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Khaled Boumiza

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Comme du temps de l’avant «accord du Bristol», Ennahdha et Nida s’étaient dits deux parallèles qui ne se rencontrent jamais, et leurs électeurs les avaient crus. Ces derniers avaient oublié le dicton tunisien qui disait que «les hommes se rencontrent, les montagnes non». On mettra, pour l’occasion, le mot Hommes entre guillemets !

  • Les menteurs

Comme Nida, Qalb Tounes avait juré ses grands dieux, qu’il ne mettra jamais la main dans celle d’Ennahdha. La scène où Nabil Karoui cherchait des yeux la caméra devant Meryem Belkadhi pour dire qu’il ne fera jamais affaire avec Ennahdha, refait depuis hier soir surface sur les réseaux sociaux pour le prouver, et beaucoup n’auraient jamais voté pour lui, n’eut été cette promesse.

Celle aussi de Rached Ghannouchi répondant aux questions de ses supporters, et assurant la même chose et accusant son adversaire de trainer des casseroles dont les Islamistes d’Ennahdha ne voudraient pas. S’il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui les croient, les électeurs de Qalb Tounes en seront désormais pour leurs frais, et ceux d’Ennahdha, peut-être moins, car étant déjà habitués aux retournements de leur leader religieux.

Comme Nida de Feu Béji Caïed Essebssi, Qalb Tounes de Nabil Karoui, avait fini par mentir à ses électeurs. Il est vrai que Karoui, jadis chez Nida Tounes, avait été un des organisateurs de l’accord du Bristol, qui avait scellé le mariage, pour cinq ans, entre Ennahdha et Nida Tounes. Les deux, comme le plus absentéiste des députés qu’est Ridha Charfeddine sur une radio privée et Rached Kheriji, se draperont de «l’intérêt supérieur du pays» pour expliquer leurs mensonges, faire bonne mesure ou encore sauver la face.

Robert Surcouf, Corsaire et militaire, disait à l’adresse des Français «Vous, Français, vous vous battez pour de l’argent, et nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur. Chacun se bat pour ce qui lui manque !». Il suffit de changer le mot «se battre», par celui de «voter», mais le combat est le même, et toujours pour les butins.

  • Un vote sous contrat

Posant pour la photo des journalistes en balcon, et parfois pour les femmes, avec un dernier ajustement de la coiffure pour la photo et les caméras dans la salle de l’ARP, les nouveaux députés ont voté, comme des moutons de panurge, après accord secret entre Ennahdha et Qalb Tounes.

Le premier à claquer la porte du parti Qalb Tounes, a été l’un des premiers défenseurs de Nabil Karoui. «Suite au choix de plusieurs députés de 9alb Tounes de voter pour Rached Ghannouchi, chef de l’organisation secrète et principal responsable de tous les maux de la Tunisie, je ne me considère plus lié, de quelque sorte que ce soit, envers ce parti. Je m’excuse platement envers ceux qui ont été influencés par mon engagement », écrivait hier soir Abdelaziz Belkhodja sur sa page des réseaux sociaux. Sera-t-il le seul ? Beaucoup estiment que le vote du mercredi soir, sera le début d’un scénario à la Nida Tounes qui s’est effiloché depuis sa coalition avec Ennahdha et disparu, pour Qalb Tounes.

Après des jours et des nuits de négociations et de marchandages, les différents partis semblaient ce mercredi 13 novembre 2019, avoir déjà trouvé les consensus et signé les transactions nécessaires au vote pour le Perchoir. Le décompte des votes, ferait apercevoir que sur les 123 votants en faveur de Rached Ghannouchi, 38 étaient de Qalb Tounes, c’est-à-dire la totalité du bloc, 21 d’El Karama et une partie de la coalition du «Réforme nationale» de Hassouna Nasfi notamment, et qui le dément. Reste à savoir la contrepartie de cet accord, ou de ce contrat !

Mais, si El Karama avait tenu ses principes d’un parti associé d’Ennahdha, Qalb Tounes notamment avait menti à ses électeurs, alors que partie au moins du groupe de Hassouna Nasfi, auraient des visées sur le prochain gouvernement qui expliqueraient leur vote.

  • Les Pro-Saïed sur le qui-vive

Ennahdha avait manifestement bien négocié, miroitant l’acceptation d’un chef de gouvernement qui ne serait pas issu de ses rangs, contre l’élection de Rached au poste de président de l’ARP, pour qu’Ennahdha puisse contrôler le législatif, et du même coup, installer son chef dans un statut de président, au même titre et au même rang que président de la république et président du gouvernement, sans oublier l’immunité, l’escorte présidentielle, le prestige et la notoriété qui en découlent.

La nouvelle donne politique en Tunisie, du vote de Rached Ghannouchi en tant que président de l’ARP, n’a pas non plus laissé de marbre les soutiens du président Kais Saïed. Dans un Post datant d’hier mercredi aussi, Kais Karoui qui avait managé la campagne électorale de Saïed sur les réseaux sociaux s’en alarmait, dans des termes qui dépassent sa pensée. «Si les 3 millions qui ont voté Kais Saïed, ne descendaient pas dans la rue, je peux vous assurer qu’ils vont l’isoler à travers l’ARP, et s’ils ne pouvaient pas, ils le tueraient», écrivait-il dans ce Post où il prenait soin que ces propos n’engageaient que sa propre personne. Certains mots, sont sans doute disproportionnés, mais traduisent de toute évidence une certaine fébrilité dans les rangs de la jeunesse du nouveau chef de l’Etat.

Il reste à signaler que, pendant que toute la classe politique tunisienne négociait les sièges à l’ARP, personne ne discutait de la stratégie du vainqueur et de ses amis, pour remettre l’économie sur les rails. Et même pour la personnalité du prochain chef de gouvernement, on discutera, plus des hommes, que de comment il va financer le budget, ce qu’il fera des entreprises publiques déficitaires dans un pays qui s’endette pour payer les salaires, ce qu’il compte faire pour le phosphate ou avec l’UGTT. Tout cela donne la nette impression, qu’on prendre d’autres personnes et on recommencera une nouvelles Troïka autrement composée. Cinq nouvelles années à perdre !

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Il ne fait aucun doute que le rôle desdits médias alternatifs et notamment les réseaux sociaux, a été décisif dans ladite révolution de 2011. Certains diront même que ces médias ont fait cette révolution. Personne ne parlait alors de fake news.

Il ne fait, non plus, aucun doute que le rôle des réseaux sociaux a été déterminant, surtout dans les deux dernières élections, présidentielle anticipée et législatives de 2019. Les campagnes des différents candidats ont été faites sur les réseaux sociaux. Tire-au-flanc, infiltrés, exfiltrés, 5èmes colonnes         et «armées d’abeilles» de toutes les couleurs des partis politiques, s’en étaient donné à cœur joie pour médire, attaquer, contrattaquer, souiller, blanchir et même créer des personnages et des images de toutes pièces. Des réseaux sociaux, incontrôlables, où l’argent a beaucoup coulé. Cela a été, différentes fois et par diverses parties indépendantes, vérifié.

Cela ne semble pas vouloir changer après les dernières élections. De nouvelles forces, avec de nouveaux objectifs, recourent désormais aux mêmes moyens technologiques et aux mêmes armes indétectables, pour continuer les guerres politiques, surtout dans cette phase d’une transition politique qui s’étire. De nouvelles forces, mais aussi d’anciennes, de retour sur la scène politique tunisienne. L’outil, ou l’arme de destruction massive, c’est le «deepfake» que développent de nouvelles générations d’une jeunesse, de divers partis et de diverses formations, qui voudraient «reprendre le pouvoir» comme ils disent.

Intervenant, lundi soir sur la chaîne Al Hiwar TV, la chroniqueuse et avocate Maya Ksouri, a abordé ce sujet. «On est entré dans une période de «deepfake», où les images et le sons peuvent être manipulés», a-t-elle ainsi dit. Des images, dont elle-même, comme beaucoup d’autres personnalités, ont été victimes. Des séquences audio trafiquées, comme celle récemment, qui imitait la voix de Kamel Ltaïef, lors d’une prétendue conversation avec Feu Béji Caïed Essebssi.

  • Maya dénonce des officines organisées, de fabrication du «deepfake»

Et Ksouri d’expliquer que «ce qui se passe en Tunisie dépasse l’entendement. Cela ne peut plus s’expliquer que par l’état de déliquescence que connaît le pays, et encore moins par la spontanéité des gens sur les réseaux sociaux. A bien chercher dans tout ce qui se dit en fake news, on retrouve un fil conducteur, une idée en filigrane, à laquelle ils voudraient parvenir à travers tout un faisceau d’éléments, mis d’apparence pêle-mêle dans ce genre de publications sur les réseaux sociaux».

Et dans une analyse, qui nous a semblé assez pertinente, pour en faire part, la chroniqueuse d’Al Hiwar explique que «l’idée principale, réellement véhiculée par tout ce qui a été dit dans ladite affaire de Ouardanine, les attaques contre Bourguiba, l’affaire de Sami Fehri et la cabale contre le chaîne Al Hiwar, la cabale contre l’UGTT, est de faire parvenir le message que le terrorisme est un gros mensonge. Et s’il existait, il n’est pas le fait de ceux qu’on croit. L’officine secrète n’existe donc pas. Le terrorisme est par conséquent le fait d’un grosse machine, qui est la création de «l’Etat profond», identifié par eux comme étant l’Etat de la corruption, avec des vidéos burlesques, et le plus drôle, partagées par des gens d’un niveau universitaire, qui y croient et les partagent».

Pour elle, et c’est loin d’être une vue de l’esprit, il y a volonté des officines organisées, qui écoulent ces rumeurs étudiées, de faire croire au Tunisien moyen que le terrorisme est une fabrication des réseaux de la corruption de l’Etat profond, «le système» (médias, UGTT, Eltaïef et Bourguibisme) pour terrasser les «forces révolutionnaires». Mais aussi, une volonté de blanchiment des forces qui vont gouverner pour les cinq années à venir, dans le but de délester Ennahdha et El Karama du boulet du terrorisme qu’ils traînent.

  • Kamel Eltaïef, une vieille rengaine et une antienne mise à toutes les sauces

«En fait, comme lorsque l’Occident voulait détruire le socialisme de l’Europe de l’Est, par l’instrumentalisation de l’idéologie des droits de l’homme, on utilise désormais, en Tunisie, l’idéologie de la lutte contre la corruption, pour détruire les adversaires politiques. Les attaques contre Bourguiba s’expliquent par le fait que le Bourguibisme constitue le dénominateur commun de leurs adversaires. Ils veulent démontrer que le terrorisme a été créé par les échecs du Bourguibisme. Intervient ensuite la cabale contre les médias et Al Hiwar en particulier. L’objectif était, en plus de casser la crédibilité des médias qui ne sont pas de leur côté, de préparer l’opinion au jour où Sami Fehri sera inculpé, pour éviter un soutien public en sa faveur, car il aura été identifié, par leurs publications comme faisant partie de l’Etat de la corruption. Même chose pour l’UGTT», fait encore remarquer Maya Ksouri.

La chroniqueuse ne finira pas sans faire remarquer aussi «ce retour de la rengaine et de l’antienne de Kamel Ltaïef qui sont mises à toutes les sauces et ressassées depuis 2011. Et lorsqu’on remarque que ce genre de fake news est suivi et partagé par des personnalités comme l’avocat Samir Ben Amor, l’ancien conseiller de Moncef Marzouki, Mohamed Hnid ou Mokdad El Mejri, toutes dans le giron de l’islamisme politique, et qui sont à l’origine de ces fake news, on comprend que leur idée, c’est de faire croire que le terrorisme, la corruption, c’est le fait des médias, de Kamel Ltaïef, de Sami Fehri et toutes les personnes visées par ces fake news. C’est pour tout cela qu’il faut faire attention à tout ce que ces « deepfake» essaient de faire».

Quelque chose se trame, c’est certain, sur le «Dark-Web» tunisien. Un truc, qui a aussi des relents régionalistes. L’association de la ville sahélienne de Ouardanine et de quelques-uns de ses illustres personnalités, à ce qui avait été démenti par le ministère de l’Intérieur, et la présence dans tout ce magma fait de fatras d’immondices facebookiens du tout aussi sahélien Kamel Eltaïef, est loin d’être de bonne foi !

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Il n’a pas dérogé au strict respect de la Constitution, mais il commence à sortir de l’écrin du palais de Carthage et du calfeutré de sa S600 et ses parcours bien étudiés. L’article 45 de la Constitution dit que «l’Etat garantit le droit à un environnement sain et équilibré et la participation à la sécurité du climat. L’Etat se doit de fournir les moyens nécessaires à l’élimination de la pollution environnementale».

On ne sait quelle mouche, ou peut-être quel moustique de Mnihla où il habite l’a piqué, mais c’est justement l’environnement que le nouveau président choisit comme terrain pour y faire ses premiers pas de chef d’Etat, même s’ils le mènent aux ordures, un sujet qui avait fait polémique, du Sud au Nord du pays. Un premier pas pour recoller à la réalité de la population et donner l’impression qu’il bouge et que, s’il ne fait lui-même rien, il pousse le chef du gouvernement à se focaliser sur les sujets que le chef de l’Etat met en exergue par ses visites, pour que le chef du gouvernement les mette, de nouveau, sur la table du Conseil des ministres.

Saïed savait qu’il n’était que chef de l’Etat. Et c’est ce qui l’avait, peut-être, amené à se faire accompagner par le chef du gouvernement, la partie de l’Exécutif qui a la charge opérationnelle de la problématique de l’environnement et des décharges. Ancien ministre des Affaires locales, Youssef Chahed connaissait le problème, même s’il n’y avait fait qu’annoncer, dès avril 2016, des sanctions qui avaient été rarement suivies d’application, et avait créé une année plus tard une police de l’environnement qui fera par la suite, très peu parler d’elle en matière de lutte contre la prolifération des déchets de tous genres. En bon juriste, le chef de l’Etat dira dimanche, pas loin d’une décharge à la Goulette qu’«elles sont belles nos constitutions, mais qu’elles sont loin de la réalité. Qu’elles sont belles nos lois, mais qu’elles sont loin de la réalité». L’ancien ministre de l’Environnement, devenu chef de gouvernement, appréciera !

