En dépit d’un nombre important des banques en Tunisie, la situation financière du secteur demeure difficile. Les autorités sont engagées dans des réflexions pour combler les lacunes.
Ezzeddine Saidane, expert financier se dit toujours préoccupé pour l’état délicat du système bancaire, « si on le juge par un seul chiffre, celui des créances classées sur lesquelles on nourrit des doutes quant à leur remboursement et qui s’élève à 19% de l’encours, sachant que les normes mondiales les fixent entre 1 et 3%, ce qui représente 10 milliards de dinars».
Rencontré, lors d’une manifestation organisée, ce mardi 5 mars, autour du thème « Risk Management et Migration vers Bâle II », l’expert précise que ces créances classées ont beaucoup affaibli la position financière des banques tunisiennes.
Autre souci, celui du nombre élevé des banques tunisiennes. D’après Ezzeddine Saidane, on a un secteur bancaire dispersé avec un nombre qui dépasse de très loin les besoins réels de l’économie tunisienne.
« Cependant, on pourrait combler les carences, si un plan de restructuration du système bancaire était mis en place » suggère-t-il avant d’ajouter : « on pourrait aussi regrouper certaines banques pour faire naître un champion du métier bancaire en Tunisie, jugé indispensable non seulement pour accompagner les investisseurs et les entreprises tunisiennes, mais aussi pour pouvoir financer les grands projets ».
Qu’en est-il de la gestion des risques ?
Sur cette question, le conférencier a pointé du doigt le retard mis dans la gestion des risques dans les institutions bancaires tunisiennes. « On est encore loin par rapport à d’autres pays qui adhèrent déjà àBâle II et qui sont en train de penser à Bâle III pour pouvoir tenir compte des changements, mieux évaluer les risques et protéger les banques, alors qu’on est encore au niveau de Bâle I » explique-t-il.
A indiquer, Bâle II est important dans la mesure où il engagera les banques dans une meilleure gestion du risque pour améliorer le processus de gestion du risque.
Les causes sont multiples. On cite la gestion des risques de manière limitée en comparaison avec les autres pays développés. Chose qui pourrait sans doute impacter l’activité des banques qui sont en relation avec d’autres vis-à- vis étrangers. « Si les correspondants étrangers jugent que la gestion des risques est insuffisante, soit ils vont refuser les opérations, soit, ils vont appliquer des tarifs, jugés prohibitifs » soutient-il.
Meilleures pratiques
Pour Ezzeddine Saidane , l’important est de définir les étapes qui pourraient identifier les risques, tout en procédant à des processus test, signalant que « si on ne gère pas les risques, les banques vont perdre sans doute de l’argent et risquent d’être dans la faillite ».
Un rattrapage obligatoire est à faire donc en mettant en place un plan précis.
Saïd Aïdi , ex-ministre de l’Emploi appelle, de son côté, à l’adoption d’un nouveau modèle économique pour relever les défis particulièrement au niveau bancaire compte tenu de son rôle primordial dans la relance économique. D’après lui, le système bancaire qui doit évoluer dans un environnement de plus en plus concurrentiel, n’a pas connu les transformations nécessaires.
Saïd Aïdi déplore l’adaptation de l’offre bancaire et financière. « Si le gouvernement procède à un nouveau modèle économique, il y aura sans doute une évolution de l’offre » ainsi qu’une amélioration du marché tunisien, « si on veut exister et conquérir des nouveaux parts du marché », conclut-il.
Wiem Thebti








