Le projet de plan de développement pour la période 2026-2030 table sur l’instauration d’un nouveau modèle économique fondé sur la justice sociale, le renforcement de la souveraineté nationale et l’autosuffisance, tout en ciblant un taux de croissance annuel moyen du PIB d’environ 4,2 % à prix constants pour le nouveau quinquennat, contre 2,4 % enregistrés sur la période 2021-2025.
Selon le document du cadre économique du plan, le rythme de croissance devrait s’accélérer progressivement pour passer de 2,6 % en 2025 à 5,1 % en 2030, soutenu par la relance de l’investissement, le renforcement du secteur privé et le développement des activités à forte valeur ajoutée.
Cette dynamique vise à augmenter significativement le revenu par habitant pour le hisser dans le premier tiers de la « tranche supérieure » des pays à revenu intermédiaire. Porté par une hausse annuelle moyenne de 6,5 %, le revenu par habitant devrait ainsi atteindre 7 424,3 dollars (soit 21 530,5 dinars) à l’horizon 2030, contre 4 496 dollars en 2025.
Les projections macroéconomiques s’appuient sur une contribution accrue des différents secteurs : l’industrie devrait croître à un taux moyen de 5,1 % par an, les services à 4,2 % et l’agriculture à 3,1 %.
Malgré les défis climatiques, le plan mise sur le renforcement de la sécurité alimentaire. La production céréalière devrait atteindre 20,42 millions de quintaux en 2030 (contre 17,91 millions en 2026), avec une moyenne annuelle de 19 millions de quintaux. Pour l’huile d’olive, les estimations prévoient une production moyenne de 2 millions de tonnes sur le quinquennat. Parmi les objectifs phares figurent la hausse de l’utilisation des semences sélectionnées (de 20 % à 30 %), la couverture de 50 % des besoins en blé dur, et un recours accru aux eaux non conventionnelles (dessalement et réutilisation des eaux usées).
Dans le domaine industriel, la croissance de 5,1 % sera tirée par les industries non manufacturières (+6,7 %) et manufacturières (+4,2 %). Les activités les plus dynamiques englobent les matériaux de construction et le verre (+7,1 %) ainsi que les industries mécaniques et électriques (+5,6 %). L’accent sera mis sur la transformation numérique, l’industrie intelligente, l’économie circulaire et le soutien à l’exportation face à une demande européenne attendue en hausse de 1,9 %.
Le secteur stratégique des phosphates prévoit de dépasser les 11 millions de tonnes par an d’ici 2030 grâce à de grands projets, notamment l’entrée en service des laveries « Oum Lakhcheb 1 » (2027) et « Oum Lakhcheb 2 » (2029-2030), l’unité de flottation de Slissi (2027) et le projet « Tozeur-Nefta ».
Pour atténuer le déficit énergétique, la production de pétrole augmentera dès 2026 d’environ 800 000 tonnes équivalent pétrole (tep), soutenue par le démarrage des gisements « Cosmos » (2027-2028) et « Zarat Nord » (2030). Côté gaz naturel, les champs « Sabah » (2027), « Cosmos » (2027) et « Zarat Nord » (2030) entreront également en exploitation.








