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Khaled Boumiza

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Tout le monde l’avait déjà deviné. La grève générale de la fonction et des entreprises publiques n’a rien d’une revendication salariale ou syndicale. Comme tout le monde, en Tunisie et à l’extérieur, l’UGTT connaissait les réelles capacités financières du gouvernement qui lui a remis tous les documents à ce propos. Comme tout le monde aussi l’UGTT connaissait toute la vérité sur les salaires de la Fonction Publique. Une vérité qui détruisait tous ses arguments en faveur d’une nouvelle augmentation laquelle colmaterait les brèches dans le pouvoir d’achat des Tunisiens.

  • Faire tomber à tout prix le gouvernement

Son seul but est de faire tomber le gouvernement. L’UGTT n’avait pas pu y parvenir par le biais des rencontres dites de «Carthage 2» que l’omnipotente centrale syndicale avait quitté en trombe, justement car elle n’arrivait pas à fédérer ses membres autour du point 64 qui demandait de façon explicite le départ du chef du gouvernement et le changement de toute son équipe.

D’ailleurs, à bien comprendre le porte-parole de l’UGTT qui affirmait, ce mercredi 16 janvier 2019 lors d’une conférence de presse, que la rencontre d’hier mardi de Noureddine Taboubi avec Youssef Chahed n’était qu’une simple visite de complaisance, on a la preuve que l’UGTT n’était pas venue négocier. Le syndicat avait refusé toutes les propositions d’augmentation salariale du gouvernement pour la fonction publique, de 180 DT d’un coup et d’une valeur totale de 1,8 Milliards DT sur deux années. Elle était venue à la réunion d’hier juste pour marquer le coup et prendre acte de la proposition qu’elle avait depuis des semaines décidé de refuser.

La centrale syndicale tunisienne avait même tenté d’user de mensonge pour monter une partie de la population contre le chef du gouvernement. Mardi soir, l’un des adjoints de Taboubi affirmait sur la Wataniya 1 que les propositions d’augmentations salariales du gouvernement ne concernaient pas les retraités. La centrale syndicale savait déjà toute la colère des retraités contre Youssef Chahed et tentait de creuser le faussé entre eux, à quelques mois des élections législatives et présidentielles. Dès le lendemain, le porte-parole du gouvernement et le ministre des affaires sociales intervenaient sur les radios, pour démentir les déclarations de l’UGTT et confirmer que les retraités toucheraient ce que devaient toucher les actifs.

  • Un nouvel épisode de la crise politique, sous couvert salarial

Les observateurs de la scène politique tunisienne sont ainsi unanimes, toujours sous le sceau de l’anonymat de peur des représailles de la centrale syndicale, que tout le remue-ménage fait par l’UGTT autour de la fonction publique n’était qu’un nouvel épisode dans la crise politique qui secoue la Tunisie depuis 2018. Et à moins d’une surprise de dernière minute, Youssef Chahed aura fait mieux que Mehdi Jomaa en tenant deux fois tête à l’omnipotente UGTT.

Cette dernière confirme ainsi ce qu’écrivait en décembre 2017 «The Economist» : elle reste au cœur des problèmes économiques de la Tunisie et y devient l’empêcheur de tourner en rond. «Crises Group» a été plus précis en disant que «nombre de diplomates étrangers et d’experts d’organisations internationales considèrent l’UGTT comme la principale responsable du blocage des réformes économiques, de la fragmentation de la chaîne de commandement au sein de l’administration publique et de l’explosion des revendications salariales corporatistes, lesquelles, généralement satisfaites, grèvent le budget de l’Etat». Ayant affirmé depuis décembre 2018 par la voix de Samir Cheffi lorsqu’il disait que l’UGTT sera concernée par les élections de 2019 et sortira de la neutralité, la centrale syndicale se positionne ainsi, par son refus de toute augmentation salariale et ses grèves générales à répétition, en tant que force d’opposition populaire anti-Chahed.

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Comme on ne croit pas qu’ils se soient, comme auraient pu faire «deux têtes dans la Chechia» d’un même Etat, donné le mot ou se soient concertés, les deux têtes de l’Exécutif tunisien avaient célébré, chacun à sa manière, la fête de ladite révolution. Deux façons qui appellent quelques remarques, à partir de la sémantique et de la syntaxe des images.

  • Le choix du passé et de l’histoire

Béji Caïed Essebssi (BCE), l’un des deux plus âgés chefs d’Etat du monde, s’en est allé au temple de l’histoire, le Musée du Bardo, pour célébrer le temps passé et qu’on essaie de fixer, soit pour le regretter, soit pour en tirer les conclusions. Il est vrai que c’est cette même histoire qui l’avait ramené du passé et l’avait injecté dans un présent qu’il n’a pas pu, ou su, changer. Il serait presque, toutes proportions gardées, le 2ème président qui n’aura pas su être le chef de tout un Etat.

Il est tout aussi vrai que BCE a toujours été l’homme des histoires dont il ponctue ses discours, l’homme de l’histoire qui constitue sa principale référence dans ses discours aussi, et partant, dans sa vision d’une démocratie monarchique où l’on privilégie le parti sur la patrie. La vision qui prévalait chez presque tous les dirigeants de Rome et de Carthage dont il ne reste que des statues de marbre. Mais aussi vision d’une histoire assez lointaine, celle des Beys de Tunis, que le premier des chefs d’Etat tunisien avait fini par écarter. Même sans le vouloir, il semble que le choix d’un Musée pour célébrer une révolution qui se voulait reconstructrice de l’histoire pour un avenir meilleur n’était pas le bon choix. L’avenir, qui est le symbole de la jeunesse qui avait réellement fait la révolution que BCE célébrait, était de plus affiché en noir, un choix graphique de deuil et de tristesse, qui contraste encore plus avec le vrai sens de toute révolution, théoriquement initiatrice d’une nouvelle ère faite de lumière.

  • Le choix de l’avenir et de la jeunesse

Seconde tête du même Exécutif, le chef du gouvernement avait choisi de célébrer la révolution à travers sa jeunesse. Celle-là même qui l’avait payée de sang, sans en tirer le moindre profit. Dès le départ de l’ancien président, ce sont en effet d’anciens prisonniers, en exil doré dans des pays européens, qui avaient monté le pouvoir et se sont partagés, en compensations diverses et variées, le maigre butin trouvé dans les caisses d’un pays où l’équilibre annuel du budget ne laissait jamais aucune cagnotte. La troïka d’Ennahdha et du CPR (Congrès pour la République) avait tout pris de l’argent et laissé toute la jeunesse sur sa faim et dans le chômage pour lequel elle avait fait la révolution.

Quadra, Youssef Chahed recevait ce lundi 14 janvier 2014 autour de la table des conseils de ministres où tout se décidait chaque jour presque ses semblables, des jeunes de trente ans et moins. Des jeunes n’appartenant à aucun parti et faisant corps avec la société civile qui avait été un temps déterminante dans le virage du modèle sociétal que voulait imposer le parti islamiste tunisien.

Entre jeunes, le chef du gouvernement avait parlé de renforcement de la participation des jeunes dans la vie politique, d’intégration de la jeunesse dans la vie sociale et professionnelle, de renforcement des capacités créatives de la jeunesse. Bref, de l’avenir, autre que celui de la Harga ou immigration clandestine, de création d’entreprises pour se prendre en main, d’ouverture, d’équilibre et de protection contre les dangers de l’extrémisme.

Deux endroits, Le Bardo des épitaphes et La Kasbah des inaugurations, deux genres de célébration, celle de l’histoire et celle de l’avenir, deux catégories différentes de célébrés, les premiers morts et les seconds vivants, deux langages tenus, celui des souvenirs et celui de l’avenir.

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Tout le monde en a peur comme du loup blanc, ou comme si la terre allait s’arrêter de tourner, le 17 janvier en Tunisie. Ce sera pourtant certainement la seconde fois que la fonction publique fait grève, après celle du jeudi 22 novembre 2018, et ce ne sera pas la dernière. Cela fait en effet plusieurs années que tout le bassin minier fait grève de production, l’arrêtant de manière cyclique. Les effets financiers de la grève déguisée de la CPG sont énormes. L’économie tunisienne n’en tournera pas moins.

Le coût financier de la prochaine grève de la fonction publique, estimé par certains experts à 200 MDT de manière directe, n’égalera jamais les milliards DT de pertes en exportation de phosphate, sous les effets de la grève déguisée qui bloque ce secteur depuis le début de ladite révolution qui n’a réussi qu’à allumer l’ardeur des grévistes de tous genres. Il n’égalera pas, non plus, les 2 Milliards DT d’augmentations demandées par l’UGTT pour les seuls fonctionnaires.

Le plus gros des agents de la fonction publique est au ministère de l’Education nationale (198 mille en 2016). Des enseignants qui font depuis des mois déjà des grèves de zèle de tous genres et au service irrégulier auquel toute la Tunisie est déjà habituée. Des enseignants qui menacent déjà aussi de faire leurs propres grèves, d’examens, de remise de notes et demanderont d’autres augmentations salariales. Et ils ne seront pas les seuls à le faire.

  • Les vérités sur les salaires, que cache l’UGTT

«En 2016, le salaire brut moyen s’établit à 1580,7 dinars mensuel en hausse de 13,8 % par rapport à 2015, soit un écart de 191,8 dinars, entre 2015 et 2016. La hausse importante du salaire brut moyen en 2016 est due, d’une part, à des augmentations des salaires allouées aux agents de la fonction publique par décret gouvernemental n° 2016-1 du 5 Janvier 2016 publié dans le journal officiel au titre de l’année 2016. Ces augmentations sont réparties entre augmentation générale et augmentation spécifique». C’est ce qu’affirme l’INS, dans une récente étude détaillée sur l’évolution du salaire brut mensuel moyen.

Et l’INS de préciser encore que «D’autre part, la modification de la structure en grade et fonction de la population salariée dans la fonction publique a contribué à l’augmentation du salaire brut moyen. En effet, un agent en 2016 perçoit en moyenne 11,9% de plus qu’un agent en 2015 de mêmes grade et fonction. Soit une contribution de 1,9 % du taux d’accroissement global. En 2016, la part des agents ayant une promotion de grade ou de fonction (structure modifiée) est de 42 % par rapport à l’ensemble des agents de la fonction publique, contre seulement 26% en 2015».

De plus, les augmentations salariales de cette catégorie d’employés de l’Etat ont toujours compensé les augmentations de l’inflation. Les chiffres, toujours de l’INS, confirmant ainsi qu’entre 2010 et 2018 le taux de l’inflation a haussé de 47,7 % alors que la moyenne globale de la hausse des salaires NETS a augmenté de 65,1% (Voir notre tableau ci-dessous), ce qui détruit l’alibi de l’UGTT, car le but de ses revendications dont elle sait incapable les capacités de l’Etat est à chercher ailleurs que dans une augmentation pour réparer le pouvoir d’achat. En bref, tous ceux qui ont eu un taux de croissance de leurs salaires NETS, au-dessus de 47,7 %, ont réellement gagné en pouvoir d’achat.

  • Et si on les laissait faire grève ?

Il est vrai que cette fois, la grève devrait toucher la fonction et les entreprises publiques. Et si chez une administration qui ne réalisait, au terme du 3ème trimestre de 2018, que 0,2 de valeur ajoutée, la journée de grève pourrait être assimilée à une journée de congé payé, le mixe fonction et administrations publiques pourrait quelque peu perturber, pour un jour, les affaires du secteur privé. Ceux qui la feront n’en récolteront pas que les bons sentiments et les bonnes prières de tous ceux qui verraient leurs intérêts menacés, et ils sont nombreux.

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La centrale syndicale ouvrière tunisienne est depuis quelques semaines comme une véritable ruche d’abeilles, à pieds d’œuvre pour mobiliser les fonctionnaires pour la prochaine grève dont menace l’UGTT pour quelques Dinars de plus. On aurait imaginé, à voir le mal que se donne l’UGTT pour pousser Youssef Chahed à faire comme Habib Essid, décrire l’état d’indigence des fonctionnaires qui ne trouveraient même plus de quoi manger, que ces mêmes fonctionnaires n’auraient pas besoin de tant de discours de mobilisation, d’autant d’argent de leurs cotisations dépensé à parcourir le pays, pour faire grève.

On aura rarement vu travailler tant les ouvriers tunisiens, autrement que pour mettre à l’arrêt toute la machine économique et mettre en panne tous les efforts de remise sur pied de toute une économie. Si cette la même ardeur avait été mise uniquement pour faire revenir les ouvriers du bassin minier, les milliards de dinars de ses exportations auraient suffi à équilibrer toutes les balances du pays, commerciale et budgétaire.

