Il y a plus de 10 jours, deux pays maghrébins, des portes ouvertes sur l’Afrique, un projet d’une importance stratégique pour toute la région. Ces deux pays sont la Tunisie et la Libye. Le projet, selon Walid Keskes, qui est Consultant en stratégie de croissance et d’internationalisation, est « un corridor commercial visant à relier la Tunisie à plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, dont le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la République Centrafricaine. Ce projet compte positionner la Tunisie comme hub commercial et logistique continental et renforce la fonction de transit de la Libye ».
– Un corridor de plusieurs milliers de kilomètres
Selon Keskes, qui en parlait sur sa page LinkedIn, « le corridor s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres et combine modernisation de routes existantes et construction de nouvelles infrastructures. Les installations portuaires et logistiques seront améliorées pour assurer un transit rapide et sécurisé des marchandises. Et des systèmes de suivi et de gestion du trafic seront déployés pour optimiser les flux et réduire les délais ».
Cette information intervient alors que le projet de port en eau profonde à Enfidha traîne tellement à démarrer, à tel point qu’il deviendrait presque logique de douter de sa réalisation, et que l’état du principal port tunisien, celui de Radès où la mainmise de la STAM reste lourde de conséquences, est dans l’état où il est, avec plus de visites de hauts responsables politiques que de mesures réelles et effectives pour en améliorer le rendement.
Cela, sans compter les problèmes financiers de Tunisair, qui en font une compagnie, pas encore prête pour prendre une part de marché dans les retombées commerciales de ce prochain Gateway !
– Un projet financé par une combinaison de fonds publics
Pour ce qui est du montage financier et des parties prenantes, toujours selon Walid Keskes, « le projet est financé par une combinaison de fonds publics tunisiens et libyens, avec le soutien d’institutions financières internationales ». Des entreprises privées, selon la même source et son statut publié sur un réseau social dédié aux professionnels, seront impliquées dans la construction et l’exploitation des infrastructures. Les autorités tunisiennes et libyennes assureront la supervision stratégique, avec un comité mixte de gestion opérationnelle. Notre source ne donnait cependant aucun détail sur l’identité des professionnels qui pourraient être impliqués dans la gestion de ce Africa Gateway, s’il va y avoir appel à manifestation d’intérêt ou carrément appel d’offres.
– Un projet qui entrera en exploitation en 2029
Selon ses concepteurs, l’Africa Gateway passerait par plusieurs phases. La première est celle de la planification. Prévue pour 2023 et 2024, on supposerait donc que les études de faisabilité et structuration du financement auront été achevées.
La phase suivante est la construction, prévue entre 2025 et 2028. Il s’agirait de la réhabilitation et construction des routes, et l’aménagement des hubs logistiques.
L’exploitation serait pour 2029 et au-delà. Le lancement du corridor commercial avec gestion conjointe des infrastructures, deviendrait alors tangible.
– Impacts économiques et géopolitiques attendus
Walid Keskes évoque ensuite les effets économiques de ce projet. Il s’agirait, selon lui, de la création de milliers d’emplois dans la construction, la logistique et le commerce. Aussi, de l’accès direct aux marchés africains pour la Tunisie, la Libye et les pays subsahariens concernés. Et du renforcement de la souveraineté économique et stratégique de la région.
« L’Africa Gateway est donc un projet structurant qui démontre la capacité de la Tunisie et de la Libye à créer des infrastructures continentales à forte valeur ajoutée. Il constitue un vecteur de croissance économique et de compétitivité pour l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne », conclut le Consultant tunisien en stratégie de croissance et d’internationalisation ».