En avril 2014, un rapport du GIZ et de la «Deutsche Zusammenarbeit» donnait une idée, désormais complètement dépassée, sur l’ampleur de la problématique des déchets, dont le Tunisien produisait 2,423 millions de tonnes, rien qu’en 2012, à raison de 0,815Kg/jour en milieu urbain et 0,150 Kg/jour en milieu rural.

Le gros du problème des déchets réside dans la disponibilité des décharges contrôlées, des perspectives de ces décharges qui finissent par tout polluer autour d’elles. Cette problématique avait même suscité une vive dispute entre les habitants de Djerba, rebaptisée alors «Île poubelle », et ceux de Médenine qui refusait d’être le dépotoir de Djerba.

Cette première visite, pendant laquelle le chef de l’Etat n’a réellement fait le buzz qu’avec la photo du petit garçon dans la décharge, qui sera, peut-être, suivie d’autres, et dans d’autres régions où la problématique est plus économique et financière. En effet, une visite sur site du bassin minier où ce qui lui reste de la popularité d’après élections et son charisme d’homme politique propre, pourraient encore l’aider à trouver une solution pour un retour, sans rechute, de la production du phosphate. Mais où sa visite pourrait relancer une certaine campagne contre le transport du phosphate par les camions d’un certain député.

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La Choura d’Ennahdha l’a avoué dimanche. Les négociations pour la proposition d’un chef de gouvernement, trépignent et trébuchent. Ennahdha veut la totale, le perchoir (Poste de président de l’ARP) et la Kasbah. Ennahdha les a laissés tomber, ou ils ont refusé la cohabitation, mais Qalb Tounes et Tahya Tounes resteront dans l’opposition. Il ne restait donc à Ennahdha qu’Attayar de Mohamed Abbou, et le MP (mouvement Populaire) de Maghzaoui, pour accepter, à leurs conditions, de mettre la main dans le cambouis politique du parti islamiste. Ce dernier tient à avoir la totale et se retrouve ainsi, jusqu’à dimanche, dans l’impossibilité de trouver «l’oiseau rare». On n’est pas sorti de l’auberge. Mais souriez, vous êtes en démocratie !

  • La démocratie tunisienne, du rêve aux désillusions

La démocratie “made in Tunisia” aura finalement été unique, et s’est même surpassée en cette année 2019. Elle nous a d’abord donné cette image idyllique d’un chef d’État auquel son peuple dit au revoir dans le plus beau des tableaux d’un réel chagrin rayonnant de compassion et d’empathie. C’est ensuite cette autre image solennelle d’une jeune démocratie qui n’a rien à envier aux plus ancrées dans l’histoire, où président de l’ARP et chef de gouvernement, émus presqu’aux larmes, décident d’appliquer la Constitution à la lettre et installent un président temporaire dans l’attente d’élections anticipées. Le tout dans le calme le plus absolu, sans police ni armée dans la rue.

Une jeune démocratie, où la transition se fait sereinement et dans le plus stricte respect de la Constitution, avec un passage de témoin qui a ébahi quelque part le monde.

Ce sont ensuite des élections, rocambolesques, avec presqu’une trentaine de candidats qui se déchirent avec les moyens les plus technologiques, dans des conditions des plus débridées. Tellement débridées qu’on verra y participer des personnes louches de tous genres, avec des antécédents judiciaires et qui ne paiement pas leurs impôts. Le tout dans une impunité de fait, et acceptée par tous dans un silence des plus coupables. Et plus on avançait dans cette élection, plus on aura de burlesque, avec un second tour qui aurait de quoi faire une pièce de théâtre surréaliste, ou film de fiction «politico-comico-judiciaire», où l’un des candidats était en prison, alors que l’autre le défendrait presque, en décidant de ne plus faire campagne. On passera sur le résultat qui punira toute la classe politique et portera au pinacle un antisystème qui ne possède du programme que l’idée, pour qui libérer la Palestine était plus important que de libérer la Tunisie de sa grave crise économique. Nous disons cela, nous ne disons rien, car chacun est libre de ses conversations. Presque tous les rois et chefs d’État salueront le nouveau venu en politique, sauf Donald Trump.

Le nouveau chef de l’État prendra gauchement ses quartiers hors du palais et commence à s’occuper de tout, sauf du plus urgent. Mais cela ne semblait déranger personne. Politiciens de tout bord étaient d’abord occupés à faire recours auprès de tous les tribunaux du monde pour un siège de plus. Ils se sont ensuite occupés à palabrer sans fin sur le sexe (politique) de l’ange qui ira au paradis de la Kasbah, alors que le parti politique “gagnant” savait qu’il ne le fera arriver à la kasbah sans les 109 voix qu’il n’aurait pas sans faire encore plus de concessions dangereuses pour son avenir.

Et c’est tout cela qui fait encore la spécificité d’une démocratie, encore sous entraînement. Une démocratie-simulacre dans un pays, pour qui, il est plus important libérer la Palestine que de travailler encore plus pour produire encore plus, exporter encore plus, diminuer sa dette et réaliser la vraie dignité par la vraie indépendance de décision qui ne peut venir que de l’indépendance financière. Il est vrai que le nouveau chef de l’Etat n’a jamais promis ou donné un projet pour faire tout cela !

Une nouvelle spécificité de la démocratie à la tunisienne, où l’Etat se retrouve dirigé par un chef de l’Etat qui palabre et fait plus de câlins plus qu’il ne fait d’action ou ne prend de décisions pour sortir de “Ounk Ezzoujaja”, ou «goulot de la bouteille».

Un chef de l’Etat, qui refuserait presque de se prendre au sérieux, en se faisant représenter à l’étranger par son ancien concurrent et chef de gouvernement sortant. Un gouvernement, toujours en place, et qui termine son mandat, en révoquant deux de ses membres à quelques semaines de la fin officielle de leurs ministères, et démissionnera 5 autres de leurs fonctions, pour changement de résidence, du palais de la Kasbah au palais du Bardo.

Et alors que son chef fait double jeu entre Carthage et la kasbah, ne travaillant presque qu’entre deux voyages (Russie, Algérie et la France, et qui sait encore), il a dans son équipe, qui se rétrécit comme peau de chagrin (ce qui n’est pas mauvais après tout), 4 ministres à double casquette, travaillant entre deux bureaux, et jouant les apprentis sorciers dans une économie à l’agonie. Ce n’est pas pour les diminuer, mais juste pour mettre l’accent sur le très peu de ce qu’ils pourront faire de concret dans une position d’entre deux chaises. Il ne faut pas, non plus, oublier les deux autres personnalités de l’équipe de Youssef Chahed. Il y a d’abord Iyed Dahmani, qui n’est plus porte-parole dans un Etat (la présidence aussi, n’a plus de porte-parole) qui n’a manifestement rien d’intéressant à dire. On ne finira pas sans oublier Radhouane Ayara, le joker que Chahed sort de sa poche, pour le remettre en selle au ministère des Domaines de l’Etat, après l’avoir démis du ministère du Transport. On ne sait pas s’il battra le record de ses deux précédents en recouvrement de parcelles de terrains de l’Etat, impunément usurpés par les privés. Et il y a, enfin, le conseiller du dossier fiscal, Fayçal Derbel, démissionnaire aussi pour raison de députation sur les listes d’Ennahdha. Qui a fait mieux que cette démocratie à la tunisienne ?

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Il avait perdu les présidentielles contre Kais Saïed. Son parti politique n’a pas fait un gros score aux législatives. Tout le monde, en Tunisie, s’attend donc à ce qu’il parte sans retour. Cela, d’autant que son parti répète à satiété qu’il n’est pas concerné par le prochain gouvernement. Youssef Chahed est pourtant toujours là. Il pourrait même rester au-delà de janvier prochain, si Ennahdha n’arrive pas à confectionner un gouvernement qui tienne le choc de l’ARP.

Beaucoup s’attendaient aussi, à ce que les relations du chef de l’Etat avec le chef du gouvernement, apparaissent des plus tendues, dès leur première rencontre, et traduisent une continuité de la mauvaise entente entre les deux têtes de l’Exécutif.

En 15 jours au poste de chef d’Etat, Kais Saïed a pourtant reçu, au moins deux fois et à intervalle de 3 jours, Yousef Chahed. A l’observation de la photo de cette rencontre du 25 octobre 2019, la 1ère après deux jours de son installation à Carthage, on ne peut pas ne pas remarquer la poignée de main, non conventionnelle, entre les deux hommes, et qui laisserait entendre tout sauf une froideur dans la rencontre. Mais passons !

  • Le duo Saïed Chahed. Un couple en divorce ou un couple reconstitué ?

Dès leur première rencontre, les deux hommes se mettaient, naturellement, d’accord sur la révocation de deux des plus importants ministres de la République, et assignaient immédiatement deux autres hommes d’Etat pour leur relève. Le même jour, chef d’Etat et chef de gouvernement, décidaient en tandem, deux audits. Le 1er au palais de Carthage que venait juste de quitter un des fidèles du défunt Béji Caïed Essebssi (BCE). L’autre au ministère des affaires étrangères, d’où venait d’être révoqué un autre des fidèles de BCE. Y aurait-il une conclusion à tirer de ces deux audits ? Seuls, Dieu, Saïed et Chahed, pourraient le dire.

On aurait pu croire que Chahed, sommes toutes chef d’un gouvernement de gestion des affaires courantes, et qui se saurait partant quoique soient le résultat des tentatives d’Ennahdha de former un nouveau gouvernement, n’aurait fait que consentir aux demandes du nouveau «chef» et nouveau locataire de Carthage.

C’est possible, et cela ne semblait pas trop déranger un chef de gouvernement qui est resté, souriant et détendu, malgré l’échec et les 17 plaintes pour corruption. «Quand le bœuf tombe, le couteau se rapproche», disait le proverbe. A le voir toujours souriant en face d’un Kais Saïed qui semblait moins de marbre, Youssef Chahed le sait et cela ne semblait pas beaucoup le perturber.

  • Deux missions, impossibles, ou cadeaux empoisonnés ?

Pis, ou mieux (cela dépend de quel côté vous vous placez). Le chef de l’Etat charge le chef de gouvernement, de le représenter au sommet mondial de la paix à Paris. La rencontre est pourtant, une occasion en or, pour un nouveau chef d’Etat de se faire connaitre auprès des grands de ce monde, et d’affirmer et peaufiner son image de premier responsable de la diplomatie tunisienne.

La même rencontre, aurait pu aussi être la meilleure des occasions, pour le nouveau chef d’Etat tunisien, d’arrondir les angles d’une relation tuniso-français, quelque peu écorchée par le parti El Karama et tout ce qui a été dit sur l’ambassadeur Olivier Poivre d’Arvor.

C’est pourtant au chef du gouvernement, encore en place, et son ancien concurrent pour le fauteuil de la Présidence, que Kais Saïed choisit Chahed et le missionne même, ce qui n’est pas sans sens. Serait-ce ce même message d’un chef d’Etat, sans rancune. Et ce n’est pas fini !

La chef de l’Etat, vient aussi de missionner le chef du gouvernement, pour une visite officielle en Algérie. Force est de rappeler, que cette mission était une promesse électorale du chef de l’Etat. «Ma première visite à l’étranger, sera pour l’Algérie» avait à plusieurs reprises dit Kais Saïed.

La visite aura lieu, mais ce ne sera pas lui, mais celui qu’aucun n’attendait pour une telle visite, qui tenait tant à cœur pour le président de la République. Mais, peut-être, que Kais Saïed ne voulait pas y aller lui-même, pour ne pas froisser un peuple algérien, qui fait encore sa propre «révolution» et dont la transition politique n’est pas encore terminée.

Dans le cas de cette seconde mission de Youssef Chahed à Alger, personne ne savait, ni ne sait, pourquoi le chef de l’Etat y tenait, quel est son objectif, son objet, ou le contenu du message que Chahed sera chargé de délivrer.

Faute de porte-parole et d’un défaut visible de communication du Palais, on ne peut donc faire que des supputations. D’autres, feront certainement des lectures différentes sur ce couple Kais & Youssef, dont on ne sait encore s’il est en divorce ou recomposé. Ce qui pour l’instant sûr, c’est que ce couple, sommes toutes inattendu, fonctionne. Réalité politique, ou illusion d’une fin de règne programmée ?

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Mercredi 6 novembre 2019, Kais Saïed terminait son 15ème jour à la tête de l’Etat tunisien. Une quinzaine, marquée par une activité de pure politique, locale et étrangère. Aucune, cependant, que l’on pourrait qualifier, de loin ou de près, économique.

Une quinzaine, où il avait fini, sous la pression des médias, par former son cabinet. Un cabinet où manquent toujours le porte-parole, et pas de conseiller économique. Il a reçu deux fois le chef du gouvernement, mais il semble que ce n’était que pour révoquer deux ministres. A en croire le communiqué de presse, les deux têtes de l’Exécutif n’auraient parlé d’économie, qu’à demi-mots.

Président d’un Etat au bord du Shutdown, Il aurait pu recevoir le gouverneur de la BCT pour s’enquérir de l’évolution des principaux indicateurs financiers du pays. Il ne l’a pas encore fait. Président d’un Etat où les entreprises sont au bord du burnout financier et dans le flou d’un manque de perspectives, il aurait pu recevoir le patron des patrons. Il ne l’a pas encore fait. Président d’un Etat au bord de l’explosion sociale, avec des syndicats qui menacent de grève et qui chauffent les tambours de nouvelles revendications salariales, il aurait pu recevoir le SG de l’UGTT. Il ne l’a toujours pas encore fait. Chef d’Etat d’un pays, dont les finances dépendent étroitement de ses relations avec le FMI, il aurait même pu rencontrer le représentant de cette institution à Tunis, pour discuter de la situation du pays, des attentes de l’institution de la Tunisie, et des attentes de la Tunisie dans cette nouvelle conjoncture, du FMI. Il ne l’a pas fait. Il aurait pu mettre, dès ses premiers jours, un agenda pour d’éventuels prochains déplacements en Afrique, lui qui faisait, pendant sa campagne, de la diplomatie économique son cheval de bataille pour l’économie de son pays. Il ne l’a pas, non plus, fait jusqu’ici.

