AccueilLa UNEUn Duo étonnant, qui pèse 100 MDT, pour 1.500 DT par mois!

Un Duo étonnant, qui pèse 100 MDT, pour 1.500 DT par mois!

Leurs racines sont dans le petit village montagneux de « Takrouna » au Sahel tunisien, mais ils habitent à la Marsa. Le grand-père de Omar & Zied Guiga, est un ancien ministre de Bourguiba né à Testour, et auquel le sort de toute la famille était toujours étroitement chevillé.

Les « émeutes du pain », entre le 27 décembre 1983 et le 6 janvier 1984 mettront fin à sa carrière de politicien, Le Commandeur Driss Guiga avait alors appelé à la démission du gouvernement, ce qui lui vaut d’être traduit devant la Haute « Cour de sûreté de l’Etat ». Celle-ci le condamne par contumace à dix ans de prison, et confisque ses biens. Driss Guiga père, s’exile alors à Londres, puis aux USA, où il fait le conseiller pour un riche homme d’affaires du Golfe, pour fuir le courroux de Bourguiba et de son 1er ministre Ben Ali.

–        Une famille persécutée par Ben Ali, à cause du grand-père Driss

Avec son  oncle Laroussi Guiga, Kais qui est le fondateur et principal actionnaire de « Bizerte Cap 3000 », lance l’hôtel « The Residence » dans l’alors marécage de Gammarth, avec un partenaire étranger.

Poursuivi par la police de Ben Ali, Kais s’exile à son tour, et c’est le cadet de la famille, Zied, qui se retrouve dans les prisons de Ben Ali, où sa mère « Amina », femme au foyer, se retrouve seule à la corvée du couffin du prisonnier sans jugement, son fils Zied Guiga. Le dernier des Guiga fut ensuite l’un des premiers libérés de la « révolution » de 2011, repassa par la case justice, pour être ensuite innocenté, dans une affaire d’objets archéologiques, lancée au début contre son père Kais.

Trentenaire, Omar (A gauche sur la photo), au visage d’apparence fermé, peut-être marqué par la triste histoire familiale, mais bien dans la peau de son signe du « Bélier » courageux et qui sait prendre des risques et aime diriger, enthousiaste, prêt à relever tous les défis, travailleur acharné, mais qui sait rester humble face à ce qu’il accomplit. Et surtout, bien dans les habits de sa nouvelle vie de communicateur de la fratrie. Omar avait fait le droit au « Queen Mary College » à Londres, sur conseil de son grand-père Driss Guiga qui pensait que ce sont les études qui mènent à tout. Quadra et cerveau de l’affaire, souriant car peut-être ayant déjà vécu le pire et décidé de l’oublier, Zied avait fait l’école de tourisme de Lausanne en Suisse. Sans trop de conviction, car il ne se voyait pas finir en restaurateur ou en hôtelier, et finit par changer de vocation.

–        Ils rêvent à Wallis, et rentrent pour réaliser la Wallys

Le destin des deux frères Guiga a commencé sur le bateau du père, qui est un grand navigateur. Et c’est au hasard d’une rencontre à « Wallis et Futuna », que les deux jeunes hommes, font la connaissance en 2005 de René Boesch constructeur de la « Jeep Dallas ». L’envie de se lancer dans les voitures est née, et les suivra à vie. Boesch les accompagne en Tunisie, et la 1ère Wallys est faite, artisanalement presque et par une société sous douane seulement, mais qui sera bien reçue au Salon de l’automobile à Paris en 2008.

Leur premier client a été l’Emir du Qatar, payée 12.000 € et lui a coûté 18.000 € pour le transport. Le 2ème client a été un autre Emir d’Abu Dhabi qui en a acheté 2 pour sa résidence à Marrakech. S’enchaînent ensuite les ventes, pour arriver à la 1ère voiture, presqu’entièrement construite (non pas montée) en Tunisie, et qui élargit désormais sa gamme pour toucher le plus de consommateurs, et faire désormais concurrence même à la mythique « Symbol », mais au prix de seulement 47 mDT.

