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Tunis : Rapport du Sénat US sur la torture : L’ancien régime tunisien épargné!

Institutionnalisée par la promulgation, le 26 octobre 2001 de l’ « USA Patriot Act « , la loi la plus controversée dans l’histoire du droit constitutionnel, la torture et son exercice par les agents US ont vite fait de se répandre comme un feu de brousse dans maintes régions de la planète au titre de la lutte contre le terrorisme sous la férule du chef de l’Administration de l’époque, Georges W. Bush.

Une vague, sans précédent, de mesures contre le terrorisme a été mise en œuvre par les pays du monde entier : écoute téléphonique sans avoir besoin d’une autorisation de la justice, consultation des fadettes, contrôle douanier « abusif », transfert intercontinental de données personnelles des citoyens, des mandats d’arrêts et des arrestations brutales et arbitraires sans motifs ni mandats, « Sneak and peek warrants » …Bref, un arsenal de mesures judiciaires, juridiques et sécuritaires sans précédent.

Mais ce n’est qu’en 2005 que la « pot aux roses » a été découvert, à la suite de fuites de plusieurs éléments et preuves attestant l’existence dans des pays européens de centres de détention et de prisons secrètes sur leurs territoires ainsi que les détentions secrètes et transferts illégaux de détenus impliquant différents pays des 5 continents.

Un rapport de 6000 pages, a été présenté par Dianne Feinstein, présidente de la commission des renseignements au Sénat américain sur les pratiques « illégales » des services de renseignements américains « CIA », entre 2001 et 2007, dont 500 pages ont été rendus publics, faisant l’effet d’une bombe outre-Atlantique.

Il révèle des détails choquants et effrayants sur les techniques de détention et d’interrogation de la CIA, chargée de mener la « guerre universelle contre le terrorisme », ce qui a aussi relancé le débat et les interrogations sur l’implication des différents services de renseignements étrangers, y compris de ceux de pays arabes !

La CIA a été pointé au doigt pour avoir eu recours à des techniques d’interrogatoire musclées, telles que la privation de sommeil jusqu’à 180 heures, le maintien dans des positions douloureuses, dont 669 actes de torture. Il s’agit de tabassages répétés, musique assourdissante, simulation de noyade «waterboarding», l’isolement prolongé dans le noir, l’alimentation par voie rectale «rectal feeding», les menaces sur la famille, les bains d’eau glacée, etc. Les détenus étaient aussi souvent obligés de rester nus, parfois une cagoule sur la tête et un casque sur les oreilles causant ainsi des graves troubles psychologiques,de la paranoïa et de l’automutilation.

Selon ce rapport, sur un total de 54 pays, 15 appartiennent au monde arabe ou/et musulman, faisant d’eux des complices de détention illégale et de torture dont 4 en Afrique du nord (la Libye, l’Algérie, la Mauritanie, le Maroc), 9 au Moyen-Orient (Egypte, Yémen, Irak, Jordanie, Emirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Afghanistan Turquie et Syrie) et deux en Afrique (Djibouti et Somalie).

A l’instar de ces derniers, 38 autres pays ont facilité l’arrestation, le transit, le transfert ou la détention illégale de suspects, se rendant ainsi complices avec leur homologue américain outre plusieurs gouvernements européens (l’Allemagne, l’Angleterre et l’Espagne) et d’autres du reste du monde tels que le Canada, Hong Kong et l’Afrique du Sud…

L’exception tunisienne !

Dans cette liste, la Tunisie faisait remarquablement figure d’absente, alors que, pourtant, elle était gouvernée par un régime qui avait tout d’un régime policier. Elle ne faisait pas partie du cercle des pays qui ont accepté de sous-traiter les pratiques de torture de la CIA ni la délocalisation des sites noirs ou prisons secrètes sur leurs territoires.

Malgré les vifs reproches faits à l’ancien régime, de Zine el Abidine Ben Ali, sur l’absence d’un environnement démocratique, sur les atteintes à la liberté d’expression et de presse, la totale mainmise de son clan sur le monde des affaires et sur le mécanisme de prise de décision, le régime déchu semble avoir refusé de se soumettre aux instructions de l’Administration US d’ouvrir son territoire pour abriter des centres de détention et de prisons secrètes pour les terroriste ou regardés comme tels, que les services de renseignements américains ne pouvaient pas « accueillir » chez eux.

Issam

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