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Conflit au M‑O : La Tunisie sur le fil du rasoir, selon la BAD, le PNUD et la CEA

AM*

Alors que le conflit au Moyen‑Orient entre dans son deuxième mois, les économistes de la Banque africaine de développement (BAD), du PNUD et de la CEA publient une alerte sévère. La Tunisie, sans être la plus fragile du continent, apparaît comme l’un des pays les plus exposés à trois chocs simultanés : dette, tourisme et subventions énergétiques.

–          11 milliards de dollars d’échéances : une pression maximale

Selon le rapport The Impact of the Middle East Conflict on African Economies, la Tunisie fait partie des six pays africains, avec le Bénin, l’Égypte, le Ghana, le Maroc et l’Afrique du Sud, qui doivent faire face à 11 milliards de dollars d’obligations internationales arrivant à échéance dans les 12 prochains mois.

Dans un contexte de volatilité des marchés financiers, d’envolée des taux d’intérêt américains et de fuite des capitaux vers les valeurs refuge (or, dollar), refinancer cette dette deviendra plus coûteux, voire impossible pour Tunis. Le rapport note que 29 monnaies africaines se sont déjà dépréciées face au dollar depuis le début du conflit. Le dinar tunisien, sans être le plus touché, subit une pression indirecte.

–      Le tourisme, talon d’Achille de l’économie tunisienne

Le document est sans ambages : la Tunisie est citée parmi les sept économies africaines les plus dépendantes du tourisme, aux côtés du Cap‑Vert, des Comores, de Maurice, de Sao Tomé‑et‑Principe et des Seychelles.

Or, le conflit provoque, d’abord une hausse des prix du carburant (plus de 50 % pour le brut Brent), ensuite un allongement des routes maritimes (contournement du Cap de Bonne Espérance, +10 à 15 jours de transit), et enfin une augmentation des primes d’assurance pour les vols et les navires.

Conséquence, les compagnies aériennes réduisent leurs fréquences, modifient leurs dessertes ou répercutent leurs coûts sur les passagers. La saison estivale tunisienne, vitale pour les recettes en devises et l’emploi, est menacée.

–      Subventions énergétiques : le piège se referme

La Tunisie pratique encore des subventions massives sur les carburants. Le rapport rappelle que « les secteurs énergétiques de l’Algérie, de la Libye et de la Tunisie restent fortement subventionnés ». En période de flambée des prix du pétrole, cette politique grève le budget de l’État.

À moyen terme, deux scénarios s’offrent au gouvernement. Le 1er est d’augmenter les prix à la pompe (avec risque de contestation sociale). Le second est de maintenir les subventions (avec aggravation du déficit public). Et entre les deux, le rapport recommande des transferts ciblés plutôt que des subventions généralisées, jugées « coûteuses et mal ciblées ».

–          Une vulnérabilité « modérée » mais réelle

Contrairement à plusieurs pays africains, la Tunisie n’est pas classée en situation de surendettement. Elle figure dans la catégorie « risque modéré ». Mais les experts soulignent que « la hausse de l’inflation due au conflit risque d’accroître le nombre de pays en difficulté ».

Autre signal d’alerte : la Tunisie fait partie des pays africains qui importent massivement du pétrole et des engrais via le détroit d’Ormuz. Toute perturbation prolongée de cette voie maritime affectera directement sa balance commerciale.

–          Que faire ? Les recommandations du rapport pour la Tunisie

Sans citer nommément la Tunisie dans chaque recommandation, le rapport propose des mesures qui lui sont directement applicables. À court terme (moins de 3 mois), éviter les subventions généralisées, privilégier des aides ciblées aux ménages vulnérables, coordonner les politiques monétaire et budgétaire pour stabiliser les anticipations d’inflation, et activer des lignes de liquidité d’urgence auprès des banques régionales (BAD, Afreximbank).

À moyen et long terme, la recommandation est d’accélérer la réforme des subventions énergétiques et investir dans les énergies renouvelables (solaire, éolien) pour réduire la dépendance aux importations.

Mais il faudra aussi, selon les auteurs du même rapport, diversifier les marchés touristiques (moins dépendants du Moyen‑Orient) et développer l’agritourisme, le tourisme médical. Sans oublier de renforcer le commerce intra‑africain (ZLECAf) pour réduire la vulnérabilité aux chocs externes.

–      La Tunisie à un tournant, avertissent les 3 institutions

Le conflit au Moyen‑Orient n’a pas encore provoqué de crise majeure en Tunisie, mais il agit comme un accélérateur de fragilités. Le pays n’a plus le luxe d’attendre. La fenêtre d’action est étroite : quelques mois au maximum avant que les effets cumulés (dette, tourisme, énergie) ne deviennent irréversibles.

La réponse du gouvernement tunisien dans les prochaines semaines sera déterminante. Les partenaires internationaux (BAD, FMI, UE) se tiennent prêts à apporter une assistance technique et financière, mais à une condition : des réformes claires et assumées.

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1 COMMENTAIRE

  1. Que des banalités stupides …comme si la Tunisie manquait d’économistes et d’experts en réformes institutionnelles et du secteur public pour mieux se protéger des crises créés par d’autres…bien loin de son territoire et en dehors de sa stricte souveraineté nationale…En plus ça sent très fort le ‘papier collé’ des rapports sulfureux de la BM et du IMF…Vive la Tunisie 🇹🇳 à jamais souveraine de ses choix de BOURGUIBA à SAID. Nos martyrs ne sont pas morts pour rien…🇹🇳🇹🇳🇹🇳🇹🇳🇹🇳🇹🇳🇹🇳🇹🇳🇹🇳🇹🇳😡😡😡😡😡

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