La Grande-Bretagne s’apprête à dépêcher un contingent de 50 instructeurs prélevés sur ses forces spéciales pour «rechercher et éliminer » les terroristes de l’Etat islamique (Daech) qui sont derrière le massacre de Sousse, annonce en exclusivité le Sunday Express paraissant à Londres.
Cette décision intervient une semaine après que le gouvernement tunisien « aux abois » à lancé à la communauté internationale un appel à l’aide.
Selon des sources militaires de haut rang, le contingent est fort de 50 membres choisis parmi les unités des forces spéciales. Ils seront rejoints par des «experts» du Foreign Office ainsi que par des conseillers français et allemands qui aideront à évaluer l’équipement supplémentaire dont a besoin l’armée tunisienne qui compte 27 000 militaires.
La contribution de la Grande-Bretagne inclura également le déploiement de radar de localisation au sol capable de repérer les mouvements de personnes sur de vastes rayons et périmètres.
La nuit dernière, une source haut placée au gouvernement britannique a révélé que l’opération sera financée directement par le ministère des Affaires étrangères (Forgien Office).
«On ne parle pas au Royaume-Uni de l’estampillage d’une marque sur la Tunisie, nous voulons simplement dispenser des conseils qui portent sur la formation des forces spéciales et un examen des équipements que vous pouvons fournir », a précisé la source.
«Ils ont besoin de contre-mesures électroniques et il existe des systèmes qui, parallèlement à la formation, pourraient être déployés par les forces tunisiennes dans les zones frontalières pour surveiller les mouvements de personnes dans de vastes régions lointaines «
Un porte-parole du Foreign Office a déclaré: « Nous sommes impatients de renforcer nos efforts et de fournir plus d’aide à la Tunisie en matière de sécurité. Le Premier ministre l’a clairement signifié au président de la République Beji Caïd Essebsi, alors que d’autres discussions sont en cours avec les Tunisiens pour faire avancer ce projet ».
« Le Royaume-Uni collabore étroitement avec la France et l’Allemagne, et a mis en place une équipe d’experts en sécurité pour examiner les arrangements de sécurité dans les grandes zones touristiques. »
Tunis, mais aussi la Syrie et l’Irak
Ces initiatives et décisions sont à mettre en relation avec le projet prêté au gouvernement de Londres d’étendre les actions de la Grande-Bretagne contre l’Etat Islamique (EI) aussi bien à la Syrie qu’à l’Irak. Mais l’affirmation du secrétaire à la Défense Michael Fallon que l’effort supplémentaire sera limitée à des frappes aériennes a suscité les critiques des experts.
Selon le ministère de la Défense, huit avions de combat britanniques Tornado basés à Chypre ont effectué 452 raids sur l’Irak depuis que le Royaume-Uni a rejoint la coalition internationale, détruisant des cibles à 168 reprises. Les drones de type Reaper ont effectué 558 sorties et a frappé des positions de Daech 131 fois.
Ceci représente 10 pour cent du nombre des sorties effectuées par les États-Unis.
« Le problème est qu’il n’est pas facile de localiser des cibles décentes, a indiqué Justin Bronk du think-tank RUSI.
« Les Etats-Unis ont un taux de succès plus élevé parce qu’ils sont impliqués dans des opérations contre l’EI près du barrage de Mossoul, par exemple, où le risque pour les civils était beaucoup moindre.»
Robin Simcox, du think-tank « Henry Jackson Society », a déclaré que le succès contre Daech ne peut être assuré en l’absence de troupes au sol.
« Combien de temps avons-nous à combattre selon le mode de guerre de 2003 avant que nous puissions commencer à prendre des décisions basées sur celui de 2015? Ceci est un conflit complètement différent ».
« L’objectif clairement déclaré par le président Obama, et soutenu par David Cameron, est d’abîmer et de détruire l’Etat islamique. Mais nous devons nous demander comment nous sommes vraiment sérieux à ce sujet.
« Est-ce que le gouvernement pense vraiment que les frappes aériennes, avec la difficulté de trouver des cibles appropriées parmi les populations civiles, et en laissant les combats à des forces de sécurité suspectes en Irak, vont suffire pour faire le travail? Si oui, il s’agira d’une mauvaise stratégie basée sur un espoir aveugle « , a-t-il affirmé.
Mohamed Lahmar








