AccueilLa UNELa Présidentielle, une élection atypique, incertaine et déparée d’aberrations !

La Présidentielle, une élection atypique, incertaine et déparée d’aberrations !

Bien des bizarreries meublent la campagne électorale de la Présidentielle anticipée qui a démarré ce lundi 2 septembre. Un exercice démocratisé à satiété avec comme souvent une surpopulation de candidats, 26 au total, purgés en chemin des trois-quarts dont les dossiers ont été jugés irrecevables et traités comme tels.

Il s’agit de trouver un successeur à feu Béji Caïd Essebsi, ravi soudain à la vie voici une quarantaine de jours, ce qui a bousculé de fond en comble tout le calendrier électoral où le choix du prochain locataire du palais de Carthage s’arroge une antériorité par rapport aux Législatives, ainsi décalées et enserrées entre les deux tours de la Présidentielle. Tout le monde a été pris de court et d’abord les candidats qui n’étaient pas prêts à en découdre à une date si rapprochée, leurs programmes n’étaient pas au point, leurs logistiques non plus, alors que et les nouveaux aléas de la subite disparition de BCE ont fait le reste.

Nul ne peut ignorer que cette campagne électorale sera virulente, propice à tous les coups, bas et fourrés, ce qui, pourtant,  serait, selon certains, de bonne guerre dans pareille course à la présidence où sont autorisées des aberrations dont on ne voit nulles pareilles sous d’autres latitudes. Comme, par exemple, l’opportunité reconnue pour un candidat de mettre sous le boisseau ses antécédents judiciaires, si patibulaires soient-ils, ni d’être tenu de prouver qu’il est quitte avec le fisc. Des extravagances auxquelles peuvent se jumeler des situations tristement cocasses à l’instar de la possibilité qui serait offerte à un candidat de faire campagne du fond de sa cellule dans la prison où il est incarcéré, où encore d’un fugitif objet d’un mandat de dépôt d’être dûment en lice pour briguer la magistrature suprême de la Tunisie.

« Tout est possible »

« C’est la première fois que les Tunisiens n’ont aucune idée de celui qui deviendra leur président « , va jusqu’à affirmer le groupe de réflexion Joussour, basé à Tunis, cité par le Daily Mail et l’AFP. Notant qu’il n’y avait que deux postulants majeurs et chefs de file lors de la dernière élection présidentielle en 2014, Béji Caïd Essebsi et l’ex président provisoire président Moncef Marzouki, il concède que « maintenant, tout est possible ».

Mais cet épisode électoral intervient alors que la Tunisie a été secouée par un guéguerre interne mettant aux prises le fils du défunt président de la République, Hafedh Caïd Essebsi, et le chef du gouvernement, Youssef Chahed, lequel a quitté le parti au pouvoir, Nidaa Tounes, pour fonder le sien, Tahya Tounès. Lancée au début de l’année, cette formation politique devenue le deuxième plus grand parti au parlement derrière le parti Ennahdha d’obédience islamiste.

Chahed, 43 ans, est le plus jeune chef du gouvernement du pays et a délégué ses pouvoirs au ministre de la Fonction publique, le temps de se consacrer à la campagne électorale dont il a lancé le volet extraterritorial samedi dans la ville française de Lyon, se présentant comme un défenseur des droits humains.

« Nous espérons parler avec les Tunisiens pour leur expliquer… notre vision d’une Tunisie plus forte, plus moderne et développée, et une Tunisie qui croit vraiment aux valeurs universelles des droits de l’homme », a-t-il déclaré à l’AFP en marge d’un meeting de campagne. Il a également nié les accusations des partisans de Karoui selon lesquelles il était à l’origine de l’arrestation du magnat controversé des médias. « Je n’ai rien à voir avec cela », a-t-il dit, soulignant que l’arrestation de Karoui était un problème juridique. Karoui, qui a récemment créé un parti politique « Cœur de Tunisie » affirme avec constance qu’il est la cible de « tentatives visant à saper sa popularité croissante ».

«  Le pouvoir ne peut être partagé »

L’autre candidat dont il est abondamment question, Abdelkrim Zbidi, ministre de la Défense. Se voulant indépendant, il n’en a pas moins été « récupéré » par le parti Nidaâ Tounès, qui le présente comme son porte-drapeau à l’élection présidentielle. Cité par l’AFP, il a assuré que s’il était élu, il serait déterminé à « relancer l’ascenseur sociale » et à améliorer les services publics pour qu’ils deviennent « accessibles » à tous les Tunisiens. Ila également promis de réviser la Constitution afin de conférer plus de pouvoirs, au président de la République. « Le pouvoir ne peut être partagé « , a-t-il dit, ajoutant toutefois qu’il appartiendrait au peuple tunisien de choisir, par référendum, s’il veut un  » régime parlementaire ou présidentiel ».

Saura-t-il faire pièce au candidat d’Ennahdha, Abdelfattah Mourou, réputé islamiste modéré et l’un des membres fondateurs du parti d’inspiration islamiste ? L’analyste politique Hamza Meddeb a déclaré qu’il pensait que Mourou parviendrait au deuxième tour du scrutin qui devrait avoir lieu la première semaine de novembre. « La grande inconnue est de savoir qui sera son rival « , a-t-il dit.

LM

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