AccueilLa UNETunis : Le coup de poing à l’UGTT de Naji Jalloul

Tunis : Le coup de poing à l’UGTT de Naji Jalloul

Il s’était plaint, lorsque les enseignants du secondaire avaient battu le chef du gouvernement au KO technique, de n’avoir trouvé aucun soutient de la part de son patron dans la lutte qu’il avait alors engagée avec l’Assaad Yaacoubi. Le gouvernement Habib Essid semble enfin avoir tiré les leçons qu’il fallait de ce premier échec en matière de négociation salariale et se met enfin du côté du ministre. C’est en effet la primature et non le ministère de l’éducation nationale, qui publiait ce jeudi 11 juin 2015, le communiqué coup de poing. Le chef du gouvernement prend ainsi lui-même la décision de passer outre les professeurs et tout le système des examens de passage d’une classe à l’autre de l’enseignement primaire et de base et d’accorder le passage automatique à tous les élèves. Il assène ainsi, indirectement de la main de Neji Jalloul, un coup de poing magistral à la face de tous les enseignants grévistes et réfractaires à toutes les propositions de conciliation du ministre de l’éducation nationale et de tout le gouvernement.

Le bras de fer, entre ministère et syndicat UGTT, avait débuté à la fin du mois d’avril dernier par une grève dite d’avertissement. Marchant sur les pas de son collègue, secrétaire général du syndicat UGTT des enseignants du secondaire, celui de l’enseignement primaire et de base entame alors des négociations en dents de scie  avec le ministre Naji Jalloul.

Au fil des jours et des déclarations des uns et des autres, le syndicat durcit sa position et boycotte les examens et refuse toute autre solution que celle de voire le ministre plier devant les demandes purement financières de ses adhérents. Les enseignants se serrent les coudes entre primaire et secondaire, notamment lorsque ces derniers refusent la proposition du ministre de faire passer les examens du primaire dans les établissements du secondaire. Manifestement sûr, cette fois de sa position, le ministre Jalloul, manœuvre et fait monter la sauce. Chez le syndicat, c’est la mayonnaise qui monte à la tête. Ils se mettent en grogne et demandent carrément la tête du ministre et lancent une campagne sur les réseaux sociaux revendiquant qu’il plie et se mette à genoux devant leurs demandes.

Est-ce pourtant la fin de la guerre entre syndicat et ministère. Manifestement non, puisque le syndicat des enseignants du primaire annonce déjà, en réaction instantanée au communique de La Kasbah (siège du gouvernement tunisien), sa décision de boycotter la prochaine rentrée scolaire. Ce ne sera ainsi qu’une trêve de quelques mois sinon de quelques semaines pour le ministre Neji Jalloul, avant de devoir reprendre les négociations, peut-être de façon plus sereine et peut-être avec des syndicats plus enragés.

Il n’en demeure pas moins que ce coup de poing, de Neji Jalloul ou ce coup de griffe de Habib Essid, peut être interprété comme une réaction de remise de tout le processus des négociations salariales dans une autre direction, plus salutaire pour les finances publiques tunisiennes. On ne pourrait alors que s’en féliciter et dire Bravo au ministre qui démontre ainsi une bonne capacité de résilience aux pressions syndicales.

D’autres, pourraient l’interpréter comme la première tentative, de la part des nouvelles autorités tunisiennes, de rétablir l’autorité de l’Etat. On ne finira pas sans remarquer que cette décision du passage automatique d’une classe à l’autre, est peut-être salvatrice pour l’année scolaire et les élèves. Elle n’en reste pas moins aussi injuste qu’une amnistie fiscale.

 

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