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La transition énergétique en atomes crochus avec la stabilité politique

La Tunisie prévoit d’investir plus d’un milliard de dollars dans les énergies renouvelables au cours des deux prochaines années, à l’effet de  réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles et à relever les défis structurels.

Un  appel d’offres a été lancé dernièrement pour des projets d’énergie renouvelable visant à produire 1 700 mégawatts (MW) au niveau national d’ici 2025, y compris des centrales photovoltaïques  huit projets solaires de 100 MW chacun ainsi que huit nouveaux sites éoliens de 75 MW chacun.

Depuis 2011,  la Tunisie souffre d’une crise économique exacerbée par l’instabilité politique et aggravée par la pandémie de Covid-19. Malgré tous les efforts déployés dans ce domaine, le pays reste de plus en plus pauvre dans son bilan énergétique et sa dépendance aux énergies fossiles, relève le site fanack, spécialisé dans l’actualité des pays MENA  .

Le besoin de la Tunisie d’un approvisionnement continu en énergie et d’une sécurité énergétique à long terme pour le développement industriel et socio-économique a forcé le pays à faire de la transition vers les énergies renouvelables un pilier central de son plan de développement.

Une transition difficile

Malgré les efforts déployés ces dernières années, la Tunisie peine à réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles importés. En raison d’obstacles législatifs et d’une mauvaise gestion, le pays accuse un retard important dans les différents programmes et projets qui dépendent des énergies renouvelables, relève la même source.

Belhassan Chiboub, directeur général de l’électricité et de la transition énergétique au ministère tunisien de l’industrie, de l’énergie et des mines, a expliqué que le secteur de l’électricité en Tunisie souffrait d’une grave crise, commentant que le déficit en électricité était d’environ 59 % en 2019.

Les projets d’énergie éolienne renouvelable dans le pays reposent sur la construction de grandes centrales financées par des investissements internationaux.

Le Plan solaire tunisien est le principal cadre concernant l’énergie solaire et les parcs photovoltaïques. Il a été lancé en 2009 et mis en œuvre par la STEG ER (Energies Renouvelables), filiale de la STEG chargée de la gestion des investissements dans les énergies renouvelables. Parmi les initiatives, on peut citer le Programme solaire tunisien (PROSOL), une initiative conjointe du Programme des Nations unies pour l’environnement, de l’Agence nationale tunisienne pour la maîtrise de l’énergie, de la STEG et du ministère italien de l’Environnement, qui vise à développer l’énergie solaire par le biais d’incitations financières.

Un autre projet notable, le TuNur, déposé auprès du ministère tunisien de l’Énergie en 2017 et toujours en cours de construction, vise à créer une centrale solaire thermodynamique dans le désert tunisien – en particulier dans la région méridionale de Kébili – et une connexion câblée conséquente pour l’exportation de l’énergie vers l’Europe.

Une composé de défis

Les problèmes politiques et réglementaires concernant les politiques énergétiques, le manque d’objectifs, les cadres réglementaires instables et le monopole sur le marché de l’énergie ont été des obstacles aux investissements internationaux en Tunisie.

L’instabilité politique du pays ne favorise pas des investissements directs étrangers cohérents et efficaces. Malgré de nombreuses tentatives, les institutions tunisiennes n’ont pas encore atteint l’objectif ambitieux de mettre en œuvre des programmes à long terme pour relever les défis structurels actuels.

En effet, l’élite tunisienne reste ancrée dans un cadre capitaliste qui impose la recherche d’une croissance sans fin, donnant la priorité au profit privé plutôt qu’à l’intérêt public, ce qui se traduit, comme l’a fait remarquer Sean Sweeney, coordinateur des TUED (Syndicats pour la démocratie énergétique) par « une expansion énergétique plutôt qu’une transition énergétique ».

La réforme de l’ensemble du système énergétique et le passage aux énergies renouvelables restent une priorité pour la Tunisie, dans le but ultime d’attirer les investissements étrangers et de réduire la dépendance énergétique. Cependant, la transition énergétique reste intimement liée à la stabilité politique, notamment en matière d’égalité socio-économique et de liberté politique.

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