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Khaled Boumiza

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La politique avait, une première fois, fait beaucoup de mal au parti islamiste tunisien, lorsque l’ancien chef de gouvernement d’Ennahdha, Hammadi Jbali, avait démissionné, puis avait décidé de faire bande à part. Son échec à être l’homme d’Etat qu’il fallait et à bien gérer les affaires, avait été cuisant. Ennahdha avait essayé de faire durer sa prise du pouvoir, en remplaçant Jbali par Larayedh, mais l’échec sera de nouveau au rendez-vous après seulement six mois qui laisseront de lourdes traces sur les capacités d’Ennahdha à bien gérer un Etat et sur son image auprès des administrés.

Cinq années plus tard, Ennahdha est de nouveau tenté par le diable de la politique. Vieux leader de plus en plus contesté par les jeunes loups et par les rivaux, celui que certains hauts cadres d’Ennahdha appellent le «père», semble en avoir marre d’attendre que ses pairs lui fassent appel (Mounachada) à se présenter aux présidentielles. Des élections qu’il ne semble, par ailleurs, pas en possibilité de remporter, selon les dizaines de résultats de sondages d’opinions. C’est ainsi que Ghannouchi décide de contourner l’obstacle, pour devenir, si ce n’est le 1er, au moins la 3ème roue de la charrette de l’Etat. Il aurait en effet décidé de participer aux prochaines Législatives, où ses chances de se faire élire sont plus grandes, du moins selon les sondages, et d’y briguer par la suite le poste de président de l’ARP.

  • Les mâles Alpha commencent déjà à hurler, dans la meute Ennahdha …

C’est, cependant, compter sans les jeunes loups et ceux qui, entrés en Omega dans la meute, se prennent déjà pour un mâle Alpha. Ce qui est sûr, c’est que les querelles à propos des listes et des fauteuils de députés qu’elles recèlent, a déjà commencé. D’abord l’ancien ministre de l’Agriculture et député, Mohamed Ben Salem, qui déclare au site d’Al Jazeera TV, sa «crainte quant à l’avenir du parti », à cause de ce qu’il appelle l’exclusion de «voix, libres et critiques». L’enjeu est bien sûr de figurer ou non sur les prochaines listes d’Ennahdha pour les Législatives 2019. Ben Salem, qui se serait retrouvé en 2ème position sur la prochaine liste de Zaghouan, en appelle même à la raison, pour éviter les troubles. Ben Salem menacerait-il ainsi de troubles son parti s’il ne rempilait pas à l’ARP et y perdait son salaire ?

Autre mâle Alpha dans la meute, en attente de relève, l’ancien ministre de la Santé et député, Abdellatif Mekki. Ce dernier aurait fait part, dans une lettre interne, de sa «réprobation des manipulations effectuées par le bureau exécutif d’Ennahdha, en rapport avec les modifications des têtes de listes, de pratiquement toutes les circonscriptions ». Mekki aurait aussi fait part de son étonnement, selon une information rapportée par notre confrère «Tunisie numérique», de sa révocation de la tête de liste de Tunis 1, au profit de Ghannouchi. Mekki n’a pas été toujours dans les clous à Ennahdha, où il était toléré. Mais là, c’est de sa propre place qu’il s’agit, et il est prêt à hausser le ton, même contre le «père».Ce qu’il a fait !

  • … les jeunes loups aussi

Assez nouveau venu à Ennahdha, le membre de la Choura, Hatem Boulabiar, n’en détruit pas moins un mythe dont les Nahdhaouis ont essayé de faire une réalité et n’en casse pas un autre, celui d’un parti où la discipline est loi.

Le jeune Nahdhaoui ose en effet, sur les ondes de RTCI (Radio Tunis Chaîne Internationale), traiter le chef de néo-démocrate. La raison de sa colère, comme celle des deux Alpha, sont les têtes de listes des prochaines législatives, autrement dit les fauteuils de députés. «Rached Ghannouchi n’a pas été démocrate ce 14 juillet [Ndlr : Journée de délibération sur les listes]». Et d’ajouter, en guise de commentaire sur les modifications introduites par Rached Ghannouchi sur les listes, telles que votées par 5.000 personnes, que «ce qui s’est passé le 14 juillet, est un carnage. Nous traversons effectivement une crise » et exige de Ghannouchi qu’il respecte le «peuple nahdhaoui».

Manifestement déçu du parti des islamistes, mais fidèle à son tempérament, Boulabiar va plus loin et menace, si Ghannouchi ne revenait pas sur sa décision [Ndlr : d’exclure les Alphas des positions de têtes de listes] d’annoncer son départ d’Ennahdha.

  • Et tout cela, c’est pour un fauteuil à l’ARP

Les barons d’Ennahdha, ou ceux qui se prennent pour tels, haussent donc la voix, crient haut leur indiscipline, (Rached Ghannouchi n’est pas l’argentier d’Ennahdha. Ce sont les 10 mille membres qui sont les argentiers du parti, chacun donne 5 % de son salaire. Dixit Hatem Boulabiar) remettent même en cause l’autorité du chef et menacent de quitter le parti.

Imed Khémiri aura beau essayer de tempérer et de relativiser en essayant de faire croire que «il n’y a point de dissensions», c’est désormais la débandade chez le parti de ceux qui craignent Dieu. Il est vrai que, comme tout le reste des politiciens qui se présenteront aux prochaines législatives, il n’y a de seul dieu que le fauteuil, source d’argent et de pouvoir !

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Actuellement, la Tunisie compte six compagnies agréées et certifiées (Tunisair, Nouvelair, Tunisair Express, Express Air-Cargo, Syphax, Tunisavia pour le transport à la demande). La 7ème, Jasmin Airways est en cours de certification. Ses activités devraient démarrer en août prochain. Et ce n’est pas fini !

«Un nouvel opérateur a aussi déposé demande d’agrément, pour une compagnie Charter appelée «V Flys Air». C’est Habib Mekki, DG de l’aviation civile au ministère tunisien du Transport, qui le confirme à Africanmanager.

Selon nos informations, le demandeur est Ramzi Mestiri, un ancien commandant de bord, associé avec la compagnie Victory Aviation, connue surtout en Asie. Les associés étrangers détiendront 49 % du capital de V Flys Air. Le dossier de cette prochaine compagnie Charter, qui sera basée à Enfidha, est en cours d’instruction, selon notre source.

  • Le cas Express Air Cargo

Avec le DG de l’aviation civile, Africanmanager a aussi parlé de la société «Express Air Cargo», entreprise de l’homme d’affaires Anis Riahi. La compagnie dispose de 2 avions 737-300, assez âgés, d’après la même source. L’entreprise de Riahi semble aussi avoir quelques incompréhensions avec les autorités de l’aviation civile tunisienne. Habib Mekki est pourtant ferme. «Nous n’avons de problèmes avec aucun opérateur. Nous travaillons en application des accords bilatéraux», assure le DG de l’AC, avant d’ajouter que «cette compagnie n’a peut-être pas encore accepté le fait qu’il y a des autorisations qui peuvent être données au titre de ces accords, dont l’Etat tunisien est tenu d’honorer les engagements ».

Et Habib Mekki de préciser encore que «il y a aussi la capacité du marché du fret à développer. Nous subissons pour cela une pression des exportateurs. Et lorsque, en réponse à cette pression du Cepex et du patronat, nos octroyons des autorisations, même temporaire, Express Air Cargo s’en plaint, considérant cela comme un manque à gagner pour elle. Cela est peut-être vrai, mais c’est aussi cela la concurrence dans un marché ouvert, comme le sait cette entreprise qui exerce dans le cadre de tout un système national pour développer l’économie nationale». L’abcès est ainsi crevé !

Questionné si cette compagnie respecte les réglementations et la loi, Mekki répond que «nous sommes en train d’y veiller, et nous en avons l’obligation». Puis, avec un sourire gêné lorsqu’il se retrouve obligé de nommer l’entreprise en question, il ajoute que «techniquement, nous suivons toute la flotte tunisienne et nous sévissons, lorsqu’il le faut, comme ce fut entre autres le cas pour Express Air Cargo dont nous avons temporairement, mais à deux reprises, immobilisé un avion, pour 48 heures. Il a certainement des impayés envers l’OCA, Tunisair Handling et Tunisair Technics, mais la décision d’interdiction de vol était motivée par des raisons techniques relatives à la navigabilité de l’avion. On a remarqué des défaillances et nous n’avions fait qu’appliquer la loi, dans le cadre de nos prérogatives de contrôle de toute la flotte tunisienne. Nous avons, d’ailleurs aussi, pris les mêmes mesures contre un ou deux avions de Tunisair».

  • Le cas MAS. Bénéficiaire, mais confisquée et au destin inconnu

Lancée, au début des années 80, en tant que compagnie aérienne par l’homme d’affaires Slim Zarrouk, Mas (Méditerranée Air Services) est une entreprise qui fait du magasinage. Elle fut, après 2011, confisquée à hauteur de 50 % de son capital, mais continue d’exercer. L’entreprise opère dans un secteur rentable. Elle est même bénéficiaire. Concessionnaire du terrain auprès de l’OCA, ce dernier avait décidé de résilier le contrat de concession de Mas. L’Etat étant devenu propriétaire à 50 %, l’OACA a renouvelé le contrat de concession, dans l’attente de la décision de la commission de gestion des entreprises confisquées, concernant son sort.

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Il y a des concessions qui en deviendraient presque de véritables boulets, financier et économique, pour l’Etat. Tav Tunisie, filiale de Tav Holding qui est à 46 % entre les mains de l’opérateur français ADP (Aéroport de Paris) qui en est actionnaire, en est un «bel» exemple. L’entreprise turque est en situation de difficultés économiques et a même des dettes envers l’Etat tunisien. Cette dette se monte, selon le DG de l’aviation civile Habib Mekki, à quelque 100 MDT à fin 2018. L’opérateur privé turc est incapable de s’acquitter de cette dette, et pourtant, ce dernier se retrouve obligé de l’aider.

«Le projet Tav de l’aéroport d’Enfidha avait connu d’énormes difficultés depuis 2010 et la baisse du trafic après 2011 avait été aussi d’un impact négatif sur le Business Plan de départ qui devait lui permettre de redécoller et est remis en cause depuis cette date. L’endettement de l’entreprise a ainsi beaucoup augmenté et ses difficultés financières aussi », explique Mekki à Africanmanager.

Et le DG de l’aviation civile d’ajouter que «à fin 2018, les dettes en redevances de concessions étaient autour de 100 MDT couvertes par des garanties de Tav et ses bailleurs de fonds, dont une partie concernant Monastir payables à l’Etat et une partie concernant Enfidha, payables à l’OACA».

L’Etat ne peut, cependant, ni se faire payer sa dette en faisant appel aux garanties, ni résilier cette concession qui ne lui procure que l’emploi et qui met à mal des fois l’autre aéroport de Monastir. L’Etat se retrouve, au contraire, obligé d’aider Tav Tunisie et de lui donner le moyen d’augmenter ses recettes, sur le dos du voyageur.

  • Tav le boulet, «Tav mon amour»

«Le contrat de concession en lui-même oblige l’Etat tunisien à aider le concessionnaire, à partir du moment où la situation de Tav en Tunisie est née d’une force majeure qui n’est pas de sa responsabilité [Ndlr : Crise du tourisme née de la révolution et des attentats terroristes qui l’ont suivie]», explique Habib Mekki à Africanmanager. Et le DG de l’aviation d’expliquer que «depuis 2015, avec Tav et ses bailleurs de fonds, l’Etat tunisien a arrêté un programme de restructuration de la concession. Les bailleurs de fonds y contribueront à hauteur de 60 MUSD d’intérêts et pénalités de retard, qui sont abandonnés au profit de Tav. La contribution de la Tunisie sera un report de la dette des 100 MDT. L’aide concrète à la concession Tav se fera par l’augmentation de la redevance-passager ». Celle-ci augmentera ainsi, prochainement, de 5 € par passager. L’opérateur turc avait en effet demandé d’augmenter cette redevance pour qu’elle passe de 9 € à 14 €. «L’accord faisait partie du programme de restructuration, qui avait été déjà adopté par le gouvernement depuis le 6 février 2019. Cette augmentation ne sera applicable que dans les seuls aéroports tunisiens gérés par Tav. Le reste des aéroports, qui sont gérés par l’OACA, ne seront pas concernés par cette hausse», explique encore le responsable tunisien.

