La Tunisie ne connaîtra pas de pénurie de lait au mois de Ramadan. C’est ce qu’a affirmé Limam Barkouki, chargé de la production animale à l’Union tunisienne de l’Agriculture et de la pêche (UTAP).
Il a, en effet, expliqué que la production journalière du lait connaîtra une nette amélioration voire même un excédent, le pays ne connaîtra donc pas de pénurie, notamment pendant le mois de Ramadan, affirme-t-il.
Pour Anis Kharbeche, vice-président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche, par contre, le système entier est en train de s’effondrer, au milieu du silence des autorités de tutelle. Il y a un manque de lait évident sur le marché, qui est dû à la baisse de production et est aggravé par le non-paiement de la compensation aux industriels.
De ce fait, Kharbeche a souligné que, malgré l’augmentation de la production de lait par rapport à janvier, de 200 à 250 mille litres par jour, le manque de production persiste par rapport à la même période en février 2022.
Il a précisé que février et mars 2023 ont connu une hausse de la production du lait, estimant que la crise devrait revenir au cours du mois d’avril.
C’est ce qu’affirme également le président du Syndicat national des agriculteurs de Tunisie, Midani Dhaoui à African Manager. Il n’y a clairement pas de surplus de production de lait en ce moment.
« Certes février et mars ont enregistré une hausse de la production du lait.Toutefois, il n’y a pas de surplus de production ni même de stock stratégique car nous sommes en train de consommer le lait produit par les éleveurs », a-t-il dit.
«Le niveau de production a diminué dans une fourchette de 5 à 7%, contrairement aux années précédentes, où le pic de production était plus important. On produisait dans les 400 mille au printemps, et on stockait 150 mille litres de lait de surplus, mais maintenant ceci est devenu impossible car les régions qui produisaient le plus de lait en Tunisie sont descendues au plus bas du classement. Il reste quelques régions du Nord qui parviennent à maintenir un rythme plus ou moins élevé de production mais sans garantir que puisse continuer ».
De sérieuses complications après Ramadan
Dhaoui a indiqué que la Tunisie devrait s’en sortir durant le mois saint, mais aucune garantie pour les mois ultérieurs. Rappelons que de nombreux agriculteurs avaient affirmé que la production du lait dans le pays était en-deçà des attentes et que plusieurs produits agricoles ne seront pas disponibles sur les marchés tunisiens à l’instar du lait.
Pour Midani Dhaoui, l’agriculteur est le plus faible maillon de la chaîne de production et il est devenu pendant un an et demi la caisse d’indemnisation de l’État. Et de noter qu’il y a un monopole qui est en train d’importer le soja et le maïs alors que l’État n’avait pas fait son travail de régulateur.
L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche a tiré la sonnette d’alarme il y a un an « quand les éleveurs ont commencé à vendre leur lait à perte ».
« Les prix de l’alimentation animale sont devenus fous avec 30 à 40 % de hausse sur un an. C’est lié à la situation internationale, à la guerre en Ukraine en particulier » qui a fait flamber les cours des céréales dont la Tunisie est fortement importatrice, selon Anis Kharbeche.