Un fait est à remarquer, depuis les dernières élections. D’abord le fait que les législatives, comme les présidentielles, ne s’étaient pas faites sur la base de programmes, mais s’étaient révélées des élections sur faciès. Et s’il y avait programme, il était hautement politique.

  • Saïed fait, lui aussi, de la politique et dort sur ses lauriers, économiquement menacées

Et s’il était au moins un peu économique, comme celui d’Ennahdha, il était plein de bonnes intentions, sans un schéma de développement clair qui puisse donner une visibilité aux opérateurs économiques, et quelques mesurettes, loin des grands chantiers de la masse salariale, de la compensation, des caisses sociales et de la dette.

Durant les deux campagnes électorales, par ailleurs, faites sur les réseaux sociaux et avec des moyens de bas niveau, peu ou prou de politiciens ont osé parler de la crise économique, sauf pour en accuser le chef du gouvernement et son parti politique, en tant que concurrents. Tous, comme le fait par ailleurs depuis 15 jours le nouveau président, ont éludé la question économique. Le but était de ne pas en parler, pour ne pas avoir à parler des solutions. Des solutions, que tous savent devoir immanquablement passer par les réformes, pour lesquelles les électeurs avaient fait tomber le chef du gouvernement et durement sanctionné ses principaux partenaires d’Ennahdha.

Et pourtant, les déclarations d’investissements ont baissé de 21,8 % en septembre dernier en projets à réaliser et de 26,3 % dans l’industrie en nombre et baissé de 30 % en montant. Une baisse qui ne peut s’expliquer que par l’absence de visibilité. Une visibilité, que même le nouveau chef de l’Etat ne s’emploie pas à améliorer.

Moins d’entreprises, voudra dire moins d’emplois à créer et un taux de chômage qui ne va pas baisser. Moins d’investissements à créer, c’est moins de produits à exporter et donc, une balance commerciale qui ne va pas améliorer son grave déficit de plus de 6,2 Milliards DT en août dernier.

Moins de production, c’est moins de croissance de valeur ajoutée, moins de PIB, moins de ressources pour l’Etat et une dette qui ne va pas baisser. Moins de recettes pour l’Etat, car le fisc a ses limites, c’est moins de ressources pour donner des salaires, améliorer le pouvoir d’achat et payer les retraites, redresser les caisses sociales et moins de liquidités pour tout compenser, à partir du pain jusqu’au carburant, en passant par le thé, le sucre et le café. Et de tout cela, personne ne semble vouloir se soucier, et encore moins parler.

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D’abord, ce Post de l’ancien «patron des patrons» tunisiens, Hédi Djilani. «L’État signe des contrats avec les entreprises, qui prennent des crédits pour acheter les équipements. L’état ne paye pas, et les entreprises forcément ne payent pas les banques, et rapidement, les établissements financiers sont en difficultés, surtout le secteur du leasing qui est en train de mourir. Il est urgent que l’État assume sa responsabilité et paye les entrepreneurs, pour sauver le secteur des entreprises de VRD, et le secteur du leasing». disait, à juste titre, l’ancien président de l’Utica.

Ensuite, cette histoire, racontée par Nabil Karoui, le soir de sa sortie de prison. L’ancien candidat aux présidentielles anticipées de 2019, raconte, en effet, avoir rencontré derrière les barreaux un septuagénaire qui purgeait une lourde peine pour émission de chèques sans provision. Il s’agirait en fait d’un entrepreneur qui aurait eu des marchés publics, impayés par l’Etat. Un autre homme d’affaires, qui a requis l’anonymat, nous a fait part d’un crédit de 200 MDT qu’il aurait contracté auprès de différentes administrations.

Tout cela illustre en fait la situation, de plus en plus difficile, de la grande majorité des entreprises qui travaillent sur des marchés publics. La problématique n’est pas nouvelle, mais elle concerne désormais des sommes d’argent super-importantes. Cela ne caractérise, cependant, qu’un seul volet du problème. D’abord, le volet fiscal, où l’Etat doit des milliards de dinars aux entreprises tunisiennes, qui restent impayés.

  • La carotte des contrats de l’Etat, et le bâton du contrôle fiscal approfondi

Radhi Meddeb s’est penché sur la question. «En 2008, l’Etat retenait 1,5 Milliard DT des entreprises», dit-il à Africanmanager. Il s’agissait, en fait, de trop-perçu en taxes et impôts reçus par l’Etat. «Cette année-là, le PIB de la Tunisie était de quelque 80 Milliards DT. En 2019, il devrait être de 115 Milliards DT et 125 Milliards DT en 2020 », dit encore Meddeb qui citait, jusque-là, des chiffres MF (ministère des Finances). Et de continuer que «si on reste dans la même proportion de 2 % du PIB en 2008, qui est l’argent des entreprises retenu par l’Etat, on devrait maintenant être à 2,5 Milliards qui sont du trop-perçu en taxes et impôts que les entreprises n’ont pas récupérés de l’Etat», précise Radhi Meddeb, pour donner une idée précise sur ce problème. Et l’expert d’expliquer que «à chaque contrat facturé à l’Etat, ce dernier fait une retenue à la source de la facture, variant entre 1,5 et 15 % du montant de la facture, à faire valoir sur l’impôt final».

L’idée était, au début, de mettre un «fil à la patte» à toutes les transactions de l’administration avec les entreprises. Les services du fisc devenaient ainsi en mesure de connaître toutes leurs transactions et de les tracer au dinar près. Et partant, de mieux quantifier les taxes et impôts dus.

Au fil des ans, les retenues non remboursées deviennent plus volumineuses que tout l’impôt dû par les entreprises à l’Etat. Des entreprises, parfois déficitaires et endettées, et qui subissent pourtant toujours ces retenues à la source.

Des retenues, presqu’impossibles à recouvrer et qui s’ajoutent, parfois indûment, aux ressources de l’Etat. Un énorme manque à gagner pour les entreprise, et un gros boulet financier qui handicape les entreprises, d’autant que son recouvrement reste conditionné à des demandes des entreprises, qui déclenchent automatiquement presque des contrôles fiscaux approfondis, et de longues procédures judiciaires pour des redressements fiscaux où la justice se range rarement du côté de l’entreprise. Sur cette question des contrôles approfondis, le ministère des Finances reste muet à nos demandes d’information.

Un ancien président français avait, de son temps, décidé que le trop perçu en TVA doit être remboursé sous quinzaine aux entreprises. Cette simple réduction des délais de remboursement avait alors permis d’injecter 12 Milliards € dans la trésorerie des entreprises, et partant, dans l’économie.

  • Des marchés de l’Etat qui a des difficultés à payer ses fournisseurs

L’autre volet, c’est celui du paiement des contrats accordés ou remportés par les entreprises, dont les publiques. L’impayé, dans certains cas, dépasse même le délai des 360 jours. Radhi Meddeb cite des exemples dans le secteur des BTP où «le projet est généralement financé à 80 % par des fonds arabes ou étrangers et à 20 % par l’Etat tunisien. Et ce sont ces 20 % qui restent impayés aux entreprises».

  1. Meddeb ne le dira pas, et refusera même de le commenter, mais cela permet à l’Etat, selon d’autres experts qui ont requis l’anonymat, de cacher une partie de son déficit budgétaire, en n’inscrivant pas les dépenses au titre de ces projet, les montants n’étant pas encore déboursés.

Des techniques qui remettraient presqu’en cause le taux de 3,9 % de déficit budgétaire inscrit dans les documents officiels. Mais des pratiques, celles des impayées aux entreprises, publiques et privées, qui mettent en danger ces entreprises. Parfois même, comme en avait témoigné l’ancien candidat aux présidentielles à sa sortie de prison, l’intégrité physique des dirigeants de ces entreprises.

Des pratiques qui ont, cette année, presque mis à genoux le secteur du leasing, mais aussi celui des banques, où les impayés des entreprises s’accumulent, obligent à des provisions qui amoindrissent les bénéfices des banques et parfois plus que cela. Mais des pratiques aussi, qui impactent les délais d’exécution de certains projets d’infrastructure et leur mise en activité. En un mot, des pratiques avec lesquelles l’Etat se met le doigt dans l’œil, tuent les poules aux œufs d’or, en emplois et en fiscalité, que sont les entreprises.

  • Et l’Etat qui payait ses dettes aux entreprises, publiques et privées ?

Rappelons, après tout cela, que toutes ces pratiques d’impayés fiscaux et de contrats de prestation de services, sont dues au fait que l’Etat manque d’argent. Un manque d’argent, à son tour, consécutif au fait que presque la moitié des ressources de l’Etat vont va salaires et au paiement des dettes qui vont, elles aussi, en grande partie aux salaires, à la compensation des produits de première nécessité, dont le thé, le café et le sucre, et très peu à l’investissement. C’est tout cela que le prochain gouvernement aura à gérer et à solutionner.

Reste à savoir s’il le pourra. La réponse devient problématique lorsqu’on sait que l’actuel ministre des Finances et ses services du fisc ont déjà fait, cette année, tout (et même un peu plus) ce qu’il fallait faire pour augmenter les ressources de l’Etat. A fin septembre 2019, ils avaient collecté un peu plus de 23,830 Milliards DT, dont 21.377.2 MDT (en hausse de 18,5 %) en impôts et taxes. Des ressources propres, en hausse de 19,1 % par rapport à septembre 2018.

Le prochain gouvernement pourra-t-il faire mieux, sans trucider cette fois la poule aux œufs d’or ? Tirer sur l’ambulance, fera-t-il ressusciter une économie déjà mourante ?

Imaginons, pour terminer, le volume d’argent qui pourrait être injecté dans l’économie, si l’Etat remboursait plus facilement les trop-perçus fiscaux et payait, plus vite ses fournisseurs. Il n’y aurait au moins plus de crise de liquidité, les entreprises paieraient leurs dettes aux banques. Ces dernières n’accableraient plus les entreprises avec les taux d’intérêt et les pénalités de retard, et ne seraient plus obligées de puiser dans leurs bénéfices pour provisionner les impayés des entreprises.

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Le président Kais Saïed a annoncé son cabinet. Il y avait une ancienne journaliste et enseignante à la FSJPS, installée conseillère en communication, mais aucun porte-parole. Peut-être que le chef de l’Etat n’aurait-il aucune parole, pour charger quelqu’un de la porter. Peut-être, aussi, estime-t-il n’avoir rien encore à dire à ceux qui ne l’avaient pas élu. Les autres sont nés convaincus de la parole du chef, avant même qu’il ne la profère. Pour le reste, Kais Saïed aurait mis en place une «coordination pour l’explication de son programme», où on retrouverait le fameux «Lénine» et l’autre moins fameux «Kais Karoui».

Le premier ne semble déborder d’activité que sur les réseaux sociaux, pour la contribution notamment, à la fabrication de la nouvelle image d’un président engagé dans la lutte contre le «Fassed», un terme qui n’a d’ailleurs aucune traduction juridique unique, ni présence dans aucune loi en cours en Tunisie, comme le signalait dans un Post, l’avocat Nizar Ayed. Cette coordination aurait, pourtant, dû annoncer un calendrier de réunions, publiques, d’explication.

Le second n’est présent que sur les réseaux sociaux. Il officie comme le scribe d’un roi, ou l’interprète de ce que Kais Saïed ne dit pas. Vous le contactez sur fb, il vous accepte. Et si vous lui posez trop de questions qui dérangeraient, il vous bloque et vous interdit carrément de le voir, en vous bannissant de sa page. C’est, peut-être aussi, un nouveau mode de communication pour le programme et l’idée centrale de ce projet du nouveau président.

Sinon, c’est pour l’instant, une communication officielle, avec des communiqués, laconiques, lapidaires, qui ne donnent rien de l’essentiel, essayant peut-être de transmettre des messages, mais oubliant de donner l’information.

Une communication, sur la page fb de la présidence de la République, qui n’a rien à envier à celle de l’ère Ben Ali, de l’ère Bourguiba et même de BCE (Béji Caïed Essebssi). Une communication qui abîme sérieusement l’image d’un président antisystème, puisqu’elle reprend exactement les mêmes codes, pour ne pas dire les mêmes termes et les mêmes types de cachoteries, de ses trois prédécesseurs.

Des communiqués, faits de formules creuses et vides de toute information. Des communiqués à la lecture desquelles on ressort tout aussi inculte qu’à l’entrée. Toutes les audiences du chef de l’Etat avec les partis politiques, par exemple, contenaient un même message, et rien sur le contenu des discussions, les sujets soulevés et les positions de chacun par rapport aux sujets soulevés. Et si l’on pouvait comprendre que tout ne peut pas être dit, on pourrait y opposer le fait que c’étaient des audiences, très loin de contenir des secrets d’Etat.

Même chose pour le communiqué de l’audience avec l’ambassadeur d’Allemagne, celle de Sihem Ben Sedrine, ou encore l’audience avec le controversé libyen Khaled Mechri. Il est du droit des Tunisiens de savoir ce que leur président a évoqué avec ces personnes et personnalités. N’était-ce pas cette même population qui avait mandaté le chef de l’Etat ? N’est-il pas de son devoir d’informer ses mandataires, pour ne pas dire leur rendre des comptes ?

 In fine, le type de communication, jusque-là choisi par le chef de l’Etat, nous semble nul et son résultat inutile, puisqu’il ne donne que l’information primaire et cache l’essentiel.

Espérons que Mme Ennaifer conseillera à son patron de changer de fond et à ses mouches de changer de ton.

Car, force est de remarquer, en évoquant la question de communication présidentielle, que des nuées de «mouches bleues», se déversent désormais sur toute personne, physique ou morale, qui se hasarderait à critiquer le nouveau chef de l’Etat. L’alerte vaut aussi, pour les réactions, loin d’être politiquement correctes, de certaines de ces mouches, lorsqu’elles sont piquées dans le vif … du sujet bien sûr «What Else». Selon un proverbe éthiopien, «en vain les mouches s’uniront, jamais la jarre elles n’ouvriront».

