AccueilLa UNELa Banque de Tunisie entre gestion prudente et politique commerciale audacieuse !

La Banque de Tunisie entre gestion prudente et politique commerciale audacieuse !

Avec 1.6 milliard de dinars de capitalisation, la Banque de Tunisie, « Vieille Dame du secteur », cherche  un équilibre entre une gestion prudente et une politique commerciale plus audacieuse, constate Tunisie Valeurs, dans une note consacrée  à la B.T qui « a réussi  à imposer sa rigueur comme exemple, mais  est  restée plutôt timide au niveau de sa croissance ». Aujourd’hui,  la banque prend conscience de son potentiel, encore sous exploité, et se veut plus agressive sur le marché, précisent les analystes de Tunisie Valeurs.

Sur les 4 dernières années, la BT a enregistré une croissance moyenne de 6.8% de ses dépôts, inférieure à l’évolution globale du secteur de 7.7% par an.

Avec un total dépôt de 2 922MDt, la banque est peu active dans le paysage bancaire tunisien, référencié comme une banque « discrète » peu concurrente aux autres banques privées telles que la BIAT, Attijari Bank ou encore Amen Bank, qui affichent des niveaux de dépôts bien plus importants entre 4 500MDt et 7 500MDt. Avec une collecte moyenne de 126MDt par an, la BT se classe en bas de tableau avec une part de marché de 6.5% à fin mars 2015.

Pour ce qui est des crédits, «  la BT a de tout temps privilégié la prudence à la croissance (un TCAM des crédits de 3.8% par an sur les 4 dernières années). Une culture qui affecte son positionnement dans le secteur ». Devancée par des banques plus « bagarreuses » telles que Attijajri Bank et UIB, la BT perd, sur les 5 dernières années, 3 places dans le classement, enregistrant une part de marché crédits de 7% à fin mars 2015.

Aujourd’hui la banque prend conscience de l’enjeu concurrentiel, et se doit d’être plus agressive. Sa stratégie sera autant axée sur les PME, que les Grandes Entreprises, et devrait, selon nos estimations, afficher sur les deux prochaines années, une croissance moyenne des crédits de 6% à 3 607MDt.

Un PNB de 9%

En 2014, et pour contrebalancer le ralentissement de la marge d’intérêt (+4%), la banque a centré ses efforts sur l’amélioration des revenus de placement (+29%) et de commissions (+9%), lui permettant de maintenir une croissance satisfaisante de son PNB à 9%. Ainsi, le poids de la marge d’intérêt a diminué dans la structure du PNB, passant de 64% en 2010 à 59% en 2014.

Pour ce qui est des perspectives futures, les revenus d’intérêt continueront à peser pour l’essentiel du PNB de la banque. La stratégie plus agressive de la banque pourrait, de ce fait, pénaliser sa marge d’intérêt et à fortiori la croissance de son PNB.

Ainsi, et en préservant une politique de placement dynamique, la banque devrait, selon nos prévisions, afficher une croissance moyenne de 7% de son PNB, légèrement en dessous de son trend historique.

Cependant et s’agissant de productivité, la BT, réputée pour sa gestion rigoureuse,  a vu sa productivité se dégrader depuis 2011 (augmentation des charges sociales, extension du réseau), enregistrant un coefficient d’exploitation de 34% en 2014 (contre un taux de 29% en 2010). Une productivité en baisse, mais qui se maintient à des niveaux très corrects, toujours inférieurs à la moyenne sectorielle (un taux moyen de 50%) Sur les prochaines années, et compte tenu du programme d’extension du réseau, le coefficient d’exploitation devrait, selon nos estimations se stabiliser aux alentours de 35%. Des niveaux plus que conformes aux standards internationaux de l’industrie !

Enfin, en termes de qualité de portefeuilles & rentabilité, et malgré une politique de risque très prudente, la BT n’a pas échappé à la dégradation de la qualité de son portefeuille depuis 2011. En effet, la banque est fortement exposée au secteur hôtelier. Un secteur, des plus sinistrés depuis la révolution, et qui représente, selon le management, environ 45% du total des créances classées de la banque.

Les créances classées ont progressé 3 fois  plus vite que le total des encours, ramenant le taux de créances classées 2014 de la banque à 7.9%, contre un taux de 5.4% en 2010. Des niveaux qui restent toutefois très satisfaisants.

Les efforts de provisionnement se sont également réduits. Loin des taux de couverture exemplaires de 90%, la banque a affiché sur les 3 dernières années un taux en dessous du minimum exigé par la BCT. La banque a, semble t-il, détendu sa rigueur passée !

Reste le point fort de la BT, une assise financière très solide et un ratio Cooke culminant à 22%, bien supérieur aux standards de la BCT. Une arme sans pareille, qui lui permettrait d’assoir sa nouvelle politique de crédits plus dynamique.

Cependant, des fonds propres élevés, peuvent s’avérer plus difficilement rentables.

La banque affiche un ROE de 15.5%, bien moins attrayant que la majorité de ses consœurs. La banque aurait tout intérêt à optimiser la gestion de ses ressources pour améliorer sa rentabilité.

Au niveau consolidé, le groupe a enregistré en 2014 un bénéfice de 88.7MDt qui devrait, selon nos prévisions atteindre 97MDt en 2016 soit un TCAM de 4.6%, conclut la note de Tunisie Valeurs.

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