretton Woods tenant à s’assurer que le gouvernement met en œuvre les réformes convenues à la cadence et à la pertinence auxquelles il s’est engagé. Dans le même temps, on voit mal les autorités tunisiennes tenir commodément ces engagements, ou du moins une partie d’entre eux, à la satisfaction d’un Fonds qui veille au grain, méticuleux à l’envi, et qui ne s’embarrasse pas de dégainer dès lors qu’il repère chez l’autre partie une velléité de traîner les pieds, si insurmontables que soient les difficultés auxquelles elle se heurte. Le catalogue des pays qui en ont fait les frais est là pour en échauder plus d’un. D’ailleurs, ce fâcheux intermède qui a tenu en haleine la Kasbah et le ministère des Finances pendant plus de 5 mois, ne devrait-il pas signifier un rappel à l’ordre pouvant donner lieu à des mesures de pire engeance, au cas où ils seraient tentés par une réédition de cet exercice.

En tout cas, le message semble avoir été entendu. Le ministre conseiller chargé des projets et programmes publics, Ridha Saïdi, a été prompt à assurer que le gouvernement est déterminé à aller de l’avant dans la mise en œuvre des 23 réformes dont il a convenu avec le FMI, dont 9 ont été conduites à terme, 3 en cours et le reste ne saura tarder. D’ailleurs, coïncidence ou pas, le projet de loi sur le départ à la retraite anticipée dans la fonction publique a été adopté, mardi, presque simultanément avec la réunion du CA du FMI. C’est un acte majeur qui va dégraisser la fonction publique et enlever une épine du pied du gouvernement qui donne ainsi des gages au Fonds qu’il fait les quatre volontés pour ramener de 14,2% actuellement à 12,1% la masse salariale de la fonction publique dans le PIB du pays, avec, à la clé, entre 30.000 et 50. 000 de fonctionnaires faisant valoir leurs droits à la retraite anticipée chaque année du 1 janvier 2018 au 1 janvier 2021.

Des préconisations insistantes

Une démarche dans le droit fil des préconisations du Fonds monétaire international qui demandait au gouvernement tunisien d’ « avancer rapidement dans la réforme de la fonction publique afin d’améliorer la qualité des services et de réduire la masse salariale, et mener de vastes réformes pour assurer la viabilité des retraites et établir un dispositif efficace de protection sociale pour les ménages vulnérables ». Mais il y a aussi la lancinante question de la croissance en dégringolade continue depuis 2011, mais qui aurait commencé à se redresser au premier trimestre 2017, selon le gouvernement. Le FMI, en validant les conclusions de ses experts, entend voir le programme convenu avec les Tunisiens « promouvoir une croissance génératrice d’emplois tirée par le secteur privé ».

L’économie tunisienne se trouve-t-elle dans pareille logique ? Oui si on se réfère aux chiffres officiels qui parlent d’un taux de croissance de 2,1% au cours des 3 premiers mois 2007. Mais on serait loin du compte si on se fiait à l’analyse de la communauté des experts économiques, dont Ezzeddine Saïdane. En effet, il a estimé que « ce chiffre est provisoire et en glissement annuel, ce qui signifie que cette croissance enregistrée entre le début du deuxième trimestre 2016 et la fin du premier trimestre 2017 (donc sur une période de 12 mois) a été de 2,1%. Il ne s’agit donc pas (comme on veut bien le faire croire) de la croissance enregistrée sur le premier trimestre 2017 ». Et de noircir encore plus le trait en soulignant que « la croissance enregistrée sur le premier trimestre 2017 (par rapport à la situation à fin 2016) a été de 0,9%. Et cette croissance ne permet pas (comme on veut bien le faire croire encore allusion au ministre) de créer 15.000 emplois». Résultat des courses : « cette croissance demeure fragile puisque le secteur des industries manufacturières enregistre une croissance négative de 1,1%. La croissance provient donc de l’agriculture, du tourisme et des phosphates », affirme l’analyste.

Reste à se demander si avec une croissance à semblable taux, il va être possible de créer un surcroît d’emplois, d’apaiser la situation sociale, d’inverser la courbe ascendante du Dinar, d’enrayer l’inflation, d’éponger le déficit commercial et budgétaire. C’est là et nullement ailleurs qu’il va falloir chercher la réponse. Tout un programme !