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Le mardi 29 octobre 2019, une journée après l’annonce de la révocation de deux ministres du gouvernement de Youssef Chahed (Affaires étrangères et Défense), «de bonnes sources» ont confié par voie de fuites à une radio privée, que «la présidence de la République a demandé officiellement à la présidence du gouvernement de donner son feu vert aux services de contrôle financier de mener une opération d’audit des services administratifs de la présidence de la République». De son côté, la présidence du gouvernement décide un audit au sein du ministère des Affaires étrangères, dont le ministre venait d’être révoqué. Comme la révocation, l’audit avait été décidé en concertation entre Youssef Chahed et Kais Saïed. Le même jour, le 30 octobre, le consul général de Tunisie à Malte accusait le ministre démis Jhinaoui, de couvrir des affaires de corruption qu’il lui aurait divulguées par correspondance officielle.

On est alors tenté de comprendre que le chef de l’Etat aurait effectué son premier acte de lutte contre la corruption, si elle se vérifiait, à commencer par le ministère des affaires étrangères (MAE). On serait tout aussi enclin à croire que Kais Saïed n’exclurait pas non plus le siège de la présidence de la République. La question vaut alors d’être posée sur la cible de ce second audit. Serait-ce toujours l’AME ou le mandat de Béji Caïed Essebssi à Carthage. La nouvelle présidence de la République ne s’en est pas expliquée, et pourrait même nier, l’information sur l’audit à Carthage n’étant pas officielle, mais fuitée.

On ne peut, non plus, ne pas remarquer cette entente, inattendue car les deux personnalités étaient concurrentes pour la présidence de la République, entre Youssef Chahed le chef de gouvernement sortant, et Kais Saïed le nouveau chef de l’Etat qui jurait devant l’ARP être intraitable sur toute affaire de corruption.

Il faut remarquer que les dernières audiences entre les deux hommes dégageaient une nette impression d’entente, presque de complicité entre les deux personnalités, sur des photos où les poignées de mains étaient loin d’être froides, ou simplement diplomatiques, mais plutôt avec le sourire, ce qui est rare chez Kais Saïed. Une entente et une complicité qui auraient même poussé le chef de l’Etat à revenir sur la parole donnée à Abdelkrim Zbidi de le garder en place, après être intervenu pour que les deux hommes enterrent la hache de guerre.

Il y a en tout cas, au moins Adnen Mansar qui s’en réjouissait. Dans deux posts sur sa page fb, l’ancien porte-parole de la présidence de la République tunisienne en 2012, en parle comme d’une «douce brise qui monte depuis ce matin, et qui se transformera en violent orage, contre les réseaux de corrompus de de voleurs de l’argent public. Et j’en connais beaucoup qui commencent à trembler». Dans l’un de ses posts, Mansar mentionne même des exemples, sans aller jusqu’à donner des noms, et s’abstenant d’évoquer une affaire de marché de viande, et une autre concernant une piscine.

On ne sait pas s’il y a un lien entre ce que voudrait dire l’ancien CPR qui a rejoint le Harak de Moncef Marzouki en 2015, et les deux audits engagés par le chef de l’Etat et le chef du gouvernement. On ne sait pas encore, non plus, si la révocation de Jhinaoui avait ou aurait un quelconque lien avec l’audit du MAE.

Chahed et Saïed seraient-ils complices dans ce nouvel épisode de la guerre contre la corruption, duo dans cette lutte ou simples duellistes, chacun menant sa guerre, pour commencer ou pour terminer en beauté ? Duo, ou serait-ce encore Saïed qui aurait poussé, ou même obligé, le chef du gouvernement, à engager ces audits ? L’avenir ne le dira pas, car la raison d’Etat aura certainement raison de l’Etat.

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Sur les réseaux sociaux, les «bases» du chef de l’Etat étaient à la fête le mardi 29 octobre. Pour eux, le nouveau chef de l’Etat aurait donné son 1er coup de balai. Cela, surtout que ce dernier avait touché deux ministres et le chargé de communication du chef du gouvernement, et coïncidé avec l’annonce de l’interdiction de voyager au propriétaire de la chaine TV Al Hiwar Tounsi. On ne sait pas si cette coïncidence est avérée, mais on rappelle que la même chaîne avait déjà fait l’objet de cabale facebookienne de la part des bases du président Kais Saïed, et qu’elle s’apprête à diffuser une série d’enquêtes sur le parti islamiste tunisien et l’argent d’Ennahdha. La même Al Hiwar s’était déjà illustrée par le 1er « guignol » du nouveau chef d’Etat lors d’une de ses émissions TV.

  • Le cas Jhinaoui. Qui l’a démis et pourquoi ?

C’est dire que la décision concertée entre les deux têtes de l’Exécutif tunisien, le mardi 29 octobre, de congédier les ministres des Affaires étrangères (MAE) et de la Défense nationale, a fait beaucoup de bruit. Un boucan, amplifié par la révélation que le MAE aurait fait acte de démission avant la publication du communiqué du chef du gouvernement le congédiant. Chef d’Etat et chef de gouvernement ont préféré annoncer une révocation.

Une journée plus tôt, éclatait la polémique de l’audience accordée par le chef de l’Etat au ministre allemand des Affaires étrangères, en l’absence, voulue par les services de la Présidence, de Khemaies Jhinaoui. La fin décrétée de ses fonctions signifierait-elle que le chef de l’Etat aurait été excédé par les réactions de Jhinaoui à propos de sa non-invitation pour un dossier que Saïed considèrerait sien ? On se rappelle que les affaires étrangères font partie intégrante des prérogatives du chef de l’Etat. Des médias proches du Palais indiquent par ailleurs que l’ambassadeur de Tunisie en Iran, présent lors de l’audience, serait un expert du dossier libyen, dossier que Saïed avait fait sien dès le grand débat télévisé avec son concurrent Nabil Karoui.

Tout cela reste cependant du domaine de la conjecture et des hypothèses, la présidence de la République demeurant, à ce jour, muette et fermée à toute demande d’explication. Peut-être voudrait-elle éviter une nouvelle polémique. Cette dernière est pourtant là. Ses retombées n’entachent pour l’instant, et à cause du silence média, que la présidence de la République. Cette dernière donne, bien malgré elle, l’impression de cafouillage et d’amateurisme. S’il n’est pas de Kais Saïed lui-même, elle est de son entourage. Un entourage qui reste, pour l’instant, flou jusqu’à être accusé de glauque, avec la présence de l’indéfini Abderraouf Betbaieb. Un personnage mystérieux, dans une administration Saïed, tout aussi indéfinie et mystérieuse.

Peut-être aussi, comme en a parlé ce mercredi 30 octobre 2019, le syndicat du corps diplomatique et Consul tunisien à Malte, sur une radio privée tunisienne, que l’Exécutif réuni (Carthage et la Kasbah), ne faisait que réagir à ces accusations de corruption dont parlait le syndicaliste Haythem Beltaïef qui considérait juste la révocation de Jhinaoui. Le doute reste, de toutes les façons, permis en l’absence d’un porte-parole de la présidence de la République, qui s’expliquerait dans le cadre de la politique de transparence prônée par Kais Saïed lui-même, et tant que la justice n’a pas encore enquêté. Le tout ne peut que confirmer l’existence d’un certain amateurisme dans la nouvelle gestion des affaires de l’Etat par un Exécutif issu de deux élections différentes. Jhinaoui se mure jusque-là dans le silence. Et peut-être à juste titre.

  • Le cas Zbidi. Un ministre «rebelle», mais qui ne veut pas se taire

Le soir de sa révocation, le ministre rebelle de la Défense et ancien concurrent de Kais Saïed pour les présidentielle anticipées, se faisait entendre, encore une fois sur Al Hiwar Ettounsi TV. L’ancien ministre, défonceur du chef du gouvernement Youssef Chahed pendant toute la durée de sa campagne pour les présidentielles, s’était illustré par ses échanges caustiques avec Chahed et par son absence à deux Conseils de ministres. Hier soir, il ne cachait plus sa mésentente avec le chef du gouvernement et son désaccord avec lui à propos,  précise-t-il, du budget de l’Etat.

Plus important, il révèle qu’il avait été reçu, pendant une heure par le chef de l’Etat, le jour même de sa révocation. Selon Zbidi, le tête-à-tête aurait été à la demande de Saïed qui aurait tenté une médiation entre le ministre de la Défense et le chef du gouvernement. Zbidi affirmait, sur Al Hiwar, avoir consenti à cette médiation et en serait sorti convaincu de la nécessité d’enterrer la hache de guerre avec Youssef Chahed, et aurait même fait demande d’audience à son directeur de cabinet. De retour du palais en voiture, Zbidi dit avoir été appelé par Kais Saïed pour lui annoncer sa révocation pour raison d’Etat, une heure seulement après un tête-à-tête de réconciliation avec le chef de l’Etat. Et Zbidi de se lamenter, même s’il a partiellement raison sur la manière dont il a été congédié, pendant de longues minutes, oubliant les principes fondateurs pour tout homme l’Etat, comme l’obligation de réserve (l’entretien était avec un chef d’Etat et en tête-à-tête), et l’alternance paisible au pouvoir.

Sous la cinquième République en France, Jean-Pierre Chevènement, plusieurs fois démissionnaire, car n’étant pas d’accord sur la politique des gouvernements dont il était membre, entre autres ministre de la Défense, disait que «un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule».

Il est vrai qu’il avait été révoqué, presque comme un malpropre, que cela ne donne pas une bonne image des gestionnaires de l’Etat et que, faite ainsi, cette révocation devient une action répulsive pour tous ceux qui seraient appelés à de pareilles hautes fonctions. Il est, peut-être, vrai qu’il avait été victime de Youssef Chahed.

Il est encore plus vrai que s’il avait démissionné et était resté laxiste sur l’issue de sa démission. Un démissionnaire, ça met ses affaires dans un carton et ça part, quoique puissent avoir fait ses chefs, pour l’en dissuader. De fait, son intervention sur Al Hiwar se rabaissait, hier, au rang des enfantillages et d’une lamentation qui ne sied guère au rang d’homme d’Etat, auquel l’avait élevé sa candidature au poste de chef d’Etat. Chahed et Saïed avaient peut-être fait une erreur. Zbidi a fait une plus grosse bourde.

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Demain 30 octobre 2019, le 9ème président de fait de la Tunisie (y compris Mohamed Ghannouchi, Foued Mbazaa et Mohamed Ennaceur), «fêtera» sa première semaine en tant que chef d’Etat. Sept jours à «travailler comme un forcené», mais toujours dans le silence le plus total, mais le plus lourd aussi, car dans une conjoncture des plus pesantes en incertitudes, politiques et économiques. Il a reçu, deux fois en 3 jours, le chef de gouvernement sortant. Et a aussi reçu presque tous les chefs de partis politiques concernés par la crise de constitution du nouveau gouvernement.

  • Première polémique diplomatique qui finit par 2 révocations          

Le nouveau chef de l’Etat avait, en outre, eu deux audiences diplomatiques. D’abord, celle accordée au président de la Chambre des députés du Maroc et à celui de la Chambre des conseillers du Royaume. Ensuite, le ministre allemand des Affaires étrangères. Deux audiences, hautement diplomatiques, où le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui, avait brillé par son absence.

Les deux «absences» consécutives avaient donné l’impression que Jhinaoui serait devenu «persona non grata» à Carthage. Une impression qui se confirme lorsque Mariem Belkadhi de la chaîne Alhiwar Ettounsi contacte le chef de la diplomatie tunisienne qui lui révèle qu’il n’a reçu aucune convocation officielle de la part de la présidence de la République au sujet de cet entretien, dont il a entendu parler dans les médias de la place.

Quelque chose ne va donc pas entre Saïed qui n’a déjà mentionné aucun de ses prédécesseurs lors de son allocution d’investiture, et Jhinaoui, le MAE très proche de feu Béji Caïed Essebssi. Il reste pourtant ministre des Affaires étrangères, mais juste au Nord-Hilton (siège du MAE), où il tiendra plus tard une conférence de presse avec son homologue allemand.

Mais ce qui a le plus attiré l’attention, c’est surtout la présence d’Abderraouf Betbaieb, ancien diplomate, et directeur de cabinet non officiel du nouveau chef de l’Etat. Serait-il derrière cet «oubli» de convocation, comme il aurait été derrière la non-invitation du syndicat des journalistes tunisiens à la cérémonie d’investiture de son patron au Bardo ? Il est vrai que l’entourage du chef de l’Etat a des relations, presqu’exécrables avec la presse locale. Serait-ce Kais Saïed lui-même qui reprocherait quelque chose à Jhinaoui ? La polémique lui a pourtant coûté sa place. En concertation avec Youssef Chahed, le chef de l’Etat vient de congédier Jhinaoui, ce mardi 29 octobre 2019 (peut-être sous l’influence de Betbaieb). Au passage, Chahed se débarrasse, par décision conjointe avec Saïed, du ministre de la Défense Abdelkrim Zbidi.

Il est probable que le chef de l’Etat veuille s’entourer d’une nouvelle équipe. Pourquoi tarde-t-il alors à la mettre en place ? La présidence «Made in Saïed », n’a, en effet, ni service de presse dont ne subsiste plus qu’Aïda Klibi, ni porte-parole, ni chargé du protocole, ni conseiller diplomatique. Certains ont déjà démissionné. D’autres font les intérimaires, comme Abdelkrim Hermi, ou Yosra Souidene. D’autres encore sont en mode attente, balancés entre l’affabilité du 1er jour où il les avait tous salués, et les mauvais regards d’un homme-orchestre et à tout faire (directeur de cabinet, porte-parole, chef du protocole et secrétaire) du président. De Betbaieb, on parle désormais de l’homme fort de Carthage.

C’est toute cette situation brouillardeuse qui alimente la polémique. Il est possible que toute la presse se trompe. Peut-être aussi que l’ère Saïed sera celle de l’antisystème jusqu’au bout des ongles. Mais peut-on en vouloir à la presse tunisienne face à l’absence de toute structure de communication ?

  • Des polémiques, en veux-tu, en voilà. De la Com, en veux-tu, y en a pas !