L’augmentation de la redevance-passager devait être appliquée à partir du 1er août 2019. Le ministère du Transport a cependant reçu des plaintes de TO et de voyagistes qui trouvent le délai trop court pour l’application, alors que leurs billets sont déjà vendus aux clients. Et c’est suite à ces plaintes que les ministres du Transport et du Tourisme ont décidé de reporter l’application de la hausse à 13 € au mois de novembre 2019, au lieu du mois de mai de la même année.

Selon le DG de l’aviation civile, Habib Mekki, «cette mesure fait que les aéroports de l’OACA, comme Tunis-Carthage et Djerba notamment, deviennent compétitifs, puisque la redevance-passager y restera à 9 € seulement ». Il n’empêche que cela priverait l’OCA de rentrées financières supplémentaires par rapport à Tav et que c’est l’Etat qui le permet pour le privé et l’empêche pour sa propre entreprise qu’est l’OACA. Mekki se défend en révélant que «Tav avait proposé que l’augmentation de cette redevance soit généralisée, et que le gouvernement avait refusé, n’envisageant qu’une possible hausse de la redevance sûreté qui est actuellement de 1,6 €, ce qui ne couvre pas les investissements qu’exige le souci de la sécurité dans la conjoncture actuelle ». Mekki révèle à Africanmanager qu’un décret a déjà été élaboré pour l’augmentation de la redevance sécurité, et déjà envoyé au ministère de l’Intérieur pour consultation. Et c’est le passager qui va supporter cette hausse de 2,4 €, laquelle portera prochainement la redevance-sécurité à 4 € par passager, incluse dans le billet.

  • Ce n’est pas demain que Tav construira la 2ème piste à Enfidha !

Pour Tav, qui était déficitaire en 2018, Habib Mekki explique que ces rentrées d’argent supplémentaires ne seront en totalité considérées comme bénéfices, mais destinées à l’investissement. Il évoque ainsi l’entretien de la chaussée aéronautique qui coûterait des millions de dinars par an.

Nous lui rappelons alors que l’opérateur turc n’a encore rien investi pour la construction de la deuxième piste promise dans le projet initial, cela sans compter les défaillances remarquées à chaque pluie, dans la structure même de l’aéroport d’Enfidha. Mekki indique alors qu’il n’y a pas d’échéancier contractuel. «La 2ème piste n’a pas été fixée par un délai bien déterminé, mais liée à l’augmentation de la capacité à résorber le trafic. Tav aura l’obligation de la construire, à partir des 15 millions de passagers par an, alors qu’il ne dépasserait pas encore les 2 millions à Enfidha. Pour 2019, on table sur 1,8 million de passagers seulement, pour l’aéroport d’Enfidha. Ce n’est aussi qu’après les 7 millions de passagers par an, qu’il aura l’obligation de construire le 2ème terminal».

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Le groupe Loukil est certainement l’un des plus importants investisseurs en Afrique. Bassam et Walid y croient fortement et s’y activent, du Soudant en Guinée, en passant par le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Le groupe n’y fait pas que du commerce. Il se prépare déjà, mais toujours dans le secteur de l’automobile, à l’industrie du montage. Bassam Loukil, en dit plus à Africanmanager. Interview :

Après la concession, vous préparez déjà le commerce de pièces de rechange ?

L’idée est de faire une centrale de pièces de rechange en Côte d’Ivoire et qui va couvrir le Sénégal, la Guinée Conakry, le Mali et le Burkina Faso, à partir de la Côte d’Ivoire. Sauf qu’on a trouvé aussi la possibilité de développer un partenariat avec Oil Libya sur leur réseau de stations, ce qu’on a appelle le service Euro-Répare (vidange, plaquette, le coronaux) sur l’ensemble du réseau de stations de Oil Libya, en Côte d’ivoire, et éventuellement sur le Sénégal. Il y aura une centrale de pièces de rechange, pour la couverture de ces quatre marchés.

 La centrale, où exactement ?

A Abidjan. En plus du développement des réseaux Euro-Répare qui sera alimenté par cette centrale de pièces sur l’ensemble des réseaux d’Oil Libya dans la sous-région. C’est une entreprise 100% UADH, mais pour la distribution et pour le développement du réseau Euro-Répare, il y aura un partenariat entre nous et Oil Libya.

Euro-Répare, c’est une franchise que nous allons récupérer pour les quatre pays dont on a parlé. On a déjà 4 points de vente en Tunisie. Le réseau couvre à peu près 4700 ou 5 mille points de vente.

Combien avez-vous de points de vente Euro-Répare en Tunisie ?

Nous avons 15 en dehors du centre-ville (Sidi Bouzid, Kasserine, Nabeul, Bhar-Lazreg et Chotrana (…). Dans les zones qui ne sont pas desservies par les concessionnaires, on ne peut pas être en compétition directe avec le concessionnaire de pièces d’origine pour éviter une guerre des prix avec les concessionnaires. On se place donc dans les zones qui sont très mal couvertes par les concessionnaires automobiles, et on offre un service après-vente, ce qu’on appelle un service rapide pour l’ensemble du parc automobile. Le service n’est pas lié à une marque, mais multimarques confondues.

Cela fait combien de temps que votre groupe exerce dans cette niche ?

On fait ça depuis deux ans. L’année dernière, on a fait à peu près un chiffre d’affaires de 4 millions de dinars en pièces de rechange. C’est de la franchise, et les points de vente, on ne les gère pas. Ce sont les franchisés qui développent les points de vente et achètent tous leurs besoins en pièces de rechange à travers notre centre.

Vous avez acquis une franchise et vous avez créé des sous-franchisés ?

En Côte d’ivoire, c’est nous qui allons développer les franchises, parce que c’est un nouveau concept. Nous allons donc développer les 10 et les 12 premières franchises pour le réseau Oil Libya. Nous allons, par la suite, inviter les agents, les petits indépendants et les petits investisseurs, à développer leur propre franchise sur le reste du réseau Oil Libya qui compte plus de 80 stations.

En Afrique, Euro-Répare sera placé dans la station-service Oil Libya ?

Oui. L’objectif est de développer et d’augmenter le nombre de clients passagers et partant, la rentabilité de ces stations.

Ça va commencer quand ?

On a démarré en fait au mois de juin 2019 pour le cas de la Côte d’ivoire .En septembre, ce sera le Sénégal, pour les pièces de rechange et le réseau Euro-Répare.

C’est vous qui achetez la pièce ?

Oui c’est ma centrale, une centrale 100 % UADH du groupe Loukil. On dessert, soit les points de vente Euro-Répare, ou d’autres personnes, s’il y a des revendeurs de pièces qui veulent acheter chez nous. Le concept Euro-Répare est strictement lié au réseau Oil Libya.

Quels sont vos prochains projets pour l’Afrique ?

On a, en fait, beaucoup de projets, car nous estimons que l’Afrique sera le prochain Eldorado pour les investisseurs tunisiens. On étudie, par exemple, l’opportunité de l’installation d’une unité de fabrication de filtres au Sénégal. L’étude est terminée, les partenaires choisis et le lancement de cette unité devrait se faire d’ici 2019, ou au plus tard, début 2020.

Le partenaire, c’est un Sénégalais ?

Oui. C’est un partenaire opérant dans le domaine de la pièce de rechange, et c’est un investissement de 12 millions d’euros, entre 5 et 6 millions d’euros, pour nous et pareil pour le partenaire aussi.

Ça sera une filiale de GIF ?

GIF sera actionnaire, avec le savoir-faire, technologie, puis une bonne partie de composantes de démarrage de GIF Tunisie.

Nous sommes aussi sur d’autres projets, comme en Guinée Conakry pour une unité de montage de pickups avec notre partenaire Foton. Nous avons déjà commencé la commercialisation il y a deux ans et maintenant que le produit Foton est accepté et donne entière satisfaction. Maintenant, c’est l’Etat et le secteur privé qui veulent qu’on installe une unité de montage de la marque Foton, en pickup et en trois modèles.

Vous êtes déjà concessionnaire de Foton sur place ?

Oui. Depuis deux ans.

Pour un chiffre d’affaires de combien ?

Pour la filiale surplace, l’année dernière c’était 8 millions de dollars.

Et pour l’usine de montage, ça sera un investissement de combien ?

Entre 20 et 25 millions de dollars, parce que là, on cible trois chaînes de montage : les pickups, les trois tonnes et les mille tonnes.

GIF, elle va prendre combien ?

GIF n’est pas un concessionnaire, c’est juste pour les filtres. L’investisseur, c’est UAI, (United African Automobile Industry), une nouvelle structure au sein du groupe UADH qui détiendra 50% de capital.

On évoquait avec vous, il y a quelques temps, des exportations de Citroën à Djibouti et en Libye, à partir de la Tunisie. Où en sont les choses ?

Nous négocions désormais sur un autre pays africain. On a de petits volumes, car Citroën est une gamme utilitaire. On envoie du Foton pour Djibouti, mais pas les pickups Citroën. Pour la Libye aussi presque sur mesure, des moteurs diesel, des boîtes auto. On a envoyé l’année dernière 350 voitures en Libye en boîte auto et même les petites cylindrés. On fabrique selon des demandes spéciales et on les envoie directement, c’est à travers UADH.

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Manifestement vaincu par la résistance des Tunisiens à l’autre «deal du siècle» qu’il était venu faire signer en Tunisie pour mettre à plat l’agriculture et asservir le secteur des services, l’ambassadeur de l’Union Européenne à Tunis, Patrice Bergamini, a fini par en parler. C’est chez le journal Le Monde, pour une fois en lecture non-payante sur son site internet, que l’ambassadeur s’est livré. Les Tunisiens n’ont retenu de sa très longue interview que les quelques lignes où il reprenait un rapport, publié en octobre 2014 par la Banque Mondiale sous le titre «la révolution inachevée», et indiquant déjà que «les lobbies s’opposeront à tout changement».

  • Une incitation à la rébellion contre le capital tunisien ?

«Si l’on doit aider la transition économique, la forcer, la pousser, c’est parce qu’il y a des positions d’entente, de monopoles. Certains groupes familiaux n’ont pas intérêt à ce que de jeunes opérateurs tunisiens s’expriment et percent». Une manière, politiquement incorrecte, de monter la jeunesse tunisienne contre son élite économique. On croirait presque que le Marseillais aurait été piqué par le frelon de la Révolution tunisienne et appellerait à une reprise de la Bastille. L’ambassadeur se serait-il converti à la gauche frontiste ou au radicalisme CPRiste ?

Mais une déclaration qui ne poussait pas le courage jusqu’à nommer les groupes familiaux incriminés, noyant sa révélation dans un flou artistique qui lui attire tout de même les bons points d’une certaine presse et de certains politiciens tunisiens. Pourquoi l’ambassadeur ne nommerait-il pas ces groupes et ne révèlerait-il pas aux Tunisiens avec quels autres groupes familiaux, de France et de Navarre, ils seraient arrivés à tout contrôler ? On découvrirait aussi les relations, financières et politiques, de ces grands groupes familiaux. Viserait-il les grands groupes qui investissent ? Et si tout cela lui semblerait un peu louche et que ses informations sont justes, pourquoi n’irait-il pas en parler avec Chawki Tabib ?

De qui parlait Bergamini, en parlant de «positions monopolistiques» ? En lien avec l’agriculture, objet de l’ALECA, pointerait-il des industriels de l’huile ou ceux du lait ? Pourquoi ne citerait-il pas des noms et préfère pêcher en eaux troubles par le flou des paroles ? Craindrait-il l’ingérence, alors que son Europe le fait déjà en liant les aides à l’application des principes d’une démocratie à l’occidentale dans un pays à spécificités culturelles ?

