AccueilLa UNELa Supply Chain apprenante, la quintessence

La Supply Chain apprenante, la quintessence

Comment faire pour livrer  une performance en respectant les engagements coût, qualité et délais ? Impossible sans une bonne supply chain, véritable pierre angulaire de la performance opérationnelle. On en trouve la démonstration éloquente en Tunisie chez le groupe Safran, présent dans le pays  depuis 2005, où il emploie 2.200 collaborateurs répartis sur trois sites, dont deux à Soliman et un à Grombalia, et y développe notamment la conception de systèmes embarqués et équipements aéronautiques ainsi que des intérieurs d’avions.

La Tunisie de demain, avec en clé une industrie leader dans le sud de la méditerranée, a pour objectif, pour le moins inéluctable, de mettre en œuvre une industrie idéale en 2050, à travers des concepts les uns plus intelligents que les autres. Et pour y arriver, Safran compte regrouper des startups industrielles, des sociétés, des étudiants et des universités.

Et pour ce, un événement a été organisé ce mardi 21 novembre 2023 à Tunis, dans le cadre de son programme « Safran Tunisia Innovation Shaker », pour une supply chain -traduisez Chaîne de logistique- résiliente, durable, et écologique.

En collaboration avec GIZ, l’ENIT, et des startups ciblant des problématiques spécifiques dans le domaine aéronautique, le thème abordé était de répondre aux enjeux majeurs de la supply chain, qui englobe 15 mille travailleurs.

La relocalisation s’avère une obligation

C’est dans ce contexte que le directeur général de l’entreprise, Renaud Guyader, a parlé des défis, dans une déclaration à African Manager, des défis écologiques en premier lieu, la durabilité du système et l’impact du Co2. Cela va du transport des salariés dans les entreprises à l’expédition des produits vers les clients. Un système économique qui est loin d’être écologique et que Safran tend, par ses moyens, à savoir l’intelligence artificielle, de changer le statut.

Selon ses dires, l’économie est impactée par les Etats, par les systèmes financiers, au niveau des frontières européennes, une taxation a lieu sur les produits, et certainement que la Tunisie aura également recours à la taxation de ces imports de la Chine. Une guerre, selon le PDG de Safran, à laquelle ils doivent se préparer.

« La résilience est atteinte grâce à une planification robuste, une gestion efficace des risques et une flexibilité pour faire face aux perturbations. La durabilité, quant à elle, est assurée en minimisant l’empreinte carbone, en favorisant les pratiques éthiques et responsables et en optimisant l’utilisation des ressources. La technologie, automatise les processus, améliore la traçabilité et facilite la communication. Elle soulage les travailleurs, renforce la sécurité et optimise la chaîne d’approvisionnement en collaboration avec l’humain », a expliqué Renaud Guyader.

Chaque pays aura la lourde tâche de se relocaliser, selon ses dires, car aujourd’hui, de nombreuses entreprises envisagent une ré-industrialisation. En effet, permettant de mieux maîtriser la production, les délais mais aussi les coûts, cette stratégie a toutefois de nombreuses conséquences pour la supply chain.

En outre, il va falloir que les chaînes logistiques sachent « se montrer d’une très grande agilité », car, si la pandémie et la guerre russo-ukrainienne a enseigné quelque chose, c’est bien qu’il faut maîtriser les risques, et tout faire pour que les chaînes d’approvisionnement ne s’arrêtent pas, et de ce fait sa capacité à amortir les chocs afin de s’assurer que les clients soient toujours satisfaits.

« Si le nerf de la politique est l’argent, le nerf de la supply chain est le data »

Le co-fondateur de la startup  MajestEYE (spécialisée en Data Science), Jihed Hannachi, a indiqué à African Manager, que la plus grande difficulté est que les chaînes de valeur sont tellement enchevêtrées qu’elles sont partout, et c’est un fait. Aussi  les crises et les perturbations sont-elles  devenues consubstantielles des fonctionnements de cette chaîne.

Ila  ajouté que les chaînes de valeur doivent être reflétées par les données les plus granulaires de la Data, un actif qui lui permettra une certaine agilité, et un avantage indéniable pour les entreprises tunisiennes, pour leur permettre de se différencier des autres concurrents.

Jihed Hannachi a, en outre, souligné que le passage de la Tunisie à un nouveau modèle économique peut être accéléré par l’IA (l’intelligence artificielle) en considérant les données comme une ressource contenant une richesse, sous forme de connaissances nouvelles. Le revirement stratégique à faire par la Tunisie est celui de passer à une économie efficace, basée sur la connaissance, en misant sur l’intelligence artificielle comme un pilier de taille dans l’économie.

Et pour illustrer ses propos, le responsable affirmé que, si le nerf de la politique est l’argent, le nerf de la supply chain est le data.

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