Comme le savent très bien tous leurs économistes et comme refusent de le dire leurs patrons ou tenter de les raisonner, et comme ne l’avouent qu’entre 4 yeux et 4 murs les dirigeants autistes de l’UGTT, les caisses de l’Etat tunisien sont incapables de supporter les 1,7 Milliards DT d’augmentations salariales (sans compter les 17,5 % de charges salariales nécessaires) qu’ils demandent. Ils savent tout aussi bien, étant déjà les chantres de l’indépendance financière par rapport aux bailleurs de fonds, que toute augmentation salariale ne fera qu’alimenter la spirale inflationniste et la dégradation du pouvoir d’achat.

Ils savent bien aussi que d’autres manières d’améliorer le pouvoir d’achat existent et qu’il faudrait juste pour cela aider les gouvernements à les mettre en place, à commencer par travailler, améliorer la productivité et créer par là la valeur ajoutée à redistribuer sous forme d’augmentations salariales. De tout cela, les membres du BE de l’UGTT ne veulent rien faire et préfèrent faire toujours plus pression sur les gouvernements, à chaque nouveau gouvernement toujours plus, pour les pousser à donner plus qu’ils ne peuvent, sous menace de grève.

  • Et si Chahed disait oui à Taboubi

Imaginons alors que le gouvernement cède aux pressions de l’UGTT, directes par la menace de grève, et indirectes par ses rencontres, toujours à sa demande, avec un chef de l’Etat qu’on sait lui-même sous pression de son malentendu et son bras de fer avec le chef du gouvernement. Il se rendrait ainsi responsable de la dernière pichenette donnée de sa décision d’augmentation des salaires, à toute une économie, pour la précipiter dans le désastre. Il serait responsable de la coupure de pont avec ses bailleurs de fonds, actuels et à venir. Il serait responsable de la mise en gage, financière, de toute une génération et de celles de l’avenir, au entre des mains étrangères. Et si, comme il se murmure, qu’une partie de la prochaine augmentation venait à être piochée dans la ligne budgétaire de «dépenses imprévues» de 450 MDT, le gouvernement se rendrait coupable de mettre le pays en péril, si une catastrophe arrivait.

Cela, tout en sachant qu’il est l’actuel gouvernement, déjà unique responsable, d’avoir aiguisé l’appétit des syndicats par ses accords sur des augmentations dans le secteur privé et pour des entreprises publiques accablées par les dettes et incapables d’être financièrement rentables et même juste équilibrées. Il est responsable de n’avoir pas su et pu négocier avec les syndicats et de ne pas avoir su mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut, pour ces négociations. Il est seul coupable de ne pas avoir su dire non au moment opportun.

  • Et si Youssef tenait tête à Noureddine ?

Imaginons maintenant que le gouvernement de Youssef Chahed ne cède pas à la pression et que, contrairement à l’UGTT, il tienne compte des réelles capacités des caisses de l’Etat, de l’avenir des générations futures qui seront accablées, à vie, à payer des milliards DT en service d’une dette qui ne ferait que précipiter encore plus l’économie du pays vers le gouffre.

Selon une estimation, faite par l’expert Ezzeddine Saidane, le coût financier direct de cette grève serait de 200 MDT. Cela reste de moindre impact que les 2 Milliards DT demandés. Là où le bât pourrait blesser, ce serait dans l’image de la destination Tunisie, en investissements directs étrangers, export, etc. La grève de la fonction publique bloquera aussi tout le secteur privé pour un temps. A ajouter au fait que ces grèves pourraient être récurrentes…

Que fera le gouvernement ? Quel choix fera-t-il entre payer immédiatement en monnaie sonnante et qui fera trébucher tout le pays et l’avenir de générations entières, ou payer un peu plus tard en agitation sociale, qui pourrait aussi n’être qu’improbable. La peur au ventre, on terminera par un «qui vivra verra» ! On ne terminera pas sans se poser la question où est Béji Caïed Essebssi ? Il connait tous les dessous de cette affaire et surtout sa très grave incidence sur l’économie et les finances du pays. Il sait aussi, très bien, qu’il avait essayé, du temps de Habib Essid, d’acheter la paix sociale et n’est parvenu qu’à attiser l’appétit des syndicats pour plus d’argent. Où sont aussi tous les partis politiques ? Ont-il peur de l’UGTT ou peur de perdre leurs sièges aux prochaines élections, s’ils se mettaient dans les rangs de l’intérêt national en face de l’intérêt d’une corporation, car c’est cela l’UGTT en définitive ?

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Alors que Nidaa Tounes peine encore à boucler les préparatifs pour un hypothétique congrès, la scène politique tunisienne vivait d’autres préparatifs, en sourdine, pour l’émergence d’un nouveau projet politique qui pourrait être l’alternative, pour beaucoup de Tunisiens, au parti qui avait remporté les législatives de 2014, sans pouvoir en jouir de manière complète. Les préparatifs du projet ont débuté à Sousse et devraient se terminer à Monastir. «Et c’est un message fort», aiment à dire certaines sources proches de ce projet.

Conduits par Slim Azzabi, les hommes de Youssef Chahed ont commencé, depuis décembre 2018 à Sousse, à battre le pavé par des réunions dans presque toutes grandes villes du pays. A ces réunions, la présence est sur invitation. C’est que Slim Azzabi a tiré la leçon des erreurs de son ancien parti et pris la décision d’éviter la création par le haut d’un parti entre les quatre murs d’un bureau au Lac ou ailleurs et de dire que «ceux qui nous aiment nous suivent ».

  • Une nouvelle manière de faire un parti politique

L’idée de Azzabi, selon nos sources, était d’entreprendre de manière horizontale, de se réunir avec des personnes, de tous bords certes, mais qui ont déjà un poids populaire ou électoral et qui peuvent, dès le début, constituer un socle électoral qui fonctionnera comme un aimant pour élargir l’adhésion par la confiance dans ces personnes.

Les réunions comprenaient ainsi des coordinateurs régionaux et locaux d’autres partis, comme Nidaa, Afek ou Al Joumhouri et autres, qui ont déjà quitté leurs partis respectifs par déception, renvoyés ou qui pourraient être convaincus de la nécessité d’en créer un autre et autrement que de façon verticale et que Azzabi a côtoyés lors des différentes campagnes électives. Mais aussi, des présidents de municipalités, des conseillers municipaux ou des délégués. Des réunions qui ont groupé des centaines de personnes, comme les 350 à l’Ariana, les 200 de Mahdia et les 250 à Jendouba dont 6 sont         des présidents de municipalités en dehors d’Ennahdha, selon nos sources, toutes des personnes capables d’en drainer d’autres et qui seront les nouvelles vitrines du projet. «Nous vous attendons à Monastir et tous ceux qui veulent se rallier à cette 1ère base sur laquelle nous construirons. Il n’y aura exclusion pour personne, pour prendre d’importantes décisions et pour fonder notre projet qui ne n’aura d’autre choix que de réussir et de remporter [Ndlr : Les prochaines élections de 2019]», disait Slim Azzabi dans la vidéo.

  • Un projet «national, populaire, centriste et Destourien»

Selon nos sources, ce seraient toutes ces personnes, convaincues de l’utilité d’un «projet national, populaire, centriste et Destourien», comme Azzabi en définit l’identité et l’idéologie dans une des vidéos de ses réunions, qui seront les fondateurs du parti, rassemblement ou autre forme. C’est eux qui décideront, le 27 janvier à Monastir, de la forme et de l’appellation de leur prochain projet politique. Cela évitera en tout cas de retomber dans l’erreur d’un seul détenteur de la «Batinda» ou patente, comme chez Nidaa Tounes. Des sources proches de ses initiateurs assurent d’ailleurs à Africanmanager que le prochain «projet» politique de Youssef Chahed prendra «une forme nouvelle et originale, et même révolutionnaire, par rapport à tout ce qui se fait en matière d’organisation des partis en Tunisie et où le terme parti serait banni», sans autre forme de détail. C’est à l’issue de cette réunion de Monastir que toutes ces personnalités, dont Azzabi et Chahed, devraient aussi annoncer leurs démissions de leurs partis et rejoindre, définitivement et de manière officielle, le nouveau projet politique.

  • Un projet, en 3 actes, de Sousse à Monastir

Il ne fait aucun doute que le choix de Monastir est loin d’être anodin. C’est en effet la ville natale de Bourguiba, la référence idéologique des Destouriens, et la dernière ville aussi qui avait abrité la réunion décisive de la campagne de Nidaa et qui avait porté sa candidature aux législatives de 2014. Le bouclage de la tournée consultative des cadres régionaux, le 27 janvier 2018, sera la fin de l’acte 1 de l’émergence de ce nouveau projet politique de Youssef Chahed par les soins de Slim Azzabi. L’acte 2 sera la conférence de presse qui sera tenue, fin janvier, et qui dévoilera la vision de ce projet et ses grandes lignes, son nom et sa devise.

L’acte 2 devrait être constitué par ce qui s’appellerait les «Assises Nationales» du projet. Des assises qui feraient office de congrès constitutif. Ce congrès, selon nos informations, sera électif de l’ensemble des structures et devrait aussi se tenir avant fin mars 2019, «après qu’on aura vu ce qui va se passer dans le congrès de Nidaa Tounes, s’il lui arrive d’avoir lieu et la casse qui s’y fera dans tous les cas. Il jouera ainsi en quelque sorte le rôle de camion-balai et récupérera les déçus, les mécontents et sera ainsi le nouveau réceptacle politique pour le retour des enfants prodiges», dira un proche d’Azzabi à Africanmanager.

C’est tout ce qu’on sait jusqu’à présent du prochain projet politique, qui devrait être le soutien principal de Youssef Chahed qui se présenterait ainsi comme le prochain chef du prochain gouvernement issu des prochaines élections de 2019.

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L’AOC (Air Operator’s Certificate) a été dernièrement donné à la compagnie aérienne tunisienne privée Syphax. Le ministre du Transport et la direction générale de l’aviation civile n’en passera pas moins devant la justice, sur plainte de la juge de l’entreprise, pour avoir retardé la délivrance de ce certificat auquel la justice avait donné son accord. C’est ce que nous apprenons, de sources officielles et croisées, au ministère tunisien du Transport.

Entreprise sous administration judiciaire, la société de transport aérien de Mohamed Frikha qui avait connu moult déboires entre dettes, impayés et suspension de l’AOC avait été amenée à passer par le règlement judiciaire. Et c’est à ce titre que la compagnie avait pu reconquérir son AOC. Or, selon le nouveau business plan, à la stricte application duquel veillera le juge de l’entreprise, Syphax ne reprendra pas ses propres vols commerciaux de sitôt. C’est son propre choix, au titre du business plan qui a été validé par la justice.

L’entreprise, qui dispose de deux avions, des CRJ qui sont encore en parking sur le tarmac tunisien, devra les placer en location avec leur équipage, pour l’instant sur une période d’une année renouvelable, auprès d’une compagnie aérienne nigériane.

La justice qui a validé le business plan aura ainsi privilégié la garantie d’un revenu fixe, fourni par le locataire, qui devrait permettre le règlement de tous les problèmes financiers de la compagnie, à l’utilisation commerciale des deux avions pour des vols aériens, à partir de Tunis ou d’ailleurs, et qui pourrait refaire tomber l’entreprise dans les mêmes difficultés financières qui l’avaient conduite au passage par la loi 95 des entreprises en difficulté et par le règlement judiciaire.

Tous les revenus de l’entreprise seront ainsi redistribués, selon les priorités mises noir sur blanc dans l’accord de règlement judiciaire, entre les différents créditeurs de Syphax, dont les citoyens auxquels Syphax devait rembourser les prix des billets avant l’arrêt de ses vols. Syphax ne disposera elle-même de cet argent que lorsque tous ses créditeurs seront remboursés.

Ce plan de restructuration financière aura le privilège de permettre à Syphax d’assurer la continuité de son existence en tant qu’entreprise de transport aérien, mais aussi de sortir du gouffre financier où elle se trouve, de faire presque peau neuve et lui donnera, pour elle et ses employés, de nouvelles perspectives, commerciales et financières.

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L’INS (Institut National de la Statistique) vient de livrer son verdict. La Tunisie a terminé 2018 avec la plus forte inflation depuis 2011. Des 3,9 % de 2011, l’inflation a presque doublé en huit ans de révolution. Le verdict est sévère pour le gouvernement de Youssef Chahed qui perd ainsi pied sur l’un des plus importants dossiers de son mandat qu’est la détérioration du pouvoir d’achat, argument sur lequel l’UGTT assoit toute sa stratégie des négociations salariales pour les fonctionnaires de l’Etat. Augmentations,en contrepartie desquelles l’omnipotent syndicat menace de paralyser toute l’administration dans 11 jours, c’est-à-dire le 17 janvier 2019.