  • Une 1ère contrevérité

Peut-être perdant pied sur le dossier de l’ALECA qui lui tient particulièrement à cœur. Peut-être désespéré de ne pouvoir obliger les Tunisiens à signer les accords de l’ALECA, sans leurs donner les moyens de mettre à jour leur agriculture et de la financer comme le fait l’UE pour l’agriculture des siens. Peut-être aussi, désespéré aussi de ne pouvoir convaincre les Tunisiens d’ouvrir leurs secteurs des services aux Européens, sans donner aux Tunisiens la liberté de circulation dans l’espace européen, l’ambassadeur Bergamini a depuis quelque temps recours aux pratiques des mauvais amis, qui t’aident financièrement, mais te le rappellent chaque jour pour t’asservir. C’est pourtant loin d’être de la simple charité, mais presque toujours des crédits et parfois, comme l’avoue le chercheur de l’IRIS, conditionnés !

«Le pari de l’Union européenne, surtout en cette année électorale, c’est de veiller à ce que la Tunisie soit la mieux équipée possible (…). C’est pour cela que l’Europe met autant d’argent sur la table : 300 millions d’euros par an – dons, coopérations… – sur la période 2016-2020. C’est énorme. La Tunisie est, par habitant, le pays au monde le plus soutenu par les Européens», disait-il encore au journal Le Monde. Sur 4 ans donc, l’aide européenne, sous formes diverses, aurait été de 1,2 Milliard d’euros, contre 4 milliards d’euros PAR AN et PAR PAYS pour les pays européens qui seront concernés par l’ALECA et pour lesquels la Tunisie devra ouvrir complètement tous ses marchés.

En effet, «en matière de fonds structurels qui sont un levier incontournable pour la réduction des inégalités en Europe, c’est un total, pour la période 2014-2020, de 451 milliards d’euros qui sont répartis entre les 28 Etats membres de l’UE dans le cadre de la politique de cohésion». C’est ce que disent les chiffres mêmes de l’UE selon le site «Toute l’Europe». Cela fait 16,1 Milliards d’euros par pays, ou 4 Milliards d’euros par an. Le plus petit des pays européens, Chypre, recevait en 2018 l’équivalent de 1.000 euros par habitant, la Tunisie n’en recevait que 25 par tête d’habitant. Il n’y a pas de quoi se vanter, ni de quoi exiger la signature d’un marché de dupes. Cela, à moins que l’ambassadeur de l’Europe n’use de ce rappel des aides versées, comme d’un levier de pression.

Déjà, en janvier 2011, Didier Billon s’inquiétait du changement de cap de la Tunisie, en matière de coopération économique, de son orientation vers les pays africains et la Chine. «Si la prochaine équipe gouvernementale change radicalement, elle pourrait mettre de la distance avec l’UE et recentrer ses relations économiques avec le monde arabe et sub-saharien. Cependant il lui parait peu probable qu’une rupture brutale ait lieu entre les deux rives de la Méditerranée. Il ajoute qu’il va falloir que le versement des aides soit conditionné au respect des valeurs démocratiques, sans pour autant s’ingérer dans les affaires intérieures du pays. C’est cette conditionnalité qui, selon lui, a fait gravement défaut dans les relations poussées entre l’Union européenne et la Tunisie». C’est ce qu’on pouvait lire sur le site «Toute l’Europe» lequel parlait de l’interview de Billon, qui est directeur adjoint de l’IRIS

  • Une 2ème contrevérité

Dans sa défense acharnée de l’accord de l’ALECA, Patrice Bergamini en résume l’avantage pour les Tunisiens eux-mêmes, comme un moyen d’apporter la «libre concurrence, loyale et transparente, (…) d’abord entre opérateurs tunisiens». C’est pourtant essentiellement de l’extérieur et de l’Europe précisément que proviendra la concurrence. Elle sera en plus déloyale, les moyens financiers et les aides n’étant pas équivalentes des deux bords de la Méditerranée. L’ambassadeur parle de l’accord de l’ALECA, comme d’un « accord malheureusement mal nommé. Plutôt que de libre-échange, il faudrait parler d’accord d’arrimage économique, d’intégration économique». Le verbe arrimer signifie pourtant «fixer deux choses l’une à l’autre», caler l’économie tunisienne sur celles de l’Europe, mais sous des conditions et avec des capacités de concurrence complètement différentes, car aussi et surtout financièrement différentes et ce n’est pas avec 300 M€ par an, et le reste en crédits divers, que la balance sera équilibrée pour un arrimage réussi. Arrimer une petite felouque à un gros bateau reviendrait à l’avaler et ne lui donner aucune chance.

Bergamini explique, à sa manière, «rien ne sera imposé : la Tunisie choisit à la fois quels secteurs sont concernés – dans l’agriculture, les services, etc. – et à quel rythme, selon quel étalement dans le temps… C’est vraiment à la Tunisie de décider le «quand et quoi», mais le «quand et quoi» en fonction d’arguments de rationalité économique, qui lui permettront par exemple de dépendre moins des bailleurs de fonds internationaux». Ce qu’il ne dit pas c’est que cela avait déjà été fait depuis 1995 sous l’accord de libre-échange et que les deux gros morceaux qui avaient alors été laissés en suspens, par le choix du régime de l’époque, sont l’agriculture et les services, principaux objets de l’ALECA justement et les deux secteurs où Bergamini fait pression. Etait-ce fortuit de parler des dangers de la Libye, où pourtant la responsabilité de la France est indéniable, du danger algérien ou encore du danger sécuritaire de la région du Sahel, où la France est aussi militairement engagée ?

  • Le faux exemple de l’huile

Interrogé sur les «monopoles qui freinent», Bergamini cite l’exemple d’une offre de la Commission Européenne d’octroyer un quota additionnel de 30.000 tonnes d’huile d’olive en bouteilles, que des grossistes spéculateurs tunisiens auraient entravé. Le sujet avait été évoqué et Africanmanager s’en était fait l’écho, par la chambre syndicale des industriels de l’huile. Ces derniers ont alors expliqué que c’est l’Italie, pays européen, qui avait fait pression pour faire capoter l’offre de Jean Claude Junker. L’Italie ne voulait de l’huile d’olive tunisienne qu’en vrac pour la conditionner sous des marques italiennes. La représentante de l’ambassade d’Italie en Tunisie avait même essayé d’intimider les journalistes présents, pour ne pas rapporter les propos des industriels tunisiens de l’huile. Lors de ce séminaire aussi, les Tunisiens avaient aussi relaté les difficultés rencontrées en Italie, pour écouler l’huile d’olive tunisienne, pourtant internationalement primée, en Italie et en Europe, sous la pression de l’Italie.

Bon communicateur, l’ambassadeur Bergamini avait débuté son interview par une des rares vérités qu’on y retrouvera. «En 2020, la direction politique de ce pays aura encore moins le choix et moins le temps qu’en 2014 ou en 2016. Quelles que soient leurs obédiences politiques, les vainqueurs des prochaines élections législatives et présidentielles seront placés face à un choix : soit ils comprennent qu’il faut faire évoluer un modèle économique (…) soit ils ne le comprennent pas et dans ce dernier cas, oui, il y aura une inquiétude». On aurait pourtant aimé qu’il poussât son interventionnisme dans la politique tunisienne, où il semble clairement orienter l’opinion vers une destruction du capital national, jusqu’à surtout avertir les politiciens tunisiens du danger de ne pas prioriser l’économique sur le politique. Ils trouveront tous seuls le bon modèle économique à mettre en place.

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Nous avions déjà alerté sur le fait que les prochaines élections pourraient être celles des antisystèmes, de personnalités qui étaient presqu’inaperçues dans les radars conventionnels des électeurs. Les sondages qui se sont succédé depuis mai 2019 l’ont confirmé, avec l’émergence persistante de nouvelles figures politiques, comme Nabil Karoui ou Kais Saïed. Des personnages qu’on traite toujours, pour les dénigrer, de populistes. Or, il se trouverait qu’ils n’ont fait, pour émerger, que suivre la tendance chez les électeurs. Un dernier sondage (encore un diriez-vous) du Think-Tak Joussour confirme cette hypothèse. On comprendra ainsi pourquoi ce qu’on appelle dédaigneusement «populisme» s’érige désormais en parti politique et qui a même pignon sur rue !

Selon les résultats de ce sondage, non publié, 60 % des Tunisiens à qui on avait demandé leur avis sur le «populisme» estiment que c’est «un courant politique qui a le droit d’exister comme le reste des courants. On retiendra donc que l’électeur tunisien adore le populisme et y croit fortement comme étant un courant politique ».

De là à croire que l’antisystème a pour pilier le populisme… Il faut rappeler qu’en didactique, le populisme est une école littéraire qui cherche, dans les romans, à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple. En politique, le populisme est défini comme étant un discours politique s’adressant aux classes populaires, fondé sur la critique du système et de ses représentants. C’est ce que font, clairement, des candidats comme Karoui, Moussi et Saïed.

Pour rappel, «Joussour» est un Think-Tank monté en 2015 par l’ancien SG du parti Ettakattol, Khayam Turki, qui avait aussi été directeur de la campagne électorale de Mustapha Ben Jaafar en 2011. Il vient, entre le 24 et le 27 juin 2019, de réaliser un sondage d’opinion, non public mais largement partagé, sur «les tendances de l’opinion publique à fin juin 2019, vis-à-vis de différentes questions publiques».

L’enquête est faite par téléphone, et Joussour affirme que ses sondages «sont mensuels, menés sur un échantillon de 500 à 600 interviewés, dont la représentativité à l’échelle nationale (de la population de 18 ans et plus) est assurée selon la méthode des quotas (sexe, tranches d’âge, milieu urbain/rural, gouvernorat), avec une marge d’erreur maximale de 4.4% (pour un niveau de confiance de 95 %)».

Autre sujet du même sondage, sujet par ailleurs d’actualité brûlante après les derniers actes terroristes qui ont secoué la capitale tunisienne : les forces de sécurité. Les résultats du sondage ne laissent aucun doute : Le Tunisien est confiant dans ses forces de sécurité. En juillet 2019, ils étaient 67 % à être satisfaits de la protection du pays contre le terrorisme. A la même date, ils étaient 87 % à estimer qu’avec le temps, l’appareil sécuritaire tunisien est en train de prendre le dessus et finira par gagner la partie contre le terrorisme.

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C’est connu, la société «Carthage Cement», confisquée depuis des années et dont le nouveau propriétaire qu’est l’Etat en partie, n’arrive pas à se redresser et n’arrive pas, non plus, à vendre. Il y a quelques années, à son entrée en production, le gouvernement de la Troïka applaudissait des deux mains et en faisait un moyen de faire de la politique, en la bourrant d’employés (350 personnes en plus de sa capacité normale, recrutées sous pression, en 2013).

Plusieurs années après, l’entreprise qui fait vivre 1.300 personnes et dans laquelle 6.000 petits actionnaires avaient investi en bourse se retrouve objet d’enchères politiciennes. Des partis politiques se font en effet représenter dans des réunions, au QG du gouvernorat de Ben Arous, relatives à l’avenir de cette entreprise, pour laquelle la Sonede refuse l’accès à l’eau, l’ONAS refuse l’accès à ses canaux d’évacuation et à laquelle la Steg menace de couper l’électricité, mettant ainsi en péril mille trois cent postes d’emplois et l’épargne de six mille actionnaires. L’objet de cet intérêt politicien, conduit selon nos sources par le parti islamiste tunisien, ce sont les agriculteurs craintifs de la région agissant par principe de précaution, sans se soucier des milliers de poste d’emplois à mettre en péril.

Des photos ont été ainsi mises en circulation sur les réseaux sociaux, montrant un camion-citerne dont on dit qu’il appartiendrait à la société «Ciment de Carthage» et qui déverserait des produits, dits dangereux, dans l’Oued Méliane. Sur les photos, on voit aussi un pick-up de la police de l’environnement et le commentaire assure que le gouverneur de Ben Arous aurait pris des mesures contre cette entreprise.

Contacts pris avec l’entreprise, une source officielle de Carthage Cement affirme à Africanmanager que les camions en question sont bel et bien ceux de Carthage Cement. La même source affirme cependant que «Carthage Cement n’utilise aucun produit dangereux dans son processus de production, et que ce n’est que de l’eau où il n’y a aucun ajout ni aucun produit d’aucune sorte. De l’eau avec une salinité plus élevée puisque le reste c’est l’eau osmosée dans sels».

