Débarrassé des lubies du Football et de la politique, Ridha Charfeddine se recentre sur ses affaires et en fait de bonnes. L’homme d’affaires, ancien pharmacien, a en effet présidé le club de Foot de Sousse pendant 10 ans, de 2012 à 2021. Une période (ou au moins une partie), on le constate seulement sans en tirer une quelconque vérité absolue, où le résultat d’Unimed était instable, comme le confirment d’ailleurs les analystes de Tunisie-Valeurs. Entre 2014 et 2019, l’homme d’affaire s’était aussi ensuite épris de politique, et s’acoquine avec Nidaa Tounes notamment. Et c’est à partir de 2019 que les perturbations ont sérieusement commencé à secouer le bénéfice de l’entreprise de Charfeddine.

– Le retour de l’enfant prodige
En 2014, le RN de son entreprise était de 12,369 MDT. L’année suivante il chutait de 2,8 MDT. En mai 2016, il se fait coter en bourse et ses bénéfices remontent au niveau de 2014. Huit ans plus tard, en 2018, le RN était à plus de 18,359 MDT. Il baissera de 0,6 MDT l’année suivante. En 2021, Unimed réalisait un bénéfice de 8,7 MDT, et l’année suivante les chiffres s’inversent à 7,8 MDT pour 2022. Le RN d’Unimed chutait même de plus de 10,7 MDT en 2020 par rapport à 2019.
Le 4 novembre 2021, Ridha Charfeddine annonce sa démission du parlement et son retrait de la vie politique, sportive et partisane, « pour des raisons strictement personnelles et familiales » disait-t-il. Une décision en tout cas, saluée par le bilan de son entreprise dont il reprenait dès juin 2022 la direction générale avec son frère Lotfi en PCA.
Les revenus se sont ainsi élevés au 30 juin 2023 à 61.251.466 DT, contre 42.478.315 DT au 30 juin 2022. Les états financiers intermédiaires font apparaître des capitaux propres totalisant 95.395.159 dinars tunisiens, y compris le bénéfice de la période s’élevant à 6.675.726 dinars tunisiens, presqu’autant que celui de tout l’exercice 2022 (7,8 MDT).
– Quand Unimed s’éveillera … !
2022 a même apporté la signature d’un accord de partenariat avec le groupe japonais « GCUBE » pour la création d’une joint-Venture dans le but de fabriquer des Kits de Diagnostic Rapide appliqués aux domaines de la santé, de l’environnement et des aliments. Cet accord a été concrétisé par la création de la société « NIPPOMED ». La participation de la société « Unimed » dans le capital de la société « Nippomed » s’est élevé à 749.970 DT, soit 49,998%.
Pour 2023, Unimed informe que le Conseil d’Administration, réuni le jeudi 28 septembre 2023, a autorisé le projet de création d’une filiale industrielle installée au sultanat d’Oman dénommée « Unimed Oman ».
Selon son communiqué de presse, cette filiale est spécialisée dans le conditionnement secondaire des produits semi-finis fabriqués dans les sites industriels d’Unimed et qui seront vendus sur le marché omanais et sur le marché des pays du golfe. La filiale sera établie dans la zone franche de Sohar.
La filiale permettrait une meilleure pénétration des produits d’Unimed sur les marchés cibles et contribuera à augmenter son chiffre d’affaires à l’export et à générer des rendements consolidés forts intéressants. Le capital social de cette filiale se compose de 4000 actions détenues à hauteur de 99% par la société « Unimed », soit 3960 actions et 1% par Ridha Charfeddine, soit 40 actions. Il est estimé à 40 mille Riyals Omanais, soit 104 mille $. Cette filiale sera financée par les fonds propres.
– … Mais avant, arrêter de faire la sourde oreille au cas Promochimica !
Il faudra cependant à Ridha Charfeddine, DG au salaire brut de 756, 377 mille DT, faire un Cleaning dans les participations financières de son entreprise et, faute d’y récupérer ses billes, essayer de sauver cette participation désormais non performante et même en grosse difficulté.
Selon les commissaires aux comptes (CC), qui le disent et le redisent vainement, la société Unimed détient une participation de 17,51% dans le capital de la société Promochimica. Une participation, pour une valeur nette comptable de 7.762.600 DT et une avance en compte courant sur ladite société pour un montant de 943.938 DT.
Les CC que la direction d’Unimed ne semble pas entendre, « la situation financière est inquiétante suite aux pertes cumulées depuis sa création et au vu des dernières données financières disponibles, Promochimica n’ayant toujours pas arrêté ses états financiers au titre de 2017 ». Pis encore, « aucune autre information sur l’évolution de la situation financière de ladite société n’a été transmise aux actionnaires. De ce fait, nous estimons que les engagements financiers devraient faire l’objet d’une provision pour dépréciation couvrant la totalité de leur montant ».








