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Les monarchies du Golfe appelées par la DG du FMI à la rescousse de la Tunisie

La procédure de conclusion de l’accord de prêt entre la Tunisie et le FMI semble de moins en moins semée d’embûches et pourrait même être finalisée « très bientôt », affirment, cette semaine, des médias arabes,  précisant que cet épilogue est tributaire de la  mobilisation d’autres fonds de la région du Moyen-Orient, de manière à permettre la concrétisation des réformes promises par le gouvernement tunisien.

Ceux-ci ont été, d’ailleurs, exhortés par la directrice générale du Fonds monétaire international,  Kristalina Georgieva et de son staff à contribuer davantage pour aider les pays en difficultés financières de la région, à réaliser des réformes et éviter un raz-de-marée, dont les conséquences n’épargneraient personne.

S’exprimant,  à l’ouverture  du 7ème Forum fiscal arabe, tenu les 12 et 13 février, à Dubaï, elle a affirmé que les pays de la région « courent un risque considérable de déstabilisation », en raison de la guerre en Ukraine, des catastrophes climatiques et des effets des pénuries alimentaires sur les pays les plus fragiles.

Citée par TAP, elle souligné  que  les pays donateurs peuvent « contribuer à la stabilité et à la croissance économique de la région en participant à des initiatives multilatérales ».

En effet, l’accent a été mis lors de ce rendez-vous périodique du FMA (Fonds monétaire arabe), sur la situation difficile des finances publiques dans certains pays de la région (Tunisie, Liban et Egypte) avec des ratios dette/PIB avoisinant les 90 % pour certains et une inflation de plus de 10% pour la quatrième année consécutive outre le chômage, qui  » reste très élevé, notamment chez les jeunes ».

La solution pour cette situation préoccupante réside, d’après le FMI, dans le renforcement de la résilience des finances publiques de ces pays pour protéger les populations, les économies et le climat.

Pour Georgieva « seule la coopération multilatérale peut permettre de rétablir la viabilité de la dette » dans ces pays. A cet égard, elle a rappelé que trois ans après le lancement par le G20, en 2020, de l’initiative de suspension du service de la dette et l’adoption d’un cadre commun pour le traitement de la dette, il reste beaucoup à faire.

« Le traitement de la dette doit intervenir plus rapidement et de manière plus cohérente, et bénéficier à tous les pays qui en ont besoin », a-t-elle dit. Elle a évoqué, à ce propos, les 54 milliards de dollars mis sur la table par les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe), à titre de financement budgétaire et de la balance des paiements outre les 10 milliards de dollars d’aides financières consentis par le « Groupe de coordination arabe », aux pays à faible revenu et pays fragiles ou en proie à un conflit.

Depuis le début de la pandémie, le FMI a accordé quasiment 20 milliards de dollars de financement à certains de ses pays membres de la région. En outre, sur les 650 milliards de dollars de son allocation record de droits de tirage spéciaux (DTS) de 2021, plus de 37 milliards ont bénéficié au monde arabe.

La directrice générale du FMI a rappelé qu’avec les pays disposant de solides réserves dans ce domaine, le fonds œuvre « désormais à la réaffectation de ces actifs en faveur des pays dont les besoins sont plus importants » et la réaffectation de DTS vers le fonds fiduciaire du FMI pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance ». L’objectif étant de continuer à accorder des prêts à taux d’intérêt nul à des pays à faible revenu.

Si Georgieva était entendue

Incontestablement, la concrétisation de l’accord entre le FMI et la Tunisie constituera la première épreuve à travers laquelle l’institution de Bretton woods saura si son appel à une coopération plus soutenue et plus ciblée dans la région est entendu.

La Tunisie est parvenue à conclure un accord préliminaire ( Staff Level Agreement)  avec le FMI depuis le 15 octobre 2022, en vue d’obtenir un prêt de 1,9 milliard de dollars, remboursable sur une période de 48 mois. Mais, le pays attend toujours l’approbation de cet accord par le Conseil d’administration du fonds.

La déprogrammation du dossier de la Tunisie de l’ordre du jour de son conseil d’administration réuni en janvier 2023, a relancé les spéculations et les polémiques sur la capacité du pays à mener à bien ce dossier.

Dans l’entretemps,  les autorités financières tunisiennes ont toujours affirmé que la finalisation de l’accord est en cours et que les financements du FMI sont peut-être retardés, mais finiront par arriver, et ce en dépit de la succession des déclarations des économistes, sur un éventuel envoi du dossier tunisien devant le club de Paris.

Une perspective  qui semble devoir s’amenuiser à mesure  que des approches, visiblement inédites, s’articulent pour déblayer la voie ver issue qui épargnera à la Tunisie le passage par le si décrié Club de Paris, sachant que  l’encours de la dette publique en Tunisie a avoisiné les 112 milliards de dinars, à fin novembre 2022, contre près de 103 milliards de dinars, une année auparavant, ce qui représente une hausse de 8,7%.

Le service de la dette publique, lui, s’est élevé à 12 milliards de dinars, dont la dette intérieure représente 58% du montant global (soit 7 milliards de dinars), alors que la dette extérieure est de l’ordre de 42% (près de 5 milliards de dinars) selon le document  » Résultats provisoires de l’Exécution du Budget de l’Etat « , publié par le ministère des Finances.

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