Cinq ans après la mort de Ben Laden, on commence à en savoir un peu plus sur les projets que fondait le leader d’Al-Qaïda. Dans une nouvelle série de documents déclassifiés par les renseignements américains, on découvre plusieurs lettres formulant des menaces claires à l’égard de l’Occident. Parmi les 113 fichiers mis en ligne mardi, on trouve des plans de cours, des conseils aux Mujahidin et des lettres d’Oussama Ben Laden à sa famille et aux pays qu’ils désignent comme « les occupants », traduits en anglais depuis l’arabe.
Dans une des lettres adressée à un « frère », Oussama Ben Laden cible la France, qu’il considère comme « la tête de l’Europe ». Il y présente un « plan de négociations » concernant les cinq Français enlevés en septembre 2010 à Arlit, au Niger. « Si Sarkozy continue de refuser à négocier, alors, une semaine avant l’élection présidentielle, nous tuerons un des hommes, celui au rang le moins élevé dans sa compagnie », écrit-il.
Le chef d’Al-Qaïda se moquait clairement des mesures de sécurité mises en œuvre par l’Europe et les États-Unis. Il prévoyait des opérations dans « des capitales d’Europe », sans les citer. « Ce qui va arriver est la chose la plus amère que vous ayez jamais goûtée, car de nouveaux moyens efficaces d’affecter l’ennemi ont été découverts, que les agences de sécurité ne pourront en aucun cas prévoir », déclarait-il, ajoutant : « Nous devons étendre et développer nos opérations aux États-Unis, et ne pas nous limiter à faire exploser des avions ». Ben Laden évoque même une offensive de très grande ampleur pour marquer le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre.
Selon la Direction nationale du renseignement, ces documents montrent d’une manière générale que « juste avant sa mort », Ben Laden « mettait la plus grande importance à présenter son organisation faiblissante comme unie, alors que ses lieutenants en privé étaient aux prises avec un schisme grandissant » avec la branche d’Al-Qaïda en Irak. Dans un testament, l’homme assure même être à la tête d’une fortune de 29 millions de dollars, soit 26,7 millions d’euros, cachée au Soudan, et qu’il veut utiliser en grande partie pour financer le jihad.