Et ce n’est pas l’unique polémique, en ce début de quinquennat. Il y a d’abord celle de la Limousine S600. La nouvelle luxueuse voiture du nouveau chef de l’Etat, n’est certes pas une nouveauté. Mais son prédécesseur ne l’avait jamais utilisée. C’est ce qui explique l’intérêt accru des Tunisiens. La polémique aurait pu être éteinte par un simple communiqué du service de presse de la présidence de la République détaillant les nouveaux cadeaux roulants de l’Arabie Saoudite, sans attendre celui du syndicat des forces de sécurité de la présidence de la République.

Polémique ensuite, sur son lieu de résidence et le possible conflit d’intérêts de la femme du Président. Beaucoup de choses sont dites sur les réseaux sociaux, des plus raisonnables, aux plus saugrenues. Kais Saïed avait promis de ne pas résider au palais de Carthage. C’est ce qui explique l’intérêt d’une population, désormais et à juste titre, revendicatrice de la redevabilité.

Des raisons de sécurité y obligent Saied, l’y ont obligé, ou l’y obligeront. Le silence officiel nourrit les réseaux sociaux et fait polémique. Une bonne communication aurait mis fin, en deux temps trois mouvements, à cette polémique qui ne fait que du brouillage à l’action du chef de l’Etat.

La même population, revendicatrice de transparence, s’était posée la question de savoir si les deux pouvoirs, l’Exécutif et le Judiciaire, théoriquement indépendant, vont devoir cohabiter sous le même toit. Des soupçons de conflit d’intérêts pourraient en naître.

Madame la juge Ichraf Chébil aurait décidé de continuer son métier, comme ne l’en empêche pas la loi. Elle risquerait, dans le cas contraire, de casser son parcours professionnel par une probable mise en disponibilité, ou une tout aussi improbable démission. Un porte-parole, ou encore moins une équipe de communication, aurait pu vite dégonfler toutes ces polémiques et assurer que le chef de l’Etat peut travailler en toute sérénité.

Mais, encore une fois, peut-être que le président Kais Saïed voudrait-il jouer l’antisystémisme à fond et jusqu’au bout !

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L’arroseur arrosé. La Météo avait averti tout le monde, mais n’avait pas pris, elle-même, ses précautions
L’arroseur arrosé. La Météo avait averti tout le monde, mais n’avait pas pris, elle-même, ses précautions

Bien calé dans la «S600» sur des voies dégagées de tout véhicule et un itinéraire où il n’y a ni oued, ni rivière, le nouveau chef de l’Etat qui n’est pas amateur des réseaux sociaux comme il l’avait déjà certifié lui-même, n’ a certainement pas vu les dégâts laissés dans son pays par les pluies de la nuit dernière.

Théoriquement, les élections s’étaient faites pour que tout cela n’arrive plus. Il est vrai que le chef de l’Etat a à peine quelques jours d’exercice, et que le chef du gouvernement sortant en a vu pire, et plusieurs fois plutôt qu’une. La redondance et l’incapacité à résoudre les problèmes produisent l’habitude et l’insouciance. Le chef de l’Etat, aussi, en avait vu des vertes et des pas mûres, pareilles, lorsqu’il habitait à Ennasser 2. A Mnihla où il habite désormais, c’est pire ; une ville bâtie entre l’Ariana et la cité Ettadhamen, presqu’en dehors de tout plan d’aménagement urbain.
Les effets dévastateurs des pluies d’automne ont, ce lundi 28 octobre 2019, touché des régions comme Ksar Said 2, cité el Khadhra, Monplaisir, Charguia 1 et 2, Centre urbain nord. Mais aussi le centre-ville de Tunis et tous ses environs.

Force est encore de rappeler de nouveau que le chef de l’Etat n’a que quelques jours d’exercice. Il n’a d’ailleurs ni porte-parole, ni service de presse, ni directeur de cabinet de manière officielle, ni encore de membres de cabinet et conseillers. Un chef d’Etat, en quelques sorte, encore en stage, bien qu’il ait été déjà traîné dans la politique politicienne, déjà chez lui par le MP (Mouvement du Peuple) qui lui parlait de sa trouvaille nommée «gouvernement du président» et par Ennahdha qui voudrait en faire son négociateur.

Force est tout autant de constater que le chef de l’Etat était censé, s’il avait vu toutes ces photos d’une désolation populaire, prendre cette fois l’hélico de la présidence, pour se faire une idée des dégâts, parfois pour de modestes bourses, qui restent dans l’incapacité d’y faire face et qui n’avaient pas déjà les moyens de s’en prémunir chez les assureurs.

Mais au moins, prendre connaissance, même d’en haut, des dégâts occasionnés aux  infrastructures des régions concernées et se poser des questions sur la fragilité de ces infrastructures, pourtant construites à grands coups de millions de Dinars, parfois sous forme de dettes.

Se poser des questions, descendre de l’avion pour ensuite faire preuve de solidarité avec les sinistrés, pour ne pas attiser chez eux le sentiment d’être toujours des laissés-pour-compte, même sous l’ère Kais Saïed, le chef de l’Etat dans lequel beaucoup avaient placé beaucoup d’espoirs, et pour lequel ils venaient juste de voter.

Reprendre l’avion ensuite vers Carthage et sonner les cloches pour un urgent Conseil des ministres, comme il en a constitutionnellement le droit et le privilège. Et dans cet urgent Conseil des ministres, questionner les ministres de Youssef Chahed. D’abord celui de l’intérieur (MI), pourquoi ses agents de la sécurité, ainsi que ceux de la protection civile, n’avaient pas, dès la nuit tombante et les premières pluies, bougé pour mettre les habitants des cités sous risque, en sécurité. La météo avait pourtant, dès dimanche, sonné l’alerte, mais le MI s’était limité à quelques communiqués d’appels à la vigilance. Questionner ensuite le ministre de l’Equipement, pourquoi l’infrastructure à des millions de dinars s’était-elle, dès les premières pluies, effritée. Lui demander des comptes, pour qu’il en demande lui-même aux entreprises que son ministère avait payées.

Et surtout demander à tous, pourquoi la région de l’Ariana se retrouve-t-elle chaque année en proie aux mêmes problèmes, dès les premières gouttes de pluie tombées. Et exiger enfin des solutions, urgentes, quitte,  pour ce faire, à détourner momentanément certains autres budgets. Et surtout, surtout demander au ministère de l’équipement et aux municipalités d’arrêter de se renvoyer, l’un l’autre, la responsabilité de la maintenance des canaux d’évacuation des eaux pluviales. Mais aussi sermonner la municipalité de l’Ariana et tous ses arrondissements, quant à leurs graves responsabilités en matière de permis de bâtir, et de délimitations des zones inondables pour y interdire toutes constructions. Kais Saïed n’avait-il pas, lors du grand débat, étendu jusque pareilles questions et au sens le plus large de la sécurité, les prérogatives du chef de l’Etat ?

Loin de vouloir donner, qui plus est à un chef d’Etat nouvellement élu, des leçons en gestion des crises, il faut pourtant lui rappeler que la bonne gouvernance à laquelle il appelle, commence par cela, et devrait immédiatement prendre le pas sur son fameux projet d’un pouvoir inversé.

Et pour finir. Pourquoi ne pas inviter les jeunes qui avaient presque tout coloré, à organiser une campagne pour aider les sinistrés des inondations et rendre à l’Ariana sa splendeur de ville des roses ?

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Officiellement, les négociations pour la constitution du nouveau gouvernement ne devaient démarrer qu’à la mi-novembre et peut-être même au-delà. En fait, elles ont pourtant déjà démarré. La Choura d’Ennahdha en a pris la décision et désigné une commission, présidée par Rached Ghannouchi, pour le faire. Il savait pourtant que cette mission ne sera pas facile et pourrait même être mission impossible.

Certains des partis politique, qu’Ennahdha croyaient être proches d’elles, comme le «Tayar Démocratique» des époux Abbou ou le «Mouvement Populaire» de Zouheir Maghzaoui, durcissaient, jour après jour, leurs positions à propos d’une possible participation dans un gouvernement qui serait présidé par Ennahdha. Un parti politique qui a été de tous les gouvernements qui avaient échoué à faire réussir la transition politique et à redresser l’économie de la Tunisie. Une participation qui lui ferait, selon eux, endosser tous les échecs au même titre que le gouvernement de Youssef Chahed.

  • Premiers indicateurs d’un échec probable d’Ennahdha

Certains autres, adopteraient, de plus en plus et depuis que le candidat Kais Saïed avait évoqué la possibilité de recourir à la dissolution de l’ARP en cas d’échec sur la constitution du gouvernement une autre démarche, mais toujours anti-Ennahdha. En effet, des partis, comme justement le TD (Tayar Démocratique) et le MP (Mouvement Populaire), pencheraient désormais à laisser Ennahdha seule, en face du défi de la constitution du gouvernement. Dans un Post sur sa page des réseaux sociaux, Ridha El Mekki, dit Lénine, avait aussi évoqué la dissolution de l’ARP. «. Il est hors de question qu’il s’en déresponsabilise, avec de faux alibis. Et si l parlement, avec son actuelle composition est incapable de présenter un gouvernement, et des solutions pour arrêter de faire perdre du temps au peuple, il est de notre devoir de penser à changer le régime du pouvoir et recourir aux élections (…) », a-t-il ainsi dit.

Le but donc des manœuvres de l’opposition à Ennahdha, serait de l’amener à privilégier le «plan B», qui serait d’aller directement à l’option de l’article 89 de la Constitution, accordant au chef de l’Etat la possibilité de charger une personnalité indépendante et compétente, de former le prochain gouvernement.

Analysant la décision du BE d’Ennahdha d’être prêt à des pourparlers avec tous les partis politiques, le quotidien londonien «Achark Al-Awsat» y a vu, d’abord un aveu d’Echec d’Ennahdha à constituer le gouvernement, et ensuite une disposition à renoncer à ses conditions antérieures d’un gouvernement Nahdhaoui, présidé par un Nahdhaoui.

Le samedi 26 octobre 2019, commentant sa propre intervention sur Radio Mosaïque, Ridha Chiheb El Mekki, dit Lénine et présenté par la radio comme étant «membre de la campagne d’explication du programme du chef de l’Etat », confirmait l’échec d’Ennahdha. «Le 1er parti issu des élections, est constitutionnellement responsable de la formation du gouvernement (…). Son échec (ce qui est très probable), nous fait passer à un autre texte».

Intervint alors l’information annonçant un prochaine entretien Ghannouchi-Saïed. Rencontre qui avait eu effectivement lieu au palais de Carthage, après que le nouveau chef de l’Etat a déjà rencontré, de nuit et chez lui à El Mnihla, les dirigeants du MP. Maghzaoui sera reçu, une seconde fois et cette fois-ci à Carthage, après Slim Azzabi de Tahya Tounes. Suivront ensuite, presque tous les partis des plus grands blocs parlementaires, issus d’élections dont les résultats ne deviendront officiels que probablement le 13 novembre 2019.

Lors de tous ces entretiens, le chef de l’Etat Kais Saïed a presque répété le même message. L’appel au dialogue entre toutes les parties, pour former, au plus vite le gouvernement, a ainsi figuré en bonne place dans tous les communiqués de presse de la Présidence. Le mot-clé de tous ces entretiens, a aussi été que le prochain gouvernement devra être formé sur la base de la compétence et loin de la logique des quotas partisans.

  • Les indicateurs d’une délocalisation des négociations

De fait, ainsi, les négociations pour la constitution du prochain gouvernement se seraient délocalisées de Montplaisir (siège d’Ennahdha) vers Carthage (siège de la présidence de la République). De fait, aussi, ces rencontres avec les partis majors signent l’entrée en lice de la présidence de la République dans le processus des négociations pour constituer un gouvernement. Et c’est peut-être le facteur manque de temps, d’abord par rapport aux échéances du budget et de la loi de finances, qui aurait poussé Kais Saïed, constitutionnaliste, droit comme un balai sur le principe de son respect et soucieux  de se tenir à égale distance vis-à-vis de tous les partis, et d’être aussi le président de tous les Tunisien et partant, chef de l’Etat de tous les partis, à accepter ce rôle d’intermédiaire pour la bonne cause. Y parviendra-t-il ?

Ennahdha n’a pas encore, formellement, avoué son échec à former le prochain gouvernement. Le fera-t-elle ? Tenterait-elle, faisant ainsi intervenir le chef de l’Etat, de transformer son échec en une volonté délibérée d’ouverture sur le reste des partis politiques de l’ARP ? Des politiciens, comme Abbou, Maghzaoui, Azzabi et autres, reviendront-ils sur leurs promesses de ne jamais faire partie d’un gouvernement d’Ennahdha, ou se cacheraient-il derrière le souci du chef de l’Etat d’amener tout le monde à un consensus salvateur de la transition politique ? Kais Saïed acceptera-t-il de faillir  à sa promesse d’un strict respect des termes de la Constitution ?

Wait and See, pourrait-on dire pour emprunter un anglicisme connu. Ou, pour imiter l’arabisme du chef de l’Etat «ان غدا لناظره قريب» !

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Il y a un peu plus de 10 ans encore, la presse tunisienne fabriquait ses propres dictateurs. Le chef de l’Etat était un personnage sacré. On ne le critiquait pas. On n’en parlait qu’en bien. On ne le contredisait pas. On le citait pour confirmer tout le bien qu’on pense de lui et de sa politique. On mettait en exergue sa clairvoyance, sa bonté, et tout le bien qu’il faisait pour la population. Et surtout on fustigeait tous ceux qui en diraient un mot «déplacé».

  • Quelques exemples de l’histoire contemporaine, à méditer

Beaucoup de fois pendant l’ère Ben Ali, des journalistes étaient chargés de répondre à des articles de presse étrangers, ou à des opposants en exil, sans citer leurs noms, ni même rappeler ce qu’ils auraient écrit. Les «articles-réponses», étaient publiés indoor, et on les traitait de tous les noms. Il y avait alors, comme désormais sur les réseaux sociaux, une certaine presse écrite spécialisée dans ces réponses à tous ceux qui «médiraient» du chef de l’Etat (Bourguiba ou Ben Ali) ou de sa politique.