Youssef Chahed avait en effet pris en main le pays avec une inflation de 4,2 % à fin 2016. A l’entrée d’Omar Béhi au ministère du Commerce, en septembre 2017, l’inflation terminait l’année à 6,4 %. A quelques mois de la fin de tout le mandat du gouvernement Chahed à la Kasbah, ils en sont à une inflation rampante de 7,5 %.

Ils avaient tenté de contenir la hausse de cette inflation, prédatrice du pouvoir d’achat du citoyen, à moins de 7 %, mais se feront battre, dès mars 2018, lorsqu’elle culmine à 7,6 % et il leur faudra neuf mois de lutte avec les hausses de prix, la contrebande, le commerce parallèle, les augmentations salariales qui boostaient la consommation et la fringale des commerçants de gagner plus, pour qu’elle ne finisse pas à 8 %. «Le taux d’inflation a connu des augmentations successives allant de 6,9% en janvier 2018 à 7,8% au mois de juin, suivi d’une stabilité à 7,4% durant la période de septembre à novembre 2018, pour atteindre le niveau de 7,5% le mois de décembre 2018», analyse succinctement l’INS. Nul doute que ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un bon bilan sur la question de la maîtrise des prix.

En décembre, par rapport au mois de novembre 2018, c’est notamment «le renchérissement des prix du groupe alimentation et boissons de 0,5% suite à l’augmentation des prix des viandes ovines de 1,8%, des œufs de 1,2% et des chocolats et gâteaux de 0,9%». Les fêtes de fin d’année sont passées par là, avec une hausse de 0,7 % pour le groupe restaurants et hôtels et de 10 % sur toute l’année, de 0,2 % pour le groupe loisirs qui fait + 7,5 % sur toute l’année. Les plus grosses hausses de l’IP ont été enregistrées dans le groupe transport avec +13,3 % sur l’année, de 9,3 % dans le groupe Meubles & Articles de ménage, de 8,6 % pour le groupe Habillement & Chaussures et de 6,2 % pour les produits alimentaires et boissons. Et c’est dans ces groupes que l’on retrouve les effets de la baisse de la valeur du Dinar. Pour le reste, il faut plutôt chercher du côté de l’impact de la loi de finance 2018 et le surplus de fiscalité, introduite dans le seul objectif de ramener le déficit budgétaire à des niveaux raisonnables.

Contacté par Africanmanager, le ministre du Commerce Omar Béhi relativise et estime que «on s’en est en fin de compte assez bien tiré, au vu de l’effet de la loi de finance 2018, les hausses des prix des carburants et de l’électricité».

Le ministre tunisien du Commerce promet en revanche que «les choses changeront, avec la disparition des effets de la loi de finance de 2018 et de celle de 2019 qui n’a apporté aucune hausse d’impôts, ni dans les droits de douane ni dans les droits de consommation» et que l’inflation devrait ainsi «retomber par effet mécanique».

Le ministre du Commerce compte aussi, pour y arriver, sur «une bonne année agricole, la bonne pluviométrie qui a rempli les barrages qui n’obligeront plus aux restrictions d’eau, comme l’année dernière dans plusieurs régions, ce qui devrait faire baisser encore plus les prix des fruits et légumes et introduire une certaine accalmie sur les prix de 2019. Tout cela, en plus de l’effet contrôle des prix où nous bougeons bien et l’amélioration des conditions de travail des contrôleurs, qui devrait aussi apporter de meilleurs résultats». Et Omar Béhi de répéter à Africanmanager son assurance que l’année 2019 apportera sinon une baisse de l’inflation, du moins une accalmie des prix.

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Il avait essayé une première fois de la dégommer, avec l’appui de l’ARP. L’Assemblée des Représentants du Peuple avait refusé de lui donner prolongation pour son mandat à la tête de l’IVD qui s’était officiellement terminé le 18 mai 2018. Les décisions négatives n’étant jamais publiées sur le JORT, tout le monde croyait l’affaire définitivement close, avant que le chef du gouvernement ne lui accorde, dans le silence, un délai de 7 mois jusqu’à la publication du rapport définitif de ses 4 années d’existence.

Lorsqu’on lui pose la question, comme lors de sa dernière interview, le chef du gouvernement tunisien répond que «ce n’est pas vrai. C’est moi qui ai envoyé un courrier à l’IVD, pour l’informer de la fin de sa mission, qu’il n’y aura pas de prolongation, qu’elle doit de rendre l’archive et les voitures et avons pris pour cela toutes les mesures nécessaires ».

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, lui avait entretemps coupé tous les vivres et la loi de finance 2019 ne contenait aucune allusion à un quelconque budget qui lui aurait été alloué. «Elle apporte désormais ses ressources de l’étranger. Je n’ai pas besoin de votre argent, nous a-t-elle dit», indique pour Africanmanager le député Hassouna Nasfi.

Interprétant à sa manière les lois, toutes les lois et tous les jugements pris à son encontre, Sihem Ben Sedrine continue de résider dans l’immeuble à la façade sculptée, tout en marbre, à quelques encablures du siège du parti islamiste Ennahdha, connu pour être son unique soutien politique.

Comme il l’avait maintes fois dit dans ses critiques à l’IVD, Youssef Chahed fait partie de ceux qui estiment que «le processus de réconciliation n’a pas réussi. Le but, c’est la réconciliation totale et réelle et cela n’a pas eu lieu, ni dignité, ni vérité. Nous voulions la vérité et la réhabilitation. Or, tant qu’il y a des gens qui seront encore jugés et iront en prison et d’autres qui n’ont pas été réhabilités, on n’a pas réussi. La justice transitionnelle a plutôt divisé le pays. Elle a échoué, d’abord car elle a pris beaucoup de retard, huit années après la révolution, elle a été politisée, sans parler de la personnalité non consensuelle de la présidente de l’IVD qui a beaucoup perturbé le processus»; il tente depuis mai 2018 de mettre fin à cette expérience malheureuse. Il n’y parvient toujours pas. Sihem Ben Sedrine continue de défier tout le monde, justice, Parlement et gouvernement.

Elle vient récemment de s’inventer le statut de «liquidateur» de l’IVD, un statut «qui n’existe nulle part dans les statuts de l’IVD et qui dit clairement que ses fonctions prennent fin au moment où elle livre son rapport» selon la même source.

Avant la fin de l’année 2018, tout aussi convaincue de perdurer, tout aussi décidée à défier encore toutes les lois et tout aussi soutenue par ses voisins de Montplaisir, Ben sedrine envoyait une lettre au chef du gouvernement l’informant de sa propre décision de s’auto-nommer liquidatrice et lui enjoignant de la publier au JORT. La lettre fait nettement comprendre que les procédures de cette liquidation lui donnent le droit de continuer à se réunir et le droit de bénéficier de tous les privilèges, comme le siège de l’IVD, les voitures, les bons d’essence et même le droit à un budget de fonctionnement.

A son tour, le chef du gouvernement transmet la lettre de Ben Sedrine à l’ARP, lui expliquant que ce poste de liquidateur ne figure nulle part dans les statuts de l’IVD et lui demandant de se réunir au plus vite pour plancher sur ce nouveau volet du bras de fer de Ben Sedrine avec tous genres d’autorités en Tunisie. L’historique de ce bras de fer indique en tout cas que le liquidateur restera en place, aura tous les privilèges et ne liquidera rien du tout.

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BCE tente de reprendre la main sur le social. Une réunion s’est tenue, ce vendredi 28 décembre 2018, au palais de Carthage, entre le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi (BCE), le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le SG de l’UGTT, Noureddine Taboubi.

En 2015, il avait fait la même, dans presque les mêmes circonstances. Le 29 novembre de ladite année, BCE prenait la parole en direct du palais de Carthage sur le thème de la paix sociale- les relations étaient très tendues entre l’UGTT et le gouvernement Habib Essid- à propos des augmentations salariales, publiques et privées. Comme en ce 28 décembre 2018, l’UGTT menaçait d’une grève sur le Grand-Tunis, le 25 novembre 2015. BCE avait alors «poussé» le chef du gouvernement Habib Essid à signer l’accord salarial avec l’UGTT «pour acheter la paix sociale» comme le disait alors le chef de l’Etat.

Depuis, la paix sociale n’a jamais prévalu en Tunisie, les SG consécutifs de l’UGTT jouant sur les mots avec le sourire pour répondre que «on n’est pas en guerre pour parler de paix». Les grèves auraient été en baisse de 17 % en juillet dernier, mais ne se sont jamais arrêtées. Les intentions d’investissement ont par contre régressé et le site Tunisie n’est plus attractif pour les IDE, comme l’a noté la CNUCED dans un rapport cité par l’ITES. C’est dire si BCE n’avait pas finalement perdu son pari en 2015 en misant sur de nouvelles augmentations salariales pour acheter la paix sociale.

Et c’est cette augmentation salariale notamment qui a abouti, en 2018, à une masse salariale de 16,551 milliards DT, soit 40,5 % du total du budget de l’Etat. Un masse salariale qui s’est aussi traduite par une forte hausse des prix et une inflation de 7,5 % qui devrait monter à 8 % en 2019 selon les experts, si la valeur du dinar continuait à baisser, sans compter le volume de la compensation des prix des carburants, déjà prévue à 2,1 Milliards DT pour 2019, ni les autres 1,8 Milliards DT de compensation des denrées de base comme le pain, le lait, le sucre et assimilés.

Décembre 2018, la crise couve toujours entre et gouvernement et UGTT à propos des augmentations salariales. Comme avec Houcine Abassi, la toute puissante Centrale syndicale de Noureddine Taboubi, qui menace comme en 2015 d’une grève générale le 17 janvier 2018, demande un accord salarial en tous points similaire à celui de 2015, pour y renoncer.

BCE avait, en 2015, dit que le pays avait alors «taillé dans le vif» pour accorder ces augmentations consenties aux fonctionnaires et agents publics. On se demande alors, au vu de la crise financière aigue que traverse la Tunisie depuis 2016, comment BCE pourrait appeler les nouvelles augmentations salariales demandées par l’UGTT, si elles venaient à être données.

N’y arrivant pas toujours, depuis l’enterrement du «Document de Carthage 2» où UGTT et Nidaa Tounes demandaient le départ de Youssef Chahed de La Kasbah, le SG de l’omnipotente centrale jouait de ses entrevues avec le chef de l’Etat pour suggérer un appui de BCE à la guerre de l’UGTT contre Youssef Chahed. Une guerre née des relations tout aussi tendues de Chahed avec BCE, à la faveur de la crise du parti du fils du chef de l’Etat qui avait gelé l’adhésion de Chahed à Nidaa Tounes et poussé le bouchon jusqu’à essayer d’intenter un procès à son encontre auprès du tribunal militaire.

Force est ainsi, aujourd’hui, de se demander si le chef de l’Etat tunisien, qui tente une nouvelle fois de reprendre la main dans le dossier des négociations salariales, ne finira-t-il pas par mettre les pieds dans le plat et bousiller ces négociations, en recherchant encore une fois la chimère de la paix sociale. BCE pourrait, de bonne foi peut-être, user des dernières tentatives cybernétiques d’allumer une nouvelle révolution et les nouvelles tensions sociales qui secouent depuis quelques semaines Kasserine à la suite d’un meurtre transformé en immolation pour raison sociale, pour pousser vers de nouvelles augmentations salariales. Cela calmerait certes ces tensions, mais ne ferait que précipiter la crise économique et financière vers des abysses dont elle aura encore moins de chances de sortir.

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L’année touristique 2018 en Tunisie s’est terminée avec l’entrée de 7,903.385 touristes, un chiffre en hausse de 17,4 % par rapport à l’exercice 2017, selon les chiffres du ministère du Tourisme au 20 décembre 2018. Tout l’exercice 2018 devrait ainsi se terminer avec un peu plus de 8 millions d’entrées touristiques, confirmant ainsi la reprise du secteur et brisant, pour la 1ère fois depuis ladite révolution, le mur psychologique de 2010 devenu pour maints ministres du tourisme l’année de référence qu’il fallait au moins égaler. En 2010, selon les chiffres officiels de l’INS, le total des entrées des voyageurs non-résidents avait atteint 6,903 millions.

