AccueilLa UNELa compensation, une partition mal arrangée!

La compensation, une partition mal arrangée!

Est-ce la peur de dire les choses telles qu’elles doivent être dites ? Le message sur la compensation, plutôt sur son abandon si progressif soit-il, passe mal auprès de l’opinion publique. Davantage que la mesure qui le porte, c’est sa symbolique qui donne des tourments. Le gouvernement semble s’y engager en ordre dispersé étant, selon toute vraisemblance à cout d’arguments qui portent. Mais il est clair qu’il s’agit d’un ukase auquel il est tenu de déférer.

La ministre du Commerce et du Développement des exportations, Fadhila Rebhi Hamza, a concédé, certes, lors de la conférence tenue, lundi 26 décembre 2022, que le système actuel de subventions a atteint ses limites maximales, ce qui, selon ses dires, dépasse la capacité du budget de l’Etat. Mais, elle a pris grand soin de souligner la nécessité de le « réformer et de ne pas l’abandonner pour apporter un soutien à ceux qui le méritent ».

Toutes les catégories sociales profitent de ce programme et c’est injuste…

« Le programme des compensations date depuis des lustres. Le budget qui a été alloué aux subventions en 2006 était de 321 millions de dinars pour les denrées de base ;  en 2010,  le chiffre a atteint 730 millions de dinars. L’année actuelle, le budget alloué aux subventions a atteint les 5500 millions de dinars. Toutes les catégories sociales profitent de ce programme et c’est injuste ;  pour cela, nous allons orienter les subventions vers ceux qui les méritent le plus. Une plateforme sera mise en place prochainement pour assurer la régulation des prix qui s’étalera sur 4 ans » a-t-elle déclaré.

Tous les Tunisiens devraient, selon les dires de la ministre du Commerce, bénéficier du programme de subventions la première année, qui a précisé que durant la deuxième année, le gouvernement devrait mettre en place le contrôle des transferts.

S’agissant de l’inflation et des prix élevés, la ministre a déclaré que c’est le résultat des conséquences de la pandémie de Covid, car la Tunisie assure 100% de ses besoins en blé tendre à partir duquel le pain est fabriqué, 100% de ses besoins en huile végétale subventionnée, 100% de l’orge fourragère à partir de laquelle le fourrage est fabriqué, et la moitié de ses besoins en blé dur, à partir duquel la pâte alimentaire est fabriquée.

Dans ce contexte, le prix du dinar a baissé à la suite de cellee de la production et de la productivité en Tunisie ainsi que de la chute des exportations.

Rebhi a rappelé que les ressources en devises fortes ont diminué, tout cela a fait augmenter le coût du soutien en plus de la hausse des salaires, mais grâce au soutien des prix, l’impact de l’inflation a été moindre en Tunisie par rapport à d’autres pays.

Elle a, en outre  indiqué que les prix des matières sont bloqués depuis 2008, et qu’en l’occurrence, ces prix ont toujours été  moindres à l’instar du prix du lait, de la pâte alimentaire et autres, de sorte que ces matières sont introduits en contrebande sur les marchés libyens et atteignent même le Soudan et le Niger, ce qui explique que le système de subventions a atteint ses limites maximales qui dépassent la capacité du budget de l’État. La ministre e a assuré que ce dernier doit être réformé, pas abandonné, mais plutôt réformé pour utiliser les ressources de l’État afin qu’il soit dirigé vers ceux qui le méritent.

Un autre son de cloche ? pas vraiment !

Le budget alloué aux subventions des produits de base devrait connaître une baisse de 33,1% en 2023, s’élevant ainsi à 2523 millions de dinars, contre 3771 millions de dinars en 2022, selon le budget économique de l’Etat au titre de 2023.

Ce budget a été élaboré sur la base d’un taux de croissance de 1,8% et d’une moyenne de prix d’un baril de pétrole de 89 dollars ( contre 75 dollars dans le budget de 2022), a indiqué la ministre des Finances, Sihem Namssia, lors de la même conférence de  presse consacrée, lundi, à la cité de la culture à Tunis, à la présentation des mesures prévues par la loi de finances de 2023.

L’élaboration du budget a également pris en considération l’hypothèse de la mise en œuvre des réformes économiques visant à maîtriser les finances publiques et de la conclusion d’un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI).

Le budget de 2023 prévoit également, une baisse de 25,7% des dépenses de subvention consacrées aux carburants, pour atteindre 5669 millions de dinars contre 7628 millions de dinars en 2022.

Dans ce budget, le gouvernement envisage une refonte du système de subvention des produits de base de manière à l’orienter vers ses ayants droit parmi les ménages à revenu faible et intermédiaire, « tout en préservant le pouvoir d’achat des Tunisiens ».

Dans ce contexte, il sera question de procéder, au cours des quatre prochaines années, à une régulation progressive des prix des produits de base et de lancer une plateforme numérique ouverte où les Tunisiens pourront s’inscrire pour bénéficier des subventions.

Pour ce qui est du système des subventions énergétiques, Il sera également, réformé avec au programme un passage progressif aux tarifs réels des hydrocarbures tout en préservant le rôle de la Société Tunisienne des industries de raffinage dans l’approvisionnement.

Les prix de l’électricité et du gaz devraient connaître aussi une régulation, tout en prenant en considération les conditions de vie des catégories démunies.

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