Il y a quelques dizaines d’années, l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali avait, dans sa mansuétude, décidé d’amender le code de la presse. L’idée était d’alléger la disposition concernant l’accusation de diffamation, pour la limiter au chef de l’État puisse-t-elle pour autant être juste et corroborée par des preuves irréfutables. Devant la Chambre des députés d’alors, on opposa que tous les échelons de responsabilité et donc de responsables représentaient le chef de l’État. L’amendement fut alors abandonné.

Décryptage. Les responsables vivent du pouvoir de leur chef et l’utilisent pour se couvrir. Les attaquer revient à attaquer le chef de l’État dont ils tirent leur pouvoir pour régner à sa place, une fois dans le firmament de la sacralisation. Le rendre sacré, intouchable et non critiquable, c’est se sacraliser eux-mêmes, se rendre inattaquables et immunisés contre toute critique pour mieux régner. C’est ce que tentent de faire, depuis quelques semaines, les pro-Kais Saied. Le sacraliser, c’est aussi lui donner le pouvoir de régner, sans aucune opposition et sans aucune presse libre pour lui opposer toute autre logique et tous autres intérêts que les leurs.

  • Ils attaquent la presse et ne compteraient pas s’arrêter

Depuis quelques semaines, en effet, parler du nouveau chef d’État autrement que d’un homme plus blanc que blanc, un homme probe et tout le reste, devient mal vu, met mal à l’aise des bases et les pousse, dans un premier temps, à devenir verbalement agressifs. Ils franchiront prochainement le Rubicon et deviendront agressifs par l’acte.

Écrire sur la voiture qu’il a utilisée, le salaire qu’il perçoit ou la maison qu’il habite, est, avec cette nouvelle présidence de la République, une atteinte à sa vie privée. Son statut, administratif et financier, il est pourtant payé par l’argent du contribuable, et son statut politique en fait un homme public qui ne peut à la limite plus se prévaloir d’une vie privée. Tout peut être et doit être scruté et critiqué à souhait chez lui. Un président n’est ni un roi, ni un empereur, ni un César. C’est un simple mortel, auquel a été confiée, pour un temps, la gestion des affaires de l’Etat.

Une de ses promesses électorales a pourtant été la transparence. Une autre a été le strict respect de la Constitution où la liberté de la presse est gravée. Et si Kais Saied ne se prononce pas sur ce sujet de la liberté de la presse, ses sbires s’en chargent, cachés derrière la toile, de défendre ce silence, ce qui rendrait presque leur chef complice.

C’est que ces sbires ont entamé la construction de l’image de leur idole, et ne tolèrent à ce sujet aucune fausse note à propos de celui qui n’est qu’un simple mortel. Le fait même d’informer est désormais par eux interprété comme une critique, et partant, comme une atteinte et une offense à la personne de leur chef.

«Le 15 octobre, Naoufel Saied, frère du nouveau président, écrivait dans un message publié sur Facebook, que désormais, toute fausse nouvelle contre Kais Saied serait considérée comme une offense à la Tunisie et à son peuple.» Il n’a pas précisé ce qu’il voulait dire. Fausses nouvelles, ceci pourrait être compris comme des informations rapportant que lui et les autres partisans du nouveau président n’aiment pas», rapportait le site Middle East Online. Nous avons posé la question à l’intéressé sur sa page des réseaux sociaux, d’où semble avoir disparu le Post, il n’a pas répondu. Ni Marzouki, ni Caïed Essebssi, ne l’avaient fait. Pourquoi Kais Saïed voudrait-il commencer ?

  • Ils lui construisent l’image de l’idole, dont l’idée ne saurait être refusée

La construction de la nouvelle image de président de l’universitaire Kais Saïed, a débuté comme à Kairouan avec cette affiche de KS l’appelant «César». Ou encore cette image d’une de ses filles l’appelant «la petite princesse de Carthage», ou encore cette effigie du président sur le rocher de la plage de Sousse, pour remplacer l’emblème de la région qui est l’étoile.

Des gestes, à première vue, simples et innocents émanant de fans et fidèles du nouveau président. Mais des gestes et attitudes qui, lorsqu’ils ne sont pas dénoncés et corrigés à temps par la presse, amèneront à d’autres gestes et attitudes plus prononcés, dans la même démarche de confection d’une idole politique impossible à critiquer car sacralisée par une partie de la population. L’ère du Président-Roi avait pourtant déjà été rasée par la révolution de 2011. Cette dite seconde révolution de la jeunesse ne saurait la reconstruire.

Et si, dès maintenant, ses fans n’acceptent plus la critique de leur idole et que tous leur donne, par le silence, raison, qu’adviendra-t-il alors lorsqu’un journal fera caricature du nouveau César Kais Saïed, ou lorsqu’une chaîne de télévision en fera une marionnette, comme avec BCE et son prédécesseur ? Lynchera-t-on alors le journaliste ? Fera-t-on l’autodafé du journal ? Brûlera-t-on la télévision. Le tout en se disant être dans une démocratie ?

Il faut savoir, à notre sens, raison garder, et ne pas, de nos propres mains, reconstruire la dictature qui briserait l’espoir de tous ceux qui n’ont pas voté KS et de tous ceux qui n’y voient pas leur avenir, de constater, peut-être, qu’ils se seraient, peut-être, trompés.

Le monde change avec les critiques qui contribuent à chercher les solutions. Les gouvernants aussi. Et aussi acerbes que puissent être ces critiques, la démocratie impose de les accepter. La démocratie, c’est aussi les «libres-penseurs» et ceux qui ont un autre avis.

Dans un journal, il y a l’information qui est sacrée, vérifiable car vérifiée. Et il y a aussi le commentaire et l’analyse, qui doivent être respectés, au nom de la même démocratie qui a permis à Kais Saied de devenir président et de vouloir concrétiser son projet, par la seule volonté d’un tiers de la population.

  • Que les critiques notre liberté de presse balayent d’abord devant leurs propres portes

Certains objecteront, certainement, qu’on devrait lui accorder le préjugé favorable et le laisser travailler. D’autres diront qu’ils l’avaient déjà fait avec BCE et voyez où cela a mené. Entre les deux, il y a un nouveau chef de l’Etat qui n’est pas encore entré dans le vif du sujet.

En lanceur d’alerte, la presse critiquera certainement tout ce qu’il fera et dira. Il est même de son droit et de son devoir de lui chercher la petite bête, et s’il le faut, les poux dans la tête. Il y va pour la démocratie, de sa bonne santé, qui passe par la presse et sa liberté. Il faut s’y résoudre, l’accepter et même l’encourager.

Dans cette presse, il y a sans doute du bon grain et de l’ivraie. Mais ce n’est, en tout cas, pas par les insultes et les menaces, ou la censure, qu’on peut la corriger. A bon entendeur, dans le cas présent le chef de l’Etat et ses conseillers, salut.

Pour les collègues tunisiens, qui travaillent notamment dans les pays arabes, qu’ils soient de tendance CPR ou ED, commencez d’abord par écrire, comme nous en Tunisie, à propos des dirigeants des pays où vous vivez. Vous aurez ensuite le droit de nous critiquer, et même de nous insulter, ce qui ne vous honorera pas pour autant.

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Au terme du troisième trimestre 2019, les principaux indicateurs d’activité de l’Arab Tunisian Bank (ATB) présentent des ratios plutôt orientés vers la hausse, malgré les actions de corrections que mène depuis juillet dernier la nouvelle direction de la banque. Les crédits nets de provisions et d’agios réservés ont ainsi atteint 4.204,6 MDT à fin septembre 2019, contre 4.186,8 MDT au 30/09/2018. Les dépôts de la clientèle ont atteint 4.954,6 MDT au 30/09/2019, contre 4.274,9 MDT à fin septembre 2018, soit une hausse de 15,90 %, ou une variation en volume de 679,7 MDT. Cette augmentation s’explique en partie par, d’abord l’évolution du volume des dépôts à terme qui s’est établi à 1.920,4 MDT au 30/09/2019 contre 1.510,7 MDT à fin septembre 2018. Ensuite, une progression des comptes épargne dont le solde s’est établi à 1.126 MDT au 30/09/2019, contre 1.053,8 MDT au 30/09/2018.

Les produits d’exploitation bancaire ont augmenté de 7,68% pour atteindre 424,4MDT au 30/09/2019, contre 394,1 MDT au 30/09/2018. En face, les charges d’exploitation bancaires ont atteint 244,4 MDT au 30 septembre 2019, contre 200,9 MDT au 30 septembre 2018, soit une hausse de 43,5 MD. Aussi, les charges opératoires de la banque ont atteint 129,5 MD à fin septembre 2019 contre 114,9MD à fin septembre 2018. Ainsi, le produit net bancaire (PNB) au 30/09/2019 s’est inscrit à 180 MDT contre 193,2 MD pour la même période 2018. C’est ce léger recul qui porte l’empreinte des corrections. Un certes léger recul, mais qui pourrait porter les germes d’un changement au niveau du bénéfice. Un recul, peut-être, pour mieux grimper vers le haut.

On notera ces deux colonnes font l’objet de publication depuis plus que 10 ans et c’est une obligation exigée par le CMF, et qui retracent l’évolution de certains ratios, sur les deux derniers mois de la période.

Les indicateurs mentionnés ci-dessousfont états de quelques ratios portant sur la date du 1er juillet 2019, date de changement de direction à l’ATB avec l’entrée en fonction d’Ahmed Rjiba en tant que nouveau DG en remplacement de Ferid ben Tanfous, et comparée à la même période l’exercice précédent 2018. Sur ses seuls premiers deux mois, la gestion Ahmed Rjiba a pu augmenter les produits d’exploitation d’un peu plus de13 MDT, les faisant passer, de 133,856 MDT à 146,884 MDT. L’amélioration a d’abord touché les intérêts qui ont grimpé, de 94,9 MDT à 107,2 MDT. Mais aussi les commissions en produits qui ont haussé de 0,4 MDT, passant de 15,8 MDT à 16,3 MDT.

Les charges d’exploitation, sous Rjiba, ont certes augmenté de12,2 MDT entre juillet et septembre 2019 et la même période de l’exercice 2018, mais le PNB de l’ATB aura tout de même augmenté de 0,8 MDT, passant de 64,2 MDT à 65 MDT. C’est cela l’effet Rjiba à l’ATB, où l’ancien DG de l’excellente BH Bank est à pied d’œuvre pour redonner à l’ATB l’éclat de ses plus beaux jours.

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C’est le mercredi 23 octobre 2019, à deux jours de la fin du mandat temporaire de Mohamed Ennaceur, que le chef d’Etat nouvellement élu Kais Saïed, a prêté serment et juré qu’il va exercer son office de président de la République.

Il devra attendre la proclamation, définitive et officielle, des résultats des Législatives, et cela risque de s’allonger, l’ISIE ayant décidé de former recours contre la décision du tribunal administratif de restituer à l’islamiste extrémiste Saïd Jaziri son siège à l’ARP. Cela, sans oublier le énième retournement de ces élections, par l’annulation des résultats de la circonscription d’Allemagne. Officiellement, on évoque la date de fin novembre, comme délai de réunion de la nouvelle ARP.

Mais d’ores et déjà, le nouveau chef de l’Etat aura une semaine, à partir du début de son investiture, pour charger Ennahdha de former le nouveau gouvernement. Le marchandage au souk des ministres a déjà commencé chez le parti islamiste tunisien, qui prend soin d’annoncer à tous les partis que le fauteuil de chef de gouvernement sera sa chasse gardée.

–          Possibles 107 contre 110, si …

Faisons le décompte, avant d’aller plus loin, du véritable poids d’Ennahdha dans ce marchandage au souk des ministres, pour ne pas dire des sinistres. D’ores et déjà, le PDL d’Abir Moussi, Tahya Tounes qu’Ennahdha essaie encore de mouiller malgré le refus maintes fois confirmé de Salim Azzabi, le Courant Démocrate de Mohamed & Samia Abbou, le Mouvement Echaab de Zouheir Maghzaoui, et Qalb Tounes de Nabil Karoui qu’Ennahdha a déjà exclu de fait, ont tous refusé de contribuer à un gouvernement formé par Ennahdha et de accoquiner avec le parti islamiste tunisien.

De fait, ces 5 partis de la future opposition, représenteront 107 sièges. Une majorité qui pourrait, si elle tenait sa parole et ses positions, écraser le parti Ennahdha et l’empêcher de former tout gouvernement.

Rached Ghannouchi qui, comme le caméléon, lorgne à la fois du côté du perchoir du Bardo et du fauteuil de la Kasbah, et son parti qui, comme un perroquet parle les dialectes de tous les partis, connaissent parfaitement les chiffres de cette imparfaite équation.

Ghannouchi et les siens profèrent donc un double mensonge. D’abord en faisant croire qu’ils négocient avec tout le monde, alors qu’ils ont déjà exclu Qalb Tounes et qu’ils ont été toujours exclus par le PDL. Ensuite en faisant croire qu’ils formeront un gouvernement, alors qu’ils savent que même s’ils proposaient un chef de gouvernement Nahdhaoui, les chances qu’il soit voté sont presque nulles. Avec cette nouvelle cartographie de l’ARP, il devient presque sûr que les cinq partis de l’opposition pousseront vers le «Plan B», celui d’un chef de gouvernement qui serait chargé par le chef de l’Etat de former son gouvernement. Une alternative qui risquerait, elle aussi, de demander du temps pour se mettre en place.

–          Ce que disent les «Saïedophiles», ce que dit la Constitution, et le «Plan C » de KS

Du côté de la nouvelle présidence de la République, qui reste toujours aussi muette qu’une carpe, les «Saïedophiles» et tous ceux qui parlent au nom du chef de l’Etat pour ne pas l’impliquer, ont changé leur fusil d’épaule. Ils n’évoquent plus une possible dissolution de l’ARP, mais désormais la possibilité que le chef de l’Etat «nomme» le chef du gouvernement.