Dans le détail pour 2018, le nombre de touristes européens qui ont été 2,368.444 millions à passer leurs vacances en Tunisie avait certes augmenté de 42,3 % par rapport à 2017. Ce chiffre reste cependant encore loin des 3,82 millions de touristes européens atteints en 2010 et qui représentaient alors un peu plus de la moitié de tout le contingent d’Européens qui entraient en Tunisie. On ne se privera cependant pas de faire remarquer que les entrées des Français avaient augmenté de 37,4 %, celles des Allemands de 52,4 %, celles des Russes qui se confirment comme marché émergent pour la Tunisie (589.424) et hausse de 16,2 % en 2018 par rapport à 2017.

Au 20 décembre 2018 aussi, le marché algérien confirme la place spéciale qu’il occupe désormais sur le marché tunisien. 2,496.127 millions ont séjourné en Tunisie, alors qu’ils n’étaient que 1,060 million à la fin de l’année de référence 2010. Nouveauté dans les chiffres de 2018, où les TRE (Tunisiens Résidant à l’Etranger) font un décompte à part. Ils ont été 1,324 millions à visiter la Tunisie, presque la moitié des Algériens qui avaient passé leurs vacances en Tunisie.

  • 26 millions de nuitées, dont 5,433 millions en tourisme local

L’année de référence 2010 n’a cependant pas encore été atteinte en terme de nuitées touristiques. Au 20 décembre 2018, les hôtels tunisiens enregistraient 26.139.076 nuitées. Un chiffre en hausse de 22,8 % par rapport à 2017. Les nuitées pour les non-résidents étaient à la même date, de 20.706.609 millions, dont plus de 6,112 millions de Russes, 3,244 millions de Français et 2,842 millions d’Allemands. Le total des nuitées, même avec les résidents, n’égalait cependant pas les 32,136 millions de nuitées, pour les seuls non-résidents de 2010 qui étaient déjà en baisse par rapport aux 35 millions de 2008. On remarquera tout de même qu’avec 5,433 millions de nuitées, les Tunisiens résidents ont plus séjourné dans les hôtels que les Algériens (2,454.613 millions de nuitées). Les nuitées des Algériens ont même baissé de 2,6 % par rapport à 2017, confirmant une tendance déjà remarquée d’une orientation vers la location d’appartements ou de maisons chez les propriétaires tunisiens.

  • Les Tunisiens ont préféré Hammamet et les Côtes de Carthage montent en tendance

Les Tunisiens étaient 2.333.420 touristes, avec une moyenne de 2,3 millions de nuitées, essentiellement à Yasmine-Hammamet qui n’attire plus comme 2017 (-4% en nuitées). Baisse aussi de 17,2 % des nuitées des Tunisiens dans les hôtels de la région Nabeul-Hammamet. Elles étaient aussi en baisse de 2,4 % les nuitées passées par les locaux dans les hôtels de Sousse. Les locaux aiment manifestement plus les hôtels de la banlieue de Tunis en 2018. Avec seulement 33.522 nuitées, la destination Tunis-Côtes de Carthage avait en effet attiré 3 % de plus de nuitées qu’en 2017.

  • Djerba-Zarzis destination préférée des touristes

En termes de nuitées aussi, c’est la région de Djerba-Zarzis qui se révèle être la destination préférée des touristes pour l’année 2018, avec des chiffres en hausse même de presque 46 %. Les hôtels de cette destination tunisienne préférée ont en effet enregistré 6,799.832 nuitées, loin devant Sousse dont les hôteliers ont engrangé 4,883.964 nuitées. Nabeul-Hammamet n’avaient attiré que 4,119.918 de nuitées, le double de Yasmine-Hammamet avec 2,502.051 millions de nuitées. Les hôtels de la région Monastir-Skanes avaient fait mieux, en attirant 3,066.767 nuitées touristiques, loin devant Tunis-Côtes de Carthage dont les hôtels n’avaient enregistré que 1,646.271 million de nuitées touristiques.

  • 3,9 Milliards DT de recettes, pilepoil comme 2010 à la même date

A la date du 20 décembre 2018, la saison touristique de cette année a laissé dans les caisses tunisiennes 1,258.8 Milliard €, équivalents à 1,488.8 Milliard USD, ou encore 3,928.8 Milliards en Dinar tunisien de recettes. En DT, la hausse des recettes touristiques était de 42,1 %, en Euros elle était toujours en hausse de 23,8 % par rapport à 2017 et en hausse encore de 30,13 % en USD.

A la date 20 décembre 2018 aussi, les recettes touristiques ont été pilepoil au niveau de celles de 2010 en Dinars tunisiens. En effet, selon les indicateurs de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), les recettes touristiques, au 20 décembre 2010, s’étaient établies à 3,9 milliards de dinars, contre 2,3 milliards en 2011, soit une hausse de 30 %.

Pour ceux qui voudraient s’aventurer à comparer la valeur du Dinar en 2010, nous avons consulté des professionnels de la BCT qui assurent que différents paramètres, endogènes et exogènes, fausseraient toute comparaison. Ce qui reste à retenir, c’est que le tourisme tunisien a repris du poil de la bête en 2018 et qu’il a enfin cassé le mur psychologique de 2010. Reste donc à maintenir le trend en 2019 et à résoudre les problèmes nés des années de révolution, pour les hôteliers, en espérant que le souci des ressources fiscales à tout bout de champ pour le gouvernement ne brisera pas cet élan. Rappelons enfin que René Trabelsi a été nommé ministre du Tourisme le 14 novembre 2018. Avant, il y avait Selma Rekik.

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Zohra Driss est plus qu’optimiste pour la saison 2019. Elle ne cache pas que son groupe est bénéficiaire et dispose même d’un joli pactole en devises et demande même qu’il soit publié. Elle est pour l’application du «Livre Blanc» du tourisme. Elle ne cache pas, non plus, sa sympathie pour le nouveau ministre du Tourisme qui a fait, un temps, polémique et estime même qu’il est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

La femme d’affaires député n’a pas non plus sa langue dans sa poche, lorsqu’on l’interroge sur la situation politique et son opinion sur le Nidaa Tounes et évoque une «affaire de famille » qu’elle a décidé de quitter. Du projet politique, du chef du gouvernement dans les rangs duquel elle se trouve désormais, elle dit que «c’est de nous unir de nouveau et nous battre pour les prochaines élections » et que «Salim Azzabi ne sera qu’un membre de l’équipe ». Cette habile femme d’affaires, faite politicienne tout aussi avertie, est, par ailleurs, plus que sûre qu’avec les Driss et les Jenayah en fort soutien à Sousse : «on remportera les prochaines élections». Africanmanager a rencontré Mme Driss, au cours des dernières journées de l’entreprise à Sousse. Depuis, beaucoup d’eau a manifestement coulé sous le pont. Interview :

Comment va le tourisme à Sousse ?

Tout d’abord, on se rappelle tous de l’attaque terroriste survenue le 26 juin 2015 à Sousse ; après cet attentat, le tourisme a eu un coup fatal pour le tourisme en Tunisie. La saison a été très mauvaise, on sait que le tourisme est l’un des piliers de l’économie en Tunisie, à part les gens qui travaillent dans le secteur du tourisme, de l’agriculture, le sport, l’artisanat, tous ont eu un coup très dur. En 2017, une petite reprise a été confirmée et en 2018, elle est très bonne. Je pense que, pour cette année, la reprise sera encore meilleure et réellement très bonne.

Les hôteliers se plaignent cependant toujours, étant donné que leur plus gros problème est celui de la dette. Malgré la bonne performance de l’année 2018, ils n’arrivent plus à régler leurs dettes

Tout à fait. Juste après la révolution, le secteur a commencé à rencontrer de grandes difficultés. On a vu qu’après 2011 et 2012 et avec tous les reportages télévisés où on parlait des Salafistes, des gens qui brulaient le drapeau tunisien, des barbus, des gens qui faisaient les prières sur la plage de Hammamet, tout ça a semé la panique chez le touriste européen qui a pensé que notre pays va sombrer dans l’islamisation. Ainsi ont commencé les difficultés ont commencé depuis 2011. Elles se sont aggravées en 2015 et c’est normal qu’après une année de reprise, les gens qui ont eu beaucoup de dettes envers les banques, la CNSS, la STEG, la SONED, envers leurs personnels, n’arrivent plus du coup à remédier à tout ça, car il faudrait beaucoup d’années pour éponger toutes ces dettes.

Quelle est la solution, selon vous ?

 Je vais être très franche en disant qu’il y a en Tunisie trois catégories d’hôtels ou de parcs hôtels.

Il y a un parc qui est pratiquement vétuste et qui est voué à la déchéance, à la fermeture totale. Il y a un petit parc qui se porte bien et n’a pas de problème. Mais il y a aussi un parc conséquent, il est au milieu de ces deux extrêmes, qu’on pourrait sauver, notamment les hôtels de bord de mer. Là, je parle des hôtels de, Nabeul, Hammamet, Sousse, Monastir, Mahdia, Djerba et qui ont de grandes potentialités pour bien travailler. Pour ces hôtels-là, il suffit pour les hôteliers d’avoir la possibilité d’accéder à des fonds pour pouvoir rénover, remettre à niveau leurs établissements et pour pouvoir redémarrer et recevoir les touristes.

Est-ce que vous êtes d’accord pour la solution qui a été proposée par la STB ?

Vous voulez parler du livre blanc ? Il a été élaboré par les hôteliers et j’estime qu’il faudrait le mettre en action. Ce livre donne la possibilité aux banques de retrouver l’argent prêté aux hôteliers, mais sur des échéances un peu plus longues. Cela permettra à l’hôtelier d’avoir du liquide pour remettre son hôtel en l’état.

Donc selon vous, il est faisable ?

Tout à fait. Ce livre a été élaboré par la Fédération de l’hôtellerie, l’Association Professionnelle des Banques et le ministère du Tourisme.

Pourquoi, selon vous, est-il  jusqu’à présent resté inappliqué ?

C’est vrai, il n’a pas été encore appliqué. Mais il y a quelques mois, le chef du gouvernement a parlé de ce livre blanc, et a donné son accord pour son application. Il faut maintenant que les banques s’assoient avec les hôteliers en difficulté, mais ayant des potentialités certaines de reprise et une volonté de remboursement, à moyen ou long terme, de leurs crédits.

Ne vous semble-t-il pas que vous renvoyiez toujours la balle aux seuls banquiers ?

Mais non ! Je ne suis pas en train de demander aux banquiers de tout classer en dettes carbonisées, pas du tout. Je dis qu’il faut trouver une solution pour ces impayés, avec la possibilité pour les banques d’entrer dans le capital des hôtels, pour ensuite céder ces prises de participation, petit à petit, aux hôteliers-propriétaires, lorsque le secteur hôtelier redémarrera convenablement.

Votre groupe fait partie de quelle catégorie d’hôtel ?

En gros, nos hôtels n’ont pas de problèmes financiers.

Vous n’avez donc pas de dettes ?

Si vous parlez du groupe de Zohra Driss, il est classé zéro risque et n’a donc aucune dette.

Vous êtes bénéficiaire bien sûr !

Oui. Je touche du bois. Les hôtels de Zohra Driss sont pratiquement les seuls hôtels balnéaires, ou ils sont parmi les rares, à être classés zéro à la date d’aujourd’hui. Et on dispose même d’un important volume de devises dans nos comptes bancaires tunisiens.

On voit de plus en plus des hôteliers qui donnent leurs hôtels en gestion à des marques étrangères. Est-ce par incapacité de gestion ?

Au contraire, c’est une bonne chose. Il est, en effet, très important de travailler avec une marque étrangère, parce que le touriste fait plus de confiance aux marques européennes. La marque lui donne la garantie d’avoir un bon niveau de service et lui assure que l’hôtel est aux normes internationales. Les marques n’approchent, malheureusement, que les hôteliers qui ont des unités rénovées ou qui ont été mises à niveau. Et lorsque ces marques sont intéressées, elles demandent un contrat pour rénover l’hôtel. Avoir une marque vous garantit une meilleure commercialisation et des contrats faits en dollar et en euro. Pour les Tunisiens et les Algériens, les contrats sont libellés en DT. 

Où est l’argent du tourisme, comment certains députés en ont posé la question ?

Vous parlez de cette question idiote qui a été posée à l’ARP ? Moi je pense que pour répondre à cette question, vous pouvez vérifier les contrats. Ce ne sont pas tous les hôtels qui ont la possibilité d’avoir un contrat en euro ou en dollar, parce que le tour-opérateur ne travaille qu’avec les bons hôtels. Avec les hôtels de gamme moyenne, les TO leur mettent le couteau à la gorge et les obligent à signer des contrats en dinars tunisiens.

Ou va donc l’argent ?

Moi je demande à la Banque centrale de vérifier la quantité de devises que j’ai fait entrer dans le pays et d’en faire la publication par rapport à mon chiffre d’affaires et vous allez voir !