Selon notre source, l’entreprise utilise l’eau osmosée pour refroidir les moteurs (système de radiateurs). Cette technique, assurent les techniciens, produit une eau pure à 99,9 %. Ce qui est loin de représenter un quelconque danger. Pour obtenir l’eau osmosée les osmoseurs séparent l’eau super pure du reste de l’eau qui contient les sels minéraux et le calcaire. C’est cette eau restante qui serait déversé, en aval de l’Oued Méliane pour aller directement rejoindre la mer. «Ce déversement se fait d’ailleurs sur autorisation du gouverneur, sur avis de toutes les structures en charges des questions de l’agriculture dont le délégué régional du développement agricole, des eaux et de l’environnement», affirme encore notre source.

Notre source officielle chez Carthage Cement était au courant que «certains agriculteurs se sont plaints de la salinité de l’Oued Méliane. Après plusieurs réunions, il a été convenu que Carthage Cement investisse dans la création d’un bassin pour y mettre le reste de l’eau osmosée ensuite le déverser à la fin de l’Oued Méliane (17 Km plus loin) pour que ça aille directement dans la mer. C’est exactement ce que CC a fait après avoir obtenu une autorisation écrite pour ça». L’entreprise se dit par ailleurs prête à fournir tous les rapports d’analyses de cette eau, pure mais quelque peu salée, mais déversée en aval de l’Oued pour éviter un éventuel impact agricole

Notre source est aussi consciente que «Carthage Cement, depuis sa confiscation, est cible de plusieurs attaques de la part de plusieurs parties. Elle ne veut être ni le terrain de recrutement d’électeurs, ni le champ de bataille des syndicats, ni même l’objet d’un règlement de comptes entre partis». Il est en effet quelque part bizarre que ces photos soient mises en ligne à la veille des élections, alors que ni la police de l’environnement, ni les services agricoles ne s’en sont officiellement inquiétés auprès de Carthage Cement.

Reste donc à se demander si on ne voudrait pas simplement étouffer «la cimenterie la plus propre du pays» selon ses concepteurs, et de demander au confiscateur d’assumer la mise en faillite de cette société, la mise en chômage de 1300 personnes (CC+NLS) et la ruine de plus de 6000 actionnaires en Bourse. Il est vrai aussi que les pages fb qui ont posté ces photos ne le font que pour cette cimenterie. Force est aussi de se demander pourquoi l’ONAS refuse que l’entreprise en question utilise ses réseaux pour évacuer cette eau alors que c’est manifestement l’eau la plus propre de tout ce qu’elle gère dans ses réseaux. Pour l’instant donc rien n’est retiré par le gouverneur et l’autorisation du gouverneur, par ailleurs renouvelable, court toujours.

Il ne reste qu’à espérer que l’administration ne cède pas aux pressions des réseaux sociaux qui n’ont aucun fondement chimique, au détriment de l’investissement de plus d’un milliard de Dinars et ne détruise 1300 familles et mette à mal le marché du ciment en Tunisie, d’autant que l’entreprise est étatique et qu’elle a pris toutes les dispositions pour apaiser les peurs des agriculteurs, avec de lourds investissements supplémentaires en temps de crise financière.

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Cela pourrait-être un nouveau coup bas d’Ennahdha à son partenaire, pour l’obliger à des concessions dans une autre négociation qui reste secrète. La pratique n’est pas nouvelle chez le parti islamiste tunisien. Les faits et les déclarations restent là. Le ton d’Ennahdha envers son protégé, semble cette fois différent, presqu’un coup de sang par la voix de Harouni.

S’exprimant, en effet, samedi 6 juillet 2019, à l’occasion des travaux de la 3e session annuelle des cadres d’Ennahdha, le président du conseil de la Choura, Abdelkrim Harouni, a révélé que son parti «négocie actuellement avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed, son maintien ou son départ à la tête du gouvernement sous ses conditions». Et Harouni d’ajouter, la menace à peine voilée de changer son fusil (Ndlr : de soutien politique) d’épaule, que «Ennahdha mettait en œuvre la politique définie par le conseil de la Choura, à savoir, une bonne relation avec le président de la République, des rapports constructifs avec l’UGTT et des négociations conditionnées avec Youssef Chahed, tout en préservant ses intérêts».

  • Des négociations, et secrètes de plus. Il y a anguille sous roche !

En soi, le soutien d’Ennahdha à Youssef Chahed et son gouvernement n’est pas nouveau. Il avait même été, à plus d’une reprise, expliqué par le souci de stabilité gouvernementale qui animait le parti islamiste. C’est, d’ailleurs, l’une des principales raisons de la confiance accordée au chef du gouvernement tunisien par les forces en dehors de son propre parti, Tahya Tounes.

Les dernières déclarations du bras droit de Rached Ghannouchi éclairent, cependant, le soutien islamiste d’une autre lumière, complètement différente du louable souci de la stabilité. On découvre ainsi que ce soutien n’obéissait pas qu’au simple souci de stabilité. Autrement, il n’aurait pas bougé d’un iota, l’instabilité étant toujours un danger qui guette, et la situation sociale, et la situation économique et même l’avenir des prochaines échéances électorales.

Le fragile équilibre de cette stabilité reposerait manifestement sur d’autres piliers que la population ne connaît pas. Des piliers ou des intérêts dont les gouvernés ne connaissent que dalle. De quoi s’agit-il ? De quels intérêts Ennahdha et Chahed se soucient-ils dans ces négociations ? Des intérêts nationaux, partisans ou plus bassement personnels ?

  • Des déclarations, jusque-là non démenties, ni par Chahed, ni par son parti. Pourquoi ?

Quelques jours après les derniers attentats commis par des terroristes religieux, et dans un pays où ce genre de terrorisme reste lié, à tort ou à raison- là n’est pas la question dans le présent article d’opinion- à l’islamisme, les propos de Harouni sonnent comme une tentative politicienne d’éclabousser Chahed et son parti. L’éclabousser de la boue d’une connivence avec un parti politique haï par plus de 3 millions d’électeurs, si l’on exclut les irréductibles du parti islamiste tunisien, lesquels se comptent désormais en milliers et non plus en centaines de milliers. Des élections où tous sans exception, cherchent à minimiser l’impact de l’islamisme rampant dans la vie sociopolitique de la Tunisie.

Ces déclarations de Harouni sur des négociations secrètes avec Youssef Chahed et sur les conditions que pose Ennahdha pour son maintien, datent de samedi dernier. Depuis, Youssef Chahed, chef de gouvernement et président de Tahya Tounes, et le même parti, se taisent et n’ont publié aucun communiqué à ce sujet. Qui ne dit mot consent !

Nidaâ Tounes avait implosé à cause, notamment, de ses relations ambiguës, père et fils, avec Rached Ghannouchi et son parti. Par leur silence, Chahed et son Tahya se retrouvent sur une pente glissante. Une pente qui pourrait confirmer les sondages que tous ses proches minimisent. Et si les déclarations de Harouni étaient véridiques ? Que restera-t-il d’autre à Chahed pour sauver son parti que de quitter la scène pour s’assurer une rentrée moins destructrice, pour lui et pour son parti ?!

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Le chef de l’Etat est rentré à Carthage et sur pieds. La chaise roulante sur laquelle on l’avait vu à la sortie de l’hôpital, n’était que temporaire et exigé par le protocole médical. Il vient de gagner une nouvelle bataille sur la maladie et aussi sur tous ceux qui l’ont donné pour mort cliniquement et avaient commencé à bâtir des «châteaux en Espagne».

Ses proches disent qu’il se trouve dans sa chambre, occupé, entre autres, à lire ses journaux, et qu’il est optimiste et confiant. Il n’en demeure pas moins qu’à titre principal, trois dossiers aussi brûlants l’un que l’autre, attendent de pied ferme le chef de l’Etat convalescent.

  • Reconduire ou non l’état d’urgence

D’abord, la reconduction, ou non, de l’état d’urgence. Il en avait prolongé une énième fois et pour un mois, la durée jusqu’au 5 juillet 2019 sur tout le territoire de la République. Sa reconduction, hypothèse la plus probable quelques jours seulement après le double attentat terroriste du jeudi dernier, devra se faire par décret à signer par le président du Conseil national de sécurité qu’il est et qui devra ainsi tenir réunion dans 3 jours au plus tard.

Petit rappel. L’état d’urgence confère au ministre de l’Intérieur notamment, des pouvoirs extraordinaires qui lui permettent de prendre les mesures de sécurité qui s’imposent pour préserver l’ordre public et prévenir de nouveaux attentats terroristes, d’interdiction de toute réunion, de décréter le couvre-feu, de contrôler les médias, de mener des inspections dans l’espace public sans besoin de permission du procureur et même d’interdire les séances de cinéma et de théâtre. La présidence de la République avait, un certain moment, pris l’initiative de proposer l’amendement de ce texte sur l’état d’urgence. Les députés ne l’entendaient pas de cette oreille.

  • Signer ou non le projet de loi sur les amendements de la loi électorale

Deuxième gros dossier, celui des amendements introduits au code électoral. Les amendements avaient été votés, le 18 juin 2019 par 128 voix pour et 29 voix contre. Un certain nombre de députés avaient fait recours, depuis le 25 juin 2019. L’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des lois (IPCCL) devra se prononcer, d’ici la fin de la semaine, sur ces recours et le dossier se retrouvera alors sur le bureau du chef de l’Etat.

Il devra décider en fonction de l’avis de la IPCCL, soit signer, soit renvoyer les amendements devant l’ARP pour une deuxième lecture. Il pourrait, aussi et même en cas d’approbation du l’Instance provisoire, décider de ne pas signer. Dans tous les cas, c’est le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, seul, qui a la main dans ce dossier, et encore une fois d’ici la fin de cette semaine, cruciale pour tout le processus démocratique en Tunisie.

  • Signer ou non la convocation des électeurs pour les législatives et les présidentielles

Corollaire de cette importante décision, ou simple décision administrative sans aucun lien avec toute la polémique soulevée par ces amendements, le dossier de la convocation des électeurs attend aussi une signature du chef de l’Etat.

Elle devra, d’abord, se faire avant le 7 juillet 2019, c’est-à-dire d’ici samedi prochain pour être dans le délai des 3 mois avant les élections prévues pour le 6 octobre 2019 pour les présidentielles et le 10 novembre pour les législatives.

Elle devra aussi, à notre sens, être publique, pour couper court à toute polémique et controverse sur la santé du signataire qu’est le chef de l’Etat que tous savent encore convalescent. Au palais de Carthage, on est plus que conscient de tout cela, mais on ne dit encore mot. Une vraie «marmite du diable». En attendant, silence, le chef de l’Etat se repose !

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Le Tunisien et la corruption, une véritable histoire de culture dans un mélodrame à la «je t’aime, moi non plus». Selon un dernier sondage de l’INS (Institution National de la statistique), 63,3 % des Tunisiens avouent que cette «maladie» d’amour est déjà métastasée dans les différents corps de l’administration tunisienne. Une proportion, en hausse de 13 % par rapport au dernier sondage du même INS, réalisé en 2014. Les corps atteints, selon les Tunisiens qui ont été interrogés par l’INS, sont par ordre décroissant la santé (63 %), la police (52 %) et la Douane (46,7). Du pain sur la planche pour la ministre Ben Cheikh, pour le ministre Fourati et pour le ministre Chalghoum.

  • Le secteur bancaire serait le moins touché par la corruption !

Bizarrement, le secteur bancaire n’est considéré corrompu que par 19,3 %. Un peu plus (21,1 %) lorsqu’il s’agit d’accès aux crédits. La justice n’est aussi créditée que de 29,6 % de taux de corruption.

Ces taux élevés de perception de la corruption, par le Tunisien en général, baissent lorsqu’il s’agit de leurs propres personnes. C’est ainsi que seulement 11 % des Tunisiens questionnés par l’INS avouent être victimes de corruption au cours des 12 moins précédant le sondage d’opinion. 60 % de ces victimes déclarent un pouvoir d’achat de 1.000 DT. A les croire donc, la corruption ne toucherait que les personnes démunies. Les personnes disposant d’un revenu de plus de 2.000 dinars n’ont été qu’à hauteur 10,8, des victimes de la corruption.