Rappelons à ce sujet, que l’article 89 de la Constitution stipule que «le Président de la République charge le candidat du parti politique ou de la coalition électorale ayant obtenu le plus grand nombre de sièges au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, de former le gouvernement dans un délai d’un mois pouvant être prorogé une seule fois. En cas d’égalité du nombre des sièges, la nomination s’effectue selon le nombre de voix obtenues. Si le délai indiqué expire sans parvenir à la formation d’un gouvernement, ou si la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple n’est pas accordée, le Président de la République engage des consultations dans un délai de dix jours avec les partis politiques, les coalitions et les groupes parlementaires, en vue de charger la personnalité jugée la plus apte, en vue de former un gouvernement dans un délai maximum d’un mois».

–          Le pas improbable plan de la constitution du gouvernement, dès le 1er essai

A aucun moment donc, il n’est question de nomination directe. Par contre, le nouveau chef de l’Etat avait lui-même évoqué la possibilité de dissoudre l’ARP, en cas de mésententes répétées, sur le gouvernement et son chef. Cela est possible, si les propositions d’Ennahdha échouent à deux reprises, comme le stipule l’article 89, où le chef de l’Etat se charge lui-même de proposer un chef de gouvernement, choisi sur la base de sa compétence.

On se retrouverait alors face à une sorte de «plan C», qui pourrait faire peur à toutes les composantes actuelles de l’ARP. Il n’est pas en effet sûr que l’électeur tunisien donne de nouveau leurs chances aux partis qui avaient remporté les dernières législatives, et appliquera de nouveau la stratégie du dégagisme.

Reste l’autre scénario. C’est celui d’une opposition qui ferait exprès de voter le gouvernement d’Ennahdha, sans y participer, pour mettre le parti islamiste en contact, direct et exclusif, avec le feu du pouvoir, qui ne peut que «détruire» Ennahdha, au vu des choix, économiques et financiers, cornéliens et que personne ne maîtrise et qui est, soit de continuer les réformes, socialement et économiquement douloureuses, soit d’opter pour une politique d’austérité, tout aussi dévastatrice.

–          En attendant, personne n’ose parler économie, et possible Shutdown

«En attendant Godot», personne parmi la classe politique, prochaine dirigeante ou dans l’ opposition, n’a à aucun moment parlé des défis, économiques et financiers, qu’il aura à gérer et que redoute tout le pays. Le budget 2020 et sa loi des finances, seront très probablement présentés, par un gouvernement sortant, devant une ARP sortante.

Le pays manque pourtant de fonds, rien que pour clôturer ce budget 2020. L’investissement dans le pays est en état d’attente. L’emploi aussi. Mais encore l’administration qui devra payer ses fournisseurs, et les entreprises impayées, pour payer les salaires de leurs employés. Et même le taux de change de la monnaie locale, qui bougera en fonction de l’orientation que prendra la crise politique et financière. Des sources généralement très bien informées, évoquent de plus en plus le risque d’un Shutdown à l’américaine et d’un possible manque d’argent pour payer les salaires des fonctionnaires et des retraités. De tout cela, personne ne parle et ne veut pour l’instant pas parler, laissant le pays comme un bateau, encore ivre de la réussite de ses élections que tous érigent comme un monument jamais conçu ailleurs dans le monde, mais à la dérive des querelles de la crise politique en cours.

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Un nouveau chef d’Etat dans le mauvais fauteuil

La Tunisie a désormais, officiellement, un nouveau président. Le chef de l’Etat Kais Saïed a, ce mercredi 23 octobre 2019, prêté serment, prononcé son sermon et rejoint son bureau à Carthage, où les Tunisiens ont pour la seconde fois vu un président partir et son successeur entrer, à pied et non à la descente d’un char. Même Kais Saïed disait en avoir fait le rêve pour ses enfants, dans une brève déclaration au micro de la Wataniya. C’est fait, et la Tunisie confirme qu’elle reste une exception, politique, dans tout le monde arabe et même dans une partie de l’Afrique.

Certains diront que c’est des mistoufles (تنبير). D’autres soutiendront que  ce ne sont que de simples critiques, formelles certes, mais qui doivent être faites par la presse, même si le nouveau locataire de Carthage et beaucoup de ses supporters et soutiens, ne l’aiment pas.

Le principal est de dépasser cet état d’euphorie, à notre sens surfaite, d’un passage de témoin démocratique, pour lequel beaucoup nous félicitent et beaucoup d’autres nous envient. Dépasser, aussi, l’habitude de ne voir du nouveau chef de l’Etat que les choses positives, de l’encenser dans la presse et sur les plateaux TV, après l’avoir descendu en flammes quelques semaines plus tôt. Ceux qui l’ont fait, en ce premier jour du mandat de Kais Saïed, on les avait déjà vus avec BCE et on les verra avec celui qui prendra la suite de Saïed. Et c’est, peut-être, en réaction à ces cliques de laudateurs et pour faire autre chose, que nous écrivons ceci.

–        Le maître des céans sur le banc des invités

La première remarque à faire est de l’ordre des fautes protocolaires. En effet, une  séance de travail entre quatre yeux a groupé  l’ancien et le nouveau président de la République au palais de Carthage, séance qui concrétisait la passation des pouvoirs, par ce qui y a été dit entre deux oreilles de secrets d’Etat, de dossiers brûlants et autres petits secrets passés d’une main à l’autre. Lors de cette séance de travail dans la salle de réception des invités du chef de l’Etat, et contrairement au protocole, Mohamed Ennaceur qui n’était plus président dès la prestation de serment de son successeur, avait occupé le fauteuil normalement réservé à l’hôte, alors que le nouveau président se retrouve sur le canapé des invités. Du coup, le nouveau maître de céans qu’était devenu Kais Saïed, est protocolairement relégué au rang d’un invité ordinaire. On dit ça, on ne dit rien !

–        Saluer ou embrasser le drapeau national ?

Seconde remarque, tout aussi protocolaire, mais qu’on pourrait expliquer, à volonté, soit par l’inadvertance, soit par le manque de préparation, c’est lorsque Saied se contente de saluer le drapeau national d’un petit geste de merci sur sa poitrine. L’usage, depuis Bourguiba, était que le chef de l’Etat embrasse légèrement le drapeau national à la fin de l’hymne national et lorsque le soldat le lui présente, incliné à son niveau. On remarquera que le nouveau chef d’Etat s’était fait rappeler aux règles du protocole par celui qui en a la charge, debout juste derrière lui, à peine visible sur la photo.

1. Le nouveau chef d’Etat, avec sa famille, au palais de Carthage. 2. K.S oubliant d’embrasser le drapeau
1. Le nouveau chef d’Etat, avec sa famille, au palais de Carthage. 2. K.S oubliant d’embrasser le drapeau

Autre remarque, et à notre sens aussi, capitale. En effet, à plus d’une occasion, l’ancien candidat qu’était le nouveau président, Kais Saïed avait promis et répété qu’il n’habiterait pas au Palais présidentiel et que sa famille n’y entrerait pas. L’homme était, alors, parfaitement dans son rôle de candidat antisystème.

Toute la Tunisie savait, comme lui certainement, que ni le protocole, ni surtout la sécurité, ne le lui permettront, et l’en dissuaderait même par tous les moyens s’il le fallait. Une fois président de la République, il devra obéir aux impératifs de la sécurité présidentielle. Saïed l’avait pourtant toujours dit et quelques fois répété.

–        La famille Saïed, au complet, à Carthage

Il avait aussi, par deux fois au moins, au cours de sa campagne et au lors du Grand débat, affirmé qu’il n’y aura pas de famille à Carthage. Ses trois enfants, un garçon, les manches de chemise retroussées, et deux filles habillées un peu au-dessus du genou [Ndlr : Comme la jeune femme que sa juge de femme avait un jour renvoyée du tribunal] comme, par ailleurs à la Tunisienne, étaient déjà «chez eux» et dans la nouvelle demeure, à accueillir leur père de président frais émoulu. Demeure, par ailleurs, qui sera mitoyenne du palais en lui-même. C’est ce qu’il faut faire. Mais c’est ce qu’il ne fallait pas dire. Saïed voulait alors dire qu’aucun membre de sa famille ne profiterait de la position du père chef de l’Etat, pour l’accès à un poste ou à un privilège. Mais il ne s’en était pas bien expliqué, et cela est encore dû à son défaut de communication, qu’on espère va s’améliorer. Cela pour la forme.

On verra après, si son frère et ancien directeur de campagne, le suivra à Carthage en tant que conseiller. On attend aussi, pour voir si la 1ère Dame qu’est devenue, aujourd’hui de fait, sa femme qui est juge de métier et présidente du tribunal de 1ère instance à Tunis, va démissionner, pour éviter le conflit d’intérêts et éviter la cohabitation des pouvoirs, exécutif et judiciaire, sous un même toit.

Mais on sait déjà que son directeur de cabinet, Abderraouf Bettaïeb, est un ancien membre du bureau politique d’Ettayar Démocratique de Mohamed Abbou. On sait aussi que celui qui a toujours parlé au nom de Saïed, notamment sur Al Hiwar TV, Kais Karoui, est un ancien CPR comme il l’avait lui-même indiqué. Ce n’est pas la famille au sens généalogique, mais c’est la famille politique.

De gauche à droite : Le nouveau chef de cabinet, ancien ED, déjà à l’œuvre. 2. Kais Karoui, l’ancien CPR devenu un Pro-KS
De gauche à droite : Le nouveau chef de cabinet, ancien ED, déjà à l’œuvre. 2. Kais Karoui, l’ancien CPR devenu un Pro-KS

–        La phrase cheveu sur la soupe servie par Kais Saïed

Pour le fond, maints observateurs ont été interpellés par cette phrase proférée par Kais Saïed, lorsqu’il prononçait son sermon de nouveau chef d’Etat après avoir fait le serment officiel de nouveau président de la République. Un sermon solennel, fait dans un Arabe châtié, délivré  à la Jamel Abdennasser, qui détaillait les principes généraux de son mandat, comme le respect des conventions signées, la justice, le souci du social, le souci de la bonne gestion des deniers publics, la lutte contre le terrorisme ou le renforcement des droits de la femme. Comme un cheveu sur la soupe, il évoque «la disposition de beaucoup de personnes à faire don d’une journée de salaire pendant cinq années, pour rembourser les dettes et ne plus avoir recours au crédit».

Personne ne savait si c’était une décision, une proposition, ou un simple écho aux propositions de ses soutiens parmi la jeunesse. Une phrase, si détaillée, qu’elle dénotait complètement tout l’esprit de son sermon. Une phrase qui fait déjà peur, au moins à une partie de la population, déjà éprouvée par deux années de contribution de solidarité sociale, imposée par le gouvernement de Youssef Chahed. Le premier à réagir officiellement, sera Noureddine Taboubi, et il en fera une nouvelle ligne rouge. Il aurait été plus judicieux d’annoncer que la présidence de la République compterait resserrer son budget, ou même que le nouveau chef de l’Etat réduira sa rémunération pour contribuer à la réduction des dépenses de l’Etat, avant de penser à demander à la population de sacrifier une journée de salaire pendant cinq ans.

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Entreprise, presque familiale du groupe Y.K Holding des Hmila (33,75 % entre Alya, Aya et Yassine Hmila, sans compter les 31,38 % de Tarak qui préside le groupe), Cellcom était un fleuron commercial de la bourse de Tunis. Créée en 1997 et introduite en bourse en février 2014, l’entreprise que dirigeait jusqu’à récemment Mohamed Ben Rhouma, était bénéficiaire et le restera jusqu’à 2014, année où le bénéfice dépassait même les 3 MDT. L’entreprise des Hmila avait alors eu la bonne idée de créer une marque tunisienne de téléphonie mobile. Certes construite en Chine, mais qui restait une marque tunisienne. L’accueil sera à la hauteur des créateurs et ces derniers poussent l’aventure jusqu’à élargir la gamme aux tablettes et même à l’électroménager. Tout alors marchait bien, ou presque.

L’année suivante, 2015, sera certes bénéficiaire, mais constituera aussi le premier palier vers le déficit. En effet, après le résultat net de 0,981 MDT de 2015, Cellcom plonge et ne se relève toujours pas. 2016 sera l’année du 1er déficit. Ce dernier dépassera à peine les 1,2 MDT, mais sera annonciateur du pire. Le pire, ce sera le déficit de 3 MDT de l’exercice 2018, qui n’a pas encore été rendu public.

  • L’effet Chouaieb

Co-fondateur de Chifco, depuis avril dernier, et aussi à la tête de Cellcom où son entreprise détient 17,9 % du capital, Amine Chouaieb semble avoir déjà fait son effet. A la tête d’une start-up spécialisée dans le domaine de l’Internet des Objets, le «Machine Learning», le Big Data et la Business Intelligence, basée à Sousse, Chouaieb pourrait presque, à peine six mois de son installation à la direction de Cellcom où l’ancien PDG Ben Rhouma conserve ses actions, se prévaloir d’une probable réussite.

En effet, à fin septembre 2019, le chiffre d’affaires a augmenté de 13 % pour atteindre 22,77 MDT, par rapport à 20,2 MDT de la même période de 2018. La vente de GSM, Smartphone et tablettes, a augmenté de 16 % pour atteindre 18,29 MDT contre 15,82 MDT d’une période à l’autre. La vente des cartes de recharge du troisième trimestre 2019 a connu une augmentation de 11% pour atteindre 4.10 M TND au 30/09/2019, contre 3.68 M TND au 30/09/2018.

Seul petit bémol, l’activité petit électroménager, de la filiale Cellcom distribution, qui n’a généré au 30/09/2019 qu’un chiffre d’affaires de 1.20 MDT, comparé à 1,59 MDT au 30/09/2018. Une baisse qui serait due à la «rude concurrence du marché parallèle et à la fermeture de plusieurs shops spécialisés dans l’électroménager», argue la direction. En tenant compte du chiffre d’affaires de Cellcom Distribution, le chiffre d’affaires consolidé s’élève à 23,97 MDT, comparé à 21,79 MDT au 30/09/2019. Une hausse donc de 10 %.

