Le chef du gouvernement, Habib Essid, a choisi de battre sa coulpe et reconnaître que la police avait été trop longue à intervenir lors de l’attentat de la semaine dernière, sur la plage de l’hôtel Imperial Marhaba d’El Kantaoui, où le tueur a déambulé près de 30 minutes avant d’être abattu. C’est le premier aveu de défaillances des autorités tunisiennes, relève l’agence France presse.
« Le temps de la réaction – là est le problème », a avoué Habib Essid à la BBC, une semaine jour pour jour après l’attentat, ajoutant que la police avait été « bloquée partout », sans plus de précisions, et tenu à s’excuser au nom de la Tunisie. « Nous sommes vraiment désolés pour ce qui s’est passé », a-t-il dit.
Depuis une semaine, les Tunisiens, sur les réseaux sociaux comme dans la rue, alternent entre désespoir et humour noir face aux récits accablant les forces de l’ordre. Deux témoins ont ainsi indiqué à l’AFP qu’un agent de sécurité armé, arrivé par la mer, n’avait pas osé intervenir et avait abandonné son arme à un civil qui, lui, voulait « tirer sur le terroriste ».
Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué l’attaque, comme il l’avait fait lors de l’attentat contre le musée du Bardo à Tunis, le 18 mars, dans lequel 22 personnes (21 touristes et un policier tunisien) étaient mortes.
Après l’attentat, la Tunisie a annoncé la mise en place d’un « plan exceptionnel » mercredi pour sécuriser plages et sites touristiques, avec notamment le déploiement d’un millier d’agents armés supplémentaires dans ces zones.
Mais dans une vidéo diffusée par la radio privée Cap FM, le ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli, qui inspectait mercredi soir une plage dans la station balnéaire de Hammamet (au sud de Tunis), constatait des carences avec colère. « Nous nous étions mis d’accord sur la protection des plages. Où sont-ils, tes agents chargés de sécuriser les plages? Et je les veux armés. Où sont-ils? », lançait-il à un responsable.
Jeudi, le gouvernement a annoncé que huit personnes « en lien direct » avec l’attentat, dont une femme, avaient été arrêtées.
« Le dossier est brûlant et contient des données dangereuses », a de son côté avancé le porte-parole du Parquet, Sofiène Sliti, en exhortant les médias à respecter « le secret de l’instruction ».
Pour assister les policiers tunisiens, Londres a dépêché sur place des enquêteurs de Scotland Yard. Payant le plus lourd tribut dans cet attentat, le Royaume-Uni a observé vendredi une minute de silence à midi, heure locale.
Selon les autorités tunisiennes, l’auteur de l’attentat, un étudiant de 23 ans, s’est formé au maniement des armes dans un camp en Libye, pays livré au chaos et séparé de la Tunisie par une frontière poreuse.