  • Les femmes, moins victimes de corruption que les divorcés !

Toujours selon l’INS, les femmes (8,8 %) seraient moins victimes de corruption que les hommes (13,3 %). Normal pourrait-on dire, la Tunisie étant un pays matériellement phallocrate. La corruption n’est donc pas équitable selon le genre. Et pourtant, d’après les mêmes chiffres, les divorcés (13,5 %) seraient plus victimes d’actes de corruption et les chômeurs, plus victimes (17,3 %) que les autres. En face, les victimes estiment que 53,9 % des responsables ne prendraient pas au sérieux les déclarations de corruption.

Là où cela devient plus intéressant, c’est lorsqu’on compare le taux de 63,3 % estimant que la corruption est presque généralisée en Tunisie, au petit taux de 7,6 % des personnes âgées entre 30 et 59 ans et donc en pleine période de possession de moyens matériels, qui avouent avoir donné de l’argent pour corrompre quelqu’un en contrepartie d’ un service auquel ils n’avaient pas droit.

Tout aussi intéressant le fait de découvrir que 6,9 % des personnes ont avoué avoir fait acte de corruption au cours des 12 mois précédant l’enquête de l’INS.

  • Les régions connues par la contrebande seraient les moins touchées par la corruption !

Seulement 3,3 % des natifs des régions du Sud-ouest tunisien, 3,9 % issus des régions du Sud-est, 4,4 % vivraient dans les régions du Centre-ouest et 8,8 % dans le Centre-Est, des régions pourtant en lien direct avec la contrebande du Nord au Sud, avec l’Algérie et la Libye.

Dans le Nord tunisien, les habitants du Nord-est étaient seulement 9,8 % à avouer donner de l’argent pour avoir accès à un service ou à un privilège indus, 5,5 % habitaient dans les régions du Nord-ouest. Dans le Grand Tunis, région de concentration de l’administration, des deux principaux ports et du plus grand aéroport, ils n’étaient que 7,3 % à déclarer franchement avoir eu recours à la corruption.

Tentative de décryptage. Ils sont 63,3 % à voir de la corruption partout et ils sont 89,4 % à déclarer qu’ils n’ont jamais donné un millime pour corrompre un agent de l’Etat !

On se demanderait presque à quoi sert Chawki Tabib, que font toutes les instances qui s’occupent de corruption, pourquoi ce branle-bas de combat contre un phénomène auquel n’adhèreraient que si peu de Tunisiens et s’il y a réellement si peu de corrupteurs que le Tunisien ne l’avoue ?

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«Les bilans financiers, clôturés le 31 décembre 2018, mettent en exergue un total de fonds propres de 72,082 MDT après soustraction de la participation de la BTL dans le capital de la NAIB (North Africa International Bank) d’une valeur de 29,254 MDT. En conséquence, les fonds propres de la BTL ne représentent que 6,3 du total des engagements de la BTL, et ne permettent donc pas à la banque de respecter le ratio de solvabilité (Ndlr : adéquation capital/risques) qui est de 10 %, ainsi que les ratios prudentiels relatif à la répartition des risques-clients, requise par la BCT. Il convient de rappeler que, sans tenir compte des 300 % de dépassements (434 MDT), le ratio de solvabilité se situe à 10,2 %. Nous avons aussi remarqué, une baisse importante, à 37,1 %, du ratio de liquidité contre les 90 % requis. Cette situation pourrait faire subir à la banque les sanctions prévues par les circulaires, 2018-06 et 2014-14». C’est ce que disent de cette banque mixte tuniso-libyenne qui vivait surtout du commerce entre les deux pays, ses propres commissaires aux compte. On marche sur la tête ! Une banque qui ne respecterait pas autant de ratios, serait presqu’inconcevable. Et pourtant, explication il y a et son DG tunisien bardé de diplômes prestigieux, Zouheir Ouakaa, n’en manque pas.

  • Ouakaa s’explique et explique

Dernier DG, Tunisien, en place depuis le 14 juin 2017, Zouheir Ouakaa est issu de l’université Jussieu Paris7, titulaire d’un MBA en Business administration de JP Morgan où il avait occupé le poste de vice-président pendant 10 ans. Le quinquagénaire a aussi été vice-président senior de la Gilford Securities à NY et Chief Business Officer à la QNB.

Il commence, d’abord, de remarquer que «peu de banques de la place respecteraient tous les ratios prudentiels de la BCT, vu l’absence de liquidités sur le marché. Il y a quelques ratios qui sont respectés et d’autres qui ne le sont pas. La BTL respecte, par exemple, le LTD (Loan to deposit). Cueillis au dépourvu, on était à 260 % en 2017, on est désormais à 200 %». Et lorsqu’on lui argue que la banque pourrait, peut-être, avoir investi plus qu’elle n’en a les moyens, pour expliquer cette défaillance dans les ratios du «capital adequacy» et de la liquidité, il nous oppose la thèse du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. «Je vous explique. Pour tout ce qui est engagements, il faut rappeler qu’on a été acculés, en 2005, à accorder des crédits, plus ou moins politisés et qui sont au-dessus des moyens de la BTL». Son DG cite en exemple le dossier Carthage Cement où elle aurait mis 20 MDT pour des fonds propres de 70 MDT pour la BTL. Et Ouakaa d’ajouter que «j’estime qu’il y a eu aussi d’autres dossiers politisés, comme celui de Bizerte-Cap 3000 et d’autres, où la banque avait pris part à concurrence de 10 MDT et 15 MDT».

Rattrapé, certainement, par l’obligation de réserve à propos d’autres dossiers, dits politisés, le DG de la BTL esquive adroitement et passe à autre chose. «En fait, vous êtes venus nous voir au moment idéal. Le Conseil d’Administration s’était réuni le 18 juin et avait déjà décidé une augmentation du capital de la banque, car la BTL est une banque sous-capitalisée et tout ce que vous voyez est la conséquence de cette sous-capitalisation». Et d’expliquer encore que «vous ne pouvez alors plus donner de crédits. Donc vous ne pouvez plus accepter les dépôts, ce qui vous met dans une position difficile. Le tout, à cause d’une législation tunisienne qui impose à la banque qu’elle ne peut accorder que 5 % de ses fonds propres en crédits». 

  • La BCT refuserait le Swap, Devises/Dinar !

Décryptage, la BTL ne peut s’engager au-delà de 3,5 MDT pour des fonds propres de 70 MDT. Un plafond, jugé très handicapant, même pour financer le commerce extérieur tuniso-libyen. Et Zouheir Ouakaa de piocher encore plus dans les handicaps qui entravent l’expansion de sa banque, en rappelant l’arrêt, ou presque, des échanges tuniso-libyens à cause de la conjoncture sécuritaire. «Avant, on faisait un chiffre d’affaires de presque 2.000 MDT. Aujourd’hui on fait entre 200 et 300 MDT, avec une commission de quelque 0,5 %».

Et le DG de la BTL, dont les affaires se font en devises, de révéler que «nos dépôts, et ils sont assez conséquents, sont en devises étrangères que nous transformons, par Swap avec la BCT, en Dinars tunisiens. Or, la BCT a décidé de ne plus accepter ces opérations de Swap, avec beaucoup d’autres banques de la place, comme l’ABC qui est dans le même cas que nous». Une information, quelque peu intrigante, dans un pays où les réserves en devises sont en déclin et qui devrait, en principe, en rechercher et non en refuser. La réponse pourrait-être dans le manque de liquidité. Et le problème pourrait être que cette liquidité circule dans l’économie souterraine !

En attendant, et même si la BTL cherche à sortir de l’état où elle est et à se soigner, la dernière réunion de son conseil d’administration a, certes, décidé d’augmenter le capital, mais sans pour autant encore décider du montant de cette augmentation. «Autant les autorités libyennes pourraient aisément le faire, la situation en Tunisie ne le permet pas de le faire avec autant de facilité», explique à Africanmanager le DG de la banque.

Retour donc au point de départ, qui est quoi et comment faire pour éviter que la situation financière de la BTL ne se dégrade. En réponse, Zouheir Ouakaa tient d’abord à mettre certains points, qu’il juge essentiels, en exergue. «Nous aurions pu facilement finir 2018 avec un bénéfice de 1 ou 2 MDT. L’actuelle direction de la banque a cependant décidé de ne plus faire du Window-dressing [Ndlr : pour éviter de dire du maquillage des chiffres]. C’est-à-dire, faire une consolidation des comptes de certains clients en difficultés, pour atténuer le niveau des pertes et s’engager ainsi dans une fuite en avant». Ceci expliquerait aussi les 14 MDT en provisions (6 pour Ciment de Carthage, 3 pour Cap 3000 et une autre provision pour un projet de briqueterie à Taj El Agareb, initialement destiné à l’exportation en Libye).

  • Retour en courbe ascendante en 2019

Pour l’avenir de la BTL, son DG reste optimiste. «Pour 2018 et 2019, tous les indicateurs, hormis ceux relatifs aux capitaux, sont positifs. Les dépôts ont augmenté de 100 %. Le recouvrement a réalisé un record de 17 MDT. On fera donc reprise de provision de 15 MDT en 2019, un exercice qu’on pourrait terminer avec un bénéfice de 5 à 6 MDT, selon le niveau de provision qu’on fera», précise Zouheir Ouakaa. Le DG évoque, aussi, une nouvelle stratégie adoptée par la banque. «N’étant plus en mesure d’investir, nous ne travaillerons plus autant sur le crédit, restant comme en 2018 au niveau de 385 MDT pour rester dans un LTD positif. On va mettre le paquet sur le règlement des dossiers contentieux, et sur le recouvrement et nous serons nettement plus rigoureux et plus stricts, en termes de choix des risques. En attendant, les dépôts ont atteint les 500 MDT après seulement 250 MDT».

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Hier, jeudi 27 juin 2019, sur les réseaux sociaux tunisiens, la fake news concernant le décès du chef de l’Etat aura finalement fait plus d’effet que la véritable information du double attentat terroriste. Certains Nahdhaouis s’en sont même donné à cœur joie, sur les deux registres.

Alors que le Nahdhaoui Manar Skandrani essayait de semer encore la panique à partir de l’étranger, en prétendant sur le site de l’agence de presse multimédia russe, Sputnik, qu’il y avait eu quatre attentats à Tunis dont un à Fouchana (!!) en plus de Gafsa, avant d’être démenti et que Sputnik supprime la fake news, Intissar, la fille de Rached Kheriji-Ghannouchi annonçait carrément la disparition du chef de l’Etat.

Depuis San Francisco, l’activiste des «droits de l’homme» Amira Yahyaoui que BCE recevait en octobre 2015 en hommage à son père de juge, emboitait le pas à Intissar Kheriji dans leur rancœur. Ce n’était pas pour la Tunisie et l’agent des forces de l’ordre tombé sous les balles du terrorisme qu’elle destinait ses premières pensées, mais contre un chef d’Etat qu’elle avait pris pour mort. C’est pourtant, peut-être, la mauvaise nouvelle des attentats qui avait accéléré sa rechute.

Pour ces deux femmes de rancœur, comme pour les Nahdhaouis, chassez le naturel, il revient au galop. La Tunisie n’est pour eux qu’un pays à conquérir et un simple véhicule pour leurs propres ambitions, et tant qu’ils ne sont pas à ses commandes, tous les autres sont leurs véritables ennemis.

Et alors que la toile s’embrasait, consternée par les attentats terroristes et la fausse information du décès du chef de l’Etat tunisien, des plateaux TV étaient vite improvisés pour discuter de qui pourrait, déjà, prendre sa suite à Carthage. D’autres encore, discutaient même de qui prendrait la suite, à l’ARP, de celui qui prendrait la suite de BCE à Carthage.

L’image est effrayante, de ceux qui annonçaient une fausse mort, et des autres qui se réunissaient pour en partager l’héritage. Elle est indécente, surtout dans une société, dite officiellement de confession musulmane, tant elle n’avait eu aucun respect pour ses morts, ni celui qui l’avait vraiment été, ni celui qui était hospitalisé et risquait de l’être.

