AccueilActualités - Tunisie : Actualités en temps réelLa Tunisie: sécurité énergétique, hydrique et alimentaire

La Tunisie: sécurité énergétique, hydrique et alimentaire

La Tunisie s’engage massivement dans la transition verte à travers son nouveau plan de développement stratégique. Pour faire face au changement climatique, assurer sa sécurité énergétique, hydrique et alimentaire, et maintenir la compétitivité de ses entreprises face aux exigences carbone de l’Union européenne, l’État déploie une série de réformes législatives et de grands projets d’infrastructure.
Le volet énergétique fixe pour objectif de porter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national à 35 % d’ici 2030, tout en réduisant la consommation d’énergie primaire de 30 %.
Pour y parvenir à l’horizon 2035, l’État s’appuie sur la consolidation du projet solaire de Kairouan, la planification d’une nouvelle centrale solaire de 100 MW, la construction d’un parc éolien de 100 MW à Jendouba, ainsi que l’installation d’un système de stockage par batteries de 50 MW à Tataouine pour stabiliser le réseau.
Le pays mise également sur l’interconnexion internationale en activant la liaison avec l’Italie et en développant un double circuit de 650 MW avec l’Algérie et la Libye.
Face à un stress hydrique sévère, la stratégie repose sur la diversification des ressources et une refonte de la gouvernance à court terme via la révision globale du Code des eaux, qui accordera la priorité absolue à l’eau potable. Le plan prévoit l’extension et la création de stations de dessalement à Sfax, Tunis, Kerkennah et Ben Guerdane, ainsi que la modernisation du réseau d’assainissement pour réutiliser les eaux épurées dans l’irrigation d’appoint, notamment pour les oliveraies et le périmètre de Bouhertma 2 à Jendouba.
Par ailleurs, la flexibilité du réseau sera renforcée par le transfert d’eau entre les bassins, notamment de Bejaoua vers le barrage de Nebhana, et des barrages de Sarrat et Barbara vers le Kef et Siliana.
Sur le plan agricole, le plan quinquennal vise la sécurité alimentaire en augmentant le taux d’utilisation des semences sélectionnées de 20 % à 30 % dans le secteur céréalier. Il prévoit aussi d’étendre les cultures fourragères irriguées par des eaux traitées, d’adopter des variétés d’oliviers à haut rendement plus résilientes, et d’intensifier la protection des sols pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici 2030.
Enfin, la protection de l’environnement et l’instauration de l’économie circulaire se matérialiseront par l’éradication des décharges anarchiques au profit d’un système de gestion intégrée et de valorisation énergétique des déchets ménagers. Ce dispositif appliquera le principe du pollueur-payeur et la responsabilité élargie du producteur. Le plan se clôture sur des mesures d’urgence pour protéger le littoral contre l’érosion marine, assainir les sebkhas et sécuriser les villes contre les inondations.

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