2015 lancement de l’Iris, dans la société Wallyscar dans le capital de laquelle se trouve le fonds d’investissement de la CTKD. L’entreprise n’est pas sous le régime de concessionnaire voitures, mais de constructeur national de voitures, ce qui réduit le coût de ses achats et explique en partie les prix de ses voitures, mais par autorisation renouvelable chaque 3 ans.

–        Avec 60 mDT, ils créent une entreprise de 100 MDT, et se font payer 1.500 DT par mois

De moteur (mécanique) Peugeot (Ils ont aussi travaillé avec Kia), l’entreprise des frères Guiga, a un taux d’intégration de 55 % (Câblage, vitrage, châssis propres Wallys, carrosserie, siège, habillage de la voiture, pneus, batteries, volant, la direction assistée, l’ADS etc.), certifiée aux normes européennes, et qui fait ses propres « crash-tests », et munit ses voitures des airbags, que le coût de développement (500 mille €) ne permettait pas au début de l’aventure.

L’entreprise, avait démarré avec un investissement de 60 mille DT, pour arriver actuellement à un capital de 5,6 MDT, réalise un chiffre d’affaires moyen de 11,250 MDT (Une moyenne annuelle de 25.000 véhicules, au prix moyen de 45.000 DT). A l’entrée de la CTKD dans le capital de Wally car, il y a 3 ans, elle avait été valorisée à 35 MDT par Ernest & Young.

Depuis, la production a été multipliée par deux, triplé son chiffre d’affaire SAV, et la gamme de ses produits s’est élargie, et sa « Valo » devrait désormais être à plus ou moins 100 MDT (Presque 3 fois celle d’un simple concessionnaire récemment entré en bourse à Tunis, et dont Omar parle avec une gentillesse digne d’un saint concurrent). Pour le bénéfice, Omar qui a un salaire mensuel de seulement 1508 DT et 150 DT d’essence (Moins 6 DT pour Zied), reste discret comme on s’y attendait, mais consent à dire que « actuellement on est équilibré (250 mDT en 2022), car on mettait annuellement 500 mille DT dans le développement ».

–        « On est Flat, mais au moins on a créé quelque chose qui apporte de la valeur »

Ses cadres sont nettement plus haut payés (plus que le double), et il ne s’en offusque pas. « Moi, parce que je suis Pdg, je dois être le mieux payé ? Non, on n’a pas notre philosophie. La nôtre est celle d’être une école de formation avant tout. Omar et Zied, trouveront d’autres moyens pour vivre », disait-il en souriant de notre incrédulité.

Wallyscar est distribuée par « Wallys Motors », et n’a pour l’instant que 2 points de vente. Ses prix concurrentiels, Omar Guiga les explique, d’abord par l’intégration tunisienne, qui baisse les prix, paie en DT et non en devise, élimine les frais de douane et de transport, et surtout par la petite de marge (8 à 15 % selon les voitures).

Il sait qu’il fait face à des mastodontes, et lorsqu’on lui demande pourquoi il continue, il nous répond, plus que convaincu, que « parce qu’on croit en ce que nous faisons. Et que nous croyons que lorsqu’on fait quelque chose, de propre et qui apporte de la valeur ajoutée pour le pays, on finira par avoir notre place et des parts de marché entre 15 % et 20 % dans 20 ou 30 ans ». Il est vrai que ces deux jeunes entrepreneurs tunisiens ont le temps, et beaucoup d’ambition qui est mûrement réfléchie, surtout après l’analyse, comme il le font, du parcours de marques nationales comme Seat ou Skoda ou même Fiat.

Pour l’avenir professionnel, que Omar & Zied Guiga le voient avec sérénité malgré le peu de visibilité de la conjoncture en Tunisie. « Il y a l’amélioration du produit, l’élargissement de la gamme, d’agrandir la gamme de segment. Après, ceux qui nous conseillent le marché africain, ne le connaissent pas. C’est le marché de l’occasion tunisienne et européenne, avec un prix moyen de 4 mille à 5.000 €, et donc pas compétitif pour des voitures neuves », nous disait Omar.

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3 Commentaires

  1. Jespere que l’Etat leur acorde le 15% d’avantage , comme le font au monde, dans les appels d’offres d’achat des voitures publiques.

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