En tant qu’hôtelier, comment se présente l’année 2019 sur le plan Booking ?

Elle va être très bonne, sauf catastrophe à Dieu ne plaise !

Est-ce qu’elle sera mieux que celle de 2018 ?

Bien sûr. Elle sera même beaucoup mieux. Moi je suppose qu’on fera 15 % ou 20 % de mieux que 2018 en nombre de touristes, vu les contrats que nous avons signés, le nombre d’avions qui ont programmé sur la Tunisie par les tour-opérateurs. Il y aura ainsi retour du marché anglais, grand retour du marché allemand et du marché belge et tous les marchés des pays de l’Est. Il y aura, à mon avis personnel, au moins 20 % sinon 30 % de plus en retombées financières.

René Trabelsi est-il la personne qu’il faut à la place qu’il faut à la tête du ministère du Tourisme ?

Oui vraiment, moi je pense qu’on sera surpris dans le bon sens par ce que fera René Trabelsi, parce qu’il est un homme d’affaires, et que c’est quelqu’un du secteur, donc qui connaît déjà le problème des hôteliers. Déjà le passage de Madame Salma Elloumi a été très bon, parce qu’elle est une femme d’affaires, pragmatique et qui a compris que pour avancer très vite, il fallait écouter les hôteliers. René Trabelsi avancera peut être encore plus vite.

En tant que politicienne et députée, que pensez-vous des querelles entre les deux têtes de l’Exécutif, d’autant qu’on vous prête le fait d’être désormais du côté de Youssef Chahed ?

J’ai quitté Nidaa Tounes lorsque j’ai compris que ce parti n’a plus d’espoir. Depuis sa création, Béji Caïed Essebssi a donné le feu vert à son fils et c’est comme s’il avait déclaré que les électrices et les électeurs de Nidaa ne sont plus son affaire. Donc, quand j’ai compris tout cela, que ça devenait une affaire de famille, j’ai quitté ce parti.

Vous ne faites plus partie de Nidaa Tounes, et vous êtes désormais dans le bloc dont on dit qu’il est pro-Chahed. Quel est votre prochaine étape ?

C’est de nous unir de nouveau et nous battre pour les prochaines élections.

Slim Azzabi sera chargé de la formation de ce parti ?

Slim Azzabi fera partie de l’équipe. On ne veut plus construire quelque chose autour d’une seule personne…

Le soutien des Driss et des Jenayah est-il important pour Youssef Chahed ? Vous êtes une famille locomotive dans la région ?

Nous voulons la stabilité du gouvernement. On ne peut pas résoudre les problèmes économiques et sociaux avec les changements annuels de chefs de gouvernement. Nous sommes des patriotes et cherchons la stabilité.

Est-ce qu’il peut y avoir rapprochement entre Mehdi Jomaa ou Yassine Ibrahim avec le prochain parti ?

Nous souhaitons nous unir avec les blocs modérés.

Vous pensez que vous avez une chance pour remporter les élections ?

Oui…on aura toutes les chances.

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Présent aux journées de l’entreprise de Sousse, le leader des télécommunications, fixe, mobile et data, Tunisie télécom (TT) avait attiré les feux de la rampe par sa nouvelle initiative de mise au point d’une plateforme qui donne accès à tous les férus d’information à la lecture des journaux papier. «Nous avons lancé l’initiative après un débat avec l’association des directeurs de journaux tunisiens, que préside Taieb Zaher qui m’avait affirmé que le secteur des médias passe par une crise et que les journalistes souhaitent avoir des solutions, tout en comptant sur l’opérateur Tunisie Telecom », a indiqué Fadhel Kraïem, PDG de Tunisie télécom, qui a saisi l’occasion pour remercier la structure patronale des directeurs de journaux.

  • Après le papier, bientôt les journaux électroniques

Selon lui, «la solution existe en France. On a cherché des partenaires et on a trouvé un partenaire français qui a une expérience dans ce domaine. C’est l’entreprise «Immanences », une société française qui a ouvert une entreprise en Tunisie sous le nom « Oui presse », qui collabore déjà avec des journaux à travers des contrats». TT travaillait, en fait, depuis juin dernier, à cette plate-forme. L’application, désormais officiellement lancée, contient plus de 60 magazines et journaux. Elle est gratuite jusqu’à 15 janvier 2019. «Par la suite, nous allons lancer quatre offres payantes à partir de 330 millimes par jour, selon les choix du lecteur qui y sera abonné», précise ensuite Kraïem en bon commercial, toujours soucieux d’enrichir la gamme des services offerts par TT à ses clients. Et lorsqu’Africanmanager s’inquiète pour le secteur des journaux électroniques, Fadhel Kraïem se rattrape et annonce que «elle sera concernée au cours de la deuxième étape, nous avons organisé une journée de travail et nous sommes en train de trouver des solutions afin d’intégrer la presse électronique dans ce nouveau projet dans les mois à venir».

Mais TT, c’est aussi une entreprise qui reprend progressivement du poil de la bête et bataille quotidiennement sur le front des parts de marché. Son PDG reste optimiste et affirme que «2018, c’est une année très particulière pour Tunisie Telecom ; pour moi, c’est l’année du rebond et du sursaut. Depuis que je suis à la tête de Tunisie Telecom, notre première priorité était l’entreprise mère Tunisie Télécom, on a défini trois ou quatre priorités claires qu’on a partagées avec tout le personnel».

  • 9,5 % de croissance en 2018. Un travail d’équipe

Serein, mais réaliste, il ne cache pas que «entre 2010 et 2017, notre chiffre d’affaires a connu une baisse chronique et ce pour différentes raisons sur lesquelles je ne souhaite pas m’étaler». C’est que le 1er responsable de l’opérateur historique est largement conforté par les chiffres qu’il annonce à Africanmanager. «Au premier semestre de 2017, par rapport à 2016, nous avions une baisse de 5.3%. Une année après, au premier semestre 2018, nous réalisions 9.5% de croissance en comparaison avec 2017, et c’est le résultat d’un travail d’équipe, tant au niveau régional que central, qui ont tous fait montre d’une mobilisation exemplaire. Le résultat était fructueux, puisqu’on a réalisé + 9% de croissance et surtout une remontée spectaculaire, de -5 % à +9%, et c’est bien pour le moral. Maintenant, nous devons continuer dans cette dynamique et aller de l’avant».

Et lorsqu’on lui rappelle que TT est certes l’opérateur historique, mais qu’il est toujours classé en deuxième position, il rectifie tout assuré que «on est le 2ème sur le mobile, mais on est en première position sur l’ensemble des services de télécommunications, avec une part de marché de 40% en valeur». Et Kraïem de prendre à témoin les publications de l’INT qui «confirment la position de TT en tant que leader du secteur des télécommunications. Pour le mobile, je rappelle que nous avons perdu plus de 5 points de part de marché en 2016 et 2017, et nous avons réussi en 2018 à inverser cette tendance grâce à une meilleure dynamique commerciale et grâce à la diversité de nos offres et l’amélioration de la qualité de nos services».

En voie, sûre de rebond commercial, TT se projette désormais dans l’avenir et son PDG qui sait que «la concurrence est rude », se donne déjà pour objectif de fidéliser sa clientèle et de la retenir. «Nous espérons capitaliser sur la dynamique installée en 2018 pour améliorer notre part de marché mobile d’un minimum de 2 points sur 2019. Sur le plan financier, nous avons connu certaines difficultés sur les 3 dernières années, et on table sur un retour à l’équilibre dans un futur très proche», dit-il à Africanmanager.

  • Beaucoup de dettes, mais en voie de résolution et la ferme promesse de plus d’offres innovantes en 2019

Comme toutes les entreprises publiques, TT souffre cependant de beaucoup de dettes. Kraïem le confirme en indiquant que «nous avons des dettes importantes chez les clients, notamment les administrations et les entreprises publiques». Il indique cependant que «c’est un sujet qui est suivi de près et à très haut niveau ; nous collaborons avec le ministère des Finances avec lequel nous avons pu trouver des solutions pour réduire cette dette dès 2018, et on va multiplier les efforts pour mieux maîtriser cette situation en 2019».

Dans le boom du mobile qui ferait presqu’oublier que TT est aussi leader sur le fixe et sur le data où son FSI, Topnet est aussi leader, le PDG de TT est tout aussi optimiste et se fait fier de préciser que «en 201, nous avons observé une croissance record de notre parc internet fixe ADSL, VDSL et Fibre, avec plus de 120K nouvelles lignes». A le croire, «ceci est le résultat de la modernisation de notre infrastructure fixe et de la simplification du parcours client grâce à la mise en œuvre du guichet unique». Pour lui aussi, «c’est une chance pour TT pour pouvoir développer ce produit qui nous différencie de nos concurrents. En outre, notre filiale Topnet vient d’annoncer une part de marché qui a dépassé les 60% et qui la place comme leader incontesté de l’internet en Tunisie».

2019 étant déjà à nos portes, Africanmanager ne manque pas l’occasion de demander au PDG de TT quelle est la plus belle promesse qu’il pourrait faire à ses clients pour la nouvelle année. Et Kraïem de promettre, sûr d’y arriver, que c’est de «simplifier le quotidien du citoyen tunisien. On va être plus présent dans le digital, avec des offres plus innovantes pour tous nos clients grand public et entreprise. Notre promesse est de poursuivre l’amélioration de la qualité de nos services et d’être encore plus proches et plus à l’écoute de nos clients». TT, une entreprise publique, résiliente et à fort potentiel de rebond !

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C’est l’un des rares hommes d’affaires à décider de quitter les sentiers, battus et tranquilles, des situations de rente des concessionnaires automobiles, en entrant de plain-pied dans le montage et même du montage des véhicules particuliers, comme il l’a récemment fait, ce qui reste une première. Hafedh Zouari l’homme d’affaires est aussi connu pour être quelqu’un qui ne mâche pas ses mots et qui défend bec et ongles ses convictions, politiques et économiques, et sa région. C’est aussi un homme d’affaires connu dans sa ville natale, Kalaa Kébira, et dans toute la région du Sahel tunisien, pour sa conviction, de plus en plus affirmée, de l’obligation de faire de son entreprise non seulement un outil performant dans la chaîne de création de valeur, mais aussi une entreprise citoyenne. Une entreprise, qui ne fait pas que des affaires, mais qui fait des autres, les citoyens de sa ville et de sa région, son affaire aussi.

Il avait un temps, avec la bénédiction et le soutien d’un ancien chef de gouvernement, importé un certain nombre de tricycles et devait alors en faire une juteuse affaire. Comme ceux de son parti, l’ancien chef de gouvernement rua dans le brancard et l’homme d’affaires se retrouvera avec plusieurs millions DT sur les bras, en «Tuktuks», impossibles à écouler. C’était cependant sans compter avec l’ouverture du groupe Zouari sur son environnement, social et entrepreneurial, et son souci d’être aussi une locomotive pour les jeunes entrepreneurs démunis de sa région, un acteur actif dans le tissu sociétal qui l’entoure et de faire même de son entreprise un ascenseur social. La décision de distribuer, gratuitement avec la carte grise personnalisée pour chaque récipiendaire, les Tuktuks à des citoyens démunis pour en faire un outil de travail, leur permet de mettre ainsi le pied dans l’ascenseur social en en faisant des éléments actifs et producteurs dans le cycle économique de la région. Une première distribution avait ainsi eu lieu en octobre dernier.

Samedi encore, lors d’une réception organisée au siège de son groupe, le fondateur Hafedh Zouari faisait don à 13 municipalités de la région du Sahel et un nombre important de marchands ambulants, de tricycles qui devraient faciliter leur quotidien, comme il en parle dans cette brève interview en vidéo

Hier, c’était une quarantaine de Tuktuks qui faisaient le bonheur de plus d’une municipalité, dont les présidents étaient présents à cette cérémonie sociétale, mais aussi de quelques personnes, dont des travailleurs handicapés. Entre les deux cérémonies, d’octobre et de décembre, ce sont ainsi 95 tricycles qui ont été donnés, d’une valeur de plusieurs centaines de milliers de dinars. Et ce n’est pas fini. Le groupe en prépare une troisième et met déjà au point la nouvelle liste des bénéficiaires, municipalités et citoyens, à la recherche d’un outil de travail pour améliorer leur quotidien.

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Nous apprenons que le Magasin Général, leader des supermarchés en Tunisie (453,5 MDT de Capi et 894 MDT de PE, pour une Capi de 227,6 MDT et un PE de 570,7 MDT pour Monoprix) et que dirige Hédi Baccour, vient de prendre le contrôle de l’un des plus importants sites de commerce électronique de vente sur Internet qu’est Founashop, de Karim Skik et qui aura enregistré 3 MDT de chiffre d’affaires en 2018.

