Les opérations de traitement pour la lutte contre les criquets pèlerins, dont les premiers groupes ont été détectés le 12 mars dans le sud de la Tunisie, ont permis de contenir l’expansion de son invasion et de réduire considérablement les risques de pertes agricoles massives, selon l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI).
Les interventions des autorités, qui ont duré trois mois, sur une superficie totale de plus de 20 800 hectares, se sont concentrées dans les gouvernorats de Kébili, Tataouine et Médenine, les plus touchés les par les infestations, indique l’ONAGRI, dans son bulletin mensuel rendu public, vendredi.
Les traitements ont permis de cibler criquets à tous les stades de développement, des adultes ailés aux larves.
À partir de la seconde moitié de juin, la sécheresse du sol et la disparition du couvert végétal dans le sud tunisien ont contribué au départ des groupes résiduels de criquets vers les zones de reproduction estivale situées dans le Sahel africain (Mali, Niger, Tchad).
Risque de retour, cet automne !
Toutefois, les conditions pluviométriques observées dans ces régions laissent présager un risque de nouvelle reproduction et donc un possible retour des criquets à l’automne 2025″, lit-on dans le bulletin de l’ONAGRI.
Face à cette menace persistante, le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de pêche poursuit ses préparatifs en matière de veille, de surveillance et de planification logistique afin d’assurer une réaction rapide et coordonnée en cas de nouvelle invasion.
La Tunisie a été confronté, entre mars et juin 2025, à une invasion de criquets pèlerins venant de la Libye et l’Algérie.
Le phénomène s’inscrit dans un contexte régional marqué par des foyers acridiens récurrents dans les pays voisins et les zones sahéliennes, ce qui en fait une menace agricole transfrontalière.
Il ne s’agit pas de la première invasion de criquets pèlerins en Tunisie. Le pays en a connu plusieurs vagues invasives, notamment en 1987–1988 et en 2004–2005, qui ont causé des pertes agricoles significatives et nécessité de vastes campagnes de lutte.
La campagne nationale de lutte a été lancé immédiatement, depuis la détection des premiers groupes, selon l’ONAGRI. Elle a concerné six gouvernorats du sud (Tataouine, Médenine, Kébili, Tozeur, Gabès et le sud de Sidi Bouzid).
Un suivi intensif et des opérations de pulvérisation sur les foyers détectés ont été aussi assurés.
La Tunisie est membre de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin en région occidentale de la FAO. Elle a travaillé en étroite coordination avec l’Algérie, la Mauritanie et les instances spécialisées de la FAO.
Des infestations plus importantes que d’habitude
La FAO signale que depuis la fin février, l’activité acridienne a considérablement augmenté, avec l’arrivée de groupes d’ailés et de petits essaims dans le centre de l’Algérie, l’ouest de la Libye et le sud de la Tunisie.
Les conditions écologiques favorables ont conduit à une saison de reproduction printanière marquée par des infestations plus importantes que d’habitude. Les vents et les précipitations ont facilité la migration des criquets vers le nord depuis le sud de l’Algérie, le nord du Mali, le Niger et le Tchad.
L’afflux de populations de criquets en Afrique du Nord-Ouest, notamment au nord et au sud des montagnes du Hoggar en Algérie et du Fezzan dans le sud-ouest de la Libye, a incité la FAO à classer la situation dans la Région occidentale sous le signe de la prudence.
« Les prévisions de la FAO depuis janvier indiquent que l’éclosion et la formation de bandes commenceraient ce mois-ci dans les zones affectées. Si elles ne sont pas contrôlées, ces bandes pourraient se transformer en petits essaims, augmentant le risque pour les cultures et les pâturages », précise la FAO.