Tous ceux qui intéressaient les plateaux TV, l’effet des attentats terroristes passé, c’étaient les élections. Certains se posaient même la question «et s’il décédait, qui signerait le décret du 6 juillet … et si, et si …».

Le coup dur donné à tout un Etat par les terroristes, devenait soudainement accessoire par rapport à la désignation de celui qui prendrait la place d’un mort qui n’était pas encore mort. Secondaire aussi, par rapport à la démocratie qui leur a fait oublier l’humanité.

La démocratie, c’est les élections. Ces dernières, c’est des sièges qui donneront accès à de l’argent et des privilèges. Des sièges pour lesquels ils se feront concurrence, financés par l’argent du contribuable qu’ils ne rembourseront très probablement pas, comme l’avaient fait d’autres avant eux, même en cas d’échec aux élections.

On va, pour rester optimiste comme cette Tunisie dont les rues de la capitale reprenaient normalement vie malgré les boursouflures du terrorisme, pour dire que tout cela témoigne de deux choses. D’abord que le terrorisme n’arrive toujours pas à malmener le quotidien de la Tunisie, et n’arrive toujours pas à bousculer ses cartes politiques. Ensuite, le fait que le Tunisien s’était montré, hier, plus inquiet de l’avenir de sa démocratie par le vide politique qui risquerait de s’y installer que par le terrorisme dont il sait la guerre de longue haleine, pour laquelle il paie le tribut du sang à travers ses forces armées. Le jeudi 27 juin 2019, la Tunisie avait reçu un coup dur, mais elle s’était vite relevée, non pour parler du passé, mais de son avenir.

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La Tunisie vient de vivre le 2ème «Jeudi noir» de son histoire (1987), même si les causes ne sont pas les mêmes et le bilan nettement plus allégé. Deux attentats simultanés, à quelque 10 minutes d’intervalle et le même jour, cela reste une première dans les chroniques du terrorisme en Tunisie.

C’est aussi, faut-il le rappeler, un fait presqu’anodin, dans un pays où la guerre contre le terrorisme est «une guerre existentielle», comme le soulignait le chef du gouvernement. Cela arrive, et est déjà arrivé, dans d’autres pays jugés plus sûrs, comme la France ou les Etats-Unis. TO et professionnels du tourisme le savent et en tireront les bonnes conclusions, comme ils avaient déjà bien réagi lors de l’attentat d’octobre 2018. La Tunisie a donné des coups, douloureux, aux terroristes et en reçoit en retour. Sans vouloir dédramatiser et encore moins banaliser, c’est le propre de la guerre.

A l’exception du Bardo, c’est la 3ème fois qu’un acte terroriste frappe au centre-ville. Le premier, en décembre 2015, ayant ciblé un bus sécuritaire parqué sur l’avenue Mohamed V. Le second, le 29 octobre 2018, pas loin du théâtre municipal. Cette fois, un jeudi noir du 27 juin 2019, à quelques encablures de l’ambassade de France, toujours au centre-ville de Tunis.

Ce dernier double attentat, au centre-ville et en dehors de l’enceinte du siège de la police judiciaire à El Gorjeni, intervenait quelques heures après une première opération à 3 heures 30 du matin à Jbel Arbada de Gafsa, où se trouvent les antennes de la radiodiffusion. Cette opération devait-elle préparer les deux autres quelques heures après à Tunis, en plongeant le pays dans un lourd silence radio ? Certains experts et politiciens ne l’excluent pas.

  • Que retenir des derniers attentats ?

D’abord que les forces de sécurité tunisiennes ont pu éviter le pire. L’armée à Gafsa, qui arrive à empêcher les terroristes de plonger le pays en silence radio, ou qui sait prendre l’antenne sous contrôle pour plonger le pays dans le chaos par des programmes Daechiens. Ensuite la police à Tunis, dont le bon déploiement aurait en fin de compte contraint le Kamikaze à choisir une autre cible, moins aguerrie, qu’est la police municipale.

La bombe d‘El Gorjeni était certainement destinée à frapper un gros coup. Dépité de ne pouvoir faire un tir cadré, le second Kamikaze s’est contenté d’une cible mouvante, qu’est le transport de quelques gardes nationaux.

«La guerre contre le terrorisme est une guerre existentielle et les dernières opérations démontrent que les terroristes étaient désespérés», a indiqué le chef du gouvernement à sa sortie du ministère de l’Intérieur où il inspectait les troupes. L’opération aurait ainsi été confectionnée en paliers, mais a finalement été cassée.

Ensuite, ces opérations intervenaient à quelques semaines des prochaines élections, présidentielles et législatives. Mais surtout en pleine haute saison touristique. Une journée après la date anniversaire de l’attentat terroriste de Sousse, un certain 26 juin 2015, les deux nouvelles opérations terroristes viseraient d’abord le secteur touristique.

Ce dernier s’était en effet convenablement remis de l’opération de Sousse et les hôtels tunisiens enregistrent de nouveau de hauts niveaux de remplissage et espère dépasser les 9 millions, avec force retour des touristes anglais, français, russes et allemands.

  • Un coup pour le tourisme, et un plus sérieux coup pour Ennahdha

Les grandes stations balnéaires tunisiennes étant sous haute surveillance policière, il y a quelques semaines coordonnée par une réunion à Sousse de hauts cadres nationaux en matière de sécurité, le terrorisme se rabat sur un centre-ville plus difficile à cadrer par les forces de sécurité. Les derniers attentats viseraient donc, en premier lieu, à porter un coup fatal à un secteur de premier ordre, économique et financier. L’économie à genoux, à Dieu ne plaise, il ne resterait que de prêcher la religion !

Force est aussi de constater que le parti politique islamiste tunisien Ennahdha sera le premier à recevoir en pleine figure les contrecoups de ces attentats. En Tunisie, le terrorisme est étroitement lié à la religion. Cette dernière est liée à Ennahdha. Le raccourci fera le reste du travail qui ne déplaira pas à beaucoup. Les sondages d’opinions ont déjà démontré que l’image d’Ennahdha a été fortement érodée. Le premier des sondeurs qui irait demander leurs intentions aux électeurs, après les deux derniers attentats, découvrira la très forte baisse des intentions de vote en faveur d’Ennahdha.

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«L’histoire de la série, située sur les continents fictifs de Westeros et Essos à la fin d’un été d’une dizaine d’années, entrelace trois grandes intrigues. La première intrigue raconte l’histoire de Jon Snow et de la future menace croissante de l’hiver approchant [Ndlr : Pour notre cas, l’hiver rampant du modèle sociétal tunisien], des créatures mythiques et légendaires venues du Nord du Mur de Westeros [NRLR : Pour la Tunisie, des créatures socioreligieuses comme Ennahdha et le CPR, et les nouveaux candidats, dits antisystèmes] qui sépare le Royaume des Sept Couronnes [Deux pour le cas tunisien, que sont les 2 républiques] de la menace située au-delà. (…) À travers ces personnages « moralement ambigus», la série explore les sujets liés au pouvoir politique, (…) à la hiérarchie sociale, la religion, la guerre civile, la sexualité et à la violence en général».

Montage et choix des photos : Kerim Bouzouita

C’est ainsi qu’on pourrait, par analogie et en parodie, présenter ce qui se passe en Tunisie, à partir du synopsis original de la série américaine. Le montage des photos, fait par Karim Bouzouita, enseignant, entre autres à l’ESJ Paris, et séminariste à l’école d’Etat-major et à l’Ecole supérieur de guerre à Tunis, est d’une frappante ressemblance, parfois-même physique.

Un nouvel épisode du jeu «Game of Thrones» à la sauce tunisienne, pourrait se jouer d’ici octobre 2019, date des prochaines élections en Tunisie. Deux acteurs majeurs, dans ce nouvel épisode, aussi entêtés l’un que l’autre. Il s’agit de Nabil Karoui, homme d’affaires, avec des partenaires financiers comme Silvio Berlusconi et Tarak Ben Ammar, et puissant homme de média qui tient encore tête à la Haica qui avait décrété la fin de Nessma TV. En face de lui, Youssef Chahed, chef de gouvernement sûr de son bon droit et fort du soutien de ses partenaires au pouvoir, dans les amendements introduits sur le code électoral, qui viserait à écarter Karoui.

Tout comme Karoui qui refuse de baisser les bras et va jusqu’à faire une «OPA politique» sur un parti déjà constitué (Dit Kalb Tounes, en référence peut-être à l’expression cœur de lion et en référence certainement à l’action du cœur) pour rester, au moins, dans la course aux législatives, une citadelle politiquement médiévale capable d’arrêter toute tentative de gouverner. Chahed se fait créer un parti politique (Tahya Tounes, un nom d’une ambiguïté politicienne, non sans malice) refuse de quitter son poste de chef de gouvernement et traîne le pas pour se déclarer président du parti, dit pourtant du gouvernement.

L’un comme l’autre, ont utilisé l’argent des autres, pour se donner une visibilité politique. Karoui, en distribuant des aides données par d’autres anonymes en dons, et Chahed en restant à son poste de chef de gouvernement et en refusant de «sortir pour revenir» pour reprendre l’expression de notre collègue Nizar Bahloul et en restant dans son droit d’exercice du pouvoir qui lui a été conféré par l’ARP.

L’un comme l’autre, aussi, utilisent les médias, Karoui la sienne TV et Chahed, la grande partie de ce qui reste, même s’il gère très mal le legs des médias publics, n’y mettant que très rarement les bonnes personnes au bons postes et même si certains de ces médias restent jusqu’ici entre les mains des syndicats, qui sont loin d’être ses amis et encore moins ses soutiens.

La guerre, dont les préparatifs, et les manœuvres, licites et illicites, sont déjà en cours, aura pour but de remporter les trônes de Carthage et du Bardo. Les deux citadelles de pouvoir ne pourront, pourtant pas, gouverner l’une sans l’autre. Avec le système politique en place, elles se feront certainement encore la guerre, chercheront alliances et connaitront les mêmes déboires. C’est cela le «Game of Tunis». Comme l’original, il en décevra certainement plus d’un !

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Profitant de son AGO, la CTICI (Chambre de commerce tuniso-italienne) a organisé ce mardi 25 juin 2019 une table ronde autour des résultats de la balance commerciale et ses perspectives. La réunion, par ailleurs fort intéressante, au moins par la foule de chiffres inédits et le benchmark autour des échanges commerciaux entre les deux pays, n’a pourtant pas été du calme d’une église romane.

Une responsable italienne, un professionnel tunisien de l’huile et même la douane ont croisé le fer sur l’épineuse question du quota de l’huile autorisé à l’exportation pour les pays de l’Union Européenne. Mais aussi sur la question de certaines IDE italiennes en Tunisie, pour le moins sans employabilité et sans valeur ajoutée pour la Tunisie.

  • La guerre de l’huile d’olive, entre Rome et Tunis

Les fers ont été d’abord croisés sur l’épineuse question des exportations tunisiennes d’huile vers l’Italie. Ancien président de la Chambre syndicale des exportateurs d’huile tunisienne et CEO de Lexi-huile, Abdessalem Loued débute les «hostilités», lorsqu’il accuse le ministre italien de l’Agriculture, sans le nommer, d’avoir mené une campagne média contre l’huile d’olive tunisienne, entravant ainsi la décision européenne d’augmenter le quota tunisien sur le marché italien de 35.000 tonnes. Un autre intervenant rappelle un ancien reportage TV d’une chaîne publique italienne, qui avait, à l’occasion, beaucoup médit sur l’huile d’olive tunisienne et fait beaucoup de tort au produit tunisien.

Il est vrai que l’Italie s’était habituée à importer l’huile d’olive tunisienne en vrac, et que la montée en puissance des exportations tunisiennes en huile d’olive conditionnée commence à ennuyer sérieusement une industrie italienne de l’huile d’olive, basée sur l’huile tunisienne achetée en vrac chez les Tunisiens.

Gaffe médiatique monumentale au cours du séminaire, lorsqu’un agent de l’ambassade italienne en Tunisie s’adresse en aparté aux journalistes tunisiens présents à cette manifestation, leur demandant de ne pas laisser passer l’avis du professionnel Abdessalem Loued. La dame de l’ambassade, considérant que ce qu’il disait n’était pas la position officielle de la Tunisie, aura ainsi manqué une occasion de se taire. La presse présente le lui fera remarquer.