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Le  Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé lundi  la première revue du programme économique tunisien soutenu par l’accord conclu   dans le cadre du mécanisme  de crédit. Il s’agit de permettre aux autorités tunisiennes d’utiliser l’équivalent de  227.2917 millions de droits de tirages spéciaux, soit environ 314,4 millions de dollars US,  ce qui porte le total des décaissements au titre de l’arrangement à l’équivalent de 454,5837 millions de DTS, soit environ 628,8 millions de dollars, indique un communiqué du Fonds.

Le Conseil d’administration avait  approuvé, le 20 mai 2016,  un accord de quatre ans sur le montant de  2.045625 milliards de DTS, soit environ 2.83 milliards.  Le programme de réforme du gouvernement  vise à réduire le déficit budgétaire pour stabiliser la dette publique en dessous de 70 pour cent du PIB d’ici 2020, tout en augmentant les investissements et les dépenses sociales, et une plus grande flexibilité des taux de change combinée à un maintien de l’inflation en dessous de 4 pour cent.

Il vise également à assurer la viabilité des pensions et à mieux protéger les ménages vulnérables, ainsi que l’accélération des réformes visant à améliorer la gouvernance et à favoriser la croissance créée par l’emploi  et menée par le secteur privé.

En terminant la revue, le Conseil d’administration du FMI  a approuvé la demande des autorités tunisiennes relatives  aux dérogations pour non-respect des critères de performance sur les réserves internationales nettes, les actifs intérieurs nets et le déficit budgétaire primaire. Le Conseil d’administration a également approuvé la demande des autorités visant à rééchelonner  l’accès aux  six versements semestriels restants.

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La brise de mer sur les promenades de la station balnéaire de Sousse était, l’été dernier, baignée beaucoup plus par les airs de la musique Rai algérienne que par les senteurs des crèmes solaires des Européens de l’Ouest. Et les lobby-bars étaient bondés de Russes plutôt que de touristes britanniques, français et allemands, portant les bracelets à code couleur des voyages à forfait, vert pour l’alcool inclus. Les touristes algériens et russes ont aidé à sauver l’hôtellerie balnéaire d’un deuxième été abyssal consécutif alors que les Européens de l’Ouest ont tourné le dos au pays à la suite des deux attentats terroristes de 2015. Mais maintenant, il y a des signes que les voisins du Nord de ce petit pays de la pointe septentrionale de l’Afrique sont en train de revenir lentement, faisant naître l’espoir que le secteur du tourisme, à genoux, peut se remettre sur ses pieds cette année. C’est là le tableau que le New York Times esquisse de la pré-saison touristique en Tunisie, dans un article repris par le quotidien affilié «  Atlanta Journal-Constitution ».

Les principaux tour-opérateurs Thomas Cook et TUI font état d’une reprise des réservations à partir de l’Allemagne et de la France, traditionnellement les plus grands marchés émetteurs européens de la Tunisie. Certains hôtels disent qu’ils sont autant fréquentés qu’ils l’étaient avant la révolution de 2011.

Les responsables du tourisme se félicitent que le renforcement de la sécurité et l’absence d’attaques terroristes contre des touristes ces deux dernières années, aient propulsé de plus du tiers le nombre de touristes étrangers au cours des quatre premiers mois de cette année. Pourtant, le nombre total de visiteurs étrangers à ce carrefour des cultures arabes, africaines et européennes, avec une éblouissante collection de ruines romaines, reste bien en deçà des années de pointe avant la révolution, soit 4,5 millions l’année dernière contre 6,9 ​​millions en 2010.

Nombreux sont les professionnels qui reconnaissent que le tourisme ne se rétablira pas complètement tant que la violence et les troubles ne cesseront pas dans la région.           Dans l’intervalle, l’industrie du tourisme s’est efforcée de corriger ce que les hôteliers, les tour-opérateurs et les officiels du tourisme décrivent comme un modèle désuet, commercialisant la Tunisie presque exclusivement comme une destination bon marché, mer- et- soleil et voyages à forfait. Il est vrai qu’ils ont fait litière des sites culturels du pays, ont manqué la révolution numérique et largement  ignoré           d’autres marchés comme ceux l’Europe de l’Est, de l’Asie et du Moyen-Orient.

La sécurité, priorité absolue

La première priorité est la sécurité. Désormais, les policiers armés de mitrailleuses prennent position aux ronds-points et carrefours giratoires de Sousse et sur la principale artère de la capitale Tunis.

