AccueilLa UNERemplissage des barrages : Un léger mieux !

Remplissage des barrages : Un léger mieux !

Le taux de remplissage des barrages tunisiens est estimé à 29,3%, à la date du 9 septembre courant, d’après des données statistiques publiées, mardi, par l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI).

Les réserves en eau ont atteint, 692,6 millions m3, en hausse considérable de 27%, par rapport à la même période de l’année écoulée.

Comparée à la moyenne des trois dernières années (639,3 millions m3), cette augmentation est moins importante, ne dépassant pas 8,3%.

En Tunisie, les barrages du nord accaparent 92% de l’ensemble des réserves en eau (soit 637,1 millions m3). Ces barrages affichent un taux de remplissage de l’ordre de 34,4%, alors que ceux du centre et du Cap-Bon, sont estimés respectivement à 9,6 % (43,1 millions de m3) et 19,9% (12,3 millions de m3).

Pour ce qui est des apports en eau enregistrés pour la seule journée du 9 septembre 2025, ils représentent 0,580 millions m3, dont plus de ¾ proviennent des barrages du Nord. L’utilisation totale de ces ressources hydriques a été estimée à 3,574 millions m3.

Appel à décréter l’état d’urgence hydrique dans le pays

Il faut noter que l’Observatoire tunisien de l’eau avait appelé à décréter l’état d’urgence hydrique et à mobiliser les moyens financiers nécessaires pour aider les personnes touchées par cette situation, notamment les petits agriculteurs. L’organisation a estimé que la décision du rationnement de l’eau ne traduit aucune transformation des politiques hydrauliques nationales. Elle a, à ce titre, exhorté les autorités à clarifier les décisions prises et à respecter les horaires de coupure annoncés réalablement dans le cadre du régime des quotas.

Abdallah Rabhi, ancien secrétaire d’Etat chargé des Ressources hydrauliques et expert dans ce domaine, avait appelé à son tour à décréter l’état de sécheresse. « Le gouvernement doit faire preuve de proactivité dans ses actions et mettre en place des mesures à la hauteur des défis auxquels le pays est confronté. Si nous attendons jusqu’au mois de février prochain, nous n’aurons plus suffisamment de marge de manœuvre », a-t-il alerté.

Face à cette situation alarmante, le ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche a pris, pour la première fois, au cours du mois de mars 2023, des mesures concernant la distribution échelonnée de l’eau potable et a commencé à couper l’eau de nuit dans de nombreuses zones, dans le cadre d’un système conçu pour programmer la distribution de l’eau et assurer sa consommation dans diverses parties du pays, ainsi que pour « empêcher son utilisation dans l’agriculture et l’irrigation ».

S’y ajoutent les espaces verts, le nettoyage des rues et le lavage des voitures, en raison de la grave vague de sécheresse, qui a laissé les barrages presque vides. D’ailleurs, le département en question a approuvé des sanctions financières et des peines de prison, pouvant aller jusqu’à six mois, pour les contrevenants.

A vrai dire, la Tunisie est en proie à la sécheresse depuis cinq ans. Des études semblent confirmer la persistance de la sécheresse et une réduction sensible de la pluviométrie. Cette aridité prolongée a bien sûr une incidence sur les disponibilités hydriques aussi bien pour l’eau potable que l’eau destinée à l’irrigation.

Le gouvernement estime ainsi que l’une des priorités de la prochaine étape est de « rationaliser la consommation de l’eau et de faire pression sur la demande dans tous les secteurs, en plus de l’utilisation de ressource non traditionnelles », y compris le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées traitées.

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