La publication, le 3 janvier, d’une carte du Groenland aux couleurs américaines par l’épouse d’un conseiller de Donald Trump a provoqué une réaction ferme du Danemark. Copenhague rappelle que toute remise en cause de son intégrité territoriale est inacceptable, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.
Dans un communiqué publié dimanche 4 janvier, l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis a exigé le « respect total » de l’intégrité territoriale du royaume après un message diffusé sur le réseau social X par Katie Miller, épouse de Stephen Miller et figure influente de l’entourage de Donald Trump. La publication montrait une carte du Groenland aux couleurs du drapeau américain, accompagnée d’un laconique « SOON (BIENTÔT) », relançant les spéculations sur d’éventuelles ambitions américaines dans l’Arctique.
Pour plusieurs analystes, cette séquence s’inscrit dans une stratégie plus large. Lors d’une conférence de presse après l’arrestation de Nicolás Maduro, Donald Trump a invoqué la doctrine Monroe. « La doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons dépassée de très loin », a-t-il déclaré, promettant que « la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question ».
Cette ligne est désormais formalisée dans la nouvelle « stratégie de sécurité nationale » américaine, publiée il y a quelques semaines. Le document affirme la volonté de Washington d’accéder aux ressources et aux positions stratégiques de l’hémisphère occidental, tout en empêchant des puissances dites « non hémisphériques » – la Chine et la Russie sans les nommer – de contrôler des ressources jugées sensibles.
Une posture qui inquiète plusieurs capitales européennes. Selon des diplomates, elle pourrait encourager les grandes puissances à s’affranchir du droit international pour s’approprier par la force des territoires stratégiques, à l’image de Taïwan ou de l’Ukraine.








