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La Tunisie paie son tribut à la guerre contre l’Iran. Sa croissance recule à 2,1% en 2026

Tensions du Moyen-Orient obligent, le taux de croissance en Tunisie devrait se situer à 2,1% en 2026 pour remonter à 2,8% un an plus tard, selon le rapport sur les Perspectives économiques en Afrique 2026 (PEA 2026), présenté mardi à Brazzaville, en République du Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai 2026.

L’inflation devrait se situer à 5,7% en 2026 avant de décroître à 5,4 % en 2027, selon les prévisions de la BAD dans son rapport intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».

Une projection de croissance qui vient corroborer celle du Fonds monétaire international dans sa mise à jour d’avril 2026 des Perspectives économiques régionales Moyen-Orient et Asie centrale, avec un ralentissement attendu à 1,6 % en 2027. L’institution, basée sur ses projections macroéconomiques officielles, souligne la forte exposition du pays aux chocs énergétiques en raison de sa dépendance aux importations, ce qui pourrait détériorer le solde budgétaire d’environ 0,5 point de PIB et accentuer les tensions sur les secteurs du tourisme, du transport et du commerce. Le FMI appelle à des politiques budgétaires ciblées et à un renforcement de la résilience face à la volatilité des marchés énergétiques mondiaux.

4 décimales de moins que 2025

Il convient de noter que l »économie tunisienne a progressé de 2,6 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, selon les dernières estimations trimestrielles des comptes nationaux publiées par l’Institut national de la statistique (INS).

Les chiffres témoignent d’une dynamique économique globalement positive, même si une légère contraction d’un trimestre à l’autre laisse entrevoir un certain ralentissement à court terme.

Par rapport au dernier trimestre 2025, l’activité économique a légèrement diminué de 0,3 %, signalant un ralentissement temporaire sous-jacent au chiffre de croissance annuel.

L’agriculture et les services ouvrent la voie

La croissance annuelle du PIB a été principalement tirée par trois secteurs clés. L’agriculture et la pêche ont enregistré une nette reprise, la valeur ajoutée ayant progressé de 6,8 % par rapport à l’année précédente, contribuant ainsi à hauteur de 0,61 point de pourcentage à la croissance globale.

Le secteur des services, moteur essentiel de l’économie, a maintenu un rythme de croissance positif de 2,2 %. Cette performance a été tirée par l’hébergement et la restauration (+4 %), l’information et la communication (+4,1 %) et les transports (+1,7 %).

La valeur ajoutée du secteur manufacturier a progressé de 3,1 %, portée par les industries agroalimentaires (+15,1 %) et les industries mécaniques et électriques (+4,3 %). En revanche, le secteur du textile, de l’habillement et de la chaussure a continué de souffrir, enregistrant une baisse de 5,8 %.

Le secteur industriel au sens large a progressé de 2,6 %. Si l’industrie minière a augmenté de 3,7 %, l’extraction de pétrole et de gaz naturel a reculé de 4,8 %. Le secteur de la construction et des travaux publics a quant à lui subi une forte baisse de 7,1 % sur un an.

Une croissance mondiale de 3,1%

Le FMI table désormais sur une croissance mondiale de 3,1 % pour 2026, contre les 3,3 % anticipés en janvier. Ce recul de 0,2 point l représente un manque à gagner de 350 milliards de dollars de richesse produite à l’échelle de la planète.

L’institution ne cache pas son inquiétude face à une possible extension du conflit. Si les hostilités devaient se prolonger au-delà de la fin de l’année, le FMI prévoit un scénario noir où la croissance mondiale s’effondrerait à 2 %. Un tel niveau serait insuffisant pour absorber les millions de nouveaux entrants sur le marché du travail dans les pays émergents, menaçant la stabilité sociale de régions entières.

Le moteur de cette dégradation est avant tout énergétique. Le blocus du détroit d’Ormuz, point de passage névralgique, a paralysé les flux. Les chiffres cités par Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, font froid dans le dos : le flux mondial de pétrole est amputé de 13 % et celui du gaz naturel liquéfié (GNL) de 20 %.

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