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Le Maroc et l’Espagne relancent le projet de tunnel sous le droit de Gibraltar

Dans les limbes depuis des années, le projet de tunnel entre l’Espagne et le Maroc vient d’être officiellement relancé par Madrid et Rabat.

Ce dossier fait partie des sujets évoqués par les deux pays, désireux d’intensifier leur partenariat, lors de leur sommet bilatéral de la semaine passée au Maroc. Mais les obstacles restent nombreux et rendent son avenir plus qu’incertain.

Ce projet de tunnel sous la Méditerranée vise à relier l’Afrique et l’Europe par le train, en passant sous le détroit de Gibraltar.

Deux sociétés d’État, l’une marocaine (Sned) et l’autre espagnole (Secegsa), coiffées par un comité mixte, ont été mises sur pied pour étudier sa faisabilité, ce qui a donné lieu à de nombreux forages, études et essais depuis 40 ans.

Après avoir envisagé plusieurs possibilités, ces sociétés ont opté à la fin des années 1990 pour un tunnel foré sous la mer, à l’instar du tunnel sous la Manche, ayant pour points d’entrée et de sortie Malabata, dans la baie de Tanger (Maroc), et Punta Paloma, près de Tarifa (Espagne).

Cet ouvrage, considéré comme l’un des plus ambitieux au monde, serait composé de deux tunnels ferroviaires et d’une galerie de services et de secours. Il aurait une longueur de 38,5 kilomètres, dont 28 sous la mer, et une profondeur maximum de 475 mètres. 

Cette infrastructure permettrait à moyen terme le transit de plus de 13 millions de tonnes de marchandises et 12,8 millions de passagers par an, ce qui « pourrait contribuer grandement au développement économique » de l’ouest de la Méditerranée.

L’Espagne est en effet le premier partenaire commercial du Maroc – qui exporte une grande partie de sa production, notamment agricole, vers l’Union européenne. Mais le détroit de Gibraltar, où passent 100 000 navires par an, est déjà engorgé, ce qui limite le transport de marchandises entre les deux pays.         

Une enveloppe a été débloquée dans le budget espagnol en 2023 pour financer une nouvelle étude « nécessaire » au « lancement du processus de construction ». Et la remise en route du projet a été abordée lors du sommet bilatéral du 2 février à Rabat.

Le principal problème est d’ordre technique : le détroit de Gibraltar, situé à la limite des plaques tectoniques européenne et africaine, est une zone géologique complexe, avec des portions argileuses instables et de violents courants marins.

« Techniquement, les obstacles ne sont pas insurmontables, mais la question de sa viabilité économique se pose »,  assure cependant un chercheur.

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