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L’autre façon de remédier aux pénuries de lait en Tunisie

Depuis 2022, la Tunisie connaît des pénuries récurrentes de lait, un produit essentiel dans les ménages tunisiens et un aliment de base essentiel pour l’économie du pays. Pour y remédier autant que faire se peut à son échelle, la BERD ( Banque européenne de reconstruction et de développement), a pensé, de concert avec un partenaire privé local, apporter une , peu courante il est vrai, en renforçant la chaîne de valeur laitière grâce à un programme de formation complet, ciblant plus de 100 éleveurs de bovins laitiers, visant à améliorer la qualité et la quantité du lait, les soins du bétail et la gestion de l’exploitation.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un Programme plus vaste de résilience alimentaire et énergétique, cofinancé par les États-Unis via le Small Business Impact Fund de la Banque (Italie, Irlande, Japon, Corée, Luxembourg, Norvège, Suède, Suisse, Taiwan Business – Fonds de coopération technique de la BERD – et les États-Unis).

Doter les producteurs laitiers de connaissances et de compétences

Ce programme découle de la feuille de route pour la sécurité alimentaire élaborée par la BERD en 2023, qui identifiait le secteur laitier comme un élément clé à la fois pour la sécurité alimentaire et le développement rural. Après avoir effectué des visites sur le terrain et rencontré les parties prenantes, le projet a identifié des contraintes sous-jacentes affectant la chaîne de valeur laitière, notamment des incohérences dans l’approvisionnement en lait en termes de qualité et de quantité. Ces goulots d’étranglement ont entravé le potentiel du secteur à répondre à la demande croissante de lait du pays.

Pour relever ces défis, l’initiative s’est concentrée sur la fourniture d’une formation technique aux producteurs laitiers de trois régions rurales de Tunisie. La formation a mis l’accent sur le renforcement des connaissances techniques des agriculteurs en matière de bonnes pratiques agricoles, de manipulation hygiénique du lait, de santé animale et de techniques d’alimentation. L’objectif était de les doter des compétences supplémentaires nécessaires pour améliorer les rendements laitiers et s’assurer que le lait produit répondait à des normes de qualité plus élevées, améliorant ainsi l’approvisionnement national en lait.

En plus de la formation initiale, le programme comprenait des séances de mentorat sur place pour aider les agriculteurs à appliquer les meilleures pratiques qu’ils avaient apprises. Ces visites de suivi ont permis aux experts de guider les agriculteurs dans des conditions réelles, en s’assurant qu’ils pouvaient apporter des ajustements pratiques à leurs protocoles quotidiens en fonction des commentaires en temps réel.

Une approche « centrée sur l’humain »

Un aspect distinctif de cette initiative est son approche centrée sur l’humain. Le programme était axé sur l’établissement de relations de confiance et de collaboration entre les formateurs et les agriculteurs. Cet engagement était vital pour garantir l’engagement des agriculteurs à adopter de nouvelles pratiques. Les formateurs se sont assuré qu’ils prenaient le temps de comprendre les défis spécifiques auxquels chaque agriculteur était confronté, adaptant leurs conseils pour répondre à ces besoins.

L’inclusivité a également été un élément central de l’initiative. Bien que les travailleurs du secteur agricole en Tunisie soient majoritairement des hommes, des efforts ont été faits pour impliquer les femmes dans la formation. La présence des agricultrices est importante en raison de leur rôle crucial dans la gestion quotidienne du bétail dans de nombreuses exploitations. Encourager la participation des femmes contribue non seulement à l’égalité des sexes, mais renforce également la résilience des ménages agricoles, ce qui en fait un effort plus inclusif et durable.

La phase suivante du programme se concentrera sur les activités de renforcement des capacités des centres de collecte de lait. Ces centres non seulement collectent et transfèrent le lait vers les unités de transformation, mais agissent également comme des plaques tournantes critiques dans la chaîne de valeur laitière. En améliorant leur capacité opérationnelle, l’initiative vise à rationaliser l’ensemble du système, en veillant à ce que le lait soit collecté, stocké puis transporté efficacement dans des conditions de qualité optimales.
Pour l’avenir, les plans prévoient d’explorer d’autres partenariats, tels que l’implication des banquiers de l’ICA, afin d’obtenir des ressources financières pour des investissements supplémentaires dans le secteur. L’objectif à long terme est de créer une chaîne de valeur laitière durable et résiliente où tous les acteurs, des petits exploitants agricoles aux transformateurs de lait, bénéficient de meilleures connexions et d’une plus grande efficacité. Cette approche holistique contribuera à renforcer l’industrie laitière tunisienne et à assurer un approvisionnement en lait plus stable pour le pays.

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