Les faux médicaments sont un fléau qui prend de plus en plus d’ampleur dans les quatre coins du globe. Selon l’OMS, 10% des médicaments dans le monde étant contrefaits. Ce taux augmente pour atteindre 25% dans les pays en voie de développement. Le phénomène prend des proportions inquiétantes, lorsqu’il s’agit de la vente en ligne. Toujours selon l’OMS, 50% des médicaments vendus sur Internet sont de faux médicaments.
Les médicaments «falsifiés ou de qualité inférieure» sont responsables de la mort de centaines de milliers de personnes chaque année dans le monde. Le terme recouvre plusieurs réalités: des produits sans molécule active ou en quantité insuffisante, avec des impuretés voire des substances toxiques.
Même si aucun pays n’est épargné, les systèmes de soins les moins organisés supportent l’essentiel du fardeau. Un médicament sur dix en circulation dans les pays à revenu faible ou intermédiaire serait ainsi falsifié, selon un rapport de l’OMS.
Des chercheurs ont évalué à 116 mille le nombre de morts annuelles du paludisme imputables à de faux médicaments en Afrique subsaharienne. De son côté, l’Université d’Édimbourg estime que 72 mille à 169 mille enfants de moins de 5 ans décèdent chaque année d’une pneumonie traitée avec des antibiotiques falsifiés
Particulièrement sur les réseaux sociaux, les marques, les publicités, les annonces pour vendre des médicaments et autres produits pharmaceutiques font depuis des mois réagir les professionnels du secteur, qui n’ont de cesse de lancer des alertes sur le danger de telles pratiques qui, souvent, échappent à tout contrôle.
Les médicaments falsifiés apparaissent donc comme potentiellement plus dangereux que les médicaments contrefaits, dans la mesure où, s’agissant de « faux médicaments », le risque qu’ils puissent nuire à la santé, en plus de leur inefficacité.
Certains compléments alimentaires contiennent des agents cancérigènes
La chargée de la direction de l’inspection pharmaceutique au ministère de la Santé, Houda Rahmani, est intervenue vendredi 11 octobre 2024 sur les ondes de la Radio nationale pour évoquer le sujet de vente de médicaments en ligne.
Elle a mis en garde contre l’utilisation de compléments alimentaires d’origine inconnue. Ces produits sont vendus dans des boutiques non réglementées et sur les réseaux sociaux.
L’invitée de l’émission « Youm Said » a souligné que de nombreux compléments alimentaires sont très dangereux et contiennent des agents cancérigènes. Ces produits ont provoqué une insuffisance rénale chez une consommatrice.
La responsable de la direction de l’inspection pharmaceutique a admis que le nombre de boutiques vendant ces compléments alimentaires ne cesse d’augmenter. Elle a également déclaré que les autorités sanitaires n’ont pas connaissance de l’origine de ces compléments alimentaires ni de leurs composants, ajoutant que de nombreux produits viennent d’Inde et de Chine.
Houda Rahmani a exhorté les citoyens à faire preuve de conscience et de maturité pour ne pas succomber aux prix attractifs proposés par les vendeurs de ces compléments alimentaires et de produits cosmétiques, en achetant des produits similaires dans des points de vente réglementés.
En ce qui concerne la phytothérapie, elle a affirmé que la loi numéro 55 de 1973 régit la vente de plantes et non de mélanges phytothérapiques.








