AccueilLa UNETunis : Petites cachotteries financières, de candidats aux présidentielles

Tunis : Petites cachotteries financières, de candidats aux présidentielles

Quelques mois après l’organisation des élections présidentielles en Tunisie, certains candidats à ces échéances sont la cible d’une polémique, plus ou moins importante selon ce qui leur est reproché dans la gestion de leurs campagnes aux dernières présidentielles. Et si certains sont carrément sommés de restituer les fonds publics, d’autres risquent d’énormes sanctions financière pour non transparence de leurs campagnes Abdelkader Labbaoui, Mohamed Hachmi Hamdi, Kelthoum Kennou, mais aussi «d’illustres noms » de personnalités comme Hamma Hammami ou M. Kamel Nabli, se sont-ils dérobés aux obligations mentionnées dans la loi organique relative aux élections et aux référendums  notamment en ce qui concerne les comptes bancaires réservés à leurs campagnes pour les présidentielles ? Le dernier rapport de la Cour des Comptes sur les élections présidentielles a répondu à cette question.

Cette source a, dans ce cadre, pointé du doigt plusieurs irrégularités. A commencer par le compte bancaire du candidat Abdelakder Labbaoui qui n’a pas mentionné sur la liste des manifestations et des activités qui ont été organisées durant sa campagne électorale et ce, contrairement à l’article 83 de ladite loi. Or, cet article 83 stipule que «chaque candidat doit tenir une liste des manifestations, activités et rencontres réalisées,  visée par l’ISIE, tout en dressant une liste synthétisée des recettes et des dépenses électorales en se basant sur le registre desdites opérations et cette liste devrait être signée par le tête- de-liste, le candidat ou le représentant légal du parti».  De même, les deux candidats Kalthoum Kennou et Mohamed Hechmi Hamdi n’ont pas présenté à la Cour des Comptes la liste originale des manifestations organisées au cours de leurs campagnes électorales. En effet, ces derniers se sont limités à présenter une liste partielle, considérée comme étant «incomplète» par les juges de la Cour des comptes dans son dernier rapport à propos du financement des différentes campagnes électorales des présidentielles de 2014

Dans le même contexte, le candidat Salem Chaiebi, a « omis » de mentionner sur sa liste, les manifestations tenues au cours de sa campagne électorale, alors qu’il a organisé plusieurs activités électorales. Pour sa part, Mustapha Kamel Nabli, pourtant ancien gouverneur de la BCT et un des grands noms de la Banque Mondiale, ne semblait pas avoir respecté l’article 83 de la loi électorale qui impose aux candidats de tenir un registre chronologique de toutes les recettes et dépenses sans aucune rature. L’analyse de son registre des opérations débitrices et créditrices, a démontré l’affichage de 65% de ses dépenses, l’équivalent de 62,176 mille dinars et l’ajout de 8.270 mille dinars dans le registre des revenus et des dépenses. Le candidat a cependant omis d’en apporter les preuves par document. Le registre du candidat Abdelkader Labbaoui a aussi comporté une faille, puisqu’il n’était pas cacheté par l’Instance et ne comportait pas l’aperçu de toutes les dépenses de sa campagne.

Mohamed Moncef Marzouki, candidat malheureux au second tour des mêmes présidentielle, a été également mentionné dans le rapport de la Cour des Comptes. Contrairement aux dispositions de l’article 83 de la loi électorale, stipulant l’ouverture d’un compte bancaire unique ou doivent être versés tous les fonds alloués à la campagne. Il a ainsi «omis» de verser la somme de 29.960 DT dans le compte bancaire de sa campagne. Cette somme, avait pourtant été annotée sur le registre des dons financiers qui lui ont été faits.  Le même constat a été observé chez le candidat d’ Abderazek Kilani qui n’a pas versé une participation financière propre et d’autres dons, dont le montant est estimé à 40.900 DT, répartis entre 5 mille dinars en autofinancement et 35900 financement privé, dans le compte spécial de sa campagne.

Dans le même contexte, le candidat Mahrez Boussian, pourtant Expert comptable et expert financier, a aussi «omis » de verser dans le compte de sa campagne, le montant d’autofinancement de sa propre campagne (16.350 DT), mais encore la somme de 23.057 DT dépensés dans la même campagne et non comptabilisés comme tel. Deux autres candidats, Ahmed Safi Saied et Ali Chourabi, ont commis la même omission et n’ont pas versé une somme de 41.030 DT dans ces comptes bancaires uniques ouverts auprès de la Banque Centrale de Tunisie pour un meilleur contrôle. C’est le même cas du candidat d’Abdelkader Labaoui qui n’a pas versé son autofinancement estimé à 3.500 DT dans son compte bancaire.  Le rapport de la Cour des Comptes a aussi épinglé  le candidat Hamma Hammami pour «non respect de la règle de l’unicité de comptes » pour la somme de 33,926 mille dinars qui représente «la différence entre le total des entrées financières déclarées et le total des sommes versées dans le compte unique », indique le rapport de la Cour des Comptes.

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