Avant 2015, les hôtels en Tunisie n’avaient pratiquement aucun dispositif. Maintenant, ils vérifient les malles et les châssis des véhicules entrants, et les hôtels haut de gamme sont équipés de détecteurs de métaux. La police surveille les itinéraires et les allées et venues des touristes qui visitent les sites historiques.

Les responsables du tourisme ont créé des sites Web et des plates-formes sur Twitter et Instagram. Ils cherchent à attirer davantage de visiteurs internationaux à des événements comme une rave de la musique électronique dans le Sahara où un film « Star Wars » a été filmé près de Tozeur. Et ils se sont concentrés sur le marketing dans de pays spécifiques comme l’Algérie et la Russie.

Les efforts pour attirer les Russes, en invitant notamment 440 agents de voyages russes, choyés dans les hôtels de l’île de Djerba, ont été fructueux, avec une augmentation des flux de plus de dix fois par rapport à l’année pour atteindre 623.000. Il est vrai que la Tunisie a été aidée en cela par l’interdiction faite aux Russes de voyager en Egypte et en Turquie, leur ouvrant les portes de la Tunisie grandes larges.

Le directeur général d’un hôtel bien situé et couru de la banlieue nord de Tunis a déclaré les réservations ont commencé à se redresser l’année dernière parce que « nous vendons de la sécurité et pas des chambres ». Les réservations sont revenues à leur niveau de l’avant-révolution, avec un taux de remplissage entre 85 et 90%, a-t-il précisé.

Alexandra Azarova qui organise des visites privées à des petits groupes de Russes aisés et désireux de visiter le désert et les sites archéologiques, n’en est pas si sûre. Récemment, elle avait réservé des excursions pour deux semaines consécutives. Mais c’était encore trop tôt pour la saison et elle n’a pas vu beaucoup de groupes de touristes ou de bus dans les musées et sites archéologiques.

“Ils arrivent, mais pas en grande quantité », dit-elle. « Mais il est trop tôt pour célébrer les chiffres. »

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Le gouvernement tunisien a lancé ce qu’il présente comme une campagne sans précédent contre la corruption, arrêtant huit hommes d’affaires le 23 mai et confisquant leurs biens.

Dans un seul cas, cependant, le gouvernement est allé bien au-delà des accusations de corruption. C’est au sujet de Chafik Jarraya, déféré devant la justice militaire le 26 mai pour trahison, atteinte à la sécurité de l’Etat et intelligence avec une armée étrangère, un crime passible de la peine capitale. L’avocat de Jarraya, Fayçal Jadlaui, a déclaré dans un communiqué le 1er juin que les accusations portées contre son client sont dénuées de tout fondement juridique et peuvent relever des règlements de comptes politiques, écrit Al-Monitor, le site de référence dédié à la couverture et à l’analyse du Moyen-Orient.

Des politiciens et des activistes de la société civile ont apporté leur soutien au gouvernement. Cependant, certains Tunisiens craignent que le gouvernement ait conçu cette campagne uniquement pour s’assurer l’appui de l’opinion publique suite aux mouvements de protestation de Tataouine au cours desquels un jeune homme a été tué, écrasé par un véhicule de la police. Les citoyens protestaient également contre un projet de loi qui accorde l’amnistie aux personnes accusées de corruption sous le régime de l’ex président Zine El Abidine Ben Ali, renversé en 2011.

Un processus sélectif et superficiel !

Abdellatif Haddad, activiste politique et syndical, estime que le moment choisi pour le lancement de la campagne de lutte contre la corruption a pris les Tunisiens au dépourvu. Il a affirmé à Al-Monitor que « le gouvernement capitalise intelligemment sur [ses pouvoirs en vertu de ] l’état d’urgence dans le pays, » qui a été instauré il y a un an et demi à la suite d’un attentat-suicide qui a tué 12 agents de la sécurité présidentielle dans la capitale, Tunis. Le 16 mai, la présidence la République a prolongé l’           état d’urgence pour un autre mois.

L’optimisme au sujet de la campagne de lutte contre la corruption est quelque peu retombé, note Haddad, quand des accusations liées à la sécurité ont été lancées contre Jarraya. La question sécuritaire a occulté la corruption et nourri « la crainte que la campagne puisse devenir un processus sélectif, superficiel ou un règlement de comptes politiques, gardant à l’abri le fantôme de la corruption et de ses cellules toxiques ».