  • Des sociétés de service italiennes qui font de l’optimisation fiscale et même du blanchiment

Deuxième sujet sur lequel Tunisiens et Italiens (ces derniers optant pour le silence dans la salle) sont en désaccord : celui de certaines IDE italiennes en Tunisie. C’est d’abord Rim Haouat, Colonel Major au bureau des entreprises exportatrices à la Douane tunisienne, qui fait remarquer que la Tunisie n’aime pas trop les investissements étrangers à faible taux d’employabilité et à faible valeur ajoutée.

Elle est confortée dans son avis par celui d’un autre intervenant qui indique que nombre de ces entreprises de service ne font que «de la facturation et de l’optimisation fiscale», mais que cela va progressivement se terminer grâce à l’arsenal juridique déjà mis en place. Et le Colonel Major de la douane d’ajouter que sur «les 30 mille sociétés de service italiennes installées en Tunisie, pas mal servent au blanchiment d’argent». Le mot est lâché. Il est de taille et n’a pas été dit par n’importe qui ! La table ronde se perd alors dans la quadrature du cercle et finit en queue de poisson.

  • Une table ronde par ailleurs très intéressante que le Cepex devrait imiter

Mis à part cela, la manifestation économique organisée en marge de l’AGO de la CTICI a apporté un grand nombre d’informations, pour comprendre le pourquoi d’une balance commerciale tuniso-italienne déficitaire de 925 millions d’euros en faveur de l’Italie, un pays mitoyen d’une France avec laquelle la balance commerciale est fortement excédentaire en faveur de la Tunisie. Avec des chiffres croisés, entre ceux du Cepex et ceux de la partie italienne, c’est une analyse approfondie à laquelle s’était livrée la CTICI. Elle permet ainsi de comprendre que 61 % du déficit avec l’Italie provient de l’énergie et 19 % des équipements, par ailleurs des intrants pour l’industrie tunisienne.

Ce chassé-croisé, entre chiffres tunisiens et italiens, a aussi permis de connaitre les points forts et les points faibles, sectoriels et géographiques, des exportations tunisiennes vers l’Italie. Un nouveau tableau de bord qui permet de dessiner de nouvelles perspectives pour de meilleures exportations tunisiennes qui pourraient ainsi combler le déficit et pourquoi pas, au moins, stabiliser le déficit commercial entre les deux pays. Pareille manifestation aurait dû être faite par le Cepex, pour expliquer les lourds déficits tunisiens avec d’autres pays comme la Turquie. A bon entendeur, salut !

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Dans le brouhaha des réactions nationales et internationales sur les derniers amendements de la loi électorale et celui des plateaux TV pris d’assaut par les députés de la «Coalition nationale» pour une «explication de texte», la scène politique tunisienne s’effrite et se disperse.

Théoriquement, le parti Nidaâ, version Monastir de Hafedh Caïed Essebsi ou HCE, aurait remporté la partie contre Nidaâ Hammamet de Toubel d’où se serait retirée, de manière officielle, Selma Rekik ainsi que son époux Raouf. Elle aura essayé de ravauder le fanion de Nidaâ, mais aura finalement fini par jeter l’éponge, désormais sûre que les brèches sont trop béantes pour un raccommodage de fortune.

De manière non officielle, on dit chez Nidaâ que HCE réparerait des listes. Mais il n’est pas exclu que la version Toubel de Nida se pourvoie aussi en justice contre la décision gouvernementale de reconnaître Nidaâ-Monastir et la patente HCE. Ceci compliquerait encore plus les choses.

En attendant, le reste de la scène politique est malmené, et le mot est faible, par les sondages. Publication après publication, locales et étrangères. Le dernier en question, celui d’Emrhod, dresse un patchwork de partis politiques pour lesquels voteraient les Tunisiens, fait de partis dont le meilleur (Ennahdha) est crédité de 6,9 %, le parti de Moussi de 3,8 %, Tahya Tounes de 3,1 % et Nidaâ de 1,9 % s’il se présentait.

En avril dernier, Nabil Karoui et son parti n’existaient dans nul sondage. Ennahdha était créditée de 21,2 %, talonnée par Tahya Tounes avec 7,1 % devant Nidaâ. Le parti de Youssef Chahed montait en grade et dans les intentions de vote, à chaque publication d’un baromètre politique quelconque. En baisse aussi dans les sondages, Ennahdha accuse Sigma Conseil. Tahya Tounes baissait aussi, mais en silence.

Pour les deux, cependant, les sondages d’opinion se succèdent, mais se ressemblent. Tous confirment, mois après mois, la baisse de popularité des partis traditionnels et le détournement de l‘électeur tunisien de ces partis.

Pour les présidentielles, Karoui, Saïed et Moussi, restent pour l’instant, des tendances lourdes. Aussi lourdes soient-elles, ces tendances restent encore à la merci d’un évènement quelconque, qui pourrait tout chambouler de nouveau.

Pour les législatives, ledit «parti de Karoui», reste jusqu’à présent une tendance lourde. Cela est valable pour Ennahdha, même si elle baisse pesamment dans les intentions de vote. Tout cela reste, cependant, conjoncturel, volatil et surtout non définitif.

  • Avec des si, on referait le monde

Nous sommes en effet encore à plusieurs mois des élections. Beaucoup de choses peuvent changer, à commencer par la loi électorale. Cette dernière a été certes amendée le 18 juin 2019. Elle n’est cependant pas encore officielle, car non encore promulguée par le président de la république. Emettons maintenant des hypothèses :

  • Si Nidaâ disparaissait de la carte avec ses deux divisions et que le tribunal administratif n’arrive pas à se décider, pour la légitimité de l’un ou de l’autre avant la date fatidique du 22 juillet (date de démarrage des dépôts des candidatures). Il ne restera plus alors que Tahya pour représenter la famille, politique, des centristes-modernistes. Peu d’observateurs oseraient tabler sur une victoire de Tahya en face d’Ennahdha, bien cette dernière ait déjà perdu beaucoup de sa superbe chez les votants. La Tunisie se retrouverait ainsi avec deux partis, proches en nombre de sièges, et qui pourraient être tentés de s’accoquiner, comme l’avait fait Nidaâ Tounes avant de le regretter.
  • Si Nidaâ Hammamet formait un recours contre la dernière décision gouvernementale de ne reconnaître que Nidaâ Hammamet, il faudrait alors attendre que le tribunal administratif se prononce avant cette date, il faudra savoir à qui il va donner l’autorisation de représentativité. Dans tous les cas, Nidaâ Tounes restera trop fissuré pour pouvoir peser lourd dans les prochaines législatives.
  • Si les amendements de la loi électorale, contre lesquels une liste d’une quarantaine de députés aurait déjà déposé un recours auprès de l’instance de contrôle de la constitutionnalité des lois, passaient devant l’instance, il faudrait attendre 45 jours pour connaître la position de l’Instance. Si cette dernière n’y trouvait rien à dire, un certain nombre de candidats, dont Karoui, seraient « out ». Ce dernier n’en resterait pas moins dans la course pour les législatives.
  • Si l’Instance rejetait tout ou partie de la loi scélérate votée mercredi 20 juin par l’ARP, il faudra s’attendre à son passage, de nouveau, à l’ARP. Mais aussi connaître les nouveaux amendements qui seront votés et s’ils excluaient encore les mêmes parties.
  • Si la loi contenant les amendements était jugée compatible avec la Constitution et que la loi passait à Carthage pour être promulguée par le chef de l’Etat. Des observateurs n’excluent cependant pas, déjà, que le président de la République, Béji Caïed Essebssi, refuse de la signer, pour tacler une dernière fois Youssef Chahed qu’il ne porte plus, depuis des mois, dans son cœur. «Le 6 octobre 2019 on ne votera probablement pas aux législatives, ça sera plutôt le mois de mai 2020, un 10 ou un 17 mai, malgré la contrainte constitutionnelle». C’est ce que prévoyait Hassan Zargouni, le samedi 22 juin 2019, dans un post sur sa page officielle. Il faut rappeler que les Municipales avaient été renvoyées plus d’une fois, quoique pas pour les mêmes raisons.
  • Seul petit hic avec les prévisions de Zargouni, c’est le mandat de BCE, et donc du chef du gouvernement qui n’est pas élu au suffrage universel. Ayant pris ses fonctions le 31 décembre 2014, son mandat de 5 ans devrait se terminer le 31 décembre 2019 ! Il y aura, peut-être, comme le prévoit Zargouni, un renvoi des élections. Mais, ne pourra théoriquement être que de quelques mois et non jusqu’à mai 2020 !
  • BCE pourrait aussi, comme le stipule l’article 81 de la Constitution, «renvoyer, en motivant, le projet pour une deuxième lecture et ce, dans un délai de 5 jours». Ce dernier commencerait «à compter de l’expiration du délai de recours pour inconstitutionnalité sans qu’il n’aboutisse, conformément aux dispositions du premier tiret de l’article 120, de l’émission d’une décision de constitutionnalité ou dans le cas de la transmission obligatoire du projet de loi au Président de la République, conformément aux dispositions du troisième paragraphe de l’article 121, dans le cas d’un recours en vertu des dispositions du premier tiret de l’article 120». Renvoyée devant l’ARP, la loi contenant les amendements de la loi électorale devra patienter. Il s’agira alors de savoir si les élections auront lieu à temps, ou renvoyées et à quelle date qui devra être avant la fin du mandat présidentiel qui est de 5 ans et pas plus !
  • BCE pourrait s’entêter un peu plus, malgré une hypothétique approbation en 2ème lecture, ou une probable validation de l’Instance provisoire de la constitutionnalité des lois, en soumettant le texte à un référendum.
  • Rappelons, enfin, que, théoriquement, BCE devrait signer, avant le 6 juillet, c’est-à-dire dans 12 jours, le décret de convocation des électeurs. Le fera-t-il, alors que tous les types de recours ne sont pas encore terminés ? Et s’il renvoyait les élections sine die, risquant de prolonger, inconstitutionnellement son propre mandat ? On n’est pas sorti de l’auberge !

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La Stial (Société Tunisienne des Industries Alimentaires) est l’une des filiales du groupe «Délice Holding» qui est coté en bourse et qui en compte 8. Il s’agit de «Delta plastic», de «Socoges», de «Compagnie Fromagère» et de «Société des boissons du Cap-Bon», des Centrales Laitières, du cap-Bon, du Nord et de Sidi-Bouzid. La Holding de la famille de Hamdi Meddeb détient une PDM (Part de Marché) de 65,4 % dans le lait, de 89,7 % dans les produits frais, de 22 % dans les boissons et de 22 % dans le fromage.

A fin 2018, les revenus consolidés de Délice Holding ont dépassé les 851,8 MDT. Un chiffre en évolution de 5,3 %. Le résultat d’exploitation s’était soldé à 48,2 MDT, soit une marge de 7,7 %, en hausse de 0,4 point par rapport à 2017. L’année dernière, le groupe avait réalisé un bénéfice de 30,9 MDT, soit un taux de marge nette de 3,6 %, en baisse par rapport aux 4,8 % de 2017.

Tous ces chiffres ont été donnés et expliqués, au cours de l’AG du groupe, tenue jeudi 20 juin 2019 à Tunis. On ne sait pas si l’autre évènement majeur qui secoue depuis le 18 juin 2019 a été révélé au public des petits et gros actionnaires, présents dans l’AG.

Il y a en effet quelques jours, un huissier de justice informait les banques, grandes surfaces, Hypermarchés de la place et intermédiaires boursiers d’une saisie conservatoire sur toutes les liquidités de la société Stial, du groupe Délice Holding. La saisie, dont nous disposons copie, est faite sur ordonnance d’un jugement de première instance de Grombalia, en date du 17 juin 2019. La saisie nous (Africanmanager) a par ailleurs été confirmée par le PDG du groupe, Hamdi Meddeb et Boubaker Mehri, membre du CA de DH.

Il s’agirait, confirment les deux dirigeants du groupe, d’une action en justice, entamée par un des actionnaires du groupe. Il tentait de recouvrer ses parts du bénéfice de la Stial et qui serait d’un montant de 3 MDT.