Chouaieb réussit aussi, au 3ème trimestre 2019, à baisser de 60 % les charges financières ramenées à 0.4 MDT contre 1 MDT au 3ème trimestre 2018. Il met aussi un plan social et une stratégie d’optimisation des ressources et la réduction des charges, et l’effectif moyen passe de 107 à 74 personnes. Dans le cadre de la mise en application du plan de restructuration, il réduit aussi sa masse salariale au cours du troisième trimestre 2019.

Résultat, le taux de marge brute augmente de 3 % pour atteindre 18% au 3ème trimestre 2019, par rapport à 15% au 3ème trimestre 2018, et la trésorerie nette s’améliore et passe de -7.9 MDT au 30/09/2019 après les -11.6 MTND au 30/09/2018.

  • Evertek n’est pas mort. Il cohabite

D’abord focalisée sur sa propre marque de téléphonie, «Cellecom Reloaded», change complètement de stratégie commerciale et se munit de deux nouvelles marques. La nouvelle Cellcom vient en effet de signer un contrat de distribution exclusif de la marque «Neffos», une marque de smartphones du géant chinois TP-Link. Elle s’ajoutera à l’autre marque, toujours chinoise «Infinitix» et cohabiteront, les deux, avec Evertek.

Homme de «Big Data» et de Business Intelligence, Chouaieb met en place une nouvelle stratégie pour pénétrer le marché africain, sans avoir à y risquer la présence physique de l’entreprise. C’est désormais via «Junmia », que Cellcom compte gagner des parts de marché dans le sous-continent africain (Congo RDC, Gabon et Côte d’ivoire, …)

  • Le boulet fiscal

Il lui reste, pourtant, à gérer le boulet fiscal que l’entreprise traîne depuis 2009. En effet, «la société a reçu, le 27 décembre 2012, une notification des résultats de la vérification approfondie de sa situation fiscale au titre de la période allant du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011. Les impôts réclamés par l’administration fiscale s’élèvent à un total 494.249 dinars tunisiens, en principal et pénalités de retard. Cette notification a fait l’objet d’une réponse motivée par la société « CELLCOM SA » rejetant les principaux chefs de redressement. La société a néanmoins admis le redressement pour certains points et une provision au titre d’un complément d’impôts à payer à ce titre est constatée, au 31 décembre 2017, pour un montant de 114.340 dinars tunisiens. Le 26 octobre 2015, une notification de taxation d’office a été communiquée à la société, réclamant un complément d’impôts et taxes de 375.547 dinars tunisiens dont 95.215 dinars tunisiens de pénalités de retard. En vue de bénéficier de l’abattement total des pénalités de contrôle constatées, des pénalités de retard de recouvrement et des frais de poursuite dont le montant total s’élève à 123.531 dinars tunisiens, prévu par les dispositions de l’article 66 de la Loi de finances 2016, la société a payé, au cours de l’exercice 2017, la totalité du principal de la créance, soit 280.332 dinars tunisiens. Actuellement, l’affaire est devant le tribunal de première instance de Tunis».

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La société «AeTech» a été créée à la suite de l’achat partiel de l’actif de l’activité EDD d’Alcatel Tunisie, par Zoubeir Chaïeb. La société est également un distributeur des produits Ooredoo et elle est cotée sur le marché alternatif de la Bourse de Tunis.

Elle a pour objet la fourniture, l’installation, la maintenance, le développement et l’intégration des produits logiciels dans le monde des technologies de la communication de l’Internet, de l’informatique et de bureautique. Et d’une façon générale, toutes les opérations commerciales, financières, mobilières et immobilières, se rattachant directement ou indirectement à l’objet social et à tous les objets annexes et susceptibles d’en faciliter l’extension et le développement.

En 2019, ses états financiers semestriels font ressortir un total bilan de 4,689.405 MDT et des capitaux propres négatifs de 5,227.443 MDT, y compris le résultat déficitaire de l’exercice s’élevant à 0,367.917 MDT. Il faut dire à cet égard que les produits d’exploitation de l’entreprise ont été divisés par deux (3,112 MDT contre 6,351 MDT).

Mais les charges d’exploitation, aussi, sont passées de 7,358 MDT à fin juin 2018, à 3,362 MDT à la fin du 1er semestre de l’exercice en cours. Malgré cette baisse des charges, elles restent supérieures au total des produits d’exploitation. Le résultat d’exploitation suit donc vers le bas et sort déjà négatif d’un peu plus de 0,250 MDT et s’alourdit ensuite jusqu’à constituer un déficit de presque 0,368 MDT. Un résultat qui représente, tout de même, une amélioration par rapport à la perte de 1,320 MDT à la même période de 2018. A fin juin 2019, la trésorerie de l’entreprise était négative de 1,8 MDT.

Tout cela amènera les commissaires aux comptes de cette entreprise cotée en bourse à faire remarquer à ses actionnaires, que «les états financiers font ainsi apparaître des fonds propres, inférieurs à la moitié du capital social». Pis, «cette situation persiste depuis l’approbation des états financiers de l’exercice 2017», font remarquer les commissaires aux comptes (CC) de l’entreprise de la famille Chaïbi. Et les CC de tirer déjà la sonnette d’alarme sur une «situation [qui] indique l’existence d’une incertitude significative susceptible de jeter un doute important sur la capacité de la société à poursuivre son exploitation».

La mauvaise situation d’AeTech ne date cependant pas de 2019. En 2018 déjà, les produits d’exploitation étaient en baisse de presque 5,5 MDT par rapport à 2017. Les revenus de l’exercice clos le 31 décembre 2018 s’élevaient à 9,980 MDT, contre un montant de 15,526 MDT à la même période de 2017. «La diminution de 5,545 MDT vient suite à l’abandon de l’activité de commerce de gros de matériel informatique et de téléphonie mobile courant 2018».

Les charges d’exploitation que la direction divisera par trois, ne changeront pas le résultat d’exploitation qui terminait négatif 2,264 MDT, presqu’autant que le résultat net qui terminait aussi en zone négative. Les créances sur les clients présentent un solde net de 4,967 MDT, ce qui pourrait dénoter un problème à ce niveau.

In fine, les commissaires aux comptes se seraient retrouvés dans l’obligation de faire part de cette même «incertitude significative liée à la continuité de l’exploitation», qu’ils ont confirmée en juin 2019. Et déjà en 2018, les CC attiraient «l’attention sur le tableau de variation des capitaux propres qui indique que la société a subi une perte nette de 2 287 178 DT au cours de l’exercice clos le 31 décembre 2018 et que, à cette date, les passifs de la société excédent de 4 859 526 DT le total de ses actifs. Une situation qui indique l’existence d’une incertitude significative susceptible de jeter un doute important sur la capacité de la société à poursuivre son exploitation».

Impossible aussi, au vu de la situation financière de l’entreprise qui est cotée en bourse, surtout sur un marché alternatif théoriquement «destiné aux petites et moyennes entreprises ayant des perspectives prometteuses», de ne pas faire part de l’état de la rémunération du PDG. Selon les documents de l’entreprise, publiés sur le site du CMF, «la rémunération annuelle du Président Directeur Général a été fixée par décision du conseil d’administration du 26 juin 2002. Elle s’élève à la somme annuelle brute de 144 000 DT. La rémunération annuelle du Président Directeur Général a droit à une prime d’intéressement annuelle variable calculée à raison de 0,25% du chiffre d’affaires et 10% du résultat brut d’exploitation». Cette rémunération n’a pas changé, depuis 2012. Mais cette année-là, AeTech était bénéficiaire de 109.454 DT, un peu moins que le bénéfice de 2011. Ce n’est qu’à partir de l’exercice de 2013 que l’entreprise de la famille Chaieb entrera dans un cycle déficitaire qui dure ainsi au moins six ans.

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On ne connaît pas, et on ne connaîtra pas les paramètres des arbitrages entre les différents ministères en matière de budget. Il est pourtant des choses dans ce budget, pour le moins incompréhensibles, si ce n’est inadmissibles pour un pays qui fonctionne au crédit.

Le budget d’Etat de la Tunisie augmentera de pas moins de 4,1 milliards DT en une seule année, de 2019 à 2020. Dans ce budget de 47,2 milliards DT, presque 60 % (28,263 milliards DT), iront aux dépenses de gestion, dont plus de 19 milliards DT, ou 15,1 % du PIB, ou encore 40,29 % de tout le budget, pour les salaires d’une fonction publique qu’aucun ministre n’a su dompter. On aurait presqu’envie de voter pour qu’on la donne à Mohamed Abbou le Karcher. 4,180 milliards DT pour la compensation, dont 3,6 milliards DT pour les denrées alimentaires et les carburants. En face de toutes ces dépenses, de pure consommation, uniquement 5,6 % de tout le PIB de la Tunisie iront au développement.

La Tunisie, où le taux de chômage peine à descendre en-dessous de 15 %, où la croissance n’arrive toujours pas à décoller au-dessus de 1,4 % (prévision du ministère des Finances pour tout 2019), dépense 15,1 % de son budget en salaires pour un peu plus de 690 mille fonctionnaires de l’Etat et augmente chaque année leurs salaires, ne dépensant que seulement 5,6 % de son PIB pour essayer de créer des emplois pour ses 635 mille chômeurs, dont 253 mille jeunes diplômés.

On comprendra alors, aisément, que ces jeunes aient décidé de faire leur propre révolution. Elle a été cette fois, pacifique. JFK disait que ««ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable». Tout ceci dit pour ceux qui ne comprendraient pas encore l’émergence de l’énigmatique Kais Saïed, mais aussi pour tous les syndicalistes.

Le budget est là. Le prochain gouvernement ne pourra pas y changer quelque chose car il n’existe encore pas. L’ARP non plus et même surtout pas, car il y va du confort des députés. Notre assertion se base sur des chiffres. Des chiffres d’un budget qui appellent pourtant plus que des questions.

En effet, un regard comparatif sur le budget de l’Etat, ministère par ministère et d’une année à l’autre, oblige à faire quelques remarques sur la vraie nature de ces dépenses et de leurs hausses, pour un pays qui se voit déjà obligé de recourir à l’endettement, pour un montant de 11,3 milliards DT.

  • Le Top 5 des plus grands budgets

En termes d’argent, le plus gros budget 2020 sera consacré au ministère de l’Education. Il disposera de 5,594 milliards DT, dont la très grande partie ira aux salaires, aux nouveaux recrutements et à la construction de quelques écoles. Ce budget est en hausse de 17 %.

En seconde place, le ministère de l’Intérieur qui disposera d’un peu plus de 3,7 milliards DT. Sécurité oblige, ce budget augmentera de 20 %.

Avec un peu moins de moyens, la Défense se verra mettre à disposition 3,241 milliards DT. Un budget en hausse de 10,6 %. Le document ne le dit pas, mais la Défense compterait s’équiper de nouveaux avions, qu’elle espère de combat, si les USA le permettent.

Le 4ème plus gros budget pour 2020, sera celui de la Santé, avec 2,544 milliards DT. Un budget qui enregistre la plus importante en hausse (23,8 %) et qui sera notamment consacré à l’achat d’équipements, les hôpitaux de Sfax, Sbeïtla et Siliana et l’équipement d’un certain nombre d’autres hôpitaux régionaux.

On s’étonnera, cependant, pour un pays appelé à mettre à niveau son industrie et ses PME et qui voudrait aussi s’industrialiser, de la baisse de 8,7 % du budget du ministère de l’Industrie et des PME. Il est le 5ème plus gros budget avec 2,157 milliards DT, alors que d’autres ministères, comme celui des Affaires religieuses augmente. Une hausse qui pose question, malgré son petit budget de 149 MDT, qui paraissent en même temps importants au vu du poids économique de ce ministère dans un pays où la religion ne crée que des emplois qui créent à leur tour des problèmes (débordements et politisation notamment).

  • Davantage d’argent pour plus de mosquées

En effet, pourquoi faire un +22 % dans le budget du ministère des Affaires religieuses ? Le nombre de mosquées est estimé en Tunisie à 4.480 en 2017. Un chiffre en hausse de 885 mosquées entre 2010 et 2017, c’est-à-dire en hausse annuelle de 126 mosquées. Dans son budget, le ministère des Affaires religieuses veut pourtant encore en bâtir et entretenir les mosquées, pour grand nombre construites par des particuliers, pour «garantir une place au paradis» selon un Hadith, pour la somme de 1,22 MDT, sans oublier les autres 15,5 MDT pour l’ameublement d’autres et autres 250 mille DT pour acheter des voitures pour les directions régionales du ministères. Un Etat qui s’endette pour payer ses dépenses, a-t-il besoin de tout cela maintenant ?

  • Plus d’argent pour les députés, la présidence de la République et un «siège» à Babouche pour le chef du gouvernement !

Pourquoi faire un +35,4 % dans le budget qui sera alloué au Parlement ou ARP ? On ne trouve aucun détail sur le budget de l’ARP dans le document du budget. Mais on imagine que cette hausse servirait à augmenter encore plus les salaires des députés, pour leurs prochains assistants parlementaires, et autres services à fournir à des députés, dont les taux d’abstention et les voyages à l’étranger ont défrayé la chronique.

Silence aussi dans le document du budget de l’Etat sur celui de la présidence de la République qui est de 140,9 MDT, mais aussi, en hausse de 13.7%. Pourquoi ? Le document du ministère des Finances ne donne aucune explication. Peut-être serait-ce pour les frais de bouche ? Peut-être aussi pour renforcer les effectifs des gardes du corps qu’on met à disposition de toute personne menacée ?

Pourquoi aussi cette hausse de 3 % dans celui de la présidence du gouvernement ? Dans le document du budget, on remarque parmi ces dépenses à faire par les services de La Kasbah, la somme de 0,4 MDT pour la mise en place d’un … «siège consacré à la présidence du gouvernement» et qui serait situé à … Borj Zouara à Babouche à Tabarka, à quelques encablures des frontières avec l’Algérie. Pourquoi donc ce bien immeuble que le document nomme «siège » ? Serait-ce un pied-à-terre pour vacances pour la seconde tête de l’Exécutif, puisque la première (chef de l’Etat) en dispose de plusieurs, et pour l’égalité et l’équité entre les deux présidences ?

Pourquoi ? Baisse de 8.7% pour le ministère de l’Industrie ? Pourquoi ?

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