Sept citoyens du monde sur 10 (71%) estiment que le «dark net» (réseau privé virtuel non identifiable) doit être fermé, selon un nouveau sondage Ipsos commandé par le Centre pour la l’innovation en gouvernance internationale (CIGI). Le sondage, intitulé « Enquête mondiale sur la sécurité et la confiance en Internet 2016 », est allé profondément dans la zone litigieuse du «dark net », une zone de l’Internet uniquement accessible via les navigateurs spéciaux web qui permet de surfer sur le Web de façon anonyme. Ce royaume est utilisé par les pirates, les vendeurs et les acheteurs illégaux (par exemple les images de pédophilie, les armes, les stupéfiants) pour se soustraire à la loi. Dans le même temps, les journalistes, les militants des droits de l’homme, les dissidents et les dénonciateurs peuvent utiliser ces services pour se mobiliser contre la répression, exercer leurs droits fondamentaux à la liberté d’expression et de dénoncer la corruption.
Au milieu de l’agitation et le chaos permanents qui ont lieu dans cet espace, les résultats du sondage réalisé dans 24 pays montrent que 71% sont d’accord (36% fortement / 35% plutôt) pour que le «dark net soit fermé », alors que trois sur dix (29%) sont d’un avis contraire (10% fortement / 19% plutôt), estimant qu’il devrait continuer à exister.
La question se pose alors de savoir pourquoi tant de citoyens du monde croient que le «dark net» devrait être maintenu, s’il est le sale ventre mou de l’internet. La réponse peut se trouver dans la valeur que les citoyens du monde attachent à l’anonymat et à la vie privée face aux inquiétudes sur la surveillance, la censure et le contrôle du gouvernement.
Plus simplement dit, le «dark net» offre aux citoyens du monde un moyen de contourner la censure ou la surveillance. Cela n’a jamais été plus clair que dans le constat que moins de la moitié des sondés (46%) sont sûrs (13% tout à fait / 34% plutôt) que leurs activités sur Internet ne sont pas censurées, et encore moins (38%) (10% tout à fait / 28 % plutôt) que leurs activités sur Internet ne sont pas surveillées.
Enfin, les résultats de l’enquête montrent que les citoyens de certains pays pensent plus que les autres que le « dark net » doit être fermé: ceux de l’Indonésie (85%) et l’Inde (82%) sont les plus enclins à croire qu’il ne devrait pas plus exister, suivis par les internautes du Mexique (80%), de la Chine (79%), de l’Egypte (79%), de l’Afrique du Sud (77%), du Pakistan (76%), de la France (76%), de la Grande-Bretagne (76%) , du Brésil (73%), du Canada (73%), de l’Australie (72%), des États-Unis (72%), de la Turquie (71%), de la Tunisie (69%), de l’Italie (68%), de l’Allemagne (67%) et de la Pologne (65%). Ceux qui sont moins favorables à la fermeture du « dark net » se recrutent au Japon (63%), au Nigeria (62%), à Hong Kong (62%), au Kenya (61%), en Corée du Sud (61%) et en Suède (61% ).








