Sous l’effet d’une succession de développements tant économiques, sécuritaires, que sociaux et autres, le taux de croissance du PIB de la Tunisie n’a de cesse de débouler pour être ramené de 3% au départ à un désespérant 1% actuellement pour l’année 2015. Des conjoncturistes n’excluent pas que ce taux dégringole à la somme nulle et même négative, si l’activité économique manquait à se ressaisir d’ici la fin de l’année, ce qui ferait le lit de la récession.
Ce serait d’autant plus dans l’ordre des choses que manifestement les choses peinent à bouger dans le sens qui aide le pays à limiter autant que faire se peut les dégâts et sortir de la paralysante ornière dans lequel il se trouve. Il serait fastidieux de passer en revue tous les écueils qu’il va falloir surmonter tant ils sont nombreux et variés, mais il sera de la toute première importance de ramener les investisseurs tant nationaux qu’étrangers, de les rassurer et leur fournir le climat des affaires idoine à l’enseigne duquel ils pourront contribuer au redressement de l’économie. Et ceci ne pourra pas aller sans le rétablissement de la sécurité sérieusement mise à mal par les dévastateurs attentats terroristes qui ont fait fuir les touristes alors que l’on se préparait à la haute saison, mais encore l’atténuation des troubles sociaux avec leur cortège de grèves, de sit-ins, et de mouvements de protestation à tout berzingue.
Dans cette architecture, le gouvernement semble comme paralysé, certainement incapable d’imagination et surtout de fermeté pour se donner les moyens de mener ses politiques pour autant qu’elles soient mal pensées et entachées par endroits d’incohérence. Il n’est dès lors pas étonnant qu’il décide de réviser à la baisse son taux de croissance prévu pour toute l’année 2015, de 3 à 1% , comme le prévoit le projet de loi de finances complémentaire pour l’exercice 2015 (LFC).
Pour l’essentiel, le gouvernement a expliqué sa décision par les impacts des deux opérations terroristes du Bardo (18 mars 2015) et Sousse (26 juin 2015), sur l’investissement extérieur et les revenus touristiques.
Le gouvernement a, en outre, lié sa décision à plusieurs autres facteurs considérés comme objectifs. Il s’agit, notamment, de la baisse du taux de croissance au cours du premier trimestre 2015 (1,7%, contre 2,4% au cours de la même période 2014) et les conflits sociaux, les sit-ins et les grèves). S’y ajoute la hausse du taux de change du dollar par rapport au dinar (2 dinars= 1 dollar //le 11 mars 2015//). A un point tel que, à la fin juin 2015, 1,939 dinar s’échangeait contre un dollar (1,800 estimés).
Dans le même temps, le volume des importations a enregistré, au cours du 1er semestre 2015, une baisse de 0,4% outre la régression du taux de croissance des importations de marchandises (hors offshore et hors pétrole) lesquelles ont atteint 2,6%, contre un taux estimé à 5%.
Le projet de LFC dont l’agence TAP a pu avoir une copie, met l’accent sur la nécessité de réviser les équilibres économiques en général et les équilibres des finances publiques et d’élaborer un programme d’appui à travers la mise en place de dispositions exceptionnelles.
Selon le même document, les recouvrements devront atteindre en 2015, 18510 MD, soit une baisse de 1310 MD selon les prévisions et de 0,4% par rapport à l’année 2014.
Les revenus non fiscaux ont été actualisés passant de 1775 MD à 2642 MD, soit une hausse de 867 MD, alors que les revenus provenant de l’endettement ont été actualisées atteignant 6934 MD contre 7405 MD estimés.
S’agissant des dépenses de gestion pour 2015, elles atteignent 17702 MD contre 17970 MD estimés soit une baisse brute de 268 MD.
Ces résultats devront cependant limiter le niveau du déficit budgétaire à 4372 MD, soit environ 5% du PIB actualisé, contre 4391 MD prévus dans le cadre de LFC soit 4,9% du PIB.L’endettement public, lui, devra dépasser le seuil des 50% pour atteindre 52,7% du PIB à la fin 2015.








