Un référentiel pour l’évaluation des risques professionnels dans les entreprises économiques est en cours d’élaboration et devra être finalisé avant la fin de l’année en cours. L’assurance en a été donnée chargée de la gestion de l’Institut de la santé et de la sécurité au travail (ISST), Samia Fehri.
Elle a souligné que des médecins de travail, des experts en santé et sécurité professionnelles ainsi que des représentants de l’Inspection du travail et de différents ministères concernés ont discuté de ce document et réfléchi aux moyens de renforcer le cadre juridique tunisien en matière de prévention des risques professionnels.
« Il s’agit d’élaborer un programme de prévention qui tient compte des spécificités des entreprises, des lieux de travail, de la nature des secteurs concernés et des matériaux utilisés », a-t-elle expliqué à TAP.
La responsable a indiqué que ce document prendra la forme d’une application numérique afin de faciliter son accès aux entreprises de tous types et sera disponible en arabe et en français.
Elle a, par ailleurs, fait remarquer que les employeurs seront tenus de le mettre en application.
Les BTP, secteur le plus accidentogène
Selon l’intervenante, les accidents du travail surviennent principalement dans le secteur du bâtiment et des travaux publics et près de 93 % du tissu économique est composé de petites et moyennes entreprises qui manquent de compétences en santé et sécurité au travail.
Dans ce contexte, Fehri a souligné que seulement 22 % de ces entreprises disposent d’un responsable de sécurité.
De son côté, Houcine Baccouche, chargé de mission au cabinet du ministre des affaires sociales, a indiqué dans son intervention que la Tunisie accorde une importance particulière à la santé et à la sécurité au travail, considérées comme droits constitutionnels rappelant qu’elle a aussi ratifié la convention n°187 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le cadre promotionnel pour la santé et de la sécurité au travail le 11 mai 2021, entrée en vigueur le 21 juillet 2021.
Il a ajouté que la Tunisie se prépare aussi à ratifier la convention n°155 sur la sécurité et la santé des travailleurs, et qu’elle œuvre à harmoniser cette convention avec la réglementation tunisienne.
Il a indiqué également que le ministère a œuvré au développement de l’ISST grâce à de nouveaux recrutements prévus dans le projet de loi de finances 2026, ainsi qu’à travers un projet d’accord portant création de cinq unités régionales pour l’Institut.
Baccouche a annoncé que le ministère des Affaires sociales travaille, en coordination avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, à la création d’une formation académique en ingénierie de la sécurité générale.
Il a également évoqué le projet de stratégie nationale de santé et de sécurité au travail, déposé auprès de la présidence du gouvernement et élaboré depuis 2023 avec la participation de plusieurs parties prenantes. Cette stratégie vise à améliorer la législation relative à la santé et à la sécurité professionnelles, à renforcer les structures actives dans ce domaine, à mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires, à protéger la santé des travailleurs et à réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles.
« Ce projet sera inscrit dans le modèle de développement 2026-2031 », a-t-il fait savoir estimant qu’il n’est pas possible de parler d’un État social sans une approche participative de la santé et de la sécurité au travail et sans un changement des mentalités pour réduire les accidents et les maladies professionnelles.
A noter que le workshop s’inscrit dans le cadre de la ratification par la Tunisie de la convention internationale n°187 de l’OIT qui prévoit l’amélioration continue en matière de santé et de sécurité professionnelles, l’élaboration d’une politique nationale coordonnée et le renforcement du cadre législatif et réglementaire du secteur.








