Pour la première fois en 17 ans, la Libye a attribué mercredi 11 février 2026 des blocs pétroliers à des compagnies étrangères. L’Américain Chevron, le Britannique BP, l’Italien ENI ou encore le Nigérian Aiteo Group vont pouvoir explorer et exploiter le sous-sol libyen, en partenariat avec la NOC, la compagnie pétrolière nationale.
Le PDG de la NOC y voit « le retour de la confiance […] après une longue période d’arrêt ». Pourtant, l’appel d’offres émis par Tripoli n’a, semble-t-il, pas tant convaincu que ça. « Les résultats sont décevants », assure Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye, cité par RFI. Seulement cinq concessions ont été attribuées sur les 20 mises en jeu. C’est moins que ce qui était attendu, même si pour lui, Tripoli sauve la face. « Il y a quand même des noms très prestigieux, Qatar Energy, qui arrive en partenariat avec Eni. Il y a aussi Chevron. C’est en soi une nouvelle importante. »
Pour certains analystes, le manque d’intérêt pour cet appel d’offres s’explique par le contexte sécuritaire encore volatile en Libye. Mais pour Jalel Harchaoui, cela tient plutôt de la stratégie des autorités libyennes vis-à-vis des majors ces derniers mois : « Il y a eu énormément de conversations bilatérales. On sait qu’Exxon parle directement à la National Oil Corporation. On sait que TotalEnergies est en train de parler. On sait que l’Autrichien OMV Petrom est en train de parler pour étendre son empreinte. Donc si on se retrouve avec autant de conversations de gré à gré, pourquoi est-ce qu’on va se décarcasser le chignon à se soumettre aux règles d’un appel d’offres ? »
Résultat : quinze blocs pétroliers n’ont pas été attribués. Le patron de la compagnie pétrolière publique annonce créer un comité technique pour négocier avec de potentiels candidats et améliorer les conditions des partenariats.
La Libye dispose des plus grandes réserves de pétrole du continent, 48 milliards de barils. L’objectif à terme est d’augmenter la production, jusqu’à 2 millions de barils par jour.