Ce dernier a en fait deux entreprises, le site de commerce électronique qu’il dirige lui-même et la société Nexus qui est la partie technologique du site en question et que dirige Ismaïl ben Yedder. La société MG (Magasin Général) a ainsi racheté 80 % des deux entreprises, les 20% autres restants entre les mains de Skik. MG lui fera aussi confiance pour rester à la tête de l’entreprise que le groupe Bayahi a rachetée, pour en assurer le développement.

Notons cependant que cette vente reste pour l’instant soumise à l’approbation du ministère du Commerce et plus exactement le Conseil de la Concurrence, en application de la loi sur la concentration.

Par cette acquisition, MG compte apporter les synergies nécessaires pour agrandir Founa, la 1ère Sartup tuniso-tunisienne dans la mesure où tout y est “Made-In Tunisia” du Hard au Soft, dont l’acquisition s’est faite dans des conditions normales, dit Hédi Baccour à Africanmanager. «MG apporte son expertise dans les supports pour développer Founa dans les meilleures conditions et devrait permettre de multiplier le chiffre d’affaire d’ici 2020», assure encore l’entreprise de Tahar Bayahi, démontrant ainsi qu’elle croit énormément dans le digital et compte énormément sur lui pour se développer et pour rapprocher ses services de ses clients.

Rappelons aussi que Karim Skik, entrepreneur dans le domaine des TIC, s’était illustré par sa démission du gouvernement de Habib Essid, quelques jours après y avoir été nommé, pour éviter le conflit d’intérêt. De l’IHEC Carthage, puis HEC Montréal, avant d’obtenir un doctorat en économie internationale à l’Université La Salle en 1983. Il s’engage ensuite dans une carrière de sept ans à la Republic National Bank of New York. En 1997, il fonde le site web Bab-El-Web.net et l’hébergeur web CyberServeurs.com basé à New York. En 1999, il rejoint une startup de la Silicon Alley de New York spécialisée dans la création de portails web pour les pays en développement, Orientation.com, où il travaille durant un an comme directeur régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique.

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Omar El Béhi est ministre du Commerce. Mais il est aussi un agriculteur dans le domaine des grandes cultures, le blé notamment, où il vend toute sa production à l’Etat. Il se défend d’être un proche du chef du gouvernement. « On n’a jamais travaillé ensemble, mais je l’ai connu dans le secteur de l’agriculture », dit-il dans cette interview avec Africanmanager. Et lorsqu’on lui demande comment il a pu sauver sa tête lors du dernier remaniement ministériel, il n’est pas peu fier d’affirmer que «je suis resté parce que j’ai travaillé». Et de décocher une pique à ceux qui s’attendaient à son départ, que « les ministres du Commerce ne restent pas longtemps, parce qu’il y a beaucoup de convoitises, de tentations et qu’il y a trop de gens qui aiment travailler dans le département du commerce». Plus tard, il ajoutera que « si je suis resté, c’est parce que je travaille sereinement et avec toute mon énergie». Comprendra qui voudra !

En tout cas, Omar El Béhi (Traduisez Omar Le Bon) a la réplique assez facile et répond par une citation qu’il adore, certainement parce qu’elle est sienne. «Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font le contraire et surtout la grande armée de gens, d’autant plus sévères qu’ils ne font rien du tout ». Interview :

Qu’est-ce que vous faites pour améliorer le pouvoir d’achat ?

Depuis les années 90, on est entré dans le système de la concurrence libre. C’est un choix qui n’a pas été fait seulement pas la Tunisie, mais aussi par plusieurs autres pays, parce que ce type de système permet une vérité des prix, des prix abordables et où l’offre et la demande font cette vérité des prix.

Les modèles soviétiques ou communistes ont démontré leur échec. On ne peut plus maintenant faire une économie dirigiste, avec l’Etat qui importe, qui exporte et qui fixe les marges. Ce type d’économie est désormais dépassé et on ne va pas remettre ce choix économique en cause.

Maintenant, il y a des problèmes au niveau de l’approvisionnement qui ont généré des tensions sur les prix. Notre objectif principal est d’assurer le bon approvisionnement du marché. Nous avons eu des problèmes ces deux dernières années, au niveau des prix des volailles, des légumes, des viandes et des fruits, car il n’y a pas eu un bon approvisionnement du marché.

Nous avons cependant lancé un programme pour maîtriser les prix de vente de ces produits. A titre d’exemple, actuellement le prix de la viande de volaille a baissé de 1% par rapport à l’année dernière.

Pour les autres produits, ils sont impactés par les inondations, de 2016, 2017 et 2018, des années qui ont été extrêmement sèches, avec un manque d’eau dans les barrages et donc une baisse de la production, ce qui a automatiquement créé une pénurie. Actuellement, on n’importe que les pommes de terre. Pour les autres légumes, on a une autosuffisance.  En 2018, on enregistre un bon niveau de stocks au niveau des pommes de terre, ce qui a généré une baisse de prix de ce produit de -30%, de 50 % pour les tomates, mais les prix du piment ont augmenté un peu, mais on va essayer de maîtriser le prix au niveau des points de vente. Fruit de saison par excellence, les prix des clémentines sont abordables avec un prix moyen 1600 millimes. Nous avons une programmation et nous allons maîtriser les prix des produits de consommation de base.

Est-ce que vous contrôlez les circuits des chambres frigorifiques ?

Oui, mais je pense plutôt qu’il y a des problèmes de spéculation. On a environ 800 chambres frigorifiques, réparties sur toute la République. Heureusement qu’il y a des frigos qui préservent les produits comme les dattes et nous assurons le contrôle de ces chambres.

Je tiens par ailleurs à signaler que nous avons 12 mille marchands de légumes, 8 mille boucheries, 6 mille vendeurs de volaille, 3 mille poissonniers. Vu le grand nombre de ces différents intervenants dans les circuits de distribution, il est difficile de les contrôler. Tout ce qu’on peut faire s’il y a un manque, c’est d’importer. A titre d’exemple, nous avons importé 5 mille tonnes de pommes de terre pour réguler le marché. En janvier et en février 2018, on a remarqué une baisse de la production au niveau des volailles  et on a importé un million d’œufs à couver pour faire augmenter la production et maîtriser les prix.

Il faut cependant continuer le contrôle et pour ceux qui ne respectent pas, on ferme les locaux. D’’ailleurs, on a fermé environ 280 locaux en l’espace de deux mois, et plusieurs autres seront fermés d’ici la fin l’année en cours. Le chef du gouvernement et le ministre de l’Intérieur sont préoccupés par cette affaire et feront tout pour appliquer la loi. Je lance d’ailleurs un appel aux médias afin qu’ils signalent des affaires de dépassements commis par les marchands.

Malgré ça, l’inflation est toujours en hausse !

Nous devons comprendre pourquoi l’inflation a augmenté. Tout d’abord, on a une inflation qui a deux origines : une inflation par le coût et une inflation importée. Nous avons une inflation provoquée par la loi de finances et nous subissons une hausse du prix du baril de pétrole, sans oublier que les prix de l’énergie n’ont pas encore baissé.

L’inflation s’est stabilisée. En 2019, il y aura une baisse. On a préféré réduire les déficits budgétaires. C’est le choix du gouvernement, nous avons programmé une baisse du déficit, en 2018, à moins 4.9% et nous y sommes parvenus.

Pour y arriver, on se devait d’améliorer les recettes, et ce à travers le droit de consommation, les droits de douane et l’augmentation d’un point de la TVA. Pour stabiliser l’inflation, il faut améliorer la productivité. Notre PIB n’augmente pas d’une façon notable. Et si, en plus, on a un taux de couverture énergétique qui est en baisse, actuellement à 26 % contre 105% en 2007, on a un grand problème.

Et la solution ?

Nous avons une grande programmation pour maîtriser les prix sur tous les plans. D’ailleurs, on a pu maîtriser l’inflation qui est à 7,4% et on devrait terminer 2018 au même niveau. En Egypte, juste pour l’exemple, le taux d’inflation est à environ 14% contre 33% en juillet 2017.

Vous faisiez partie de l’Utap. Est-ce que vous défendez les agriculteurs ou le consommateur ?

Il me faut toujours essayer de trouver un équilibre entre le ministère de l’Agriculture et celui du Commerce. Notre objectif à tous est de défendre le citoyen. C’est pour cela que la programmation va permettre de trouver un équilibre pour le marché. Avec le gouvernement et au niveau de l’agriculture, on a lancé plusieurs réformes intéressantes, à l’instar du code d’investissement pour l’agriculture.

La Tunisie a acheté dernièrement massivement du blé. N’y aura-t-il pas craintes pour la baisse des prix ?

La Tunisie achète des quantités de blé de manière à garantir un stock stratégique de deux mois de consommation. Il faut faire la distinction tout d’abord en ce qui concerne le blé tendre. On importe 95 % de nos besoins en blé tendre et entre 30% et 70 %, selon les saisons, en blé dur. Le gouvernement a fait le choix de miser sur le blé tendre, parce qu’il s’agit d’une petite production. C’est ce qui fait qu’on achète beaucoup de blé dur.

Et pour le secteur du lait qui est en péril ?

Le secteur est en difficulté, à cause de sécheresse et de la flambée des prix. Mais les difficultés sont exagérées. Les industriels des laits veulent libéraliser les prix et on ne peut pas le faire. Il faut que les industriels s’impliquent plus dans la filière du lait, surtout au niveau de la production. Les industriels devront encourager les agriculteurs et les aider à acheter les cheptels. Maintenant, on a 12,5 millions de litres de lait.

Est-ce que vous avez proposé cette démarche au plus grand groupe en Tunisie ?

Oui on a proposé cette démarche et ils sont intéressés. J’en ai parlé personnellement avec Si Hamdi Meddeb qui a réitéré son accord.

Meddeb a accepté tandis que son représentant au syndicat refuse encore !

C’est normal, c’est le syndicalisme. Moi je pense qu’il faut que les industriels nous aident à faire la mise à niveau de la production pour faire des investissements. On peut revoir les prix, mais il faut aussi une mise à niveau et un meilleur encadrement pour les agriculteurs. Si on veut vraiment sauver la filière, il faut du travail, ainsi qu’un assainissement sanitaire du cheptel par l’Etat et une mise à jour des abattoirs. Tout cela demande beaucoup d’argent et des années de travail. Vaste chantier !

Les grandes surfaces sont-elles vraiment impliquées dans la baisse des prix ?

Oui, nous avons conclu des accords avec les grandes surfaces pour leur demander d’appliquer les marges fixées. Pour les autres parties, elles ont été appelées à fournir un effort supplémentaire sur l’affichage des prix et la transparence. Elles ne sont pas engagées sur un taux spécifique mais sur une baisse et nous allons encore parler avec eux.

Est-ce que vous avez passé en revue leur participation au consommer tunisien ?

D’après les chiffres que je détiens, les produits étrangers représentent moins de 20% du chiffre d’affaires des grandes surfaces.

Est ce qu’elles se sont engagées à baisser l’importation ?

Oui, nous avons parlé avec eux pour rationnaliser davantage l’importation.

Récemment, le ministère du Commerce a établi une liste de produits qui seront soumis au contrôle technique, pour en maîtriser mieux l’importation. Est-ce régulier ?

Oui, elle est régulière. Nous avons désormais un cahier des charges pour rationaliser les importations, vérifier les produits et le respect des normes. Nous voulons une meilleure importation.

C’est le ministère du Commerce qui donne l’autorisation et vous avez laissé des gens qui ont amené des produits non conformes ?

On donne des autorisations pour les hyper surfaces, les Malls, l’alimentation. Par exemple, pour les franchises en habillement, c’est sans autorisation. Globalement, d’ailleurs, le secteur textile est même un secteur excédentaire et il y a des investissements en Tunisie.

Quelle est l’utilité d’un Mall. Ils prolifèrent et sont supposés vendre des produits importés ?

Nous sommes en train de les encourager à commercialiser les produits tunisiens. Il n’y a pas un accord, mais des pourparlers.

Nous avons remarqué que la lutte contre le commerce parallèle s’est presqu’arrêtée avec Omar Mansour ?

Non, c’est un travail continu. La lutte contre les étals anarchiques est du ressort du ministère des Affaires locales en collaboration avec le département de l’Intérieur. Je tiens à signaler que nous allons créer la zone de libre-échange à Ben Guerdane fin mars 2019.

C’est quoi la zone de libre échange dans cette région-là ?

C’est de l’offshore et tout le secteur informel deviendra ainsi formel. Nous sommes en train de travailler sur ce projet. Nous travaillons à long terme pour diminuer les taxes et les impôts.

