L’absence de l’élément féminin du mouvement des gouverneurs annoncé, le 22 août dernier, par le chef du gouvernement Habib Essib a suscité des remous parmi les différents partis politiques et les composants de la société civile.
Dans une déclaration à Africanmanager, Radhia Jerbi, présidente de l’Union de la femme tunisienne (UFT) a déclaré que « la femme n’a pas besoin de cette fonction, les autorités tunisiennes sont appelées à garantir sa participation au gouvernent et au pouvoir pour donner crédit à leur foi dont elles protestent s’agissant de la constitution, des décrets loi, des traités internationaux, qui appellent à l’égalité entre la femme et l’homme.
Elle a sur un autre volet ajouté qu’il ne s’agit pas d’une affaire de compétence mais d’une discrimination étant donné que l’homme tunisien ne veut pas que la femme soit au pouvoir.
Elle a affirmé que le gouvernement n’est pas capable de consacrer les principes de l’égalité et de citoyenneté car les membres du gouvernement veulent tenir la femme tunisienne loin des postes de décision, consacrant ainsi la mentalité machiste prédominante, déplore la présidente de l’UFT.
Pour sa part, le bureau politique de Nidaa Tounes a appelé le chef du gouvernement, Habib Essid, à mettre en place une méthodologie de nomination basée sur la transparence, et ce en concertation avec les partis et à assurer une représentativité effective de la femme dans les instances de prise de décision, comme le stipulent les principes constitutionnels, tout en l’appelant à préciser les fondements sur lesquels se sont reposées les dernières nominations de gouverneurs.
Également, le bureau national de la femme, relevant du Parti Républicain a vivement critiqué l’absence de femmes dans le mouvement des gouverneurs. Selon Al Joumhouri, l’exclusion de la femme de ce mouvement est contraire au principe de parité et d’égalité des chances prôné par l’Etat tunisien.
Il a ajouté que l’absence de la femme de ces nominations ne reflète pas le véritable statut de celle-ci, étant donné la compétence dont elle a fait preuve dans plusieurs domaines et son long militantisme en faveur de la consécration des grandes valeurs du régime républicain démocratique.
Lancement de la campagne : #où sont les femmes ?
Depuis l’annonce du mouvement des gouverneurs, de nombreuses activistes de la société civile ont lancé des campagnes sur les réseaux sociaux « #où sont les femmes ? ».
Ces campagnes ont pour objectif d’exprimer l’indignation des femmes tunisiennes qui ont appelé à appliquer l’article 46 de la Constitution qui garantit « l’égalité des chances entre la femme et l’homme pour assumer les différentes responsabilités et dans tous les domaines »
A rappeler que le ministre de l’Intérieur Mohamed Najem Gharssali a déclaré mardi 26 août 2015, que l’absence d’éléments féminins dans le corps des gouverneurs ne remet pas en question la place de la femme qui a démontré sa compétence dans plusieurs domaines.








