Après les prix des produits de consommation de base qui continuent de monter en flèche, voilà que le bruit circule que c’est au tour des dépenses liées à la santé de s’inscrire dans la même courbe et risquent de peser lourd sur le budget du citoyen lambda.
En effet, une information relayée sur les réseaux sociaux depuis le 4 janvier 2023, fait état d’une prétendue hausse de la consultation chez les médecins spécialistes. Des internautes ont affirmé, dans des publications partagées sur le même support que les honoraires de la consultation allaient augmenter de dix dinars.
Cependant, dans un entretien téléphonique avec African Manager, le président de la Société tunisienne de médecine de libre pratique, Samir Chtourou, a infirmé les rumeurs faisant état d’une hausse des fourchettes des médecins dans le secteur privé.
Il a indiqué que les honoraires des médecins sont révisés tous les ans, assurant que la dernière révision remonte à l’année 2019. Des révisions ont été opérées en 2013 et en 2019. Il faut savoir que les honoraires des médecins sont déterminés en fourchettes, soit un minimum et un maximum. Au-delà du maximum, on parle d’honoraires excessifs. Quand il s’agit d’une somme inférieure à la valeur minimale, on parle de concurrence déloyale.
Chtourou a assuré qu’une réunion se tient tous les ans entre les syndicats afin de décider éventuellement d’une augmentation. « Avec l’arrivée du Covid, les syndicats n’ont convenu d’aucune augmentation durant trois ans. Nous approchons la quatrième année et nous doutons fort d’une quelconque hausse des honoraires dans le secteur privé », a-t-il assuré.
LF 2023 : les professions libérales appellent à une réforme
Ces rumeurs surviennent suite au communiqué publié, mercredi 28 décembre 2022, à l’issue de la tenue du Conseil des doyens, où l’Union tunisienne des professions libérales (UTPL) a estimé que le gouvernement doit assumer l’entière responsabilité des répercussions néfastes des mesures inscrites dans la LF 2023, ainsi que de la détérioration de la situation économique et sociale dans le pays. Il déplore également l’absence d’une vision prospective dans la réalisation des réformes nécessaires.
L’UTPL a appelé le président de la République à assumer la responsabilité qui est la sienne par la mise en place des révisions nécessaires dans la LF 2023 et l’adoption de réformes réelles afin de promouvoir l’économie nationale et assurer l’équité fiscale et sociale.
l’UTPL, représentant l’Ordre national des avocats de Tunisie, l’Ordre des architectes de Tunisie, l’Ordre des experts comptables de Tunisie, l’Ordre des ingénieurs tunisiens, le Syndicat tunisien des médecins libéraux et le Syndicat tunisien des médecins dentistes de libre pratique, réitère son mécontentement quant au refus du ministère des Finances de répondre à sa demande de faire participer ses représentants dans les discussions sur le projet de loi de finances 2023.
L’expert-comptable Anis Wahabi a indiqué, à ce propos, que les dépenses allouées à la compensation estimées à 8,8 milliards de dinars, connaîtront une baisse de 26% au cours de l’année 2023, selon la loi de finances 2023, citant un déficit de 3,2 milliards de dinars dans le budget des subventions.
La même source a souligné que l’unification des taux d’imposition des sociétés de 15 % au lieu de 10 %, qui inclura les écoles, les instituts et les centres de formation du secteur privé, en plus des logements universitaires privés et des cliniques privées, fera référence à la possibilité d’augmenter les prix des services de ces structures, en particulier celles la formation professionnelle et de l’enseignement privé.