Le gouvernement et le pouvoir judiciaire n’ont fait aucune déclaration officielle au sujet des accusations portées contre les personnes arrêtées, à l’ exception de la brève déclaration faite le 24 mai par le chef du gouvernement Youssef Chahed, qui a affirmé que la corruption impunie voue le pays à la perte et à la ruine. « Il n’y a pas d’autre choix. Soit la corruption soit l’État. Soit la corruption soit la Tunisie. J’ai choisi l’Etat et la Tunisie » a clamé Chahed.

La vague d’arrestations s’est poursuivie, et le 30 mai, elle a touché Saber Ajili, directeur du département de la sécurité touristique au ministère de l’Intérieur et ancien directeur général de l’unité de lutte contre le terrorisme. Les autorités ont affirmé que Saber Ajili est lié à l’affaire Jarraya, mais n’ont donné aucun détail sur la nature des relations entre les hommes.

Abderraouf al-Ayadi, le chef du parti Wafa, a déclaré dans un communiqué qu’il doutait du sérieux du gouvernement de Chahed dans la lutte contre la corruption, affirmant que les arrestations « font partie intégrante du plan du parti au pouvoir Nidaa Tounès pour régler des comptes. »

Cette formation politique est en proie à de graves conflits internes, et certains de ses députés au Parlement soutiennent que les arrestations, notamment celle de Jarraya, sont destinées à exacerber les divisions et à salir la réputation des parlementaires qui lui sont liés.

« Evidente incohérence »

Haddad estime que la pléthore d’explications possibles pour la campagne du gouvernement est due au « manque d’informations officielles crédibles », ajoutant qu’il existe une «  évidente incohérence entre le slogan de la campagne de la guerre contre le terrorisme et l’exercice réel, marqué par deux vagues ».

« La première vague a créé une effervescence en raison de l’arrestation de caïds de la contrebande et de chefs de lobbies de la corruption ; les hommes d’affaires arrêtés ont censément des précédents en matière de contrebande et d’activités économiques illégales », a-t-il dit. « La deuxième vague a pointé quelques figures notoires pour atteinte à la sécurité de l’Etat et espionnage au profit d’une armée étrangère. C’est une dangereuse déviance de l’affaire de corruption, qui devient maintenant une question de Renseignement militaire et de sécurité ».

L’analyste politique indépendant Abdul Sattar al-Ayidi a indiqué à Al-Monitor que « la campagne du gouvernement contre certains hommes d’affaires accusés de corruption révèle un conflit au sein du parti au pouvoir. Un grand nombre des personnes arrêtées sont connues dans les milieux politiques locaux pour être proches d’une faction au sein de Nidaa Tunis, en particulier Jarraya ». Il ajoute que « bien que Chahed soit membre de Nidaa Tounès, il a décidé de régler les différends en arrêtant ces figures, apparemment avec le soutien du président. Ainsi, [Chahed] a réalisé plus d’un objectif: D’une part, il a obtenu un plus grand soutien public et politique de son gouvernement, qui fait face à plusieurs défis économiques et politiques aggravées par des manifestations dans les régions défavorisées. D’autre part, il a tenu la promesse qu’il avait faite de combattre le terrorisme, lorsqu’il a été nommé chef du gouvernement ». « En prime, il a pu affaiblir l’autre faction de Nidaa Tounes ».

Quelles que soient les véritables intentions du gouvernement derrière sa campagne contre ces suspects, il répond manifestement à une demande publique de longue date pour lutter contre la corruption endémique dans le pays.

La campagne intervient alors que le gouvernement a désespérément besoin d’être sauvé des manifestations qui ont éclaté exigeant plus d’opportunités d’emploi dans les champs pétrolifères à Tataouine. Le gouvernement a perdu le soutien politique et de l’opinion publique un an seulement après son entrée en fonction en raison de la situation économique et sociale dans le pays. Cette campagne anti-corruption donnera au gouvernement un coup de pouce supplémentaire pour aller de l’avant, et elle a apparemment accru la popularité de Chahed et pourrait le propulser mettre au-en tête de la liste des candidats à l’élection présidentielle de 2019. Pourtant, la campagne poursuit des objectifs et des intentions vagues, le tout marqué du sceau du secret.

