Quelque 60 millions de Sud-Africains privés d’électricité depuis des mois et jusqu’à près de 12 heures par jour attendent le président Cyril Ramaphosa sur la crise de l’énergie qui mine le pays, lors de son discours annuel sur l’état de la nation jeudi.
Dans une Afrique du Sud rongée par un des taux de chômage parmi les plus élevés de la planète (32,9%), une prévision de croissance du PIB pour l’année quasi nulle (0,3%) et des familles écrasées par la hausse constante des prix des produits de base, la colère contre les pénuries de courant a gagné la rue.
Ces dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes dont Johannesburg, à l’appel de l’opposition et des syndicats. Depuis l’année dernière, la crise de l’énergie s’est aggravée dans la première puissance industrielle du continent, à la traîne dans la transition vers les énergies propres.
La compagnie publique Eskom, plombée par des années de mauvaise gestion et de corruption endémique sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018), est incapable de produire suffisamment d’électricité dans ses centrales au charbon vieillissantes et régulièrement touchées par des pannes.
Seul remède pour l’instant, des délestages programmés plusieurs fois par jour, forçant le pays tout entier à cuisiner, laver son linge et recharger son téléphone à certaines heures seulement.
Les entreprises perdent chaque jour des centaines de millions de dollars, selon le premier parti d’opposition (DA, Alliance démocratique) qui fustige l’inefficacité du gouvernement à résoudre la crise.
Le Congrès national africain (ANC) au pouvoir a annoncé la semaine dernière avoir donné « des consignes claires » et sommé le gouvernement de déclarer l’état de catastrophe afin de débloquer des moyens.








