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Le fonds pour la promotion de la médecine spécialisée dans les régions prioritaires ne sera pas efficace !

Le secteur de la santé souffre d’un manque flagrant de médecins spécialistes dans plusieurs régions de l’intérieur de la Tunisie.

Cette insuffisance met en péril la santé des citoyens car elle concerne particulièrement des spécialités vitales telles que la gynécologie et l’obstétrique, l’anesthésie-réanimation, la chirurgie, l’orthopédie, la radiologie, la pédiatrie et la cardiologie.

On compte, en moyenne, un spécialiste par service. C’est insuffisant, surtout quand il s’agit de radiologie ou de gynécologie. Un seul médecin ne peut pas tout faire ! Néanmoins, le travail à l’intérieur des régions pose certaines contraintes pour les médecins qui ont leurs familles à la capitale ou dans les villes côtières, et leur fait adopter un mode de vie particulier auquel ils ne se sont pas habitués.

Le docteur Abdelmajid Mselmi, chirurgien et membre du front populaire, pense que pour faire face à la pénurie des médecins spécialistes dans les hôpitaux régionaux, il est nécessaire que les nouveaux médecins spécialistes soient affectés de façon automatique dans les hôpitaux régionaux pendant au moins 2 ans après un concours classant. Par la suite, ils pourront opter pour le secteur public, universitaire ou libéral.

Selon lui, le fond spécial de 26 millions de dinars conçu récemment par me ministère de la santé publique dans le cadre du projet du budget complémentaire pour la promotion de la médecine spécialisée dans les régions prioritaires ne sera pas très efficace pour résoudre le problème en question. « Nous ne refusons pas ce fond, cependant nous craignons que ce projet ne soit pas très efficace ».

Et d’ajouter que l’obstacle qui entrave la réussite de ce projet réside dans le fait qu’il est peu probable qu’on trouve des centaines de médecins spécialistes volontaires installés dans es grandes villes et qui acceptent d’effectuer des gardes une fois ou 2 fois par mois dans les hôpitaux de l’intérieur.

D’autre part ce projet pose un problème éthique car si un chirurgien ou un gynécologue effectue une opération chez un patient pendant la garde puis il retourne à sa ville d’origine, qui va s’occuper de ce patient notamment en cas de survenue de complications ??? L’éthique de la pratique médicale impose la continuité des soins et le médecin est tenu de suivre son patient jusqu’à la guérison.

« Je prévois que ce projet ne sera pas réussi », ajoute le Docteur Mselmi qui a affirmé la nécessité d’élaborer une feuille de route visant à réduire les écarts sanitaires entre les régions. Des investissements importants sont nécessaires pour mettre à niveau les hôpitaux régionaux car ils constituent le maillon le plus faible de notre système de santé.

Cela permettra de mieux soigner les citoyens et d’alléger la pression et décongestionner les hôpitaux universitaires des grandes villes.

Pour rappel, des centaines de médecins tunisiens en blouses blanches, ont manifesté, à maintes reprises, protestant contre le projet de loi 38-2013 qui prétend à instaurer un service obligatoire minimum de 3 ans pour les médecins spécialistes dans le secteur public, les obligeant à travailler dans les zones de l’intérieur. En refusant de servir dans ces régions, les médecins perpétuent l’injustice sociale et économique de la dictature.

Ils ne veulent pas travailler dans les régions éloignées alors que des centaines de médecins occidentaux travaillent, eux, dans les régions reculées du Congo, Niger, Népal, et dans d’autres pays en crise ou démunis, gratuitement pour aider les pauvres!

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