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Histoires de sable tunisien

Dans le but de valoriser localement les produits des carrières, notamment le marbre, les pierres naturelles et les sables naturels, la loi de finances pour l’exercice 2023 a institué une taxe supplémentaire sur l’exportation de ces produits, sans préciser son montant, mais des opérateurs étrangers exerçant dans le domaine de l’extraction et de l’exportation du sable de Tunisie ont indiqué que son montant s’élève à 100 dinars sur la tonne de sable de toute nature.

Un de ces opérateurs étrangers, Minérali Industriali Tunisia, n’a pas caché son dépit, décidant, dans le sillage, de fermer ses usines implantées depuis 2006 dans la région de Oueslatia, au gouvernorat de Kairouan et dans le gouvernorat de Sousse.

Paradoxalement, ont noté des commentateurs, le prétexte qu’il donne pour justifier son mécontentement, est justement le motif qui a incité le gouvernement tunisien à prendre cette mesure, soit la commercialisation du sable tunisien à des prix bas, voire dérisoires.

En effet, l’exposé des motifs de la taxe signalée mentionne qu’il a été décidé d’instituer une taxe sur l’exportation du marbre, et autres pierres naturelles ainsi que sur les sables naturels qui sont exportés à des prix dérisoires malgré leur qualité très élevée, en raison du taux élevé de silice qu’ils contiennent.

Aussi, le gouvernement tunisien  soutient voir «  pris la décision d’encourager la valorisation de tous ces produits localement afin de les exporter en tant que produits industriels finis ou semi finis de haute qualité, à des prix élevés ». Il est vrai que, comme l’indique  l’investisseur italien , le sable tunisien est de qualité « moyenne ».

Le fait est que le sable sert à 200 usages quotidiens, bien que son utilisation dans la fabrication du béton armé nécessaire à la construction soit la plus connue. Le béton est constitué de sable à hauteur de deux-tiers.

La silice ou dioxyde de silicium sert, entre autres, à faire du verre et du cristal. La silice est aussi la matière première dont on extrait le silicium, base de beaucoup de composants électroniques. Elle est aussi utilisée pour fabriquer de l’aérogel.

Enjeu environnemental mondial

Cependant, outre le motif de valorisation locale de tous ces produits aux plans industriel et économique, invoqué par les autorités tunisienne, la question de l’extraction et de la transformation du sable dans le monde entier revêt désormais des enjeux environnementaux de la plus haute importance.

En 2021, dans le gouvernorat de Kairouan, justement, des manifestations de protestation ont été organisées par la population de la zone d’El Hajjaja contre un investisseur qui avait voulu y creuser et exploiter sans autorisation et de manière anarchique une carrière de sable.

Les habitants ont affirmé que ladite carrière de sable nuit à la production agricole dans la région

Aussi, sans le mentionner explicitement, l’article 26 répond aux cris d’alarme lancés périodiquement par les ONG de défense de l’environnement et les Organisations spécialisées de l’ONU concernant les menaces générées dans ce domaine par la surexploitation des ressources en sable dans le monde, parfois pour satisfaire des caprices de riches, comme la création d’îles artificielles.

Dans cet esprit, un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), de cette année 2022, souligne que « malgré l’importance stratégique du sable, l’on constate que son extraction, son utilisation et sa gestion ne font l’objet d’aucun règlement dans de nombreuses régions du monde, ce qui a entrainé de nombreuses conséquences sociales et environnementales qui sont largement négligées. Son extraction peut entrainer l’érosion du sol,  la salinisation des nappes aquifères, la perte de protection contre les tempêtes et des impacts sur la biodiversité »

En 2019, déjà, les Nations-Unies ont voté une résolution sur la gouvernance de cette ressource, insistant sur l’urgence de traiter le sable comme une ressource stratégique qui fournit des services aux divers écosystèmes naturels.

Actuellement, environ 50 milliards de tonnes de sable sont extraites chaque année dans le monde, tandis que l’augmentation de la production industrielle ne fait qu’accroître la demande, au mépris des incidences sociales et environnementales.

Une ressource à 1000 dinars la tonne

Le sable est la deuxième ressource naturelle la plus consommée par l’homme, après l’eau. Mais on ne l’’utilise pas toujours à bon escient, comme son usage pour l’aménagement d’îles artificielles. Ainsi au large de Dubaï, dans l’Etat des Emirats Arabes Unis, trois archipels d’îles artificielles ont été créés à partir du sable importé tandis que le site connu « Muséum » signale que le sable des plages de Floride aux Etats Unis provient du Mexique et des Bahamas.

Certains pays africains ont arrêté l’extraction du sable dans des points sensibles de leurs territoires, comme les fleuves.

Selon le rapport du PNUE cité, la consommation mondiale de sable a triplé, durant les trois dernières décennies avec des conséquences fâcheuses tant pour l’homme que pour l’environnement.

Concernant les prix, des rapports des plus fiables soulignent que les sables industriels, utilisant une variété, à base de silice, plus pure et d’une grande finesse sont achetés, sur le marché mondial, à des centaines d’euros la tonne (soit mille dinars environ la tonne) pour la fabrication des puces informatiques.

S.B.H

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1 COMMENTAIRE

  1. Très bon article, merci pour l’auditeur. Le gouvernement doit lire et analyser le contenu de cet excellent article, ensuite il est appelé à prendre les décisions qui s’imposent. Nos ressources naturelles sont limitées, il faut les sauvegarder ou les utiliser comme il faut avec valeur ajoutée. Les USA ont du pétrole sauvegardé pour utilisation future optimale, ils préfèrent consommer ceux des autres pays. La bonne gestion de nos ressources naturelles est un devoir national, le gouvernement n’a pas le droit de les gaspiller pour avoir des devises et détruire l’environnement, ce gouvernement et on l’a dit depuis longtemps que c’est un gouvernement stagiaire sans aucune expérience et ouverture sur ce qui se passe à l’étranger, peut être qu’il est frustré compte tenu de la crise mondiale qui a affecté aussi la Tunisie et il est appelé à trouver des solutions aux problèmes à n’importe quel prix, disons que c’est un gouvernement d’amateurs, ces amateurs doivent lire tout ce qu’il y a comme remarque dans les réseaux sociaux qui constituent une base de données importantes, aussi pourrait-il consulter les experts étrangers et les compétences tunisiennes pour adopter la bonne politique de gestion.

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