Qu’avez-vous fait pour réduire le grand déficit avec les Turcs ?

On a déjà fait appel à l’article 17 de la convention de libre-échange avec la Turquie et on a réussi une réduction des importations de 40% de toute la liste qui englobe 400 produits.

Quelle est l’ambition qui est très importante pour vous, mais qui reste encore irréalisable ?

Des réformes importantes, comme le projet de loi, depuis un an à l’ARP, sur le change et qui devait permettre de ramener les devises, par le biais d’une taxe libératoire. Cette réforme est encore bloquée à l’ARP.

Quelles sont vos ambitions ?

Maîtriser les prix…maîtriser les prix…maîtriser les prix et travailler sur le déficit budgétaire.

Sinon êtes-vous content de votre bilan ?

Non, je ne suis pas content. Je peux mieux faire, mais les conditions dans lesquelles on travaille sont difficiles.

Est-ce que votre patron est content de vous-même ?

Posez-lui la question. Je ne peux pas répondre à la place des gens.

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Le 17 décembre 2018, un meeting a été organisé par l’association du «17 Décembre 2010» de Sidi Bouzid. Il réunissait de nombreux syndicalistes UGTT, la société civile locale et des personnalités de Sidi Bouzid, et dont le patron de l’UTICA était l’invité. Et plutôt que de se défiler et de tenir les propos convenus et aseptisés que tout responsable récite lors des anniversaires de révolution, Samir Majoul est au contraire monté au créneau et pris la parole et tout y est passé : les déficits du secteur public, l’entrepreneuriat et le travail plutôt que l’assistanat, le monopole de la STEG et la situation des entreprises publiques, ou encore la situation des investissements que le privé a faits dans les régions de l’intérieur. Courageux de le dire à Sidi Bouzid le jour anniversaire de révolution.

«Arrêtons de faire semblant, où en est-on de la révolution économique, industrielle, agricole, et surtout celle des mentalités?», dira-t-il au fil de ses propos. Evoquant la question de l’endettement des entreprises en difficulté, Samir Majoul a demandé que l’on sorte des schémas habituels, et d’oser : «L’Etat pourrait ne rien recevoir rien, les banques non plus et le projet ne pourra plus reprendre parce qu’on fait semblant que les entreprises en difficulté pourraient s’en sortir toutes seules» et d’interpeller les autorités, demandant “d’effacer ligne par ligne et redonner vie à l’entreprise et à ses emplois».

Et le patron des patrons d’entamer sa critique de la gouvernance et ses retards, à petits coups de griffe, mais incisifs. «Il faut décider à 5h35 quand un dossier arrive à 5h30, le jour même et non faire des commissions qui remonteront le dossier à Tunis, en espérant qu’ils ne seront pas arrêtés en chemin, et ne faire que tenir des dizaines de réunions. Entretemps, le ministre est changé, si ce n’est tout le gouvernement ou qu’il est rattrapé par les élections, ou que les réunions sont suspendues pour cause de canicule politique ou sociale en hiver, précisant que «cette canicule ne permet pas de faire de l’économie d’énergie».

Et d’apostropher les représentants régionaux du gouvernement, en leur lançant que «le gouverneur qui veut des investissements dans sa région, n’a qu’à aller voir comment ça se passe au Maroc et y prendre des leçons chez les Gouverneurs du Royaume pour y arriver».

Reprenant ensuite ses propres habits d’homme d’affaires, depuis la révolution, accusé de tous les torts et traité de tous les noms antinomiques du patriote, il se jette à l’eau devant le parterre de syndicalistes et d’habitants de Sidi Bouzid. «Nous voulons que nos enfants aient de quoi vivre décemment. Nous voulons garder nos richesses dans notre pays. Nous voulons que l’UGTT n’ait plus d’ouvriers à défendre parce que nous les aurons tous transformés en entrepreneurs ! Nous voulons que chaque diplômé ou issu de la formation professionnelle crée son propre projet, pourquoi pas avec l’aide de l’Etat, en lui accordant les garanties nécessaires comme il le fait pour les entreprises publiques qui perdent chaque année de l’argent, comme elles en deviennent spécialistes, et non quémander de l’emploi», leur dit-il en se retenant presque pour ne pas sortir de ses gonds. Il s’emporte pourtant encore un peu plus et interpelle. «Nous avons, en Tunisie, une politique, libérale, communiste et socialiste à la fois, qui prétend vouloir donner à manger à tout le monde gratuitement. Moi je ne veux pas d’un peuple qui mange gratuitement, mais d’un peuple qui vit bien qui génère des revenus et qui puisse acheter tout ce qu’il veut, au juste prix», dit-il avant de rebondir encore un peu plus haut dans sa réplique à ceux qui dénigrent les patrons. «On nous demande où sont les hommes d’affaires, tout en les traitant d’hommes à affaires. Il rappellera le projet laitier de Hamdi Meddeb, et bien d’autres, dépassant les volumes d’investissements de l’Etat à Sidi Bouzid. Et vous, qu’avez-vous fait ? Voudriez-vous que je travaille pour que vous puissiez vous nourrir gratuitement ? On doit, au contraire, tous, travailler, créer assez de richesses pour pouvoir léguer ce pays à nos enfants avec le moins possible d’endettement, avec une visibilité et des programmes clairs pour l’avenir et des projets d’investissements qui permettent à notre économie de rebondir. Nous voulons changer les mentalités et non venir chaque année célébrer la révolution, faire le plein des décorations et nous en aller».

Positif et essayant surtout de donner une autre perspective pour la région, en face de ses critiques, Samir Majoul affirme que «cette région [Ndlr : Sidi Bouzid] est capable de devenir le grenier de la Tunisie et son usine agroalimentaire. Elle a les terres et l’eau qu’il faut pour cela et peut aisément développer les énergies renouvelables». Il ne manquera pas l’occasion de s’arrêter sur le sujet qui est la préoccupation de tous les patrons, avec un «ça sera l’occasion ainsi de détourner le monopole de la STEG qui augmente les prix comme elle veut et quand elle veut. A quel titre je vous prie ? L’âne est désormais à terre et ne peut plus supporter plus qu’il n’en a fait».

Et de focaliser ensuite sur Bouzid, dont il assure que «ce n’est pas une zone sous-développée. Au contraire, c’est un énorme gisement de croissance. Je peux vous assurer que ce gouvernorat est capable d’être le meilleur de la République. Nous avons fait tous une révolution. Mais qu’en avons-nous fait ? Quand est-ce nous ferons une révolution économique, une révolution industrielle, une révolution agraire». Et Samir Majoul de conclure, sous les applaudissements d’une salle qui n’était pas conquise à l’avance, par «créons des richesses, ensuite nous saurons comment les partager».

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Huit années sont passées, depuis la première étincelle qui avait mené au départ de Ben Ali. L’histoire n’a pas encore dit qui l’y a forcé et qui a réellement fait cette révolution qui n’a presque abouti à rien, tant tout le monde s’en plaint. Huit années de la vie de milliers de jeunes qui remarquent, chaque jour un peu plus, que ceux qui ont fait cette révolution ne sont pas forcément ceux qui en profitent et encore moins ceux qui décident de son cheminement et de son issue. Huit années perdues en palabres, en discussions sans fin sur le sexe des anges. Huit années, avec en prime des conditions de vie qui se dégradent, des demandes qui se radicalisent, des attentes qui désespèrent, des milliers de jeunes, hautement éduqués ou pas du tout qui décident d’aller voir ailleurs à tous les coûts, quitte à en mourir. Huit années d’une situation économique qui ne s’améliore pas à la même vitesse que les attentes de ceux qui en espèrent un mieux vivre, une situation financière qui se catastrophise dans l’insouciance des nouveaux riches, des contrebandiers et de ceux qui font de tout cela leur fond de commerce. Huit années dans l’incapacité de tous les gouvernements à solutionner les multiples problèmes qui les transforment en pompiers et parfois même en pompiers-pyromanes.

Mais aussi huit années en députés qui voyagent aux frais de l’Etat, qui demandent des augmentations, qui ne pensent qu’à leur propre petit confort, qui transbahutent d’un parti à l’autre et d’un groupe parlementaire à l’autre en véritables touristes parlementaires.

L’autre jour, je lisais une «mauvaise» blague sur le régime parlementaire. C’est Omar qui demande à Mohamed ce que veut dire un «parlementaire». Le 1er répond qu’il ne sait pas trop, l’autre lui répond que c’est l’endroit où se retrouvent les deux mots parler et mentir (parle, ment) et lorsqu’il s’agit d’argent, on y ajoute se taire. Et il en est ainsi du palais du Bardo, avec des élus qui ne travaillent pas et empêchent les autres de le faire…

Un endroit qui se dit source de tous les pouvoirs et dont certains membres ne s’empêchent pas de le rappeler aux gouvernements et de leur dire même qu’ils ne sont que des employés de l’ARP. Un endroit où le langage devient parfois ordurier, sans gêne, brandissant les dossiers en menace à tel ou tel membre du gouvernement, en cinémascope sur la Wataniya 2 et sur les réseaux sociaux. Un endroit où le taux d’absentéisme en ferait presqu’une véritable école buissonnière, où certains députés ne viennent que pour se filmer en vilipendant le gouvernement, balancer leurs vidéos sur les réseaux sociaux, sans même attendre la réponse de l’invectivé. Un endroit où le fauteuil ne peut être que source de pouvoir pour avoir. Un endroit où tous sont contre tous, à tel point qu’il leur fallait une commission de conciliation dont le seul rôle est parfois de déplumer les projets de loi des uns et des autres et surtout de tout chef de gouvernement, à tel point que les lois ne pensent plus rien et lorsqu’elles sont votées elles sont rarement acceptées et personne ne s’en soucie. Des députés qui se réunissent à longueur de journées pour bavasser en laissant de côté l’essentiel de ce qui peut sauver l’économie du pays. Il n’y a pour cela qu’à voir le nombre de projets de lois, économiques, financiers avec parfois des milliers de millions DT d’aides diverses de l’Europe et d’ailleurs qui périclitent jusqu’à être retirés par les bailleurs de fonds. Il n’y a pour cela qu’à voir avec quel nombre de voix sont votées certaines lois et avec combien de voix manquantes d’autres ont trébuché, car un député est arrivé en retard, ou un président d’un parti politique dont le président a fondu comme neige au soleil qui décide de clôturer le vote pour mettre les bâtons dans les roues d’un gouvernement qu’il accuse de comploter contre tout le monde. Des députés enfin qui ont appris le lobbysme pour leurs petites affaires, personnelles ou partisanes, et contre les affaires des sept gouvernements qui s’étaient succédé et contre les affaires de tout un Etat.

La révolution après huit ans d’immobilisme actif, c’est aussi 214 partis qui se font la guerre par tous les moyens, licites et illicites, déclarés ou sous la table. Des partis qui n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur rien, même pas sur l’intérêt général de leur pays, parce que chacun le comprend et l’interprète à sa manière. Des partis qui s’accusent, de tout et de rien, et surtout de complotite et font et défont les alliances pour se détruire les uns les autres, en jouant de leurs boitiers de vote, ou en naviguant sur les réseaux sociaux, ou en somnolant tout simplement sur leurs fauteuils d’immunisés à tout questionnement. Des partis politiques qui n’ont de plaisir qu’à questionner chaque fois un ministre et de défier parfois leur chef de gouvernement qu’ils accusent allègrement de tous les maux, possibles et imaginables, de tout le pays et de toutes les périodes de son histoire mouvementée. Des politiciens qui courent les aides, licites et illicites, qui détestent l’aide et se prennent pour les savants de tout ce qui procède. Des partis politiques qui ne réfléchissent qu’à ce qui pourrait améliorer les conditions de vie, la leur et celle de ceux qui les ont élus et qu’ils ont oubliés, sans se soucier des capacités de l’économie, de la rentabilité de ce qui se donne et de la faisabilité économique et financière de ce qu’ils proposent de faire. Voilà les deux grands responsables de l’échec de huit années d’une révolution, vidée de son sens, asséchée de ses moyens, vilipendée lorsqu’elle ne leur apporte et rapporte rien, mise à l’index à chaque fois qu’elle essaie de se ressaisir, attaquée en brulots lorsqu’elle ne correspond pas à leurs promesses faites à ceux qu’ils voudraient qu’ils les réélisent. Une révolution qui tourne depuis huit ans en rond.

