AccueilLa UNEPlaidoyer pour une répartition régionale équitable des capacités médicales

Plaidoyer pour une répartition régionale équitable des capacités médicales

La Tunisie a connu depuis des années, la montée en puissance d’un phénomène nommé « la fuite des cerveaux ». Concrètement, cet exode se traduit surtout par le départ des médecins tunisiens à l’étranger.

Ainsi, en quittant son pays d’origine, le praticien emporte avec lui son talent mais aussi toute la formation et l’apprentissage qu’il a reçus et permet à un autre pays d’en bénéficier.

Plutôt que de partir vers l’autre bout du monde pour saisir de nouvelles opportunités professionnelles, pourquoi ne pas créer les siennes ici ?

Il faudra des milliers d’actions pour convaincre les médecins que quelque chose est en train de changer dans le pays et que cela vaut la peine de rester !

Le partenariat public privé pour sortir de l’ornière !

Abdelmajid Mselmi, Professeur Agrégé à la Faculté de Médecine et spécialiste en Chirurgie Générale a affirmé dans une interview accordée, ce mardi 16 septembre 2025, à Africanmanager, que les médecins tunisiens qui vont migrer à l’étranger constituent une richesse pour le pays loin des idées pessimistes et isolationnistes.

Et d’assurer « Le monde est actuellement un petit village et la mobilité des personnes sera la règle dans les prochaines années. La profession du médecin est encore très prisée par les jeunes tunisiens ainsi que leurs parents qui dépensent actuellement des sommes importantes pour des études médicales à l’étranger ».

  « De plus, les études à l’étranger constituent une hémorragie importante en devises dont le pays a fortement besoin. Un partenariat public-privé s’avère tout à fait indiqué. D’autant que, actuellement, l’Etat tunisien n’a probablement pas les moyens de mettre en place de nouvelles facultés de médecine. Le souci majeur des responsables qui pilotent l’enseignement médical en Tunisie (doyens, conseils scientifiques, enseignants.) c’est d’assurer une bonne qualité de formation comme c’est le cas actuellement », selon ses dires.

En effet, l’universitaire estime que le partenariat public-privé peut offrir des garde-fous pour éviter toute dérive. Ce partenariat peut être réalisé en pratique par l’affectation des étudiants dans les facultés privées à travers le système d’orientation organisé annuellement par les autorités académiques.

« Ce système d’orientation (par ordinateur) est connu par sa rigueur et son équité. Ainsi, la faculté privée de médecine sera inscrite dans le guide d’orientation universitaire et l’affectation est obtenue sur la base du score exigé pour les facultés publiques pour assurer une équité entre les étudiants…On peut aussi mettre la faculté privée sous « tutelle scientifique et pédagogique » d’une faculté publique de médecine dans la supervision de l’enseignement avec possibilité d’organiser des évaluations et des examens communs.

Les régions de l’intérieur détiennent à cet égard nombre d’atouts. Historiquement, les facultés de médecine ont été construites dans les régions côtières. Pour plusieurs observateurs, ce n’était pas tellement pertinent car cela a entraîné un déséquilibre régional qui a nui à la cohésion nationale » a-t-il expliqué.

Sur un autre volet, il a précisé que « Il est fort connu que la mise en place de lycées ou de facultés dans les régions favorisent leur développement. N’oublions pas que les villages tunisiens ont été développés à l’aube de l’indépendance autour des écoles et des lycées construits partout sur le territoire tunisien.

La mise en place de facultés de médecine dans les régions de l’intérieur permettra de donner un coup de pouce au développement dans ces régions.

Les villes de l’intérieur présentent un avantage de taille : les hôpitaux régionaux constituent d’excellents terrains de stage car le stage pratique constitue un pilier principal pour la formation de l’étudiant en médecine.

Cela permettra aussi de décongestionner les terrains de stage dans les grandes villes hospitalo-universitaires qui se trouvent parfois débordés par le nombre important de stagiaires externes et internes. Plusieurs hôpitaux régionaux ont déjà une vocation universitaire et sont dotés de plus en plus par des cadres hospitalo-universitaires qui peuvent assurer l’encadrement des étudiants…) a-t-il encore affirmé.

Les médecins spécialistes absents dans les régions !

A vrai dire, la simple idée de s’installer dans des zones rurales rebute encore un grand nombre de jeunes médecins spécialistes qui refusent de travailler dans les hôpitaux régionaux à cause des mauvaises conditions de travail et de l’absence de plateau technique dans certains services.

Le paradoxe, c’est que le pays ne manque pas de médecins spécialistes, puisque ses quatre facultés de médecine en forment chaque année des dizaines.

Malheureusement, cette richesse extraordinaire est mal répartie car la quasi-majorité est déployée dans les grandes villes et les régions côtières alors que les régions intérieures restent désertes ou presque.

C’est vrai que le manque de moyens, les agressions répétitives à l’encontre des médecins, l’absence d’une vision claire pour le secteur figurent parmi les entraves qui se dressent devant les médecins et les obligent à ne pas travailler dans les régions internes de la République.

Mais l’accueil chaleureux connu chez les citoyens de ces régions et leur générosité peuvent compenser ces difficultés et permettre aux jeunes médecins de vivre une expérience professionnelle et personnelle unique et enrichissante…

 Le manque de médecins spécialistes dans les régions de l’intérieur : un problème chronique

A vrai dire, la simple idée de s’installer dans des zones rurales rebute encore un grand nombre de jeunes médecins spécialistes qui refusent de travailler dans les hôpitaux régionaux à cause des mauvaises conditions de travail et de l’absence de plateau technique dans certains services.

Le paradoxe, c’est que le pays ne manque pas de médecins spécialistes, puisque les quatre facultés de médecine en forment chaque année des centaines de médecins.

Malheureusement, cette richesse extraordinaire est mal répartie car la majorité est déployée dans les grandes villes et les régions côtières alors que les régions intérieures en manquent beaucoup.

C’est vrai que le manque de moyens, les agressions répétitives à l’encontre des médecins, l’absence d’une vision claire pour le secteur figurent parmi les entraves qui se dressent devant les cette perspective.

La formation de davantage de médecins en créant des facultés privées de médecine, l’amélioration des conditions de travail dans les hôpitaux et l’encouragement des médecins sont des ébauches de solutions pour pallier à ce problème majeur

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1 COMMENTAIRE

  1. Je confirme ce que vous dites Dr Mselmi, cependant avant de creer des facultés dans les régions de l’interieur il faut faire une mise au point sur le secteur hospitalo universitaire existant, deserté au profit du secteur privé et l’etranger. Une reconnaissance s’impose au plûtot possible pour attirer et garder les compétences sans lesquelles le système s’effondre. Creer de nouvelles facultés oui, mais ce ne sont pas les locaux qui manquent mais plutot les enseignants et les encadrants qui sont déja en nombre réduit et ne pourront plus assurer leurs tâches aussi bien universitaires que sanitaires

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