AccueilLa UNETunisie : Le FMI décaisse, la Tunisie encaisse… ses dures remarques !

Tunisie : Le FMI décaisse, la Tunisie encaisse… ses dures remarques !

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) vient d’achever la deuxième revue du programme de réforme économique de la Tunisie soutenu par un arrangement dans le cadre du mécanisme élargi de financement (FEP). Ainsi, les autorités tunisiennes pourront disposer d’un montant équivalant à 176,7824 millions de DTS (environ 257,3 millions de dollars EU), portant le total des décaissements au titre de l’arrangement à l’équivalent de 631,3661 millions de DTS (environ 919 millions de dollars EU).

Le Conseil d’administration a accédé à la requête introduite par les autorités tunisiennes demandant des revues trimestrielles au lieu du calendrier semestriel actuel. Les décaissements globaux disponibles tout au long du programme demeurent inchangés. Le Conseil a également donné suite à la demande des autorités de ne plus être liées par l’inobservance fin décembre des critères de performance relatifs aux réserves en devises nettes, aux avoirs intérieurs nets, au déficit budgétaire primaire et aux dépenses primaires courantes ainsi que par le non-respect du critère de performance continue par la mise en place ou le resserrement des restrictions sur les paiements et les transferts pour les transactions internationales courantes. Il a également approuvé le maintien d’une restriction de change limitant le crédit commercial pour certaines importations non essentielles jusqu’au 31 décembre 2018.

L’accord quadriennal FEP d’un montant de 2,045625 milliards de DTS (environ 2,98 milliards de dollars EU, soit 375% du quota tunisien) avait été approuvé par le Conseil d’administration le 20 mai 2016. Le programme de réforme du gouvernement soutenu par le FEP vise à réduire les vulnérabilités macroéconomiques, à assurer une protection sociale adéquate et à favoriser une croissance génératrice d’emplois et stimulée par le secteur privé. Les priorités comprennent un assainissement budgétaire favorable à la croissance et socialement responsable pour stabiliser la dette publique à moins de 73% du PIB d’ici 2020 tout en augmentant les investissements et les dépenses sociales, inversant la tendance récente à l’accélération de l’inflation et la flexibilité des taux de change. Les réformes structurelles soutenues dans le cadre de l’accord sont axées sur l’amélioration de la gouvernance, du climat des affaires, des institutions budgétaires et du secteur financier.

Reprise modeste et chômage élevé

A l’issue des discussions au sein du Conseil d’administration, le directeur général adjoint et Président par intérim Mitsuhiro Furusawa, a déclaré: «La Tunisie a connu une reprise modeste en 2017, mais continue de faire face à des vulnérabilités macroéconomiques élevées et le chômage demeure élevé. La dette a continué d’augmenter, l’inflation s’est accélérée et la couverture des réserves internationales est maintenant inférieure à trois mois d’importations. La mise en œuvre décisive des politiques dans le cadre du programme soutenu par le Fonds est nécessaire pour maintenir la stabilité macroéconomique.

« Les autorités ont commencé à relever ces défis grâce à la réduction du déficit budgétaire pour 2018, à un resserrement de la politique monétaire et à un engagement renouvelé en faveur d’un taux de change flexible. Des réformes structurelles ont commencé à améliorer la gouvernance, à renforcer l’environnement des entreprises, à moderniser la fonction publique et les retraites et à restructurer les banques publiques.

« Un ajustement budgétaire réussi dictera la mise en œuvre d’une politique solide. Il sera essentiel d’augmenter les recettes fiscales de manière équitable et de maîtriser les dépenses courantes afin de réduire la dette et d’accroître les investissements et les dépenses sociales. Au rang des priorités pour 2018, il s’agira de renforcer la collecte des impôts, de mettre en œuvre les départs volontaires pour les fonctionnaires, de ne pas accorder de nouvelles augmentations salariales à moins que la croissance dépasse les attentes en termes de vigueur et d’adopter des hausses trimestrielles des prix du carburant. Il sera tout aussi important de répartir équitablement le fardeau de l’ajustement entre les couches de la société et de protéger les personnes vulnérables. Les partenariats public-privé ne devraient fonctionner que sur la base des cadres juridiques et réglementaires adéquats.

Pour d’autres hausses des taux directeurs

« La Banque centrale de Tunisie a démontré son engagement en faveur d’une inflation faible grâce à un élargissement de la fourchette du taux d’intérêt suivi d’une forte hausse des taux directeurs. D’autres hausses seront nécessaires pour déplacer les taux d’intérêt réels en territoire positif, à moins que l’inflation ne s’estompe rapidement.

« Sur la base de la dépréciation du taux de change réel en 2017, la flexibilité du taux de change restera essentielle pour corriger la surévaluation restante du taux de change réel, améliorer le déficit du compte courant et reconstituer les réserves. Cela nécessitera le respect du budget d’intervention en devises et des enchères de devises plus compétitives.

« Les autorités ont augmenté le financement à court terme de la sécurité sociale. Cela devrait être suivi de réformes des retraites équitables et durables. La finalisation de la base de données sur les ménages vulnérables, qui est essentielle pour le ciblage de l’aide sociale, aidera à préserver le contrat social. « Les autorités ont fait des progrès considérables en matière de réformes structurelles. Elles ont créé la Haute Instance de lutte contre la corruption et sont en train de créer des institutions à l’appui du code des investissements, y compris le guichet unique. La législation visant à faciliter la réduction des portefeuilles de prêts non performants contribuera à la restructuration des banques publiques. Les améliorations en cours du régime de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme permettront de remédier aux insuffisances de la Tunisie dans ce domaine.

« L’amélioration significative de la mise en œuvre du programme, soutenue par des examens trimestriels, et le soutien continu de la communauté des donateurs pour les efforts de réforme de la Tunisie seront cruciaux à l’avenir », conclut le FMI.

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