La Tunisie, tous les rapports scientifiques sérieux le disent, sera durement impacté par les effets du réchauffement climatique. Le pays a déjà connu ces dernières années des épisodes de sécheresse qui ont frappé rudement le secteur agricole à un niveau rarement atteint, sans perler du stress hydrique qui fait que les Tunisiens ont moins de mètres cubes d’eau (450 m3 d’eau par an et par Tunisien en 2015, indique un rapport de World Resources Institute) que la moyenne des autres habitants de la planète. Tout cela fait que pour la Tunisie l’accord de; Paris; était comme une bouée de sauvetage. Le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakher, avait déclaré il y a quelques mois que cet accord inédit lie de fait tous les Etats et permet de situer les responsabilités en faisant en sorte que les pays qui ne sont pas responsables du réchauffement climatique bénéficient de transfert technologique et de financement des projets de la part des pays pollueurs. Le principe du pollueur payeur quoi, qui s’applique déjà aux entreprises dans les nations avancées. Mais voilà, tout ça c’était avait le coup de canif du président américain, Donald Trump, dans le contrat qui lie les pays de la planète, dont le sien, évidemment…; Trump, après avoir administré un camouflet à ses partenaires du G7 et passé un savon à ses alliés de l’OTAN, vient tout bonnement de faire un pied de nez aux 144 pays qui ont ratifié l’accord de; Paris; pour, enfin, prendre les mesures énergiques qui se doivent afin de sauver l’humanité des périls qu’engendre le réchauffement climatique. Le président de la première puissance et de la première économie du monde, laquelle d’ailleurs a acquis ce statut en polluant massivement la planète avec son industrie, vient de se dérober face à ses responsabilités en se retirant du seul accord capable de freiner un tant soit peu la dégradation avancée de notre environnement à cause des gaz à effet de serre. Sans la bonne volonté du plus gros pollueur du globe, cet accord, paraphé par Barack Obama en décembre 2015 dans le cadre de la COP21, a-t-il encore un sens ? L’Union européenne et la Chine veulent y croire, elles qui viennent de marteler leur appui à ce texte sans précédent, après la défection des USA. Mais rien ne nous garantit à ce stade que l’agende de; tiendra après l’ahurissante décision de Trump, à laquelle le président français, Emmanuel Macron, n’a pas voulu croire au sommet du G7, pariant sur un minimum de bon sens du président américain, une fois qu’il aura regagné; . Le républicain avait demandé quelques jours de réflexion, ce qui en soi était déjà étonnant vu que les USA avaient paraphé, et avec enthousiasme, ce texte. Mais qu’il l’enterre, c’est au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer…; Les retombées, forcément négatives; Mouakher avait fait savoir que tous les Etat sont astreints à une contribution à hauteur de 28%, rappelant que l’accord entre en vigueur une fois que 55% des Etats l’ont adopté, sachant que 80 Etats l’ont déjà ratifié.; Il avait indiqué que les propositions mises sur la table par la Tunisie pour obtenir 20 milliards de dollars ne sont pas toutes claires mais que le ministère fera de son mieux pour décrocher plus de subventions pour l’adaptation du secteur agricole au phénomène du changement climatique. Toutefois il avait indiqué que ce pactole n’est pas acquis et qu’il faudra de toute façon que la Tunisie ponde des projets bien définis, prioritaires et finançables pour voir la couleur de cet argent. Autre annonce du ministre, et de taille : Une administration chargée du dossier climatique sera mise sur pied. Mais que va rester de tout cela après ce que vient de faire Trump ? Nul ne le sait. S’il n’y avait pas urgence en matière de décisions rapides et courageuses pour contenir la hausse des températures à un niveau soutenable, pour l’homme comme pour la nature, on se dirait qu’après tout Trump, tout au plus, ne restera que 8 ans à la tête des USA (2 mandats de 4 ans) et qu’il y aura possibilité par la suite de rebâtir ce qu’il a cassé, avec son successeur, mais là ça presse…; Dans son plan national soumis aux Nations-Unies en marge de la COP 21, la Tunisie se donnait pour ambition de « réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs (énergie, procédés industriels, agriculture, forêt et autres utilisations des terres, et déchets) de manière à baisser son intensité carbone de 41% en 2030 par rapport à l’année de base 2010 ». Le pays dispose déjà d’un levier important pour atteindre ses objectifs : Le plan solaire tunisien (PST). Ce plan, d’après le ministre, a toutes les chances d’obtenir la totalité des financements, dans le cadre de l’accord de; . Idem pour les autres programmes dans le domaines des énergies renouvelables. Mais là, encore une fois, c’était avant le coup de massue administré à la planète par Trump…; La démolition de l’héritage d’Obama, par Trump, est à ce prix. Il a commencé son « oeuvre » avec la réforme du système de santé d’Obama (« obamacare »), a poursuivi son entreprise de destruction avec un décret sur l’immigration qui lui a valu l’inimitié d’une partie de la planète, et maintenant le climat. Le souci c’est que les premiers « chantiers » de Trump ont certes une portée nationale et internationale, mais c’est sans commune mesure avec le revirement à 360 degrés sur l’accord de; lequel lui a des répercussions sur l’avenir de l’humanité toute entière. C’est tout de même une autre dimension !; Avec cette décision, l’occupant de la Maison Blanche met les Etats-Unis dans la liste noire des nations qui se sont braquées contre l’accord de; , avec la Syrie et le; , seuls contre tous. Mais je ne suis pas sûr que ça empêche Trump de dormir…








