En cinq mois de cette année, l’économie tunisienne a exporté pour l’équivalent de 11.995,7 MDT et en a importé pour 16.687,1 MDT. Grosso modo, l’information semble plutôt bonne, même si le solde de ces cinq premiers mois est déficitaire de plus de 4691 MDT. En effet, avec la crise, on se réjouit toujours de toute hausse des exportations, même si elle n’est que de 4 %. Sauf que, comme les trains, «un chiffre peut en cacher un autre». En effet, ce chiffre d’une hausse de 4 % cache en effet une baisse de plus de 2 points par rapport aux quatre premiers mois de la même année.
La hausse des exportations «est imputable essentiellement au secteur de l’agriculture et des industries agroalimentaires avec une hausse de 122.7%, suite à l’augmentation de nos ventes d’huile d’olive (1142.1 MD contre 126.2 MD), au secteur des industries manufacturières de 6.8% et au secteur des industries mécaniques et électriques de 3.3%», explique une note de l’INS.
Derrière cette baisse de croissance des exportations tunisiennes, il y a indéniablement les grèves et tous les mouvements sociaux qui secouent la Tunisie depuis la révolution de 2011. Cette Tunisie exporte, en effet, de moins en moins de produits de l’énergie et de lubrifiants. En cinq mois, c’est même une baisse de 39,4 % de ce type de produits, suite à la diminution de nos ventes du pétrole brut (438.7 MD contre 962.4 MD). C’est aussi une baisse de 35,5 % du phosphate et dérivés en raison de la diminution de nos exportations de DAP (62.4 MD contre 120.6 MD ou 63.2 MT contre 150.2 MT). Et comme les grèves n’ont pas touché que ces deux secteurs, c’est aussi celui du textile, habillement & Cuir dont les exportations baissaient de 5,2 %.
«Sous le régime off shore, on observe un ralentissement du rythme de croissance des exportations et des importations. En effet, sous ce régime, les exportations ont enregistré une hausse de 2.0% contre 4.0% durant la même période en 2014, et les importations ont enregistré une hausse de 1.8% contre 4.4% durant la même période en 2014. Sous le régime général, les exportations ont enregistré une hausse de 8.0% contre une baisse de 12.4% durant la même période en 2014, tandis que les importations ont baissé de 5.1% contre une hausse de 4.3% durant la même période en 2014», explique aussi l’INS.
Force est aussi d’affirmer que la diminution de 3,1 % des importations, même si elle soulage en définitive la balance commerciale, n’est pas toujours une bonne chose pour une économie comme celle de la Tunisie qui a une industrie, essentiellement de transformation. Cette baisse, la Tunisie la doit d’abord au reflux des approvisionnements en pétrole raffiné (1376,4 MDT contre 1622,3 MDT). Mais c’est aussi la cause directe de la baisse de 8,1 % des biens d’équipement. Or ce dernier ratio est généralement équivalent à une baisse des investissements où les biens d’équipement sont importants, et cela se voit plus dans la baisse à 9,8 % des importations de biens d’équipement pour les entreprises du «régime général» qui correspond généralement aux investisseurs locaux. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier aux chiffres pour faire des affirmations où un chiffre peut toujours en cacher d’autres.
Khaled Boumiza








