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Tunis : «Exemplaire» opération antiterroriste à Bizerte. Un terroriste abattu et 13 capturés

Encore un insigne haut fait au crédit de la  direction des unités anti-terrorisme. Ses agents,  soutenus par différentes unités sont parvenus à encercler jeudi à l’aube, dans la délégation de Sejnane à Bizerte, plusieurs endroits où se terraient  des éléments terroristes. Ils en ont capturé  13 individus alors qu’un 14ème acolyte a réussi à prendre la fuite, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur qui a qualifié l’opération d’ « exemplaire ».

Le fugitif a tiré des coups de feu sur les unités qui le prenaient en chasse avant d’être abattu par des tirs de riposte, précise le communiqué qui fournit les détails de l’opération.

Il s’agit d’une « opération proactive » menée par les forces spéciales de la Garde nationale appuyées  par d’autres unités. L’assaut a été lancé dans la nuit du mercredi à jeudi, sur la foi de  renseignements précis qui leur sont parvenus sur la présence d’éléments terroristes dont l’objectif était de cibler des zones sensibles dans la région.

Selon la même source, l’opération a permis de saisir une quantité d’explosifs de fabrication artisanale, de munitions et d’armes dont 4 armes de type Kalachnikov ainsi que des explosifs prêts à l’utilisation.

Cette opération s’est poursuivie vendredi à l’aube, sous la forme de plusieurs descentes effectuées par les forces de l’ordre dans des maisons abritant des terroristes à la cité Ennajeh à Menzel Bourguiba (Bizerte), ce qui a permis l’arrestation de deux éléments terroristes dans deux habitations  alors qu’un troisième terroriste a ouvert le feu sur les forces de l’ordre et a utilisé sa femme et son bébé comme boucliers humains.

Le père de cet individu a été emmené sur place pour le convaincre de se livrer mais il a continué à  tirer des coups de feu.

Avec la poursuite des négociations, les unités sur place sont parvenues à libérer la femme et le nourrisson pris en otages, d’après le même communiqué.

La mère de cet homme a été ensuite, appelée à la rescousse pour le convaincre de se rendre, il s’est alors livré, ce qui a permis de mettre fin à la totalité de  l’opération.

Les descentes effectuées vendredi à l’aube ont permis de saisir 5 armes de type Kalachnikov et un fusil d’assaut de type Steyr

Une enquête a été  ouverte par les soins de  l’unité spéciale anti- terroriste de la Garde nationale à El Aouina, sur autorisation du ministère public.

On a appris auprès d’autres sources que les éléments terroristes arrêtés ce vendredi à Sejnane s’apprêtaient à perpétrer des actes  terroristes  à l’occasion de la fête de la République, demain  samedi 25 juillet 2015.

D’après les mêmes sources, les terroristes en question ont un lien avec l’opération terroriste perpétrée durant le mois de mars dernier contre  le musée du Bardo. Ils avaient fourni des armes aux  auteurs de cette attaque.

Un appareil de sécurité « globalement dysfonctionnel » !

Pour performantes qu’elles aient été, les unités de la sécurité tunisiennes ne semblent pas parfaitement outillées pour répondre aux défis terroristes. C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport du  centre de réflexion International Crisis Group (ICG), qui juge l’appareil sécuritaire tunisien « globalement dysfonctionnel » ayant besoin d’une réforme d’ampleur pour pouvoir combattre et juguler l’essor de la menace jihadiste illustrée par les attentats revendiqués par le groupe Etat islamique.

« La Tunisie réagit au jour le jour à des violences jihadistes qui se multiplient et dont l’ampleur s’aggrave « , ajoute l’ICG dans son rapport publié jeudi. « Pour faire face à cette violence, mais aussi mieux gérer les contestations politiques et sociales, une réforme d’envergure des FSI (Forces de sécurité intérieure) est nécessaire », ajoutent les analystes de l’ICG qui soulignent, en s’appuyant notamment sur les témoignages de cadres du ministère de l’Intérieur,  « l’affaiblissement du corps sécuritaire » depuis la chute en janvier 2011 de la dictature de Zine El Abidine Ben Ali qui avait mis en place un système où « la peur du policier entretenait l’illusion de l’efficacité des FSI ».

Le rapport épingle les «  luttes intestines de l’appareil sécuritaire, miné par les batailles politiques, l’arbitraire de la hiérarchie et l’ accroissement rapide de nombreux agents mal formés , contribuant  à diminuer l’intégrité et les compétences professionnelles du policier de base,  affaiblissant les capacités d’encadrement et faisant exploser la petite corruption ».

« Sans une réforme des FSI qui permettrait d’appliquer une stratégie de sécurité globale, le pays maintiendra une gestion de crises au coup par coup, à mesure que son environnement régional se dégrade et que ses tensions politiques et sociales augmentent, au risque de sombrer dans le chaos ou renouer avec la dictature », souligne le rapport qui demande que « les  FSI ne se retrouvent pas seules à combler le manque de vision stratégique de la classe politique ».

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