Il ne fait aucun doute que le terrorisme que vit la Tunisie est en lien direct avec la situation en Libye. Une Libye où le pouvoir est jusque là entre les mains des anciens jihadistes introduits depuis l’opération française en 2011 en Libye en complément terrestre des frappes aériennes . La Libye déstabilise toute la région et c’est uniquement la Tunisie qui en fait les frais.
Le proverbe arabe aurait certainement dit que ce sont «les propres habitants de la Cité qui ont fait témoignage». D’abord, celui de ce politicien français et député européen, Jean-Luc Mélenchon. Il y a quelques jours sur la chaîne BFM TV, il déclarait que «nous devons dire à Nicolas Sarkozy que sa responsabilité est considérable, en ayant provoqué l’effondrement de la Libye, sans aucune relève valable et intelligentes». On serait enclin à croire que cet ancien malheureux candidat du Front de Gauche, pourrait avoir des comptes à régler avec l’ex-président français qui avait mené la guerre contre Kadhafi, comme pour faire taire l’ancien financier de sa campagne électorale, diraient les mauvaises langues.
Voici donc le journaliste et écrivain, Olivier Ravanello, qui affirmait samedi dernier sur la chaîne française iTélé, que «la France a une responsabilité particulière en Libye. C’est la France qui renverse le régime de Kadhafi, c’est la France qui, après l’opération militaire, ne prépare pas la remise en place et l’accompagnement d’un Etat. C’est la France qui a cru que l’initiative d’un philosophe [ndlr : Bernard Henri Levy] pourrait suffire à rebâtir un pays. C’est la France qui n’a pas fait ce travail à l’époque de l’ancien président [ndlr : Nicolas Sarkozy] et c’est la France qui ne fait toujours pas ce travail de manière suffisamment appliquée aujourd’hui (…). Nous avons, plus que les autres, une responsabilité sur ce qui se passe en Tunisie, pas parce que c’est un pays ami, mais car nous sommes responsables de la situation en Libye».
On passera sur le soutien inconditionnel de l’ancien gouvernement français aux islamistes d’Ennahdha qui ont fait le lit du terrorisme lorsqu’ils étaient au pouvoir avec la Troïka. On oubliera même que ce sont au moins deux pays européens, la Grande-Bretagne et la France, qui avaient donné asile à ceux qui reviendront mal gouverner la Tunisie de l’après Ben Ali et créer toutes les conditions de la naissance et de la mue du terrorisme en Tunisie. On remarquera seulement que, par ces deux déclarations, la démonstration est ainsi faite par les Français eux-mêmes de la responsabilité de ce pays européen dans ce qui arrive depuis quelques années en Tunisie. Et pourtant, personne n’aide cette Tunisie que toute l’Europe et même l’Amérique s’accorde à dire qu’elle est «le plus beau résultat du printemps arabe ». Son Excellence l’Ambassadeur de France en Tunisie pourrait, comme à chaque fois, évoquer les millions DT de crédits et autres petites aides et le représentant de l’Union Européenne lui emboîtera certainement le pas. Voici ce qu’en dit le journaliste et écrivain français Olivier Ravanello. Sur BFM-TV, ce dernier estimait que «la Tunisie aurait besoin de pouvoir sécuriser sa frontière qui est extrêmement poreuse et pour ça donc du matériel, des hélicoptères de surveillance. La France est prête à en vendre, pas à en donner et comme la Tunisie n’a pas beaucoup d’argent en ce moment, elle ne peut pas acheter. Les Français ont proposé du conseil et quelques gilets pare-balles en tout et pour tout. Ce n’est évidemment pas à la hauteur». Et alors que s’amplifieront certainement les déclarations des bonnes intentions que feront les trois ministres venus ce lundi à Sousse (le ministre français de l’intérieur Barnard Cazeneuve et ses homologues britannique et allemand, Theresa May et Thomas de Maizière), on n’est même sûr que les «conseillers» en sécurité français, soient jamais arrivés en Tunisie.
Que pourrait donc faire la France, ce pays responsable au premier degré de ce qui se passe en France ? «On pourrait déjà tenir parole. On a promis, l’Europe a promis des milliards à la nouvelle démocratie et ils n’en ont pas vu la couleur. Nous les Français, on pourrait établir un moratoire sur la dette française de la Tunisie», proposait déjà le député européen Jean-Luc Mélenchon sur BFMT-TV.
Khaled Boumiza