Interrogé par Africanmanager, jeudi 20 juin 2019, en marge de l’AG du groupe, tout en sourire, le patron de Délice a indiqué que la part des bénéfices de l’actionnaire en question (dont il n’a pas révélé l’identité) ne lui a jamais été refusée, que la situation financière de l’entreprise n’a pas de problème de ce côté et que la somme due l’attend. «Nous lui avions juste demandé d’attendre que l’Audit, demandé par l’actionnaire étranger, se termine», a expliqué le président du groupe, qui ajoute que le problème est en voie de règlement.

Notons que selon des professionnels contactés, les effets de cette saisie conservatoire ne devraient pas impacter le groupe, la cible de la saisie étant une des huit filiales du groupe et non tout le groupe en lui-même. Rappelons aussi que la société débitrice des 2,86 MDT est loin d’être dans l’incapacité financière, et qu’il s’agit de parts de bénéfices qui sont certainement en attente d’être servis à l’intéressé, comme l’a certifié le PDG du groupe.

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Dans le petit milieu des banques publiques, ou à participations publiques, l’été est généralement une période où les DG dorment mal, la peur au ventre face à un changement qui troublerait leurs vacances estivales. Des changements généralement introduits par le ministère des Finances.

Ce dernier semble, cette année, s’y être pris tôt, à une exception près. En effet, la STB a déjà, depuis mars dernier, changé de DG suite au départ de Samir Said parti à la retraite après le silence du MF (Ministère des finances) devant sa demande de prolongation. Compétence interne, soutenue par ses employés, Lotfi Dabbabi a pris la suite. A la BNA, Habib Ben Haj Kouider avait été confirmé, en septembre 2018, dans sa place de DG par le MF qui l’a maintenu en fonction, bien qu’il ait déjà atteint l’âge de la retraite.

A la BH (Banque de l’Habitat), le MF semble être revenu sur sa décision de faire jouer la concurrence, par le biais d’un appel public à candidatures pour remplacer Ahmed Rjiba à la tête de l’ATB, actuellement et temporairement entre les mains d’Abdelwahed Guider, qui assurerait la continuité en attendant la prise de fonction, effective dès juillet prochain selon des sources concordantes.

Comme pour la STB, le MF semble cependant avoir déjà écarté l’appel à candidatures et préparer son propre candidat. A la BH, le personnel semble de son côté avoir choisi son propre candidat et avoir distribué un communiqué le soutenant. Il s’agirait, selon nos informations, de Mme Najet Chabchoub, actuellement à la tête du pôle commercial de la BH.

Des sources journalistiques, ont informé cette semaine, que l’actuel président du directoire de l’Amen Bank aurait été, «gelé» disent ces sources. A l’Amen, on dément cette information et on assure qu’Ahmed El Karam n’a jamais fait l’objet d’aucune mesure de ce genre et qu’il reste à son poste.

  • Les deux petites banques publiques baissent leurs bénéfices et gardent leurs DG

Pour les deux principales petites banques où l’Etat est encore lui-même petit actionnaire, le MF aurait déjà et comme pour d’autres nominations pris l’option de proroger d’une nouvelle année les mandats, de Jamel Ben Haj Abdallah, pour la seconde fois consécutive, à la tête de la TSB (Tunisian Saoudi Bank), et de Jalel Azzouz à la tête de la BTE (Banque Tunisie Emirats), reconduit dans son poste pour la 1er fois alors qu’il arrivait en avril dernier à l’âge de départ à la retraite. Vives les retraités ! Le pays manque-t-il tellement de jeunes compétences ? Il faut comprendre que oui.

On pourrait comprendre ce recours, renouvelé aux retraités, de la Stusid et de chez la Stusid (les deux DG des deux petites banques sont issus de cette banque) si les résultats de leurs entreprises étaient bons. Or, à fin 2018, le résultat net de la Stusid Bank était déficitaire de 285 mille DT, miné par 15,185 MDT (contre 14,687 MDT en 2017) de dotations aux provisions et résultats de corrections de valeurs sur créances et de charges sociales qui explosent de presque 3 MDT en une année, à 22,179 MDT après les 19,554 MDT de 2017. A fin 2017, la banque était bénéficiaire de 2,222 MDT. Une année auparavant, à fin 2016, elle était bénéficiaire de 5,339 MDT. La baisse des résultats n’était donc pas conjoncturelle, mais devenait structurelle.

Les charges d’exploitation faisaient passer la banque d’un PNB de 80,760 MDT, à un résultat d’exploitation de seulement 1,519 MDT. La Stusid finissait même l’exercice 2018 avec une liquidité négative de 57,625 MDT. Une liquidité négative qui en deviendrait presque structurelle, puisqu’elle était négative de 55,270 MDT à fin 2017 et toujours négative de 70,958 MDT à fin 2016.

La BTE, de son côté, terminait l’exercice 2018 avec un tout petit bénéfice de 0,95 MDT, issu d’un PNB de 48,446 MDT, mais miné par 12,498 MDT de dotations aux provisions et résultats de corrections de valeurs sur créances et de 24,293 MDT de frais de personnel (50 % du PNB et très loin des 0,986 MDT de résultat d’exploitation). Comme la Stusid, la petite et invendue BTE terminait l’exercice avec un total de liquidité, négatif de 47,713 MDT. Des banques en perdition, avec pourtant des salaires qui augmentent. Le ministre Ridha Chalghoum l’avait-t-il remarqué avant de renouveler leurs mandats ?

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Le candidat aux prochaines présidentielles tunisiennes avait ce mardi 18 juin 2019 envoyé une lettre, via ses journalistes à l’ARP, aux députés. C’est ce qu’avait révélé, tôt dans la journée, la députée de la Coalition nationale, proche du parti Tahia Tounes, Hajer Ben Cheikh Ahmed sur sa page officielle en arguant, lorsque la presse en parle, que c’était un message privé et qui sera repris par les médias. Etant certainement un des députés ayant reçu copie de la lettre de Karoui, le député Sahbi Ben Fredj a publié une longue réponse à l’adresse de Karoui.

Il lui rappelle, en premier lieu, que l’étude de la constitutionnalité des amendements à la loi électorale de 2014 reste du domaine exclusif de l’instance provisoire et que les députés de la Coalition nationale respecteront son avis. Il lui rappelle aussi qu’il est de son côté et l’a prié de respecter les décisions de l’autre instance constitutionnelle qu’est la Haica, quant à ce qui concerne sa décision de fermeture de la chaîne TV Nessma, propriété de Nabil Karoui, décision qu’il n’a pas respectée.

Pour les indigents, que Karoui dit représenter et défendre, Ben Fredj lui répond, sur un ton ironique : «soyez tranquille, nous espérons par ces amendements vous permettre, à vous et à tous les bienfaiteurs [Ndlr : Suivez son regard vers Olfa Taras], de vous consacrer entièrement à faire le bien autour de vous, sans que vos ambitions politiques ne vous en distraient (…). Ni qu’elles vous empêchent de lutter contre la faim, la maladie, le chômage, car je ne crois pas que vous conditionnez cela à l’arrivée au poste de chef d’Eta». Et de continuer, encore plus ironique : «d’ailleurs nous comptons sur vous, Monsieur Nabil, pour doubler vos efforts gratuits de distribution de dons». Et de lui rappeler encore que les images de ces distributions, diffusées sur Nessma, seront considérées par les amendements comme étant de la publicité politique.

Répondant ensuite au point relatif aux dangers que représenteraient les amendements sur la démocratie, évoqués par Nabil Karoui dans sa lettre aux députés, Ben Fredj indique que «il n’y a pas plus dangereux que de toucher aux principes de l’égalité entre les citoyens, le financement étranger des associations et des partis politiques, ainsi que le danger de la publicité politique». Et de le piquer au vif, en disant que «le peuple tunisien est plus intelligent que de croire qu’une personne qui ne respecte pas la loi (…) [Ndlr : suivront d’autres adjectifs que nous ne reproduirons pas] puisse un jour présider un Etat, conduire son armée et le conseil de sécurité nationale et le représenter à l’étranger».

Plus incisif encore, le député Ben Fredj s’en prend à Karoui qui aurait, à bien comprendre le Post du député, cherché des appuis étrangers. «Je ne comprends pas qu’un candidat aux présidentielles puisse se permettre de chercher des appuis et des positions émanant de l’étranger, contre le Parlement de son propre pays. J’aurais préféré que vous nous promettiez que les milliers de vos fans et de vos partisans descendent dans les rues, faire pression sur nous par les moyens démocratiques».

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La formule est éculée. Elle reste pourtant d’actualité. Le ministre du Tourisme fait, depuis la réussite du pèlerinage d’El Ghriba à Djerba, l’objet d’une cabale médiatique et sur certains réseaux sociaux. A tel point qu’une pétition de soutien à René Trabelsi s’organise sur change.org.

Professionnel du tourisme, en Tunisie comme en France où il dirige un TO, il est l’un des très rares ministres de confession juive, depuis l’indépendance tunisienne et en tout cas le 1er ministre juif depuis la révolution. Mais il est avant tout un homme d’affaires tunisien, né à Djerba, une île tunisienne, et qui a le droit de jouir de ses droits politiques comme le garantit la Constitution tunisienne.

Il a toujours affirmé servir son pays, en dépit des controverses sur ses liens avec la France et des accusations de «sionisme». Il paie même le tribut de son judaïsme en terre d’islam et le tribut aussi du terrorisme, avec son neveu de 5 ans mort dans une fusillade antisémite à Djerba. Sereinement, le fils de Perez Trabelsi essuiera les manifestations organisées, en novembre 2018, contre sa nomination, au ministère du Tourisme en remplacement de Salma Rekik, partie alors rejoindre le cabinet du chef de l’Etat. A l’ARP, il sera même voté à 127 voix de confiance, mieux que d’autres ministres dont on dit qu’ils sont des Tunisiens pur jus.

Deux mois après sa nomination dans le gouvernement de Youssef Chahed, il s’engageait à 9 millions de touriste pour 2019. Du 1er janvier au 10 juin 2019, la Tunisie enregistrait déjà un peu plus de 3108 millions de touristes, en hausse de 15 %, et engrangeait 1,552 milliards DT en recettes touristiques. La haute saison est déjà terminée en Tunisie, où tout est complet. Le ministre et son équipe travaillent désormais sur l’arrière-saison, et son chef de cabinet n’a aucun doute que les 9 millions de touristes promis par son ministre seront atteint à fin 2019. Ce ne sont plus les chiffres de 2010, que le ministre cible à dépassés, mais ceux de 2008 où la Tunisie recevait presque 7,5 millions de touristes.

Dans la foulée, il tiendra promesse lorsqu’il déclarait à Africanmanager «le fait que René Trabelsi soit à la tête du ministère du Tourisme, va faire de telle sorte que la Diaspora juive tunisienne vienne passer ses vacances en Tunisie en masse et surtout lors du prochain pèlerinage de la Ghriba». Le pèlerinage sera une réussite, et c’est le chef du gouvernement qui l’atteste, lorsqu’il dira à son père que le fils fait du bon travail. Les grincheux et les irascibles ne trouveront que la vidéo faite par un reporter israélien, somme toute attendue par un régime qui sait mieux que quiconque utiliser la moindre image pour énerver les antisionistes, pour critiquer le ministre et traiter un pèlerinage, vieux de plusieurs dizaines d’années, d’acte de normalisation avec l’occupant israélien des terres arabes au Moyen-Orient

L’homme travaille d’arrachepied, et réussit même une très grosse opération médiatique, pour quelques sous. «Touche pas à mon poste» sur C8, de l’autre Juif tunisien qui fait exploser l’audimat, fait voir et parler de la Tunisie par 1 million 616 mille téléspectateurs, après l’enregistrement de toute l’émission en Tunisie.

Jamais ministre tunisien du Tourisme n’avait fait autant en matière de marketing pour la Tunisie. C’est en tout cas le ministre le plus rentable financièrement. Et c’est ce ministre qui fait depuis peu l’objet d’une campagne de dénigrement. Alors, sauvez le soldat René et laissez ce bon Trabelsi travailler pour son pays qu’il n’a pas renié, contrairement à d’autres !

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