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C’est un Youssef Chahed droit dans ses bottes, sûr de lui-même et décidé comme jamais à nettoyer les écuries d’Augias de la corruption, qu’on a retrouvé ce dimanche sur les colonnes de deux quotidiens de la place, Assabah et La Presse, pour parler de sa croisade contre cette pandémie nationale. Le ton est martial, le projet sans tache, le soutien franc et massif, le chef du gouvernement est à mille lieues de son apparition furtive et au pied levé sur les écrans de télévision, un certain 24 mai au soir, pour annoncer qu’il déclarait la guerre à la corruption et engager les Tunisiens à choisir entre cette dernière et l’Etat. Dilemme cornélien ou choix de Sophie, c’est aux côtés de L’Etat que les Tunisiens ont vite fait de se ranger, fournissant à Chahed l’assise sans laquelle il pulvériserait ses chances de tenir tête et sévir contre les caïds de la corruption, leurs protecteurs, forcément des politiciens, et leurs protégés.

Dans cette campagne, Youssef Chahed qui préfère dire politique d’Etat, compte beaucoup sur les juges           auxquels il a fixé la lutte anticorruption comme la « priorité absolue de notre politique pénale ». D’ailleurs, il précise en avoir parlé avec le ministre de la Justice qui s’est réuni avec les procureurs généraux et les magistrats du parquet pour faire en sorte que la lutte anticorruption soit une priorité.

A la vérité, c’est là l’aune à laquelle sera déterminé le sort de cette expédition contre la corruption, et le chef du gouvernement semble bien prendre soin de ne pas aller aux casse-pipes, car, explique-t-il, « un Etat ne saurait combattre la corruption sans une batterie de mesures législatives. Une stratégie tous azimuts a été adoptée. En premier lieu, nous avons érigé la lutte anticorruption en priorité de la politique pénale de l’Etat. Puis nous avons attaqué le volet législatif avec les lois sur l’origine des biens acquis, la loi sur les informateurs en matière de corruption, la mise en place d’institutions telle que l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) présidée par Me Chawki Tabib, munie de prérogatives inédites, disposant d’agents de police judiciaire et pouvant procéder aux perquisitions et descentes sur le terrain ».

En toute discrétion !

S’y ajoute l’adoption, en décembre 2016, du projet de loi soustrayant au pôle judiciaire financier les affaires de droit commun afin qu’il se concentre sur les affaires de corruption, outre la cooptation de 500 nouveaux magistrats, la création des tribunaux administratifs dans les régions, une première depuis l’indépendance. Un arsenal juridique qui s’est mis en place, Incluant une batterie de mesures législatives, l’adoption de la stratégie nationale de la lutte anticorruption, le renforcement de la magistrature à différents niveaux, les confiscations et les arrestations des coupables ainsi que d’autres actions prévues. Autant d’actions qui ont culminé aux yeux de l’opinion avec l’arrestation des grands chefs de la contrebande. Cela a généré un choc psychologique dans l’opinion, se félicite Youssef Chahed.

Abordant la philosophie et les ressorts de cette guerre anticorruption, le chef du gouvernement affirme qu’ « elle que ne vise aucune personne en particulier mais elle n’excepte aucune personne compromise dans la corruption. Elle ne protègera personne ». Il expliquera que « notre but est de mettre en pièces les systèmes de la corruption et du triptyque terrorisme-corruption-contrebande et évasion fiscale. C’est un système observable partout, notamment dans les régions. Même les protestations sociales sont mises à profit par ce système. Les terroristes aussi en profitent ». Au demeurant, il s’agit de démonter les mécanismes de ce système et ce n’est guère sélectif, précise Chahed car les huit personnes arrêtées jusqu’ici ne sont guère des enfants de chœur mais de grosses pointures de la contrebande.

On retiendra enfin des déclarations de Youssef Chahed que la machine mise en place pour détricoter la galaxie de la corruption ne l’a pas été en deux temps trois mouvements. «  Pour l’ensemble des arrestations, les enquêtes préliminaires ont pris des mois. J’y présidais et nous y avons travaillé en totale discrétion, dans le secret le plus absolu», a-t-il confié.

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Le centre de gravité de la présente campagne contre la corruption semble se déplacer vers le Bardo, avec des soupçons qui s’agglomèrent pour incriminer des députés d’avoir trempé dans des faits de corruption, de s’y être associés ou encore de les avoir favorisés. Soupçons, disions-nous, et uniquement cela, car il ne peut s’agir que d’une perception, d’une opinion défavorable à l’égard de quelqu’un, de son comportement, fondé sur des indices, des impressions, des intuitions, mais sans preuves précises. Mais c’est suffisant pour déclencher une action en justice, une information judiciaire, pour aller au fond des choses, démêler le vrai du faux, pour finalement aider à la manifestation de la vérité. Et c’est alors que l’on cessera de parler de soupçons pour entrer dans le vif du sujet, instruire à charge comme à décharge, inculper et enfin juger.

