AccueilLa UNETunis : Acculé, Habib Essid recomposerait son gouvernement !

Tunis : Acculé, Habib Essid recomposerait son gouvernement !

Quel avenir pour le nouveau gouvernement d’Habib Essid qui n’a pas emporté l’adhésion de la majorité des partis politiques ? Ennahdha, Afek Tounes, le Front populaire et Al Moubadara lui ont tourné le dos et ont officiellement décidé de ne pas donner leur confiance à ce gouvernement composé dans une large mesure de ministres issus de Nidaa Tounes et de l’UPL. « Un gouvernement de minorité qui écarte la plupart des partis actifs sur la scène politique et qui ne répond pas aux appels des partis politiques pour un gouvernement d’union nationale », selon ce qu’a déclaré le président du groupe parlementaire d’Ennahdha, Noureddine Bhiri. Le gouvernement Essid est aussi un gouvernement qui ne reflète pas les intentions de la majorité du peuple tunisien et ne répond pas à leurs attentes, selon le même parti.

La composition du gouvernement Essid a désappointé même les soutiens les plus « sûrs » de Nidaa Tounès, à l’instar du parti de l’Initiative (Al Moubedera) qui a dit non à ce gouvernement. Dans une déclaration à la presse, en marge de la commémoration du décès du militant Hédi Nouira, dimanche, à Monastir, le président du parti, Kamel Morjane a indiqué qu’il s’agit uniquement d’un gouvernement de compétences alors que le pays a besoin actuellement d’un gouvernement qui regroupe toutes les sensibilités politiques issues des élections.

Morjane a, en outre, exprimé son étonnement de l’absence de son parti dans la composition du nouveau gouvernement.

On sait déjà que le Front populaire est viscéralement contre ce gouvernement. Le secrétaire général du Courant Populaire et membre du conseil des SG du Front Populaire(FP), Zouheir Hamdi, l’a répété, affirmant que le FP ne soutiendra pas le gouvernement Essid pas plus qu’il ne votera en sa faveur à l’ARP. L’argument du FP est que ce gouvernement ne répond pas aux attentes populaires pour la période à venir et qu’il comporte des noms ayant partie liée avec les symboles de l’ancien régime.

Les membres du bureau politique d’Afek Tounes ont aussi décidé de ne pas accorder l’aval de leur parti au gouvernement formé par Habib Essid dont il ne fait pas partie et dont il n’approuve ni la composition ni le programme.

Gharasalli, un autre écueil !

Le gouvernement d’Essid a été rejeté par les partis politiques mais aussi par nombre de Tunisiens. La nomination de Najem Gharsalli à la tête du ministère de l’Intérieur a soulevé un tollé dès son annonce. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont vivement désapprouvé sa désignation à la tête de ce ministère régalien.

L’Association des magistrats tunisiens(AMT) a catégoriquement refusé cette nomination. Dans un communiqué, l’AMT indique que Gharsalli, n’a jamais été président de la section régional de l’association à Gafsa, section qui n’a jamais existé compte tenu des statuts de l’association, et souligne que toutes les participations de Gharsalli aux réunions de l’AMT sous la dictature visaient à infiltrer l’association et à récolter des informations concernant ses plans et les mouvements de ses membres dans le but de les harceler.

L’AMT précise, en outre, que Gharsalli a fait partie du groupe qui a conduit le putsch contre l’AMT, en signant une pétition illégale durant la plénière du 3 juillet 2005.

Enfin le communiqué de l’AMT précise que « la nomination des collaborateurs de la dictature qui ont harcelé les magistrats honnêtes est contraire à la volonté de réformer la magistrature et de concrétiser les objectifs de la Révolution ».

Tout cela donne à penser qu’il s’agit là du premier revers de la nouvelle équipe gouvernementale de Habib Essid même s’il n’est pas totalement exclu qu’il obtienne , selon quelques sources, la confiance de l’ARP puisqu’il peut passer avec une fourchette de 110 à 114 voix, ce qui, pour d’autres, nous paraît impossible.

Proposé pour le poste de secrétaire d’Etat au ministère des Affaires étrangères au sein du gouvernement Essid, Touhami Abdouli a fait savoir, dans ce cadre, que ce résultat (de 110 à 114 voix) est insuffisant, avant d’expliquer qu’un gouvernement qui passe avec une telle majorité peut être destitué dans quatre à cinq mois.

C’est ainsi que Habib Essid a décidé de reporter de quelques jours, la plénière portant sur la discussion de la composition du gouvernement et de son programme, prévue pour demain, mardi 27 janvier. Il s’est dit prêt à apporter quelques modifications sur la composition de son gouvernement et de mener une nouvelle série de discussions avec les partis qui ont décidé de voter contre son gouvernement, à savoir le Front populaire, Ennahdha et Afek Tounes.

Une rencontre devait avoir lieu cet après-midi du lundi, 26 janvier 2015, entre le chef du gouvernement désigné Habib Essid et des dirigeants du Front populaire. Essid rencontrera aussi les dirigeants des autres partis politiques, AfekTounes, Ennahdha et Al Moubedara.

Le porte-parole du Front Populaire Hamma Hammami, a affirmé, dans des déclarations à la presse, que le chef du gouvernement désigné lui a affirmé son intention d’élargir ou de changer la composition de son équipe gouvernementale, au cours d’un entretien ayant réuni les deux hommes. Hammami a estimé que le programme du gouvernement Essid ne pourra pas être porteur de changement en Tunisie, à l’exception de ce qui a été exposé, concernant le dossier sécuritaire.

Il reste , selon les observateurs, que Habib Essid devrait modifier la composition de son gouvernement afin d’apaiser la tension et s’assurer une large majorité au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Or, selon l’un des dirigeants de NidaaTounes, le remaniement touchera seulement au moins un nouveau ministre. Attendons alors la nouvelle composition du gouvernement Essid !

Khadija Taboubi

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