La Société Tunisienne d’Automobiles est une SA de 20 MDT (Chiffres BVMT), qui était directement détenue à hauteur de 41,58 % par le groupe Chaabane du magnat tunisien de BTP, Nouri Chaabane (et 15 % entre les mains de la famille Marzougui, comme orthographié dans les documents de la BVMT qui écrit des fois aussi Marzouki), créé par lui-même en 1976 avec un capital de 18 MDT. Devenue concessionnaire d’une marque automobile chinoise, l’entreprise de l’homme d’affaires, probablement originaire de la ville de Gabès, est introduite en bourse le 17 mars 2022.
– D’un discret à l’autre, STA reste dans une Holding familiale de Gabès toujours
Discret, en affaires comme sur le Net et les réseaux sociaux où sa photo est inexistante, Nouri Chaabane qui n’aimait que son nom soit uniquement lié au concessionnaire automobile (sauf pour les dividendes) fait publier, le 7 mai 2025 ou un peu plus de 3 années après l’entrée en bourse, un communiqué de presse faisant déclaration de franchissement de seuil à la baisse de sa participation au capital de la STA, franchissant ainsi à la baisse de 50 %.
Ce communiqué faisait suite à celui de la toute aussi discrète holding et qui n’aime la presse que lorsqu’elle le caresse dans le sens du poil, celle de la famille Kilani qui annonçait depuis le 29 avril l’acquisition de 51,24 % du capital du concessionnaire. Le nouveau propriétaire de la STA est désormais, semble-t-il, un groupe gabésien de 2.700 employés, 150 partenaires, 12 entreprises, et 240 marques, opérant essentiellement dans le secteur de la santé et de la cosmétique, en Tunisie et en Afrique, sans aucune donnée publique sur son chiffre d’affaires et encore moins ses bénéfices.
Jusqu’à 2024 inconnu sur la place économique tunisienne, alors même qu’il se disait sur son site Internet « diversifié et inclusif, spécialisé dans l’industrie pharmaceutique et parapharmaceutique, l’agroalimentaire, la distribution de médicaments, ainsi que de produits de santé, de beauté et d’hygiène. Nous sommes présents également dans les domaines de l’art, de la culture et du BTP ».
Et c’est pourtant son rachat de la société Adwya, pour les besoins du renforcement de sa propre entreprise dans le secteur de la santé, qui va diriger les spots de lumières financiers sur cette Holding familiale d’habitude dans l’ombre de l’étranger où elle vit aussi, et qui n’aime pas trop qu’on parle d’elle.

– Que comptent les Kilani faire de la STA ?
Comme pour Adwya, le CMF (autorité du marché boursier en Tunisie), a ordonné une Offre Publique d’Achat obligatoire à laquelle a été soumise la société « Kilani Holding », visant le reste des actions composant le capital de la Société Tunisienne d’Automobiles (STA).
Selon le CMF, la « Kilani Holding » détient 1.081.223 actions représentant 54,06% du capital de la Société Tunisienne d’Automobiles.
Par cette OPA obligatoire, la fratrie des Kilani « vise l’acquisition du reste des actions composant le capital de la Société Tunisienne d’Automobiles, soit 918.777 actions représentant 45,94% du capital de la société ». Et l’initiateur « s’engage pendant la période de validité de l’OPA à acquérir sur le marché la totalité des titres présentés en réponse à cette offre dans la limite des titres visés, au prix de 24,400 dinars l’action, hors frais de courtage et commission sur transactions en bourse », soit presqu’une fois et demie son prix d’introduction en bourse de 17 DT il y a plus de 3 ans.
Ce qui est pour l’instant sûr, comme les Kilani ne l’ont pas déclaré en reprenant Adwya qu’ils ont vite retiré de la bourse, rendant impossible de constater s’il a tenu parole face au CMF pour leurs intentions pour le rachat d’Adwya, c’est que « l’acquéreur n’a pas l’intention de procéder à une Offre Publique de Retrait. Si à l’issue de l’Offre Publique d’Achat obligatoire, la société KILANI Holding viendrait à détenir, directement ou indirectement ou de concert, au moins 95% des droits de vote de la société STA, elle s’engage à rediffuser dans le public le nombre de titres nécessaire à l’établissement d’un marché (minimum 10 % du capital) et ce, en vue de maintenir la cotation des titres de la société visée ».

– Valorisée à une Capi de 49 MDT, les Kilani y injecteraient-ils plus d’argent ?
Au CMF qui les avait déjà autorisés à reprendre 51,24 % de la STA, les Kilani ont expliqué qu’ils allaient « développer le réseau et la marque » chinoise « à travers notamment l’ouverture de nouveaux points de vente pour assurer une couverture nationale efficace ». Et aussi « élargir la gamme de véhicules disponibles en Tunisie pour répondre aux besoins et aux attentes des consommateurs. Cela inclut l’introduction de nouveaux modèles (électriques, hybrides, pick-up…) et l’amélioration continue des offres et services existants pour maintenir la compétitivité de la marque ».
Nouveauté, « éventuellement, développer l’activité d’assemblage en Tunisie, ce qui pourrait renforcer l’industrie automobile locale et créer des opportunités d’emploi ». L’activité de montage en Tunisie est presque mourante après l’arrêt de l’activité montage du groupe Zouari à Sousse, d’où l’utilisation du mot « éventuellement » par le groupe Kilani.
Et enfin « le positionnement sur le marché de la marque Daewoo Trucks est encore en cours d’étude ». Or, on sait, même si son site Internet a été déconnecté, que cette carte avait été prise par la société qu’il venait de racheter et dont il avait fait l’annonce en conférence de presse.
– Les Kilani ont-ils fait une bonne affaire ?
A l’introduction pour 17 DT l’action de STA, dernièrement recadrée par le CMF, pour ne pas avoir tenu promesse concernant le dividende, les Kilani l’ont achetée à nette plus de sa valeur d’introduction. La marque phare de l’ancienne entreprise de Nouri Chaabane n’était en 2024 qu’à la 12ème place des meilleures ventes, avec un MS (Market Share) de moins de quatre pour cent, et classée 11ème parmi les au moins 21 concessionnaires automobiles tunisiens. Pour le reste, il suffit de suivre les chiffres des prévisions à l’introduction (Compilés ici par l’intermédiaire en bourse AFC en février 2022), et les réalisations du concessionnaire automobile repris par la Kilani Holding.

*En 2024, sa concurrente la plus proche, City cars avait signé des revenus de plus de 364,236 MDT, et un RN de 27,8 MDT