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Du jeudi 13 au samedi 15 décembre 2018, le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, était en visite officielle en Arabie Saoudite, à la tête d’une importante délégation comprenant notamment les ministres du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale Zied Laadhari et celui du Commerce Omar El Béhi. La visite était sur invitation du prince héritier Mohamed Ben Salmane (MBS), ce qui mettait déjà à mal tout ce qui avait été dit, lors de la visite de ce dernier en Tunisie. Des ragots qui avaient alors fait état de relations tendues entre les deux hommes d’Etat.

  • Reçu en grande pompe, il aura presque «veni, vidi, vici»

Reçu comme un chef d’Etat et logé dans le plus grand palace de Ryad, dans une suite princière, Youssef Chahed avait fait l’objet d’une attention toute particulière. Chose inédite, selon des connaisseurs du protocole du Royaume d’Arabie Saoudite, le roi reçoit très rarement dans sa résidence personnelle. C’est pourtant là qu’il a reçu le chef du gouvernement tunisien, lui a fait faire «le tour du propriétaire», discutant avec lui, tout sourire, marchant côte-à-côte à travers le palais et lui en expliquant l’histoire et celle de la famille royale, avant de l’inviter à un festin de roi, en présence des membres de la famille royale, poussant l’amabilité et le sentiment de bienvenue jusqu’à servir de ses propres mains son invité.

Et c’est manifestement toute cette atmosphère empreinte d’un sentiment presque filial qui a vite fait que le courant passe entre les deux hommes, qui a été décisive dans l‘accord royal pour les 500 MUSD. Selon nos informations, le ministre saoudien des Affaires étrangères aurait d’ailleurs téléphoné à l’ambassadeur tunisien, dès la fin du déjeuner royal, pour lui annoncer l’accord du roi pour les 500 MUSD. Un accord où les arguments du chef du gouvernement en faveur d’un «appui financier», urgent et conséquent pour l’économie tunisienne ont certainement aussi joué un rôle prépondérant. Sa rencontre avec MBS confirmera l’inconditionnel appui royal.

  • Détail et décryptage

Notons que les 850 millions de dollars, soit presque 2,5 milliards DT, se déclinent en 500 MUSD qui seront versés en devises, dans une proportion à définir, entre crédit à taux préférentiel et dépôt auprès de la Banque centrale de Tunisie. Ces proportions, la durée du dépôt financier qui devrait être sans intérêts, ainsi que le taux applicable à la partie en crédit, devraient bientôt être définis au cours de la prochaine visite en Arabie Saoudite du ministre tunisien des Finances, Ridha Chalghoum.

Détaillant ce volume, le chef du gouvernement a annoncé dans une déclaration de presse à la fin de sa visite qu’il a qualifiée d’importante, avoir rencontré le roi et «lui ai transmis les salutations de son frère le président de la République Béji Caïd Essebssi et nous avons évoqué les différents aspects de la coopération ». Youssef Chahed est aussi revenu sur la «signature d’accords d’investissements saoudiens en Tunisie d’un montant de 350 MDTenviron dans différents secteurs», avant d’évoquer sa «rencontre avec les chambres saoudiennes de commerce et de développement », ajoutant que, «on y a essayé de mieux faire connaître la Tunisie comme destination d’investissement et les capacités concurrentielles de l’économie tunisienne et on les a vivement invitées à investir en Tunisie. On a aussi passé en revue leurs préoccupations dans ce domaine et ce qui mérite notre suivi dans ce sens ».

Et le chef du gouvernement d’aborder ensuite l’essentiel de sa visite en Arabie Saoudite en évoquant sa «rencontre aussi, le samedi, avec le Prince héritier et un appui financier à la Tunisie de l’ordre de 1.500 MDT, mais aussi la mise en œuvre d’une ligne de financement du commerce extérieur entre les deux pays d’un volume de l’ordre de 600 MDT».

Le chef du gouvernement tunisien évitera, diplomatiquement devant la presse tunisienne, de donner trop d’importance à cet appui financier saoudien, préférant résumer sa visite en parlant d’un «pas positif dans le domaine du renforcement des relations entre les deux pays, où nous avons ressenti une grande volonté saoudienne d’appui à la Tunisie».

Il n’en demeure pas moins vrai que cet appui à cet instant précis de la vie politique tunisienne était la clé de voûte de toute la visite. Cette dernière aura certes permis de relancer la coopération entre les deux pays, dans une conjoncture politique locale difficile, et au moment où certaines voix parlaient de la relation de Youssef Chahed avec Ennahdha comme partenaire gouvernemental, qui pourrait être un frein à cet appui. Le montant du soutien financier au gouvernement Chahed met fin à toutes ces supputations. Mais il permet, aussi et surtout, à la Tunisie d’éviter une coûteuse sortie sur les marchés financiers internationaux, à la veille d’une année électorale qui pourrait rendre moins accessible à la Tunisie d’emprunter à coût moins cher ou même égal à sa dernière sortie internationale. Elle donne ensuite un volume financièrement plus palpable au bilan de la dernière année du mandat de Youssef Chahed et devrait lui permettre d’avoir de meilleures perspectives pour son prochain projet politique et de tout son avenir politique en Tunisie.

Il ne fait aucun doute que, par cette visite, la qualité de l’accueil qui lui a été réservé, ses rencontres avec le roi et son héritier, et surtout le volume de l’appui financier qu’il a, pu et su, décrocher, lui seront d’un grand secours pour le reste de son mandat. L’homme d’Etat dont il a pu et su endosser les habits, l’excellent négociateur qu’il s’est finalement révélé être, face à une partie saoudienne, pierre angulaire dans toute la coopération interarabe, généralement réputée non facile en matière d’appui financier, aura démontré à ses adversaires qu’il sait et peut faire ce qu’il faut même quand la conjoncture, politique et économique, peut paraître comme de peu de secours. Selon ses proches, il ne compterait d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin et d’autres pays du Moyen Orient, pourraient bientôt être le théâtre de pareilles visites.

La presse saoudienne, dans sa totalité, n’a pas été en reste pour célébrer la qualité des relations entre la Tunisie et l’Arabie saoudite et le nouvel élan que la visite de Chahed est en train de leur insuffler.

 

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Il est secrétaire général du parti politique Ennahdha et il a séjourné du 12 au 15 décembre à Ryad en Arabie Saoudite, où il avait rencontré le roi Salman Ben Abdelaziz, mais pas le prince héritier Mohamed Ben Salman que le chef du gouvernement tunisien avait rencontré vendredi soir en tête à tête entre les deux hommes d’Etats.

Zied Laadhari y était d’abord au titre officiel de ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération, faisant partie de la délégation officielle tunisienne conduite par le chef du gouvernement Youssef Chahed. Sa rencontre avec le roi d’Arabie Saoudite avait eu lieu en marge de la visite de Youssef Chahed, au palais «Al Ouja», lieu de villégiature hivernale du roi d’Arabie, où Laadhari avait signé au nom de la Tunisie une série d’accords d’une valeur globale de 350 MDT.

Des sources, non officielles, ont indiqué qu’il aurait profité de cette rencontre pour glisser au Roi les salutations de son chef, Rached Ghannouchi. Interrogé à ce propos par Africanmanager, le SG d’Ennahdha se contente de sourire, sans confirmer ni démentir ce qui circulait sur les réseaux sociaux où on présentait la chose comme une tentative de réconciliation d’Ennahdha, par le biais de son SG, avec le royaume d’Arabie Saoudite.

De manière plus officielle pour Africanmanager encore, Zied Laadhari s’est «félicité du succès de la visite effectuée par le chef du gouvernement à la tête d’une délégation officielle», y voyant un «signal fort du soutien du Royaume à la Tunisie comme en témoignent les importantes conventions signées à cet effet et la qualité exceptionnelle de l’accueil qui a été réservé à la délégation tunisienne».
Zied Laadhari a par ailleurs confirmé à African Manager avoir reçu une invitation des autorités saoudiennes pour se rendre en Arabie Saoudite pour une visite officielle, invitation qui lui a été remise le 7 décembre 2018 par l’ambassadeur saoudien à Tunis.

Laadhari a aussi fait part de son intention d’honorer cette invitation, «capitalisant sur le succès de la visite conduite par le chef du gouvernement, et convaincu de la nécessité de booster la coopération économique entre les deux pays ». Il se rendra donc au début de l’année prochaine de nouveau à Ryad.

À l’ordre du jour des prochaines discussions, le développement des investissements saoudiens en Tunisie et les moyens de les booster ainsi que les moyens de lancer un fonds d’investissement tuniso- saoudien, projet évoqué au cours de la réunion tenue avec les représentants du secteur privé au Conseil saoudien des chambres de commerce et d’industrie à Ryad jeudi, a-t-il dit.

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Il est peut-être tôt pour le dire, mais la décision, lundi 10 décembre 2018, du tribunal militaire permanent de Tunis de classer sans suite la plainte de Slim Riahi risquerait fort de porter le dernier coup fatal à Nidaa Tounes, dont Slim Riahi est secrétaire général et qui avait cautionné cette plainte. Une issue que le chef du gouvernement assurait, dès lundi 10 décembre 2018 dans une brève déclaration à la presse, ignorer, une décision qu’aucun autre parti politique n’a officiellement commentée, Nidaa ne l’a fait que 24 heures après; quant au principal intéressé, il est toujours à l’étranger. De là à penser que cette pliante n’était qu’un écran de fumée pour couvrir sa fuite, il n’y a qu’un pas que certains ont déjà allègrement franchi…

Une issue qui sonne comme un cinglant désaveu, non seulement pour Slim Riahi, mais aussi et surtout pour tout le parti sur lequel il avait fait une OPA politique par le biais d’une fusion entre son ancienne UPL et le Nidaa de Hafedh Caïed Essebssi. Un désaveu qui pourrait signifier la fin des haricots, pour le parti du fils du chef de l’Etat.

La décision du tribunal militaire apportait en fait deux points. D’abord, et en application de l’article 30 du code des procédures pénales qui habilite le Parquet à décider de l’issue de la plainte. Riahi a été à deux reprises convoqué pour témoigner et fournir les pièces de son dossier qui impliqueraient le chef du gouvernement, Slim Azzabi et la Garde présidentielle, et il a esquivé sous divers alibis. Ensuite, les poursuites judiciaires dont Slim Riahi pourrait faire l’objet, des suites du classement de l’affaire. Il pourrait ainsi s’agir d’une amende financière, l’émission d’un mandat d’amener pour défaut de comparution à la demande du Parquet, sans oublier aussi la possibilité de l’accusation d’allégations mensongères et atteinte au moral de l’armée.

Et ce n’est plus Riahi seul qui en supportera les conséquences morales, mais tout le parti qui l’avait auparavant cautionné dans sa plainte qui fera perdre un peu plus de crédibilité à un parti politique qui n’arrive toujours pas à redorer son blason, depuis la fin de la guerre entre Youssef Chahed et Hafedh Caïed Essebssi. Un parti aussi que le chef du gouvernement avait réussi à déstabiliser et presque à déstructurer, lui enlevant une bonne partie des Députés qui constituent le bloc de la Coalition nationale.

Tous ces développements, alors que Nidaa préparerait son prochain congrès avec une absence complète de Hafedh Caïed Essebssi de la scène politique, et alors que Slim Azzabi préparerait l’annonce d’un nouveau parti politique, ouvrant de nouveaux débouchés à Youssef Chahed, qui semble être le seul gagnant de cette déroute de la plainte de Slim Riahi.

Chahed pourrait aller de l’avant dans sa première feuille de route mise en place après qu’il a abandonné l’idée de vampiriser Nidaa Tounes et d’en faire son cheval de bataille pour passer son dernier vote de confiance et passer la loi de Finance. Azzabi a certes déjà commencé son travail de mobilisation dans certaines régions. Il semble pourtant clair que le temps pourrait manquer à son prochain parti pour mettre en place toute la structure qui porterait son projet pour les prochaines élections, et surtout pour mettre en place l’appareil électif qui lui assurerait la réussite. Cela, alors que les tentatives de rapprochement, à cet effet, avec Mehdi Jomaa et Yassine Brahim ne semblent toujours pas porter leurs fruits pour cause de guerre d’égos entre les trois hommes.

D’autres observateurs des derniers développements de la scène politique tunisienne n’écartent pas que le nouveau parti d’Azzabi et Chahed continue ses efforts de vampirisation d’un Nidaa désormais plus fragile et qu’il en fasse le socle du prochain parti. D’autres n’écartent pas que, auréolé des batailles remportées contre les deux têtes de Nidaa Tounes, Hafedh et Riahi qui en aura été finalement le fossoyeur, Youssef Chahed qui n’a toujours pas démissionné de Nidaa bien que son adhésion ait été gelée, se présente au prochain congrès de Nidaa et reprenne carrément le parti. L’intéressé ne pipe pas mot pour l’instant et cogite en silence.

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