Les exercices se suivent, chez le fabricant de pneus tunisiens Stip, mais les résultats ne se ressemblent pas, et son cas devient difficile. En effet, après le petit bénéfice de 0,613 MDT de l’exercice 2013, le bilan 2024 qui n’a été publié que le 2 octobre 2025 sur le Site du Conseil du Marché Financier (CMF), lève le voile sur un déficit abyssal de presque 8 MDT.
Les revenus de l’exercice 2024 étaient certes légèrement supérieurs à ceux de 2013 (140 MDT vs 137,4 MDT), contrairement aux charges d’exploitation, et notamment celles du stock des produits finis. On apprendra, plus loin dans la lecture de ce bilan, que la société avait même un temps arrêté sa production, pour surstock.
Jusque-là, cela ne semblait pas trop handicaper l’entreprise de la famille Dridi (dont Montassar qui est administrateur de la Société industrielle d’ouvrages en caoutchouc (Sioc) qui a un solde débiteur de 337.659 DT) que dirige Khemis Baba (Voir photo en haut) en contrepartie de 120 mille DT nets par an notamment.
– Quel est le lien entre les AGO et le RN ? C’est quoi ces gains ?
Bon grès mal gré, la Stip avait fini l’exercice 2024 avec un résultat d’exploitation positif de plus ou moins 2,558 MDT. Mais déjà à presque 11 MDT en 2023, les charges financières nettes de 2024 ont fini par tirer le bilan vers le bas. Avec un total de charges financières & produits financiers de plus de 10,159 MDT, et malgré le minimum d’impôts (2 %), le bilan final vire carrément au négatif de 7,933 MDT.
La Stip, ancienne entreprise publique privatisée il y a plusieurs années, revenait ainsi au déficit après quatre fastes années, où la dégringolade des bénéfices était visible, presque attendue. Le bénéfice qui culminait à plus de 142 MDT en 2020 après un 2019 déficitaire de 7 MDT n’avait de cesse de baisser depuis. 23,5 MDT en 2021, moins de la moitié (11 MDT), et 0,613 MDT en 2023. Et peut-être que c’était la rubrique « autres gains ordinaires » qui ne rapportait plus comme avant, pour soutenir le haut du bilan et maintenir le résultat net dans le vert.

– Que fait la Stip pour regonfler ses pneus ?
Le reste des remarques à faire sur les états financiers de cette entreprise de 45 ans d’âge et de 23 ans sur la cote principale de la Bourse de Tunis, ce sont les commissaires aux comptes qui les ont faites et qui ont tiré la sonnette d’alarme. « En raison des pertes cumulées au 31 Décembre 2024, les capitaux propres de la STIP ont été arrêtés à 6 066 397 DT pour un capital de 12 623 469 DT, soit 245 375 DT en deçà de la moitié du capital social. Conformément aux dispositions de l’article 388 du Code des Sociétés Commerciales, le Conseil d’Administration doit, dans les quatre mois de l’approbation des comptes, provoquer la réunion de l’Assemblée Générale Extraordinaire à l’effet de statuer sur les dispositions de cet article.
L’Assemblée Générale Ordinaire devant statuer sur les comptes de l’exercice clos le 31 Décembre 2024 ne s’est pas réunie dans les 6 mois de la date d’arrêté des comptes. Ceci est contraire aux dispositions de l’article 275 du Code des Sociétés Commerciales ».
– Et si la Douane avait raison ? de combien devra être la provision, et que sera son effet ?
Et les mêmes commissaires aux comptes de dire que « nous attirons votre attention sur l’incertitude relative au différend opposant actuellement la STIP aux services de la Douane concernant l’affaire portant sur le non-rapatriement des produits des exportations relatives aux exercices 1999 à 2005.
A ce jour, la Direction Générale a apuré avec les parties concernées la majorité des dossiers réclamés par la Douane. Au stade actuel des procédures, bien que l’issue finale associée à cette situation ne puisse être déterminée, le management de la société estime que la position de la société est parfaitement défendable et donc d’être en droit de ne constater aucune provision dans les états financiers ».