Sans qu’il y ait lieu d’être sélectif, ce sont les élus de Nidaâ Tounès, qui sont en train d’essuyer ces présomptions de faits de corruption, pour avoir été proches -d’aucuns affirment aux ordres et sous la coupe- de l’homme d’affaires Chafik Jarraya, et sans doute d’autres, même s’ils s’en défendent avec la dernière énergie. Certains d’entre eux, du reste, poussant loin les limites de cet exercice, veulent renoncer à l’immunité parlementaire, histoire de convaincre leurs détracteurs qu’ils n’ont rien à craindre ni à cacher. Leur groupe parlementaire va même jusqu’à dénoncer vigoureusement la « campagne tendancieuse s’appliquant à exploiter les récentes arrestations pour nuire à l’image de plusieurs députés du parti ».

Une assurance et un aplomb qui cachent mal cet émoi qui s’est installé sous la coupole de l’Assemblée des représentants du peuple. Une aubaine pour l’opposition pour tirer à boulets rouges sur ceux des élus de Nidaâ, mais dans une bien moindre mesure d’Ennahda, déjà sous ses fourches caudines pour commission des faits réels ou supposés couvrant les dessous de table, les fraudes de toutes sortes,           l’extorsion, le favoritisme et le détournement des fonds publics et privés, bref la corruption et la concussion dans leur acception toute générale.

Des pratiques dont on dit qu’elles sont répandues dans certains compartiments de la Représentation nationale comme dans de très nombreux parlements dans le monde, par exemple en France où , selon un récent sondage, les parlementaires figurent à la tête des responsables jugés les plus corrompus (77%), les députés européens (76%) et le pouvoir exécutif national (72%). Pour autant, leurs pairs tunisiens devraient-ils s’offusquer outre mesure d’accusations de la même eau ?

Des accusations et griefs disséqués dans le dernier rapport de Crisis Group où l’ARP est présentée comme « le centre de convergence des réseaux clientélistes », une assertion validée par des entrepreneurs, de hauts fonctionnaires, de militants politiques et syndicaux qui affirment en chœur que « plusieurs députés sont devenus spécialistes de courtage et de portage d’affaires ». Mais surtout, « les opérateurs économiques qui ont financé la campagne électorale de certains partis ou ils ont été élus, influencent directement les nominations des ministres, des secrétaires d’Etat, des cadres de l’administration centrale, régionale et locale, y compris des douanes et des forces de sécurité intérieure ». Et ces derniers sont tenus de « renvoyer l’ascenseur » aux hommes et femmes d’affaires qui ont contribué à les nommer en bloquant et débloquant des projets économiques, une fois en poste. Certains, comme sous la dictature, se verraient dans l’obligation d’obtempérer pour éviter de voir leurs dossiers de mœurs, de fiscalité ou de corruption étalés au grand jour, d’autres le feraient sous la menace de révocation ou seulement pour s’acquitter de leur dette.

En attendant Chahed !

Alors que le processus investigatif se poursuit sans révéler plus que ce que l’on sache déjà, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, n’a pas soufflé mot de l’ordonnance de sa croisade, depuis ses furtives et cornéliennes déclarations sur le choix que les Tunisiens sont sommés de faire entre leur pays et la corruption. L’opportunité lui sera offerte de préciser sa pensée et d’en dire davantage à l’opinion publique à travers l’ARP convoquée à cet effet en séance plénière pour débattre du processus de la lutte contre la corruption, selon son président Mohamed Ennaceur qui a salué l’initiative « singulière » de Chahed, ayant eu une influence positive sur l’opinion publique car « elle a renforcé la confiance en l’Etat ».

Ce qu’il faut attendre du chef du gouvernement, c’est moins des professions de foi et des déclarations d’intention qu’une stratégie cohérente, efficace et de long terme pour déconstruire tout le système à l’enseigne duquel s’organise et se structure la corruption dans le pays. Il lui sera tout aussi indispensable de lancer un cri de ralliement pour mobiliser dans une même cause toutes les composantes de la communauté nationale et toutes les articulations de l’Etat, singulièrement la magistrature à laquelle sera confié l’essentiel du travail.

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